100 B. Les compagnons d’A.v.Speyr

 

100 B

Les compagnons

d’Adrienne von Speyr

 

151 – La colère – Dieu est amour, bonté et infinie miséricorde. Malheureusement nous donnons souvent au mot bonté une coloration un peu mielleuse. La bonté de Dieu justement donne à l’homme la liberté d’accueillir ou de refuser son amour, son dessein de bonheur éternel. L’amour de Dieu n’exclut pas la colère, une colère différente de la nôtre, une colère qui exprime la douleur de Dieu à l’égard du péché que commet l’homme qui s’éloigne de lui, même si cette colère tend toujours à tout récupérer dans l’amour (Cardinal Martini).

152 – Le temps – Celui qui veut découvrir Dieu doit être prêt à prendre du temps pour lui. Et il faut être prêt à y mettre le prix. Dieu ne s’impose pas. Il ne nous court pas après. Il en appelle à notre liberté (Benoît XVI).

153 – L’amitié – Pourquoi les commandements de Moïse ? Pour rendre l’homme glorieux, pour suppléer ce qui lui manquait, c’est-à-dire l’amitié de Dieu. Mais à Dieu cela n’apportait rien, car Dieu n’avait pas besoin de l’amour de l’homme ; l’homme avait besoin, lui, de la gloire de Dieu, et cette gloire, il ne pouvait l’obtenir que par le service de Dieu (Saint Irénée).

154 – Le Père – L’islam est très riche en noms divins, mais il ne recourt jamais à l’appellation « Père » (Damiano Modena).

155 – Le pouvoir – Il y a la phrase enfantine : « Ne pas faire de la peine au Bon Dieu ». Saint Paul le disait dans un autre langage : « Ne contristez pas le Saint Esprit de Dieu » (Ep 4,30). Nous avons le pouvoir (triste) de contrister le Saint Esprit , mais le Saint Esprit ne peut pas nous manipuler (François Varillon).

156 – Le mystère – Le Christ est entré le premier dans le mystère de la résurrection des morts (Alexandre Men).

157 – Faire - Je ne fais pas ce que Dieu veut que je fasse, je fais ce que je crois que Dieu veut que je fasse (Sagesse juive, dans Daniel Boyarin).

158 – La Trinité – Le Père décide et commande, le Fils exécute et modèle, l’Esprit nourrit et accroît (Saint Irénée).

159 – Communion – Le salut n’est jamais individuel : le mot le plus important pour le chrétien est celui de communion. Nous ne nous sauvons ni ne nous perdons pas seuls (François Mauriac).

160 – La peur – Charles Baudelaire fait dire au diable qu’il rencontre un soir dans un dîner : « Je n’ai eu peur qu’un seule fois. C’est le jour où j’ai entendu un prédicateur plus subtil que ses confrères s’écrier en chaire : Mes chers frères, n’oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, que la plus belle ruse du diable est de vous persuader qu’il n’existe pas » (Pierre Descouvemont).

161 – Les caves – Ainsi s’organise à marche forcée ce que Péguy appelait l’amnésie de l’éternel… La religion, chose honteuse, est dissimulée dans les caves, comme si elle était l’apanage de quelques fous. Aussi, la plupart vivent d’une existence fausse : ils croient qu’ils n’ont pas d’âme, ils croient que les question existentielles relèvent de désordres psychiques. C’est le propre des totalitarismes d’interdire des comportements indispensables à la vie de l’homme en les appelant des maladies (Chantal Delsol).

162 – La condition – Dans ce que l’homme veut, il rencontre partout l’obstacle et la souffrance. Dans ce qu’il fait, il rencontre des faiblesses et des fautes dont il ne peut réparer les suites. Enfin pour couronner le tout, il y a la mort. Telle est la condition de l’homme, ma condition. De tout cela, que va-t-il sortir ? (Maurice Blondel).

163 – FoudroyésSe dire aussi que l’Incarnation n’a été possible que lorsque l’humanité a été prête à recevoir ce don ultime du Créateur incréé. Dire que Jésus est Dieu, c’est dire que l’infiniment distant a comblé l’infinie distance et qu’Il est là, présent à portée de nos sens, de notre intelligence, sans que nous soyons foudroyés comme le craint Israël quand il sent que Dieu s’approche. « Malheur à moi, je suis perdu. Mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur tout-puissant » (Claude Tresmontant).

164 – Cicatrice – Le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne, a expliqué devant tout le monde au synode sur la famille qu’il avait vécu le divorce de ses parents dans sa jeunesse et que cette souffrance n’était toujours pas cicatrisée aujourd’hui (Cardinal Barbarin).

165 – L’Esprit Saint – Pour ceux qui me demandent de prier pour eux, je supplie le Seigneur : « Seigneur, donne-leur ton Esprit Saint pour qu’ils te connaissent par l’Esprit Saint » (Starets Silouane).

166 – La dernière fois – Accepter avec confiance qu’il y ait une « dernière fois » et discerner, dans l’inconnu qui vient, la présence de Dieu (Revue Etudes, 2017/4, p. 142).

167 – Salut – C’est quoi le salut ? C’est la communion avec Dieu (Rémi Brague).

168 – L’invité – Nos assemblées de prière attirent l’éternel dans l’aujourd’hui ; ce sont des moments du temps où l’éternel est invité. Le temps accueille l’éternité (F. Rosenzweig, dans Rémi Brague).

169 – La couleur – Le royaume de Dieu, c’est quand Dieu règne dans votre âme. Quand il règne, tout prend un autre aspect – tout, c’est-à-dire les joies et les peines de cette vie –, une autre couleur, une autre teinte, un autre sens (Alexandre Men).

170 – Rencontre – La conquête du monde ne nous intéresse pas. Ce qui nous intéresse, c’est qu’un Dieu aimé par nous et qui aime chaque homme le premier, chaque homme puisse, comme nous, le rencontrer (Madeleine Delbrel).

171 – Servir – La grand-mère athée du cardinal Barbarin. Quand il lui disait son désir d’être prêtre, la grand-mère demandait : « Tu serviras à quoi ? » (Cardinal Barbarin).

