100.7 Les compagnons d’Av.Speyr

826 – Le cœur – L’Église n’est pas d’abord au Vatican, elle est dans le cœur des saints (Cardinal Journet).

827 – L’impuissance – Quand Jésus, le Fils de Dieu, meurt sur la croix, le Père tout-puissant se révèle comme le Père « non-puissant ». Le Dieu tout-puissant est en définitive le Dieu qui permet à son Fils d’étendre les bras sur la croix dans le signe de la non-puissance totale. C’est la toute-puissance de l’amour (Bernard Sesboüé).

828 – Le péché – Jésus pour naître s’est choisie Marie pleine de grâce. C’est Marie (de Magdala) pleine de péché qu’il choisit pour ressusciter (Pierre Emmanuel).

829 – La couture – En ressuscitant, le Fils de Dieu entraîne l’homme avec lui, lui ouvrant le chemin vers l’au-delà de l’espace et du temps. Le christ est à la couture du fini et de l’infini, simultanément dans le temps et au-delà du temps (Louis Falavigna).

830 – La quarantaine – Finalement, surtout passé le seuil de la quarantaine, mais déjà avant, la source de la névrose est bien souvent non pas la religion, mais l’absence de sens ou l’absence de religion au sens profond du mot (Olivier Clément).

831 – L’ouverture – Plus les hommes se disent que Dieu n’existe pas, plus le monde devient mauvais. C’est un circuit épouvantable, et il faut le briser par cette ouverture du coeur qui permet à Dieu d’entrer dans sa création. Celui qui est le plus exclu, celui qui est le plus oublié, celui qui est le plus méconnu, c’est Dieu. Il regarde et se demande s’il y a des cœurs qui librement s’abandonnent et s’ouvrent à lui pour devenir des sources d’où peut jaillir un influx de lumière, de paix et d’amour (Olivier Clément).

832 – Les maux – Luther aurait tant voulu qu’Érasme le rejoigne dans sa réforme. Ils s’écrivent. Érasme lui répond : « Je sais que dans cette Eglise que vous appelez papiste, il y a beaucoup d’hommes qui ne me plaisent pas. Mais j’en vois de semblables dans la tienne. Or on supporte plus légèrement les maux auxquels on est accoutumé. Je supporte donc cette Église jusqu’à ce que que j’en trouve une meilleure, et elle-même est obligée de me supporter jusqu’à ce que je devienne meilleur (Gabriel Ringlet).

833 – Le souci – L’homme ne peut pas ne pas se poser de questions sur le sens de son existence. Mais se posant cette question, il peut décider qu’elle est sans réponse possible, donc comme une question dépourvue de sens. Ou bien s’immerger tellement dans ses occupations qu’il en chasse cette question du sens de l’existence en estimant qu’il est plus judicieux de ne pas se casser la têt à ce propos. Mais l’homme aussi qui se pose des questions peut finir par trouver qu’il est absurde pour lui d’être fait pour le néant. Est-ce possible ? L’homme n’est pas le maître de son existence, il le sait bien. Mais il est conscient qu’il voudrait bien qu’il existe autre chose que son existence éphémère. Et si quelqu’un vient lui dire que son hypothèse d’une vie autre, son aspiration à une vie au-delà de la vie n’est pas impossible, n’est pas sotte, mais est au contraire la vérité tout simplement, l’homme se demandera toujours si cette promesse n’est pas une illusion. Et il restera dans son souci et dans son inquiétude latente. L’homme reste en présence d’un mystère dont il croit ne pas avoir la clef (Karl Rahner).

834 – La toute-puissance – Dieu a la toute-puissance de naître comme Dieu, comme il a la toute-puissance de mourir en Christ comme Dieu (Paul Evdokimov).

835 – L’interrogation – Ne parler du Christ que si l’on t’interroge. Mais vis de telle façon que l’on t’interroge (Anonyme cité par Mgr Vilnet).

836 – La faiblesse – L’homme est un animal qui sait qu’il va mourir. La peur de la mort est la clé de l’humanité. La faiblesse de ce qu’on appelle la modernité est qu’elle refoule l’idée de la mort. Nous croyons, nous, que le fini est la demeure de l’infini (Jacques de Bourbon-Busset).

837 – La présence – Au plan humain, la virginité constitue une donnée physique médicalement vérifiable. Pour le Nouveau Testament, elle correspond à l’état de celle ou de celui qui se trouve empli de la présence divine et qui ne vit que pour elle (Jean Radermakers).

838 – La communication – La prière est une communication dans l’Esprit Saint avec tous les habitants du ciel. Si l’homme ne prie pas sans cesse, il cesse de respirer spirituellement (Michel Laroche).

