100.8 Les compagnons d’A.v.Speyr

100.8 Les compagnons d’Adrienne von Speyr

1106 – La religion – Tout est religion, même le refus de la religion (Olivier Clément).

1107 – L’ambition – Pour dire vraiment quelque chose, il vaut mieux n’avoir pas l’ambition de tout dire (Henri de Lubac).

1108 – Les cerveaux – Dieu ne veut pas pour ses enfants des cerveaux vides (Marcel Neusch).

1109 – La voie – L’une des voies d’accès à Dieu est celle-ci : tant que l’homme ne comprend pas que sa propre existence est finie, absurde, vouée à la mort, il restera fermé à l’interpellation de la Parole de Dieu (Bultmann).

1110 – La hantise – Dans le monde nouveau, ressuscité, au-delà de la mort, « Il essuiera toute larme de leurs yeux  » (Ap 21,4). Dieu essuiera toute larme : cela nous montre que les larmes auront été jusqu’au bout la hantise de l’humanité (Yves-Marie Congar).

1111 – Les pauvres – Le Christ est venu annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres avec des moyens pauvres, seuls dignes de Dieu (René Laurentin).

1112 – Les saints – C’est l’avantage des saints sur nous autres hommes qu’ils ont des paroles qui les dépassent infiniment, qui viennent d’ailleurs, qui ne viennent point d’eux (Péguy).

1113 – Le regard – Il y a en l’homme une propension incoercible à l’incroyance. Les pires obstacles de la foi sont les « possesseurs de Dieu », ceux qui confisquent Dieu, les pharisiens de tout poil. Si les pharisiens sont si furieux contre Jésus, c’est qu’il a dévoilé à leurs propres yeux leur propre tromperie, leur auto-mystification. Ils pensaient adorer Dieu et le servir en vérité, et voilà que Jésus leur montre qu’ils ne cherchent qu’eux-mêmes. Comment pourraient-ils supporter cette lucidité qui les brûle ? Jésus agit comme un « révélateur » de ce péché profond. Devant ce regard, certains fuient, même parmi les croyants, d’autres acquiescent, même parmi les incroyants (Jean-François Six).

1114 – L’instinct – Parmi les mobiles de la foi, saint Thomas d’Aquin inscrit « l’instinct intérieur de l’invitation de Dieu » (Ambroise-Marie Carré).

1115 – Les caricatures – Le Christ dort au secret des humanismes et des athéismes providentiellement révoltés par tant de caricatures de Dieu (Olivier Clément).

1116 – Le trésor – Le vrai croyant, c’est celui qui, sous la conduite de l’Esprit, a découvert que la foi est un trésor. Plein de joie, il va vendre tout le reste de ses biens, parce que le trésor de la vie avec Dieu est au-delà de tous les biens (Philippe Ferlay).

1117 – L’ignorantIl se peut qu’une femme illettrée, un homme absolument ignorant, pénètre beaucoup plus profondément le dogme que le pape ou les évêques s’ils sont unis à Dieu de manière plus profonde et plus intense (Maurice Zundel).

1118 – Les cœurs – Seul l’Esprit Saint peut convertir les cœurs (Ephraïm).

1119 – Les chemins – Si l’homme veut trouver Dieu, il faut qu’il renonce à ses propres chemins et qu’il se laisse emmener par Dieu sur ses propres chemins à lui (Eberhard Jüngel).

1120 – L’angoisse – On peut bénir l’angoisse qui nous avertit de Dieu, le désespoir qui nous y prépare, demander à Dieu de nous les rendre plutôt que de nous laisser l’oublier (Maurice Clavel).

1121 – La maladresse – Chaque fois que le christianisme se manifeste, il le fait avec une certaine maladresse. Il ne s’incarne pas comme le Christ ; ses procédés sont humains, trop humains, même si l’intention vise au-delà (François Perroux).

1122 – Les soucis – Le Christ nous libère de l’angoisse fondamentale que nous monnayons en soucis, fuites et passions idolâtriques. Au fond de nous, il transforme l’angoisse en confiance, la mémoire de la mort en mémoire de résurrection. La liturgie orientale dit ceci : »Que nul ne craigne la mort, car la mort du Seigneur nous a libérés » (Olivier Clément).

1123 – L’humain – Dieu n’est crédible que s’il est pour l’homme une promesse d’humanisation (Marcel Neusch).

1124 – Le confort – Il ne s’agit pas de doser et de limiter le confort, il s’agit d’ouvrir la cité des hommes à la présence de Dieu, au miracle de son Incarnation, dont le but n’est pas un homme simplement « heureux », mais un homme bienheureux, mûri au soleil des béatitudes. Tout est subordonné au Royaume, non pas à l’exploitation seule et naturelle de la terre ; la foi opère le dépassement des valeurs avant-dernières vers les valeurs dernières et ultimes. La foi intelligente est un acte d’adulte et non l’acte d’un enfant. La mort et la résurrection du Christ ont changé les conditions ontologiques de l’existence humaine ((Paul Evdokimov).

1125 – Le berceau – Marie, comme toutes les femmes, est au berceau et au tombeau, elle veille à la naissance et à la mort. Marie est à la naissance de Jésus et à sa mort sur la croix. Elle est au commencement et à la fin (Monique Hébrard).

1126L’espérance – Je ne connais de manière plus sûre de tuer Dieu (dans les cœurs) que ces agressions vertueuses où l’ignorance et l’oubli de nos propres déterminismes nous induisent à infliger aux autres un avertissement qu’ils ne demandent pas et dont ils sont incapables de profiter. Ils demeureront tout entiers bloqués tant que le respect d’un amour silencieux n’aura pas ouvert une brèche dans leur amour-propre. La plus belle source d’espérance, c’est la faiblesse de Jésus-Christ (Maurice Zundel).

1127 – Les somnambules – L’homme n’est homme qu’en se dépassant dans la communion à l’Amour qui le crée et veut le recréer. L’homme qui refuse Dieu devient un possédé. Rien n’est neutre. Tout est champ de bataille. Beaucoup sont possédés de somnambulisme. « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Mais celui qui prononça cette prière a été crucifié par les somnambules, et le chrétien ne doit attendre rien d’autre dans la médiocrité du quotidien (Olivier Clément).

1128 – Le besoin – On peut tout étouffer chez l’homme, sauf le besoin d’absolu (Cioran).

1129 – Le clocher – Dieu n’a plus l’évidence d’un clocher de village. Les traces de Dieu s’inscrivent de moins en moins dans le paysage. L’accès à Dieu doit se conquérir sur tous les obstacles qui se dressent sur le seuil. La question de Dieu est sans doute la plus vieille qui ait occupé l’esprit des hommes. Et même s’il y a eu des périodes tranquilles, l’incertitude a toujours fini par renaître (Marcel Neusch).

1130 – La brûlure – Il y a des gens qui croient ne plus croire. Mais le plus lointain pressentiment du « Dieu inconnu » est déjà une brûlure (Henri de Lubac).

1131 – Le secret – L’Esprit dont Jésus rayonne et qui est le secret de sa vie, il nous le propose pour que nous en fassions le secret de notre vie. Satan est l’ennemi sournois, mystérieux, qui cherche à détourner la liberté humaine de la docilité à l’Esprit de Dieu. Il nous est toujours possible de refuser l’Esprit que donne Jésus (Mgr Dagens).

1132 – La réalité – L’homme s’est plus vite débarrassé de Dieu que du mal. Mais dissipée l’illusion de Dieu, reste la réalité du mal, partout présente et agissante. La science est aveugle, sourde et muette, quant au drame humain ; au nom de ses principes, elle dit : ce n’est pas son domaine. Elle n’étouffe, ni n’apaise les cris qui montent. S’il n’y a pas d’au-delà, l’homme pourrait bien entrer en désespérance et se suicider (Adolphe Gesché).

1133 – L’espérance – Nous n’avons pas à faire passer l’Évangile comme si nous en étions les maîtres et comme s’il dépendait de nous que Dieu parle au monde. Nous n’avons pas à démontrer Dieu comme s’il attendait que nous ayons achevé notre démonstration pour paraître. Remercier Dieu d’être les témoins de l’espérance du monde, d’être les porteurs de l’unique secret sans lequel le monde apparaît une honteuse folie. Nous avons à prier pour que Dieu ouvre nos cœurs et qu’il se saisisse de nous afin de témoigner de sa puissance. Dieu ne veut pas faire de nous des marchands d’illusions. Dieu veut que, par sa grâce, nous soyons les témoins d’une espérance invincible (Cardinal Lustiger).

1134 – La soif - Dieu vit éternellement de la soif de partager sa propre vie (Pierre Bour).

1135 – Les scories – Les sciences humaines nous aident à purifier la foi de tout ce qui n’est pas elle. Elles permettent à la foi elle-même de se débarrasser le plus qu’il est possible de ses scories (Adolphe Gesché).

1136 – ParlerDieu se plaît à parler tout bas (Marthe Robin).

1137 – Le signe – Le caractère des signes divins est d’être pour les uns obscur, contestable, opaque, irritant ; pour d’autres : clair, net, réconfortant. Impossible pour les uns, improbable pour beaucoup, lumineux pour ceux qui acceptent de le recevoir en silence comme un signe des temps (Jean Guitton).

1138 – La pauvreté – Le monde entier est pauvre puisqu’il est si pauvre de Dieu (Jacques Loew).

1139 – Le poisson – On n’éradique pas plus le religieux de l’homme qu’on ne fait vivre un poisson à l’air libre. L’homme ne peut vivre longtemps sans une réponse à la question du sens, du cosmos, de la souffrance démesurée, de la vie et de la mort (Pierre Chaunu).

1140 – L’animal – Le passage de l’animalité à la participation à la vie divine, c’est l’unique destinée de tout homme, qu’il le sache ou non (Claude Tresmontant).

