100.4 Les compagnons d’A.v.Speyr

 

100.4

Les compagnons

d’Adrienne von Speyr

 

406 – Le divan – L’homme qui ne s’intéresse pas au drame de sa propre fin ne doit pas être classé dans la catégorie de la normalité mais plutôt dans celle de la pathologie : il faudrait le coucher sur le divan et l’aider à guérir (Carl Jung).

407 – L’important – Il n’y a qu’une chose qui est importante, c’est l’humilité , car l’orgueil empêche d’aimer (Starets Silouane).

408 – L’écoute – L’audition de la Parole de Dieu implique l’écoute des hommes d’aujourd’hui. Il faut se nourrir des questions contemporaines (sécularisation, démythisation, structuralisme, psychanalyse, marxisme, etc.) et les dégager de l’athéisme, de l’antithéisme, de l’anti-christianisme qui les hantent (Albert Chapelle).

409 – La trahison – Une certaine manière de ne s’intéresser qu’à l’homme en refusant d’envisager dans tout son sérieux le problème que l’homme se pose à lui-même est peut-être la pire trahison de l’homme (Henri de Lubac).

410 – Les somnambules – Trop d’hommes vivent comme des somnambules au milieu d’un temps haché et précipité, ne s’arrêtant jamais pour vivre le présent comme un présent que Dieu nous fait (Olivier Clément).

411 – Le bon sens – Jésus-Christ a émis la prétention, dans ses paroles comme dans ses actes, à être de condition divine. Cela est absolument unique dans l’histoire de l’humanité. Jésus est le seul homme qui, dans son bon sens, ait « revendiqué » d’être l’égal de Dieu (André-Mutien Léonard).

412 – Le mystère – Les paroles du Christ avaient toutes les raisons de ne jamais parvenir jusqu’à nous. Qu’une petite secte juive ait pu devenir l’une des grandes religions de l’humanité reste un grand mystère (Hélène Carrère d’Encausse).

413 – La dupe – Il y a des gens qui pensent en avoir fini avec Dieu parce qu’ils en ont fini avec les religions, les Eglises, les clercs. Parce que ces réalités sont loin de se confondre avec Dieu – on en convient – ceux qui s’en éloignent sont loin de s ‘éloigner de Dieu. On n’en a jamais fini avec lui. L’incroyant qui s’imagine que c’est Dieu qu’il repousse parce qu’il repousse l’Église, n’est pas moins dupe de lui-même que le croyant qui s’imagine que Dieu lui appartient parce qu’il appartient à l’Église (Christian Chabanis).

414 – Le néantSi Dieu n’existait pas, l’homme ne serait qu’un fragment dérisoire de la société de l’univers, et la fatalité, la loi d’airain de l’échec et du désastre régneraient sur nous sans espoir. Nous sommes libres parce que nous sommes fondamentalement aimés, et pour toujours, d’un amour plus fort que la mort, parce que nous pouvons aimer à notre tour, et pour toujours… Devenir patiemment ouvriers de la communion humaine… La liberté, c’est de se rappeler que Quelqu’un s’interpose à jamais entre le néant et nous (Olivier Clément).

415 – La faim – Le tréfonds de notre nature humaine n’est pas la convoitise et l’égoïsme, c’est la faim et la soif de Dieu (Timothée Radcliffe).

416 – Le poids – Nous ne croyons pas pour des raisons, mais nous avons des raisons de croire. Nous pensons qu’affronté aux exigences de l’esprit humain Dieu fait le poids. Nous sommes convaincus qu’il est plus sensé de croire que de ne pas croire (André Manaranche).

417 – L’animal – L’homme en réalité, c’est un animal capable de recevoir communication de l’Esprit de Dieu (Claude Tresmontant).

418 – Le pouvoir – Il y a la phrase enfantine : Ne pas faire de la peine au Bon Dieu. Saint Paul le disait dans un autre langage : Ne contristez pas le Saint Esprit de Dieu (Ep 4,30). Nous avons le pouvoir de contrister le Saint Esprit,mais le Saint Esprit ne peut pas nous manipuler (François Varillon).

419 – La dépression – Le mal qui menace tout homme et toute femme aujourd’hui plus que jamais, c’est la dépression qui naît dans l’impossibilité de donner un sens à l’inutilité désespérante d’une vie où tout passe et va vers sa fin (D’un psychiatre et psychanalyste italo-américain, radicalement sans religion, dans Vittorio Messori : La vérité a un nom).

420 – Le vertige – On est pris de vertige quand on sait qu’il existe dans l’univers des milliers de galaxies comme notre voie lactée, chacune contenant en moyenne cent milliards d’étoiles. L’univers est trop vaste et trop complexe pour épuiser jamais la recherche scientifique. Le temps du scientisme, c’est-à-dire de l’affirmation selon laquelle la science, un jour, expliquerait tout et donc éliminerait la religion, est désormais révolu (Jean Delumeau).

421 – Le sens – La vie a du sens quand on renonce à jouer au tout-puissant qui domine sa vie, qui en est le maître. La vie a du sens quand on remet sa vie à Dieu. Nous ne sommes pas Dieu, nous ne sommes pas maître de notre vie. Le sens sans Dieu n’est pas possible (Bertrand Vergely).

422 – Croire – Croire, c’est savoir que nous venons de Dieu, que nous allons à Dieu, que rien en nous, de notre être ou de notre vie, n’est étranger à Dieu (Madeleine Delbrel).

423 – La lumière – Si le monde a besoin de justice, s’il a besoin de charité, plus encore et plus profondément, il a besoin de lumière : il a besoin de sens. Le chrétien, s’il est lui-même, est le prophète du sens (Paul Ricoeur).

424 – La peur – Dieu, dans l’Ancien Testament, et Jésus, tout au long de l’Évangile, répètent patiemment : « C’est moi, n’ayez pas peur ». Rien ne blesse davantage Dieu que notre peur parce que la peur est le contraire de l’amour (Gilbert Cesbron).

