100.11 Les compagnons d’A.v.Speyr

1501 – Le sens – Aucune tâche n’est plus utile que d’aider nos compagnons de voyage à découvrir les sens possibles de la vie. Pour moi, tout a un sens, rien n’est insignifiant. Le monde a un sens, le cosmos a un sens, la vie des soixante milliards d’hommes qui ont vécu jusqu’à ce jour a un sens, tout a un sens, qui nous échappe le plus souvent. Et je ne crois pas que ma vie puisse être séparée du destin du monde (Pierre Chaunu).

1502 – La présence – Pourquoi prier ? Pour éveiller notre esprit à la présence de Dieu. Dieu m’appelle, et moi je veux le suivre (Cardinal Lustiger).

1503 – Les chemins – On ne peut pas dire si les chemins de Dieu sont davantage les chemins par lesquels nous allons à Dieu ou ceux par lesquels Dieu nous attire à lui (Henri de Lubac).

1504 – Aimer – Nous n’aimons Dieu que médiocrement parce que nous le connaissons médiocrement (Madeleine Delbrel).

1505 – L’amour – Gabriel Marcel : « Aimer, c’est dire à l’autre : Toi, tu ne mourras pas ». Et le Christ est venu en effet, au nom de l’Amour éternel, nous dire : « Vous ne mourrez pas » (Christian Chabanis).

1506 – Le mystère – Dieu peut se communiquer en personne à ce qui n’est pas Dieu sans cesser d’être le mystère absolu (Karl Rahner).

1507 – La confiance – Penser que Dieu punit l’être humain est un des plus grands obstacles à la foi. Quand Dieu est regardé comme un juge tyrannique, saint Jean rappelle en lettres de feu que Dieu est amour. Ce n’est pas nous, c’est lui qui nous a aimés. Quant à nous, aimons, puisque lui nous a aimés le premier. Le Christ ne nous veut pas ivres de culpabilité, mais emplis de pardon et de confiance. Jamais, au grand jamais, Dieu n’est un tourmenteur de la conscience humaine (Frère Roger).

1508 – La relation – Chacun de nous, aussi petit soit-il, est grand devant l’Éternel ; Dieu établit avec chaque être humain une relation cordiale et unique (P. Sophrony).

1509 – Le chemin – C’est par la prière qu’on trouve le chemin qui mène à Dieu (Robert Aron).

1510 – Le Seigneur – Le Christ est aussi le Seigneur de ceux qui ne croient pas en lui (Michel Evdokimov).

1511 – Le goût – Qu’est-ce que c’est qu’un chrétien ? C’est quelqu’un qui commet la grosse faute de goût de vivre comme si Dieu existait (Chesterton).

1512 – Les affaires – Le vieux Karamazov : « Si nous autres nous ne croyons plus, c’est qu’on n’a pas le temps, les affaires nous absorbent, les jours n’ont que vingt-quatre heures » (Dostoïevski).

1513 – Le secret – Jésus refuse de s’imposer par le miracle et l’autorité. Il se tait devant Pilate, il ne descend pas de sa croix, il ressuscite dans le secret : seule la foi peut le reconnaître (Olivier Clément).

1514 – L’histoire – Toute l’histoire du judéo-christianisme est une suite ininterrompue de révélations personnelles (André Frossard).

1515 – La fenêtre – Chez tous les athées, on retrouve la même chose. Quand on chasse Dieu par la porte, il revient par la fenêtre. S’ils ne croient pas à telle ou telle image de Dieu oscillant entre le Père Fouettard et le Père Noël, tous sont en quête qui d’amour, qui de verticalité, qui d’un sens de la personne (Bertrand Vergely).

1516 – L’effort – La foi est un effort constant de purification des images de Dieu qu’elle véhicule (E. Bianchi).

1517 – La croix – Le monde qui refuse la croix se voue à une croix sans résurrection (Olivier Clément).

1518 – La volonté – Notre vraie volonté, c’est de n’en avoir point d’autre que la volonté de Dieu. Mais cela ne peut se faire sans un sacrifice foncier (Maurice Blondel).

1519 – La curiositéLa Parole de Dieu n’est pas faite pour satisfaire une curiosité frivole, mais toujours pour nous conduire à ce salut qui ne se trouve que dans la rencontre avec Dieu et l’union avec lui (Louis Bouyer).

1520 – L’expérience – On ne peut pas faire l’expérience de la foi si l’on ne conçoit pas Dieu comme un être personnel, capable d’une parole, et l’homme comme un être naturellement tourné vers Dieu (J. Pieper).

1521 – La nouvelleJésus nous annonce une « bonne nouvelle », c’est-à-dire une vie « mêlée dès ici-bas d’éternité ». Et cette « bonne nouvelle », précise-t-il peu à peu, c’est lui-même, car il est le « chemin, la vérité et la vie » (Olivier Clément).

1522 – La perte – Le mal dont nous demandons la délivrance, au sens de Jésus (dans le Notre Père), est avant tout et le plus profondément la perte de la foi. L’incapacité de croire en Dieu et de vivre de la foi est pour Jésus le plus grand des maux (Benoît XVI).

1523 – Le profit – Si le Christ t’aime, c’est profit pour toi et non pour le Christ. Si tu aimes le Christ, c’est profit pour toi, non pour le Christ (Saint Augustin).

1524 – La maladie – Être aveugle est certes une grande privation. Mais il n’y a pas de malheur plus grand, pas de maladie plus terrible que de ne pas connaître Dieu (P. Sophrony).

1525 – La parole – Jamais nous n’aurions pu parvenir, fût-ce par la seule pensée, jusqu’à la vie intérieure de Dieu, s’il n’avait voulu nous l’ouvrir par sa Parole, pour autant qu’il veut nous y introduire et nous y associer (Louis Bouyer).

1526 – L’Inépuisable – Ce n’est pas du tout par besoin que Dieu, la plénitude absolue, a amené à l’existence ses créatures , c’est pour que ses créatures soient heureuses d’avoir part à sa vie et pour se réjouir Lui-même de la joie de ses créatures quand elles puisent inépuisablement à l’Inépuisable (Maxime le confesseur).

1527 – La SourceLe christianisme ne peut être utile à aucune époque, ni par conséquent à la nôtre, s’il ne lui apporte pas ce que lui seul peut lui apporter, c’est-à-dire le lien avec la source infinie de puissance de Dieu devenu homme, lui-même en communion avec Dieu Trinité (D. Staniloae).

1528 – L’humilité – Le Dieu fait homme est un Dieu humble. En Occident, quand la religion a été dans l’orgueil, elle a tué Dieu (B. Vergely).

1529 – Le domaine – Les hommes de science qui scrutent les mystères de l’univers infiniment grand (et infiniment petit) sont parfois (ou souvent) tentés de sortir du domaine de leur compétence et de risquer une parole de philosophe ou de théologien ou d’agnostique ou d’athée. Mais Einstein les met en garde : « Un homme de science est souvent un pauvre philosophe » (L. Vauthier).