1141 – Le progrès – Il est pour moi absurde de penser que l’univers se soit fait par un pur hasard, je ne puis l’admettre. Mais d’autre part, si le Créateur existe, je ne puis que lui reprocher d’avoir fait le monde en basant le progrès des êtres sur la souffrance et la mort (Alfred Kastler, prix Nobel de physique).

1142 – Le masque – A la mort, le masque tombera du visage de l’homme et le voile du visage de Dieu (Victor Hugo).

1143 – Le royaume – Ce que je puis vous affirmer néanmoins, c’est qu’il n’y a pas un royaume des vivants et un royaume des morts. Il n’y a que le royaume de Dieu, vivants ou morts, et nous sommes dedans (Georges Bernanos).

1144 – Les découvertes – Que de découvertes il y aura dans l’au-delà ! Nous serons étonnés de rencontrer ceux qui, sans connaître le Christ, ont vécu de lui à leur insu (Roger Schütz).

1145 – L’oubliIl s’agit de ne pas oublier Dieu. Car l’oubli est le plus grand des péchés, disent les spirituels. L’oubli, le somnambulisme, l’insensibilité de l’âme… Alors se rappeler Dieu. Crier vers lui, au Dieu vivant, et non se taire devant le mur d’airain du destin, du néant, de l’inévitable désastre. On a plus de temps pour prier qu’on ne le croit (Olivier Clément).

1146 – La partition – On peut regretter beaucoup des comportements des chrétiens au cours des âges. O,n peut les accuser de beaucoup de péchés. On peut regretter qu’ils aient malmené plus d’une fois la liberté de conscience, qui est la première des libertés. Mais, comme disait le philosophe chrétien, ce n’est pas parce qu’on chante faux que la partition est mauvaise (André Frossard).

1147 – Les sandales – Dieu a tant aimé le monde qu’il a livré son Fils unique afin que le monde ait la vie et la vie en abondance. Et tous les prodigues du monde possèdent depuis toujours, dans la maison du Père, leurs sandales, leur bague et leurs robes de fête, et ils peuvent toujours y venir les chercher (Gustave Martelet).

1148 – Les solutions – Pour tout homme cultivé, sans religion, il n’y a que deux solutions : ou se suicider, ou prendre conscience qu’il est néant et confesser que Dieu est tout (Soloviev).

1149 – La recherche – L’homme ne peut trouver Dieu sans l’aide de Dieu. Mais sans la recherche de l’homme, cette aide n’est pas accordée. L’homme peut rechercher Dieu, mais il n’est pas en son pouvoir de le trouver. On peut se préparer à percevoir. C’est Dieu qui termine, mais nous devons commencer. Tout homme qui entreprend de se purifier reçoit une assistance d’en haut (Abraham Heschel).

1150 – La comédie – Dieu voit clair dans la comédie humaine (René Laurentin).

1151 – Le regard – Il faut un regard pénétrant pour savoir vraiment discerner la beauté du visage de l’Église, perpétuellement souillé par nos péchés (Origène).

1152 – La lumière – La Révélation donne au croyant une lumière décisive sur l’existence, qui n’est pas visible à la philosophie (Rodolph Bultmann).

1153 – La lecture – Il y a une lecture de l’histoire de notre Église qui n’est pas théologiquement juste : celle qui consiste à ne considérer que les lumières de cette histoire. C’est vrai que l’Église a fait de grandes choses, mais sa route est humaine et elle est encombrée de bien des faux pas, quand elle n’est pas tachée de sang (Philippe Ferlay) .

1154 – L’humanité – Ce que nous dit notre foi, ou notre humanité tout simplement, c’est que le monde est tout petit devant la mort (Madeleine Delbrel).

1155 – L’histoire – Le Christ nous dit qu’un moment vient dans l’histoire humaine où les apparences et les mensonges sont dissipés, où la vérité apparaît comme un éblouissement auquel nul ne peut échapper (Cardinal Lustiger).

1156 – Le bonheurLes hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser (Pascal).

1157 – Le terrien – En ma qualité de terrien, je suis attaché à la vie d’ici-bas ; mais étant aussi une parcelle divine, je porte en moi le désir d’éternité (Grégoire de Nazianze).

1158 – La glaciation – Des millions d’hommes ont connu dans leur chair cette mort de Dieu, cette glaciation des cœurs que des prophètes isolés, comme Nietzsche, avaient pressenties dans leur âme au siècle précédent. La mort innombrable des corps, sans doute, ne fit que manifester l’asphyxie inaperçue des âmes. Les renouveaux spirituels veulent du temps (Olivier Clément).

1159 – La note – La caractéristique de l’amour dans la Bible, c’est que les hommes sont appelés à aimer Dieu. C’est une note qu’on ne trouve nulle part ailleurs. C’est comme si Dieu, par sa révélation, révélait qu’il lui manquait d’être aimé pas la créature. Israël a été élu, non pas uniquement parce que Dieu l’aime, mais parce que Dieu attend d’être aimé par lui (André Neher).

1160 – Le destin – Que la vie n’ait pas de direction ni de but, que l’homme n’ait pas de destin, c’est ce que je suis incapable de croire (Mauriac).

1161 – Le ridicule – L’homme a souvent ce côté ridicule de vouloir dicter à Dieu ce qu’il doit faire (Jacques Marin).

1162 – Les enfants – Le monde est grand, et son baptême est long. Pour Dieu, les hommes sont toujours de grands enfants (Madeleine Delbrel).

1163 – La victoire – Si les civilisations industrielles sont naturellement athées, les civilisations agricoles sont aussi naturellement païennes. La foi au vrai Dieu est toujours une victoire (Henri de Lubac).

1164 – La définition – Si je définissais en un mot ce qui unit chrétiens, juifs et musulmans, c’est le désir d’éternité, le désir de rencontrer Dieu, de sortir de cet instant et de faire basculer cet instant en sa présence (Pierre Chaunu).

1165 – La suggestion – Dieu n’est pas le protecteur complaisant de ceux qui veulent bien croire en lui. Mais s’inscrivant dans l’histoire du côté de sa création, n’empêchant pas le tonnerre de rouler ses échos, n’empêchant pas l’inondation d’envahir les champs et les bourgs, n’empêchant pas non plus la guerre, les maladies et la mort, il suggère seulement à l’homme que tous ces accidents inévitables de l’histoire s’insèrent dans un plan divin et participent au salut (Robert Aron).

1166 – Le rêveLes évangiles eux-mêmes, le discours de Matthieu 18 en particulier, n’attribuent jamais à Jésus le rêve d’une communauté sans péché, d’une humanité retournée au paradis. Que le péché et le pardon fassent partie de la vie quotidienne de l’Église, cela n’étonne ni Pierre, ni Jean, ni Matthieu, ni Paul (Jacques Guillet).

1167 – La recherche – Il est urgent que les catholiques puissent accéder à l’intelligence de la foi compatible avec leur degré général de culture humaine. Mais cette intelligence exige de leur part une recherche jamais arrêtée (Joseph Thomas).

1168 – Les poteaux – Les commandements sont des poteaux indicateurs (Abraham Heschel).

1169 – Les broutilles – Le Fils ne s’est sûrement pas incarné pour des broutilles. Ce que Jésus a souffert volontairement au Calvaire montre assez l’ampleur du désastre auquel il voulait nous arracher à tout prix. Sans cette lutte contre le Mauvais, la christologie n’est qu’une divine comédie (André Manaranche).

1170 – Le besoin – Le Logos qui était auprès de Dieu est venu pour visiter l’homme et lui apporter ce qu’il ne peut se donner lui-même et dont il a besoin plus que de toute autre chose (Adolphe Gesché).

1171 – Les apparences – Il est vrai que beaucoup ne savent pas voir dans l’Église ce qui la relie à Jésus-Christ ressuscité, et ils sont troublés par des manquements historiques, des lenteurs, des retards, des travaux insuffisants. Il est vrai que les apparences ne sont pas toujours convaincantes. Beaucoup de gens ne veulent pas accepter l’idée qu’il existe dans l’Église un mélange historique de bien et de mal, de bon grain et d’ivraie. Celui qui veut éviter la complexité redoute l’histoire. Celui qui voudrait que tout soit simple dans l’Église rêve d’un monde différent du nôtre. C’est dans la fragilité et la faiblesse humaine que Dieu veut continuer son œuvre (Cardinal Martini).

1172 – Le fonctionnaire – Dieu n’est pas un fonctionnaire préposé à notre bonheur. Même si l’homme est un être fait pour le bonheur (Adolphe Gesché).

1173 – L’apparence – L’œuvre du Christ est un échec en apparence, car la chrétienté historique le recrucifie sans cesse (Berdiaev).

1174 – Le froid – Là où on fait silence autour de Dieu, beaucoup de gens ont froid de n’avoir plus de Père (Le livre de la foi des évêques belges).

1175 – Les clefs à molette – Dieu est un parfum, et j’aime dire qu’un parfum ne se saisit pas avec des clefs à molette (Jean-Yves Leloup).

1176 – La marche – La Révélation ne résout pas tous les problèmes, toutes les questions, toutes nos curiosités. La Révélation ne se situe pas au plan de l’explication des choses, elle éclaire notre marche vers Dieu, ce qui est tout différent. La Révélation nous dit quelque chose de Dieu et quelque chose de l’homme dans la mesure où cela est nécessaire à la vérité de notre relation vivante, réelle, avec Dieu (François Varillon).

1177 – L’opérette – La vie chrétienne n’est pas une promenade à la fraîche, la main dans la main avec un Jésus d’opérette aux yeux langoureux (André Manaranche).

1178 – Le technicien – La foi, c’est Dieu rencontré et devenu si suprêmement important que nous le regardons désormais face à face pour qu’il nous dise ce qu’il pense et veut faire de notre vie. Croire, c’est savoir. Le chrétien, comme le travailleur de la recherche scientifique, est lui aussi un technicien, le technicien du mystère (Jacques Loew).

