100 A. Les compagnons d’A.v.Speyr

 

100 A

Les compagnons

d’Adrienne von Speyr

 

 

Compagnes et compagnons d’Adrienne von Speyr : qui sont-ils ?

Des compagnons dans la foi, dans la recherche de Dieu et dans sa découverte, des gens d’hier et d’aujourd’hui, des gens ordinaires et des saints.

Des compagnons qui, en marge de chacune des pages d’Adrienne von Speyr, notent leurs propres réflexions.

Dans quel ordre ? Avec l’ordre rationnel propre aux Écritures, leur savant désordre et le hasard de Dieu.

Des notes à n’en plus finir.

On peut du moins commencer.

 

*  *  *  *  *  *  *

 

1 – Récréation - Dans la cour de récréation, au sortir de la chapelle, un enfant se moquait du sermon qu’il venait de subir. Pauvre sermon comme tant d’autres. Voulant dire quelque chose de Dieu, le prédicateur avait abreuvé son jeune auditoire d’un flot mêlé de formules abstraites et dévotes, produisant sur ceux dont l’esprit ne s’était pas assoupi l’effet le plus ridicule.

Le surveillant, qui était un homme de Dieu, appela le moqueur et, plutôt que de le rabrouer, lui demanda doucement : « Avez-vous jamais songé qu’il n’y a rien de plus difficile que de parler d’un tel sujet ? »

L’enfant n’était point sot. Il réfléchit et cet incident fut pour lui comme la première prise de conscience du mystère, du double mystère de l’homme et de Dieu (Henri de Lubac).

Parler de Dieu est aussi dangereux que nécessaire. Si, pour parler de Dieu, vous attendez que vous ayez trouvé des paroles dignes de lui, vous n’en parlerez jamais (Bossuet?).

2 – Prière - Mon Dieu, fais que je voie ce que tu veux, fais que je veuille ce que tu veux, fais que je fasse ce que tu veux (Marthe Robin).

3 – La vie – Je traverse la vie en persuadant aux autres, autant que je le peux, d’adorer le Père et le Fils et l’Esprit Saint, l’unique divinité et puissance (Saint Grégoire de Nazianze).

4 - Le grief – Le mal le plus subtil qui menace le christianisme, c’est la familiarité avec Dieu, sa réduction à l’état « humain » qu’entraîne la pratique quotidienne de l’Incarnation. Nos frères et cousins en transcendance, juifs et musulmans, nous en font habituellement le grief, non sans raison (Pierre Chaunu).

5 – La morsure – Personne n’est à l’abri de la morsure de l’athéisme et de l’indifférence. Pour assumer vraiment sa foi et être en mesure d’assumer réellement la responsabilité d’en témoigner, le chrétien a besoin d’en éprouver la solidité de l’intérieur (Marcel Neusch).

6 - L’aveugle – André Frossard découvre brusquement la foi chrétienne pour être entré par hasard dans une chapelle de Paris où il y avait adoration du Saint-Sacrement. Alors ceux à qui il raconte son aventure lui posent la question : « Qu’est-ce cela vous apporte de croire ? » Réponse en forme de question : « Qu’y a-t-il de changé dans l’aveugle guéri ? Qu’est-ce que la musique apporte au sourd qui recouvre l’ouïe ? » (André Frossard).

7 – La charge – La charge de l’Église pèse sur chaque chrétien. Quelle est cette charge ? Évangéliser. – Évangéliser, c’est faire connaître aux hommes ce pour quoi ils sont faits, mais qui leur est, aussi, radicalement inaccessible par leurs seules lumières (Le concile en 75 questions).

8 – La sollicitude – Voulez-vous savoir si Dieu est là ? Quand vous vous tournez vers lui, avez-vous la sollicitude du genre humain ? (Saint Augustin).

9 – La dette – Les chrétiens ont une dette envers l’humanité : propager le seul bonheur absolu, celui qui grandit tous les autres bonheurs en les faisant relatifs : Dieu (Madeleine Delbrel).

10 – Les choses – Il y a deux choses en nous : notre appartenance écrasante au monde des choses et notre certitude irréductible d’être autre chose – en Dieu (Olivier Clément).

11 – La lumière – Me laisser porter par la grâce vers la lumière de Dieu (Jean Daniélou).

12 – Les comédiens – Le propre de l’Église est d’être ce qu’elle est par la grâce de Dieu. Elle est née du sang du Christ et elle est composée des pécheurs que nous sommes… L’Église n’a pas à vouloir se proposer comme signe. Quand l’Église veut se rendre elle-même signe, elle devient comédienne. C’est Dieu qui se sert de cette Église telle qu’elle est, y compris dans ses limites, pour en faire un signe. Et la tentation de l’Église-spectacle est tout aussi forte que celle de la politique-spectacle. C’est toujours malgré soi et sans le savoir que l’on devient signe de Dieu ! Dieu n’a pas besoin de comédiens pour se faire jouer ni de publicitaires pour se faire connaître. Dieu veut des saints. Il les choisit chez les pauvres et les humbles. Mais c’est lui qui les désigne. Et eux ne le savent pas (Cardinal Lustiger).

13 – Le cardinal – Quand le Père Daniélou a été fait cardinal par le pape Paul VI, le pape lui a dit : « Si je vous ai fait cardinal, c’est pour souffrir avec moi. Nous devons souffrir pour l’Église qui traverse des moments si terribles (Paul VI).

14 – L’Esprit – L’Esprit ne viendra à nous que si nous sommes pauvres et faibles… Je crois en toi, je crois en ton Esprit. Je crois que tu es prêt à agir en ce moment même (Jean Vanier).

