100.12 Les compagnons d’A.v.Speyr

1796 - L’évidence – Il est ressuscité, cela veut dire : il est au ciel, dans la maison de Dieu, il nous y attend et nous y prépare une place. Il est assis à la droite du Père. Autrement dit, il n’est plus de ce monde. Il fait désormais partie du monde de Dieu. Il a abordé au rivage divin. Il est vivant quoique au-delà de l’espace et du temps. C’est une évidence qui s’est imposée aux premiers témoins (Ch. Delhez).

1797 – Le coin – Même plantée dans un coin du monde, la croix transcende tout localisation. De là, c’est le monde entier que le Christ attire à lui (A. Manaranche).

1798 – Le projet - Selon le projet de Dieu, le fait central de la résurrection du Christ est le sommet absolu qui oriente passé, présent et avenir. La résurrection de Jésus nous révèle que chaque instant de notre vie prend sa véritable dimension dans le Christ (J. Ravanel).

1799 – L’essentiel – L’essentiel pour aller à Jésus, c’est de croire qu’il est le Fils de Dieu et qu’il est ressuscité (R. Rémond).

1800 – Le lien – Dieu a imprimé dans les créatures une tendance vers l’absolu. Dieu a rendu l’homme capable de communier avec lui à sa propre infinité. Et Dieu appelle l’homme à développer ce lien avec lui, avec son aide d’ailleurs (Staniloae).

1801 – L’acte – La mort est un acte qui nous permet de participer à la résurrection du Christ (Cl. Tresmontant).

1802 – L’impuissance – Le rationalisme est impuissant à résoudre la question du sens de l’histoire humaine (G. Fessard).

1803 – La promesse – Nous avons tout misé sur la promesse d’un homme mort depuis deux mille ans et dont nous croyons justement qu’il n’est pas mort (G. Cesbron).

1804 – Le bouleversement – Lorsque saint Paul parle de la résurrection, il écrit que Jésus a été vu par Pierre, par les Douze, par cinq cents frères, par Jacques et enfin par lui-même. Il ne décrit pas la résurrection, il raconte comment des hommes ont été bouleversés par la rencontre du Ressuscité. Il ajoute : la plupart sont encore vivants, sous-entendu : « Vous pouvez les interroger ». (A. Nouis).

1805 – Le reniement – L’être humain peut se fourvoyer tant qu’il voudra, il ne peut renier ce qu’il est vraiment : un être créé à l’image de Dieu, un être tourné vers l’éternité (N. Berdiaev).

1806 – La réponse – Au mal de la mort, il n’y a pas d’autre réponse que le mystère pascal (Taizé).

1807 – La visite – La venue de Jésus-Christ est la visite suprême de Dieu (J.-M. Tillard).

1808 – La conquête – Le Christ a promis à son Église que les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. Mais il ne l’a jamais assurée de devenir majoritaire ou dominante dans le monde : il lui a seulement demandé de passer par la même croix où il a conquis la résurrection (J.-.L. Marion).

1809 – L’expérience - La résurrection de Jésus constitue un triomphe définitif sur la mort. Cette entrée du Christ dans le monde céleste fait de sa résurrection l’événement central de l’histoire du salut. Son destin commande celui de l’humanité entière. Le royaume de Dieu est entré définitivement dans l’expérience humaine (Fr. Manns).

1810 – Le passage – Le passage de cette vie à la vie à venir passe par un point zéro et par une rupture où la continuité n’est assurée que par Dieu (J. Becker).

1811 – La rencontre – Il n’y a pas de rencontre de Dieu si Dieu ne vient pas. Et pour que cette rencontre avec Dieu soit réelle, il faut que l’âme se reconnaisse comme étant essentiellement une faculté d’accueil d’un Autre. Le propre du Transcendant est de tout transcender, y compris ma profondeur la plus profonde. Il est vrai que Dieu est au-delà, non pas de l’espace ou dans les nuages – ce qui est infantile -, mais dans l’intériorité de l’âme ; précisément il est au-delà. Le fond de soi, c’est encore soi, ce n’est pas Dieu. Attendre que l’Autre révèle son mystère et donne son amour, comme l’Ami à son ami. Le Transcendant n’est pas à la mesure de nos propres forces (Fr. Varillon).

1812 – L’audace – Ce qui caractérise le chrétien selon le Nouveau Testament et saint Irénée, c’est l’audace filiale dans ses rapports avec son Père céleste (M.-J. Le Guillou).