172 – La signature – Le message de la transcendance n’est pas facile à porter. Dans le désert, un petit groupe de demi-nomades ont pensé, cru entendre, cru savoir que la clé de tout se trouve à une distance incalculable, absolue, et ils ont bâti leur religion étrange autour de ce vide, de ce creux. Des empereurs païens ont essayé de leur faire entendre raison, la raison commune, en leur tapant sur la tête. Mais ils ont la tête dure ; et comme les Romains sont raisonnables, ils ont fini par décider qu’on les laisserait rêver en paix… La difficulté est interne : comment entrer en communication avec Lui ? Pendant de grands moments il se tait.

Cependant une tradition dit qu’Il viendra, qu’il enverra son Envoyé. Comment le reconnaîtra-t-on ? Puisqu’il vient au nom du Tout-Puissant, sa présence sera éclatante, a-t-on pensé. Car on n’a pas compris la leçon du doux murmure. Quand il s’est manifesté, il l’a fait d’une manière ambiguë. Quand le Transcendant se manifeste, cela est évident à quelques-uns, mais d’autres prétendent qu’ils n’ont rien vu, rien entendu. Le malentendu est au départ. Il dure depuis deux mille ans et il durera encore. Quand le Transcendant est là, sous peine de perdre sa transcendance, il ne peut être là que d’une manière fugace, perçante aux yeux de l’observateur choisi, glissant sur l’autre… La sensation d’absolue proximité et de fuite des rayons lumineux… sont un peu la signature de la transcendance (Pierre Chaunu).

173 – Croire – Croire en lui (le Fils), c’est faire sa volonté (Saint Irénée).

174 – La danse – Dieu sait faire que la prière ait un tel goût qu’on y aille comme à la danse, et encore qu’elle ait un tel goût qu’on y aille comme au combat (Saint Nicolas de Flue).

175 – L’absent – Ne jamais parler de Dieu de mémoire. Ne jamais parler de Lui comme d’un absent (Maurice Blondel).

176 – L’obscurité – Jésus a habité la nuit de l’angoisse et l’obscurité de la mort afin que nous puissions vivre la vie et la mort dans l’abandon fidèle à Dieu… Le devoir du chrétien est d’aller à la rencontre du Seigneur glorieux en acceptant de passer par un mystère d’obscurité et de silence (Cardinal Martini).

177 – La culture – S’emparer des philosophes actuels pour dire dans des termes nouveaux l’éternel message (de la foi chrétienne) au cœur de notre culture (Mgr Beau).

178 – Mariage – « Mon heure n’est pas encore venue » (Noces de Cana). Mais à la prière de sa Mère il avance son heure. Il importait sans doute au dessein premier de Jésus de se manifester plus tard et non pas dans un mariage populaire et pour donner une joie profane (Jean Guitton).

179 – Conscience – La conscience de l’homme est relation avec Dieu (Olivier Clément).

180 – Les bras – Dieu n’a pas créé les hommes pour qu’ils se croisent les bras et pèchent (Henri-Irénée Marrou).

181 – Le pardon – Etonnez-vous que le pardon soit difficile à donner ! Pour le donner, le Seigneur Jésus est mort sur la croix. Etonnez-vous alors que le pardon soit crucifiant (Cardinal Lustiger).

182 – Les vertueux – Dans l’Évangile, les vertueux sont ceux qui se conforment scrupuleusement à la loi. Les vertueux se réclament de la loi à tout crin, ils s’enferment dans la loi. Jésus est présenté comme venant dépasser la lettre de la loi de Moïse pour y trouver l’esprit. Il ne vient pas supprimer la loi, il vient lui donner vie… Un certain respect abusif de la loi en vient à juger au nom de la loi ceux qui sont réprouvés comme pécheurs. Mais la loi des pharisiens et des vertueux, est-ce qu’elle est vraiment intégrée, ou ne suivent-ils pas la loi par peur de Dieu, par peur de la vengeance de Dieu et non par amour pour Dieu ? (Françoise Dolto).

183 – Renonciation – Les gens parlent des moines, des religieux, des consacrés comme des gens qui ont renoncé à tout ! Mais non ! C’est vous qui avez renoncé à tout. C’est quoi ce tout ? C’est Dieu ! C’est lorsqu’on le laisse de côté qu’on pratique la renonciation suprême (Mâ Ananda Moyî, dans Véronique Francou).

184 – Les deux voies – L’homme est toujours appelé à choisir entre deux voies : suivre Dieu ou avancer sans Dieu, ce qui revient à dire marcher contre lui (Alexandre Schmemann).

185 – Amitié – Par le décalogue (de l’Ancien Testament) Dieu préparait l’homme à son amitié (Saint Irénée).

186 – Banalité – Respecter le dimanche, c’est émerger de la banalité du quotidien pour se tenir devant Dieu et lui donner une part de son temps. Ce n’est pas si facile (Alexandre Men).

187 – Communion – Comment est-il possible que l’homme puisse percevoir Dieu ? Une si grande distance sépare la fleur du soleil ! Une fleur située si loin de la source de l’énergie peut-elle parvenir à percevoir l’origine de cette énergie ? Et pourtant il y a communion entre le soleil et la fleur ! Le même « miracle » se produit dans l’interaction constante entre le somatique et le psychique. Une intention de l’esprit se communique aux membres du corps (je décide de faire un geste). Comment ça se passe ? C’est indescriptible.

C’est pourquoi nous ne pouvons pas rejeter a priori comme erronée l’affirmation des prophètes selon laquelle, à certaines heures de l’histoire d’Israël, le divin est entré en contact avec des êtres choisis. Devons-nous refuser à la Source qui nous a créés le pouvoir de s’adresser à l’homme ? (Abraham Heschel).

188 – Lumière – Dieu de tous les humains, tu ne forces jamais notre cœur, mais tu places en chacun ta paisible lumière. Éclairés par elle, nos échecs et nos joies peuvent trouver en toi un sens (Roger Schütz).

