100.5 Les compagnons d’A.v.Speyr

 

100.5

Les compagnons

d’Adrienne von Speyr

 

521 – Le fardeau – « Celui qui veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même » (Mt 16,24). Cela veut dire : Efforce-toi de te débarrasser de ton fardeau d’égoïsme, ouvre ton cœur aux autres (Alexandre Men).

522 – La boussole – Toute la Révélation de Dieu est contenue entre l’appel à Abraham et la glorieuse résurrection du Christ deux mille ans plus tard, attestée aux apôtres. La Révélation a été accueillie par le Peuple et l’Église dans une Écriture scellée par le Saint-Esprit. Cette Écriture est le procès-verbal d’une histoire, l’histoire de la rencontre du temps et de l’Éternité. Et le but de cette rencontre est d’initier à l’Éternité le monde qui vit dans le temps. C’est dans le passé que Dieu a parlé, mais pour la totalité de la durée. Et ce qu’il a dit, ce sont des paroles éternellement vivantes de la vie éternelle. A ceux que Dieu a lancés sur le bateau ivre du temps, Dieu a donné une boussole, la mémoire de la Parole de Dieu, qui est la clef de la vie éternelle ; il a placé au fond de la mémoire humaine la mémoire divine, la mémoire de l’éternité (Pierre Chaunu).

523 – L’assassinOscar Wilde, un Irlandais, raconte l’histoire d’un assassin repenti. Il va d’abord chez le pasteur presbytérien, puis chez l’évêque anglican. Les deux le mettent à la porte en lui faisant remarquer qu’ils sont bien bons de ne pas le dénoncer à la police. Puis il entre dans une église catholique, il repère un confessionnal, s’agenouille et frappe. Le volet s’ouvre. L’assassin devine dans l’ombre le visage d’un vieux prêtre. Il lui dit alors : Mon Père, j’ai tué. Loin de réagir comme le presbytérien ou l’anglican, le vieux prêtre catholique lui répond seulement : Combien de fois, mon fils ? Conclusion de Barreau : Quelle belle histoire évangélique que celle-là ! (Jean-Claude Barreau).

524 – Les proches – « Tu aimeras ton prochain », c’est-à-dire d’abord tes plus proches par le sang et le mariage, car c’est à ceux que l’on connaît le plus intimement que l’on a le pouvoir de faire le plus de mal (Edmond Lisle).

525 – Le monde casséL’histoire d’Adam et Eve nous dit qu’il y a quelque chose de cassé en l’homme. Cela vient-il de Dieu ? Non, répond la Bible, mais de la liberté de l’homme. Et on raconte une histoire, celle d’Adam et Eve pour nous faire comprendre la racine du mal au cœur de tout homme. A l’homme est offert de manger de tous les arbres sauf un. Au lieu d’accueillir cette offre, il veut arracher de force la connaissance du bonheur et du malheur qui est le propre de Dieu. Dieu seul en effet sait ce qui peut vraiment faire le bonheur de sa créature. Mais celle-ci veut décider elle-même ce qui est bien et ce qui est mal sans s’en référer à Dieu qui lui apparaît comme un concurrent jaloux.

Mystérieusement séduits par le Tentateur, l’homme et la femme se décident à prendre la place du Créateur en mangeant de cet arbre interdit. Mais il n’y a rien à faire. L’homme ne sera jamais son propre créateur. S’il décrète seul le bien et le mal, il ne peut que se tromper. La créature a voulu conquérir l’égalité avec son Créateur. La relation entre eux deux est maintenant faussée. Désormais le monde est cassé : Caïn tue Abel, les contemporains de Noé sont corrompus, les bâtisseurs de la tour de Babel gonflés d’orgueil. Mais tout le reste de la Bible à partir d‘Adam et Eve nous fait voir les efforts incessants de Dieu pour ramener l’homme à sa vocation première. C’est vrai que le monde ne tourne pas rond, mais ce n’est pas la faute de Dieu, c’est la faute de l’homme. Et c’est toujours comme ça : l’homme se veut l’égal de Dieu et fait ainsi son propre malheur (Charles Delhez).

526 – Le disciple – Le Fils est dans le sein du Père comme à la Cène le disciple était dans le sein du Fils (Jean Guitton).

527 – La conscience – Quelle différence y a-t-i entre un croyant et un incroyant ? L’incroyant obéit à sa conscience ; le chrétien, en obéissant à sa conscience, aime quelqu’un qui l’aime. Pour le chrétien, la conscience humaine est habitée, habitée par un autre qui nous aime (François Varillon).

528 – L’ombreL’homme est l’axe du monde : il est le seul animal qui se tienne debout, droit. Les autres animaux marchent à quatre pattes ou rampent. Leur espace est purement terrestre. L’homme, être personnel, constitue l’apogée de la création. Avec lui, la toute-puissance de Dieu suscite une radicale nouveauté. Non pas un reflet mort ou une marionnette, mais une liberté qui peut se décider contre Dieu. Au comble de la toute-puissance créatrice s’inscrit aussi le risque. La toute-puissance s’accomplit en se limitant. En créant l’homme, Dieu se retire pour ainsi dire pour donner à l’homme l’espace de la liberté. Le sommet de la toute-puissance est l’amour, et Dieu peut tout sauf contraindre l’homme à l’aimer. Entrer dans un amour, c’est se livrer sans protection à la pire souffrance : celle du refus et de l’abandon de la part de qui nous aimons. La création est à l’ombre de la croix. L’Agneau de Dieu est immolé depuis l’origine des siècles (Olivier Clément).

529 – L’illusion – L’unique clé de l’homme, c’est Jésus-Christ, l’Homme-Dieu, Celui par qui l’homme apprend qu’il n’est pas tout, mais pas rien ; qu’il est pécheur, mais aimé ; mortel, mais bientôt ressuscité. L’indépendance et le désir d’autosuffisance de l’homme sont illusoires (Dominique Folscheid).