15 – Les gens ordinaires – Il y a des gens qui font un travail ordinaire… Des gens qui ont des maladies ordinaires, des deuils ordinaires. Des gens qui ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires. Ce sont des gens de la vie ordinaire. Les gens que l’on rencontre dans n’importe quelle rue. Nous croyons de toutes nos forces que ce monde où Dieu nous a mis est pour nous le lieu de notre sainteté. Nous croyons que rien de nécessaire ne nous y manque ; car si ce nécessaire nous manquait, Dieu nous l’aurait déjà donné (Madeleine Delbrel).

16 – Le vide – La grâce (c’est-à-dire l’Esprit Saint) ne peut entrer que là où il y a un vide pour la recevoir , et c’est elle qui fait ce vide (Simone Weil).

17 – Les efforts – Si Dieu est vivant, il nous faut présumer qu’il a son rôle à tenir dans nos efforts pour le comprendre… Sans son secours, l’homme est incapable de monter jusqu’à lui… Mais seul celui qui s’efforce de se purifier lui-même reçoit l’assistance d’en-haut (Abraham Heschel).

18 – La joie – Nous sommes tous nés pour la joie. Et nous sommes faits pour entendre un jour le Seigneur nous dire : « Entre dans la joie de ton Maître » (Cardinal Etchegaray).

19 – Le sourire – Pâques, c’est la fête de la résurrection du Christ. La Toussaint, c’est la fête de notre propre résurrection, c’est la fête de la résurrection de tous nos proches, partis avant nous découvrir le sourire du Père… Certes nous ressusciterons, nous nous reverrons tous et nous raconterons joyeusement tout ce qui s’est passé (Dostoïevski).

20 – La route – La route de l’homme est cernée par Dieu. Quelle illusion de s’imaginer libre parce que la route est longue, parce que le paysage est vaste, parce que Dieu se cache dans l’invisible ou dans le lointain… L’homme n’est pas libre de se soustraire à Dieu (André Neher).

21 – S’ouvrir – Comment s’ouvre-t-on vraiment à l’Esprit, au Christ ? La réponse des chrétiens est simple : au moyen de la prière (Thomas Spidlik).

22 – Le Royaume – Jésus a prêché le Royaume. Ses disciples ont prêché Jésus-Christ. Pourquoi ? Parce que Jésus-Christ est le Royaume de Dieu en personne (Bernard Sesboüé).

23 – La Trinité – L’Ancien Testament proclamait manifestement le Père, et plus obscurément le Fils ; le Nouveau Testament a manifesté le Fils, et il a fait entrevoir la divinité de l’Esprit Saint ; maintenant l’Esprit a droit de cité parmi nous et il nous accorde une vison plus claire de lui-même (Saint Grégoire de Nazianze).

24 – Étonnant – Dieu, c’est quelqu’un avec qui on peut entrer en relation comme de personne à personne. Les chrétiens possèdent le secret dernier des choses. Étonnant qu’ils n’en soient pas plus conscients (Jean Daniélou).

25 – L’illusion – Si Dieu n’est pas la vie de ta vie, ce n’est qu’une illusion (Maurice Zundel).

26 – L’idole – Dieu ne peut être rendu par des mots, par des gestes. Il ne peut jamais être totalement rendu sur des lèvres humaines. Et tenter de le fixer, c’est en faire une idole, c’est le trahir et le perdre (Pierre Chaunu).

27 – Moquerie – Quand les cardinaux ont élu celui qui allait devenir Jean XXIII, ils ont intronisé un vieux souverain. Ils l’avaient fait exprès. « Il va bientôt mourir, il ne fera rien entre temps », se disaient-ils. Le Saint Esprit s’est royalement, divinement, moqué d’eux (Gilbert Cesbron).

28 – Paresse – Il faut que la foi s’avance, non pas paresseuse, mais s’accompagnant d’un effort de recherche (Clément d’Alexandrie).

29 – L’alouette – Pourquoi le chant de l’alouette dans les blés, le crissement des insectes dans la nuit, le bourdonnement des abeilles dans le thym, nourriraient-ils notre silence et non pas les pas des foules dans la rue, les voix des femmes au marché, les cris des hommes au travail, le rire des enfants au jardin, les chansons qui sortent des bars ? Tout est bruit des créatures qui s’avancent vers leur destin. tout est écho de la maison de Dieu en ordre ou en désordre. Tout est signal de la Vie à la rencontre de notre vie (Madeleine Delbrel).

30 – Le candidat – L’homme est candidat à l’infini, à l’infinité de l’être, à l’infinité de la vie. Et il appartient à la nature de l’être humain d’espérer par-delà la mort. L’aventure d’éternité consiste dans le partage de la vie de Dieu. L’éternité, c’est Dieu, et c’est cela qui est promis en partage à l’homme. Par la création, Dieu nous a convoqués dans l’être ; par l’éternité, il nous convoque pour être avec lui. L’éternité, c’est Dieu qui poursuit « tout simplement » la logique de sa création (Adolphe Gesché).

31 – Les moments – Il existe des moments où Dieu est proche et où l’homme peut le trouver, tandis qu’à d’autres moments il demeure lointain et caché. Prier, ce n’est pas seulement chercher de l’aide, c’est aussi le rechercher, Lui (Abraham Heschel).

32 – Les visages – Dieu est un appel secret, non une évidence extérieure. De lui vient la lumière des visages qui, d’une certaine façon, ne sont pas faits de main d’homme (Olivier Clément).

33 – La colère – On projette souvent sur Dieu notre piètre idée de la bonté : il devrait être un grand bienfaiteur qui offre à l’homme tout ce qu’il désire, réglant les choses à sa place et le dispensant de toute peine et de toute souffrance. Un Dieu qui offre la maison, l’argent, le travail, la santé, etc… Il faudrait lire la Bible avec sérieux et attention… Il y a la liberté de l’homme de recevoir ou de refuser Dieu… L’amour de Dieu n’exclut pas la colère, une colère qui exprime la douleur de Dieu à l’égard du péché que commet l’homme en s’éloignant de lui,… une colère qui tend toujours à tout retrouver dans l’amour (Cardinal Martini).