425 – La question – Que nous le voulions ou non, nous sommes habités par la question du mystère de notre existence (Bernard Sesboüé).

426 – Le projet – En ressuscitant Jésus-Christ, Dieu réalise dans l’histoire le projet primordial de son éternité. Dieu n’a pas voulu la mort. Pour atténuer la douleur scandalisée du monde, il nous donnera le Christ. La résurrection est la vérité à quoi Dieu nous destine depuis toujours en nous créant. « Celui qui se trouve initié au mystère de la résurrection, découvre la raison pour laquelle Dieu a créé toute chose au commencement ». La douleur demeure, et la mort, mais elles sont plus supportables parce qu’elles sont éclairées. Le mal n’est plus le dernier mot de l’existence et de l’histoire (Gustave Martelet).

427 – Le refus – La foi ne prétend pas que tout est facile et sans problème. Mais elle sait qu’à travers chaque événement Dieu fait signe et il invite à marcher vers lui dans une plus grande charité. La foi n’est pas faite pour rendre la vie facile, mais pour nous permettre de la vivre dans l’attachement indéfectible à l’amour du Père et dans le service de nos frères. Le péché absolu, c’est le refus de croire (Philippe Ferlay).

428 – Les pèlerins – La maison du Père indique la réalité finale où l’homme trouve pleinement sa demeure. Nous sommes tous plus ou moins marqués par l’angoisse, nous sommes tous des pèlerins vers le Père, habités par la nostalgie de la maison maternelle et paternelle (Cardinal Martini).

429 – Le progrès – La révélation de Dieu est progressive, car Dieu ne veut contraindre personne et il tient compte de la réceptivité humaine. Ce que les disciples de Jésus ne pouvaient supporter se révèle maintenant dans l’expérience vécue de l’Église. Ce ne sont pas de nouvelles révélations, mais l’explicitation des allusions et des silences des Écritures. « Nous pensons à Dieu pauvrement » (Paul Evdokimov).

430 – L’initiative – L’homme n’a découvert Dieu que lorsque Dieu s’est révélé. Il est tout autre que les dieux que les religions avaient pu s’imaginer. L’élément décisif, c’est que Dieu lui-même prend l’initiative (Antoine Vergote).

431 – La brèche – Nul autre que le Christ ne transforme le « passage obligé » de la mort en Pâques pour tout homme. Nul autre ne saurait tirer d’une vraie mort une vraie résurrection, c’est-à-dire une vraie vie. Dieu ne s’est pas contenté d’une parole sur la mort. Dieu lui-même est entré dans l’horrible. Mais Dieu ne cesse pas d’être Dieu quand il meurt. Il entre dans l’horreur mais pour en sortir, pour ouvrir une brèche dans l’horreur, pour sortir du tombeau comme le Vivant éternel (Christian Chabanis).

432 – Le meilleur – Thomas More, peu avant son martyre, console sa fille en lui disant : « Rien ne peut arriver que Dieu ne l’ait voulu. Or tout ce qu’il veut, si mauvais que cela puisse nous paraître, est cependant ce qu’il y a de meilleur pour nous » (Thomas More).

433 – Le présent – Ne laisse passer à portée de ton amour ni un seul visage, ni un seul regard, sans lui donner ce dont toi seul, peut-être, pouvais lui faire présent (Gilbert Cesbron).

434 – L’inondation – Dieu ne menace personne et le pardon dont il inonde nos vies vient guérir notre âme. Comment un Dieu d’amour pourrait-il s’imposer par des menaces ? Dieu n’est pas un tyran (Frère Roger).

435 – Les traces – Toute la Bible, ce sont des traces de l’irruption personnelle de Dieu dans l’humanité en gestation. Toute la Bible : Dieu éduque le peuple pour qu’il devienne capable de Dieu (Antoine Vergote).

436 – L’accident – L’homme et la femme ont été créés pour vivre en relation avec Dieu. Sans cette relation, ils restent sur leur faim et ressentent un vide, un manque profond. Il reste au tréfonds de l’âme une angoisse permanente et inconsciente. Cette angoisse provient d’un manque, de l’absence de ce quelque chose qui ferait que la vie vaudrait la peine d’être vécue. Pourquoi ai-je besoin de savoir pourquoi je suis né ? Parce que je ne peux pas croire qu’il s’agit d’un accident. Et si ma vie n’est pas un accident, elle doit avoir un sens. Des pays comme le nôtre sont pleins de gens qui disposent de tout le confort matériel rêvé. Ils ont également des biens non matériels, comme une vie de famille harmonieuse. Malgré cela, ils vivent dans un désespoir tantôt muet, tantôt bruyant. La seule chose qu’ils comprennent, c’est qu’il y a en eux un vide intérieur que rien ne peut combler : ni boisson, ni nourriture, ni belles voitures, ni postes de télévision, ni leur enfants bien équilibrés, ni leurs amis, et ce vide fait mal (Nicky Gumbel).

437 – La bêteQuand je vois ces miséreux dans la rue aujourd’hui ou ces vieilles femmes chassées de leur appartement. Et les vieux, la solitude des vieux chez eux ou dans le maisons de retraite… L’horreur n’est pas seulement à l’autre bout du monde, elle est là, en bas de chez nous. Vous dire cela ne change sans doute pas grand-chose à ma pratique concrète de la solidarité, mais je me dis souvent que je pourrais être à la place de chacun d’entre eux. Je ne peux m’empêcher d’éprouver un certain sentiment de fraternité. Cela traduit bien la marque dans nos consciences d’une imprégnation chrétienne profonde. Ainsi le christianisme a-t-il apporté à l’homme un éveil de la sensibilité, de la compassion à l’égard d’autrui qu’il n’avait sans doute pas au départ. Car la bête humaine, au fond, est d‘abord préoccupée par la satisfaction de ses intérêts propres, elle se moque du reste. Il a fallu des siècles, toute la force de la lumière chrétienne en particulier, pour que l’humanité dépasse cet esprit de jungle afin de s’élever au souci de l’autre (Jean-Marie Rouart).