1530 – Le consentement – Le « consentement » à la résurrection est le cœur incandescent de la foi chrétienne. On pourrait même dire qu’il la définit (J.-Cl. Guillebaud).

1531 – La connaissance – Toute chose peut et doit mener à la connaissance de Dieu et à la communion avec lui (A. Schmemann).

1532 – Le petit – Dieu s’est fait petit pour que l’homme devienne grand (Tertullien).

1533 – Le royaume – Il n’y a pas un royaume des vivants et un royaume des morts, il n’y a que le royaume de Dieu, et vivants ou morts, nous sommes dedans (Bernanos dans « Le curé de campagne »).

1534 – Le doute – « Seigneur, prenez pitié du chrétien qui doute, de l’incrédule qui voudrait croire » (Huysmans).

1535 – Le désir – Ce que tu désires, tu le sais bien ; mais ce qui t’est profitable, Dieu seul le sait (Saint Augustin).

1536 – La visite – Celui qui reçoit la visite de l’Esprit-Saint a l’âme éclairée ; élevé au-dessus de lui-même, il voit ce qu’il ne savait pas (Cyrille de Jérusalem).

1537 – Les limites – On ne peut mettre de limites à la miséricorde de Dieu, ni à la possibilité pour l’homme de refuser éternellement cette miséricorde (Olivier Clément).

1538 – Le destin – Dieu est le destin du monde (Didier Decoin).

1539 – La lumière – Il n’y a pas de plus grand malheur que de ne pas connaître le Dieu véritable. Il n’y a a pas de plus grand bonheur que de rencontrer le Dieu vivant. Dans la lumière de cette connaissance, non seulement les états agréables, mais encore les situations accablantes et pénibles, sont pleines d’un sens profond, devenant par là même supportables et justifiées (P. Sophrony).

1540 – La découverte – La foi, c’est la découverte que je suis aimé de Dieu. Je suis donc invité à relire mon histoire à la lumière de l’amour (A. Nouis).

1541 – L’intelligence – Il faut aussi aimer Dieu de toute son intelligence (J. Verlinde).

1542 – La conviction – La foi chrétienne est travaillée par la conviction que l’Évangile a quelque chose d’essentiel à apporter à l’humanité, sur tous les plans, que l’on soit croyant ou non (G. Coq).

1543 – L’amour – « Si quelqu’un aime Dieu, alors il se trouve connu par lui » (1 Co 8,2). Dieu ne se fait connaître qu’à celui qui aime (J.-L. Marion).

1544 – L’odyssée – Vertigineuse odyssée : l’univers et l’homme ne sont pas le fruit du hasard (J. Delumeau).

1545 – L’appartenance – Le Christ, ce n’est pas ce corps pantelant cloué sur sa croix, c’est celui qui, par sa résurrection triomphante, montre le devenir de toute l’humanité. Certes les êtres humains, comme tous les animaux, les plantes et tout ce qui respire, sont voués à mourir et disparaître mais, par son appartenance au divin, l’être ne meurt pas (X. Emmanuelli).

1546 – Le désir – Il est impossible de connaître le Christ sans désirer être avec lui là où il est. Et il n’est pas dans ce monde qui passe. Il est monté au ciel, auprès de Dieu. Dès maintenant, dans la mesure où on est croyant, notre vie est cachée avec le Christ en Dieu (A. Schmemann).

1547 – Les digressions – Un élan de charité rapproche plus de Dieu que mille digressions subtiles sur les félicités de son royaume (D. Tillinac).

1548 – Le référendum – Le jour n’est pas loin où nous aurons un référendum pour savoir si Dieu existe (D. Le Guay).

1549 – La visite – Quand l’homme cherche Dieu, c’est qu’il s’est déjà laissé visiter par la grâce de Dieu (Shenouta III).

1550 – La conviction – Conviction primordiale du croyant : Dieu a agi, il agit aujourd’hui, il agira demain. Et son action est permanente et cohérente, autant qu’imprévisible (J. Bancal).

1551 – La communion – L’Église est le lieu où les hommes trouvent ou retrouvent leur communion avec Dieu et entre eux. Le but de la vie de l’Église et de la vie chrétienne est d’approfondir davantage la communion avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint, et de faire rayonner cette communion dans le monde entier (Patriarche Daniel).

1552 – Le hasard – Il n’y a pas de rencontres fortuites : ou bien Dieu nous envoie la personne qui nous est nécessaire, ou bien, à notre insu, nous sommes envoyés par Dieu vers quelqu’un (Alexandre Eltchaninov).

1553 – La question – Question de Jean Vanier à ses assistants : Est-ce que tu pries ? Et quand je dis cela, je ne veux pas dire : Est-ce que tu dis des prières ? Mais : Est-ce que tu passes du temps avec Dieu ? Est-ce que tu prends du temps de repos avec Dieu ? Est-ce que tu es en communion avec Dieu ? Est-ce que de temps en temps tu te tiens main dans la main avec Dieu ? Est-ce que tu es heureux avec lui ? (Jean Vanier).

1554 – Le feu – « Jésus le Christ, tu étais toujours en moi et je ne le savais pas. Tu étais là et je ne te cherchais pas. T’ayant découvert, je brûlais que tu sois le tout de ma vie. Un feu m’embrasait. Mais si souvent, je t’oubliais à nouveau. Et toi, tu continuais à m’aimer » (Frère Roger).

1555 – La distinction – Ce qui distingue les chrétiens, c’est qu’ils peuvent être pires que les autres. Ils peuvent être infiniment pires. Dante mettait beaucoup de catholiques dans son enfer, et même des papes. Le Christ est le chemin, la vérité et la vie. Alors commettre les mêmes fautes que les autres alors qu’on a le Christ explicitement avec soi et qu’on a donc beaucoup reçu plus qu’eux, c’est être bien pire (F. Hadjadj).

1556 – L’intelligence – Les maîtres du soupçon (Marx, Nietzsche, Freud), ce sont des des auxiliaires de l’intelligence. Ils poussent les chrétiens à mieux ressaisir leur foi. Pourquoi en avoir peur ? L’intelligence est du côté du Christ (F. Hadjadj).

1557 – Le refus – L’intelligence n’est pas nécessairement du côté de ceux qui refusent de s’agenouiller devant le mystère (I. Prêtre).

1558 – Le dialogue – Il serait temps enfin, pour un véritable dialogue entre tous ceux qui croient au ciel ou non, de poser les bases d’un œcuménisme bien compris : tout homme a le droit de ne pas avoir de religion, tout homme a le droit de choisir sa religion, tout homme a le droit de changer de religion, tout homme a le droit de parler partout de sa religion (André Miquel, ancien directeur du Collège de France).