1813 – La condition – La condition pour entrer dans le Royaume est d’avoir conscience qu’on n’y a aucun droit (H.-I. Marrou).

1814 – La puissance – La puissance de la Résurrection, c’est une puissance de communion (Patriarche Daniel).

1815 – La littérature – Si Bloy, Bernanos et Huysmans vomissent la littérature pieuse, sucrée et constipée, c’est par parce qu’elle est inaudible hors du cercle des baronnes qui chérissent Paul Bourget ou des abonnés à l’Hebdo Catho-bien-dans-sa-peau (H. Quantin).

1816 – La béance – Il y a en nous un manque, une béance qui est, en fait, le désir de connaître Dieu (S. Pacot).

1817 – L’époque – L’époque dans laquelle nous vivons n’est pas athée. Elle ne paraît pas encore post-chrétienne non plus, ou si peu. En revanche, elle demeure chrétienne, et beaucoup plus qu’il n’y paraît (M. Onfray).

1818 – Le savoir – Dieu connaît les choses cachées, il sait toutes choses avant qu’elles arrivent (Saint Irénée).

1819 – Les idées - Les chefs des Juifs étaient enfermés dans leurs idées sur Dieu. Leur mauvaise interprétation des signes les ont amenés à dire que quelqu’un qui guérit un homme né aveugle le jour du sabbat ne peut pas être un envoyé de Dieu. Cette expérience allait à l’encontre de leur idéologie. Ils accusaient jésus d’aller à l’encontre de la Loi (J. Vanier).

1820 – Le bonheur – Penser que le bonheur régnera quand les hommes auront du pain, quel stupide espoir ! (E. Zola).

1821 – L’expérience – Il n’y aurait jamais eu de christianisme sans l’expérience que les proches de Jésus ont faite de sa résurrection : toute la « Bonne Nouvelle » en découle (L. Basset).

1822 – Le danger – La haine, si ce n’est de Dieu, du moins de l’homme croyant, conçu comme potentiellement dangereux, est encore présente dans une partie de la culture contemporaine (J. Arènes).

1823 – L’allégresse - L’Esprit Saint est l’auteur de l’allégresse spirituelle (Cyrille de Jérusalem).

1824 – Le sens – A la base de toute démarche de foi : Dieu peut-il donner un sens à ma vie ? Peut-il se révéler être une force capable de porter mon existence ? La révélation est avant tout la révélation du sens de l’existence. Dieu est celui qui donne sens. Dans l’acte de foi, il y a une rencontre de Dieu (qui désire le salut de l’homme et pour cela envoie son Fils) et de l’humanité qui aspire au salut (J.-Fr. Gosselin).

1825 – La zone – Respecter en chaque homme la zone de silence possible qui permet de recevoir l’appel du Christ (H.-I. Marrou).

1826 – La richesse - L’ignorance, c’est de ne pas savoir le sens de la richesse des choses – de Dieu (D. Boyarin).

1827 – Le corps – Les apparitions du Christ ressuscité à ses apôtres : il leur apparaissait « incorporellement dans un corps » (Saint Syméon le Nouveau Théologien).

1828 – L’important – Est-ce que tu as quelque chose de plus important à penser que de parler à Dieu ? (Saint Cyprien).

1829 – La grandeur – Dieu s’est fait homme et a souffert, voilà la grandeur du christianisme (Karékine Ier, catholicos de tous les Arméniens).

1830 – L’ombre - L’athéisme est né il y a deux siècles en Occident et il a prétendu avoir l’avenir pour lui. L’athéisme est-il une « maladie infantile » du christianisme qui n’a encore que vingt siècles? L’ombre de l’athéisme va-t-elle envahir l’histoire pour de nombreuses générations? Nous n’en savons rien (A. Chapelle).

1831 – Le caché – Il faut tenir Dieu caché, le servir caché, en te cachant (Saint Jean de la croix).

1832 – L’humanité – L’Église pour laquelle le Christ est mort en croix, c’est l’humanité rassemblée depuis Adam jusqu’à l’Apocalypse (J. Loew).

1833 – La dépossession – L’appropriation du mystère du Christ repose sur une dépossession de soi que rien ne saurait remplacer, qui s’appelle la foi (G. Martelet).