438 – La destinée – La mission confiée par la Parole de Dieu aux Juifs et puis aux chrétiens est d’amener l’humanité à la conscience de son unité et de son unique vocation… Aider l’humanité à déchiffrer sa destinée (Cardinal Lustiger).

439 – Le royaume – La première vérité chrétienne est la croyance en la résurrection de Jésus. L’Église naît de l’événement de la résurrection. Le tombeau vide reste une énigme non résolue et troublante. La Bonne Nouvelle, ce ne sont pas les béatitudes ou de quelconques règles, c’est la résurrection. Le christianisme est l’affirmation brutale, incroyable, d’un fait théologique qui s’enracine dans l’expérience soudaine et historiquement datée : Jésus est ressuscité. Il est revenu du royaume des morts (Jean-Claude Barreau).

440 – L’expérience – Entre deux hommes qui n’ont pas l’expérience de Dieu, celui qui le nie en est peut-être le plus près (Simone Weil).

441 – La patienceDieu ne fait aucune violence à l’homme, mais patiemment il se tient à la porte de son cœur, attendant humblement le moment où le cœur s‘ouvrira à lui. Dieu lui-même cherche l’homme avant même que l’homme ne recherche Dieu (Starets Silouane).

442 – Le philosophe – Tout homme est philosophe. Les philosophes de profession sont peu nombreux et souvent abscons, mais ils n’ont pas l’exclusivité de la philosophie. Ils poussent simplement plus à fond les questions que se pose tout homme : D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Où est la vérité ? Quel est le sens de notre vie et de ce monde où notre conscience est éveillée ? Tout homme a une philosophie spontanée, y compris si sa philosophie est le refus agnostique de se poser des questions insolubles (René Laurentin).

443 – Le fracasToi que je nomme du milieu de la foi, ne tolère pas que je m’interpose entre toi et mes compagnons. Que du plus profond de la nuit de leur cœur comme du mien, ils élèvent leur voix vers toi. Que par-delà ce qu’ils peuvent dire de Dieu parce qu’ils ont appris ce mot, ils osent t’appeler Seigneur sans même savoir s’ils croient. Qu’ils osent te dire Tu. Qu’ils commencent par te dire leur vie et l’espérance qui les travaille sans trêve. Qu’ils te parlent qu plus intime d’eux-mêmes. Car c’est du milieu de cette parole risquée, mais dite du plein de leur humanité en quête d’elle-même qu’ils te rencontreront. Beaucoup disent : Qu’ils nous parle d’abord ! Qu’il nous apparaisse dans l’évidence de notre esprit ou dans le fracas du miracle! Ils ne veulent pas savoir que c’est du cœur de leur parole lancée dans leur nuit et leur doute qu’ils percevront ta Parole qui s’adressait à eux depuis toujours (Guy Coq).

444 – La parenthèse – Il est impossible à l’homme d’aujourd’hui en Europe, assuré de lui-même, puissant comme jamais, de vivre pour rien, sans s’interroger sur le pourquoi et le comment de sa vie, comme s’il était une toute petite parenthèse inutile dans un monde absurde. Il n’est pas prêt à faire le deuil du sens de sa vie (Damien Le Guay).

445 – La réussite – Dieu se manifeste aussi bien dans la réussite que dans la faillite, selon son bon plaisir (Cardinal Martini).

446 – La vie – La réincarnation, c’est l’implacable chaîne des renaissances, qui n’en finit pas de patauger dans la boue, dans la glu, dans la glaise, dans le grouillement sans fin, dans la renaissance des désirs insatisfaits. Dans le désir d’échapper au néant ou d’échapper à une vie diminuée dans un monde souterrain, glauque, brumeux, les humains ont inventé ce rêve d’une réincarnation : cercle vicieux pour tous les hommes. La révélation du Fils de Dieu est venue nous proposer autre chose pour éteindre l’angoisse de la mort : une sortie authentique du cercle vicieux des réincarnations. La vie devant la mort qui rôde et qui vient est une vie prisonnière. On peut essayer de s’y résigner, accepter le destin, faute de pouvoir l’aimer. Ce que le Christ annonce, c »est la participation à la vie de Celui qui est absolument (Pierre Chaunu).

447 – Les fruits – « Beaucoup d’âmes s’épuisent en efforts, en générosités, qui laissent leur âme meurtrie et appauvrie parce qu’elles tendent à un idéal de vertus, de sainteté, que je ne leur demande pas. Elles seront récompensées pour leur intention pure et leur générosité, mais leurs efforts ne produisent pas les fruits qu’ils produiraient si elles étaient unies à ma volonté » (dans Louisa Jacques).

448 – Les ultrasons – L’oreille humaine ne peut percevoir les ultrasons, et pourtant ces ultrasons existent. Pour la raison humaine, c’est la même chose. Il y a des choses que la raison ne peut atteindre. Cela ne veut pas dire que ces choses n’existent pas (Ambroise-Marie Carré).

449 – La présence – Quand tu es triste, lis la Bible, elle te réjouira. Quand tu te sens seul et qu’il te semble ne pouvoir compter sur personne, souviens-toi que le Seigneur Jésus est toujours là ; écoute-le, il désire te parler. Quand tu es heureux, plein de joie, ouvre la Bible, lis un passage, et ton allégresse sera bénie (P. Zovko).

450 – La réalité – Jésus n’a jamais promis que toutes les sociétés seraient chrétiennes. La réalité, c’est qu’aujourd’hui il n’y a jamais eu tant d’hommes et de femmes à lire la Bible, à s’en nourrir, à prier. Il ne va plus de soi d’être chrétien, mais quand on l’est, on ne peut l’être à moitié (Lovsky-Masson).