530 – La libération – Les hommes de notre temps ne voient pas que le Christ et l’Église sont des agents de libération de l’homme. S’ils ne le voient pas, comment voulez-vous qu’ils y adhèrent ? Mais il ne s’agit pas d’une libération purement temporelle, car alors le Christ apparaîtrait comme un expert en socialisme, un prophète de la révolution (François Varillon).

531 – La mélodie – Nous ne pouvons ni ne devons jamais dire : « J’ai raté ma vie ». Même si bien des occasions ont effectivement été manquées, même si nous n’avons pas répondu à l’appel de Dieu parce que nous avons été distraits ou en situation de refus. La grandeur de notre vie d’homme est de ne trouver sa plénitude qu’en s’achevant dans un acte de liberté et d’amour. C’est la dernière note qui achève la mélodie. Tant que Dieu nous donne encore une parcelle d’existence à vivre, tant qu’il nous donne son amour, nous n’avons pas le droit de dire que notre vie est ratée. Et la foi nous fait espérer encore plus. Le dernier souffle de nos lèvres n’est pas le dernier mot de notre histoire. Dieu, en sa miséricorde, poursuit notre purification du péché (Cardinal Lustiger).

532 – L’avenir – Le seul avenir de l’homme – s’il en a un – est l’éternel. Le seul avenir de l’homme est donc Dieu. Si Dieu n’existe pas, l’homme non plus. Son existence n’est alors qu’un faux semblant (Christian Chabanis).

533 – Les genoux – Le lavement des pieds. Celui qui est vraiment Dieu, au lieu de demander que les hommes se mettent à genoux devant lui, se met à genoux devant l’homme (Mgr Dubost).

534 – L’alphabetJe crois en Dieu parce qu’il existe. Comme il existe, on est obligé de croire en lui. Je suis peu de chose, mais sans Lui je ne serais rien. Je crois en Dieu parce qu’on m’a élevé chrétiennement. Mon enfance est baignée de catéchisme. J’ai appris Dieu comme j’ai appris l’alphabet. Je sais lire, écrire, compter et croire en Dieu. Mais je crois mieux en Dieu que je ne sais compter. Les chiffres me font peur, mais pas Dieu, qui est infini et qui est tout amour. Enfin j’ai une raison particulière, toute familiale, de croire en Dieu. Mon grand-père paternel, paysan de Bigorre, si pauvre qu’il n’avait que deux vaches et un chien, était cousin de Bernadette Soubirous, la petite bergère de Lourdes, à laquelle la Vierge était apparue. Bernadette, la Vierge, l’Enfant Jésus, Dieu le Père. La boucle est bouclée, sur l’infini (Paul Guth).

535 – Le chèque – La Bible est une semence. Dieu est le soleil, mais nous sommes la terre. Bible écrite et tradition orale des rabbins : pas l’une sans l’autre. Il y a une tradition, qui se transmet d’âme à âme. Sans nos efforts incessants pour la comprendre, la Bible restera comme un chèque sans provision (Abraham Heschel).

536 – La flamme – Mes parents avaient une foi solide, et il est certain que leur exemple et l’éducation qu’ils m’ont donnée ont eu une forte influence sur moi. Plusieurs prêtres aussi ; et puis très fortement, il y a eu la venue de Jacqueline dans ma vie, la naissance de notre foyer, son cheminement dans la foi, jour après jour, très simplement mais fidèlement, dans la joie (joies de la famille, joies professionnelles), dans l’épreuve aussi. La perte d’un petit garçon à l’âge de dix ans fut un drame très douloureux, suivi plus tard pour moi par le déchirement créé par celle de ma chère Jacqueline. La foi n’élude pas la souffrance, ni les interrogations dans l’épreuve, mais elle nourrit la flamme de l’espérance. Elle nous conforte dans la pensée que ce qui a été construit sur l’amour, dans la vérité et sous le regard du Seigneur, a une valeur d’éternité, et que le Seigneur, qui est amour, saura bien nous réunir dans son royaume (André Blanc-Lapierre).

537 – L’histoire – J’ai aujourd’hui toute une histoire derrière moi, toute l’histoire de ma vie. Et un jour, il y aura la mort. Et, après ma mort, mon histoire continue. Elle continue mais autrement. Elle s’enfonce infiniment dans le mystère de Dieu. Et aujourd’hui chacun de mes actes libres construit pour toute l’éternité (François Varillon).

538 – L’allégresse – L’Esprit Saint est l’auteur de l’allégresse spirituelle (Cyrille de Jérusalem).

539 – L’attachement – La prière est un attachement amoureux de l’homme à Dieu (Guillaume de Saint-Thierry).

540 – Le clocher – Aimer l’autre, c’est l’aimer tout entier, avec sa terre, son enfance, son histoire et son clocher (France Quéré).

541 – Le mystèrePentecôte. Voici que le sens de l’existence de Jésus est révélé à Marie. Tout au long de la vie publique de Jésus, elle avait dû garder confiance en faisant héroïquement un acte de foi. Ici, elle reçoit la réponse éblouissante qui éclaire tout. On serait tenté de penser qu’elle a toujours et mieux que quiconque compris le Seigneur. D’un point de vue historique, personne n’était plus qu’elle en mesure de parler de Jésus. Mais d’un autre côté, ce n’est pas un hasard s’il est dit dans l’évangile qu’elle ne comprenait pas ce qu’il voulait dire. Il est vraisemblable qu’il eût été insoutenable pour elle de tout comprendre en vérité. Si Marie avait su que cet enfant, ce jeune garçon, l’adolescent, cet homme qui vivait près d’elle était Fils de Dieu au sens de la révélation de la Pentecôte, elle se serait trouvée dans une situation insupportable. Mais à l’heure de la Pentecôte, le mystère de Dieu peut être dévoilé, du moins autant qu’il est possible ici-bas. Il n’est plus nécessaire que Marie soit protégée de la démesure. Il lui est possible désormais d’établir un lien entre les deux phrases : « Il est le Fils du Père éternel » et « C’est ton Fils ». Elle ne risque plus d’en perdre la raison ou d’en être troublée (Romano Guardini).