1179 – La pensée – Dieu a une pensée sur tout être humain. L’homme est libre de la réaliser ou de la refuser (Paul Evdokimov).

1180 – Le rassemblement – Pour moi, l’appel du Seigneur signifie que tout homme est personnellement invité à entrer dans ce formidable rassemblement d’amour qu’est déjà et que sera un jour pleinement le Royaume de Dieu (Jean Delumeau).

1181 – Le confort – Ne croire à rien est une situation qui peut sembler confortable, mais que supportent mal un grand nombre de jeunes gens, ainsi que les hommes mûrs lorsqu’ils prennent conscience qu’ils devront mourir (Jean-Marie Domenach).

1182 – L’imprévisible – Dieu ne loge pas habituellement à l’enseigne de l’évidence, même si certains prétendent l’avoir rencontré. Abraham est depuis toujours le symbole de la disponibilité pour une venue imprévisible de Dieu (Marcel Neusch).

1183 – La discrétion – Dieu est venu jusqu’à nous. Il a comblé le vide entre lui et nous sous une forme humaine. Il est tellement homme que sa divinité est longtemps imperceptible. On ne peut être plus discret que Dieu fait homme. Pour le reconnaître, il faut la complicité de Dieu : l’Esprit Saint. « Tu es heureux, Pierre, car ce n’est ni la chair ni le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux » (Pierre Chaunu).

1184 – L’obscénité – Une civilisation qui rejette la mort comme une obscénité et veut colmater à tout prix cette ouverture de transcendance semble vouée à tous les cancers. L’homme est le seul animal qui sait qu’il mourra (Olivier Clément).

1185 – La tentation – La tentation de l’homme moderne, c’est de montrer qu’on n’a pas besoin de Dieu pour faire le bien (Claudel).

1186 – L’inacceptable – L’espérance n’est pas la certitude bonasse que tout finira bien par s’arranger, mais la conviction qu’une Présence donne signification à l’inacceptable (Barlow).

1187 – Le pain – La nourriture de chaque jour pour nous, chrétiens, ce n’est pas seulement le pain, mais la possibilité donnée à chaque homme de connaître sa véritable destinée (Madeleine Delbrel).

1188 – La veilleuse – La foi, Madame, écrivait l’Abbé Huvelin à la duchesse de Bedford, est comme une petite veilleuse dans la chambre d’un malade : tant qu’elle est là, l’obscurité n’est pas totale, on attend le jour (Ambroise-Marie Carré).

1189 – La conscience – En tant que membres (de l’Église), nous possédons cette conscience, rare et précieuse, de ne pas vivre pour rien (Abraham Heschel).

1190 – La gérance – L’Église est missionnaire parce qu’elle possède un trésor qui ne lui appartient pas, dont elle a seulement la gérance pour le monde (Philippe Ferlay).

1191 – La hardiesse J’admire avec quelle hardiesse ces personnes entreprennent de parler de Dieu (Pascal).

1192 – Le café – Il y a des théologiens qui parlent du Bon Dieu comme s’ils avaient pris le café avec lui (Albert Schweitzer).

1193 – Le drame – Le drame du christianisme moderne, c’est d’avoir étouffé l’Esprit sous le piétisme, le moralisme, le ritualisme (Olivier Clément).

1194 – Comprendre – Si tu veux comprendre Dieu, commence par l’aimer (Ephraïm).

1195 – La sûreté – Christ, Fils du Dieu vivant, rends-nous sûrs de toi (Madeleine Delbrel).

1196 – La condition – Je crois que le monde refuse la lumière. Et qu’il soit libre de la refuser, c’est la condition même de l’amour (Mauriac).

1197 – La vérité – Nous ne voulons pas de la vérité céleste, nous préférons le mensonge terrestre (Staline).

1198 – Les secrets – Comme la biologie nous livre les lois de la vie, la foi nous livre les secrets de notre destin. Si la foi est un savoir, elle est aussi un savoir-faire, savoir faire la volonté de Dieu (Madeleine Delbrel).

1199 – Le pressentiment – Il n’y a pas un seul homme qui n’ait une relation mystérieuse avec le Père qui le crée, avec le Christ, avec l’Esprit qui anime toute vie. Il n’y a pas un seul homme qui n’ait une aspiration à la bonté, un tressaillement devant la beauté, un pressentiment du mystère devant l’amour et devant la mort (Olivier Clément).

1200 – L’animal – L’homme est un animal religieux. Il l’a toujours été. Malgré l’apparence, il le demeure. L’athéisme et les mythes modernes qu’il véhicule sont des « religions séculières » qui réinvestissent différemment le besoin religieux universel de l’homme (François Varillon).

1201 – L’idée – Il devrait être interdit de vouloir prétendre prouver l’éternité ou l’au-delà. Seulement montrer que cette idée n’est pas nécessairement folle (Adolphe Gesché).

1202 – Le vestibule – Le monde n’est qu’un vestibule du monde à venir, où nous avons à nous préparer pour entrer dans la salle du banquet (Abraham Heschel).

1203 – L’attention – L’image que nous nous faisons de Dieu est rarement digne de lui. Elle requiert de nous silence, attente et attention (Pierre Chaunu).

1204 – Le sens – L’homme est un animal qui veut du sens (Camus).

1205 – Les assassins – Il y a des « assassins de la foi ». Quand j’entends dire : « La résurrection du Christ, cela ne passe plus aujourd’hui », je réponds : « Cela n’a jamais passé » (Jean Daniélou).

1206 – L’optimisme – La Bible et la foi chrétienne n’ont jamais encouragé une conception naïvement optimiste de l’existence ; la vie est un combat tragique entre l’égoïsme et l’amour (Philippe Ferlay).

1207 – L’orgueil – La foi est incompatible avec l’orgueil, avec la vaine gloire. Pour croire, il faut s’humilier (Charles de Foucauld).

1208 – La prétention – Pour l’être le plus démuni de connaissances comme pour le plus cultivé, la foi demande une toute humble confiance en Dieu. Si la foi devenait une prétention spirituelle, elle ne conduirait nulle part (Roger Schütz).

1209 – La grâce – A l’homme qui fait ce qu’il doit faire, Dieu ne refuse pas sa grâce (Thomas d’Aquin).

1210 – La raison – Nous ne pouvons pas prouver l’existence de Dieu, mais notre raison s’épanouit dans l’accueil de la foi (Philippe Ferlay).

1211 – Le gâchis – Le monde est frappé d’une espèce de maléfice où la mort et le mal dénaturent la vie. Et voilà que le Christ affirme qu’une loi supérieure peut dénouer le gâchis. Les fleurs meurent pour que vive la graine et que la vie continue. La mort n’a pas le dernier mot. L’homme ne vit dans le monde une existence éphémère et menacée que pour déboucher dans la mystérieuse vie que la réalité d’un autre monde lui réserve (Christian Chabanis).

1212 – L’intérêt – Si j’étudie la théologie, ce n’est que pour apprendre à dire aux autres que Jésus est vivant et qu’il est Fils de Dieu. Et si l’on me demande quel intérêt présente qu’il soit le Fils ou non, je réponds qu’il en va du destin de chacun et de l’humanité (René Huvet, régisseur de théâtre).

1213 – La contradiction – N’est-ce pas une contradiction bien étrange que les hommes puissent tout ensemble croire en Dieu et le prier si peu et si mal (Bernanos).

1214 – Les effortsUn jour Napoléon était très en colère contre le cardinal Consalvi, le représentant du pape Pie VII, parce qu’il lui résistait. Napoléon tapait du pied par terre et il criait : « Je détruirai votre Eglise ». Le cardinal Consalvi lui répondit : « Sire, cela fait dix-huit siècles que nous-mêmes, nous faisons tous nos efforts pour cela et nous n’y parvenons pas » (Cité par Pierre Descouvemont).

1215 – La mémoire – Je suis éternellement dans la mémoire de Dieu. Je suis vivant éternellement dans la mémoire de Dieu (Pierre Chaunu).

1216 – Les passages – Le chrétien, c’est l’homme qui sait que l’amour est plus fort que la mort, dans la joie de savoir que nous ne sommes plus bloqués dans l’espace-temps scellé par la mort. Il n’y a plus de mort. Il y a des passages peut-être difficiles, peut-être douloureux, mais des passages vers la résurrection (Olivier Clément).

1217 – Les sandales – Peu nombreux sont ceux qui acceptent de faire silence pour écouter les sandales de Dieu passer sur les étoiles (Charles le Quintrec).

1218 – La questionLa Parole de Dieu ne surgit pas seulement au détour de l’histoire universelle. Elle surgit aussi au détour de l’histoire individuelle, le plus souvent comme une question posée à chacun de nous : « Qu’as-tu fait de la vie que je t’ai donnée ? Que comptes-tu faire du peu qui t’en reste ? A côté de cela, tout paraît vain (André Fontaine).

1219 – Le clair-obscur – Dans le clair-obscur de cette vie terrestre, il y a assez de lumière pour que la foi soit raisonnable, et assez d’obscurité pour qu’elle demeure livre (Mgr Léonard).

1220 – La bête – L’homme n’est pas qu’une bête à boire, à manger, à regarder la TV. Dieu veut nous rendre attentifs à sa présence et nous faire découvrir par là même la vérité, la profondeur et la beauté de notre existence (Cardinal Lustiger).

1221 – L’appel – Il ne dépend pas de nous d’être appelés, mais il dépend de nous de ne pas répondre à l’appel (Bernanos).

1222 – Le droit – Si Dieu est Dieu, il a le droit de se dire. Il a le droit de se dévoiler. Il a le droit de nous introduire dans la connaissance de son mystère (Albert Decourtray).