451 – L’imprévisible – Tous les traits de Jésus Christ sont présents en filigrane dans l’Ancien Testament ; ils forment une série de lignes discontinues brisées. La Bible juive connaît la figure du Messie triomphant, associée à l’image d’un Roi, fils de David. Elle cultive l’attente d’un nouveau Prophète comparable à Moïse et à Elie. Elle connaît le Sacerdoce des fils de Lévi. Dans les visions de Daniel, elle entrevoit la dignité transcendante du Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel. Et dans les chants du Serviteur de Yahvé, au livre d’Isaïe, elle brosse le tableau énigmatique d’un Juste écrasé par la souffrance et justifiant la multitude après avoir porté le péché des coupables. Tous ces traits, Jésus va les réunir par une synthèse imprévisible, alors qu’ils étaient disparates, disjoints, incompatibles : le même personnage ne pouvait être à la fois Messie, Roi, Prophète, Prêtre, Fils de l’homme transcendant et Serviteur souffrant (André-Mutien Léonard).

452 – Le mouvement – La foi ne peut vivre sans action et sans œuvre, sans les gestes qui font un homme. La foi est ce mouvement du cœur qui se livre dans la nuit et le silence (Jacques Guillet).

453 – La rencontreRien n’est plus grand, dans l’amour d’amitié, que de découvrir ensemble la présence de Dieu, souverainement bon, source de tout amour, au cœur de la rencontre amicale. Dieu est donc présent comme Père et Providence dans toute véritable amitié humaine, parce que étant le souverain Bien, il est source de toute bonté. Tout amour véritable vient de Dieu en ce sens qu’il est le Créateur de tout bien (Marie-Dominique Goutierre).

454 – La preuve – Il n’est pas au pouvoir de l’homme de prouver Dieu, du moins est-il à la mesure de son effort de se rendre capable de Dieu. C’est bien nous qui faisons à Dieu le geste de notre offrande, mais pour qu’il s’offre à nous (Adolphe Gesché).

455 – La blessure – De plus en plus Dieu est absent de nos cités et même de ses plus intimes amis parce qu’on ne leur a pas appris sa présence. Dans la déchristianisation actuelle, la non-croyance ne fait que grandir. On sent qu’un monde sans Dieu est reconstitué et devient parfaitement vivable. Par rapport à Dieu, il semble que nous entrons dans une ère glaciale. Peu de gens sont hantés par la blessure de l’absence de Dieu (Jacques Loew).

456 – Le penchant – Ce n’est sûrement pas la science et la technique qui pourront extirper du cœur de l’homme son penchant pour le mal. Les progrès technologiques n’entraînent pas ipso facto de progrès moral (J.-Fr. Bensahel).

457 – Le censeur – Quels que soient nos errements, Dieu est toujours là, non pas comme un censeur, mais comme un Père aimant qui cherche à ramener doucement ses enfants dans le vrai chemin, sans imposer mais en proposant (André Lacrampe).

458 – L’attraction – Les grandes religions de l’humanité correspondent à une quête de l’absolu de la part de l’homme. Toutes les démarches religieuses sérieuses sont une réponse à la mystérieuse attraction que Dieu exerce secrètement sur le cœur humain. C’est comme si l’Être divin aimantait obscurément les âmes pour qu’elles s’acheminent vers lui (André-Mutien Léonard).

459 – L’émerveillementLa responsabilité est terrible quand on dit à un enfant – comme mon père me le disait, ou ma grande sœur - : quand on meurt, c’est le néant. Et c’est quelque chose que j’ai vécu d’une manière terrible quand j’étais enfant, puis préadolescent. Je ne pouvais plus regarder les étoiles et pourtant j’aimais tellement les étoiles ! Car on m’avait dit : « Les étoiles, tu sais, tu les regardes, mais il y en a tellement qui peuvent être mortes depuis des milliers d’années, et leur lumière nous parvient encore ». Il y avait l’émerveillement de voir les étoiles tout à coup brisé par cette angoisse fondamentale de la mort, du néant inéluctable où tout finirait par s’engloutir (Olivier Clément).

460 – Le pas – Durant la prière, l’homme fait un pas vers Dieu. Par la prière, on s’approche chaque jour un peu plus de Dieu. Grâce à la prière de certains, la grâce de Dieu arrive aux autres et se répand de par le monde (P. Zovko).

461 – Le plus – L’homme est un être libre, capable de relations. La foi chrétienne nous parle d’un Dieu personnel, non d’une force aveugle qui aurait produit par hasard le monde entier, tous les univers immenses et aussi l’homme au sommet d’une évolution. Pour expliquer l’apparition de l’homme, il faut plus qu’une énergie. Si l’homme est un être personnel, c’est parce qu’il a été créé par un être personnel. La relation ne vient pas de la matière. Il y a un plus (Charles Delhez).

462 – La guérison – La résurrection est la guérison de la mort (Paul Evdokimov).

463 – Le programme – L’Evangile, c’est la proclamation du mystère de l’Éternel et du mystère de l’homme. Aux yeux du Créateur, l’homme est un être exceptionnellement élevé. Il y a en l’homme un programme de développement : d’un être apparenté aux animaux, il doit devenir un être apparenté à l’Éternel (Alexandre Men).

464 – La brèche – La résurrection est, au-delà de toute mort, la vie, la brèche dans le cercle de l’universelle mortalité où, sans elle, nous sommes bel et bien enfermés (François Varillon).

465 – Les dimensions – Parler de Dieu, c’est parler de l’homme, de sa destinée, des questions qui le tourmentent. Dieu est seul à ouvrir l’existence à son authenticité. Dieu n’est pas celui qui limite l’homme, qui aliène l’homme, mais celui qui lui révèle ses dimensions infinies. La parole du Dieu de Jésus-Christ n’est pas aliénante mais libérante (Marcel Neusch).

466 – L’humilité – L’humilité est inscrite dans le cœur des relations des trois personnes divines (Jacques Ravanel).

467 – Le poison – On ne peut pas concevoir une communauté de menteurs. Par le mensonge un poison est insinué dans les relations sociales, qui tarit l’échange. La fausseté fausse le libre jeu humain ; l’hypocrisie couvre d’une masque notre visage de pauvre ; la vie sociale n’est plus qu’un combat entre personnages masqués. Le plus grave des mensonges est celui des hommes qui disent qu’ils aiment Dieu et qui n’aiment pas leurs frères (François Varillon).