189 – L’Esprit – Nous devons prendre conscience que nous vivons sur une terre païenne que l’Esprit doit enflammer (Ephraïm).

190 – Enfantement – Devant son Fils en croix, Marie accouche de Jésus une seconde fois pour le monde entier. Marie, au pied de la croix, vit une expérience difficilement imaginable. C’est à ce moment-là qu’elle accouche de Jésus pour le monde entier et qu’elle éprouve les douleurs de l’enfantement qu’elle n’avait pas connues lors de la Nativité (Michel Laroche).

191 – Contraindre – L’homme est libre. Dieu a créé l’homme libre. Dieu a pris ce risque de créer un monde qui deviendrait rebelle, un monde que Dieu ne peut plus sauver qu’en pénétrant en son sein, liberté contre liberté, jusqu’au sacrifice de la croix…, pour nous contraindre un jour par la douceur, la persuasion et la toute-puissance de l’amour plus forte que la mort (Pierre Chaunu).

192 – Le petit tailleur – Un tailleur rusé arrive, on ne sait par quelle astuce, à entrer au paradis. Il arrive à un moment où il n’y avait personne : ils étaient tous partis en promenade. Alors le petit tailleur voit le trône de Dieu, et il voit aussi l’escabeau qui sert de marchepied au Seigneur. C’était très beau. Et comme il est au paradis, il voit aussi tout ce qui se passe sur la terre. Il aperçoit alors sa voisine en train de voler je ne sais quoi. Alors le petit tailleur, saisi d’une sainte indignation, prend l’escabeau et l’envoie sur la bonne femme sur la terre.

Juste à ce moment-là, toute la cour céleste revient et le Bon Dieu arrive avec tout le monde. Le petit tailleur qui est entré au paradis sans y être invité se cache du mieux qu’il peut derrière le trône. Mais il n’y a plus d’escabeau. Tout le monde le cherche et c’est alors qu’on découvre le petit tailleur. Qu’est-ce que tu fais là ? Il explique son affaire. Et l’escabeau, tu ne l’as pas vu ? Alors le petit tailleur raconte qu’ayant vu sa voisine commettre un gros péché, il lui a lancé l’escabeau sur la tête. Alors les anges lui font la morale : « As-tu oublié déjà que bien souvent tu comptais beaucoup plus d’étoffe qu’il n’en fallait pour les habits ? » Et Dieu lui-même finalement ajoute : « Et puis si chaque fois que les gens sur terre font des bêtises, j’étais obligé de leur envoyer un escabeau sur la tête, le mobilier du ciel n’y suffirait pas » (Conte de Grimm).

193 – Le persil – Quelle joie de savoir que nous pouvons lever les yeux vers votre seul visage pendant que nous irons chercher au bout de l’allée du jardin quelques brins de persil pour finir la salade (Madeleine Delbrel).

194 – Le hasard – Dans le monde, rien n’arrive jamais par hasard. Chaque fil est relié à un autre. Si nous ne voyons pas ces liens aujourd’hui, tout nous sera révélé plus tard (Alexandre Men).

195 – Plaire – Celui-là plaît à Dieu à qui Dieu plaît (saint Augustin).

196 – Le seul – Personne ne connaît Dieu si Dieu ne s’est pas révélé à lui. Or le seul qui puisse pleinement révéler Dieu, c’est l’homme de Nazareth qui ose dire : « Tout m’a été remis par mon Père. Nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Antoine Vergote).

197 – Encerclements – La foi parle d’un projet de Dieu auquel le cœur de l’homme n’avait pas songé. Dieu est l’Autre… Il brise tous les encerclements magiques des fatalités et des nécessités. La foi promet un accomplissement que nous ne pouvons pas imaginer (Adolphe Gesché).

198 – Communion – La vie est une communion avec un Dieu caché dans son cœur, un Dieu qui est bon, un Dieu qui pardonne (Jean Vanier).

199 – Le caché – Une musulmane disait un jour : « Ce qui nous choque dans votre religion, c’est que votre Dieu s’incarne »… De fait le Dieu qui s’est manifesté dans l’histoire s’y est mal pris : il n’a été évident pour personne, pas même pour ses amis…Mais c’est ainsi : Dieu ne s’est pas imposé. Il s’est offert. Il n’a contraint personne et s’est laissé meurtrir… Il subsiste du « caché » dans cette révélation-là… Nous sommes entièrement libres : nous pouvons répondre à son appel ou rester sourds (France Quéré).

200 – L’aveugle – Il faut instruire les ignorants non les punir ; on ne frappe pas un aveugle, on le prend par la main pour le conduire (Denys l’Aréopagite).

201 – La flaque d’eau – On ne commet pas le péché mortel comme on marche dans une flaque d’eau ou comme on bute sur un trottoir. Le péché mortel, c’est l’enfer même, c’est la damnation. Le péché mortel est un mystère et personne ne sait s’il commet un péché mortel, Dieu seul le sait… Distinguer la matière, l’advertance, le consentement… Jusqu’à un certain point, on peut juger de la gravité de la matière, nul ne peut juger de l’advertance et du consentement (François Varillon).

202 – Le scientifique – Pour dire la foi, le scientifique n’est pas au-dessus du croyant (Bernard Perret).

203 – La rencontre – Ce n’est pas parce qu’on ne croit pas en Dieu qu’on ne peut pas le rencontrer (Charles Delhez).

204 – La culture – A travers tous les bouleversements de notre culture, la condition humaine demeure fondamentalement la même. Le rapport de l’homme au Dieu qui l’a fait pour lui et qui ne cesse de l’attirer à lui demeure essentiellement le même (Bernard Sesboüé).

205 – Trésors – La Bible, livre majeur du christianisme. L’Église, au long des siècles, a rassemblé des trésors (Alexandre Men).

206 – La nuit – Satan est infatigable pour diviser, perturber, pervertir. Il travaille la nuit (René Laurentin).

207 – Se reposer – La parabole des vierges folles est là pour rappeler que l’on ne peut se reposer sur les autres pour se préparer à rencontrer Dieu (Bernard Perret).