542 – La conversion – Il n’y a pas de vrai chrétien si, à l’évangélisation des mœurs, de se joint pas l’incessante conversion de nos intelligences souvent paganisées (Ambroise-Marie Carré).

543 – La cité – On peut être visiblement dans l’Église et appartenir à la cité de Satan, et inversement (Jean Daniélou).

544 – Les idoles – Tout le monde est inconsciemment croyant. La foi religieuse traduit en paroles l’expérience inconsciente de l’homme. Ce besoin du religieux, du principe supérieur qui donne un sens, a conduit notre société à se faire des idoles de tout, de l’abondance, des acteurs populaires (Alexandre Men).

545 – Le facile – Dieu merci, il n’est pas si facile que cela de faire un péché mortel ! (Alain Bandelier).

546 – L’ONU – Si Jésus-Christ est seulement un grand prophète, si Jésus-Christ n’est qu’un des beaux grands moments de l’histoire, s’il n’est qu’un Socrate super-inspiré, l’Église n’est qu’une grande association genre l’ONU avec un secrétaire général. Non : « Qui dites-vous que je suis ? – Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Même si, pendant tout un temps on peut avoir des doutes comme Thomas, il faut que nous arrivions comme lui à dire : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jacques Loew).

547 – Le petit Jésus – Même devant Jésus enfant, même devant Jésus à la crèche, on ferait mieux de ne pas parler du « petit Jésus ». On devrait toujours reconnaître en lui d’abord et avant tout le Tout-Puissant, le Seigneur du monde. C’est ce que nous disons en chantant le « Gloire à Dieu au plus haut des cieux », même le jour de Noël. Nous commençons par y louer Dieu le Père invisible au plus haut des cieux. Et dans la deuxième partie, nous nous adressons à Jésus-Christ, Seigneur, Fils unique, Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, assis à la droite du Père ; et nous lui disons encore : Toi seul es saint, Toi seul es Seigneur, Toi seul es le Très-Haut Jésus-Christ – avec le Saint-Esprit dans la gloire de Dieu le Père (Cyrille Argenti).

548 – Les religions – Il n’y a pas de religion dans le monde sans quelques éléments de vérité, il n’y en a pas non plus sans profondes erreurs (Emile Brunner).

549 – Le scintillement – Je préfère peindre des yeux humains que des cathédrales, car dans les yeux humains il y a quelque chose qu’on ne trouve pas dans les cathédrales : le scintillement d’une âme humaine (Van Gogh).

550 – La limitation – Le Fils a dû consentir une limitation pour se faire homme de notre humanité. La filiation divine se communiquera à nous dans l’abaissement du Fils éternel en la condition se serviteur humilié (Louis Bouyer).

551 – L’ivresse – Je m’efforçais de me faire si humble qu’un jour m’envahisse ta présence dont l’ivresse ne déçoit jamais (André Chouraqui).

552 – Le balbutiement – Lorsque notre prière n’est que balbutiement, il n’y a rien d’étonnant. Dieu ne nous demande pas des prodiges qui nous dépassent. Pour prier, il nous appelle simplement à nous tenir en sa présence, le cœur ouvert. Il nous demande d’oser lui dire : Donne-moi de vivre de toi. Tu vois qui je suis. J’ai besoin de ne rien te cacher de moi-même. Je sais que tu m’accueilles avec ce que je suis. Tu comprends tout de moi (Frère Roger).

553 – Le sens religieuxL’homme a par nature un sens religieux. L’homme est par nature ouvert au sacré, au mystère, au monde de l’au-delà. Et il s’en rend compte davantage encore dans les situations-limites : l’affrontement de l’amour, l’affrontement de la naissance, l’affrontement de la mort, de la souffrance. Le sens religieux fait partie de la nature humaine. Les religions sont toutes une expression de la recherche de Dieu par l’homme. Les hommes ont toujours cherché Dieu. Et chaque religion est la manière dont les hommes d’une époque ou d’un pays ont vécu cette recherche. Il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour croire qu’il y a un Dieu.

La foi chrétienne alors, qu’est-ce qu’elle a de particulier ou de plus ? Croire pour un chrétien, ce n’est pas croire seulement qu’il y a un Dieu, c’est croire que Dieu intervient dans l’existence humaine. C’est croire que Dieu a parlé à Abraham, qu’il a libéré son peuple d’Egypte, qu’il s’est incarné dans le sein de Marie, qu’il a ressuscité des morts l’humanité à laquelle il s’était uni, qu’il est présent au milieu de nous dans l’eucharistie. Croire, pour nous chrétiens, c’est accepter la Bible : Ancien et Nouveau testament. C’est croire à une histoire de Dieu avec les hommes, une histoire qui se déroule dans le temps, c’est croire que cet événement divin ne peut être qu’unique et qu’il a une portée universelle (Jean Daniélou).

554 – Le berceau – La résurrection de Jésus peut être considérée comme le berceau théologique de la foi au Christ (R. Schnackenburg).

555 – Le futur – Il n’y a rien de futur pour Dieu (Saint Thomas d’Aquin).

556 – La croix – Si le Seigneur fut crucifié, nous serons également crucifiés, fût-ce sur des croix invisibles, si toutefois nous le suivons véritablement. Et si le Seigneur fut transfiguré, nous aussi, nous serons transfigurés, et dès maintenant, sur la terre (Archimandrite Sophrony).