1223 – La cage – Les hommes tournent en rond dans leur cage qu’est la planète parce qu’ils ont oublié qu’on peut regarder le ciel (Ionesco).

1224 – Le mendiant – Recevoir la Parole de Dieu, lire l’Écriture, en mendiant de l’Esprit (Pierre Chaunu).

1225 – Les théologiens – Les théologiens obscurcissent les choses les plus simples (Roger Garaudy).

1226 – Les misères – Manquer Dieu est pour l’homme plus que toutes les misères réunies (Madeleine Delbrel).

1227 – L’essentielFaire le vide, c’est écarter les choses inessentielles pour accéder à l’essentiel. Parce que la foi chrétienne croit que, dans le vide, quelqu’un intervient et parle, Dieu en personne qui dit quelque chose de l’ailleurs et de lui-même (Christian Chabanis).

1228 – Le mot – Dieu seul peut faire entendre à sa créature le mot qu’elle attend et pour lequel elle est née (Jacques Guillet).

1229 – La lumière – Me laisser porter par la grâce vers la lumière de Dieu (Jean Daniélou).

1230 – La rencontre – On ne commande pas à la grâce. On peut seulement se préparer à l’accueillir, se faire attentif à la possibilité d’une rencontre (Olivier Clément).

1231 – La patience – « Dieu a créé le meilleur des mondes possibles » disait Leibniz. L’amour de Dieu veut son univers et, dans l’univers, il veut l’homme. Il le veut sans le briser. La puissance de Dieu est trop forte. Dieu, heureusement, a une arme secrète en réserve, son infinie patience. La patience pour réparer par un supplément de temps ce que nous ne cessons de compromettre par notre inconcevable inattention (Pierre Chaunu).

1232 – La chance – Les chrétiens sont les hommes d’une chance : dans des circonstances qui sont des faits historiques, Dieu a voulu que certains hommes de la Bible sachent d’où vient le monde et où il va. Les chrétiens ont la chance d’apprendre ce que Dieu a dit pour toute l’humanité à ces quelques hommes ; et cela a été transcrit et répété à travers les siècles de l’histoire (Madeleine Delbrel).

1233 – La peur – L’homme vivait sous la peur et la fatalité du mal, et cet esclavage finissait par le rendre fataliste et impuissant. Ce que la venue de Jésus nous apprend et nous apporte, c’est que le monde d’esclavage est déjà vaincu et que les puissances démoniaques, même si elles sont toujours là, ont déjà perdu leur ultime puissance. Le mal n’est pas mort, mais sa tyrannie a cessé (Adolphe Gesché).

1234 – La curiosité – La théologie, c’est une intense curiosité, mais une curiosité d’amour et une curiosité humble, infiniment respectueuse. Je suis saisi par Jésus Christ, alors mon intelligence se met forcément à travailler, mais il faudra qu’elle reste une intelligence adorante, amoureuse (Marie-Dominique Chenu).

1235 – La culture – Elle est infernale, la culture de l’Occident, quand elle persuade les gens que le seul but de la vie, c’est le plaisir et l’intérêt égoïste (Joseph Ratzinger).

1236 – La raison – Je ne crois pas que la foi soit facile. Je sais qu’elle est obscure. Je sais, je vois que la plupart de mes contemporains – et les plus illustres – n’y participent pas. Et cela est une douleur constante, mais pas pour moi une raison de douter (Jean Guitton).

1237 – Le trésor – Évangéliser, c’est partager le trésor de la foi avec ceux qui n’y ont pas encore goûté (J.-B. Maillard).

1238 – Le destin – Dieu a créé les cieux et la terre (Bible). Cela veut dire que notre destin ne s’accomplit pas totalement sur la terre. Les cieux nous concernent au moins autant que la terre (Pierre Chaunu).

1239 – Le microscope – André Frossard a mis quarante ans à avouer que Dieu avait fait un jour irruption dans sa vie. Il y a des caricatures de Dieu dont l’athée lucide est le premier à reconnaître qu’elles ne sont pas l’objet de la foi véritable. On ne rencontre pas Dieu au bout d’un microscope, mais le savant croyant le sait aussi bien que l’athée (Christian Chabanis).

1240 – S’effacer – On ne peut affirmer Dieu qu’en s’effaçant (J. Bancal).

1241 – L’espoir – Quand nous allons à l’Église et que nous écoutons les lectures, ce n’est pas dans l’espoir d’apprendre du nouveau sur Dieu, mais de le rencontrer (Timothy Radcliffe).

1242 – La foi – La foi commence quand les hommes sont touchés intérieurement par l’Esprit de Dieu qui ouvre leur cœur et le purifie (Benoît XVI).

1243 – Le florin – On voulait se moquer un peu d’un petit juif fort croyant. On lui dit : « Je te donne un florin si tu me dis où Dieu habite ». Et le garçon avait répondu : « Et moi, je t’en donne deux si tu me dis où il n’habite pas » (Martin Buber).

1244 – L’aptitude – L’Esprit Saint, c’est l’aptitude à pressentir l’Invisible. Il nous entrouvre les portes de l’Invisible ; si elles se referment, c’est notre faute, pas la sienne (Denis Tillinac).

1245 – Jupiter – On dit parfois : « Dieu peut tout ! » Non, Dieu ne peut pas tout. Dieu ne peut que ce que peut l’amour. Et toutes les fois que nous sortons de la sphère de l’amour, nous nous trompons sur Dieu et nous sommes en train de fabriquer je ne sais quel Jupiter (François Varillon).

1246 – L’irrémédiable – Dans le royaume de Dieu, tout orgueil et toute vanité sont irrémédiablement bannis (M. Egger).

1247 – La rencontre – Dieu ne vient pas seulement à la rencontre de l’homme, il lui donne aussi la possibilité de le rencontrer (J.-P. Torrell).

1248 – La conscience – C’est l’Esprit Saint qui nous rend conscients de la présence de Dieu en nous (Cyrille d’Alexandrie).

1249 – Le silence – Nous avons appris à vénérer par le silence Celui qui est au-delà de toute compréhension (Grégoire de Nysse).

1250 – La lecture – Avant toute lecture (de l’Écriture), prie et supplie Dieu pour qu’il se révèle à toi (Saint Ephrem).

1251 – Les imbéciles – Combien de fois faudra-t-il répéter que nous ne sommes pas des imbéciles parce que nous croyons à la divinité de Jésus-Christ ? Nous le savons, c’est difficile, que dis-je ? impossible à imaginer : cet homme en qui nous voyons Dieu fut vilipendé, sali, trahi, torturé, et, pour finir, tué  (André Miquel, grand spécialiste de la langue et de la littérature arabes classiques, a dirigé le Collège de France et la Bibliothèque Nationale).

1252 – Le péché – Il n’est point de péché impardonnable hormis celui dont on ne se repent pas (Isaac de Ninive).

1253 – Le souvenir – Qu’est-ce que la prière ? C’est le souvenir de Dieu, c’est la perception de sa présence. C’est la joie de cette présence. Toujours, partout (Alexandre Schmemann).

1254 – Le désespoir – Le Père des cieux ne désespère jamais ni de l’humanité entière, ni d’aucun de ses enfants (Mgr Dagens).

1255 – La clairvoyance – C’est l’effet d’une clairvoyance encore aveugle que de repousser Dieu à cause des déformations humaines ou de rejeter la religion pour l’abus qu’en font les hommes. Comment les objets les plus hauts, les choses les plus saintes, ne seraient-ils pas les lieux privilégiés des pires abus ? La religion doit incessamment se purifier elle-même. Au reste, sous une forme ou sous une autre, l’homme en revient toujours à l’adoration. En même temps que son devoir essentiel, celle-ci est le besoin le plus profond de son être. Il ne peut pas l’extirper, mais seulement la corrompre. Dieu est le Pôle qui ne cesse d’attirer l’homme et ceux mêmes qui croient le nier, malgré qu’ils en aient, lui rendent encore témoignage (Henri de Lubac).

1256 – Le privilège – Un athée est tout à fait respectable, un croyant n’est pas forcément un idiot retardataire. Il y a un obscurantisme laïcard qui existe aussi, l’obscurantisme n’est pas nécessairement le privilège exclusif d’une certaine forme de religion (J.-M. Rouart).

1257 – Le secret – La joie secrète ne fait jamais de bruit. La beauté secrète ne fait jamais montre d’elle-même. L’humilité ne fait jamais sa propre réclame (Alexandre Schmemann).

1258 – Le monde – Le royaume de Dieu n’est pas de ce monde, mais c’est déjà quelque chose que de ne pas oublier que ce royaume existe ailleurs et d’en porter le secret dans son âme (Gustave Thibon).

1259 – L’audience – Dieu est le seul toi au monde à qui l’on ne demande pas audience : la prière, l’apostrophe, la question, le repentir ont valeur immédiate d’accueil (André Miquel).

1260 – Le sang – Le Christ est le seul roi de l’histoire qui fonde son royaume sur son propre sang et non sur celui de ses adversaires ou de ses partisans (Henri Cazelles).

1261 – L’ami – Dieu nous a aimés le premier et il a déposé en nous un désir d’éternité, le désir de nous entretenir avec lui comme un ami parle avec son ami (Frère Roger).

1262 – La joie – La joie est le fruit indubitable de notre perception de la présence divine. On ne peut pas savoir que Dieu existe et ne pas se réjouir. Ce n’est que par référence à la joie que la crainte de Dieu, le repentir et l’humilité sont justes, authentiques, féconds (Alexandre Schmemann).

1263 – La compassion – « Ce qui manque aux détresses du Christ, je l’achève dans ma chair en faveur de son corps qui est l’Église » (Col 1,29). Il n’y a rien à ajouter à la Passion du Christ, mais il faut acheminer la grâce qu’elle contient jusqu’au cœur des hommes. C’est à ce ministère de compassion que Paul fait allusion (Joseph-Marie Verlinde).