208 – La vie – Dans la vie, tout peut arriver, même Dieu (Luisa Murano).

209 – La bénédiction – Il vaut mieux renoncer à toute entreprise pour laquelle l’âme n’ose pas demander la bénédiction de Dieu ; de même il vaut mieux s’abstenir de toute affaire avant laquelle on ne peut prier sans trouble (Starets Silouane).

210 – Bienfaits – Ce n’est pas parce que Dieu avait besoin de l’homme que Dieu modela Adam, mais pour avoir quelqu’un en qui déposer ses bienfaits (Saint Irénée).

211 – Messages – Les desseins de Dieu nous sont totalement impénétrables. Il est l’Autre absolu, origine et fin de toutes choses. Pour autant, nous ne sommes pas dispensés de l’effort de comprendre les messages qu’il nous adresse. Et ceux-ci concernent intégralement la conduite de notre vie (Bernard Perret).

212 – Visible – Dieu est assez caché pour ne pas s’imposer, et assez visible pour qu’on puisse le trouver (Pascal).

213 – Lumière – (Le « Notre Père » est difficile). Car déjà le terme « Notre Père » est difficile à prononcer : comment pouvons-nous imaginer pénétrer… ce mystère de Dieu qui demeure dans une lumière inaccessible et l’appeler Père ? (Boris Bobrinskoy).

214 – Naufrage – On peut simplement penser que, sans le péché, la mort aurait été comme une entrée de plain-pied dans la vie de Dieu. Pour un homme qui a perdu par le péché le sens de Dieu, la mort risque toujours d’être perçue comme un vrai naufrage. En se coupant de la lumière, l’homme se condamne à mourir dans la nuit. Ce qui aurait dû être sa naissance est alors appréhendé par lui comme anéantissement. Et c’est jusque dans cette mort-là que Jésus, pourtant indemne de tout péché, s’est solidarisé avec nous. Il l’a traversée dans la nuit, pour en arracher ceux qui s’y engloutissent (Jean-Noël Bezançon).

215 – MijoterSi l’on pouvait analyser ce qu’il y a dans l’esprit d’un certain nombre de chrétiens mal éduqués, on s’apercevrait qu’ils se disent tout bas : « Qu’est-ce que Dieu mijote là-haut dans son ciel ? Qu’est-ce qu’il me prépare ? Du bonheur ou du malheur ? De la santé ou de la maladie ? Du succès ou de l’échec ? » Par intérêt et par peur, je vais donc le prier de ne rien mijoter de désagréable contre moi. Jusqu’au jour où la tentation surgit d’exorciser radicalement la menace en disant tout simplement : « Il n’y a pas de Dieu tout-puissant« . C’est alors l’athéisme… On ne dit pas dans le credo : « Je crois en Dieu tout-puissant », mais : « Je crois en Dieu le Père tout-puissant » (François Varillon).

216 – Politesse – Une vie sans prière est une vie qui ignore une dimension essentielle de l’existence. La valeur de la prière consiste à découvrir, à affirmer et à vivre le fait que tout a une dimension d’éternité… Prier, demander quelque chose à Dieu, ne consiste pas à rappeler poliment à Dieu ce qu’il a oublié de faire (Antoine Bloom).

217 – Grâce - Seigneur et Maître de ma vie, éloigne de moi l’esprit de paresse, de domination, de découragement et de vaine parole. Mais fais-moi la grâce, à moi ton serviteur, de l’esprit d’intégrité, d’humilité, de patience et d’amour. Oui, Seigneur, donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère, ô toi qui es béni dans les siècles des siècles (Saint Ephrem).

218 – Opium – Le brave Marx n’avait pas la vue trop longue quand il parlait de la religion comme d’un opium. C’était oublier celui qu’il distillait lui-même et qui allait faire sombrer durant un siècle les peuples dans la plus meurtrière des illusions (Christian Chabanis).

219 – Le cœur – La résurrection de Jésus-Christ est le cœur de la foi. « Sans la résurrection, ma foi est vaine » (saint Paul). Les premiers disciples de Jésus n’ont eu qu’une chose à annoncer dès le départ, un seul cri : « Christ est ressuscité ». Tout le reste vient de là. C’est cet événement qui a fait voir en lui beaucoup plus qu’un homme exemplaire ; cet événement est le signe qu’il était le Fils de Dieu (France Quéré).

220 – Asile – Le christianisme n’est pas un asile d’ignorance. Il impose à tous les fidèles le devoir sacré de « théologiser » (Philarète de Moscou).

221 – La visite – L’expérience de foi, c’est s’être senti rejoint par Dieu, c’est avoir conscience d’avoir été visité par Dieu… Jésus s’invite chez Zachée et immédiatement cette invitation déclenche la conversion du pécheur. Mais Dieu parfois vient et il n’est pas reçu. Il y a des invités à la noce… et ils n’ont pas le temps. Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas accueilli (Jn 1,11)… La foi, c’est être en confiance avec Dieu… C’est avoir le sentiment d’être en lien avec Dieu… et que rien ne peut briser ce lien (Michel Deneken).

222 – La foi – La foi, c’est quand on parle à Dieu comme à un homme (Le curé d’Ars).

223 – La bataille – Le diable lutte avec Dieu, et le champ de bataille, c’est le cœur de l’homme (Dostoïevski).

224 – La destinée – Qu’est-ce que Jésus a apporté au monde ? S’il n’a pas apporté la paix dans le monde, le bien-être pour tous, un monde meilleur, qu’a-t-il apporté ? La réponse est très simple. Il a apporté Dieu, le Dieu dont la face s’est lentement et progressivement dévoilée depuis Abraham… C’est ce Dieu-là, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu véritable qu’il a apporté aux peuples de la terre. Jésus a apporté Dieu et avec lui la vérité sur notre origine et notre destinée, la foi, l’espérance,et l’amour (Benoît XVI).

225 – L’invention – Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer. Quel Dieu peut mieux entendre la peine des hommes que celui qui a choisi de passer par la souffrance et par la mort ? (Jean Delumeau).