557 – Le mal – Pour les athées, l’existence du mal est une preuve contre l’existence de Dieu. Pour Berdiaev, c’est juste le contraire : l’existence très réelle du mal et de la souffrance des innocents est la preuve la plus éclatante de l’existence de Dieu. Le monde qui tue Socrate le juste et crucifie le Christ n’est pas le seul et vrai monde, il témoigne de l’existence d’un autre monde où Socrate est de nouveau jeune et beau éternellement, et où le Christ est roi sans partage et ami des hommes. Le mal en lui-même n’enrichit pas la vie, mais toute victoire sur le mal est un pas en avant vers l’expérience du bien (Paul Evdokimov).

558 – L’ange – Personne comme Marie ne sait d’où vient Jésus. Elle sait, elle, qu’il n’est pas né d’un rapport sexuel avec un homme. Elle se souvient de la visite de l’ange Gabriel et de l’action de l’Esprit Saint qui l’a fait devenir mère tout en respectant sa virginité (Raymond Halter).

559 – Les péchés – Jésus et la femme adultère. Qu’est-ce que Jésus écrit sur le sol ? On peut penser qu’il écrit les péchés des gens qui sont là, mais sans mettre de noms, pour que leur conscience se réveille (Marie-Dominique Philippe).

560 – Le tréfonds – Dieu connaît le tréfonds roué du cœur de l’homme, il n’a pas besoin de l’aveu de la confession, mais il sait que nous, nous en avons besoin, pas seulement pour nous défouler et nous alléger mentalement de notre culpabilité, mais aussi pour tisser, par cette voie secrète, des liens de solidarité effective entre tous les membres de la race humaine (Pierre Bour).

561 – L’enfant – L’enfant qui dort subjugue par sa pureté et attendrit par sa faiblesse. Il est une transparence à Dieu. C’est alors que les parents étaient le plus enivrés de leur chair qu’ils avaient, sans le savoir, lancé dans son éternelle aventure cette vie qui leur apparaît maintenant comme le reposoir de l’Esprit. Cette âme alors inconnue a conféré à leur étreinte le sceau de l’immortalité. Quel bonheur si un jour leur enfant pouvait leur dire comme cette fillette à ses parents pour dire l’adhésion de son amour : Vous êtes nés de mon cœur (Maurice Zundel).

562 – La présence – Si Jésus est ressuscité, il est vivant. S’il est vivant, il est présent à notre vie. S’il est présent à notre vie, il l’est tout autant à la vie des autres. Nous pouvons dès lors le découvrir là où nous vivons, adhérer vraiment à sa présence de Ressuscité (Jean Radermakers).

563 – Les défunts – Pour Cyrille de Jérusalem, la commémoration des défunts dans la liturgie est à la fois prière en leur faveur et sollicitation de leur intercession pour nous (René Coste).

564 – Le futile – Comment éviter de redouter qu’il soit complètement futile de désirer comprendre Dieu ? (Abraham Heschel).

565 – Les curiosités – La révélation ne résout pas tous les problèmes, toutes les questions, toutes nos curiosités. La révélation ne se situe pas au plan de l’explication des choses, elle éclaire notre marche vers Dieu, ce qui est différent. La Révélation nous dit quelque chose de Dieu et quelque chose de l’homme dans la mesure où cela est nécessaire à la vérité de notre relation vivante, réelle, avec Dieu (François Varillon).

566 – La philanthropie – Les autres religions rendent compte de l’effort qui pousse les hommes vers Dieu. Le judéo-christianisme, c’est la philanthropie de Dieu qui cherche l’homme. Les autres religions sont un témoignage de la recherche de Dieu par l’homme. Le judéo-christianisme, c’est la recherche de l’homme par Dieu. Sans doute Dieu cherche-t-il l’homme à travers le travail des autres religions et nul ne peut exclure qu’il ne s’y révèle aussi, même si cette révélation est partielle et peut se présenter de manière ambiguë parce que mélangée à des erreurs et à des déviations ((Bernard Sesboüé).

567 – Le bonheur – Ceux qui s’aiment vraiment ont envie de faire participer tous les autres à leur bonheur (Jacques de Bourbon-Busset).

568 – Le tigre – L’homme est un animal appelé à dépasser sa condition animale présente. L’homme est un animal capable de connaissance réfléchie. Il y a eu dans l’histoire de l’évolution le pas de la réflexion, l’instant (très long peut-être) où l’animal qu’est l’homme est devenu capable de faire de la métaphysique, de composer de la musique et de sculpter, mais capable aussi de massacrer les êtres appartenant à la même espèce que lui et de les torturer. Jamais les animaux sauvages n’ont commis les horreurs que commettent au XXe siècle les nations que l’on croyaient naïvement civilisées. Un tigre ou un lion se sentiraient déshonorés s’ils faisaient subir à leur proie ce qu’ont fait subir en notre siècle à leurs victimes les spécialistes de l’interrogatoire ou de la mort lente (Claude Tresmontant).

569 – Les mots Il est des mots qui tuent plus sûrement qu’un glaive (Pierre Bour).

570 – Le mutant – Le vrai « mutant », c’est le saint, l’homme déifié qui manifeste dès maintenant ce qui attend l’humanité tout entière au terme de son histoire (Olivier Clément).

571 – La pauvreté – L’aimant dit à l’aimée : « Tu es ma joie ». C’est une affirmation de pauvreté : sans toi, je suis pauvre de joie. Ou bien : « Tu es tout pour moi » : c’est l’affirmation de mon néant en dehors de toi. Aimer, c’est vouloir être par l’autre et pour l’autre. Par l’autre : c’est l’accueil. Pour l’autre : c’est le don. Les deux aspects sont de pauvreté. On ne peut pas dire à la fois : « Je t’aime » et « Je veux être indépendant de toi ». Ceci annule cela (François Varillon).

572 – La leçon – La vieillesse et ses déchéances : manière de connaître personnellement la fragilité de l’être humain, irremplaçable leçon d’humilité (Gustave Thibon).