839 – Le ridicule – Il est à la fois ridicule et irrespectueux de demander ce qu’on peut bien éprouver quand on est Dieu incarné (Le théologien anglican Mascall cité par Bernard Sesboüé).

840 – Le jeu – Est-ce que la science n’est qu’un jeu sur fond de néant ? C’est la foi qui donne à la science son sens. A quoi sert la science si ce n’est qu’un jeu sur fond de néant. Les philosophes ont la réputation de ne pas croire. En réalité, ils ne cessent d’être concernés par la croyance, qui est bien ce qui existe de plus passionnant. Transmettre la foi en la vie est l’un des plus beaux dons que l’on puisse accorder. La philosophie : trouver ce qui aide à vivre ((Bertrand Vergely).

841 – Le renoncement – L’Incarnation : Dieu qui renonce à son éternité (André Frossard).

842 – Le bourreau – Il était nécessaire qu’Israël ignorât l’idée d’Incarnation pour que la Passion fût possible. Peuple élu pour être le bourreau du Christ (Simone Weil).

843 – La gestation – Tout l’Ancien Testament est un index tendu vers Jésus-Christ qui vient. Tout le temps de l’Ancien testament, depuis Abraham, est ce temps de la gestation du Christ (François Varillon).

844 – La communion – L’essence de l’Église, c’est la communion de Dieu et de l’homme, et par là des hommes entre eux. Le but de la création n’est autre que l’Église (Olivier Clément).

845 – La curiosité – La religion est vie, non pas matière à discussion. Dieu ne répond pas à la pure curiosité de l’esprit. La foi est un acte par lequel l’homme s’en remet à Dieu (François Varillon).

846 – Le singe – L’esprit d’enfance consiste d’abord à savoir que nous en sommes pas orphelins. Nos contemporains s’imaginent qu’ils sont orphelins : il y a ce monde sans fin, ces nébuleuses, ces trous noirs, nous descendons du songe et nous allons vers le néant ! Mais le Christ nous le rappelle fortement : nous avons un Père et nous pouvons avoir confiance en lui. Nous sommes appelés à retrouver cette joie d’être en Dieu (Olivier Clément).

847 – La réalité – Au ciel, auprès de Dieu, nous verrons la réalité de l’être de chaque homme (Alexandre Men).

848 – La guérison – Le purgatoire, c’est un temps pour la guérison. Ce n’est pas la faute qu’on répare, c’est la nature qui ses répare, retrouve la santé. Temps de maturation pour le dépouillement de toute souillure qui pèse sur l’esprit. Dieu a enveloppé d’obscurité le destin d’outre-tombe et il ne s’agit nullement de violer le secret divin (Paul Evdokimov).

849 – Le rêve – Ne pas rêver d’un âge d’or où l’essor de l’Église en rencontrerait plus aucun obstacle (Emmanuel Mounier).

850 – La communion – L’Annonciation a été le jour de la première communion de Marie (Mère Térésa).

851 – La substitution – L’idée de substitution, si essentiellement chrétienne (Henri de Lubac).

852 – Le savoir – C’est la foi dans la résurrection qui provoque le désir de savoir comment y parvenir (Jean Daniélou).

853 – Les vaches – Quand on visite une communauté, on sent tout de suite, dans la mesure où on est sensible à cette réalité, si c’est une communauté de chrétiens qui s’aiment les uns les autres ou, comme dit Aristote, un troupeau de vaches qui paissent dans le même pré (Jean Vanier).

854 – La bouche – Le rôle du prêtre est d’ouvrir la bouche, mais c’est Dieu qui opère tout. Tout vient de la grâce (Saint jean Chrysostome).

855 – Le commentaire – Le meilleur commentaire de la Bible, ce sont les saints. « Ta lumière resplendit dans les visages de tes saints », chante l’Église orthodoxe (Paul Evdokimov).

856 – Les portes – A force de nier le diable, nous avons ouvert toutes grandes les portes de l’enfer (Jung).

857 – Le cœur – En Occident, la foi chrétienne est souvent identifiée à une morale ou à un engagement social de type caritatif, mais l’expérience spirituelle, le vie mystique qui en est le cœur véritable, reste malheureusement méconnue. Les chrétiens se sont trop portés aux frontières en oubliant le centre, le cœur (Olivier Clément).

858 – La présence – La Bible, le livre saint, est tout rempli de présence (Paul Evdokimov).

859 – Le faux – La prédication de Jésus porte souvent sur ce qui est faux dans les attitudes, les relations ou les démarches religieuses (P. Gervaise).