468 – La science – Jésus, c’est Dieu lui-même venant habiter parmi nous afin de se faire connaître plus personnellement que par le passé afin de nous communiquer la science requise pour achever l’humanité et pour la conduire à son terme visé depuis le commencement : la participation à la vie divine sans confusion des natures, l’adoption, la divinisation. L’incarnation du Verbe a pour but premier de communiquer à l’humanité la science de Dieu et du dessein créateur afin que l’humanité puisse s’achever et parvenir à la participation à la vie divine (Claude Tresmontant).

469 – Le royaume – La Bonne Nouvelle qu’annonce Jésus est qu’il est lui-même cette Bonne Nouvelle, le Royaume proche. Le Royaume qui s’est approché de nous, ce n’est pas autre chose que le Christ lui-même (Cardinal Lustiger).

470 – La voix – L’être humain est appelé à se transformer et à s’accorder à Dieu tel qu’il s’est fait connaître. Mais il y a sans doute (et même certainement) des personnes qui ont systématiquement exclu de leur existence la voix divine qui rend possible la conversion. C’est ce que Jésus appelle le péché contre l’Esprit Saint. C’est le mal radical de la haine de Dieu. Le mal radical, c’est le non dit à Dieu. Le jugement de Dieu sur le péché contre l’Esprit, on le trouve dans la violence des invectives de Jésus en Mt 23,13-26 : « Hypocrites qui ferment à clef le royaume des cieux devant les hommes ; guides aveugles pleins de rapine et d’intempérance, sépulcres blanchis, serpents, engeance de vipères ». Impossible de couvrir cette violence d’un voile pieux ! C’est le jugement de Dieu sur le péché contre l’Esprit (Antoine Vergote).

471 – Les nomades – Si vous posez a priori que la mort est une descente dans le néant et donc le mal absolu pour un être vivant qui désire vivre, la mort est une catastrophe infinie. Si donc ce monde était créé par un Dieu bon et tout-puissant, il y aurait une contradiction. Or la mort est un fait d’expérience, donc le Dieu du christianisme (et du judaïsme) n’existe pas. C’est là une conception athée de la mort. Si l’athéisme est vrai, alors la mort est la destruction complète de la personne humaine. Pour le christianisme, il n’y a qu’un seul échec absolu, c’est de manquer l’unique destinée à laquelle nous sommes invités : la destinée divine. Tout le reste est relatif, récupérable, ambivalent.

Pour le christianisme, ce monde est un lieu de travail, de genèse, de parturition, d’enfantement. Et à ce travail, l’homme coopère plus ou moins bien, plus ou moins douloureusement. La mort n’est pas un échec absolu, car l’être créé par Dieu n’est pas réduit au néant dans la mort. Nous ne sommes pas ici pour nous installer de manière définitive, nous sommes des nomades, des étrangers, des voyageurs. Ce qui compte, c’est le but vers lequel nous tendons. Dieu créateur peut reprendre ce qui est abîmé. A travers tout le douloureux et le pénible, quelque chose se fait (Claude Tresmontant).

472 – L’athée – Il n’est pas facile d’être athée pour de bon. Il y a toujours une tension proprement humaine entre la conscience d’une mort effroyable et le désir d’une joie parfaite, l’angoisse d’une mort qui semble frapper toute chose de nullité (Fabrice Hadjadj).

473 – L’essentielL’Église est catholique, c’est-à-dire qu’elle est universelle. Elle n’est fermée à personne. Elle est capable d’intégrer toutes les cultures et toutes les civilisations. Pour appartenir à l’Église, un homme n’a à renoncer à rien d’essentiel. Je n’ai à renoncer à aucune richesse réelle. Évidemment j’ai à renoncer à mon égoïsme sous toutes ses formes. Mais je n’ai pas à renoncer à mon art, à ma littérature, à ma culture (François Varillon).

474 – La familleLe Christ n’est pas en dehors de la vie des hommes qui ne croient pas en lui, il est plus de leur famille que leurs père et mère. Il est mort pour tous afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux (Jacques Loew).

475 – Le paravent – Si je me méfie de la morale, ce n’est pas que les hommes la pratiquent, c’est parce qu’ils s’en contentent, parce qu’ils s’en servent comme d’un paravent derrière lequel ils cultivent ce qu’il y a de plus immoral en eux : leur misérable satisfaction d’eux-mêmes et leur rage de juger les autres (Gustave Thibon).

476 – La facilité – Vers la fin de sa vie Ignace de Loyola « croissait toujours en dévotion, c’est-à-dire en facilité à trouver Dieu, et maintenant plus que jamais ; à toute heure où il voulait trouver Dieu, il le trouvait » (Ignace de Loyola, Récit du pèlerin).

477 – L’ami – Qui que tu sois, ami, n’entre pas ici sans désir (Paul Valéry).

478 – La petite fille – Je demandai à une petite fille de six ans : Qu’est-ce que c’est qu’un prêtre ? Elle me répondit : C’est celui qui donne Jésus (Nicole Echivard).

479 – Le baiser – Que ton Nom soit sanctifié ! Est-ce que vraiment Dieu nous intéresse ? Les musulmans connaissent l’adoration. Il faut les voir immobiles. Ils se courbent ensuite devant une transcendance qui écrase. Pour le chrétien, il peut faire cela aussi s’il le veut, quand il est retiré dans sa chambre tout seul, il peut s’agenouiller, immobile, et se courber devant Dieu. Mais il peut accueillir aussi l’étreinte de Dieu, le baiser de Dieu : Dieu notre Père (François Varillon).

480 – L’EcritureLa Tradition embrasse toute la vie de l’Église à tel point que l’Écriture elle-même ne se présente que comme l’une de ses expressions. Au cours des premières décades de son histoire, l’Église ne possédait pas encore les livres du Nouveau Testament et ne vivait alors que par la Tradition. L’Ecriture n’est ni plus profonde ni plus importante que la Tradition ; elle en est l’une des formes. Cette forme est des plus précieuses car il est facile de la garder et de s’en servir. Mais retirée du courant de la tradition, l’Écriture ne saurait être comprise correctement par aucune investigation scientifique (P. Sophrony).