1834 – L’attente – Si tu es parfois inattentif dans la prière commune, ne t’inquiète pas. Ta simple présence exprime déjà une attente du Dieu vivant (Frère Roger).

1835 – La connaissance – « Demander une connaissance intérieure du Seigneur afin que je l’aime davantage » (Saint Ignace). – Les connaissances intellectuelles peuvent nous mettre sur le chemin d’une intelligence du cœur (P. Régent).

1836 – Le silence – La résurrection de Jésus est le triomphe de la Parole de Dieu sur le silence du tombeau (T. Radcliffe).

1837 – L’inauguration – L’éternité est l’épanouissement de notre relation avec Dieu inaugurée dès ici-bas (Ch. Delhez).

1838 – La tête – Jésus, premier-né d’une multitude de frères (Rm 8,29). Jésus, premier-né d’entre les morts (Col 1,8). Jésus, la Tête du Corps (Col 1,18), la Tête de l’Église (Ep 1,22). Comme dans un accouchement, quand la tête est passée (à travers la mort, vers la Vie), le corps suivra (M. Salamolard).

1839 – La vanité – Notre foi serait parfaitement vaine si le Christ n’était pas ressuscité le troisième jour (E. Humeau).

1840 – Le pouvoir – Catholicité de l’Église : c’est son pouvoir radical de rattacher au Christ toutes les diversités humaines. L’Église, c’est le monde en tant qu’il accueille le don de Dieu (P. Kechichian).

1841 – L’angoisse – La simple séparation d’avec Dieu est génératrice d’une profonde angoisse (X).

1842 – Le signe – La croix du Christ n’est pas le signe de la mort, elle est le signe que la mort a été vaincue (Mgr Dagens).

1843 – La mutilation – Une personne qui refuse Dieu et la relation à Dieu est une personne mutilée. L’homme n’est vraiment lui-même que lorsqu’il est en alliance avec Dieu (R. Halter).

1844 – Dieu - Par sa parole, Dieu nous dit ce qu’il est et ce qu’il veut ; il le dit pour toujours, il le dit pour chaque jour (M. Delbrel).

1845 – Les illusions – Les gens redoutent qu’on s’en prenne à leurs illusions (Chr. Chabanis).

1846 – Le poison – La mort, c’est l’événement le plus certain et en même temps le plus énigmatique de la destinée humaine. Dès l’instant de la naissance, commence le compte à rebours. On peut donner un sens à sa vie, mais si la mort n’a pas de sens, elle empoisonne tout le sens qu’on peut donner à la vie (Chr. Chabanis).

1847 – La conséquence – Le Christ s’est manifesté vivant deux ou trois jours après sa mort, aux Douze, puis à cinq cents frères, puis à Paul, et à d’autres encore. Il a manifesté concrètement qu’il était vivant et qu’en conséquence, pour lui, la mort n’est pas égale à l’annihilation (Cl. Tresmontant).

1848 – La simplicité – Prêcher de façon simple pour des gens simples (Saint Augustin).

1849 – La liberté – Dieu a laissé à l’homme la liberté de choisir entre le bien et le mal. On n’est jamais libre quand on choisit le mal. On est inconscient, pervers, ou carrément suicidaire. S’il y a une liberté, celle-ci consiste à ne pas choisir le mal (B. Vergely).

1850 – L’expérience – Aujourd’hui, les jeunes cherchent non pas des prêtres de grande science, mais des prêtres qui ont fait l’expérience de Dieu (Mgr Franic).

1851 – Le mirage – Plus que jamais peut-être l’homme a horreur de souffrir, l’image d’une vie indolore est au centre de ses espoirs. Vain mirage. Nous n’avons pas le choix entre la joie et la souffrance, nous n’avons le choix qu’entre la douleur ouverte de la croix et la douleur fermée de l’enfer (G. Thibon).

1852 – La parole – Quand je prie, je parle à Dieu ; quand j’étudie, c’est Dieu qui me parle (L. Finkelstein, rabbin?).

1853 – L’affaire – Le baptême dans l’Esprit n’est pas l’affaire des hommes mais de Dieu (J. Guillet).

1854 – Dieu - Dieu, autrefois moins vivant qu’on ne l’a cru, est aujourd’hui moins mort qu’on ne le dit (J. Delumeau).