860 – L’équilibre – La place de la Vierge dans la vie et la prière des chrétiens est un indice de léquilibre de leur vie et de leur foi. Nous ne prions pas Marie comme nous prions le Père, le Fils et l’Esprit. Nous prions Marie parce qu’elle est la mère de Jésus. Nous prions Marie de prier pour nous (Cardinal Lustiger).

861 – Dieu – Dieu, il est par excellence celui dont je ne peux disposer (Jean Daniélou).

862 – L’exégèse – Pour peu qu’il se soit éveillé à la vie de l’esprit, le croyant ne peut se passer d’exégèse. Il n’a jamais pu s’en passer. Ce qu’il croit, ce qu’il vit, il cherche spontanément à le comprendre (Henri de Lubac).

863 – L’enfer – Le paradis n’est pas autre chose qu’aimer Dieu ; et il n’y a pas d’autre enfer que de n’être pas avec Dieu (Julien Green).

864 – La fête – S’il n’y avait pas d’espérance de résurrection, la fête humaine serait enfermée dans le cercle de la mort (François Varillon).

865 – La réalité – Dieu est mystérieux jusque dans les plus intimes grâces et les plus éclatantes clartés. La réalité de Dieu, parce qu’elle est ineffable, ne peut être exprimée autrement que par allusion (J. de Menasce).

866 – L’éventualité – Si quelqu’un dit que l’enfer est une réalité, il se flatte d’avoir sur l’au-delà un renseignement que les chrétiens n’ont pas. L’enfer, c’est la damnation, et nul ne sait s’il y a des damnés. Il est – ce qui est tout différent – une éventualité réelle inscrite au cœur de la liberté humaine respectée sans tricherie (François Varillon).

867 – Le problème – De tous les peuples de l’Antiquité, nous sommes le seul (nous, le peuple juif) à avoir survécu. Cela pose un problème (Elie Wiesel).

868 – Le visage – La puissance de l’athéisme, le refus de Dieu ou l’indifférence à l’égard de Dieu s’expliquent au moins en partie par le fait que le visage de Dieu a été si défiguré que l’homme ne pouvait que s’en détourner (Joseph Ratzinger).

869 – Le trésor – A la mort du dernier apôtre, un privilège incommunicable s’éteint : la Révélation est achevée. Rien ne pourra plus y être ajouté. Mais ce trésor, la perle précieuse entre toutes de l’humanité, devra être transmis, communiqué, explicité, à chaque génération, dans l’Église (Jacques Loew).

870 – La joie – Cana : ce n’est pas à la peine des gens que le Christ a rendu visite, mais à leur joie. Il a fait son premier miracle pour venir au secours du bonheur humain (Dostoïevski).

871 – L’ami – L’ange gardien est pour chacun, selon la parole d’un spirituel, notre meilleur ami (Philippe Ferlay).

872 – La fécondité – La prière comme les œuvres n’acquièrent leur fécondité que par le sacrifice (Marthe Robin).

873 – Les sucreries – Il y a des sucreries démoniaques dans certains discours religieux (Léon Bloy).

874 – Le rayonnement – Selon le Talmud, dans le monde à venir, les justes jouissent du rayonnement de la présence divine (Claude Vigée).

875 – La présence – Que recherchons-nous quand nous prions si ce n’est la présence de Dieu. Il est donné aux hommes de pouvoir parler à Dieu (Rémy Schappacher).

876 – Les volets – La prière n’a pas pour but de renseigner Dieu sur nos besoins ; il les connaît infiniment mieux que nous ; elle ne se propose pas non plus d’amener Dieu à consentir à la satisfaction de nos besoins, car Dieu ne cesse de vouloir notre bien ; la prière devrait toujours plutôt faire coïncider notre volonté avec la volonté de Dieu ; cette prière serait alors celle qui répondrait le plus parfaitement à l’amour de Dieu. Ce que nous demandons au fond, c’est toujours Dieu lui-même. Et dans ce sens, toute prière est exaucée dès qu’elle est vraiment ce qu’elle doit être : l’ouverture de notre cœur à l’appel de Dieu. Ce n’est jamais Dieu qui se refuse, c’est toujours l’homme. La maison dont les volets sont clos est encore dans la nuit, même en plein jour. Et ce n’est pas la faute du soleil. « La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point comprise (Maurice Zundel).

877 – La réintégration – Le monde que les prophètes dénoncent est celui de l’absence de dieu. Dès lors la recherche du juste se situe sur la voie de la réintégration de sa présence au sien du monde brisé (André Chouraqui).