573 – La compagne – La Passion du Christ nous semble familière : c’est que nous croyons nous y reconnaître ; l’épreuve fait partie de notre lot quotidien, la mort est notre compagne et nous nous débattons contre l’horreur et contre le péché (Cardinal Lustiger).

574 – Le respect – Il y a dans le monde plus d’amour que de haine. Par toutes sortes de gestes quotidiens, les humains se manifestent mutuellement leur considération et leur respect. Ils se supportent patiemment plus souvent qu’ils ne s’affrontent. Ils se saluent aimablement plus souvent qu’ils ne se heurtent (Henri-Jérôme Gagey et André Lalier).

575 – Le refus – Le péché d’Adam : le refus de reconnaître Dieu. Au lieu de cela : le désir de se faire l’égal de Dieu (Antoine Vergote).

576 – La conversation – Conversation entre Gladstone et sa femme. – De quoi a parlé le pasteur dans son sermon ? – Du péché. – Et qu’est-ce qu’il a dit ? – Il était contre (Pascal Ide).

577 – L’identitéJésus. Le choc de sa personne et de son existence sur ceux qui l’approchent est suffisamment fort pour que son identité profonde pose question. Quel est cet homme ? Pour qui se prend-il ? Pour les plus nombreux : refus et hostilité. Pour quelques-uns : entrée dans une véritable foi malgré bien des défaillances. Et le premier outil qu’ils avaient sous la main pour rendre compte de cette identité mystérieuse était celui des Écritures (Bernard Sesboüé).

578 – La révolte – Dans la souffrance et le deuil, il arrive que l’homme ait des paroles de révolte contre Dieu, mais il semble bien qu’il ne puisse en avoir envers Marie, la Mère de Dieu (Jacques Marin).

579 – Le devoir – Trois attitudes devant la Bible. La première, fondamentaliste, consiste à tenir chaque mot pour valable selon la lettre, sans faire de distinction entre l’éternel et le temporel, et sans accorder d’importance à la compréhension historique. La seconde, rationaliste, prenant la science comme pierre de touche de la religion, considère l’Écriture comme un produit poétique ou un mythe, utile aux hommes de civilisation inférieure, mais dépassé aux périodes ultérieures de l’histoire. Notre compréhension de la Bible doit se battre sur deux fronts : elle doit essayer de démêler les idées fausses des fondamentalistes et de refroidir la prétention des rationalistes. Les paroles prophétiques nous ont été données pour que nous les comprenions, non pour les répéter mécaniquement. Le but de la Bible n’est pas de se substituer à notre entendement, mais de l’élargir. La pleine signification de la Bible n’a pas été dévoilée une fois pour toutes. Scruter la Bible est une forme de culte, un devoir suprême (Abraham Heschel).

580 – Les étoiles – C’est quoi le ciel ? C’est Dieu. Le ciel n’est pas une chose, ce n’est pas un domaine. C’est quelqu’un, c’est Dieu. Le ciel, c’est la Trinité. Tout ce que l’Écriture dit du ciel est imagé. « Jésus-Christ est monté au ciel ». On ne peut pas parler autrement. On ne va pas imaginer Jésus-Christ au fond d’une puits ! Il n’est pas davantage derrière les étoiles. Il est monté aux cieux : il est entré dans le monde de Dieu (François Varillon).

581 – Le livre – Le début du christianisme est en premier lieu un événement : la prédication de Jésus et le message de ses disciples qui disent qu’il est ressuscité, qu’il est apparu à un certain nombre de témoins et qu’il reviendra en gloire. C’est après coup qu’on a raconté l’essentiel dans un livre (Rémi Brague).

582 – La communion – Le vrai sacrifice, c’est tout ce que nous faisons de bien pour Dieu et pour notre prochain pendant toute notre vie afin de vivre dans une communion qui nous rende heureux (Saint Augustin).

583 – L’être – Être sans parler vaut mieux que parler sans être (Saint Ignace d’Antioche).

584 – La substance – Les mystiques représentent le christianisme dans sa forme la plus authentique, dans sa substance (Claude Tresmontant).

585 – Le tribunalPourquoi le mal dans le monde ? Pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Pourquoi la douleur ? La question est éternelle. La foi s’impatiente et convoque Dieu à son tribunal, ce Dieu qui a éteint les yeux d’un enfant. S’il l’a fait pour punir, sa justice est pire que la faute qu’elle châtie. Si cela s’est fait tout seul, c’est encore lui (le coupable), puisque l’ouvrage entier est de sa main. Juge terrible, créateur négligent. C’est cela le Dieu d’amour ? « Qui a péché pour qu’il soit né aveugle ? » demandent les disciples : lui ou ses parents ? La réponse de Jésus : jamais réponse n’a fusé dans une telle gerbe de liberté et d’audace : « Il est aveugle pour que soit manifestée la gloire de Dieu ». Ne regardez pas derrière vous, dans l’obscurité des causes. Pourquoi est-il aveugle ? Parce que le mal est aveugle. Et aveugles aussi ceux qui cherchent des explications qui les navrent et non des signes qui les illuminent. La souffrance est dans le monde. Dieu la laisse dans son lieu ombreux. Il serait cruel d’en accuser les hommes, sacrilège d’en accuser Dieu. Étrange répartie que celle de Jésus. Les hommes demandaient la cause, il donne le but. Dieu n’est pas dans le malheur, il est dans les remèdes. Il est le remède même. Au mal injustifiable, le Christ n’oppose qu’une réponse : sa certitude, ses mains miraculeuses, sa face suppliciée, son pain et son vin fraternels, l’effort de son amour (France Quéré).

586 – La divinité – Pour se faire homme, Jésus-Christ a dû se vider de sa divinité (Simone Weil).

