100.3 Les compagnons d’A.v.Speyr

 

100.3

Les compagnons

d’Adrienne von Speyr

 

296 – La liberté – Je suis persuadée que chaque être humain, à un moment de sa vie, aussi bref soit-il, reçoit la révélation de la transcendance. Dieu fait signe à tous. Dieu s’invite dans nos vies, comme dit Stan Rougier . L’homme ou la femme y répond ou n’y répond pas, dans sa pleine liberté (Roselyne Bachelot).

297 – Le coucher – « A quoi ça sert d’aller à la messe ? » demandait un garçon au Père Sesboüé. Il répondit : « A rien, absolument à rien. Mais cela ne sert à rien non plus d’embrasser tes parents le soir avant de te coucher (Bernard Sesboüé).

298 – Le pape – Qu’il soit croyant ou non, chacun s’imagine en savoir déjà assez du christianisme. C’est bien présomptueux. Qui peut se vanter de connaître à fond la Bible ? De saisir la portée de chaque article du credo ? De comprendre les dogmes et leur raison d’être ? D’avoir élucidé tous les mystères ? De ne plus rien avoir à découvrir des mœurs divines ? La catéchisme est toujours à refaire, à réapprendre ou du moins à compléter et à approfondir… Même le pape se fait prêcher le carême (Jean Duchesne).

299 – L’incompréhensible – Le Royaume de Dieu, c’est que Dieu a voulu se tourner vers l’homme avant même qu’il fût créé… dans l’intention incompréhensible et mystérieuse d’entrer en communion avec lui (Karl Barth).

300 – Le problème – Ce que je déplore un peu, ce sont les gens qui n’ont pas la foi. Il leur faut un courage fabuleux pour continuer à vivre sans croire en quelque chose ou en quelqu’un. Ils agissent selon leur conscience sans pouvoir invoquer un présence au-dessus d’eux… Quand je vois des gens qui ne croient plus en Dieu, je leur dis : « le problème n’est pas là« . Il est plus important de savoir s’il croit en vous que de savoir si vous croyez en lui (Robert Hossein).

301 – Le rôtisseur – Enfer chrétien, du feu. Enfer païen, du feu. Enfer mahométan, du feu. Enfer hindou, du feu. A en croire les religions, Dieu est né rôtisseur (Victor Hugo).

302 – La sollicitude – Voulez-vous savoir si Dieu est là ? Quand vous vous tournez vers lui, avez-vous la sollicitude du genre humain (Saint Augustin).

303 – Le social – L’homme peut trouver dans un combat social ou humanitaire des raisons de vivre. Mais ces engagements ne suffiront pas à répondre à la question du fondement dernier de toute existence humaine (Bertrand Révillion).

304 – Le silence – Demandez à votre Père du ciel tout ce que vous voulez et vous l’aurez… Et parfois et souvent les cieux se taisent. La Cananéenne demandait et demandait et le Seigneur faisait la sourde oreille. Pour finir, ce son les apôtres qui ont supplié pour elle, pour qu’elle les laisse en paix (Mt 15,21-28).

Pourquoi le silence de Dieu ? L’homme dans la souffrance tend les mains et il a l’impression que les cieux ne l’entendent pas. « Pourquoi m’as-tu abandonné ? » « Du fond de l’abîme je crie vers toi, Seigneur. Du fond de l’abîme, du fond du gouffre, mais les cieux se taisent. Pourquoi ? Pourquoi ne répondent-ils pas quand passent la maladie et la mort, quand règnent l’injustice et le mensonge ? « Voyez tout le mal qui se fait sur la terre, et votre Dieu n’entend pas, et votre Dieu ne répond pas ! »

Le silence du christ avec la Cananéenne nous donne à penser que ce silence n’est pas sans raison. Bien sûr , nous ne pouvons pas pénétrer les mystères de Dieu. Quand les gens s’éloignent de Dieu, se détournent de sa loi, que peuvent-ils récolter de bon ?… Il nous semble que le Christ n’est pas à nos côtés. Il nous aide invisiblement… Ne pensons pas que les cieux se taisent. Le regard de Dieu est fixé sur chaque âme, chaque destinée. Il nous attend. Il nous questionne. Il nous bénit et il nous sauve tous (Alexandre Men).

305 – Le combat – Jésus ne nous fait pas demander d’être délivrés du combat contre le mal, mais simplement de ne pas succomber à son emprise (Christian Chabanis).

306 – La nécessité – La foi ? Le chemin vers Dieu ? On ne va pas vers Dieu, c’est lui qui vient à nous. La foi ne m’a été donnée d’un coup. Il y a les souvenirs d’enfance, les drames de l’adolescence, la révolte, l’impossibilité de croire, la révolte… Et un jour un livre sur une table (un livre sur la foi, exactement celui qu’il fallait)…

Progressivement ce qui était plaqué s’intériorise, ce qui était superfluité devient nécessité. Dix ans pour se construire avec Dieu un rapport personnel, puis vingt ans pour approfondir et commencer à comprendre. Est-ce trop ? Pouvait-on faire plus vite ? Sincèrement, je ne le crois pas. De toute façon, ce n’est pas mon affaire (Pierre Chaunu).

307 – L’accomplissement – La foi s’occupe au fond du sort de l’homme. L’homme a besoin de savoir qu’il ne s’est pas fait lui-même (création). Il a besoin d’être révélé à lui-même (révélation). Il a besoin d’entrevoir que sa vie est arrimée à quelque chose qu’il ne sait pas encore (rédemption). L’homme est un être créé, révélé, sauvé. Un être en quête d’accomplissement (Adolphe Gesché).

308 – L’enfant – L’infini s’exprime dans les enfants plus librement qu’ailleurs. Comme ils sont des enfants, ils sont en prise directe avec Dieu… Ce n’est pas parce que l’on est un enfant que l’on ne porte pas l’infini en soi. On peut avoir trois ans et avoir tout compris de l’infini de la vie (Bertrand Vergely).