226Chrétien – Je ne suis ni théologien, ni philosophe, mais seulement un chrétien pour qui Jésus-Christ, à travers et malgré vingt siècles de théologie et de philosophie, de progrès scientifiques et techniques, reste la seule raison de croire et d’espérer, de vivre (Marcel Légaut).

227 L’ennui – Le christianisme n’est pas une religion ennuyeuse ; il nous propose de vivre la vie en plénitude. La foi chrétienne n’est pas fausse, elle est la vérité. Elle n’est pas dépassée, elle transforme notre vie (Nicky Gumbel).

228 La lucidité – Pourquoi la foi ? Parce que, quand les charmes de la consommation sont épuisés, il ne reste plus rien que la maladie et la mort, que rien ne pourra jamais écarter du champ douloureux de notre lucidité (Pierre Chaunu).

229 – Parler – Avant de parler de Dieu aux autres, il faut apprendre à parler des autres à Dieu (Madeleine Delbrel).

230 – La rareté – Sans Dieu, l’âme ne trouvera jamais la paix… « Rares sont les âmes qui te connaissent, rares sont les hommes avec qui l’on peut parler de Toi » (Starets Silouane).

231 – Le choix – Nous avons le choix entre deux possibilités : Ou bien nous cramponner à ce monde-ci comme s’il était l’unique réalité, pour nous apercevoir un jour qu’il est passager, fugitif, transitoire. Ou bien le traverser comme un voile qui nous cache et nous révèle tout à la fois la présence invisible de Dieu (Louis Bouyer).

232 – Les médiocres – Il n’est pas demandé à l’Église d’être nombreuse, glorieuse, triomphante, convaincante, mais fidèle. Qu’elle soit fidèle au dépôt dont elle garde la mémoire. Qu’elle annonce et transmette l’immuable Vérité qui est tout entière contenue dans l’Écriture Sainte, Parole vivante de Dieu… Et afin que nul ne se trompe, ceux que Dieu a choisis pour ses témoins, il les a choisis médiocres. Nous sommes les témoins médiocres de la Vérité. Cela, nous le savons… Mais même notre impuissance est sans importance. Ce que Dieu a conçu, il le réalisera. En vérité, c’est déjà fait. En ressuscitant Jésus de Nazareth au matin de Pâques, Dieu a déjà fait basculer le monde dans la Vie éternelle (Pierre Chaunu).

233 – Bizarre – Ce qui est bizarre, quand tout va bien, quand ton travail marche, que ta famille est heureuse, c’est que tu ne remercies jamais Dieu. Dans le bonheur que tu vis, il semble ne pas exister. Du moins, tu ne penses pas que Dieu peut apporter le bonheur. C’est quand tout va mal que Dieu revient alors en force et que tu t’acharnes à lui imputer les malheurs qui t’accablent… Par mer calme, remercions-le ; dans la tempête, appelons-le. En sachant que nos souffrances offertes sont prière silencieuse (Guy Gilbert).

234 – Le meilleur – En pensant à autrui, il faut demander à Dieu pour nos frères, connus ou inconnus, et même nos ennemis, le meilleur de ce que Dieu leur destine, qu’ils le reçoivent et l’accueillent. Parce que c’est le meilleur. Et ce meilleur, au bout du compte, porte un nom : l’Esprit Saint. « Si vous qui êtes mauvais vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent » (Lc 11,13). Il faut prier Dieu pour qu’un cœur ouvert et disponible soit prêt à accueillir le don que Dieu veut faire à tout homme afin qu’il trouve sa vocation d’enfant de Dieu et y réponde (Cardinal Lustiger).

235 – L’Inconnu – Dieu a montré son visage en Jésus-Christ, mais il n’en demeure pas moins le grand Inconnu (Bernard Perret).

236 – Le péché – Opposer l’Église et l’Évangile est un thème facile, car il est bien évident qu’à aucune époque, en aucun lieu, l’Église, dans ses membres, n’est pleinement fidèle ; le péché, qui règne partout, ne l’épargne pas, ni le péché, ni toutes les autres marques de la faiblesse humaine. Il n’en est pas moins vrai que c’est toujours l’Église qui nous transmet l’Évangile (Henri de Lubac).

237 – La foi – La foi est ce qui permet à l’intelligence de vivre au-dessus de ses moyens. Donc la religion n’a rien à redouter des progrès de la connaissance ; le doute sur elle-même est le seul danger qui la menace (André Frossard).

238 – Le Sauveur – Jésus est mort supplicié sur une croix. Aucun fondateur de religion n’a connu un destin aussi tragique. Jésus qui se présentait comme le Sauveur paraissait à sa mort être celui qui avait le plus besoin d’être sauvé (Xavier Le Pichon).

239 – Le leurre – Nos contemporains sont victimes d’un grand leurre. On les abuse en leur faisant croire qu’il faut passer à côté de la mort ou de s’y engloutir sans s’en rendre compte. Que le fin du fin, c’est d’oublier la mort, de la tranquilliser, de la noyer (Jean-François Six).

240 – La stabilité – La foi implique un double mouvement : de Dieu, qui sort de son immutabilité vers la créature ; de l’homme, qui dépasse son autonomie et trouve en Dieu sa stabilité dernière (Boris Bobrinskoy).

241 – Le lait – J’ai reçu la foi avec le lait de ma mère, j’ai désiré être prêtre tout petit sans que je puisse vous dire ni pourquoi ni comment, je suis allé au séminaire, j’ai été ordonné prêtre et puis évêque (Cardinal Decourtray).

242 – Le sens – L’Esprit Saint est en la Trinité la personne qui demeure inconnue mais qui manifeste toute chose de Dieu et rend réelle toute vie spirituelle. Il donne le sens de la vie éternelle et le sens des réalités cachées (Isaac de Ninive).