587 – Les coudes – Les dix commandements de l’Ancien Testament. Certains ont trouvé qu’ils étaient trop négatifs, tandis que les commandements de Jésus seraient formulés de manière positive. Mais comment un père ou une mère parlent-ils à leur enfant ? Ils disent les paroles que leur commande l’amour, la crainte que cette petite vie se perde, ils profèrent une parole positive et neuf paroles négatives : sois sage, ne joue pas avec les allumettes, ne mets pas des choses sales dans ta bouche, ne traverse pas la route, ne suis pas un inconnu, n’accepte jamais les bonbons qu’on te propose, ne mets pas tes coudes sur la table, ne touche pas à ceci et à cela, ne t’approche pas du fourneau, laisse ton petit frère tranquille, etc. (Ephraïm).

588 – L’amitié – La grande douleur des pauvres, c’est que personne n’a besoin de leur amitié (Maurice Zundel).

589 – La connaissance – L’incarnation rédemptrice est tout ordonnée à la connaissance de Dieu. Cf. saint Irénée : « Si le Père est resté invisible, c’est afin que les hommes ne le méprisent pas ». – « Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez et vous l’avez vu » (Jn 14,7). – « Qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17,3). – « Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11,27). – Comprendre le vrai rôle de l’Eglise : partager la connaissance du Père demeuré invisible, dévoiler le mystère tenu caché dans le cœur du Père avant tous les siècles. L’Église est l’assemblée de tous ceux qui connaissent le Père. Dans le Christ, les hommes deviennent aussi des fils, et ils peuvent appeler Dieu : Père, notre Père. Dieu, par le Christ, dans l’Esprit Saint, illumine les esprits des fidèles. Il les illumine de l’intérieur par l’Esprit Saint, et de l’extérieur par l’enseignement, et surtout par l’enseignement des paroles inspirées de Dieu : les Écritures (Marie-Joseph Le Guillou).

590 – L’imagination – Voltaire se demandait si, sans l’aide de la fertile imagination des prêtres, le démon aurait pu pousser aussi loin les raffinements de l’enfer (Adolphe Gesché).

591 – Le danger – Il est très dangereux d’étudier Dieu sans le prier, de parler de Dieu sans lui parler (André Manaranche).

592 – La grandeur – Que dit la foi sur l’homme ? Qu’il y a en l’homme, en tout homme, quelque chose d’inviolable. Et cela au nom d’un Absolu, d’un Infini qui s’appelle Dieu. Fût-il économiquement inutile, socialement irrécupérable, psychologiquement hors de toute communication, cet homme, au nom de la Transcendance qui l’a créé à son image et à sa ressemblance, a un droit imprescriptible et inaliénable à se faire respecter, on n’a pas le droit de l’assassiner au nom d’intérêts économiques, politiques, sociologiques pourtant éminemment sages selon ce monde. Il y a en lui quelque chose qui défie toutes les prétentions à l’éliminer. La foi me dit qu’il n’y a pas sur terre que le rentable, l’économique, l’utile. Il y a en l’homme une résistance souveraine à mon pouvoir honteux d’en disposer selon mes calculs et mes raisons. Il m’est interdit de profaner l’homme par mon égoïsme. Et la foi dit cela parce qu’elle voit l’homme du point de vue de Dieu. « Ce que vous aurez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’aurez fait ». Telle est la grandeur de l’homme. L’humanisme aussi peut défendre cette inviolabilité de l’homme. Mais non certes avec cet absolu qui voit Dieu lui-même ici en cause (Adolphe Gesché).

593 – La raisonTout ce que touche Sartre, il le salit. Mais il le fait avec un certain éclat, celui d’une intelligence pervertie. Ce n’est pas sans raison que les premiers disciples de Sartre se sont suicidés (Marie-Dominique Philippe).

594 – La haine – Ce ne sont pas les fréquentations ou les aliments qui souillent, mais la haine qui sort du cœur (Mt 5,18-23). (Jean-Claude Barreau).

595 – Les cloches – Le vendredi saint n’est plus un vendredi saint si, dans la nuit du calvaire, les cloches du matin de Pâques peuvent être entendues. Mais peut-être ces cloches sonneront-elles. Peut-être (François Varillon).

596 – La prière – Le Notre Père est peu semblable à ce que nous trouvons habituellement dans notre cœur. Quelle est notre prière ? « Donne ! Donne ! Que ma volonté soit faite ! » Nous voulons toujours quelque chose pour nous : je veux devenir fort, je veux être débarrassé de situations pénibles, je souhaite réussir ma vie, que mes enfants ne connaissent pas de revers, etc. Il n’est pas dit que nous devons nous souhaiter du mal : ce ne serait pas normal. Mais le Christ nous enseigne que Dieu est la source de tout bien. Et donc notre prière doit commencer par les mots : « Que ta volonté soit faite ». Il n’est pas question de notre volonté humaine, d’un avantage ou d’un désir humain, mais que s’accomplisse sa volonté à lui. C’est de cela que parle cette prière (Alexandre Men).

597 – Le scandale – Le scandale n’est pas que le Christ soit mort, mais qu’il est ressuscité (Pierre Emmanuel).

598 – La signature – La résurrection, c’est la signature de Dieu posée sur la vie de Jésus et la confirmation de tout ce qu’il prétendait être (Bernard Sesboüé).

599 – La maladie – Dans les pays pauvres, la mort est une réalité de la vie quotidienne. Naître et mourir font partie de la réalité humaine, alors que dans des pays plus sophistiqués, on essaie de cacher la mort. Elle constitue un accident ou une maladie pour lesquels on n’a pas encore trouvé de remède (Jean Vanier).

600 – Le point de vue – Le Sinaï est à la fois un événement qui s’est passé une fois pour toutes et un événement qui se passe continuellement. Ce que fait Dieu se passe à la fois dans le temps et dans l’éternité. De notre point de vue, le Sinaï s’est passé une fois ; du point de vue de Dieu, il continue à se passer (Abraham Heschel).

601 – Le don – Le don et par conséquent le renoncement font partie intégrante de l’amour (Antoine Vergote).