309 – La vie – Pâques commémore l’événement qui est la plus sublime affirmation de la vie. Pâques est le nom propre de l’espérance chrétienne. La résurrection est purement incroyable. Aucun homme n’est revenu de là-bas. Aucun, si ce n’est cet unique… Si Dieu est cet amour sans bornes qui a créé la vie, comment pourrais-je intellectuellement prétendre lui interdire la puissance de ressusciter les morts ? Je ne peux pas imaginer Dieu à la mesure de mon esprit fini. Qui accède à quelque chose de la lumière pascale sait que le meilleur de l’homme ne saurait demeurer au tombeau. Du moins il le désire (Guy Coq).

310 – Le pauvre bougre – Un des oncles de l’Abbé Laurentin, au terme d’une vie athée, se mit à entrer dans les églises pour y dire : « Mon Dieu, si vous existez, ayez pitié du pauvre bougre que je suis » (René Laurentin).

311 – Le malheur – Dieu a voulu un monde bon. Il est innocent du mal, mais pas indifférent à notre malheur (Jacques Loew).

312 – Le cœur – Le Christ est la plénitude de la révélation divine. Si vous ne pouvez pas l’admettre, je vous préviens tout de suite que je ne vais pas me lancer dans une controverse : la vérité du christianisme est si grande qu’elle ne se prouve pas, elle se découvre. Quand le christianisme se découvrira à vous, quand le Christ se mettra à parler à votre cœur, alors on n’aura pas besoin de vous prouver que rien ne peut remplacer la révélation chrétienne, tout est là : Dieu, le salut de l’homme, la voie du salut et la résurrection des morts. Le christianisme a englobé tout ce qui, d’une façon ou d’une autre, se trouve dispersé dans les autres religions, mais il a donné ce qu’elles n’avaient pas (Dimitri Doudko).

313 – Le bien – Qui a le cœur pur, demande Bonhoeffer ? C’est celui qui ne souille son cœur ni avec le mal qu’il commet ni avec le bien qu’il fait (François Varillon).

314 – Le tricot – Une chrétienne orthodoxe se plaignait un jour de ne pas savoir prier. Un évêque lui a dit : Eh bien, tricotez ! Asseyez-vous devant une icône du Christ et tricotez. Elle a ainsi appris à prier, simplement en se mettant en présence du Seigneur, en retrouvant une certaine intimité avec lui, d’une façon tout à fait naturelle. Si on aime vraiment le Seigneur, on fait tout en sa présence (Cyrille Argenti).

315 – Le voyage – La vie terrestre est un moment de la destinée totale de l’être humain, et cette destinée continue au-delà de ce que nous appelons la mort. Il y a tout un immense voyage spirituel vers ce Dieu dont l’Apocalypse nous dit qu’il essuiera toute larme de nos yeux (Olivier Clément).

316 – Le retour – L’histoire sainte n’est rien d’autre que l’histoire de l’humanité dans son retour sinueux vers Dieu (François Varillon).

317 – Le loto – « On ira tous au paradis ». Beaucoup se rassurent à bon compte… Triste ciel où on aboutirait sans le vouloir et même sans le savoir. Dieu loto suprême où tout le monde gagne, qui ne coûte pas cher et ne rapporte rien. Certes on peut devenir saint en quelques instants. A preuve le bon larron. Mais j’aurai toujours à choisir un Amour qui pardonne. Le purgatoire, c’est le creuset du parfait amour pour tous. On n’entre pas chez Dieu les mains dans les poches. A Moïse il est prescrit : Enlève tes sandales parce que le lieu où tu te trouves est une terre sainte. Si Dieu n’était que miséricorde, ce ne serait pas juste. Si Dieu n’était que justice, ce serait écrasant. Le purgatoire, c’est l’invention du mélange de la justice et de la miséricorde (Alain Bandelier).

318 – L’interrogation – La foi n’est pas évidente habituellement, elle peut le devenir. L’homme est un être de recherche. Mais même s’il va jusqu’aux limites de son âme, il n’y rencontre pas Dieu à visage découvert. L’homme est une « pièce en quête d’auteur », s’interrogeant sur son origine et sa destinée. C’est cette interrogation sur lui-même qui l’a conduit à écouter la voix qui lui venait d’en haut (Marcel Neusch).

319 – Le temps – Pourquoi prier ? Pour rien, tout simplement parce que Dieu est Dieu. J’exerce cette gratuité en coupant le courant de l’activité humaine et en offrant du temps, le temps qui est ce qu’il y a de plus foncier dans l’existence humaine (François Varillon).

320 – Les particules – Dieu : non seulement il existe, mais il nous entoure, il nous enveloppe et il nous traverse, comme nous les sommes sans cesse à notre insu par quantité de rayons et même de particules qui ne nous sont pas moins insaisissables (André Frossard).

321 – Les vieillards – En face de l’évangile, ce n’est pas d’être peu nombreux qui est grave, c’est d’être immobile ou de marcher comme des vieillards (Madeleine Delbrel).

322 – Le rock – Un chanteur de rock, mort à la fin de l’année 1991, un Anglais, disait : « La seule chose dont nous avons tous besoin, c’est une relation d’amour durable ». Pourtant aucune relation humaine ne peut nous combler. Et aucune non plus n’est durable pour toujours. Il nous manquera toujours quelque chose. La raison en est que nous avons été créés pour vivre en relation avec Dieu. Jésus a dit : « Je suis le chemin ». Lui seul peut nous introduire dans cette relation avec Dieu qui continue dans l’éternité. Une fois que nous avons fait l’expérience de cette relation avec Dieu, le sens et le but de notre vie deviendront clairs. Désormais nous comprenons pourquoi nous avons été créés (Nicky Gumble).