878 – Les ombres – Si Dieu n’est pas nommé (dans une vie d’enfant ou même d’adulte), il est renvoyé au royaume des ombres. Et la grande absence qui en résulte vide le monde lui-même de sa réalité au point que l’homme n’est plus qu’une ombre à son tour dans le siècle où il prétendait le plus librement disposer de soi (Christian Chabanis).

879 – L’école – La vie sous le regard de la mort est une école perpétuelle de modestie (Pierre Chaunu).

880 – Le privilège – Le seul privilège des chrétiens, au milieu de tant d’hommes, adeptes souvent admirables de tant de religions, c’est qu’ils ont reçu une parole qui est à la fois de Dieu et Dieu lui-même (Roger Mehl).

881 – Le monde – Le monde est un livre qui nous parle de Dieu (Claudel).

882 – L’illusion – Passion et mort du Christ sont bien le point culminant de la haine et de la victoire apparente des forces du mal. Mais leur victoire est leur illusion suprême, car c’est au fond de la déréliction et à l’apogée de la souffrance que s’accomplit la victoire sur Satan (Boris Bobrinskoy).

883 – L’ignorance – Dieu aurait-il pu sauver le monde autrement que par la croix ? Réponse d’Augustin : « Il le pouvait, mais s’il l’avait fait, ton ignorance est telle que tu n’aurais pas été davantage satisfait » (Thomas Spidlik).

884 – La lumière J’avais retrouvé le sens du mot « sainteté », non dans les biographies des saints, mais dans les racines sumériennes du terme hébreu « qadosh » qui connote l’idée de lumière. Le saint est celui qui reflète le plus totalement la lumière d’Elohim. Être un fils d’Elohim signifie pour moi refléter totalement la lumière (André Chouraqui).

885 – L’expérience – La Bible nous parle d’hommes et de femmes qui ont fait l’expérience de la présence de Dieu dans leur vie (Taizé).

886 – Le don de Dieu – La Révélation chrétienne est achevée à la mort du dernier apôtre. En réalité, avec le Christ, la Révélation a atteint un stade définitif : la substance de la Révélation a été faite. Mais cette substance est inépuisable. Comment croire qu’on pourrait épuiser le don de Dieu ? (Gilbert Ganne).

887 – Les moyens – Il ne faut pas cesser de dire à Dieu : Attirez-moi ! sans lui dire comment faire, car tous ses moyens sont bons (Jean de Menasce).

888 – La proximité – Celui qui prie doit diriger son coeur vers le ciel, c’est-à-dire vers le service de Dieu et non vers ses besoins. La proximité de Dieu est en elle-même un bien. On ne prie pas en vérité pour retirer un bénéfice de sa prière. Le but de la prière est de s’occuper de Dieu, de délaisser les affaires mondaines, tous les soucis, tous les besoins (Y. Leibowitz).

889 – Le mendiant – « Pour moi, je suis un mendiant et un pauvre » (Ps 70,6). Origène commente : « C’est le Christ qui dit ces paroles, lui qui, librement, s’est fait mendiant pour l’amour de l’homme, pour faire l’homme riche » (Origène).

890 – Dieu – « Dieu est très intelligent, mais je ne le crois pas méchant » : mot d’Einstein inscrit sur l’une de ses statues aux USA (Jean de Menasce).

891 – La pente – L’amour de Dieu n’est pas un effort, c’est la pente de l’âme redressée (Jean Daniélou).

892 – La persuasion – La Parole de Dieu a une force de persuasion qui tient à son contenu (Jürgen Becker).

893 – La mort – La mort est ce qui a été donné de plus précieux à l’homme (Simone Weil).

894 – Le règne – « Que ton règne vienne ». Le Règne de Dieu, c’est l’Esprit Saint : nous prions qu’il le fasse descendre sur nous (Evagre).

895 – La tête – Dieu : il n’aime pas que nous nous cassions la tête à beaucoup lui parler (Thérèse d’Avila).

896 – La mission – Dans la perspective de l’Ancien et du Nouveau Testament, il n’y a pas de perception de Dieu sans un appel de Dieu en vue d’une mission (Jean Guitton).

897 – La grâce – Nul ne comprend un mystique chrétien qui n’essaie de vivre avec lui dans le monde la grâce (J. Baruzi).

898 – L’occupation – Si le christianisme est chose révélée, l’occupation principale du chrétien n’est-elle pas l’étude de cette révélation même ? (Renan).

899 – La musique – Le point de vue d’un athée sur la religion vaut tout au plus celui d’un sourd sur la musique (Christian Delacampagne).

La suite en 100.8

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