1855 – L’intelligence – La foi n’est pas un vague sentiment. La foi, c’est ma raison qui adhère à certaines vérités. La foi, ce n’est pas qu’un sentiment, c’est un acte d’intelligence (B. Souchard).

1856 – Le Royaume – Le Seigneur Jésus est lui-même le Royaume comme il est la Vérité et la Vie (H. de Lubac).

1857 – La liberté – Si Dieu est amour, il ne s’impose pas et nous laisse libre (B. Souchard).

1858 – Le gland – Résurrection. Saint Paul : l’image de la semence qui meurt et de l’arbre qui surgit. La gland devient un chêne. Le corps actuel devient un corps ressuscité. Il y a plus de disproportion entre le gland qui devient chêne et le corps actuel qui devient corps ressuscité. Les moyens que Dieu prendra pour la résurrection des corps nous échappent totalement. Mais celui qui a la puissance de la création a aussi la puissance de la re-création (B. Sesboüé).

1859 – Les familiers – L’intelligence de l’Incarnation n’est possible qu’aux familiers de la Bible. La venue du Christ a été préparée par dix-huit siècles d’éducation d’Israël et, à travers Israël, de toute l’humanité (Fr. Varillon).

1860 – L’amitié – La sainteté, c’est une relation d’amitié avec Dieu. C’est à cela que les chrétiens, et tous les hommes, sont appelés (Cl. Tresmontant).

1861 – L’histoire – L’histoire du salut englobe toute l’histoire naturelle de ce monde et la dépasse (J. Daniélou).

1862 – Les images – Je comprends l’anticléricalisme. Je ne sais que trop d’où il vient. Il faut parfois une vie – peut-être plus ! – pour se débarrasser d’une éducation étouffante et gravement culpabilisante. Et se libérer de tant d’images mensongères de Dieu (G. Ringlet).

1863 – Le choix – Dieu sonde les cœurs et il connaît les dispositions cachées de l’homme. L’homme est un être responsable devant Dieu et devant le prochain. Il a le pouvoir de choisir librement entre le bien et le mal (J. Becker).

1864 – La distance – L’homme a le sens inné de Dieu, il est naturellement religieux. C’est-à-dire qu’il tend de toutes ses forces à se relier à Dieu, par la prière… Il s’efforce de franchir la distance qui le sépare de l’Être suprême. Dans les religions non chrétiennes, le culte est un effort de l’homme pour s’élever vers le Très-Haut, pour rejoindre le Tout-Grand, pour abolir les frontières vers le Tout-Autre, Dieu… Dans le christianisme, la révélation divine nous apprend que c’est Dieu qui a franchi la distance. Dieu s’est incarné (Th. Rey-Mermet).

1865 – Le mariage – Le Christ a renoncé au mariage, non par mépris envers cet état de vie, mais avant tout parce qu’il appartient entièrement à son Père et à sa mission (Alexandre Men).

1866 – Le saint – Prier un saint du ciel, c’est se tourner vers lui comme s’il était vivant parmi nous (Alexandre Men).

1867 – La difficulté – Ce n’est pas la difficulté des dogmes qui m’a fait perdre la foi, mais l’attitude de mes grands-parents (Sartre).

1868 – La tradition – La Dieu de l’islam n’est pas appelé « père », et la piété musulmane ne place pas le terme « père » parmi les quatre-vingt-dix-neuf noms de Dieu qu’énumère la tradition (R. Brague).

1869 – La relation – Si on nous offre une relation vivante avec un Autre qui est Dieu, il faut s’attendre à des mystères (L. Bouyer).

1870 – La réponse – Henri Krasucki, leader syndicaliste CGT, avait une tante catholique très pieuse qui tous les matins allait à la première messe, celle de six heures. Sa famille la taquinait : « Alors, qu’est-ce qu’il a dit le curé ? » Réponse : « Ce n’est pas lui que j’écoute » (E. Poulat).

1871 – L’aspiration – L’Esprit Saint : il est celui qui dévoile le chemin vers Dieu, il est aspiration à la joie de sa présence (A. Schmemann).

1872 – La raison – Dieu s’est fait homme pour que l’homme monte jusqu’à Dieu. Nous sommes faits pour Dieu, pour entrer dans la vie de la Trinité. Dieu lui-même est descendu jusqu’à nous pour nous faire monter jusqu’à lui. Le but de notre prière, le but de toute notre vie, ce qui lui donne finalement son sens, c’est d’aller progressivement vers cette vie trinitaire pour laquelle nous sommes faits et dans laquelle nous trouverons finalement notre raison d’être et de vivre (C. Argenti).