1559 – La question – Aux époques où le foi est florissante, question qui se pose : dans quelles proportions la foi authentique est mêlée de superstitions et de conformisme social ? (Gustave Thibon).

1560 – Le message – L’Église se présente simplement comme détentrice d’un message qu’elle offre au service des hommes de ce temps, qu’elle leur propose pour éclairer leur vie. L’Église ne vise aucunement à s’imposer elle-même, elle vise même à s’effacer devant la source vive qu’elle veut rendre accessible (G. Coq).

1561 – La logiqueC’est Dieu qui nous cherche et pas nous qui cherchons Dieu. Le monde n’a donc qu’une seule logique, celle de Dieu. Mais que cette logique nous apparaisse ou ne nous apparaisse pas, c’est une autre affaire, dont on peut discuter vraiment. Il est normal qu’elle ne nous apparaisse pas clairement, mais pourtant il n’y en a pas d’autres (J.-L. Marion).

1562 – Les langes – Si nous ne confessons Dieu que comme le Tout-Puissant, nous ne le connaissons qu’à moitié. Il est la Tout-Puissance qui, en même temps, se laisse envelopper dans les langes de l’impuissance. Il a pour ainsi dire la puissance incompréhensible de se rendre faible lui-même (Newman).

1563 – Le sens – Nous chrétiens, nous n’avons rien à demander, rien à imposer, mais nous devons témoigner que la vie a un sens, qu’elle est immense, qu’elle s’en va vers l’éternité (Patriarche Athénagoras).

1564 – L’infantile – Dans cette vie, on ne peut pas savoir qui est Dieu, on peut seulement savoir ce que Dieu n’est pas. Essayer de nous affranchir des conceptions de Dieu qui sont infantiles (T. Radcliffe).

1565 – L’invraisemblable – Dieu est invraisemblable, c’est une affaire entendue. L’absence de Dieu est plus invraisemblable encore (Jean d’Ormesson).

1566 – L’énigmeDepuis deux mille ans les circonstances historiques ont bien changé, les langues et les mœurs évoluent, les organisations sociales bougent. Mais l’homme reste une énigme pour lui-même, déchiré, mais appelé à la Vie dont le Christ montre le chemin. La vraie difficulté à entendre et à comprendre la Parole de Dieu faire chair ne tient pas d’abord aux différences de culture et de civilisation, mais aux résistances que nous opposons à l’amour auquel elle nous appelle (Cardinal Lustiger).

1567 – La pauvreté – Reconnaître notre absolue pauvreté devant Dieu, notre totale dépendance à l’égard de Dieu (G. Cottier).

1568 – La vérité – Il y a des gens qui pensent que la vérité se trouve là où est le désespoir (I. Prêtre).

1569 – La conviction – Pourquoi baptiser un enfant à la naissance ? C’est dans la conviction qu’être humain c’est être fait pour Dieu (T. Radcliffe).

1570 – Le dialogue – Dieu ne demande qu’une chose : que notre cœur soit ouvert au dialogue. Dieu ne nous demande jamais d’ouvrir le cœur des autres au dialogue (Bartholomée).

1571 – L’ignorance – Le danger de nos jours pour l’Église, c’est moins l’athéisme ambiant que l’ignorance de certains chrétiens (I. Prêtre).

1572 – L’ouverture – Dieu : quelqu’un qui nous dépasse infiniment et qui, en même temps, s’ouvre à nous, se révèle et se livre (Mgr Dagens).

1573 – Les traces – La recherche de Dieu conduit à interroger ceux qui témoignent qu’ils l’ont rencontré et à interroger l’histoire qui affirme avoir gardé les traces de sa révélation (J. Moingt).

1574 – Les caricatures – La responsabilité historique est lourde de ceux qui ont parlé de Dieu, voire en faveur de Dieu, d’une manière basse et étriquée : de telles caricatures de Dieu ne peuvent que conduire au blasphème et à l’impiété (G.-M. Cottier).

1575 – Les nuages – L’Église porte le poids de l’histoire : le poids des infidélités et des péchés de ses membres des siècles passés. Elle est aussi le fruit de la fidélité et de la sainteté de ses membres des siècles passés. Le visage humain de l’Église est obscurci. Mais derrière les nuages brille le soleil (J. Vanier).

1576 – La tâche – La situation du prêtre est impossible. Le prêtre se condamne lui-même à l’impossible, puisque sa tâche consiste à donner un Dieu qu’il n’a pas à des hommes qui n’en veulent pas (G. Thibon).

1577 – Le banquet – Le royaume de Dieu ne fait entendre qu’un appel à la communion, qu’une invitation au banquet (P. Evdokimov).

1578 – La liberté – Être libre n’est pas simplement faire ce qui nous plaît, car la seule véritable liberté est de faire la volonté de Dieu (K. Ware).

1579 – Le soleil – De demain tu ne sais rien, si ce n’est que la Providence se lèvera pour toi plus tôt que le soleil (Lacordaire).

1580 – L’illusion – Notre société prétendument humaniste s’imagine sauver l’homme en le délivrant de toute transcendance (M.-M. Zanotti-Sorkine).

1581 – La rescousse – Croire, ce n’est pas occasionnellement appeler Dieu à la rescousse (N. Buttet).

1582 – Le respect – Adam a agi dans le monde créé par Dieu comme si Dieu ne le voyait pas, comme si Dieu était absent, comme si Dieu n’existait pas. Aujourd’hui beaucoup d’hommes ont du mal à s’apercevoir que Dieu les voit, qu’il est présent, même si, par respect pour notre liberté, il donne l’impression d’être absent (Patriarche Daniel).

1583 – Les suggestions – Dieu nous fait confiance dans notre cheminement personnel, nous fait des suggestions, dans des circonstances, mais sans décider pour nous (G. Bédouelle).

1584 – La clartéLumineuse clarté du christianisme, mais pesanteur de l’Église (A. Schmemann).

1585 – La surface – Nous devons prier pour que la grâce de Dieu nous imbibe, nous prenne, nous transforme, sinon nous restons à la surface de nous-mêmes (P. Goursat).

1586 – Le chemin – Qu’est-ce que c’est qu’un chrétien ? C’est quelqu’un qui n’en finit pas d’apprendre à devenir chrétien, à connaître le Christ, à vivre de lui et à témoigner de lui comme le chemin, la vérité et la vie (Mgr Dagens).

1587 – L’espérance – Parler de Dieu aujourd’hui ? Il faut prêcher l’espérance avant de faire la morale, annoncer le salut avant de dénoncer le salaud (F. Hadjadj).

1588 – L’amour – Aimer Dieu ! Aime-t-on vraiment si on ne cherche pas à connaître celui qu’on aime ? (S. Clément).

1589 – La voie – L’épreuve est souvent la voie mystérieuse par laquelle le Dieu vivant pénètre dans une âme (Cardinal Saliège).