34 – La passion – Jeanne Bourin a retrouvé Dieu à 40 ans. Elle écrit ceci : « Mon père, que j’aimais beaucoup, était hélas athée, avec une sorte de volonté crispée à se prouver que Dieu n’existait pas. Ma mère avait la foi du charbonnier, mais elle était tyrannique et violente, si bien qu’en philosophie j’ai abandonné tout rapport avec la foi. La mariage n’a rien changé. – Petit à petit, à travers des lectures, je me suis reposée des questions, et une nuit j’ai fait un rêve. J’étais assise près d’un mort et il avait mis sa main sur la mienne. Ma main était froide et la sienne était chaude. Je me suis réveillée en disant : Dieu existe. Je suis allée voir un prêtre et j’ai fait ce qu’il m’a dit avec un enthousiasme incroyable : prières, lectures, confession, communion. Entre Dieu et moi, il y a eu une espèce de passion… qui dure (Jeanne Bourin).

35 – La liberté – Dieu court ce risque suprême d’une liberté capable de le mettre lui-même en échec, de l’obliger à descendre dans la mort. Il se laisse librement assassiner pour offrir aux assassins le pardon et la résurrection. Sa toute-puissance, c’est de faire place à la liberté humaine. Dieu lui-même garantit la liberté de doute afin de ne pas violer les consciences (Paul Evdokimov).

36 – Le désaccord – Je vous supplie de demander à Dieu, non la lumière ou toute autre chose, mais de m’empêcher d’être désaccordée à ce qu’il est ou à ce qu’il veut faire (Madeleine Delbrel).

37 – Cosmonautes – C’est à l’époque où les premiers cosmonautes russes sont revenus de leur expédition en disant que Dieu n’existait pas puisqu’ils ne l’avaient pas rencontré là-haut… A l’école, une institutrice, pour démontrer que Dieu n’existe pas, avait rapporté ce témoignage des cosmonautes. A quoi un garçon de six ans a répondu : « C’est qu’ils volaient trop bas » (Dimitri Doudko).

38 – Le sourire – Un groupe important de professeurs des USA avait été voir Mère Teresa dans sa maison de Calcutta. Avant de partir, ils lui ont posé la question : « Dites-nous quelque chose qui puisse nous aider dans la vie, qui nous incite à devenir meilleurs ». Elle a répondu : « Souriez-vous mutuellement. Il me semble que maintenant nous n’avons même plus le temps de sourire ». Sur quoi l’un des professeurs s’exclama : « Mère Teresa, on voit bien que vous n’êtes pas mariée ». – Mais si, répondit-elle, et je vous assure que j’ai quelquefois du mal à sourire à jésus parce qu’il exige beaucoup de moi (Mère Teresa).

39 – Le refoulement – Qu’est-ce que c’est être sauvé ? Unir sa vie éphémère, temporelle, limitée, à l’immortalité et à Dieu. La soif de cette communion vit en nous, en chaque homme. Elle est cachée, latente. Nous pouvons la refouler dans un coin, au plus profond de nous-mêmes, elle n’en existe pas moins en chaque homme (Alexandre Men).

40 – La petite tête – Dieu est amoureux des hommes. Écoute ce qu’il dit par son prophète : « Crie de joie, Israël, ris de tout ton cœur. Le Seigneur est au milieu de toi, il danse et crie de joie à cause de toi » (Sophonie). Je sais qu’il nous aime, mais je ne peux pas savoir comment un Dieu comme notre Dieu nous aime, nous, sa création. Parce que je ne sais pas qui est Dieu, je ne peux pas le faire entrer dans ma petite tête (Bruno Chenu).

41 – Le prestige – Toute l’histoire de la révélation est la conversion progressive d’un Dieu envisagé comme puissance à un Dieu adoré comme amour. Dieu n’est qu’amour. Aimer quelqu’un, c’est lui dire : « Tu es tout pour moi ; hors de toi, je suis pauvre. Ma richesse est en toi ». Si un enfant est malade, la maman ne vit plus, tellement elle est inquiète, tellement elle dépend de son enfant. – Dieu est le plus dépendant de tous les êtres. Nous cherchons Dieu dans la lune alors qu’il est en train de nous laver les pieds. Dieu est certes plus grand que nous, mais surtout en amour et en humilité. Il n’a aucun besoin de prestige. Nous, nous sommes forts en dominant ; Dieu, lui, est fort en se faisant serviteur (François Varillon).

42 – Le visiteur – Quand Jésus ressuscité se manifeste à ses disciples, il ne reprend pas la vie commune avec eux. C’est en visiteur de l’au-delà qu’il se manifeste et leur fait signe. Désormais ses disciples auront à le connaître non plus selon la chair, mais selon l’Esprit, c’est-à-dire tel qu’il est devenu dans l’éternité de Dieu (René Laurentin).

43 – L’imprévisible – Le riche (le mauvais riche) est plus difficilement ouvert à l’imprévisible de Dieu. On peut être aussi un mauvais pauvre, et tout aussi peu ouvert à l’imprévu de la grâce. On peut tout acheter avec de l’argent, sauf une survie. Et le milliardaire meurt comme le clochard (André Manaranche).

44 – La honte – Le temps viendra où les gens auront du mal à comprendre comment il a pu exister à une certaine époque des hommes qui, loin de tenir l’idée de Dieu pour la conception humaine la plus élevée, en ont eu honte, et ont considéré le développement de l’athéisme comme un signe du progrès de la pensée humaine vers son émancipation (Abraham Heschel).

45 – Maturation – L’homme a besoin du quart de sa vie pour parvenir à la maturité. De tous les animaux, le petit d’homme est celui qui s’éduque le plus lentement. Cette très lente maturation est le signe que l’homme est placé en ce monde pour une croissance spirituelle à bien plus long terme, au-delà de la vie et de la mort… Cette lente croissance prépare la beauté d’une rencontre dont n’avons pas idée (Philippe Ferlay).