323 – L’orphelinLes sociologues qui analysent les comportements et les valeurs des Français depuis vingt ans constatent ceci : toutes leurs conditions d’existence se sont améliorées, et pourtant les Français sont de plus en plus frustrés et inquiets. Pourquoi ? Les réponses sont multiples peut-être. Mais il y en a une qui dit ceci : On commence à comprendre que l’une des racines de nos difficultés de vivre est l’oubli d’une des composantes essentielles de l’être humain : l’âme. Le déclin de la religion entraîne une souffrance psychique inédite. On vit très bien sans religion, mais on vit avec des difficultés nouvelles. L’individu se remet mal de la disparition du religieux. Il se retrouve orphelin, sans vraies références pour se construire. En refusant Dieu, l’athéisme contemporain compromet les chances de l’homme. Il s’interdit une certaine idée de l’homme qui le veut plus grand que sa condition mortelle. L’être humain n’est pas capable de tout résoudre par lui-même (Monique Hébrard).

324 – Babel – La tour de Babel. Un midrash célèbre explique ainsi le châtiment porté par Dieu contre les bâtisseurs de la tour : pendant la construction, un homme tombe un jour d’un échafaudage et se tue ; les constructeurs, obsédés par le désir d’achever rapidement le monument qui doit faire leur célébrité, prennent à peine garde à cette mort : ils se bornent à faire enlever le corps sans interrompre le travail. En revanche, quelques jours plus tard, un pan de mur s’écroule ; les entrepreneurs se lamentent, pensent aux heures de travail perdues, à leur prix de revient. Un pan de mur qui s’écroule compte beaucoup plus pour eux qu’un ouvrier qui se tue : c’est l’une des raisons pour lesquelles Dieu se décide à les punir (Robert Aron).

325 – La liberté – Avec la liberté que Dieu nous donne, nous pouvons nous décider même contre Dieu (Sœur Emmanuel à Medjugorje).

326 – Le consentement – Dieu veut nous accueillir avec amour, ce qui suppose que d’abord nous l’accueillions en consentant librement à ce qu’il veut (François Varillon).

327 – La mémoire – L’homme devant Dieu. Nous ne sommes pas orphelins dans la prison indéfinie du monde, Dieu est la source d’une vie plus forte que la mort. Le néant n’existe pas. Notre vérité d’homme, dès ici-bas, c’est la résurrection. Mission de l’Église : rendre aux hommes la mémoire de l’éternité (Olivier Clément).

328 – La question – Quand un enfant se sait aimé de Dieu, il ne se pose pas de question inutile (Patrice de la Tour du Pin).

329 – L’archange – Je suis créé pour faire ou pour être ce pour quoi nul autre que moi n’est créé. J’ai une place dans le dessein de Dieu, dans le monde de Dieu, qui n’est celle d’aucun autre. Riche ou pauvre, estimé ou méprisé des hommes, Dieu me connaît et m’appelle par mon nom. Dieu m’a créé pour lui rendre un service défini, il m’a confié une œuvre qu’il n’a confiée à aucun autre. De quelque manière, je suis nécessaire à Dieu pour ses desseins, aussi nécessaire à ma place qu’un archange à la sienne. J’ai une part à ce grand œuvre ; je suis un anneau de la chaîne, un lien d’union avec d’autres. Il ne m’a pas créé pour rien. C’est pourquoi je me confierai à lui quoi qu’il en soit ; où que j’aille, je ne serai jamais perdu, ni rejeté par Dieu (Newman).

330 – Les philosophes – Ils sont philosophes, les enfants. « Où étais-je quand je n’étais pas encore en vie ? » Que répondre ? Tu étais déjà dans la pensée de Dieu (Bernard Sesboüé).

331 – Le vide – Il y a des gens qui disent se passer très bien de l’idée de Dieu. Dieu n’existe pas. On n’y peut rien. Vivre du mieux qu’on peut. En attendant la mort, c’est-à-dire le néant. Il y en a aussi que l’absence de Dieu trouble : les satisfactions que je cherchais pour combler une vie, un vide, une nostalgie, ont réussi parfois, mais si peu , à masquer le malaise existentiel. Elles m’ont distrait mais ne peuvent plus le faire. Les douleurs, chagrins, échecs m’ont toujours semblé plus vrais que les rencontres ou le plaisir. J’ai toujours essayé de vivrejavascript:;, mais je suis toujours passé à côté de la vie. Je crois que c’est ce que ressentent la plupart des hommes (Ionesco).

332 – Les chemins – Jésus, Dieu incarné, Dieu fait homme, triomphe de la mort et nous ouvre par sa résurrection les chemins d’une vie mêlée d’éternité, dès maintenant et pour toujours (Olivier Clément).

333 – La fleur – La foi n’est pas une fleur plantée une fois pour toutes : il faut l’arroser, la cultiver (Christine Boutin).

334 – Le pardon – Aucune relation humaine, même l’amour et l’amitié, ne dure sans le pardon. Les êtres humains se cherchent à tâtons, se rencontrent et se blessent. Le pardon est nécessaire à tous les niveaux (Jean-Claude Barreau).

335 – Le branchementCroire, c’est se connecter avec Dieu. Dieu est tel qu’il ne peut être atteint que par la foi. La foi est un don de Dieu. Les incroyants utilisent la formule pour s’excuser de ne pas avoir la foi. Peut-être même, plus ou moins consciemment, pour accuser Dieu ne pas la leur avoir donnée… Par la foi, nous acceptons de nous brancher sur Dieu… Dieu ne nous demande rien. Il attend de nous que nous acceptions ce qu’il nous donne, ce qu’il veut nous donner : la vie éternelle (Rémi Brague).

336 – La mission – Le christianisme, selon la mission reçue de Jésus, veut faire de touts les nations des disciples, de telle sorte qu’il n’y ait plus qu’un seul peuple de Dieu et un seul Seigneur (Cardinal Lustiger).

337 – La nuit – Croire, c’est passer de la nuit à la certitude (Patrick Kéchichian).

338 – Les toilettes – Gandhi faisait le travail d’un intouchable en nettoyant les toilettes tous les jours (Jean Vanier).

339 – L’abandon – L’amour ne peut être un oui total que si une personne s’ouvre à l’autre dans l’abandon (Édith Stein).