1590 – La marque – Pour saint Paul, Dieu a laissé sa marque sur son ouvrage et il est pour l’homme inexcusable de prétendre qu’il en ignore l’existence. La plus claire de ces marques est l’homme lui-même avec son intelligence et sa volonté (Étienne Gilson).

1591 – L’assentiment – Qu’il y ait aujourd’hui encore des chrétiens physiciens, biologistes et savants de tout ordre ne prouve rien en faveur de la religion, mais permet au moins d’affirmer que l’esprit scientifique n’exclut pas l’assentiment à l’idée de Dieu (E. Gilson).

1592 – La présence – Dieu est inaccessible, et en même temps il touche au plus profond. Il demeure au-dessus du monde, transcendant au monde, et en même temps très présent au monde (J. Arènes).

1593 – La rencontre – La vie éternelle n’est pas un état mais une rencontre. Elle n’est pas l’entrée dans quelque chose, mais l’union à quelqu’un (F. Hadjadj).

1594 – L’improvisteJésus n’est pas un homme qui aurait été saisi à l’improviste par le divin ou qui aurait acquis péniblement une illumination. En lui, c’est la Source même de la vie qui vient à notre rencontre (Frère John, de Taizé).

1595 – La peine – Si le Christ n’est venu que pour nous apporter une morale, ce n’était pas la peine qu’il se dérange (G. Thibon).

1596 – L’ouverture – Il apparaît un jour à tout homme, sous une forme ou sous une autre, qu’il faut inévitablement opter pour ou contre l’ouverture à l’action de Dieu (M. Blondel).

1597 – La théorie – Il y a des théories qui en arrivent à avilir ou à détruire l’homme sous prétexte de le libérer des fantasmes de la religion (J. Moingt).

1598 – L’idée – Rôle des théologiens : tirer vers plus de transcendance l’idée souvent pesante que les gens se font de Dieu (L. Jerphagnon).

1599 – La vie – Le Christ n’est pas celui qui apporte une nouvelle religion, mais celui qui apporte Dieu. Jésus n’appelle pas à une nouvelle religion, mais à la vie (D. Bonhoeffer).

1600 – Les aléas – Dieu a dû mettre dans le cœur de l’homme, sa créature, un immense désir de le rejoindre, un désir de la présence divine, grâce auquel l’homme peut répondre à l’amour dont Dieu l’aime. Et ce désir de Dieu est présent en tout homme ; les aléas de la vie font bien souvent qu’il est enfoui hors d’atteinte chez beaucoup d’entre nous (G. Coq).

1601 – La souffrance – La tradition mystique (juive?) nous décrit Dieu comme souffrant des souffrances des hommes (C. Kessler) ;

1602 – L’infini – La Révélation, par le fait même qu’elle porte sur l’infini, est inépuisable pour notre pensée et notre cœur, et sera creusée à l’infini au cours des âges (G. Thibon).

1603 – Le message – En dehors du message chrétien, l’humanité n’a aucune espérance (J. Becker).

1604 – Le merci – On peut remercier Dieu pour une faveur obtenue. Mais ce serait beau aussi, quand on n’a pas été exaucé, de prier comme ceci : « Mon Dieu, ce que je vous ai demandé, vous me l’avez refusé ; mon Dieu, soyez remercié » (M. Blondel).

1605 – Le normalIl est normal que la mort soit douloureuse comme l’entrée dans la vie. Tu mourras pour enfanter la vie éternelle. Et la vie éternelle, tu l’enfantes dans la douleur. Le parallélisme est absolu. On entre dans la vie éternelle par une nouvelle naissance qui ne peut être la répétition de la première. Notre mort, une naissance en Dieu est d’une autre nature, ou plutôt de surnature, d’au-delà de la nature (P. Chaunu).

1606 – La manière – La manière dont Dieu conduit les êtres nous échappe totalement (M. Zanotti-Sorkine).

1607 – Les endurcis – On parle toujours de « pécheurs endurcis ». Mais les gens endurcis dans la vertu valent-ils beaucoup mieux ? Toute dureté nous rend imperméable au divin (G. Thibon).

1608 – Le grotesqueOn peut avoir l’intuition de la justesse du fait chrétien. Mais on peut être navré de l’étroitesse des images qui l’ont traduit et le traduisent dans notre société, chez les hommes d’aujourd’hui, on peut être navré de tout ce qu’il y a de négatif dans la tête des gens au sujet du fait chrétien parce qu’ils le connaissent mal, le connaissent de travers, déformé, limité, infantile, grotesque (L. Giussani).

1609 – Le besoin – Quand tu t’adresse à Dieu parce que tu as besoin de lui, parce que tu es dans le besoin, n’imagine pas que tu l’aimes ; tu peux dire de Dieu que tu l’aimes quand tu n’as pas besoin de lui demander quelque chose, mais quand il existe simplement comme un être précieux, joie et beauté (Saint Augustin).

1610 – La raison – L’Histoire ne saurait engendrer la foi par raison nécessaire (B. Sesboüé).

1611 – La réalité – Avoir la foi consiste à croire qu’effectivement il y a autre chose que ce que nous voyons, la réalité allant bien plus loin que nous ne le pensons (B. Vergely).

1612 – La communion – Dieu Trinité : Dieu n’est pas une solitude éternelle, il est une communion éternelle. Dieu crée l’homme à son image : l’homme est un être de communion (communion avec les hommes et communion avec Dieu, commencée dès ici-bas). Le mystère de l’homme est que l’homme s’accomplit par la communion d’amour avec Dieu et avec son prochain (Patriarche Daniel).

1613 – La foi - Personne ne peut dire : « Je crois », sans ajouter aussitôt : « Viens en aide à mon incrédulité » (Frère Roger).

1614 – Les signes – Être les uns pour les autres comme des signes vivants de la lumière de Dieu (Mgr Dagens).

1615 – Le pardon – Nous sommes appelés à vivre contents de Dieu, c’est-à-dire à pardonner à Dieu de nous avoir faits tels que nous sommes, de nous avoir mis là où nous sommes (Cardinal Martini).

1616 – La vie – Dieu nous a aimés pour nous donner la vie. Dieu nous a appelés à la vie pour nous faire communier à lui (A. Bloom).

1617 – L’amitié – Tout homme a été créé ami de Dieu et appelé à cette amitié divine qui consiste dans la connaissance de Dieu, la communion avec lui, le partage de la même vie (A. Schmemann).

1618 – La curiosité – La Révélation ne nous a pas été faite pour amuser notre curiosité oiseuse mais pour nous conduire au salut (L. Bouyer).

1619 – Le sermon – Pierre vient de proclamer qu’il croit de toute son âme que Jésus est le Messie. Alors quand, aussitôt après, Jésus parle de sa Passion et de sa mort, Pierre prend Jésus à part et le sermonne : les messies n’ont rien à faire cloués sur une croix. Pierre croit savoir mieux que Jésus ce que Jésus a à faire (T. Radcliffe).