1264 – L’effort – Rien ne demande plus d’effort que de prier (Agathon, Père du désert).

1265 – Le chemin – Nous sommes baptisés, nous sommes déjà des disciples de Jésus. Mais nous sommes tous en chemin pour devenir davantage disciples et tout à fait chrétiens (Cardinal Schönborn).

1266 – La liberté – Non seulement Dieu existe, mais il a toujours la liberté de venir à nous, de se révéler comme une présence personnelle (Mgr Dagens).

1267 – La joie – Il y a une joie qui ne peut surgir que du contact entre l’homme et Dieu, de la libération des limites de l’existence terrestre (Cardinal Ratzinger).

1268 – Le besoin – Mission de l’Église : révéler aux gens qu’ils ont besoin de Dieu plus que de toute autre chose (Alexandre Schmemann).

1269 – L’opium – La religion, opium du peuple? Ça l’endort, ça l’empêche de poser les vraies questions. Aujourd’hui, c’est plutôt l’athéisme qui est l’opium du peuple. Il endort l’esprit et tue l’interrogation : Pourquoi y a-t-il quelque chose et non pas rien? Tu existes et tu vas mourir, pourquoi? (Mgr Léonard).

1270 – Les instruments – Dieu n’est pas difficile sur le choix des instruments et il pratique la récupération des déchets (Simone Weil).

1271 – Les parfaits – On dit parfois que si l’Église était constituée de gens parfaits : papes, prêtres et fidèles, tout le monde se ruerait en son sein. Eh bien, non ! Le Christ était parfait et on l’a crucifié. Comme son Epoux, l’Église aussi est sur la croix (Cardinal Danneels).

1272 – Le mystère – Le mystère (dans les choses de Dieu), ce n’est pas quelque chose qu’on ne peut pas comprendre, c’est ce qu’on n’a jamais fini de comprendre, ce qui est très différent (François Varillon).

1273 – La grâce – La grâce, ce n’est pas quelque chose qu’on prend. Il s’agit de se laisser prendre par la grâce (Fabrice Hadjadj).

1274 – Le sommeil – « Que mon sommeil soit habité par ta présence » (Grégoire de Nazianze).

1275 – La foi – Dieu ne capitule pas devant l’homme qui ne veut pas le laisser être Dieu. Il crée la possibilité de la foi qui, elle, se plaît à laisser Dieu être Dieu (Jürgen Becker).

1276 – L’économie – L’humanité ne pouvait faire l’économie de la tentation de l’athéisme. Celle-ci est en quelque sorte inscrite dans la vocation de l’homme à la liberté. Elle est la tentation par excellence de l’humanité adulte. C’est la tentation absolue qui pose la question de Dieu : ou bien Dieu existe et l’homme n’est pas fondamentalement libre, ou bien l’homme existe, c’est-à-dire qu’il est capable de se faire lui-même et alors Dieu n’existe pas. Cet athéisme est d’ailleurs un antithéisme (Bernard Sesboüé).

1277 – Le combat – La vie du Christ a été un combat. Quel combat ? Il vient révéler au monde l’ouverture infinie du Père et il fait face aux logiques du monde qui refusent cette ouverture (Mgr Dagens).

1278 – Les illusions – La tentation ne nous invite pas directement au mal, ce serait trop grossier. Elle prétend nous montrer ce qui est meilleur : abandonner enfin les illusions et employer efficacement nos forces pour améliorer le monde. Elle se présente aussi avec la prétention du vrai réalisme (Fabrice Hadjadj).

1279 – La source – La grâce de Dieu peut faire de chacun de nous uns source de grâce pour les autres (T. Radcliffe).

1280 – L’apprenti – Certitude que je n’ai jamais totalement en main la vérité sur Dieu, que devant elle, je suis toujours un apprenti et que, marchant vers elle, je suis toujours un pèlerin dont le chemin ne prendra jamais fin (Cardinal Ratzinger).

1281 – L’amour – Si Dieu existe, l’homme n’est pas libre, pensait Sartre. Il faut dire juste le contraire : Si l’homme existe, c’est Dieu qui n’est plus libre. L’amour de Dieu pour les hommes est un amour immolé (Paul Evdokimov).

1282 – Le dépouillement – Toute vie humaine doit apprendre ce dépouillement radical qui consiste à se remettre entre les mains de Dieu (Louis Bouyer)

1283 – L’influx – Le Dieu incarné, crucifié, ressuscité, ne peut agir, comme influx de lumière et de paix, qu’à travers des cœurs qui s’ouvrent librement à lui (Olivier Clément).

1284 – L’insignifiance – On ne peut dire de personne qu’il est insignifiant, puisqu’il est appelé à voir Dieu sans fin (Marguerite Porete).

1285 – L’élan – L’élan mystique n’est pas un luxe. Sans lui, la vie morale risque de n’être qu’un refoulement, l’ascèse une sécheresse, la docilité un sommeil, la pratique religieuse une routine, une ostentation ou une peur (Henri de Lubac).

1286 – L’indiscutable – Si les récits de résurrection avaient été inventés, on les aurait faits beaucoup plus éclatants et indiscutables (Jean Guitton).

1287 – Le serrurier – Il se peut que des portes restent (apparemment) fermées à Dieu. Même si les portes sont fermées, savoir que Jésus est un maître-serrurier (P. Parent, s.j.).

1288 – La grâce – L’ange à Marie : « Tu es pleine de grâce ». On pourrait traduire : « Tu es remplie de l’Esprit Saint, tu es en relation vitale avec Dieu. La grâce, c’est Dieu lui-même (J. Ratzinger).

1289 – La crédibilité – On peut parfaitement admettre que tout n’est pas chrétien dans le christianisme, et en même temps faire remarquer que le christianisme n’est quand même pas réductible à ce qui en lui est démérite. Il faut même faire le pari qu’il y a plus de crédibilité à assumer la vulnérabilité du christianisme qu’à prétendre la masquer (Joseph Doré).

1290 – L’existence – Dieu ne cesse pas d’exister lorsque les hommes cessent de croire en lui (Graham Greene).

1291 – La questionOn sait que Napoléon Ier est mort, Dieu, c’est moins sûr . Le seul fait que tant d’hommes croient encore utile de faire profession d’athéisme et de justifier leur incroyance par des arguments tels, par exemple, que l’existence du mal, fait assez voir que la question reste encore vivante. Si la mort de Dieu signifie sa mort finale et définitive dans les esprits des hommes, la vitalité persistante de l’athéisme constitue pour l’athéisme lui-même sa plus sérieuse difficulté. Dieu ne sera mort dans les esprits que lorsque nul ne pensera plus à nier son existence (Etienne Gilson).

1292 – Les sandales – Si Moïse a dû enlever ses sandales devant le buisson ardent, sans pouvoir le regarder, si Isaïe a été plongé dans l’effroi devant l’ange aux charbons brûlants, si Pierre tombe la face contre terre lors de la transfiguration de Jésus, il n’y a a pas de raison que nous soyons épargnés par ce devoir de la purification mentale. Il faut apprendre à éliminer de notre esprit ce qui n’est pas digne de Dieu (Bernard Bro).

1293 – La sucette – Personne ne peut faire l’économie du saut de la foi. Dieu n’est pas une sucette à la menthe (Daniel Marguerat).

1294 – Les mains – « Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ». Nous devons prier Dieu de nous attirer à lui. Le don de nous approcher du Christ est dans les mains de Dieu. Nous devons prier Dieu de nous le donner (Newman).

1295 – Le goût – Avoir la foi ne fait pas perdre le goût du monde et de la vie, mais nous aide à rester sur nos gardes (Cardinal Barbarin).

1295 – Le goût – Avoir la foi ne fait pas perdre le goût du monde et de la vie, mais nous aide à rester sur nos gardes (Cardinal Barbarin).

1296 – La lumière – Le Christ n’a qu’un désir : communiquer la lumière à tous les hommes, mais il ne peut la communiquer qu’à ceux qui la désirent et sont prêts à la recevoir (Marie-Dominique Philippe).

1297 – Le produit – La religion n’est pas le produit d’une recherche humaine, mais l’initiation au don qui vient de Dieu (France Quéré) .

1298 – La bienveillance – A Taizé, un enfant disait un jour : « Mon père nous a quittés, je ne le vois jamais, mais je l’aime toujours et le soir je prie pour lui. Et le frère Roger ajoute : « Cet enfant vivait du miracle de la bienveillance du cœur » (Roger Schütz).

1299 – La rencontre – L’Église (munie de la Révélation et du message de Jésus-Christ) apprend sans cesse à l’homme ce que l’homme ne peut apprendre de lui-même. L’Église n’offre ni or ni argent, mais elle conduit à la rencontre avec le Ressuscité (Cardinal Etchegaray).

1300 – La destinée – L’homme est capable de Dieu puisqu’il procède de lui et qu’il est destiné à aller vers lui (Louis Bouyer).

1301 – La soif – La rencontre avec Dieu n’est pas le privilège des gens intelligents et capables ; elle est particulièrement destinée aux plus fragiles et aux plus humbles qui ont soif d’une présence aimante (Jean Vanier).

1302 – Le premier – Le Christ n’oblige personne à l’aimer, mais il nous a aimés le premier (Frère Roger).

1303 – Le feu – La résurrection de Jésus est comme la première éruption d’un volcan : elle nous montre que le feu de Dieu brûle déjà à l’intérieur du monde, qu’il embrasera tout du bonheur de son éclat (Karl Rahner).

1304 – La théorie – Le Christ n’expose pas une théorie, mais il suggère qu’une autre vie demande à naître dans toute existence humaine (Bernard Perret).