340 – La victoire – La Bonne Nouvelle ? Celle de la victoire du Christ sur la mort (Timothy Radcliffe).

341 – L’amont et l’aval – L’Ecriture est la norme et la source de la foi. L’Ecriture du Nouveau Testament ne saurait être dissociée de son contexte : l’amont (la tradition vétérotestamentaire), l’aval (la lecture faire par la tradition patristique et toute l’Église). Mais « l’Écriture sans l’Esprit n’est rien » (Angelus Silesius et des auteurs récents).

342 – Les confidences – A mesure que les hommes approchent de leur fin, il leur en coûte moins de faire des confidences (Newman).

343 – Les éprouvés – Le prêtre doit être un homme de souffrance pour pouvoir aider ceux qui sont éprouvés (Mgr Georges Khodr).

344 – La leçon – Faire la leçon aux gens, c’est leur manquer de respect. Il ne faut jamais faire la leçon aux gens, sauf aux enfants bien sûr, mais là il s’agit de la pédagogie (François Varillon).

345 – Le pardon – Prière du Christ en croix : Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. Ce n’est pas un pardon que Jésus accorde, mais une prière adressée au Père. Cette parole résonne à travers les siècles. Jusqu’à la fin des temps elle est la parole de réconciliation suprême avec le Père, l’intercession filiale pour ce monde que Dieu a tant aimé (Jn 3,16). C’est le point culminant de l’offrande par Jésus de sa propre vie, qui implique et inclut cette demande que Dieu pardonne aux hommes.

Cette prière de Jésus sur la croix embrasse tous les temps et tout l’espace, du commencement jusqu’à la fin des temps. Nous sommes tous concernés par cette prière de pardon que le Christ adresse au Père, car nous sommes tous solidaires de ses bourreaux. Le moindre refus de Dieu nous rend solidaires de ceux qui l’ont crucifié. Le Christ ne déclare pas de lui-même : « Je vous pardonne », il se réfère à plus haut que lui : Mon Père est plus grand que moi. C’est au Père qu’il s’adresse avant la Passion : Je supplierai le Père et il enverra l’Esprit qui vous parlera de moi (Jn 14,16 ; 15,26). Au Golgotha, Jésus continue à supplier le Père de pardonner aux hommes. Ce pardon du Père descend sur le monde, car c’est le Père qui est blessé. Le Père n’est pas insensible devant la passion, la souffrance, la déchéance de l’humanité qui s’éloigne de lui à une vitesse infinie. Le Père souffre d’une blessure d’amour et le point culminant de sa souffrance, c’est la mort du Fils qu’il envoie dans le monde, ce monde qu’il « a tant aimé ». Le signe du pardon de Dieu sera, jusqu’à la fin des temps, le don de l’Esprit Saint (Boris Bobrinskoy).

346 – La soif – Dieu se donne aux hommes selon leur soif : à certains, qui ne peuvent boire davantage, il ne donne qu’une goutte, mais il aimerait donner des ondes entières afin que les chrétiens puissent à leur tout désaltérer le monde (dans Paul Evdokimov).

347 – Le leurre – La foi paraît chose étrange, difficile, insaisissable, quelquefois scandaleuse, voire ridicule à ceux qui se tiennent dehors. Et il arrive que la foi s’impose comme l’évidence, la seule évidence, la seule cohérence. Ce qui est absurde, ce n’est pas la foi, mais le monde sans la foi. Il y a une vérité unique pour tous ceux qui ont reçu de Dieu la certitude de la toute-puissante volonté salvatrice de Dieu qui s’est fait connaître sous les traits du Christ mort et ressuscité. Le contraire de la foi, c’est la volonté de l’homme d’être autonome, de ne dépendre de personnes au-dessus de lui, c’est le péché d’Adam, le péché d’origine. Mais l’autonomie est un leurre. Plus encore qu’une faute, elle est est une erreur. L’homme n’est pas un dieu dans le cosmos, il devient une conscience de plus en plus douloureuse de soi-même sous le regard absurde de la mort (Pierre Chaunu).

348 – Le pain – Un critique s’était gaussé de Claudel en lui disant qu’il avait retrouvé dans cette conversion « la jolie foi » de son enfance. Réponse de Claudel : Si l’incroyant qu’il était, poussé par la grâce de Dieu, se décide à faire le pas décisif, ce n’est pas parce que la foi est jolie (quel mot!), c’est parce qu’il ne peut pas plus s’en passer que de pain (Paul Claudel).

349 – Le secret – A l’injonction d’aimer Dieu, le chrétien répond essentiellement par l’acte de foi : Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre. Cette confession de foi représente pour l’homme un acte d’amour suprême envers Dieu, du moins si cette parole est prononcée comme une conversion à l’amour de Dieu ainsi qu’elle l’est dans la bouche d’un converti qui en a payé le prix existentiel. Une longue histoire de l’humanité à la recherche du secret de la vie et du bonheur s’achève dans cette parole. C’est dire à chaque fois qu’on veut persévérer dans l’alliance de vie avec Dieu. C’est une déclaration de foi, mais aussi d’amour de Dieu. Mais le terme amour, on le sent trop chargé de sentimentalité, et on préférera l’éviter. Dire de toute sa conscience éveillée : Je crois en Dieu, le Père, ça inclut bien l’amour (Antoine Vergote).

350 – Le désirSi tu as le simple désir de connaître Dieu, tu as déjà la foi (Saint Augustin).

351 – Le savoir – Si tu rencontres quelqu’un qui te dit : « Je sais que Dieu n’existe pas », ce n’est pas un athée, c’est un imbécile qui prend son incroyance pour un savoir (André Comte-Sponville dans Bertrand Vergely).

352 – Les doutes – Ce n’est pas notre foi qui crée Dieu, et ce ne sont pas nos doutes qui pourraient le rejeter dans le néant (Frère Roger).