1620 – Le rafistolage – Celui qui prétend en avoir fini avec Dieu ne fait que rafistoler de vieilles idoles : l’argent, la volupté, les honneurs, le moi, enfin se met à diviniser des riens (F. Hadjadj).

1621 – L’amitié – C’est quoi l’amitié avec Dieu ? C’est prendre du temps en compagnie de Dieu. Nous devons apprendre à être heureux de prendre du temps avec Dieu. On passe du temps avec ses amis (T. Radcliffe).

1622 – La bonté – Le meilleur nom de Dieu, c’est celui de Bonté, qui exprime la logique du don. Dieu, qui est la source universelle, aime toutes choses. Dieu n’est pas envieux. Et il faut remonter vers Dieu comme bonté par des prières, comme quelqu’un qu’on admire (A. Gesché).

1623 – Le risque – En créant l’homme et en s’effaçant volontairement devant lui, Dieu a pris un très grand risque, puisqu’il a ouvert un espace à la liberté. Une liberté qui peut, en se révoltant, refuser l’amour de son Créateur. « Dieu peut tout sauf contraindre l’homme à l’aimer » (Fr. Varillon et O. Clément).

1624 – Le service – Dieu m’a créé pour que je lui rende un service bien précis. Il m’a confié une tâche qu’il n’a confiée à personne d’autre. J’ai une mission. Il se peut que je ne la connaisse jamais en cette vie ; mais on me la dira dans l’autre (Newman).

1625 – La fierté – Dieu ne se donne que dans la mesure où on lui fait place, où l’on sent le besoin de lui, où on le demande, où l’on reconnaît sa bonté, où l’on est vide de soi-même. Dieu est humble en face de notre fierté (M. Blondel).

1626 – L’inévitable – Accepter tout l’inévitable comme don de Dieu (M. Blondel).

1627 – La vérité – « Oh mon Dieu, je vous en supplie, répondez-moi quand je vous dis humblement : qu’est-ce que la vérité ? Faites que je vois les choses telles qu’elles sont, que rien ne m’éblouisse » (Prière de Thérèse de Lisieux).

1628 – Le n’importe quoi – Quand on ne croit plus en Dieu, ce n’est pas pour croire en rien, c’est pour croire à n’importe quoi (Chesterton).

1629 – Les choses – On avance dans les choses (de Dieu) à mesure qu’on se dépouille de son amour de soi, de sa volonté à soi, de son intérêt à soi (Ignace de Loyola).

1630 – Le commencement – La grâce est le commencement de tout, c’est l’Esprit Saint dispensé par Jésus et le Père (Cardinal Martini).

1631 – La haine – L’image la plus répandue par le christianisme est celle d’un supplicié cloué à une croix : Dieu n’est plus celui qui tue, mais celui que la haine a tué (J.-Cl. Barreau).

1632 – La simplicitéLe Christ : il vient de Dieu, il va à Dieu. Il va à Dieu entraînant l’homme dans l’immensité de Dieu. Il vient à nous à la crèche pour manifester la familiarité, la proximité, dont Dieu seul a le secret. Dieu plus petit que tout, plus grand que tout, simplicité de Dieu, humilité et majesté (A. Chapelle).

1633 – Les blessures – Dieu entre en nous par nos blessures (J. de Menasce).

1634 – La sagesse – Prière du matin pour le Juif : « Merci de m’avoir rendu la vie et d’ouvrir une fois de plus mon cœur à ta sagesse, à ta connaissance (E. Wiesel).

1635 – La prière – La prière, c’est aussi quand on n’a rien à demander à Dieu, c’est quand on peut lui dire : je ne vais rien te demander, je me remets en toute confiance entre tes mains et je voudrais faire ce que tu me demandes (A. Bloom).

1636 – La foi – Heureux le pauvre de cœur : c’est celui qui s’appuie non sur la richesse, mais sur Dieu seul, c’est celui qui s’en remet complètement et pour toute sa vie à Dieu, c’est celui qui vit de la foi, c’est le véritable homme de foi (Cardinal Lustiger).

1637 – L’issue – La Révélation chrétienne n’est pas une explication parmi d’autres explications que l’homme se serait données de l’énigme de son existence. Elle nous révèle à nous-mêmes ce que nous ne savions pas que nous étions. Elle nous introduit dans une dimension nouvelle de l’existence. Il n’y a pas d’issue humaine au drame de l’homme : les athées là ont bien raison. Mais ils ont tort quand ils pensent qu’il n’y a aucune issue (Jean Daniélou).

1638 – Le paraître – Pour saint Jean, le démon est le père du mensonge (Jn 8,44). Le démon est le grand illusionniste. Il nous pousse à donner de l’importance à ce qui n’a pas d’importance. Il nous fait vivre dans le monde de l’apparence et du paraître. Et c’est l’Esprit Saint au contraire qui nous affectionne aux choses de Dieu, qui introduit aux réalités souveraines (Jean Daniélou).

1639 – L’évidence – L’Esprit Saint ne peut rien faire d’autre que de nous rendre évidente la divinité du Christ (V. Lossky).

1640 – Le progrès – Approfondir sa relation avec Dieu n’est ni une affaire de tempérament ni une option, c’est un progrès offert à tous et nécessaire à chacun (Th.-D. Humbrecht).

1641 – Le droit – Qui est le Dieu vivant de l’histoire d’Israël et de Jésus ? Il est celui qui ne demande à personne le droit de nous parler et moins encore celui d’agir et d’exister (G. Martelet).

1642 – La conspiration – Tout conspire, sur cette terre, pour permettre à l’homme d’oublier Dieu (Th.-D. Humbrecht)

1643 – La véritéUn protestant et un catholique cherchent à se convertir mutuellement. Finalement le protestant décide de passer quelques mois à Rome pour en avoir le cœur net. La catholique se dit : c’est fichu, il va être écœuré. Or le voyageur revient membre de l’Église catholique. « Ce que j’ai vu au Vatican est tellement effroyable que je me suis dit que s’ils tiennent comme ça depuis depuis deux mille ans, c’est qu’ils ont la vérité » (A. Grosser).

1644 – La logique – Le chrétien moyen s’imagine que la force de Dieu consiste à anéantir ses adversaires, éventuellement à les envoyer se faire griller les fesses en enfer. Le Dieu des chrétiens, lui, n’agit pas comme cela, il a une autre logique. Le Dieu des chrétiens procède autrement. Ceux qui lui désobéissent, il cherche à les transformer de l’intérieur parce qu’il respecte leur liberté. Il cherche à faire en sorte que l’homme veuille librement son salut (R. Brague).

1645 – L’organisation – Il n’est pas vrai que l’homme, ainsi qu’on semble parfois le dire, ne puisse organiser la terre sans Dieu. Ce qui est vrai, c’est que, sans Dieu, il ne peut en fin de compte que l’organiser contre l’homme (Henri de Lubac).