1305 – La richesseL’annonce de la foi doit toujours être désintéressée. Nous avons fait l’expérience de cette richesse qu’est Dieu, de cette richesse qu’est le Christ. Nous désirons que beaucoup d’autres, que le Seigneur a mis sur notre chemin, possèdent la même richesse. C’est le commandement de l’amour (Peter Hans Kolvenbach).

1306 – La lumière – Il est normal que les adultes sentent le besoin de connaître Jésus-Christ sous une lumière autre que l’enseignement reçu dans leur enfance (Mgr Doré).

1307 – Le philosophe – Nul n’est dispensé de philosopher au degré nécessaire pour justifier son choix et ses choix. Plus il sera profondément persuadé de la nécessité de s’orienter vers Dieu, plus il sera philosophe de la manière dont il convient de l’être (Yves de Montcheuil).

1308 – L’ennemi – La mort constituait un si puissant ennemi que Dieu lui-même est descendu du ciel pour la vaincre (Sakharov).

1309 – L’aventure – Mourir est une bien curieuse aventure (Claude Vigée).

1310 – La bouche – J’ai vivement senti que Dieu nous parle par la bouche de ceux que nous voyons tous les jours et par la bouche des livres qui nous tombent – jamais au hasard – entre les mains (Julien Green).

1311 – La rencontre Il est un point qui ressort progressivement des écrits de l’Ancien Testament, pour devenir central dans l’enseignement du Christ et des apôtres, c’est que l’homme est destiné à rencontrer Dieu (Louis Bouyer).

1312 – Les mains vides – « Heureux les pauvres de cœur » (Mt 5,3). Jésus nous invite à aller à Dieu les mains vides. Le pauvre de l’évangile, c’est celui qui sait qu’il a besoin de Dieu et des autres, c’est le contraire de l’homme enfermé dans son autosuffisance (Taizé).

1313 – Le porteur – Dieu s’est fait porteur de chair pour que l’homme puisse devenir porteur de l’Esprit (Saint Athanase).

1314 – L’ouverture – C’est l’Esprit Saint qui seul peut ouvrir le cœur et l’intelligence des auditeurs de la Parole de Dieu. De la sorte, ils comprennent le langage de Dieu. Jésus-Christ agit dans le cœur de tout homme par l’Esprit Saint (Cardinal Lustiger).

1315 – La trace – Dieu a laissé sa trace dans l’histoire. Dieu n’est pas toujours vague et évasif. Il s’est confié, quoique rarement, à ceux qui ont été choisis pour guides. C’est une erreur d’attendre Dieu comme s’il n’était jamais entré dans l’histoire. La Bible, c’est comme si le mystère en venait à s’exprimer (Abraham Heschel).

1316 – L’invention – L’homme est tellement convaincu que la mort est un châtiment de Dieu que Jésus seul a pu retourner ce sentiment, et faire de sa mort un don. Ceci n’est pas une idée juive, c’est vraiment une invention de Jésus (Paul Ricoeur).

1317 – Le solitaire – L’homme est un grand solitaire qui a soif de son Dieu (J. Marin).

1318 – Le sergent Jésus n’est pas un sergent recruteur pour remplir les églises. Son Église, c’est le monde entier. Quand Dieu parle, il est chez lui dans le cœur de l’homme. Il entre doucement comme l’eau qui imbibe une éponge (P. Parent).

1319 – Le secret – L’Esprit rend l’homme capable d’entendre la Parole. L’Esprit Saint est le Dieu secret, le Dieu intérieur qui s’efface pour vivifier au plus profond chaque existence personnelle. C’est l’Esprit Saint qui fait de l’homme un être de désir (Olivier Clément).

1320 – Le coin – Comment le Juif né Jésus a pu, au cours d’une vie publique de deux à trois ans, menée dans un coin de l’Empire romain, présenter un message religieux qui a bouleversé le monothéisme juif, qui a sollicité l’intérêt des grands penseurs de l’Occident et qui a définitivement marqué l’éthique et la civilisation occidentales ? (Antoine Vergote).

1321 – La lumière – La foi suppose une croissance. Même ceux qui héritent de la foi dès leur enfance passent tôt ou tard par sa découverte consciente, par une appropriation toujours personnelle et toujours bouleversante. Une lecture, une rencontre, une réflexion font jaillir une brusque et grande lumière (Paul Evdokimov).

1322 – Les argumentsLa raison est débile dans les choses de Dieu. Pour les vérités rationnelles, nous pouvons convaincre l’adversaire par des arguments rationnels ; mais pour ce qui est de la révélation de Dieu, il n’en est pas de même ; nous ne devons pas chercher à convaincre par des arguments, mais seulement résoudre les raisons opposées en montrant qu’elles ne contredisent pas la foi (P. Carré).

1323 – La discrétion – Ce que le judaïsme peut apporter au christianisme : la mémoire de la transcendance divine ; cela peut inviter les chrétiens à une certaine discrétion dans la manière de parler de Dieu et de ses relations avec l’humanité (Geneviève Comeau).

1324 – La dignité – Ce qui fascine en Dieu, c’est son humble présence. Il ne blesse jamais la dignité humaine. Tout geste autoritaire défigurerait sa face. L’impression que Dieu vient punir est l’un des plus grands obstacles à la foi (C. Feldmann).

1325 – Recevoir – La Bible, Parole de Dieu, ne parle qu’à ceux qui la reçoivent comme Parole de Dieu (Pierre Chaunu).

1326 – L’intimité – La religion de Jésus-Christ est sans doute la seule qui propose à ses adeptes non pas simplement le salut, mais encore l’intimité avec Dieu dès ici-bas (Jean Duchesne).

1327 – L’homme – Le serpent à Eve : « Vous serez comme des dieux » (Gen 3,1). Se prendre pour Dieu, se prendre pour le centre du monde, voilà le péché fondamental. L’homme sans Dieu n’est plus vraiment l’homme. Il croit avoir tué Dieu, mais il s’est tué lui-même. L’homme devient pleinement homme lorsque, par l’Esprit Saint que nous donne le Christ, il participe finalement à la nature même de Dieu. Tel est le but de la vie, tel est le destin de l’homme ainsi que nous le révèle toute la Bible (Cyrille Argenti).

1328 – L’éternelNous savons que nous allons vers l’éternel. Nous savons que tel être disparu est présent d’une autre manière, qu’il est vivant d’une autre manière. Il participe autrement à notre vie et nous participons à la sienne. Il n’y a pas de rupture entre les deux mondes. Nous appartenons aux deux : à l’un pour quelques décades, à l’autre pour toujours. Si on le veut, l’autre face des choses ne commence pas seulement avec l’entrée dans la mort. Il faut sortir de soi, devenir un autre, pour s’éterniser. On ne s’embarque pas au dernier moment pour l’éternel, mais à chaque instant qui passe (Christian Chabanis).

1329 – La promesse – L’expérience humaine la plus universelle affirme la caractère irréversible de la mort. Comme le dit la sagesse populaire : « Personne n’en est jamais revenu ». La foi chrétienne au contraire proclame : Si ! Un homme en est revenu : Jésus de Nazareth. Et sa résurrection est la promesse de la nôtre (Bernard Sesboüé).

1330 – Les bipolaires – Nous sommes bipolaires. Nous avons un pôle qui nous ramène à notre égocentrisme mortel et un pôle d’attraction divine qui de temps en temps nous permet d’émerger, de nous perdre de vue dans un élan d’amour vers le Dieu vivant (Maurice Zundel).

1331 – La rencontre – Quoi que nous fassions, bon gré, mal gré, nous sommes conduits à cette rencontre inéluctable avec Dieu qui est le terme et la signification de notre existence. Nous n’avons été créés qu’en vue de cette rencontre avec Dieu qui viendra nous juger (Louis Bouyer).

1332 – Le futur – Jamais, au grand jamais, Dieu n’est un tourmenteur de la conscience humaine. Il enfouit notre passé dans le cœur du Christ et, de notre futur, il va prendre soin. La certitude de son pardon est une des plus généreuses réalités de l’évangile (Frère Roger).

1333 – Le feu – Le feu qui nous brûle intérieurement fait de nous des enfants de ténèbres ou des enfants de lumière. Et pourtant nous sommes faits pour la sainte lumière (Julien Green).

1334 – La tentation – La tentation de l’homme moderne, c’est de montrer qu’on n’a pas besoin de Dieu pour faire le bien (Claudel).

1335 – La voix – Mystère du témoignage : à travers les mots humains, la voix de Dieu se fait entendre (Henri de Lubac).

1336 – L’initiativeLe christianisme est fondé sur la communion à un Dieu qui, par amour, a pris l’initiative de venir en personne (Bernard Bro).

1337 – Le sage – Jésus n’est pas le seul sage de l’humanité. Mais parmi tous ces sages, aucun justement n’a osé se prétendre Dieu (Christian Chabanis).

1338 – La mascarade – La tentation est profonde d’ériger en idoles les choses auxquelles nous tenons. Il est difficile de percer la mascarade de la pompe humaine (Abraham Heschel).

1339 – La confusion – Il y a eu souvent confusion dans l’histoire de nos églises chrétiennes entre un châtiment nécessaire parce que nous sommes pécheurs et le but ultime de la vie chrétienne qui est une relation d’amour entre la créature et le Créateur (Michel Evdokimov).

1340 – La dimension – Le Dieu personnel des Juifs et des chrétiens est transcendant et éternel. Il ne peut être connu que dans la parole qu’il prononce librement. Mais Dieu ne donne pas la clef d’une connaissance générale. Dieu ne révèle de lui-même que ce qui a trait au salut. Il révèle à l’homme qu’il l’a prédestiné à la vie éternelle, c’est-à-dire à une vie près de lui, libérée du temps, dans la dimension de transcendance et d’éternité qui est celle de Dieu (Pierre Chaunu).