1873 – La trace – Parmi toutes les traces de Dieu dans le monde, il n’en est aucune qui soit aussi sainte que celle de l’homme. Et puis le monde entier est une trace de Dieu (M. Neusch).

1874 – Le périmètre – L’Église n’est pas là pour elle-même. Il ne s’agit pas seulement pour elle de continuer à exister ni d’augmenter son propre périmètre. Elle a une tâche vis-à-vis du monde et vis-à-vis de l’humanité. Ce n’est que pour cela qu’elle doit vivre parce que sa disparition entraînerait l’humanité dans le tourbillon de la ténèbre, loin de Dieu, et même dans la destruction de l’humain. L’Église ne lutte pas pour se conserver elle-même mais parce qu’une mission lui a été confiée, qui la rend responsable de tous. L’Église n’est pas là pour elle-même mais pour l’humanité. Elle est là pour que le monde devienne un espace pour la présence de Dieu. L’Église ne peut vivre et devenir féconde que si la primauté de Dieu est vivante en elle (Cardinal Ratzinger).

1875 – La chaîne – La tradition : la chaîne ininterrompue de la foi (D. Laplane).

1876 – La fabrique – La majorité des hommes de nos pays ne se posent même plus la question du pourquoi de l’existence. Ils vivent, ou survivent, tout simplement sans se demander pourquoi. L’évolution massive vers ce non-sens de l’existence, vers un monde où les hommes vivent pour vivre et fabriquent d’autres hommes qui en fabriqueront d’autres, qui n’auront pas plus de motifs, me semble le fait contemporain le plus tragique. Il est urgent que l’humanité retrouve un sens à son existence et à sa perpétuation (G. Minois).

1877 – La question – La question juive la plus authentique est sans doute celle-ci : Qu’est-ce que le Dieu d’Israël exige de moi ? (C. Kessler).

1878 – La foi – Je ne crois pas à l’incroyance. On croit toujours en quelque chose, même lorsqu’on ne croit à rien (L. Falavigna).

1879 – Le fonctionnement – L’Église, dans sa longue histoire, a peut-être passé plus de temps à définit les normes de conduite qu’à transmettre le message d’amour de l’Évangile. Au lieu d’enseigner l’amour et la miséricorde de Dieu, l’Église se présentait d’abord comme une institutrice morale. Bonaparte comptait sur « ses évêques » comme sur « ses gendarmes et ses préfets » pour assurer le bon fonctionnement de l’ordre social (R. Rémond).

1880 – L’inquiétude – Ne t’inquiète pas de mal savoir prier. S’abîmer d’inquiétude n’a jamais été un chemin d’Évangile. Que ton cœur cesse de se troubler et de craindre (Frère Roger).

1881 – L’invitation – Pour notre foi chrétienne, le paradoxe de la condition humaine, c’est que nous sommes des êtres limités et que nous sommes invités à vivre en communion avec Dieu. Et nous ne pouvons pas nous procurer cette communion par nos propres forces. On ne peut la recevoir que comme un don que Dieu nous fait de lui-même (B. Sesboüé).

1882 – La réponse – Question d’un jeune à Frère Roger à Taizé : « Qui est le Christ pour vous ? » Il resta un moment en silence, cherchant une réponse qui ne soit pas un cliché. Puis il commença à parler lentement, choisissant ses mots avec attention, et il dit quelque chose de très simple : « Pour moi, le Christ est celui dont je vis, mais aussi celui qu’avec vous je cherche » (C.Feldmann).

1883 – La route – Vocations : les deux routes ont toujours existé. Toujours le Seigneur dira aux uns : à cause de moi et pour mon amour tu auras une femme, des enfants, une maison, des biens à gérer, de ma part, dans le monde. Toujours le Seigneur dira aux autres : tu n’auras que moi et je serai ton tout (M. Delbrel).

1884 – La fontaine – Rien n’est plus faux que des discours qui décrivent les qualités divines comme si elles étaient aussi transparentes que l’eau d’une fontaine : bonté, amour, justice, amitié (A. Vergote).

1885 – La science - La religion sans la science serait aveugle, la science sans la religion serait boiteuse (Einstein).