1646 – L’injure – Ne pas faire à Dieu l’injure de trembler d’effroi à la pensée d’entrer un jour dans la maison du Père (M. Blondel).

1647 – Le tort – Parce que Dieu est Dieu, il n’est pas possible de lui faire tort, par exemple en lui désobéissant. Le seul tort que l’homme puisse faire, il se le fait à lui-même (Thomas d’Aquin).

1648 – Les museaux – Un jeune, qui était scandalisé par des pratiques de dévotion qu’il jugeait ridicules, s’en était ouvert à un vieux capucin. Et le vieux capucin lui avait répondu dans sa barbe : « Vous savez, mon ami, le catholicisme est un râtelier où il y a du foin à la hauteur de tous les museaux ». La formule peut paraître triviale, mais il y a quelque chose de divin dans une religion qui est capable de combler une vieille paysanne comme elle est capable de combler des professeurs d’Université, et des prix Nobel, et tant d’autres (G. Thibon).

1649 – Les préventions – Il y a des gens que les représentations affreusement mièvres de certains saints qu’ils voyaient dans leur enfance ont rempli d’indéracinables préventions contre ces saints eux-mêmes dont la violence et la magnanimité sont admirables (Cardinal Journet).

1650 – Les imbéciles – Que de fois l’ai-je rappelé : que Dieu préfère les imbéciles, c’est un bruit que depuis dix-neuf siècles les imbéciles font courir (Fr. Mauriac).

1651 – L’écorce – Pourquoi l’étude de la profondeur de la foi chrétienne ? Pour ne jamais se contenter de l’écorce des choses ni des mots (J. Kelen).

1652 – L’attente – Le Seigneur Jésus n’est étranger à personne parce que tous les hommes, au fond de leur être, attendent Dieu (J. Ratzinger).

1653 – L’intelligence – Comment un univers que je découvre, par ma science, tellement pétri d’intelligence ne serait-il pas le produit d’une intelligence ? (J. Daniélou).

1654 – Le raisonnable – Dans les choses de Dieu, c’est déjà beaucoup que nous comprenions qu’il est raisonnable de ne pas tout comprendre (M. Blondel).

1655 – La peur – Avez-vous peur de mourir ? Ma première réponse serait que Jésus-Christ n’a pas tellement apprécié de mourir. Cela ne lui a pas plu du tout, et je ne vois pas pourquoi cela me plairait davantage (R. Brague).

1656 – Les ailes – Ne plus s’incliner devant le divin, devant le mystère, ce n’est pas s’émanciper, comme tant d’athées l’ont fait accroire, c’est soi-même se rapetisser et se couper les ailes (J. Kelen).

1657 – L’éducation – Nous avons à faire l’éducation du sens divin et à restituer à ceux qui l’ont perdue l’intelligence de la pensée chrétienne (M. Blondel).

1658 – La vie – La vie est belle pour les ressuscités (Jankélévitch).

1659 – Le commencement – Avoir trouvé Dieu n’est pas une fin mais un commencement (Fr. Rosenzweig).

1660 – La libertéLa foi chrétienne s’efforce de montrer que le fait chrétien a une portée universelle. Pourquoi universelle ? Parce que les hommes ont une destinée commune. La prétention de la foi chrétienne, c’est d’ouvrir un espace de sens et de vie accessible à tous. La foi chrétienne met l’homme en question, et ce faisant elle ouvre l’homme à son propre mystère. Ce choix éventuel relève de la liberté de chacun. La foi chrétienne peut éveiller un intérêt, non forcer une adhésion. Elle peut tout au plus montrer un espace de sens et indiquer les gains et les pertes à s’y risquer (M. Neusch).

1661 – La trace – Le converti, c’est quelqu’un qui a perçu dans la foi, dans la communauté chrétienne, dans les livres, la trace d’un Dieu qui le cherche (C. Chalier).

1662 – Le bonheur – L’homme est construit pour le bonheur, et ce bonheur n’est réalisé qu’en Dieu (Surin).

1663 – La relation – L’homme est bien plus qu’une espèce animale particulièrement dominatrice parce que chacun y est unique aux yeux de Dieu et invité à entrer avec lui dans une relation singulière (J. Duchesne).

1664 – Le déshonneur – Bien qu’il y ait dans l’Église beaucoup de personnes saintes, et que la sainteté soit toujours la vraie vie, il y aura toujours aussi dans l’Église un grand nombre de personnes dont la vie sera un scandale et un déshonneur, non une défense de la foi chrétienne (Newman).

1665 – Le cadeau – Nous sommes devant Dieu comme l’enfant qui offre un cadeau à sa mère, pour rien, par gratitude… Nos actes, devant Dieu, sont ceux de serviteurs inutiles… Nous sommes des mendiants de sa surabondance (P. Chaunu).

1666 – Le risque – Pour Dieu, comme pour nous, le cosmos et la vie humaine sont des aventures à haut risque. Et ce risque, Dieu le partage avec nous. Il n’est responsable ni du mal ni de la mort. Sa victoire est notre victoire (P. Chaunu).

1667 – La souffrance – Hors la foi, la souffrance reste un mystère (M. Delbrel).

1668 – L’enfer – L’enfer n’est pas autre chose que le lieu où Dieu est exclu. Et cet enfer, nous le connaissons vraiment, c’est le monde moderne en rupture avec Dieu et bâti sur son refus (P. Evdokimov).

1669 – La source – Il n’y a pas de source qui ne puisse être gâtée, pervertie (P. Ricoeur).

1670 – L’histoire – Le salut est une histoire qui venant de l’éternité se fait dans le temps et nous entraîne vers l’éternité (O. Cullmann).

1672 – Le propriétaire – Je suis moi-même un mystère pour moi. Chacun de vous est sans doute un mystère pour lui-même. Donc je ne suis pas mon propriétaire. Il y a quelque chose de moi-même qui m’échappe à jamais, qui est de l’ordre du mystère. Dieu aussi est un mystère. Il est à jamais inaccessible, au-delà de toute saisie par nous-mêmes. Il est à tout jamais transcendant, au-delà de toute mainmise sur lui (G. Siegwalt).

1673 – L’essentiel - La prière (essentielle) est un désir au-delà de toute parole, de toute prière récitée, de toute prière avec des mots (Fr. Dolto).

1674 – La découverte – Si Dieu se découvrait continuellement aux hommes, il n’y aurait point de mérite à le croire ; et s’il ne se découvrait jamais, il y aurait peu de foi (Pascal).

1675 – La liberté – La vraie Toute-Puissance de Dieu, c’est qu’il laisse surgir une liberté capable de le renier (O. Clément).

1676 – La recherche – L’existence humaine est animée par la recherche de Dieu car, consciemment ou inconsciemment, elle est sans cesse mue par la question de sa propre existence. S’interroger sur Dieu, c’est s’interroger sur soi-même (R. Bultmann).