353 – L’inattendu – L’exemple le plus frappant de l’inattendu de Dieu dans le Nouveau Testament, c’est ce qui se passe en Marie quand elle ne comprend pas que son Fils décide de rester dans le temple. Elle a tout imaginé sauf ce qui est arrivé, et ce qui arrive fait partie des manières d’agir de Dieu auxquelles on ne s’habitue jamais. Dieu qui est surprenant même pour Marie, la créature la plus préparée à le comprendre (Cardinal Martini).

354 – Les efforts – On ne peut pas réduire le Christ à n’être qu’un doux prophète qui répète indéfiniment et uniquement avec la bouche : « Aimez-vous les uns les autres ». Il y a des efforts à faire pour que la croix du Christ ne soit pas mise à l’ombre (François Varillon).

355 – La carcasse – Le plus grand tournant d’une vie (et il arrive aussi qu’on ne le prenne jamais), c’est l’instant où l’on se persuade enfin, malgré les protestations de la carcasse, que le pire n’est pas de mourir, mais de devenir infidèle à ce qu’on a connu de plus haut ; pour les chrétiens, c’est le Christ (Gilbert Cesbron).

356 – Les étoiles – Pour se manifester à l’homme sans violer sa liberté, Dieu doit se cacher, il doit se faire tout petit. Il ne peut donc se révéler que dans la nuit. Car si Dieu nous appelle à partager avec lui une vie éternelle d’amour, l’amour exige un choix libre de notre part. Et notre vie terrestre est ce lieu où nous exerçons ce choix. Nous devons donc y vivre dans la nuit de la foi, faisant confiance à Dieu que nous avons choisi pour nous conduire vers une éternité d’amour avec lui. Les petits signes qui nous guident sont comme les étoiles que nous ne pouvons voir que de nuit (Xavier Le Pichon).

357 – La convocation – Le dessein de Dieu est d’accomplir les hommes en les ouvrant à lui comme il s’ouvre d’abord à eux. Le Dieu de Jésus-Christ se dit capable de convoquer tous les hommes, de les appeler à ne faire qu’un cœur et qu’une âme, et de donner ainsi au plus infime d’entre nous la certitude d’être irremplaçable (Gustave Martelet).

358 – Le néantLa vérité des évangiles et des miracles me semble plus justifiée et plus naturelle que le néant de l’athéisme. J’ajoute que souscrire à cette vérité implique l’honnêteté d’aller jusqu’au bout de ses conséquences. Et donc s’imposent à moi la pratique religieuse et la morale évangélique : Faites ceci en mémoire de moi, Aimez-vous les uns les autres, Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. Cependant ces obligations me semblent bien légères et finalement susceptibles de contribuer à l’équilibre et au bonheur de ma vie comme à ceux de beaucoup d’autres (André Herzog).

359 – Le séjour – Tous, nous sommes des pèlerins. Celui-là est chrétien qui, jusque dans sa maison et dans sa patrie, se reconnaît n’être qu’un pèlerin… L’homme n’a sur terre qu’un bref permis de séjour (Saint Augustin et France Quéré).

360 – Les valises – Un Juif qui avait découvert la foi chrétienne et qui, à quatre-vingt ans, en était toujours ébloui : « Les portes du paradis m’ont été ouvertes par le baptême. J’écoute la musique du ciel qui résonne au dedans de moi. J’ai passé ma quatre-vingt-septième année. Alors, où vais-je maintenant ? Mes valises sont prêtes, elles sont prêtes depuis le premier jour où je suis devenu chrétien. Je me demande pourquoi je suis retenu sur cette terre. Mais je comprends que Dieu a sa propre raison pour cela. Je dis donc : Que ta volonté soit faite. Et avec cette parole vient la paix de l’âme que je n’échangerais pour rien au monde (Charles Rich).

361 – La naissance – « Maintenant et à l’heure de notre mort ». Celle qui a mis au monde notre Dieu, comment ne serait-elle pas alors à notre chevet pour nous enfanter à l’éternité. Mère de la vie, je te confie dès ce soir l’heure de ma naissance (Daniel-Ange).

362 – La résurrection – Le Nouveau Testament ne donne aucune description de l’événement de la résurrection. Il ne rapporte nulle part que quelqu’un ait observé le fait lui-même. Les modalités concrètes de la résurrection demeurent donc pour nous enveloppées de mystère. Acte unique et mystérieux de Dieu en faveur du Crucifié : Jésus de Nazareth, le Crucifié, a été, par l’action de Dieu, emporté avec son corps dans la gloire de Dieu, et il est vivant auprès de Dieu. La foi en la résurrection de Jésus se fonde sur le fait que le Ressuscité est apparu aux témoins choisis par Dieu, il s’est rendu visible à eux, il s’est manifesté à eux en des rencontres personnelles. Dans le concret des témoignages des rencontres des disciples avec le Ressuscité, l’Église primitive puise la certitude inébranlable de la résurrection du Seigneur Jésus et de sa présence permanente auprès de nous. Les récits des apparitions du Ressuscité sont nécessairement enveloppés d’un certain flou : le Seigneur ressuscité est proche de ses disciples et pourtant il se dérobe à eux. Les disciples sont confrontés au mystère de Dieu qui leur échappe même quand il se fait proche (La foi de l’Église, par les évêques allemands).

363 – Le besoin – Nous sommes convaincus que l’homme a besoin de connaître Dieu, nous sommes convaincus qu’en Jésus est apparue la vérité, et la vérité n’est pas la propriété de tel ou tel, elle doit être partagée, elle doit être connue (Joseph Ratzinger).

364 – La logique – L’ordre du monde plaide pour une intelligence très supérieure à la nôtre. Ou bien cette intelligence est dans le monde (c’est la nature), ou bien elle est en dehors, transcendante au monde. Si cette intelligence existe, elle seule peut nous dire quelque chose d’elle-même. La révélation est une exigence logique. La vérité s’est manifestée progressivement au cours de l’histoire. Cette expérience, c’est un peuple qui l’a faite, un peuple que Dieu s’est choisi, un peuple qui a reconnu en son sein la communication d’une Parole qui concerne le destin (le salut) de tous les hommes (Pierre Chaunu).