481 – L’histoire – L’Apocalypse n’est pas histoire, mais déchiffrement permanent de l’histoire. L’Apocalypse signifie tout simplement révélation. Elle nous dit que l’histoire véritable n’est pas programmée par les puissants de la terre, mais qu’elle se trouve entre les mains de Dieu. Quelle que soit la puissance apparente du mal et de l’injustice dans notre monde, le dernier mot appartient à Dieu. Son Fils est venu détruire la mort, dans le secret, par respect pour notre liberté. Son Esprit maintenant nous aide à répandre partout cette victoire (Olivier Clément).

482 – Le renoncement – L’acte créateur est, de la part de Dieu, un acte de renoncement, le renoncement à être tout (François Varillon).

483 – La propagande – Il y a des croyants qui sont une propagande antireligieuse ambulante (Alexandre Men).

484 – La voix – Le Dieu transcendant s’est fait connaître dans l’histoire. Il suffit pour l’entendre de faire vraiment silence. Car Dieu parle dans un doux murmure à toute conscience blessée, à toute conscience douloureuse dans le péché et dans la mort. Il faut beaucoup de silence pour entendre le doux murmure de la Parole de Dieu. La voix de Dieu est prête à parler dans le silence de la conscience ; il faut beaucoup de patience, d’humilité, de simplicité pour l’entendre. Et un peu d’esprit d’enfance (Pierre Chaunu).

485 – Le goûter – C’est l’histoire d’un frère jésuite coadjuteur, donc non prêtre. Il était linger dans sa communauté. Il portait toujours soutane et camail. Revenant d’un tour en ville (à Lyon) un dimanche après-midi, il s’était fait interpeller par un homme qui lui avait dit à brûle-pourpoint : « Vous croyez en Dieu, vous ? » Le frère lui avait répondu : « Ça ne se voit pas, non ? » L’autre alors avait répliqué de façon cinglante : « Eh bien, moi, je n’y crois pas ! » Et le frère alors de lui dire : « Eh bien, tant pis pour vous ! » Et le frère de raconter cela au goûter avec grande satisfaction (André Manaranche).

486 – Les rivages – Par l’incarnation, quelque chose parvient sur nos rivages qui vient d’un autre continent, inconnu, quelque chose entre dans le temps qui n’appartient pas au temps (Rémi Brague).

487 – Le mystère – Le mal est un mystère, mais je crois que le mystère de Dieu est plus grand (Timothée Radcliffe).

488 – La révolution – Le message le plus révolutionnaire qu’Israël ait apporté au monde est que Dieu aime sa créature. La création apparaît comme un don. Toute l’histoire de la création d’Israël est pensée par les auteurs bibliques et par les prophètes comme une histoire d’amour : amour paternel, amour maternel, amour de l’homme pour sa femme. Le Cantique des cantiques donne la clef de toute l’histoire d’Israël.

Le sens de la création est donné par Dieu, mais l’homme peut l’infléchir et il ne s’en prive pas. L’histoire est constituée par l’œuvre conjointe de deux libertés : liberté créatrice du Dieu incréé, liberté de l’homme créé. L’homme peut coopérer, mais il peut aussi détruire. Le péché apparaît avec cette création d’un être à l’image de Dieu. L’homme coopère à sa propre genèse avec les possibilités d’échec que cela implique (Claude Tresmontant).

489 – Le désespoir – Le Seigneur s’occupe de nous et nous devons sentir sa sollicitude. Dans tous nos actes, nous devons dire : « Que ta volonté soit faite ». Il ne nous arrive rien de fortuit. Le désespoir n’a pas de fondement, tout survient suivant la volonté de Dieu. « Non pas ma volonté, mais ta sainte volonté » (Archimandrite Tavrion).

490 – L’intimité – J’essaie de dire ce que je comprends du mystère. Parler du mystère, ce n’est pas nier l’intelligence, mais plutôt l’inviter à aller le plus loin possible vers ses limites. Le centre du mystère est Celui qu’on ne sait pas nommer, la source infinie et éternelle de tout amour véritable. Il se rend présent à nous, révèle qui il est. Révélation suprême en Jésus : on appelle ça l’incarnation. La relation de Jésus au Père exprimer l’intimité offerte par Dieu à tous les humains (Guy Coq).

491 – L’essentiel – Dieu se sert de la vie quotidienne et laborieuse pour purifier l’âme. Le Seigneur veut que nous prenions conscience de ce qui est essentiel, l’acquisition de son royaume, c’est-à-dire l’Esprit Saint, et de ce qui découle de cet essentiel (Michel Laroche).

492 – Les semencesAu temps de la grande ignorance du Moyen Age, les chrétiens pensaient comme Catherine de Sienne que l’homme était né d’un désir de Dieu. Aujourd’hui des scientifiques qui se croient plus éclairés sur le sujet nous disent gravement que l’homme est un être bizarre, non seulement inexplicable, mais invraisemblable, quelque chose comme un impénétrable mystère ambulant. Physiquement, l’homme est un mystère ; spirituellement, c’est un abîme. Seule la religion descend verticalement dans les cœurs, là où se joue le drame secret de l’espoir et du désespoir, de l’être et du néant. L’homme est happé par les images, les illusions, les vents et les tourbillons du monde moderne et il ne vit plus qu’à la périphérie de sa propre personne ; il ignore qu’il possède une vie cachée, une vie intérieure ; c’est ce lieu caché et intérieur qui est toujours capable de recevoir les semences de la foi, de l’Evangile, de la grâce de Dieu (André Frossard).