1677 – Le drôle – Quelle drôle de chose que la grande nation chrétienne qu’est la France empêche qu’on parle de Dieu à l’école ! (Lord Halifax).

1678 – Le moyen – Dieu est quelqu’un qui s’est révélé et ne peut être connu en dehors de la Révélation. Il faut rencontrer ce Dieu personnel par un engagement total : c’est le seul moyen de le connaître (V. Lossky).

1679 – L’expérience – Bien des gens pensent que si le Créateur du monde manifestait sa force à tous les athées, à tous les méchants et à tous les blasphémateurs en jetant sur eux ses foudres, il les convertirait, les rendrait raisonnables. En réalité, il n’en est rien. L’expérience montre que l’homme accueille la foi ou la rejette intérieurement, et les miracles n’y sont pour rien. Beaucoup de gens ont vu des choses extraordinaires, mais leur cœur n’a pas été touché, tandis que d’autres, qui n’ont rien vu, ont cru et sont appelés bienheureux : »Heureux ceux qui croient sans avoir vu (A. Men).

1680 – Le pressentiment – Il n’ a pas un seul homme qui n’ait une relation mystérieuse avec Dieu. Il n’y a pas un seul homme qui n’ait une aspiration à la bonté, un tressaillement devant la beauté, un pressentiment du mystère devant l’amour et devant la mort (O. Clément).

1681 – L’absence – Nous n’avons le droit de parler de Dieu aux autres que si nous apprenons aussi à parler à Dieu au nom des autres, et peut-être d’abord de ceux et celles qui se sont résignés à son absence et à son silence (M. Delbrel).

1682 – La lumière – L’Apocalypse dit en substance que le monde est rude, que le péché est affreux et que grandes sont l’injustice, la cruauté et l’oppression, les forces anti-humaines et démoniaques, mais que, tôt ou tard, l’Esprit finit toujours par être vainqueur. La lumière est victorieuse. L’Agneau, immolé depuis la fondation du monde, est vainqueur. L’Apocalypse proclame cet espoir et cette certitude (A. Men).

1683 – L’amoureux - Dieu est amoureux de sa créature qui n’est pas amoureuse de lui. Bloy écrivait : « Je me passe très bien de Dieu, dit le bourgeois. Quelle sera sa stupeur quand il verra que Dieu ne pouvait se passer de lui » (G. Thibon).

1684 – Le sommet – Le Tout-Puissant ne nous prend pas de lui-même au sommet, il nous y appelle. Et il juge suffisante notre immense faiblesse pour l’atteindre (P. Kéchichian).

1685 – La manière – Nous ne pouvons prescrire à Dieu la manière dont il agit (G. Siegwalt).

1686 – Les apports – L’Église a aussi son histoire propre avec beaucoup d’apports qui ne viennent pas de Dieu (Cardinal Danneels).

1687 – Les aléas de la vie – Dieu, s’il existe (et je le crois), a dû mettre dans le cœur de l’homme sa créature un immense désir de le rejoindre, un désir de la présence divine, grâce auquel l’homme peut répondre à l’amour dont Dieu l’aime. Et ce désir de Dieu présent en tout homme, les aléas de la vie font bien souvent qu’il est enfoui, hors d’atteinte chez beaucoup d’entre nous (G. Coq).

1688 – Le rôle – Quel est le rôle du chrétien ? C’est de porter l’humanité (O. Clément).

1689 – L’accomplissement – Dieu n’est pas celui qui se met en avant pour écraser le monde et l’homme par sa toute-puissance. Il est au contraire celui qui s’efface afin que le monde et l’homme puissent vivre, respirer et aller librement vers leur accomplissement (B. Vergely).

1690 – Les limites – En Christ, une vie d’homme peut toujours recommencer, si lourde de péché soit-elle ; un homme peut toujours abandonner sa vie au Christ pour que celui-ci la lui rendre libre et intacte. Et cette œuvre du Christ est valable pour l’ensemble de l’humanité, au-delà des limites visibles de l’Église (V. Lossky).

1691 – L’approfondissement - Béatitude éternelle : ne pas la concevoir comme fixité dans la contemplation, mais comme approfondissement constant de la connaissance d’un Dieu infini (R. Brague).

1692 – L’enfant – L’enfant qui dort, la mère qui le caresse, le vieillard qui écoute les bruits des arbres : de chacun Dieu est proche, en chacun Dieu est présent (Sagesse juive, dans E. Wiesel).

1693 – La splendeur - Dieu n’a pas fait sans raison la splendeur du monde (M. Blondel).

1694 – La main – Je puis lâcher la main de Dieu, mais lui ne saurait lâcher la mienne (H. Boulad).

1695 – La libération – On a proclamé : « Dieu est mort ! » et on a voulu croire à une libération. Mais l’homme ne se porte pas bien du tout (J. Kelen).

1696 – La parole – Évangélisation : laisser passer une parole qui ne vient pas de nous, mais de Dieu (Mgr Dagens).

1697 – La littérature – La Bible : une littérature voulue par Dieu pour nous dire quelque chose de son mystère (Ch. Delhez).

1698 – L’exigence – Une des plus étonnantes exigences de notre Dieu, c’est de tout demander en demeurant caché (Fr. Mauriac).

1699 – Les mots – Les mots qui essaient de dire la foi chrétienne ne cernent pas la réalité divine, ils nous orientent vers elle (G. Thibon).

1700 – Les illusions – Nos contemporains ont écarté les illusions religieuses pour entrer dans les illusion,s de la fête ininterrompue, de la récréation, de la consommation. Fiction que ce bonheur de gadgets, d’amour sans responsabilité et de santé parfaite (C. Delsol).

1701 – Le vertical – Tout être humain est aussi un être vertical. Il est référé à quelque chose qui le dépasse (G. Siegwalt).

1702 – L’injustice – Dieu : aucun mot n’a été aussi souvent souillé, aussi défiguré. Les générations humaines avec leurs divisions religieuses on déchiré ce mot ; il porte la trace de leurs doigts à elles toutes, et d’elles toutes il porte le sang. Où trouverai-je un mot qui lui ressemble pour désigner ce qu’il y a de plus haut ? Nous devons respecter ceux qui le vomissent parce qu’ils se soulèvent contre l’injustice et les vilenies qui se réclament volontiers d’un mandat de Dieu (Martin Buber).

1703 – L’avantage – Dieu est discret. C’est un avantage qu’il a sur beaucoup de ceux qui parlent de lui comme sur beaucoup de ceux qui dénient son existence (J.-Fr. Deniau).

1704 – Le mystère – Celui qui a découvert ce qu’il y a de mystère dans le monde ne s’étonnera plus qu’il y en ait dans la révélation (Origène).

1705 – L’ouverture – L’Evangile n’a été donné qu’une fois. La foi chrétienne est la même pour tous. Mais l’accueil n’est pas le même chez tous, puisque chacun la reçoit selon sa propre capacité spirituelle, selon son ouverture à Dieu (C. Kessler).