365 – L’assentiment – Jésus n’a pas réussi à entraîner l’assentiment de beaucoup. On peut toujours interpréter les hommes et les événements avec mauvaise foi. « Jean vient ne mangeant ni ne buvant, et vous dites : il est possédé. Vient le Fils de l’homme, mangeant et buvant, et vous dites : c’est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs » (André Manaranche).

366 – Job – Même si Job n’arrive pas à comprendre le comportement de Dieu face à sa propre souffrance, il a la conviction que Dieu est quelqu’un à qui on peut parler. Ou plutôt, il est le seul auquel on puisse parler à certains moments décisifs de sa vie parce que, dans les profondeurs insondables de son être, se cache une mystérieuse capacité d’écoute et d’intervention, dépassant toute attente et toute compréhension humaines. Job confesse ouvertement sa certitude que Dieu interviendra : « Je sais, moi, que mon Défenseur est vivant, que lui, le dernier, se lèvera sur la poussière » (Job 19,25). Tout à fait à la fin du livre, Dieu se présente comme le Dieu toujours imprévisible, indicible, sans appel, non comme une menace sur la vie de l’homme, mais plutôt au sens d’un amour qui a créé la vie et la recrée en permanence (Cardinal Martini).

367 – Le risque – La création, c’est un risque du Créateur, et comme une limitation de sa toute-puissance pour que l’autre ait l’espace de sa liberté… Dieu peut tout sauf contraindre l’homme à l’aimer (Olivier Clément et Paul Evdokimov).

368 – Les balivernes – Ce qui donne à ce monde sa cohérence illuminante, c’est la résurrection du Christ, à laquelle nous pouvons réellement ajouter foi, une foi fondée sur des témoignages d’une valeur historique déterminante, et une transmission attentive de génération en génération. Là encore, nous sommes libres de n’y voir que balivernes, car il n’y aura jamais de démonstration au sens logique du terme, mais lorsqu’on en a perçu la portée, il devient difficile d’en détacher les yeux (Dominique Laplane).

369 – Les perspectives – L’accès au savoir, la connaissance des réalités, cela n’est-il pas un droit inaliénable de toute personnes humaine ? Alors il y a tous ceux qu’on laisse crever (qu’on me pardonne l’expression) parce que personne n’a même essayé de leur suggérer ce qui les attend sur l’autre rive. Personne n’a préparé leur traversée, leur passage. Ils doivent l’affronter seuls, tout seuls, alors qu’ils pourraient partir en douce paix, en confiant leur âme au Père, après avoir remis leurs péchés en son cœur. On a le cœur déchiré en pensant à tant de gens qui subissent bêtement la mort. Quelle angoisse en moins s’ils savaient ! Mais il ne faut pas attendre qu’une personne soit malade, accidentée, âgée, pour lui ouvrir ces perspectives de lumière, lui communiquer des certitudes plus fortes que la souffrance et la mort. Le mystère le plus déroutant qui soit fait partie intégrante de cette annonce évangélique (Daniel-Ange).

370 – La vie – Qui est Dieu pour vous ? Qui pourrait répondre à une telle question ? Dieu, c’est l’explication suprême. Sans Dieu, notre monde, notre existence, sont absurdes. J’aime savoir que le monde n’est pas absurde, qu’il a un sens, qu’il va quelque part, vers Quelqu’un. J’aime la vie (Hélène Carrère d’Encausse).

371 – L’enfantement – Un Dieu qui rejoint l’homme dans la souffrance et dans la mort pour lui ouvrir des voies inattendues de résurrection, pour transformer les situations de désespoir en situations d’enfantement (Patriarche Athénagoras).

372 – La naïveté – Croire, c’est prendre la mesure réelle de la condition humaine. Et puisque l’homme doit affronter bien des vicissitudes jusqu’à l’épreuve de la mort, la question fondamentale qui se pose à lui est de savoir comme être heureux dans le malheur. Il est naïf et faux de parler du bonheur en ignorant la malheur. Pour se délivrer du malheur, l’homme doit être capable d’en comprendre la nature et de découvrir quelle en est l’origine (Cardinal Lustiger).

373 – Les piliers – Je vois trois piliers à la novation chrétienne. Le premier est l’affirmation qu’il y a en chaque homme du sacré. Ce qui implique le respect inconditionnel de l’autre. Le deuxième élément, c’est la liberté. L’homme est une créature libre capable de choisir entre le bien et le mal. Il y a une responsabilité individuelle, quelles que soient les circonstances atténuantes. Le troisième est la résurrection. La vie ne s’arrête pas à la mort. Elle change de forme. Je me refuse à admettre que la vie, avec toute la charge d’affectivité que l’on donne et que l’on reçoit, puisse être brusquement annihilée par la mort (Max Gallo).

374 – L’impuissance – Je crois en Dieu le Père tout-puissant. Si vraiment Dieu est amour (et c’est la pointe du message chrétien), il ne saurait être tout-puissant à la manière dont peuvent l’imaginer les païens : devant le refus, il ne peut rien. La toute-puissance du credo n’est acceptable que si elle est la toute-puissance de l’amour qui précisément, en certains cas, est réduit à l’impuissance. Les deux images les plus fortes du christianisme universel ne sont pas des images de puissance, ce sont des images de faiblesse : un enfant dans un berceau, un supplicié sur un gibet . Le nouveau-né n’est pas un fils de prince (Jean-Claude Barreau).

375 – Le fantôme – Jésus ressuscité n’est pas un fantôme, il demande à manger, il montre ses plaies et propose qu’on vienne les toucher. La résurrection, c’est la réponse de Dieu à toutes nos questions, ou plutôt à l’unique question qui habite le cœur de l’homme : d’où viennent l’affliction et les larmes ? En dernier ressort, de la mort. La réponse de Dieu, c’est la résurrection de Jésus (Cardinal Barbarin).