1341 – La présenceOn ne s’étonnera jamais assez de l’événement extraordinaire pour l’histoire religieuse qu’a été l’homme Jésus de Nazareth. Jésus est un homme dont l’existence n’a pas d’autre signification que religieuse. Personne n’a comme lui le respect de Dieu. Néanmoins on ne perçoit pas chez lui l’inquiétude religieuse des hommes que l’insondable abîme divin fascine et effraie. Jésus de Nazareth ne cherche pas Dieu. Il est avec Dieu et Dieu est avec lui. Il n’a pas écrit un seul mot. Il a parlé de Dieu et rien que de Dieu. Aucune pensée, aucun propos de nature scientifique n’émaille son discours. La grande civilisation aurait donc pu l’ignorer. Et pourtant sa personnalité et sa parole ont fasciné les plus grands esprits de l’Occident, pas tous des croyants, tant s’en faut. Jésus parle comme aucun homme n’a parlé. Il parle avec l’autorité de quelqu’un qui parle à la première personne et non pas comme un prophète qui reçoit des visions. Jésus ne fait pas d’exposés sur Dieu. Mais sa parole crée la présence de Dieu (Antoine Vergote).

1342 – L’étonnant – L’étonnant n’est pas que Jésus soit ressuscité : c’est conforme à son être. L’étonnant, c’est qu’il soit mort (René Habachi).

1343 – L’intelligence – L’Evangile nous demande d’aimer Dieu aussi avec notre intelligence, alors que l’homme d’aujourd’hui a pris l’habitude d’être intelligent pour tout sauf pour les choses de Dieu (Olivier Clément).

1344 – Le grand bazarAu grand bazar de la religiosité contemporaine, tout s’expose et se vend ; on croit à tout et à n’importe quoi du moment que ça n’engage pas à grand-chose. Le christianisme ne propose pas la facilité (Bernard Bro).

1345 – La dispense – La mort de Jésus ne nous dispense ni de souffrir ni de mourir, mais nous apprend à donner un sens à toutes choses (Philippe Ferlay).

1346 – La capacité – La résurrection de Jésus nous apprend que nous avons en nous une capacité d’éternité (Adolphe Gesché).

1347 – La confiance – Toutes les prières de l’Église, toutes les pratiques de l’Église – entre autres la pratique de la messe du dimanche – ont pour but de cultiver une relation personnelle avec Dieu. Cette relation personnelle doit déboucher sur une confiance. La foi, c’est aussi et peut-être d’abord une confiance en Dieu (Parole orthodoxe).

1348 – La présence – L’Esprit Saint a toujours été la présence secrète de Dieu au sein de la création. L’Esprit Saint nous dispose à rechercher la présence du Père (Louis Bouyer).

1349 – Les pensées – Dans la vie de tous les jours, nous avons de nombreuses occasions de nous tourner mentalement vers le Seigneur. Le repos, les promenades dans la nature, la lecture, les rencontres, même le travail, tout cela nous donne la possibilité d’élever nos pensées vers Dieu. Nous devons essayer de cultiver en nous le sentiment de nous trouver en permanence devant la face du Père (Alexandre Men).

1350 – La communication – Entre Dieu et l’homme, il faut un miracle pour que la communication soit possible (Pierre Chaunu).

1351 – L’intention – Dieu est parfois compliqué, mais jamais mal intentionné (Einstein).

1352 – La pauvreté – Chaque être humain sur la terre est pauvre de quelque chose (Mère Teresa).

1353 – La lumière – Le saint ne sert à rien, mais tout s’éclaire à sa lumière (Olivier Clément).

1354 – Le mendiant – Dieu est comme un mendiant d’amour attendant à la porte de l’âme et n’osant jamais la forcer. Lui, le riche, il s’approche de notre indigence, il se présente, déclare son amour et prie qu’on le paie de retour ; devant un refus, il ne se retire pas, il ne se formalise pas de l’injure ; repoussé, il attend à la porte et fait tout pour se montrer véritable amant, il supporte les avanies et il meurt (Nicolas Cabasilas).

1355 – Les troupesIl ne s’agit pas de convertir et d’amener les gens à soi et de grossir nos troupes comme si nous étions une armée. Il s’agit de tout autre chose, il s’agit de témoigner d’une lumière qui est en effet le jour de notre intelligence (Maurice Zundel).

1356 – L’importance – La prière est sans importance si elle n’est pas d’une importance suprême (Abraham Heschel).

1357 – L’appel – Le but de l’Église : aider les hommes à prêter attention à l’appel personnel du Dieu vivant dans leur aujourd’hui (X. Nicolas).

1358 – Le bonheur – Il y a des gens qui voudraient un évangile sans croix et sans résurrection, un évangile tiède. On croit qu’il suffit de ne pas faire le mal. L’homme d’aujourd’hui souhaite le bonheur, mais il ne supporte pas d’être sauvé. Il faudrait comprendre que les forces du mal ont tout pour obtenir la victoire. C’est par le prix de la Passion qu’on peut connaître l’ampleur du mal (Guy Coq).

1359 – Le plan – Le plan de Dieu ne se trouve pas bloqué par le fait que tous les hommes n’adhèrent pas au christianisme (Dominique Laplane).

1360 – Le regard – L’humilité consiste à ne jamais perdre de vue la disproportion entre Dieu et soi, et à s’en réjouir. L’humilité est uns disposition joyeuse. Pour cela, il faut d’abord ne jamais quitter Dieu du regard, et c’est pourquoi l’humilité est naturelle aux saints (Gilbert Cesbron).

1361 – La discrétionSi seulement Jésus avait accepté de se présenter, ressuscité, devant Hérode, Pilate, le Sanhédrin ! Ça au moins, ça aurait parlé aux gens ! Déroutante discrétions de Dieu. Même la résurrection se passe dans la nuit (Jean-Noël Bezançon).

1362 – Les yeux – Dieu est perçu par les hommes qui sont capables de le voir, c’est-à-dire s’ils ont les yeux de l’âme ouverts. C’est cela avoir le cœur pur : « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu » (Théophile d’Antioche).

1363 – Les princesses – Marie : « Dieu aurait bien pu trouver des princesses ou les filles d’Anne et de Caïphe, qui étaient premières dans le pays, mais c’est sur moi qu’il a jeté son regard de pure bonté afin que personne ne se glorifie devant lui d’avoir été ou d’être digne » (Luther, Commentaire du magnificat).

1364 – La maturation – Un jour viendra, quand Dieu sera tout en tous, où nous serons subjugués par sa présence et incapables de nous refuser à lui. Le temps présent nous est donné pour nous permettre la libre offrande de notre personne. Il nous fait ce temps de l’inévidence et de l’option où nous avons à choisir entre Dieu et ce qui n’est pas Dieu, ce temps où l’Absolu lui-même se présente comme un bien relatif parmi les autres ; il nous faut ce temps de maturation avant de pouvoir jouir un jour de l’adhésion plénière, de l’élan définitif, sans retour possible en arrière (Mgr Léonard).

1365 – La rencontre – Dans les béatitudes, Jésus au fond se décrit lui-même. Qui aurait imaginé un Dieu qui vient à notre rencontre de cette façon-là, sous des apparences si ordinaires ? ‘(Taizé).

1366 – La caricature – Le monde chrétien que vomissent les athées n’a le plus souvent aucun droit de s’appeler chrétien, sinon en un sens tout sociologique, et le Dieu qu’ils rejettent n’est trop souvent qu’une caricature du Dieu que nous adorons (Henri de Lubac).

1367 – La route – Nommer le bien et le mal, c’est une question de vie ou de mort, une condition nécessaire du bonheur et de la liberté. Le bien est une route qui s’ouvre à l’humanité en marche vers le bonheur à recevoir de Dieu. Le mal est un abîme où, d’un coup, l’homme bascule dans le néant (Cardinal Lustiger).

1368 – La communion – L’apparition du Seigneur ressuscité, triomphant du pouvoir de la mort, fait comprendre à ses disciples que la fin de l’existence terrestre n’est pas le néant, mais la vie dans la communion avec Dieu et tous les saints (Xavier Thévenot).

1369 – La lumière – Dans la révélation évangélique, le Dieu vivant, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, s’ouvre, découvre sa nature, son secret, et se rend volontairement participable. Dieu lui-même, en s’incarnant et en mourant sur une croix, comble la distance, assume l’angoisse et la mort, en fait le lieu de la résurrection. C’est parce que Dieu est personnel, trois personnes, qu’il peut prolonger jusqu’à nous l’amour qui le constitue, se rendre participable tout en restant inaccessible. Dans le Christ, l’Illimité fait rayonner sa lumière au cœur même de l’horreur et de la mort (Olivier Clément).

1370 – La danse – La vie éternelle, ce sera danser de joie avec tous nos frères auprès de la Source de la vie (Philippe Ferlay).

1371 – Le prix – Aimer, c’est vouloir passionnément la grandeur de l’être qu’on aime, et personne ne veut plus passionnément notre grandeur que Dieu lui-même puisque le prix qu’il en a payé, c’est sa vie offerte sur la croix (Maurice Zundel).

1372 – Le fugitif – Jésus ressuscité n’est apparu ni aux foules pour réveiller leur enthousiasme, ni à ses ennemis pour les confondre et les mettre en face de la réalité, mais à ceux qui l’avaient lâché et renié, pour les relever et leur pardonner. Ses disciples, eux aussi, sont passés par une mort, Jésus les ramène à la vie. Les apparitions ont toujours quelque chose de fugitif : l’expérience d’une rencontre insaisissable, à la fois troublante et certaine, venue d’ailleurs pour disparaître sans qu’on puisse la retenir (Jacques Guillet).

1373 – L’idée – Toujours menacée et comme prête à mourir, l’idée de Dieu en nous est aussi toujours renaissante. L’homme n’aura jamais fini de se débattre avec Dieu (Henri de Lubac).