46 – Souffrance – Si les gens savaient que Dieu souffre avec nous et beaucoup plus que nous de tout le mal qui ravage la terre, bien des choses changeraient sans doute et bien des âmes seraient libérées (Jacques Maritain).

47 – Vivre – On peut se dresser contre Dieu, on ne peut vivre sans lui (Elie Wiesel).

48 – La misère – Manquer Dieu est pour l’homme plus que toutes les misères réunies (Madeleine Delbrel).

49 – Destinée - Dieu n’est pas tant offensé par ce qui serait une atteinte à ses droits que par ce qui est une atteinte à notre destinée (Adolphe Gesché).

50 – L’animal – L’homme est un animal, réellement, qui a sa place au sommet de la série des espèces vivantes… C’est le cerveau le plus compliqué qui existe sur notre planète. Mais cet animal est appelé à une transformation ultérieure qui fera de lui un être capable de prendre part personnellement à l’éternité de Dieu (Claude Tresmontant).

51 – La mesure – Le Père lui-même, tout incommensurable qu’il soit, est mesuré par le Fils : le Fils est en effet la mesure du Père, puisqu’il le comprend (Saint Irénée).

52 – La vie – Le vendredi saint, Jésus avait manifestement échoué, et toutes les grandes espérances précédentes apparaissaient comme une grande erreur. A Pâques, les apôtres découvrent que Jésus n’était pas parti dans la mort mais dans la vie. Dieu lui a donné raison (Benoît XVI).

53 – La joie – La joie mauvaise de Satan (Origène).

54 – La grâce – Devenir par grâce ce que Dieu est : amour, joie, paix, bienveillance et bonté (Macaire l’Égyptien).

55 – L’expérience – L’Église primitive a réellement existé et le Nouveau Testament contient l’essentiel de son expérience de Jésus-Christ et de sa foi en Jésus-Christ (Jean-Louis Ska).

56 – L’Esprit – Il faudrait dire chaque matin : Mon Dieu, envoyez-moi votre Esprit qui me fasse connaître ce que je suis et ce que vous êtes (Saint Jean-Marie Vianney).

57 – Libération – Faire sortir du plus profond de notre être blessures, souffrances, trahisons : cela peut être vraiment libérateur (Cardinal Barbarin).

58 – L’énigme – La vie est une énigme, et nous y sommes plongés sans l’avoir demandé. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Pourquoi le mal ? La vie a-t-elle un sens ? Qu’y a-t-il après la mort ? Ces questions sont autant d’inconnues (Jean-François Gosselin).

59 – L’outil – La foi n’est pas un outil que l’on sort de son tiroir seulement lorsque le contexte nous y invite. C’est bien plutôt un état de veille, où l’on garde conscience de rester sous le regard de Dieu, toujours disponible (Jean Duchesne).

60 - La honte – Au ciel, personne n’aura honte… Il n’y aura que douceur, amour et humilité (Starets Silouane).

61 – L’oubli – Une société où l’homme a oublié qu’il a une âme (François Cheng).

62 – Adaptation - L’Esprit Saint nous adapte à Dieu (Saint Irénée).

63 – Enseigner - J’ai l’habitude d’enseigner, c’est-à-dire de communiquer le mieux possible ce que je sais, dans le domaine qui est le mien (Jacqueline de Romilly).

64 – Agacement - Je suis toujours un peu agacée par quelqu’un qui sait tout, dit Annabelle (Gustave Thibon).

65 – Au-delà – La Torah n’est pas donnée seulement pour être lue, mais aussi pour donner naissance à des commentaires, à des interprétations, pour engendrer d’autres livres, exprimant un « au-delà du verset »… L’herméneutique juive s’appuie sur cette conviction qu’il y a toujours à dire, toujours à connaître, toujours à découvrir de nouveaux chemins du Savoir (Philippe Haddad).

66 – Marie - Marie est déjà tout entière dans le royaume et elle nous aide à passer sur l’autre rive (Olivier Clément).

67 – Présence – A Moïse, Dieu s’était révélé dans les tonnerres et l’ouragan de feu. A Elie, accablé mais creusé jusqu’au fond du cœur par l’épreuve de la foi persévérante,… à Elie, c’est quand est passé tout cela – les tonnerres et l’ouragan de feu -, c’est quand tout cela est passé, que dans un léger, indicible murmure la présence de Dieu, plus exactement son passage, se révèle, et c’est alors que le prophète se prosterne et adore (Louis Bouyer).

68 – Recherche - Autant que j’ai pu, autant que tu m’en as donné le pouvoir, je t’ai cherché ; j’ai désiré voir par l’intelligence ce que je croyais, j’ai beaucoup étudié et beaucoup peiné. Seigneur mon Dieu, mon unique espérance, exauce-moi de peur que, par lassitude, je ne veuille plus te chercher, mais fais que toujours je cherche ardemment ta face (Saint Augustin).

69 – L’horizon – L’acte d’incrédulité, on peut le regarder comme un acte de foi à l’envers. Mais c’est une croyance qui s’arrête à notre court horizon (Vadeboncoeur).

70 – Le pouvoir – Jésus nous dit de ne pas désirer la première place, de ne pas rechercher le pouvoir, même pour faire le bien, mais de chercher la dernière place (Jean Vanier).

71 – Semence - La semence du Père de toutes choses, c’est-à-dire l’Esprit de Dieu (Saint Irénée).

72 – Les sauveurs – Les enfants avortés : ce sont eux qui accueilleront leurs parents au ciel. Ces enfants sont les sauveurs de leurs parents (Marthe Robin).

73 – Minorités – A chaque génération, l’Esprit Saint veille à ce qu’agissent, au sein même de l’Église pécheresse, des « minorités créatives » (Jean Duchesne).

74 – La demi-teinte – L’athéisme constitue un des extrêmes de la position croyante. Il n’est plus beaucoup professé aujourd’hui. On est plutôt aujourd’hui dans la demi-teinte de l’indifférence (Jacques Arènes).