243 – La paixUn évêque des États-Unis connaissait bien l’ancien président du syndicat des journalistes politiques de sa région. Cet homme se disait athée. Et puis on apprend qu’il est entré dans l’Église catholique. Ses collègues s’étonnent, lui posent la question : « Comment en es-tu venu à croire en Dieu ? Y crois-tu vraiment ? » Alors il a répondu : « Je ne sais pas trop dans quelle mesure je crois en Dieu ? Je voudrais y croire. Mais ce dont je suis sûr, c’est que je crois au diable, à Lucifer, parce que ma carrière de journaliste m’a permis de détecter ses manœuvres et de constater ses ravages autour de moi et en moi. Alors j’ai cherché une Église qui pourrait me communiquer la pardon de Dieu et la paix de l’âme«  (D’après Mgr Elchinger).

244 – Le château de cartes – De nombreuses personnes n’abordent les rives de la foi que lorsque des événements terribles (mort, accident, maladie, séparation) viennent anéantir le château de cartes de leur vie sociale et affective… La vérité de leur être profond leur apparaît alors soudainement… Mais pourquoi attendre que des déchirements venus de l’extérieur nous apprennent un jour qui nous sommes ? (Annick de Souzenelle).

245 – Les compagnons – L’Évangile ne dit pas seulement : Aimez-vous les uns les autres, il nous révèle que Dieu est allé jusqu’à se faire homme pour nous appeler à une vocation divine.. Jésus est devenu le compagnon de nos souffrances pour que nous devenions les compagnons de sa résurrection (Jean Delumeau).

246 – La soif – La destinée de l’homme sur terre est d’être tourmenté d’une soif spirituelle… Tourmenté parce que presque tout en ce monde semble dire à l’homme : renonce à la soif spirituelle, renie-la et tu seras rassasié, heureux et en bonne santé… Ce n’est qu’en éliminant cette aspiration que l’homme pourra commencer sa véritable destinée humaine… En fait la religion est par essence la manifestation et la présence d’une soif spirituelle. Comme l’odeur de la fumée témoigne qu’il y a du feu quelque part, même si nous ne le voyons pas.

La présence de la religion dans ce monde est le témoignage évident qu’une soif spirituelle n’a jamais cessé d’être vivace en l’homme… Parler de cette soif spirituelle : il n’y a pas sur terre de sujet plus important… La religion n’est religion que lorsqu’elle parle de l’essentiel… L’essentiel est de ne pas trahir la soif spirituelle qui nous est donnée, mais surtout d’ouvrir les yeux et les oreilles à ce ruissellement de lumière, d’amour, de beauté, qui, éternellement, se déverse sur nous (Alexandre Schmemann).

247 – Discours – Tous les discours des premiers chrétiens se résument en deux points : 1. Le Christ est ressuscité. 2. Et il a envoyé l’Esprit Saint… Le salut de l’homme, c’est la résurrection… La résurrection dévoile le sens de l’histoire (Bernard Sesboüé).

248 – Chercher – Les incroyants ne cherchent pas Dieu. Si les croyants ne le cherchent pas, qui donc le fera ? Peut-être y a-t-il des incroyants qui le cherchent, mais beaucoup ne le savent pas. Ils croient faire tout autre chose… Les croyants disent avoir trouvé Dieu… L’image est redoutable. Car s’ils croient vraiment ce qu’ils disent, ils ne cherchent plus. Or Dieu ne se donne qu’à ceux qui le cherchent. C’est pourquoi il faut d’autant plus chercher Dieu que l’on est croyant (Guy Coq).

249 – Apprendre – On raconte que, le matin de sa mort, sainte Claire eut la curiosité de demander à un frère franciscain venu la voir : « Qu’as-tu de nouveau à m’apprendre sur Dieu ? » (A.-M. Carré).

250 – Caricatures – Je connais des hommes qui sont athées de toute leur foi. C’est leur soif de pureté et de transcendance, leur sens du mystère, leur désir du vrai Dieu dont personne ne leur a parlé qui leur fait repousser toutes les caricatures de Dieu qu’on leur présente : le Dieu bouche-trou, le Dieu fourre-tout, le Dieu gendarme ou grand-père (Gustave Thibon).

251 – Communion – Le dialogue entre Dieu et l’homme n’est pas nécessairement sonore. La voix de Dieu, c’est parfois le silence. Ce dialogue n’est pas nécessairement lumineux. L’apparition de Dieu, c’est parfois son obscurité. Deux actes conjugués constituent la prophétie : celui de la révélation et celui de la communication. A travers le prophète, l’infini cherche à pénétrer dans le fini, l’éternité se fraie une voie vers le temps. C’est par ce ce travail de la prophétie que l’absolu se livre en termes relatifs. Dieu se révèle à l’homme pour chercher sa communion (André Neher).

252 – L’illusion – Si Dieu n’est pas la vie de ta vie, ce n’est qu’une illusion (Maurice Zundel).

253 – Le singe – Contrairement aux idées reçues, il est très logique de croire en Dieu… En observant le monde, il paraît difficile de soutenir qu’il provient d’un hasard. On ne fait pas de l’ordre avec du chaos, ni de l’intelligence avec des forces aveugles.

Impossible que Dieu soit, disait Pascal, impossible qu’il ne soit pas. Aujourd’hui nous traduisons ce jugement par le paradoxe du singe dactylographe en disant qu’il est peu probable que Dieu existe, mais plus improbable encore qu’il n’existe pas : cela reviendrait à soutenir qu’un singe peut composer La divine comédie en tapant au hasard sur une machine à écrire (Bertrand Vergely).

254 – Le péché – Le seul vrai péché est d’être insensible au Ressuscité (Saint Isaac de Ninive).

255 – Le secret – Les chrétiens possèdent le secret dernier des choses. Étonnant qu’ils n’en soient pas plus conscients (Jean Daniélou).

256 – La cruauté – Le Christ a souffert sous Ponce Pilate. Cet article du Symbole des apôtres marque de façon inéluctable l’apparition concrète de Dieu dans la cruauté de l’histoire et le sérieux infini de sa compassion envers toute créature (K. Lehmann).

257 – Les gens – Il y a tant de gens qui admettent connaître l’existence de Dieu et qui ne le prient jamais (André Manaranche).