1886 – La catastrophe – Chaque catastrophe retentit pour l’âme fidèle comme un appel à une plus grande humilité, à un plus grand amour, donc à un témoignage plus dépouillé (O. Clément).

1887 – La vie – Notre destinée, c’est de nous frayer un chemin vers notre destination, c’est-à-dire la vie avec Dieu, notre bonheur (T. Radcliffe).

1888 – Le manque – Les pécheurs veulent toujours ce qui leur manque et les âmes pleines de l’amour de Dieu ne veulent rien que ce qu’elles ont (Fénelon).

1889 – La promesse – Le christianisme commence par un tombeau vide, c’est-à-dire par la mort vaincue, par la promesse d’une vie plus forte que la mort (Mgr Dagens).

1890 – Le temps – Le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu et quand il est juste de se taire et de ne laisser parler que l’amour. Le chrétien sait que Dieu se rend présent dans les moments où rien d’autre n’est fait sinon qu’aimer (Benoît XVI).

1891 – La lumière – La foi chrétienne n’est pas un cri, ni un sentiment enfermé dans le secret du cœur, elle porte en elle une capacité de comprendre le monde, et les autres, et soi-même, dans la lumière de Dieu (Mgr Dagens).

1892 – La communion – Annoncer la vérité dans un amour divin du prochain, non pas pour avoir raison mais pour être avec lui. Il s’agit moins de donner une leçon que d’accueillir un frère. Ôtez cet élan de communion, votre parole, si orthodoxe soit-elle, procède d’un souffle impur, elle possède un fond démoniaque (F. Hadjadj).

1893 – Le noyau – L’Église : « un gros animal à prétention divine », disait Simone Weil ; mais elle ajoutait qu’il y a toujours en elle « un noyau incorruptible de vérité » (G. Thibon).

1894 – L’attention – La prière : une attention à l’Absolu même, à Dieu ; une parole à lui adressée ; un temps réservé pour lui (J.-Y. Calvez).

1895 – Le consentement – Avoir la foi ! C’est l’avoir reçue, se l’être appropriée personnellement, agir de telle sorte qu’elle imprègne lentement l’existence entière. L’acte de foi : consentement personnel à l’invitation à s’unir pour la vie et pour la mort à Dieu tel qu’il s’est révélé par Jésus-Christ (A. Vergote).

1896 – Le facteur – L’athéisme n’est pas la réponse au problème de l’homme et de l’histoire. A longue échéance, il est mort de l’homme et facteur de non-sens. Seul celui qui connaît Dieu connaît l’homme (E. Rideau).

1897 – L’économie – Pour nous présenter devant Dieu, personne ne peut faire l’économie d’une purification. Nous sommes incapables de voir nos propres taches et de nous en débarrasser. Il faut que le Créateur vienne pour achever son œuvre en nous (X).

1898 – La personne – Le Royaume de Dieu. Il y a en fait identification mystique entre le Paradis et son souverain, entre le Royaume et son roi. Le Christ est lui-même son Royaume (Origène). Il est lui-même le Paradis vivant (Ruysbroeck). Le ciel du chrétien est pour ainsi dire absorbé en Dieu. Le Paradis de Dieu s’efface devant le Dieu du Paradis (Nicetas Stethatos). Dieu est un être personnel et personnalisant (H. de Lubac).

1899 – Le fleuve – Pour personne la vie n’est définitivement un long fleuve tranquille (L. Basset).

1900 – La compétence – Les disciples du Christ devraient être aussi compétents dans les choses de la foi qu’ils le sont dans les choses profanes, ni plus ni moins (M.-C. Bernard).

1901 – Le sens – Le seul vrai sens de la vie humaine, c’est la communion avec Dieu, dans le Christ, par l’Esprit (Nicolas Cabasilas).

1902 – La conscience – La prière est une chose normale, elle est le but de la vie chrétienne. Cela ne signifie pas que le croyant doit répéter tout le temps des prières, cela signifie qu’il se trouve constamment devant la face de Dieu : qu’il rie ou qu’il pleure, qu’il soit fatigué ou dispos, qu’il soit dans la tristesse ou la joie, il a toujours conscience de la présence de Dieu (Alexandre Men).

1903 – Le pourquoi – On ne demande pas à Dieu pourquoi il agit ainsi (G. Anawati).

1904 – Le mystère – La Révélation dit : le monde existe pour Dieu, il appartient à Dieu et Dieu est un mystère pour le monde (G. Woimbée).