602 – L’étude – Au regard de la Révélation, toute intelligence humaine est partielle, provisoire. L’étude n’a pas de terme (Patrick Kechichian)

603 – Le sel – Jésus, le Christ, ne nous demande pas de nous imposer au monde, mais d’y être avec lui le sel qui garde sa saveur ou comme la lumière qui ne craint pas l’obscurité (Claude Dagens).

604 – Le tri – La Bible n’est pas tombée du ciel toute faite. Beaucoup de gens ont écrit. Il a fallu faire un tri. La Bible, c’est le résultat de la tradition première de l’Eglise (André Manaranche).

605 – L’adoration – Les religieuses de Port-Royal : « Pieuses comme des anges, orgueilleuses comme des démons », disait d’elles Sainte-Beuve. Et Léon Bloy, de personnes pieuses fréquemment en adoration devant le Saint-Sacrement : « Elles s’adorent devant le Saint-Sacrement » (Jean-François Six).

606 – La recherche – Dieu est cherché avec beaucoup plus de perfection (d’amour et de fruit) par ceux qui l’ont que par ceux qui ne l’ont pas (Denys le chartreux).

607 – La communion – Pour apprendre à aimer le Christ, il faut le recevoir comme quelqu’un et se recevoir aussi de lui comme une personne appelée à la communion (Albert Chapelle).

608 – Le pouvoir – Tout détenteur d’un pouvoir est porté à en abuser (Montesquieu).

609 – Les concubines – Même à l’heure actuelle, je ne donnerais pas la Bible à n’importe qui sans lui fournir en même temps les moyens de la lire de façon utile pour sa foi et sa culture, et à tout le moins sans scandale. Quand je pense à la réaction de telle ou telle personne simple devant l’histoire des filles de Loth ou le nombre de concubines de Salomon… (Cardinal Decourtray).

610 – Le visageLe Dieu du buisson ardent est le Père de Jésus ; Jésus, par l’incarnation, est devenu le frère de tous les hommes. A la différence des autres dieux dont l’image est partout (on sculpte des dieux en quantité, dans les bois et dans la pierre), le Dieu unique n’a pas de visage. Le Dieu du Sinaï n’a pas de visage, on ne peut pas le comparer aux autres dieux que les hommes fabriquent pour satisfaire leurs instincts et combler leurs besoins. Dieu est trop grand, trop sublime et trop loin de nous pour qu’on puisse le représenter, en donner une image qui n’eût été en fin de compte que la nôtre seulement agrandie. Ce Dieu-là n’a aucun besoin. On ne peut s’attacher à lui qu’en obéissant à ses volontés, par une conduite droite, en conformité avec un code éthique et social (Henri Madelin).

611 – Le corps-à-corps – Jésus est constamment surveillé par des gens dont le cœur est soigneusement barricadé. A côté de gens bienveillants, Jésus se trouve en face d’une opposition implacable, la race infatigable des espions chargés de le surveiller, des contradicteurs armés pour la discussion. Jour et nuit, il doit affronter les soupçons et les haines. On falsifie plus ou moins délibérément ses paroles. Combat de chaque jour contre la sottise, l’aveuglement, le refus haineux ou méprisant. La lutte du Christ contre le péché est un corps-à-corps farouche . Il poursuit les péchés sous tous leurs masques. A l’heure de la Passion, tous se trouveront réunis : Judas et son argent, le Sanhédrin et sa haine, Pilate et sa tranquillité, Pierre et sa peur, les foules de Jérusalem qui hurlent ou qui se taisent. Mais mourant de la main de ses ennemis, Jésus les réconcilie avec son Père (Jacques Guillet).

612 – La bibliothèque – La présence terrible du mal dans le monde semble incompatible avec l’existence d’un Dieu de bonté. « La mort d’un enfant est bien plus terrible que toute la bibliothèque de l’athéisme » (Pierre Descouvemont).

613 – Le garde-fou – La dynamique morale la plus profonde du christianisme est d’être une religion qui exalte l’amour : celui de Dieu comme celui du prochain. « Aime et fais ce que tu veux ». L’idéal d’amour évangélique est sûrement impraticable pour des gens normaux ; en un sens, il est fou. Mais il constitue un garde-fou. Cette doctrine n’accorde pas la moindre légitimité éthique à la haine (Philippe Braud).

614 – L’échappatoire – Les révélations de Dieu dans la Bible se déroulent généralement dans un espace silencieux comme le désert ou la solitude inhabitée de la montagne, là où n’existe aucune échappatoire entre ciel et terre pour fuir la rencontre du mystère par excellence qu’est la présence du Dieu vivant. Sans retrait par rapport au quotidien, l’expérience de Dieu est difficile. Le cœur bruyant et agité risque, lui aussi, de ne pas rencontrer Dieu en vérité (Henri Madelin).

615 – Le sens – Ce que Jésus de Nazareth est venu révéler : le salut, c’est-à-dire la participation à la vie intratrinitaire. Il est venu dire à tous les hommes le sens et la destinée de toute existence humaine. Sans doute Dieu continue à agir dans l’histoire après le Christ, mais l’histoire après le Christ est tout entière sous le signe du Christ (Marcel Neusch).

616 – La genèse – L’homme est créé, mais il coopère à sa propre genèse, il doit consentir à son achèvement (Claude Tresmontant).

617 – La présence – Le miracle est la preuve de la présence bienveillante de Dieu (Maria Valtorta).