258 – Le rôle – Si Dieu est vivant, il nous faut présumer qu’il a son rôle à tenir dans nos efforts pour le comprendre. Sans son amour, sans son secours, l’homme est incapable de monter jusqu’à lui. L’homme est libre de chercher Dieu ou de l’ignorer. Seul celui qui s’efforce de se purifier lui-même reçoit l’assistance d’en haut (Abraham Heschel).

259 – L’espérance – Quelle est notre espérance ? Le monde ne peut être absurde. La personne ne peut être étouffée. Les morts ne peuvent pas perdre toute existence. L’histoire ne peut être sans fin… L’espérance rappelle à l’homme tout à la fois sa dignité et sa fragilité : l’homme n’est pas le centre de tout, il a à se recevoir d’un Autre… L’espérance nous redit que nous ne pouvons pas mettre la main sur Dieu… Il ne nous est pas permis de réduire Dieu à nos propres utilités… Dieu est à la recherche de l’homme. L’espérance de Dieu, c’est que le don qu’il offre à l’homme puise être accueilli… Dans le christianisme, l’aboutissement de l’espérance appartient à Dieu. Il n’est pas pour cette terre (Adolphe Gesché).

260 – La mission – L’Église n’a pas d’autre mission que de faire entrer les hommes dans la Trinité (Jean-Yves Leloup).

261 – Le théâtre – Chacun de nous est le théâtre et l’objet d’une lutte entre le bien et le mal (Cardinal martini).

262 – L’adaptation – Le Dieu d’Israël se laisse trouver, mais il se fait aussi chercher… L’approche de Dieu prend du temps, car les transformations nécessaires à notre adaptation au divin sont lentes (Ephraïm).

263 – La vocation – Dieu donne à tout homme la vocation de le rejoindre en sa sublimité par son incarnation. L’incarnation communique à notre humanité le mystère de Dieu (Gustave Martelet).

264 – Le besoin – On n’a pas besoin d’avoir la foi pour prier. Il faut prier pour avoir la foi (François Mauriac).

265 – La faculté – Il est consolant de savoir que quand bien même nos péchés seraient rouges comme l’écarlate, comme le sang, le Seigneur a la faculté de les oublier, ils peuvent devenir plus blancs que neige (Ephraïm).

266 – Le respect – Nous ne sommes pas pour Dieu un sujet de curiosité. Nous ne sommes pas pour Dieu un spectacle. Le regard de Dieu sur nous n’est pas celui d’un spectateur. L’œil était dans la tombe et regardait Caïn (Hugo). On déforme les petits enfants en leur disant que Dieu voit tout. Le regard qui viole, c’est affreux. Dieu n’est pas cela, à aucun degré. Il n’est pas le regard curieux, inquisiteur, le regard qui fouille, le regard qui juge, le regard qui blesse, le regard méprisant… Le regard de Dieu sur moi, c’est le regard qui me crée. Nous exercer à regarder Dieu avec un regard plein de respect en réponse à son regard de respect (François Varillon).

267 – Le savoir – Mon Dieu, donne-moi de savoir que nous sommes vus par toi dans l’amour (Nicolas de Cuse).

268 – L’exception – Mon Dieu, je sais que nous allons tous mourir, mais ne pouvez-vous pas faire une exception pour moi ? (Dans un roman d’Yves Navarre).

269 – Le commencement – Le simple désir de Dieu est déjà le commencement de la foi (Roger Schütz).

270 – Le soleil – L’hiver, la nuit… Cela change du tout au tout notre rapport avec le soleil, mais le soleil, lui, ne change pas. Quel que soit le froid, quelle que soit l’ombre qui s’abattent sur la terre, le soleil est également présent. Ainsi de l’âme dans son rapport avec Dieu (Gustave Thibon).

271 – La lune – L’homme sera peut-être un jour capable de cloner un être humain, mais finalement à quoi lui servira-t-il ? Quel est le sens d’une telle recherche ? Comme disait Malraux : « On va sur la lune ; si c’est pour s’y suicider, ça n’avance à rien ». Ce que Jésus formule autrement : « Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il en vient à perdre son âme ? (Mt 16,26) (            ).

272 – La dignité – Ce qui fascine en Dieu, c’est son humble présence. Il ne blesse jamais la dignité humaine. Tout geste autoritaire défigurerait sa face. L’impression que Dieu vient punir est un des plus grands obstacles à la foi (Roger Schütz).

273 – La contagion – Il n’a jamais été promis aux chrétiens qu’ils seraient toujours les plus nombreux (il leur était plutôt annoncé le contraire), ni qu’ils paraîtraient toujours les plus forts et que les hommes ne seraient jamais conquis par un autre idéal que le leur. Le christianisme n’aura d’existence réelle et ne sera contagieux que par la force de sa charité (Henri de Lubac).

274 – Les enfants – Dieu veut faire de nous ses enfants. Il ne veut pas nous laisser végéter dans la poussière comme l’herbe fanée, les feuilles d’automne, les détritus sur la route dont personne n’a besoin. Le Seigneur chérit chaque âme. Il veut l’élever vers le Royaume des cieux, dès ici-bas, dès cette vie (Alexandre Men).

275 – L’inattendu – Personne n’est inattendu chez Dieu (Dimitri Doudko).

276 – Marcher – Dieu, quand il se révèle, ne commence pas par nous donner de lui des définitions. Il commence par agir. Et si l’on veut trouver Dieu, si on veut le connaître un peu plus, il nous faut commencer par accepter de marcher avec lui. Quand l’heure sera venue, il nous dira son nom (Philippe Ferlay).

277 – La structure – « Pour toujours » ; n’est pas une emphase due à l’exaltation d’un moment, c’est la structure même de l’amour… C’est déjà chez Euripide qui fait dire à Hécube s’adressant à Ménélas : « Il n’aime pas, celui qui n’aime pas pour toujours » (Rémi Brague).

278 – Le refus – Refusant de connaître Dieu, insensible à sa révélation, notre société s’enflamme dans un monde clos, sans amour et sans espérance, elle risque d’y mourir étouffée (D’après Henri de Lubac).