75 – Sacrifice - Compréhension juive du sacrifice : c’est une manière de se rapprocher de Dieu en lui offrant ce qu’on a de meilleur (Catherine Chalier).

76 – Illusion - Le propre de la croyance religieuse consiste pour le fidèle à prendre ses désirs pour la réalité : il veut l’immortalité de son âme et l’existence de Dieu, deux conditions pour qu’il puisse séjourner au paradis… Quelle marque de liberté plus grande y a-t-il que celle consistant à s’affranchir d’une illusion aussi tenace que la religion (Emmanuel Jaffelin).

77 – Moi – Ne se permettre aucun culte du moi dans le domaine de la vie spirituelle (Marie Skobtsov).

78 – Salut – Le salut consiste à sauver l’être humain d’une solitude, et surtout à sauver l’homme d’être sans destin, sans Dieu, sans au-delà, d’être seul (Adolphe Gesché).

79 – Dieu - Aider les autres à faire l’expérience immédiate de Dieu, les aider à découvrir que l’incompréhensible mystère que nous appelons Dieu est proche, que nous pouvons nous adresser à lui, qu’il nous rend personnellement heureux quand nous ne cherchons pas à nous le soumettre, mais que nous nous confions à lui sans condition (Karl Rahner).

80 – Défaites - La Bible est remplie de récits de gens qui refusent la Parole de Dieu, qui la rejettent. Donc l’Écriture est une Parole qui raconte ses propres défaites… Les relations entre l’homme et Dieu sont orageuses (Cardinal Martini).

81 – Apprentissage – La vie éternelle, ce n’est pas autre chose qu’être en Dieu. La révélation de Dieu, c’est l’irruption de l’éternité dans le temps, c’est l’éternité de Dieu qui se manifeste et se rend présent dès maintenant dans notre vie… La vie en abondance commence dès ici-bas… La foi, c’est une communion… La foi est d’abord une affaire de confiance et non pas de peur. La foi, c’est comme l’amour, c’est un apprentissage, un apprentissage de la confiance en Dieu, qui dure toute la vie (Jean-François Gosselin).

82 – Un cercle de grâce – Baptiser un enfant, c’est l’introduire dans un cercle de grâce. Sachant que le Christ nous reçoit, nous pardonne, nous enseigne, nous aime, nous ne pouvons pas laisser en dehors de cet amour ce petit enfant qui arrive au monde. Aujourd’hui, par un acte de foi, les parents consacrent à Dieu leur enfant (Alexandre Men).

83 – Deuil – Pour une personne, quitter une fonction à laquelle elle s’est identifiée de manière radicale équivaut pour elle, d’une certaine façon, à vivre un passage de mort. L’important est vraiment d’accompagner cette personne dans son étape de deuil pour qu’elle puisse la traverser peu à peu et aller vers une vie nouvelle (Jean Vanier).

84 – Les invisibles – Le prodige de ce grand départ céleste qu’on appelle la mort, c’est que ceux qui partent ne s’éloignent point. Ils sont dans un monde de clarté, mais ils assistent, témoins attendris, à notre monde de ténèbres. Ils sont en haut et tout près. Oh ! Qui que vous soyez, qui avez vu s’évanouir dans la tombe un être cher, ne vous croyez pas quitté par lui. Il est toujours là. Il est à côté de vous plus que jamais. La beauté de la mort, c’est la présence. Présence inexprimable des âmes aimées, souriant à nos yeux en larmes. L’être pleuré est disparu, non parti. Nous n’apercevons plus son doux visage ; nous nous sentons sous ses ailes. Les morts sont les invisibles, mais ils ne sont pas les absents (Victor Hugo, cité par François Cheng).

85 – Les pécheurs – Ce qu’il y a de bien dans l’Église, c’est que nous sommes entre pauvres pécheurs (Bernanos).

86 – La grâce – Si tu vois un homme qui pèche et que tu n’as pas de compassion pour lui , alors la grâce t’abandonnera (Silouane).

87 – La forêt – La Bible est une forêt… Selon les rabbins, la Torah a soixante-dix visages (Jean-Louis Ska).

88 – Connaître – Croire en Dieu est une chose ; le connaître en est une autre (Silouane).

89 – Le pardon – Il n’y a pas de péché impardonnable hormis celui dont on ne se repent pas (Père Sophrony).

90 – Être – L’homme ne doit pas essayer d’être ce qu’il n’est pas (Sagesse juive, dans Elie Wiesel).

91 – Humilité – Dieu est humble, et celui qui veut atteindre Dieu doit acquérir l’humilité (Starets Silouane).

92 - Les proches – Si seulement l’homme comprenait que l’on finit par aimer celui à qui l’on donne ! Il se rendrait compte que l’autre lui paraît étranger uniquement parce qu’il ne lui a encore rien donné, il n’a pas cherché les moyens de lui rendre service. En donnant, on se rapproche de la personne, on participe à elle. Si l’on se mettait à faire du bien à tous les gens qu’on rencontre, on ne tarderait pas à s’apercevoir que tous sont des proches, tous sont aimés, tous sont devenus une part de soi-même. Celui qui a atteint ce niveau élevé conçoit très littéralement le commandement : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lev 19,18). Comme toi-même, sans aucune différence,… comme toi-même véritablement, car l’âme découvre bientôt que lui et moi nous sommes un, qu’il est véritablement devenu comme moi-même (Sagesse juive dans Bruno Charmet).

93 – La soif – Pour celui qui n’a pas soif de Dieu, Dieu reste caché. Celui qui a de la haine pour Dieu trouve que Dieu est vide (Saint Ephrem).

94 – La foi – Quand la foi est obscure ou qu’elle est broyée, c’est encore la foi. Croire en Dieu, c’est aussi entendre qu’il ne répond plus (Cardinal Lustiger).