618 – Le jouet – Nous ne sommes pas Dieu. Nous ne sommes pas les sauveurs du monde. Nous n’avons pas la plénitude de la vie en nous. Il y aura toujours en nous un vide, une profonde vulnérabilité, une angoisse, une soif inassouvie, un lieu d’insatisfaction. Nous sommes sans cesse en train d’essayer de sortir des limites qui nous emprisonnent à la recherche de ce qui pourrait nous combler. Nous sommes toujours à la recherche de plus. Et lorsque nous avons atteint le trésor convoité, nous retombons vite dans l’insatisfaction, comme un enfant qui veut un autre jouet, toujours plus de jouets. Si nous n’avons pas ce plus, nous avons tendance à en accuser l’autre qui a plus, qui nous empêche d’avoir plus. Nous jugeons et condamnons l’autre, celui qui est différent et qui a quelque chose que nous n’avons pas. Nous sommes profondément jaloux parce que nous n’avons pas la plénitude de la vie en nous. Nous avons peur de reconnaître nos propres blessures, nos fautes, notre faiblesse, comme nous avons peur de reconnaître ce qu’il y a de plus profond en nous, notre beauté intérieure, notre valeur (Jean Vanier).

619 – La voix – Il y a une première révélation de Dieu par la loi de la conscience. C’est une révélation qui est inscrite dans le cœur de l’homme. La conscience est comme une lumière qui éclaire tout homme. L’homme peut être né dans le paganisme ou dans une secte corrompue, dans tous les cas, il a dans son cœur un certain sens du bien qui lui donne des ordres, c’est une loi, c’est une voix qui lui parle avec autorité, quelque chose qui dépasse l’homme, qui lui vient comme d’ailleurs. Il peut désobéir à cette voix, il peut refuser de l’entendre, mais cette vois est toujours là (Newman).

620 – Le plafond – La mort est inconnaissable. On n’entre pas dans la mort les yeux ouverts. On ne crève pas le plafond de notre finitude. Certes, rien de mieux que de mourir pour savoir le fin mot de la mort. Et ceux qui pourraient savoir ne disent rien parce qu’ils sont morts (V. Jankélévitch).

621 – Le jargon – La seule chose que le philosophe ait à dire, son intuition centrale, originelle, infiniment simple, précisément parce qu’elle est simple, le philosophe ne la dit pas véritablement : il cherche à la dire, et cela suffit à lui donner de quoi parler sa vie entière, puisque l’infiniment simple de l’intuition ne peut s’évoquer que par l’infinie complexité de l’approximation. D’autre part la communication s’impose et impose avec elle la sujétion du langage commun. S’il veut avoir une chance d’être compris, le penseur (le théologien) doit renoncer au jargon, emprunter la langue de tout le monde (L. Jerphagnon à propos de Bergson).

622 – Le visage – Le visage humain est ce qu’il y a de plus étonnant dans l’existence cosmique, car il laisse transparaître un autre monde (Berdiaev).

623 – Le succès – L’accomplissement du Royaume de Dieu n’est pas le succès universel de l’Église visible, mais bien sa venue dans le secret et l’épreuve (Cardinal Martini).

624 – L’homme – En expirant, le Christ nous apprend que l’homme n’est pas fait pour mourir (Pierre Bour).

625 – La profondeur – Jésus monté au ciel, assis à la droite de Dieu, participant à sa puissance, il est Dieu lui-même : « Le christianisme seul a osé situer un corps d’homme dans la profondeur de Dieu » (Romano Guardini).

626 – La haine – L’esprit du mal a demandé la haine de Dieu au nom de l’amour des hommes (Madeleine Delbrel).

627 – Les miracles – Jésus dans sa Passion : ses mains liées ne font pas de miracles, sa bouche muette ne répond pas des paroles sans répliques (Jean Daniélou).

628 – L’histoire – La résurrection de Jésus prise en elle-même : les évangiles ne précisent ni son mode ni son moment. L’acte de ressusciter est un mystère caché dans la nuit, dans la profondeur du secret de Dieu. Il relève de l’intimité de Dieu. C’est l’entrée du christ (après son passage sur la terre) dans sa gloire antérieure originelle. Les apparitions de Jésus ressuscité ne sont pas la résurrection. La résurrection n’a pas de témoins ; les apparitions sont les signes constatables de l’existence nouvelle d’un être vainqueur du néant. L’histoire me place devant des données : des témoins affirment la présence vivante de leur maître dont ils avaient constaté la mort ; ils en ont conclu qu’il était passé dans un état nouveau de vie (Jean Guitton).

629 – La voix – Jamais las d’entendre la voix de Dieu (Maurice Zundel).

630 – Le signe – Le signe fondamental du chrétien, celui par lequel il se relie à Dieu, Père tout-puissant, à Jésus-Christ et à l’Esprit de Dieu, s’articule sur la figure de la croix, avec laquelle il se signe lui-même. La religion chrétienne se structure autour du signe de la mise à mort de celui qui est venu dire et rendre visible le Dieu que personne n’a vu (Antoine Vergote).

631 – Les voix – Si on attendait d’être digne de Dieu pour parler de Dieu, qui oserait jamais parler de Dieu ? Toujours difficile de parler de Dieu. Ce que nous pouvons dire est toujours tellement déficient par rapport à ce qu’Il est. Ce que nous disons risque toujours d’être davantage un écran qu’une lumière. Les voix les plus autorisées sont celles des grands témoins (Jean Daniélou).

632 – La première chose – La première chose, et la plus importante, que la foi chrétienne annonce est la suivante : il existe un Dieu « vivant et vrai » (Joseph Doré).

633 – Le projet – Pour la révélation chrétienne, la création ne sera réellement achevée que lorsque chacun sera ressuscité. Seule la résurrection – et non la vie terrestre – révèle pleinement le véritable visage du projet créateur de Dieu (Fr. Emmanuel, de Taizé).

634 – L’humble – Être très content de passer pour n’être pas humble (Fénelon).

635 – Les clous – Nous avons à nous garder et du fondamentalisme (qui compte les clous de l’arche de Noé) et de l’ultralibéralisme qui dissout la Parole dans une gnose insipide. L’ultraconservatisme des uns encourage l’ultralibéralisme des autres (Pierre Chaunu).

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