376 – L’erreur – Le mal, c’est une formidable erreur de destin et de parcours. Le mal est tel qu’il nécessite un « déplacement » de Dieu, une descente de Dieu sur la terre et dans les enfers. Il faut une rédemption parce que l’homme est fait pour la divinisation (Adolphe Gesché).

377 – L’enfer – Je me souviens d’une rencontre avec un grand mystique contemporain, le Père Sophrony, du Mont-Athos, qui, alors que je lui demandais ce qui se passerait si un être humain refusait d’ouvrir son cœur et d’accueillir cet amour qui lui est offert, me répondit : Soyez sûr que, tant qu’il y aura quelqu’un en enfer, le Christ y sera avec lui. Dieu reste à la porte de chaque cœur, même des cœurs qui restent fermés et, s’il le faut, il attendra toute l’éternité que ces cœurs s’ouvrent à lui (Olivier Clément).

378 – La bonté – Aussi radical que soit le mal, il n’est pas aussi profond que la bonté. Et si la religion, les religions ont un sens, c’est de libérer le fond de bonté des hommes, d’aller le chercher là où il est complètement enfoui (Paul Ricoeur).

379 – La foi – Une confiance en Dieu ne se communique pas à coups d’arguments. Au contraire, la foi est une confiance si simple que, par sa simplicité même, elle est rendue tout accessible. La foi n’est rien d’autre qu’une toute humble confiance en Dieu. Si elle devenait une prétention spirituelle, elle ne conduirait nulle part (Frère Roger).

380 – Le vague à l’âme – Dès lors que Dieu crée l’homme, l’homme a un sens. Il est sûr que des systèmes de pensée athée vont reposer la question du sens, car dès lors qu’on ne sait pas, qu’on ne sait plus que l’homme correspond à une volonté expresse de Dieu, la question du sens se pose. Qu’est-ce que je fais là ? D’où est-ce que je viens ? A quoi est-ce que je sers ? Ici l’homme biblique n’a pas un instant ce vague à l’âme qui fait douter du sens et pose l’absurde. Le sens humain est immense. Il se perd dans l’infini du vouloir divin (France Quéré).

381 – L’intérêt – Dieu est si discret qu’il ne nous oblige même pas à reconnaître qu’il existe. La seule question est de savoir si on a intérêt à l’ignorer (Paul Clavier).

382 – L’obstacle – Le croyant, c’est quelqu’un qui, dès ce monde, est conscient de l’autre monde, prend la vie dans toute sa dimension et ne s’arrête pas à la mort comme à un obstacle irrémédiable (Professeur Henri Baruk).

383 – La joie – Découvrir le dessein de Dieu sur soi et sur l’humanité entière. Et quel est le dessein de Dieu ? La joie de Dieu est offerte aux hommes (Cardinal Lustiger).

384 – Les messagères – La joie comme l’épreuve peut détourner de Dieu ou rapprocher de lui. Pour que l’une et l’autre soient messagères de liberté et d’amour, il faut les accueillir avec un cœur de pauvre (Ambroise-Marie Carré).

385 – L’école – Savoir s’arrêter pour écouter l’appel de Dieu. Ne pas se laisser entraîner par le flux de l’existence. Le travail ne doit pas devenir une fin en soi, l’activité humaine dégénérer en activisme. Notre courte vie est l’école de l’éternité. La religion n’est pas un secteur isolé de la vie. Tout aspect de la vie, tout problème, tout ce qui nous touche est directement lié au Très-Haut. Pour lui, pas de littérature profane : tous les bons livres : littéraires, scientifiques, décrivant la nature, la société, la connaissance et les passions humaines ne parlent que d’une chose : de l’Unique nécessaire. Il n’y a pas une vie en soi qui serait indépendante de la foi. Tout tourne autour du Centre principal (Alexandre Men).

386 – La signalisation – Si certains hommes n’arrivent jamais à nommer Jésus-Christ (à croire en lui), c’est que la signalisation ne leur a paru convaincante. Ils n’en demeurent pas moins menés vers l’unique Sauveur, même s’ils ne peuvent le confesser en toute clarté. Le Père saura bien sonder les reins et les cœurs (André Manaranche).

387 – L’éternitéNous devons absolument rejeter comme étranger au christianisme le sentiment de peur de la fin du monde. Il faut vivre comme si le jugement dernier allait advenir demain et œuvrer comme si nous avions l’éternité devant nous (Alexandre Men).

388 – La poignée de sable – Une poignée de sable dans la mer immense, voilà ce qu’est le péché de toute chair en comparaison de la miséricorde de Dieu (Isaac le syrien).

389 – Les horreurs – Affirmer ou nier Dieu n’est pas du même ordre que de constater que deux et deux font quatre. On ne peut pas plus prouver l’existence de Dieu que son inexistence. L’histoire pose des questions embarrassantes. Celle du peuple élu n’était-elle pas remplie d’atrocités ? Celle de l’Église riche en horreurs et en erreurs : de l’Inquisition au Syllabus en passant par la révocation de l’édit de Nantes ? Et puis l’histoire relativise tout… Traversées de doute, mes années de formation m’ont du moins libéré de tout complexe d’infériorité devant les esprits forts : croire en compagnie d’Augustin, de Descartes ou de Bergson n’était assurément pas ridicule, non plus que d’être chrétien avec des camarades qui ne paraissaient pas des esprits faibles (Marius-François Guyard).

390 – L’aveuLe premier aveu de la foi est de crier que Dieu est infiniment au-dessus de tout ce que l’homme peut penser de lui (Henri de Lubac).

391 – Se taire – Le christianisme fait beaucoup de mal en voulant expliquer le mal. Il s’est surtout fait beaucoup de mal. Il aurait gagné à se taire. On gagne toujours à se taire. Dieu se tait. Non pas parce qu’il est absent, mais parce qu’il n’utilise pas le mal pour parler. Il n’en a pas besoin. Il a d’autres voies (Bertrand Vergely).