95 – Hésitations - La grâce de l’Esprit Saint ne connaît ni les hésitations ni les retards (Saint Ambroise).

96 – Vocation – La vocation de tout disciple du Christ est d’être son témoin (Cardinal Barbarin).

97 – L’apparence – L’homme rationnel moderne est un homme superficiel, installé dans le divertissement, ignorant qu’il est mortel. Je me demande si ce sage est vraiment un sage, car il ne sait même pas qu’il pleure à l’intérieur. L’homme rationnel évince la question de l’existence et se soumet à l’artifice, à la parade, à tout ce qui permet d’oublier la réalité : l’opium est là. La désolation d’aujourd’hui se nourrit de l’apparence et du prestige de l’apparence, de l’ivresse de l’instant et de la séduction de la matière. C’est tout ce qui lui reste. Mais rien de véritablement humain ne saurait se construire seulement sur l’apparence, l’instant et la matière (Chantal Delsol).

98 – L’envie – En matière d’éducation religieuse, il vaut mieux donner envie que des leçons (Thierry Bizot).

99 – La nourriture – Ce dont j’ai besoin, c’est d’une vie spirituelle nourrissante (Henri-Irénée Marrou).

100 – Les prédicateurs – Ce sont toujours les prédicateurs qui ne savent pas trop ce qu’ils veulent dire qui n’en finissent pas de le dire (Louis Bouyer).

101 – Les moyens – Le plus grand danger que courent les institutions religieuses, c’est de confondre la fin et les moyens (Jean-François Gosselin).

102 – L’adultère – Aux légistes qui accusent la femme adultère, le Seigneur Jésus demande simplement s’ils sont eux-mêmes sans péché (Gérard Fomerand).

103 – La patience – Un vieux prêtre américain disait un jour à Etienne Gilson : « Il y a toujours quelque chose qu’on peut apprendre d’un sermon : la patience » (Etienne Gilson).

104 – Le caporalisme – L’Église, quelle largeur d’esprit ! Elle bénit le chartreux qui se tait et le dominicain qui parle. Elle bénit le trappiste qui peine et le bénédictin qui chante. Elle bénit le capucin barbu et le franciscain rasé. Elle bénit les carmes déchaux et les carmes chaussés. Elle bénit le jésuite qui enseigne et le jésuite qui écrit. Elle tolère et approuve. Ciel ! Combien de costumes, de scapulaires, de tuyautages, de bandeaux, de guimpes, de soutanes et de robes, et de toutes couleurs. L’orthodoxie n’est pas l’étroitesse… Elle respecte toutes les initiatives de l’Esprit. Rien ne lui est plus opposé que le caporalisme (Cardinal Saliège).

105 – Le chagrin – Tout chagrin provient du fait que l’on se tient à l’écart de Dieu (Mâ Ananda Moyî, dans Véronique Francou).

106 – Les théologiens – La théologie est une science magnifique, mais ce sont les théologiens qui sont ennuyeux (Marthe Robin).

107 – Dieu - Dieu demeure là où on le fait entrer (Rabbi Mendel de Kotzk, dans Martin Buber).

108 – L’infirmerie – Le purgatoire, c’est l’infirmerie du Bon Dieu (Le curé d’Ars).

109 – Esprit Saint – Que l’Esprit nous préserve des pneumatologues (Boris Bobrinskoy).

110 – Le secret – Il se peut que bien des choses, dans le contexte humain de l’Église, nous déçoivent. Il se peut aussi que nous y soyons, sans qu’il y ait de notre faute, profondément incompris. Il se peut que, dans son sein même, nous ayons à subir persécution. La patience et le silence aimant vaudront alors mieux que tout ; nous n’aurons point à craindre le jugement de ceux qui ne voient pas le cœur et nous penserons que jamais l’Église ne donne mieux Jésus-Christ que dans ces occasions qu’elle nous offre d’être configurés à sa passion. L’épreuve sera peut-être plus lourde si elle ne vient pas de la malice de quelques hommes mais d’une situation qui peut paraître inextricable : car il ne suffit point alors d’un pardon généreux ni d’un oubli de sa propre personne. Soyons cependant heureux devant « le Père qui voit dans le secret » (Henri de Lubac).

111 – Le cœur – Le péché essentiel, l’obstacle majeur, sur le chemin qui mène à Dieu, c’est l’endurcissement du cœur (A. Schmemann).

112 – Le centre – La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre (Vatican II).

113 – Mission - Frère Roger a cette certitude aux profondeurs du cœur que le Christ a laissé une mission à son Église, que Dieu ne cesse de s’intéresser à tout homme… A tout instant, il peut faire irruption dans nos vies comme dans celle de l’Église si nous faisons nôtre les paroles du psalmiste : « Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur » (Frère Roger).

114 – Communiquer - Dieu désire communiquer avec les hommes. Dieu est quelqu’un à qui on peut s’adresser. Il n’est pas une abstraction lointaine (Michel Deneken).

115 – La marche – Dieu marche à notre rencontre depuis toujours, depuis que nous existons (Philippe Ferlay).

116 – Le besoin – Par les prophètes, Dieu habituait l’homme, sur la terre, à porter son Esprit et à posséder la communion avec Dieu. Lui qui n’a besoin de rien, il accordait sa communion à ceux qui avaient besoin de lui (Saint Irénée).

117 – Le menteur – Si je dis que je connais Dieu, je suis un menteur. Si je dis que je ne connais pas Dieu, je suis aussi un menteur. Je ne peux pas parler, je ne peux pas me taire (Jean-Yves Leloup).

118 – Le diable – De même que le communisme a fait du prolétariat l’agent du salut humain, le nazisme a érigé la race allemande en nouveau messie. Dans les deux cas, les systèmes totalitaires ont singé l’élection divine du peuple de la Bible et le salut universel offert par le christianisme. Dans cette révolte contre Dieu, il y a quelque chose de luciférien. On entend parfois dire que le ciel était vide à Auschwitz. Non, le ciel n’était pas vide, mais le diable était dans la place (Jean Sévillia).