279 – Le service – Tout comme on ne peut prétendre aimer Dieu si l’on n’aime pas son prochain, on ne peut prétendre servir Dieu sans servir son prochain. Et le premier service que l’on peut rendre à son prochain, c’est de lui faire connaître Dieu (Matthieu Grimpret).

280 – La frontière – La frontière de l’Église passe au cœur de chaque homme ; pour autant qu’il dit oui au bien et rejette le mal, il est déjà en route vers Dieu (Élisabeth de Miribel).

281 – La faim – Comment affamer de Dieu les hommes ? (Pierre Emmanuel).

282 – L’enfer – Le paradis n’est pas autre chose qu’aimer Dieu, et il n’y a pas d’autre enfer que de n’être pas avec Dieu (Julien Green).

283 – Le mendiant – La preuve ultime de l’amour, c’est de souffrir et de mourir pour ceux qu’on aime, donner sa vie pour ses frères, comme dit l’Évangile. Or Dieu, enfermé dans sa transcendance, ne pouvait nous donner cette preuve de son amour. Il « invente » donc l’anéantissement proprement impensable de la croix afin d’attirer à lui ceux qui le fuyaient dans leur désespoir et leur peur… Il n’est pas demandé d’abord à l’homme d’aimer Dieu, mais seulement de se rappeler que Dieu l’aime… Dieu est un mendiant qui attend patiemment à la porte de notre cœur que nous lui ouvrions dans une royale liberté. Alors le cœur de l’homme s’éveille, une vie plus vaste que la sienne grandit en lui (Olivier Clément).

284 – La communion – De même que Dieu n’a besoin de rien, de même l’homme a besoin de la communion de Dieu. Car la gloire de l’homme, c’est de persévérer dans le service de Dieu (Saint Irénée).

285 – Le paraître – Beaucoup paraissent être dans l’Église qui en vérité sont dehors, et beaucoup paraissent dehors qui en vérité sont dedans (Saint Augustin).

286 – La fascination – Je suis fasciné par l’expérience de gens qui ne croyaient pas en Dieu et qui l’ont découvert (Alain Madelin).

287 – L’horizon – Que de raisons de se passer de Dieu si on voulait ! C’est de ne pas croire qui est une mort et un manque de liberté. C’est de croire qui permet à l’homme d’avoir un autre horizon que celui de tourner en rond dans son existence. La foi possède les racines inaltérables de notre être (Dans cardinal Poupard).

288 – L’océan – Le peuple de Dieu couvre la terre entière. Je n’ai pas été jeté dans le monde par l’effet d’un hasard… et je devrais maintenant voir comment surnager dans cet océan. Une connaissance, une idée, un amour me précèdent. Cela constitue le fond même de mon existence (Cardinal Ratzinger).

289 – Le pas – Mon grand-père disait : « L’éternité, ça m’intéresse, ça me plaît. Mais ce qui va être dur, c’est de franchir le pas ». Ce que Jean Sulivan nommait : « Passer la ligne » (Marguerite Gentzbittel).

290 – Les fantasmes – Quand on croit en Dieu, on doit désirer de toutes ses forces que l’idée qu’on se fait de Dieu soit la plus juste possible, corresponde au plus près à la réalité et ne soit pas compromise par toutes les projections de nos fantasmes : il y a trop de gens qui se disent croyants et qui limitent Dieu à leurs besoins ; on pense à lui quand on en a besoin, quand on est dans le besoin ou le malheur… La foi a tout à gagner à être débarrassée de tout ce qui en elle n’est pas authentique (Adolphe Gesché).

291 – Le mouvement – L’homme demeure toujours un mystère pour lui-même. Il ne faut pas penser que nous puissions comprendre l’homme autrement qu’en le saisissant dans son mouvement vers la bienheureuse obscurité de Dieu. L’homme est un mystère, mais il n’est pas en lui-même la plénitude infinie du mystère qui l’atteint : il est référé à cette plénitude (Karl Rahner).

292 – Le progrès – Le Verbe s’est fait le dispensateur de la grâce du Père pour le profit des hommes, montrant Dieu aux hommes et présentant l’homme à Dieu, sauvegardant l’invisibilité du Père pour que l’homme n’en vînt pas à mépriser Dieu et qu’il eût toujours vers quoi progresser, et en même temps rendant Dieu visible aux hommes par de multiples dispositions de peur que, privé totalement de Dieu, l’homme ne perdît jusqu’à l’existence. Car la gloire de Dieu c’est l’homme vivant, et la vie de l’homme c’est la vision de Dieu (Saint Irénée).

293 – Les ennuis – (Lettre fictive de Bernanos à Martin Luther) Mon cher Martin, Tu as eu des ennuis avec les curés : comme je te comprends, car j’en ai moi aussi ! Mais ce n’est pas ainsi que tu aurais dû t’y prendre. Vois François d’Assise : il a sûrement bondi d’indignation devant les clercs huppés et frivoles de son temps, mais au lieu de les dénoncer, il s’est enfoncé dans la pauvreté comme dans un bain purifiant. Il n’a pas réformé, il s’est réformé lui-même. Et il a réussi à restaurer une Église qui tombait en ruines… (Bernanos dans André Manaranche).

294 – L’animal – Selon le christianisme, cet animal qu’est l’homme est essentiellement inachevé. Il est appelé à une transformation radicale, à une métamorphose. Nous sommes programmés pour cette transformation. Il s’agit d’une transformation qui le fait passer de l’ordre biologique et psychologique à l’autre ordre, qui est en avant de nous, l’ordre surnaturel dans lequel l’homme a accès à la vie de Dieu lui-même (Claude Tresmontant).

295 – Le retour – S’il est vrai que la matière est pour la vie, la vie pour l’esprit, l’esprit pour le Christ et le Christ pour Dieu, on peut dire que les structures de la matière et celles de la vie et celles des valeurs humaines n’ont qu’un sens : être des étapes du mouvement de retour à Dieu de tout ce que Dieu a fait (Jules Monchanin).

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