493 – Les limitesQuand saint Paul vint sur l’agora parler de la résurrection, les Athéniens se mirent à rire. Voilà bien l’affirmation la plus incroyable du christianisme. Elle défie les intuitions les plus profondes de la vie. Elle est insensée. La résurrection m’affronte à l’infini de Dieu. Dès que je dis oui à l’existence du Dieu Amour, je reconnais qu’il lui appartient d’achever l’existence humaine, je reconnais que l’existence humaine est appelée à participer à la vie même de Dieu. Ce qui échappe alors à mon intelligence, de quel droit le nier ? Prétendre délimiter Dieu, c’est pervertir la foi.

Prière : Si tu existes, tu te trouves au-delà du pouvoir que tu donnas à notre esprit d’explorer l’univers. Tu ne limites pas notre raison pour nous abaisser, mais notre raison n’est pas à ta mesure. Tu es au-delà de ses limites, car c’est toi qui l’as faite. Et la plus grande lumière dont notre esprit soit capable, c’est de comprendre que certaines choses sont au-delà de son pouvoir de comprendre (Guy Coq).

494 – La force – Seigneur, donne-moi la force dont j’ai besoin pour faire ce que tu veux de moi (Cardinal Lustiger).

495 – L’amphithéâtre – N’entre pas dans un amphi sans une prière pour ceux à qui tu vas parler (Henri-Irénée Marrou).

496 – L’image – L’homme est à l’image de Dieu ; or Dieu est inconnaissable ; donc l’homme est lui aussi inconnaissable (Saint Grégoire de Nysse).

497 – Le cancer – Le Père Varillon va voir à l’hôpital une fille de 22 ans. Elle vient d’apprendre qu’elle a un cancer et qu’elle est condamnée, qu’elle n’en a plus que pour quelques mois de vie. Une fille superbe, magnifique et pleine de talents, fiancée, promise à un brillant avenir. Elle me regarde avec ses yeux pleins de larmes et elle me dit : Père, je me révolte. Que lui auriez-vous dit ? Je lui ai dit : Mais moi aussi je me révolte avec vous. Il est en effet révoltant, quand on est destiné à un grand avenir, d’être touché ainsi.

Nous restons en silence quelques instants ; puis je lui dis : Mais est-ce qu’on va en rester là ? C’est stérile, notre révolte. Elle n’empêchera pas le cancer de faire son œuvre. Tout à fait d’accord pour dire que cela n’a pas de sens, ce qui vous arrive, mais ne pouvons-nous pas essayer de donner un sens à ce qui n’en a pas ? Étant enfants de Dieu, n’allons-nous pas essayer de donner un sens à l’événement ? Quel sens ? C’est là que le christianisme nous permet de donner un sens à la souffrance, un sens de détachement, de purgatoire, de purgatoire dès ici-bas. Ce que l’Église appelle purgatoire est un supplément de purgatoire ; en effet le purgatoire est fait de toutes les souffrances humaines qui nous détachent, qui brûlent notre avoir, ce qui nous empêche d’aimer purement, d’être pur mouvement vers l’autre (François Varillon).

498 – L’homme – Percevoir en tout homme la présence d’une âme vivante, sa capacité d’aimer le Christ (Père Sophrony).

499 – L’amourAimer, c’est habiter par le cœur. Ceux qui n’aiment pas le monde mais aiment le ciel, on peut dire qu’ils habitent dans le ciel. Comme dit saint Paul : « Notre vie est dans les cieux »" (Saint Augustin).

500 – La vie – L’Esprit Saint qui est la nourriture de vie (Saint Irénée).

501 – Le désir – Je sais parfaitement que le désir de la prière est déjà prière (Bernanos).

502 – Le comment – La rédemption, c’est une totale pénétration de l’être créé par l’Être incréé. La création : nous ne pouvons pas savoir comment Dieu a arraché l’être au néant. Nous savons, nous croyons, que cela est. On peut savoir et croire sans connaître le comment. « C’est par la foi que nous connaissons que le monde a été formé par la parole de Dieu » (He 11,3), mais nous ne savons pas comment Dieu a fait jaillir hors de lui la totalité de l’être. Et nous comprenons que la liberté créée, parce qu’elle était liberté, a fait capoter la création vers un point que Dieu voulait éviter. Nous comprenons que Dieu, ne voulant pas détruire son œuvre, a choisi une autre voie qui est de pénétrer dans ce monde et Dieu nous permet de discerner que cette action agissante de Dieu dans le monde, c’est le Christ. « Heureux es-tu, Simon, fils de Jean, car ce n’est ni la chair ni le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux ». Le Christ est Dieu parmi nous, Emmanuel, mort et ressuscité (Pierre Chaunu).

503 – La réponse – Le dessein de Dieu ne peut être que de permettre à l’homme d’accéder au bonheur, car Dieu est bon. Et que voit-on dans le monde ? Souffrance et mort. En prenant notre condition humaine, en devenant lui-même homme de douleur, Dieu nous montrait que la seule réponse possible au mal est un surcroît d’amour (Xavier Le Pichon).

504 – La blessure – L’athéisme a cru éteindre le soleil ou se mettre à sa place. Mais on ne peut pas détruire Dieu, le remplacer ni même s’en passer. En se privant de Dieu, l’homme se mutile. « Il se peut que vous ayez tué Dieu sous le poids de ce que vous en avez dit ; mais ne pensez pas que vous ferez de tout ce que vous dites un homme qui vivra » (Michel Foucaut). L’homme se fait une blessure effroyable en se privant de Dieu (Gustave Martelet).

505 – La soupe – La femme dit à son mari : si nous prenons cet orphelin, nous n’aurons pas de quoi acheter le sel pour la soupe. Eh bien, répond l’homme, nous la mangerons sans sel, la soupe (Tourgueniev cité par Ambroise-Marie Carré).

506 – Le mendiant – Toute preuve contraignante de la part de Dieu violerait la conscience humaine. C’est pourquoi Dieu limite sa toute-puissance, s’enferme dans le silence de son amour souffrant, jette une ombre sur l’éclat de sa force. La foi garde et gardera toujours ce qu’elle a de nocturne, une obscurité crucifiante, une marge suffisante pour protéger sa liberté, pour garder le même pouvoir de dire à tout moment le non et bâtir son refus. La foi est un dialogue. Mais la voix de Dieu est presque silence ; elle exerce une pression infiniment délicate et jamais irrésistible. Dieu ne donne pas d’ordre, il lance des invitations : « Ecoute, Israël », ou « Si tu veux être parfait… » Dieu accepte d’être refusé, méconnu, rejeté. Dieu est le Mendiant qui frappe à la porte : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe ; si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (Paul Evdokimov).