119 – Les angoisses – Si vous voulez être délivré des angoisses de la naissance et de la mort, essayez de vous approcher de Dieu (Mâ Ananda Moyî dans Véronique Francou).

120 – La main – J’appelle vrai Dieu, non pas celui qui ne fait rien, mais ce Dieu fragile et blessé, en même temps que fort et fidèle, me prenant un jour doucement par la main pour me dire en secret, comme un secret d’enfant, ce que je suis à ses yeux et pour lui (Adolphe Gesché).

121 – Le veau – Un prêtre de quatre-vingt-dix ans qui finit ses jours à Jérusalem raconte ceci : Toute ma vie, j’ai traîné la peur du jugement. J’avais peur pour mes péchés de jeunesse. A soixante-dix ans, j’ai fait un rêve : je montais vers un château-fort pour être jugé. J’entre dans une grande salle, il y avait un prie-Dieu pour mon jugement. J me risque à lever la tête doucement. Je vois la figure du Christ. D’une beauté… inouïe. Des yeux pleins de bonté et se moquant gentiment de moi. « Mais je t’aime, mon pauvre garçon. Les médecins ne sont-ils pas faits pour les malades ? L’Incarnation, l’Évangile, l’eucharistie, le calvaire : tu trouves que je n’ai pas fait assez pour toi ? Et tu crois que je passe mon temps à rabâcher tes vieilles misères ? » « Mange ton veau et parlons d’autre chose », disait le père au prodigue qui voulait lui réciter la liste complète de ses anciennes conquêtes… » Depuis mon rêve, je n’ai plus peur de rien, ni des morts, ni du Christ, ni du jugement (Un vieux prêtre).

122 – La résurrection – La mort est un scandale inacceptable auquel rien ni personne n’apporte de réponse, hormis Jésus-Christ par sa résurrection. La résurrection du Christ est la base du christianisme et son espérance. C’est la réponse que les hommes ont attendue durant des millénaires. Désormais nous savons que la mort est vaincue ; nous savons aussi, depuis la passion de Dieu fait homme, que la douleur et la souffrance ont un sens. Cela dit, tout ce qui est scandaleux dans la condition humaine, à savoir la souffrance, la vieillesse, la mort, nous devons lutter contre elles de toutes nos forces. Le progrès consiste à lutter contre la souffrance, le vieillissement et la mort, non pas en les supprimant, mais en les rendant supportables et en les retardant (Gilbert Cesbron).

123 – L’Église – L’Église, au-delà de ses structures, au-delà de sa sociologie, au-delà de tout ce qu’il peut y avoir de contestable en elle, l’Église est fondamentalement le mystère de la résurrection… C’est le lieu où nous puisons la force de mourir et de renaître (Olivier Clément).

124 – L’Esprit Saint – L’Esprit Saint ne tient aucun discours. Il est silence, mais il est aussi lumière dans les cœurs. Sa lumière éclaire la parole de Jésus. Il en révèle la profondeur et le sens actuel dans les circonstances indéfiniment nouvelles du monde en évolution (René Laurentin).

125 – Les sottises – L’histoire de l’Église doit nous rendre humbles… Que de sottises ont pu être dites par ses membres… L’Église est sainte, mais les membres que nous sommes sont tous pécheurs. Redire avec le psaume : De mes fautes cachées, Seigneur, purifie-moi » (Jacques Loew).

126 – L’incroyance - « L’homme charnel ne comprend pas les choses spirituelles » (1 Co 2,14). Comment se dégager de cette écorce charnelle ? La vocation de l’homme est de comprendre et d’aimer les choses de Dieu. « L’homme charnel ne comprend pas les chose spirituelles ». Donc ,ne pas s’étonner de l’incroyance (Jean Daniélou).

127 – Cheminement - Seigneur, fais-moi connaître ma vie. Fais que je puisse mettre des jalons sur mon passé, comme le prophète Jérémie (31,21). Aide-moi à saisir le déroulement de ton plan, les moments de lumière et les moments d’obscurité, d’épreuve… Accorde-moi de savoir où j’en suis dans ce cheminement. Je te le demande par Jésus le Christ notre Seigneur (Cardinal Martini).

128 – Le mot – Dieu seul peut faire entendre à sa créature le mot qu’elle attend et pour lequel elle est née (Jacques Guillet).

129 – La curiosité – Dieu nous attire à lui en proportion de l’intelligence que nous avons de lui ; et dans la mesure où nous le comprenons, il excite en nous la curiosité et le désir de la connaître plus avant (Saint Grégoire de Nazianze).

130 – Le dialogue – L’Esprit ne se donne pas (à nous) pour nous éblouir ou nous contraindre à croire, mais pour que nous acceptions d’entrer en dialogue avec Dieu (Mgr Dagens).

131 – Je veux – Je veux ce que tu veux, sans me demander si je le peux, sans me demander si j’ai envie, sans me demander si je le veux (Prière de Madeleine Delbrel).

132 – Renoncement – Le Père se retire pour ainsi dire devant la volonté du Fils… comme il se retire devant sa création. La création est peut-être le plus mystérieux des mystères chrétiens. L’acte créateur est l’acte par lequel Dieu se retire, s’efface pour laisser surgir des libertés qui ne sont pas lui. « Dieu a fait l’homme comme la mer a fait les continents, en se retirant » (Hölderlin). C’est vrai et c’est faux. Dieu reste présent à sa créature. Quand Dieu me crée, il me donne le pouvoir d’être moi-même et par moi-même… Dieu n’est pas un concurrent qui menace notre liberté. Dieu se renonce, Dieu se retire pour que nous existions par nous-mêmes. Il n’y a rien de plus divin que ce renoncement de Dieu (François Varillon).

133 – Le monde – L’eucharistie étend le don de la Cène à la totalité du monde et de l’histoire humaine (Jacques Guillet).