1374 – Le secret – Pour Dieu, aucun cœur n’a de secret. Dieu lui-même agit dans le cœur de tout homme et Dieu seul parle bien de Dieu (Cardinal Lustiger).

1375 – La présenceOn peut se demander pourquoi Dieu n’a pas établi un monde où sa présence serait plus évidente, pourquoi le Christ n’a pas laissé une présence plus éclatante qui toucherait chacun irrésistiblement. C’est le mystère de Dieu et de l’homme que nous ne pouvons pas pénétrer. Nous vivons dans ce monde où Dieu n’a pas l’évidence de ce qui est palpable mais il ne peut être cherché et trouvé que dans la mise en route du cœur (Cardinal Ratzinger).

1376 – Le désir – Reconnaître en Dieu même un désir d’être aimé par l’être humain (Fr. Emmanuel de Taizé).

1377 – Le singe – L’homme d’aujourd’hui est orphelin. Il n’a pas de racine en dehors de l’espace et du temps. Il se sent perdu dans un univers illimité. Il descend du singe et va vers le néant (Olivier Clément).

1378 – L’orage« Toute religion qui ne dit pas que Dieu est caché n’est pas véritable » (Pascal). Il y a des gens qui croient qu’il n’existe pas alors qu’il n’est que caché. Dieu n’est pas une idole éblouissante et fascinante. On ne trouve pas Dieu dans l’évidence d’un orage ou d’une tempête mais dans le murmure d’un léger froissement de vent [1 R 19,11-13] (Adolphe Gesché).

1379 – Le ridicule – Chez nous, si le Christ revenait, il ne serait peut-être pas mis à mort, mais ridiculisé. Ceci est le martyre du temps de l’intelligence, alors que la mise à mort est celui du temps de la passion et du sentiment (Kierkegaard).

1380 – L’évidence – L’Esprit Saint peut faire que du jour au lendemain ce qui nous était incompréhensible devient compréhensible. Cela ne veut pas dire que l’on sera capable de l’expliquer, mais telle ou telle réalité spirituelle nous deviendra une évidence (Ephraïm).

1381 – La croix – Il y a des gens qui portent la terrible croix d’ignorer la croix (Fabrice Hadjadj).

1382 – La projection – Une certaine religiosité dévoyée fait de Dieu une sorte de Père Noël qui donne la richesse, le succès, toutes sortes de bienfaits et de satisfactions matérielles, quand ce n’est pas la ruine et la mort des concurrents. Un Dieu qui serait à notre service. Un Dieu qui ne serait que la projection de nos désirs humains (Alberti).

1383 – La péripétie – « Pourquoi restez-vous accroché à une foi d’un autre âge et qui s’en va en lambeaux ? » – Réponse : La vérité ne découle pas d’un sondage d’opinion. D’ailleurs au fond des cœurs, rien n’est profondément changé. Les hommes, mes contemporains, ont la même soif d’absolu, la même intolérance à la mort que les hommes du passé. La cris des Eglises traduit une difficulté passagère à exprimer l’immuable Révélation. Si j’avais un conseil à donner aux Eglises, je leur tiendrais à peu près ce langage : regarder bien en face la déroute des vingt dernières années (c’est écrit en 1982) et ne pas chercher à en tirer un bulletin de victoire et ne pas en faire la confession hypocrite des fautes des pères. De toute manière, ceux qui ont fait preuve d’un zèle sans intelligence valent mieux que ceux qui n’eurent ni zèle, ni intelligence. Ce que nous croyons est à l’épreuve de la crise. La crise des Eglises n’est qu’une péripétie dans le temps de la patience de Dieu (Pierre Chaunu).

1384 – Le repos – Si Dieu a des intentions sur toi, jamais tu ne trouveras le repos (Péguy. Parole de Gervaise à Jeanne d’Arc enfant).

1385 – Le goûter – Ce n’est pas d’en savoir beaucoup qui satisfait et rassasie l’âme, mais de sentir et goûter les choses intérieurement (Saint Ignace).

1386 – Les illettrés – L’Esprit Saint fait jaillir les prophètes, il instruit les illettrés dans la sagesse et, avec des pécheurs, il fait des théologiens (Office de Pentecôte orthodoxe).

1387 – Le pèlerin – Le Nouveau Testament, comme l’Ancien, affirme avec force que Dieu se fait présent dans notre monde, que la plénitude de la vie est offerte à tous les « pèlerins » de notre terre en quelque sorte. Dieu n’attend pas les voyageurs à l’arrivée, à la porte de l’éternité ; lui-même a pris le bâton et la besace du pèlerin pour parcourir avec son peuple le long chemin qui conduit à la cité de l’infini (Jean-Louis Ska).

1388 – L’arôme – Les mots humains ne peuvent pas décrire Dieu pas plus qu’ils ne peuvent décrire l’arôme du café (Nicky Gumbel).

1389 – L’accueil – Le sens le plus profond de nos vies (en tant que chrétiens), c’est que nous avons la certitude d’être quelque part attendu et accueilli, aimé en un mot (Yves Burdelot).

1390 – Le cerveau – Malgré tous ses milliards de neurones, notre cerveau est trop faible pour saisir tous les mystères de dieu (Dominique Laplane).

1391 – La recherche – Sans cesse Dieu nous cherche (Taizé).

1392 – Les surprisesQue savons-nous des desseins de Dieu ? Il était nécessaire que le Fils de l’homme fût trahi. Négativement ou positivement, Dieu se sert du mal. Positivement, il ne veut pas le mal, mais il s’en sert. Au ciel, nous aurons des surprises bien curieuses ; tout sera à l’envers. Nous serons stupéfaits quand nous verrons les lignes courbes par lesquelles Dieu a écrit (Gustave Thibon).

1393 – La rencontre – Toute conversion, toute rencontre de l’homme avec Dieu est un mystère de la grâce divine que nous ne pouvons pénétrer. Les uns viennent à Dieu dans la souffrance et la peine, d’autres dans la joie et le bonheur. Il en sera toujours ainsi (Alexandre Schmemann).

1394 – Le point de départ – Pas un lieu en ce monde, pas un péché en ce monde, qui ne soit un point de départ vers Dieu (Saint François de sales).

1395 – Le déficit – Le principal obstacle à la foi aujourd’hui : une carapace d’indifférence. Et en même temps il existe un grand déficit au niveau du savoir et de l’information au sujet de la foi chrétienne. Et ce déficit de savoir commande largement l’indifférence contemporaine (Joseph Doré).

1396 – L’hôte – Prier, c’est aussi supplier l’hôte divin de daigner entrer en nous (Gustave Thibon).

1397 – La tête dure – Le Christ insiste sans cesse sur la difficulté de faire passer, comprendre, le message de la vie éternelle : « Esprits lents à comprendre et à croire »… « Si déjà vous n’y comprenez rien quand je parle des choses de la terre, qu’est-ce que ça sera quand je vous parlerai des choses du ciel » (Pierre Chaunu).

1398 – La barbe – L’athée n’est pas quelqu’un qui ne croit pas en Dieu. Il est celui qui n’admet pas que Dieu ait une barbe parce qu’il en a une idée plus pure que les autres (Jean Guitton).

1399 – L’imprévisible – Quand Dieu apparaît, il n’est pas celui que l’on attend, il est celui qu’on n’attendait pas, tant il est surprenant, imprévisible, contre toute attente. Il ne faut pas détruire la part d’inouï qu’il y a en Dieu, ou bien celui-ci cesse d’être Dieu (Bertrand Vergely).

1400 – L’exigence – Le croyant n’exige pas que Dieu lui explique la manière dont il dirige le monde (Y. Leibowitz).

1401 – La consolation – La consolation de Dieu, c’est le repentir des hommes. En se repentant, l’homme console Dieu (Daniel Bourguet).

1402 – L’équilibre – L’équilibre profond de l’homme se trouve dans sa communion avec Dieu, qui comporte la vocation à l’immortalité et à l’incorruptibilité (Bernard Sesboüé).

1403 – La certitude La mort est notre seule certitude. A première vue, mourir signifie retourner au néant. Avant de naître nous n’étions pas, après notre mort nous ne serons plus. Cependant l’argument se retourne : le fait est que nous somme sortis du néant, pourquoi faudrait-il que la puissance créatrice qui nous a fait naître ait dit son dernier mot ? (Bernard Perret).

1404 – Le non-sens – Croire en Jésus-Christ sans croire en l’Église est un non-sens, car nous ne connaissons l’un qu’à travers l’autre, nous ne connaissons Jésus-Christ que par l’Église (Dominique Laplane).

1405 – La proximité – L’expérience religieuse intérieure est d’origine divine et due à la proximité de Dieu. Le fait d’être saisi intérieurement par le message chrétien provient de la force de conviction de la Parole (Jürgen Becker).

1406 – La preuve – Aussi étrange que cela puisse paraître, la mort de Dieu sur la croix est la preuve de son existence, cela ne pouvant s’inventer (Bertrand Vergely).

1407 – La paix – Comme les fleurs se tournent vers le soleil pour accueillir ses rayons, nous devons nous tourner vers Dieu pour recevoir sa paix ; car il n’y a pas de paix sans la présence de Dieu (Cyrille Argenti).

1408 – La présence – Il y a des gens qui ont discerné en Jésus une présence de Dieu (Gilbert Ganne).

1409 – La dépendance – Dieu est en un sens tout-puissant, la grandeur de la création en témoigne, mais en un autre, il s’est rendu dépendant car il n’est pas d’amour sans cela (Dominique Laplane).

1410 – L’occasion – La religion n’est pas faite pour des occasions extraordinaires, telles la naissance, le mariage, la mort. Elle tend à nous apprendre qu’aucun acte n’est quelconque et que tout instant constitue une occasion exceptionnelle (Abraham Heschel).

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