1905 – Les difficultés – De tous les articles de la foi, l’existence d’un Dieu est, pour moi, celui qui soulève le plus de difficultés et celui qui, cependant, s’impose à nos esprits avec le plus de puissance (Newman).

1906 – Les paysans – Les curés aiment bien le Bon Dieu, disaient les paysans sceptiques, mais ils ne sont pas pressés d’aller le voir (G. Thibon).

1907 – Le dernier mot – La raison d’être du christianisme est avant tout de nous montrer que la vie a un sens. Notre vie est orientée vers un sens ultime. En dépit de toute l’absurdité et de toute la souffrance que nous pouvons connaître, le sens a le dernier mot (T. Radcliffe).

1908 – La croix – La croix glorieuse : la croix illuminée par la résurrection du Christ (J. Verlinde).

1909 – Le réel - La foi : savoir que le réel (le quotidien) est habité par la présence de Dieu (M.-C. Bernard).

1910 – La lumière – Il est assez de raisons, si l’on cherche, pour que la foi soit raisonnable, mais la foi demeure suffisamment souple et mystérieuse pour qu’elle demeure transrationnelle et demeure ainsi le fruit d’un acte libre. Il est suffisamment de raisons pour que la foi soit convaincante, mais non point contraignante. Dieu désire être aimé librement par des créatures libres. Il ne veut pas contraindre l’homme à croire en lui. Il n’est pas juste de vouloir contraindre quelqu’un à nous aimer : c’est d’ailleurs impossible. C’est pourquoi notre existence doit commencer par le clair-obscur de la foi durant cette vie terrestre ; il y a dans le monde et dans l’Église assez de lumière pour que la foi soit possible et raisonnable, et assez d’obscurité pour qu’elle demeure une option libre et transrationnelle (Mgr Léonard).

1911 – La faim – Le péché « originel » n’est pas d’abord que l’homme a « désobéi » à Dieu ; le péché, c’est qu’il a cessé d’avoir faim de lui et de lui seul (A. Schmemann).

1912 – Le rampant – Le monde vit comme s’il n’y avait pas de Dieu. L’athéisme agressif du communisme attaquait directement et ouvertement l’Église et la religion. L’athéisme rampant de notre monde actuel est bien plus accrocheur et se fait bien moins remarquer (C. Schönborn).

1913 – Le n’importe quoi – Depuis que les hommes ne croient plus en Dieu, on ne peut pas dire qu’ils ne croient plus en rien, au contraire ils croient en tout et en n’importe quoi (Chesterton).

1914 – Le mouvement – Dire que Dieu est amour, c’est dire qu’il est mouvement vers nous pour que nous l’accueillions (Fr. Varillon).

1915 – Le miracle – C’est dans notre monde de télévision, d’internet, d’ultrasons, de voyages interplanétaires, dans ce monde à la fois athée et croyant, paradisiaque et infernal, mais toujours aimé par Dieu, que l’homme est appelé au miracle de la foi et à témoigner parmi les hommes (P. Evdokimov).

1916 – La joie – La souffrance est un chemin qui conduit à Dieu. Mais se rappeler que la joie aussi mène à Dieu. La joie de faire le bien est une des plus hautes expériences que puissent connaître les hommes (A. Heschel).

1917 – La question – La question par excellence qui est posée à la vie humaine est la mort ; si on n’y répond pas, on n’a rien à répondre sur rien (J. Ratzinger).

1918 – La prospérité – Si le malheur n’est pas par lui-même créateur, il peut constituer un appel aux profondeurs de l’âme, alors que la prospérité risque de maintenir dans des zones superficielles (J. Daniélou).

1919 – La possibilité – Spinoza refuse a priori, avant d’avoir ouvert le livre, la possibilité d’un Dieu personnel qui se révèle (P. Chaunu).

1920 – La persévérance – Si le mal est semé sur la terre – produisant des fruits affreux -, le bien est semé lui aussi, mais sans qu’on le remarque, il accomplit son œuvre, discrètement et avec persévérance (Alexandre Men).

1921 – Le voyage – Il faut nous libérer de nos fausses idées de Dieu. La foi est un voyage dans l’obscurité où l’on détruit les idoles. En approchant du mystère de Dieu, j’entrevois aussi mon propre mystère. Dieu m’appelle par mon nom. Ce que je crois, c’est que je suis quelqu’un que Dieu appelle par son nom (T. Radcliffe).