134 – Le chemin – C’est là où nous sommes que commence (ou continue) le chemin vers Dieu (Mâ Ananda Moyî, dans Véronique Francou).

135 – Le désir – « Devant toi est tout mon désir ». Il n’est pas devant les hommes, qui ne peuvent voir le cœur, mais « devant toi est tout mon désir« . Que ton désir soit devant lui, et le Père qui voit dans le secret t’exaucera. Ton désir même, voilà ta prière. Ce n’est pas en vain que l’apôtre dit : »Priez sans cesse ». Est-ce que nous sommes sans cesse à fléchir les genoux, à prosterner notre corps, à lever nos mains, parce qu’il a dit : « Priez sans cesse«  ? Ou si nous prétendons que c’est là notre manière de prier, j’imagine que nous ne pourrons la soutenir sans interruption. Mais il y a une autre prière intérieure, celle-là ininterrompue : le désir. Quoi que tu fasses, si tu désires ce sabbat, sans même avoir parlé, tu ne cesses de prier. Si tu ne veux pas cesser de prier, ne cesse pas de désirer : ton désir continuel, c’est chez toi comme une voix continuelle. Tu ne te tairas que si tu cesses d’aimer… Le froid de la charité, c’est le silence du cœur ; la flamme de la charité, c’est le cri du cœur. Si la charité demeure toujours, tu cries toujours ; si tu cries toujours, tu désires toujours, si tu désires toujours, tu te souviens du repos (Saint Augustin).

136 – Le salut – Il n’est jamais question d’amour quand il s’agit de la résurrection des morts. La plus grande preuve d’amour de Dieu pour l’humanité, n’est-ce pas aussi qu’il l’appelle à la résurrection ? Qu’est-ce que le salut ? C’est entrer dans le monde où Jésus est entré par sa résurrection. C’est ce vers quoi nous marchons. La résurrection de Jésus est comme une prophétie en acte de notre propre résurrection : le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis (1 Co 5,20). Le salut de l’homme, c’est la résurrection définitive (Bernard Sesboüé).

137 – Le mur – Pour se faire homme et souffrir la mort dans la chair, Dieu a dû franchir le mur de sa transcendance (Olivier Clément).

138 – Cécité – Dieu toujours plus grand que son éternité même. C’est pourquoi la familiarité avec Dieu, une familiarité excessive et dangereuse est cause de cécité (Pierre Chaunu).

139 – Les bras – Nous croyons que le Christ est présent en quiconque cherche la vérité. « Même si quelqu’un courait le plus vite possible pour s’éloigner du Christ, s’il va vers ce qu’il croit être vrai, c’est en fait dans les bras du Christ qu’il se jette » (Simone Weil, dans Alexandre Schmemann).

140 – Les eaux – Elles sont vraiment multiples, les eaux de l’Esprit de Dieu, parce que riche et grand est le Père (Saint Irénée).

141 – L’ombre – La grande beauté religieuse, c’est d’avoir accordé à chacun de nous une âme. N’importe la personne qui la porte en elle, n’importe sa conduite morale, son intelligence, sa sensibilité. Elle peut être laide, belle, riche ou pauvre, sainte ou païenne. Ça ne fait rien. Elle a une âme. Étrange présence cachée, ombre mystérieuse qui est coulée dans le corps, qui vit derrière le visage et les yeux, et qu’on ne voit pas. Ombre de respect, signe de reconnaissance de l’espèce humaine, signe de Dieu dans chaque corps (Le Clézio, dans François Cheng).

142 – Vocation – La vocation de l’homme est de trouver Dieu (Mâ Ananda Moyî, dans Véronique Francou).

143 – Joseph – Tout le temps que Joseph eut le soin du Christ, il remplit son service avec joie (Saint Irénée).

144 – Perfection – « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48). La perfection dont il s’agit est celle de l’amour divin (Louis Bouyer).

145 – Initiation – La transfiguration du Christ avant sa Passion est une initiation au mystère de la résurrection, en tant que passage de la vie terrestre de ce monde au royaume céleste de Dieu (Patriarche Daniel).

146 – Matrice – Le Christ est la matrice de l’humanité… Imaginez une femme dont la matrice porterait non seulement un enfant, non seulement des jumeaux, non seulement des quintuplés, comme il arrive, mais toute l’humanité. Nous sommes tous en lui. Et où est le Christ ? Il est au cœur de la Trinité et il veut que nous y soyons avec lui. Seulement tout cela n’est pas automatique. Il faut que nous ratifiions notre appartenance au Christ (François Varillon).

147 – La soif – Ceux qui ont soif de voir Dieu par un ardent amour, lui sont déjà unis par le désir (Saint Grégoire le grand).

148 – Le mystère – Pour un chrétien, la Bible entière concerne le mystère de Jésus-Christ (Xavier Léon-Dufour).

149 – Pauvreté – La société sécularisée ramène les chrétiens à la pauvreté (Pierre Emmanuel).

150 – Les petits enfants – Dieu pouvait, quant à lui, donner dès le commencement la perfection à l’homme, mais l’homme était incapable de la recevoir, car il n’était qu’un petit enfant. Et c’est pourquoi aussi notre Seigneur, dans les derniers temps, lorsqu’il récapitula en lui toutes choses, vint à nous, non tel qu’il le pouvait, mais tel que nous étions capables de le voir ; il pouvait, en effet, venir à nous dans son inexprimable gloire, mais nous n’étions pas encore capables de porter la grandeur de sa gloire. Aussi, comme à de petits enfants, le Pain parfait du Père se donna-t-il sous forme de lait – ce fut sa venue comme homme – , pour que nourris pour ainsi dire à la mamelle de sa chair et habitués par rune telle lactation à manger et à boire le Verbe de Dieu, nous puissions garder en nous-mêmes le Pain de l’immortalité qui est l’Esprit du Père (Saint Irénée).

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