Abbaye

Histoire

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Une fondation de Solesmes

Le 22 mai 1889, Madame Cécile Bruyère, abbesse de Sainte-Cécile de Solesmes, informe officiellement le Père Abbé de Saint-Pierre, Dom Charles Couturier, de son dessein d’envoyer à Wisques un petit groupe de moniales en vue d’une fondation. 
Elle sollicite trois religieux de chœur, comme chapelains de la communauté, avec un frère convers, espérant bien que ce petit noyau relèvera le glorieux héritage de l’abbaye Saint-Bertin dont les ruines impressionnantes se dressent encore aujourd’hui au cœur de la ville voisine de Saint- Omer. Elle souhaite que le nouveau monastère soit dédié à saint Paul « afin de rappeler le lieu vénérable où prit naissance la Congrégation de France, par la profession de son fondateur » (Dom Guéranger fit profession le 26 juillet 1837 à Saint-Paul Hors-les-Murs, à Rome).
Sur le terrain vallonné et verdoyant récemment acquis, s’élèvent le «Grand-Château » et le « Petit-Château ». Les moines pourront occuper le second, en attendant que les moniales puissent leur céder le premier, le jour où sera achevée la construction du monastère qu’elles envisagent d’édifier sur la coupe boisée qui domine le village.

Le « Grand-Château » ne manque pas d’allure avec son donjon et ses deux tours du XVe siècle, et son corps principal de logis, encadré de deux petites ailes discrètes, du XVIIIe. Quant au « Petit-Château », distant de quelques centaines de mètres, il s’agit d’une élégante demeure de type classique, aux lignes sobres et aux proportions harmonieuses, construite en 1770 puis dotée, vingt ans plus tard, d’une petite chapelle.

Le 23 juillet 1889, le Père Abbé procède à l’installation des moniales au Grand-Château. Au Petit-Château voisin, il faudra attendre le 6 août, en la fête de la Transfiguration, pour inaugurer la vie régulière.

Juillet 1894 : les moniales, à peine installées dans leur nouveau monastère, élisent abbesse Mère Thérèse Bernard, originaire du village voisin d’Hallines. Début août, les moines prennent possession du Grand-Château ainsi libéré. Le 15 septembre a lieu l’érection canonique de la petite communauté en « prieuré simple » , puis, quelques mois plus tard, le 25 avril 1895, en « prieuré conventuel », canoniquement autonome. Cela grâce à des renforts venus de Solesmes, car les vocations ne se bousculaient pas : en quinze ans, il n’y eut que trois moines à faire profession. Le dernier émettra ses vœux le 15 août 1901, quelques jours seulement avant le départ en exil, conséquence de la loi du ler juillet 1901 sur la « liberté d’association » !

Tandis que les moniales ont trouvé refuge à Oosterhout en Hollande, les moines préfèrent ne pas trop s’éloigner, espérant un prompt apaisement des rigueurs anticléricales. La Belgique les accueille d’abord à Honnay, dans la province de Namur, puis, trois mois plus tard, à Montignies-Saint-Christophe, à l’est de Maubeuge. Mais la situation se prolonge et les moines finissent par rejoindre les moniales à Oosterhout. Ils y entreprennent la construction d’un monastère dont les plans sont confiés à Dom Paul Bellot, moine de Solesmes, architecte « DPLG».

Le 18 avril 1907, arrive de Solesmes un nouveau prieur, Dom Jean de Puniet de Parry accompagné de quelques moines envoyés en renfort. Des postulants hollandais se présentent, bientôt rejoints par des français. Le 11 novembre 1910, en la fête de Saint-Martin, le prieuré est érigé en abbaye et Dom Jean de Puniet en est aussitôt élu abbé. Les publications et travaux savants se multiplient: la traduction des œuvres du Vénérable Louis de Blois, celles du mystique flamand Ruysbroek, diverses études sur la liturgie, la spiritualité, l’ histoire de l’Eglise et du monachisme contribuent à porter au loin le renom de la jeune abbaye qui se développe dès lors rapidement.

En juillet 1919, un premier groupe de moniales, toujours accompagnées de deux chapelains, amorce le retour à Wisques. Le Grand-Château est encore occupé par un orphelinat belge. Mais le 3 avril 1920, la vie régulière y reprend enfin ses droits. Pendant huit ans, la communauté de Saint- Paul poursuit une existence bicéphale, jusqu’à l’érection en abbaye de Saint-Paul d’ Oosterhout, le 11 juillet 1928. Dom de Puniet obtient de Rome l’autorisation de résilier sa charge d’Abbé de Saint- Paul de Wisques pour pouvoir être élu Abbé de Saint-Paul d’Oostcrhout. L’abbaye hollandaise poursuivra sa croissance jusqu’à donner naissance à trois autres monastères et même à une nouvelle congrégation bénédictine.

A Wisques, Saint-Pierre de Solesmes donne son maître des novices, Dom Augustin Savaton, pour occuper le siège abbatial devenu vacant. Mais les temps ont changé : les hôtes affluent, et, avec eux, les postulants. Il faut donc songer à construire. On fait de nouveau appel à Dom Bellot, qui confirme avec éclat sa réputation de « poète de la brique ». En octobre 1931 a lieu la bénédiction du nouveau bâtiment qui abrite le réfectoire, une galerie de cloître et deux étages de cellules. U ne collecte est bientôt lancée en vue de la construction d’une église, mais elle sera interrompue par la guerre. La communauté est alors éparpillée : plusieurs moines sont mobilisés, dont certains se retrouvent en Allemagne. Quelques anciens trouvent asile à Richelieu, en Touraine. Fin 1942, le château de Digoine, au diocèse d’Autun, accueille les novices et les étudiants qui y reconstituent un cadre monastique presque normal. Saint-Paul de Wisques, où demeurent quelques moines non mobilisables, devient le siège de l’organisation Todt pour la région.

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