1922 – La brume – Beaucoup de gens ont pour toute religion, si l’on peut dire, un vague déisme, « une brume religieuse qui flotte dans l’air de notre temps ». Cela leur donne un supplément d’âme. On évalue les religions en se demandant à quoi elles servent à la société et à l’existence. Bien des enquêtes, de neutralité apparente, demandent aux populations de classer l’importance qu’elles accordent aux différentes valeurs, parmi lesquelles la religion. Et on assimile alors la religion à des valeurs telles que la santé, l’argent, etc. Ce langage d’allure sociologique est en fait de la même famille que le langage psychologique des « besoins ». On parle de besoins religieux comme des besoins de vacances, de sommeil ou d’activité. Les besoins religieux se ramènent ensuite à des besoins plus concrets : besoin de protection, d’autorité sur laquelle s’appuyer, de consolation dans les souffrances, etc. Pascal : Non Dieu des philosophes et des savants. Nous : non Dieu des psychologues et des sociologues. Le Dieu qui se révèle est fondamentalement différent de ce vague Dieu des psychologues et des sociologues (A. Vergote).

1923 – La promesse – Une « vie bienheureuse » qu’on veut se fabriquer soi-même ne saurait être du même type que celle qu’on découvre comme une promesse et qu’on implore comme un don (H. de Lubac).

1924 – L’idole – Toute idolâtrie débouche sur la mort de l’idole et de l’idolâtre (Chr. Chabanis).

1925 – La société – L’Église est le signe de Dieu planté dans notre société qui se passe de Dieu… Elle est là pour livrer au monde le mystère du Christ, pour inscrire le mystère du Christ dans nos sociétés oublieuses du Christ… Nous avons à vivre de Dieu dans nos sociétés qui se passent de Dieu (Mgr Dagens).

1926 – Le but – Toute la mystique est en germe dans la foi vivante. Newman : « Je ne veux rien sinon parler avec toi, juste pour parler. Je souhaite entretenir avec toi une communion consciente ». Le développement d’une relation personnelle avec Dieu est le but le plus élevé de la vie humaine (L. Bouyer).

1927 – La compréhension – Dès la période de ses origines, le christianisme s’est présenté comme une Révélation qui ouvre sur une compréhension nouvelle de Dieu et du monde (Mgr Dagens).

1928 – La connaissance – Pour les Pères, le royaume de Dieu, c’est la connaissance de la sainte Trinité (P. Evdokimov).

1929 – Le cœur – Le cœur de la religion, c’est le lien entre Dieu et l’homme (Alexandre Men).

1930 – La signification – La foi chrétienne signifie être touché par Dieu et témoigner de lui (J. Ratzinger).

1931 – La forme – On n’a pas besoin d’être en forme pour nous offrir à la prière (P. Régent).

1932 – La consolation – L’Esprit Saint consolateur : il nous « console » de l’absence visible du Christ. Tout le but de l’œuvre du salut, c’est que les croyants reçoivent l’Esprit Saint (P. Evdokimov).

1933 – L’encouragement – Un homme qui croit en Dieu ne demande pas de miracles. Cependant nous ne rejetons pas les miracles qui se produisent et nous les considérons comme un encouragement de Dieu (D. Doudko).

1934 – Le partage – De Dieu jaillit la vie, et dans un seul dessein : la partager (P. Gervaise).

1935 – L’information – Évangéliser, ce n’est pas convertir. Annoncer la foi, dire sa foi, ce n’est pas donner la foi. Nous sommes responsables de parler ou bien de nous taire, nous ne sommes pas responsables de l’efficacité de nos paroles. La foi, c’est Dieu qui la donne. Annoncer la foi, c’est tout simplement d’abord être un informateur. Nous devons être des informateurs d’une nouvelle. Mais l’informateur de l’Évangile doit être quelqu’un qui, sur d’autres plans que celui de l’Évangile, est reconnu pour véridique, pour exact, pour être quelqu’un qui ne prend pas des fumées pour des réalités. Il s’agit d’une nouvelle, d’une chose qui est en train de se passer, d’un événement qui est en route. Ce n’est pas une leçon d’histoire ancienne, c’est une information sur notre temps, c’est une nouvelle fraîche (M. Delbrel).

1936 –

19/05/2019. A suivre

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