392 – La graine – Avoir la foi, ce n’est pas prier de temps en temps, aller à l’église parfois, aider un peu les gens, invoquer les saints la veille d’un examen. La graine de la foi qu’il nous faut est tout autre. Cela veut dire mettre sa vie entre les mains de Dieu, jouer son existence sur le Dieu vivant. La foi, c’est la faculté de découvrir le sens chrétien de la vie (Cardinal Martini).

393 – Le fiasco – La manifestation du Christ en ce monde, c’est le passage d’un météore. Et il sembla qu’il n’y avait plus rien. La naissance de l’Église, c’est une naissance dans l’impasse, dans la désespérance, une naissance au moment d’une défaite complète, d’un fiasco (Alexandre Men).

394 – Dieu – Dieu ne nous donne pas ce que nous lui demandons, mais ce qu’il nous faut (Léon Bloy).

395 – Le bain – Je pense que les instituteurs anticléricaux du début du siècle baignaient dans un bain chrétien. J’étais à l’école primaire publique lorsque j’étais gamin : les instituteurs que j’ai eux n’étaient certainement pas catholiques. Il n’empêche que la morale qu’ils m’ont enseigné était la morale chrétienne, qu’on le veuille ou non. La civilisation occidentale est marquée par son origine chrétienne (Cardinal Lustiger).

396 – La lumière – L’athéisme militant est la tentative dramatique d’éteindre la lumière du Dieu vivant (Cardinal Koenig).

397 – L’escalade – La vie du chrétien n’est pas un simple parcours. Elle est toujours une escalade. L’ascension d’une montagne, tellement haute qu’elle semble infranchissable. La montagne où habite le Seigneur, où Dieu rencontre l’homme, où il se découvre à l’homme dans une révélation d’amour. Au sommet de la montagne : la croix. « Pourquoi m’as-tu abandonnée ? » Et puis Jésus ressuscité qui annonce : « La paix soit avec vous ». La croix, symbole des souffrances et symbole de la victoire sur la:mort, victoire de la vie éternelle (Alexandre Men).

398 – La récompense – Dieu ne cherche pas notre bonheur. Il ne cherche pas non plus notre malheur, d’ailleurs. Il cherche notre bien. Et notre bien, c’est Dieu lui-même. « Il est bon pour moi d’adhérer à Dieu » (Ps 72). La récompense de la foi, c’est encore plus de foi, de même que la récompense de l’amour n’est autre que davantage d’amour (Rémi Brague).

399 – La nostalgie – Dieu nous a remplis d’une nostalgie qui nous tourne vers lui. Tout homme, toute femme est, de quelque façon, nostalgique de Dieu. Ce sens religieux, qui est présent en tous, s’il est absent en quelqu’un, c’est qu’il a été détruit, par les autres ou par la personne elle-même. Dieu nous invite à partager sa vie (Cardinal Danneels).

400 – La vie – Dieu : tout le monde a l’air de savoir assez bien, en somme, qui il est, que ce soit pour l’affirmer ou que ce soit pour le nier. Mais comment sait-on ici ce qu’on prétend si bien savoir ? Que met-on exactement sous le mot qu’on emploi dans ce cas ? « Dieu » est le plus beau mot des hommes. Mais il n’a de sens qu’en lien étroit avec un autre mot, qui est un autre très beau mot des hommes, le mot « vie ». Le mot « Dieu » ne va pas sans le mot « vie ». Dieu est le Dieu vivant, le Dieu de la vie. Un Dieu vrai, un Dieu solide. Dieu n’est Dieu pour nous et reconnu comme Dieu par nous que lorsqu’il est reconnu comme Vie de notre vie, que lorsque nous reconnaissons que notre vie est fondée et comme enracinée en lui. Dieu, c’est le nom de Quelqu’un. C’est pourquoi on peut s’adresser à lui, c’est pourquoi on peut le prier (Joseph Doré).

401 – La soif – Il y a des gens qui meurent désespérément de soif faute d’avoir trouvé le vrai sens de la vie : connaître Dieu, l’aimer et le servir (Judith Cabaud).

402 – Le mal – Ce qui plaide en faveur de la révélation chrétienne, c’est qu’elle enseigne que le Christ a vaincu la mort, mais en souffrant, en connaissant le mal dont nous souffrons nous-mêmes, pour l’avoir enduré dans sa chair. Or le Christ est Dieu, Dieu présent parmi nous, au sein de ce monde mauvais, venu pour nous en libérer. Si Dieu envoie son Fils pour sauver le monde du mal, cela suppose que le mal n’est pas rien. Dieu se trouve affronté au mal. Si le péché avait été chose banale, Dieu aurait pu d’un simple mot le pardonner à l’homme (Roger Arnaldez).

403 – La folie – Le christianisme me paraît porté par le refus fondamental de consentir à la mort. Ce désir simplement humain d’éternité, comme refus de la mort, est la disposition affective nécessaire pour accéder à quelque intelligence de la résurrection, cette folie de la foi. Le nom chrétien de l’espérance est la résurrection, cette pointe du défi chrétien à la raison humaine. Mais si Dieu est, s’il aime, qu’est-ce qui peut l’empêcher d’appeler sa créature dans une éternelle et heureuse proximité avec Lui-même ? Si Dieu veut cette résurrection en posant devant nous le Ressuscité, il dévoile à l’homme quelque chose de lui-même, qui dépasse ce que peut atteindre de lui notre raison (Guy Coq).

404 – L’homme – Un homme tout simple peut avoir une très grande connaissance de Dieu. Une connaissance plus grande des données scientifiques et historiques qui sont à notre disposition ne rend pas l’homme nécessairement plus capable d’arriver à une vraie connaissance de Dieu (Joseph Ratzinger).

405 – Le toupet – Les gens qui prétendent ne rien imposer aux enfants m’amusent : ils devraient d’abord penser que nous leur avons imposé la vie! Sans leur en avoir demandé la permission ! A partir du moment où on a eu le toupet d’accomplir une chose aussi grave, on est en droit de penser que l’on peut aussi avoir le toupet de proposer tout ce qui donne pour soi du prix à la vie (Marie-Madeleine Martinie).

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