507 – Le bonheur – Qu’est-ce que c’est que le salut ? C’est un bonheur de l’homme en Dieu qui dépasse tout désir. Dieu qui se révèle veut faire le bonheur de celui à qui il se révèle (Bernard Sesboüé).

508 – Les oiseauxQuelle est l’annonce essentielle de Jésus ? Tout d’abord il existe un Dieu vivant et vrai auquel on peut s’adresser comme à un Père. Ce Dieu est à la fois Créateur de toute ce qui existe et la Providence qui veille sur tous ses enfants, à commencer par les plus nécessiteux d’entre eux. Conséquence immédiate : ceux qui croient en ce Dieu sont appelés à aimer en vérité chacun de ceux qui sont leurs frères, à l’imitation de Celui qui fait lever son soleil à la fois sur les bons et les méchants (Mt 5,45) et qui va jusqu’à nourrir les petits oiseaux. Il n’y a pas d’autre moyen de se montrer les dignes enfants du Père qui est dans les cieux que d’aimer aussi tous les hommes, qui sont ses enfants (Joseph Doré).

509 – La découverte – La plus grande découverte jamais faite par l’humanité est la Révélation du Dieu créateur : découverte mise par grâce à la portée des plus humbles, de sorte que ceux-ci en savent autant sur cette question que les plus instruits. La source du monde se trouve en dehors de lui. Il y a eu un commencement à l’univers. Le Créateur a créé l’homme à son image, mais du limon de la terre, et ceci n’est en rien inconciliable avec une longue évolution conduisant à l’émergence du « phénomène humain » (Jean Delumeau).

510 – La popularité – Dieu ne nous donne rien de force, il donne librement. C’est pour cela qu’il parle à voix basse, c’est pour cela qu’il s’approche d’une façon toute différente de quelqu’un qui veut acquérir la popularité. Il essaie d’accomplir ses miracles sans se faire remarquer (Alexandre Men).

511 – La vie – Notre seule vraie valeur, c’est la vie. E, conséquence, le seul véritable mal, c’est la mort, objet de toutes nos craintes et de toutes nos conjurations. Jésus enseigne le triomphe sur la mort car il est le ressuscité (Jean Delumeau).

512 – L’incompréhensible – Einstein : « Ce qui est incompréhensible, c’est que le monde soit compréhensible ». Pour nous, croyants, sans le Dieu dont tout procède, Dieu qui est la lumière du monde et des intelligences, il est incompréhensible que le monde soit compréhensible (P.-J. About).

513 – Le bébé – Scandale d’une divinité qui s’anéantit elle-même en se faisant bébé et en subissant une mort ignominieuse. Mais si Dieu est Dieu, aucune initiative ne lui est impossible, en tout cas pas celle de se révéler en plénitude. Et parce que Dieu est Dieu, sa puissance n’est pas violence ; elle découle d’un amour qui dépasse infiniment ce dont sont capables les humains dans ce qu’ils ont de meilleur (Jean Duchesne).

514 – Le puits – Dieu tient compte de la bonne volonté et de la droiture de chacun. Ce qui est inquiétant, ce sont les hommes dans la mesure où ils risquent de passer à côté du puits et de s’égarer dans les mirages (André Manaranche).

515 – La logique – On ne peut rien prouver rationnellement au sujet de Dieu, ni convertir personne par des arguments, car on ne peut jamais le faire à la place de Dieu, on ne peut jamais soumettre Dieu à la logique des démonstrations ( Paul Evdokimov).

516 – La recherche – La vie de l’esprit ne se conçoit pas sans un élément de perpétuelle recherche (Henri de Lubac).

517 – La destinée – L’homme est capable de connaître Dieu. C’est à cela qu’il est destiné (Claude Tresmontant).

518 – L’humanité – Tout homme est appelé à aimer, à se dévouer, à se dépasser lui-même, à monter vers le mystère de Dieu. Dieu est le Dieu de l’humanité entière. Il pénètre le cœur des hommes de toutes les religions, de toutes les races et de tous les temps (Cardinal Martini).

519 – L’épreuveCertains s’interrogent : si Dieu existait, il ne permettrait pas les guerres, l’injustice, la maladie, l’oppression, ne serait-ce que d’un seul sur la terre ; si Dieu existait, il empêcherait l’être humain de faire le mal. Voici bientôt trois millénaires, le prophète Elie va un jour au désert pour écouter Dieu. Un ouragan se déchaîne, ensuite un tremblement de terre et un feu violent. Mais Elie comprend que Dieu n’est pas dans ces déchaînements de la nature. Puis tout entre dans le calme. Elie entend Dieu comme dans le murmure d’une brise légère. Et lui apparaît cette réalité saisissante : souvent la voix de Dieu se transmet dans un souffle de silence.

Pour l’une des premières fois de l’histoire est écrite une intuition aussi limpide : Dieu ne terrorise personne. Dieu n’est jamais l’auteur du mal, des séismes naturels, de la guerre, des malheurs terrestres. Ni la souffrance ni les détresses humaines ne sont voulues par Dieu. Dieu ne s’impose pas. Il nous laisse libres d’aimer ou de ne pas aimer, de pardonner ou de rejeter le pardon. Mais Dieu n’assiste jamais passivement à la peine des êtres humains, il souffre avec l’innocent, victime de l’incompréhensible épreuve, il souffre avec chacun. Il y a une douleur de Dieu, une souffrance du Christ (Roger Schütz).

520 – Le mystère – Le mystère, c’est ce que l’homme ne saurait connaître sans révélation. Le grand mystère, c’est que l’homme doit participer à la vie même de Dieu. « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Claude Tresmontant).

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