1706 – La porte – Il y a possibilité de salut pour tous, à condition de vouloir ouvrir cette porte fermée au plus profond de soi (Cl. Vigée).

1707 – La négligence – Révérer Dieu ne dispense nullement de s’occuper des hommes. Mais à ne servir que les hommes et la planète, on en vient à négliger Dieu (J. Kelen).

1708 – L’aventure – Pour le Tout-Puissant, créer n’est pas une petite affaire, une partie de plaisir. C’est une aventure, un risque, une bataille où il s’engage tout entier (Teilhard e Chardin).

1709 – L’ouverture – Le Christ ouvre tous les temps à l’éternité du Dieu vivant (O. Clément).

1710 – Le laboratoire – L’Église est le lieu où l’on avance vers la résurrection, elle est le laboratoire de la résurrection (Staniloae).

1711 – Les contemporains – Vouloir guérir de tout n’étanche pas le désir d’infini, et prolonger l’existence des individus ne leur procure pas la vie éternelle. Mais nos contemporains préfèrent s’illusionner, ils ne veulent ni mourir, ni apprendre à mourir (J. Kelen).

1712 – La dimension – La résurrection représente l’événement central de l’histoire, qui a fait basculer l’univers dans une nouvelle dimension (H. Boulad).

1713 – La préparation – L’Église est préparation : elle nous prépare à la vie éternelle. Sa fonction est donc de faire de toute notre vie une préparation. Sans cette dimension fondamentale de préparation, il n’y a tout simplement pas de christianisme et pas d’Eglise. Et en même temps l’Église est accomplissement dès maintenant : communion avec Dieu (A. Schmemann).

1714 – Le rendez-vous – Le rendez-vous de Dieu avec un seul peuple (Israël) permet à Dieu de les rencontrer tous (A. Neher).

1715 – Les appels - Conviction de notre foi chrétienne : personne ne reste en dehors des appels de l’Esprit (E. Pousset).

1716 – Le besoin – La vérité ne se donne pas d’emblée, on a besoin d’y être conduit (J. Guitton).

1717 - Le problème – Le tragique de la condition humaine tient en ceci : l’homme, créé pour la joie et la vie, se trouve en fait devant la souffrance et la mort. Les premières pages de la Bible déjà et avant tout posent le problème (Fr. Varillon).

1718 – Les oreilles – Comme nos oreilles entendent nos voix, c’est ainsi que Dieu entend nos pensées (Saint Augustin).

1719 – L’initiation – Le Seigneur Jésus nous a réellement initiés à l’existence éternelle de Dieu (G. Martelet).

1720 – L’humilité – Sans humilité, nous ne pouvons pas voir Dieu (Saint Tikhon de Zadonsk).

1721 – Les chuchotements – Je vous recommande une grande fidélité aux chuchotements du Saint-Esprit (Dom Marmion).

1722 – La qualité – Le Ressuscité dit à Pierre : « Pais mes agneaux » (Jn 21,15). Paître le troupeau, c’est rendre aux agneaux l’intelligence du Christ, leur restituer leur qualité d’enfants de sa pensée, les ramener dans son royaume (V. Zielinsky).

1723 – Le choix – L’athéisme est une religion comme les autres, même si elle s’ignore. L’agnosticisme lui-même, qui se proclame sans aucune certitude, n’est pas délivré de la croyance, ne serait-ce que parce qu’il doit avoir foi en son choix agnostique (J.-Cl. Guillebaud).

1724 – L’intelligence – Peut-on aimer Dieu de tout son cœur sans l’aimer avec son intelligence ? (A. Chapelle).

1725 – Le dépassement - Le ministère, c’est marcher sur l’eau, ça nous dépasse de toutes parts (Mgr Leuliet).

1726 – Les portes – Avant tout, prie pour que les portes de la lumière te soient ouvertes, car personne ne peut voir ni comprendre si Dieu et son Christ ne lui donnent de comprendre (Saint Justin).

1727 – La logique - Le hasard, c’est peut-être la logique de Dieu (G. Bernanos).

1728 – La connaissance - L’Église, c’est Israël ouvert à toutes les nations qui viennent chercher la connaissance du Dieu vivant (Cl. Tresmontant).

1729 – Le défaut – Le grand défaut de Dieu pour nous, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi, c’est qu’il est caché ; aussi a-t-il ménagé notre faiblesse en se révélant dans ses saints (M.-J. Lagrange).

1730 – Le rationnel – La foi en Dieu est rationnelle, c’est l’athéisme qui ne l’est pas (M.-C. Ceruti-Cendrier).

1731 – Les tourments – Le Dieu vivant agit dans les tourments de l’âme humaine (Revue Contacts n° 247 consacré à Olivier Clément).

1732 – Le vaccin – L’histoire est utile pour le croyant : indispensable vaccin contre deux maladies infantiles menaçant toute religion : l’angélisme et l’intégrisme. Tout est historique, y compris la Bible et Jésus (Le Monde des livres, 12/07/96).

1733 - Le devoir – Notre devoir n’est pas de renoncer à la vie, mais de la rapprocher de Dieu (A . Heschel).

1734 – Le clown – Qu’est-ce que c’est que la miséricorde ? L’Éternel va chercher sa brebis perdue. Il sait que sa créature est une sorte de clown qui se prend chaque fois les pieds dans le tapis. Mais chaque fois aussi, comme avec le clown, ses échecs sont la possibilité d’une grâce (F. Hadjadj).

1735 – L’attente – Si tu attends, pour parler de Dieu, d’avoir trouvé des paroles dignes de lui, tu n’en parleras jamais (P. Clavier).

1736 – La grâce – Dieu ne contraint personne, mais il offre sa grâce à qui la cherche (Clément d’Alexandrie).

1737 – L’interrogation – Interroger les Écritures et aussi interroger ceux qui les ont interrogées avant nous (C. Chalier).

1738 – Le vide – La Bible est vide de sens pour quelqu’un qui, a priori, n’a pas l’intention de servir Dieu (Y. Leibowitz).

1739 – La prière – Celui qui ne prie pas le Seigneur prie le diable (Léon Bloy).

1740 – Le rien – La thèse centrale de l’Ecclésiaste : « Fais vraiment sérieusement ce que tu fais et n’y attache aune importance ». Les cinq pains et les deux poissons, ça ne sert évidemment à rien pour nourrir la foule, mais si on ne les apporte pas, il ne se passera rien (J. Ellul).

1741 – Le choix – Dieu est notre Créateur. Du point de vue de Dieu, il n’y a qu’une possibilité pour nous : que nous allions à lui, puisque notre centre est en lui. Du point de vue de l’homme, créé libre, il y a aussi la possibilité de se donner le choix entre le Bien et le Mal (E. Pousset).

1742 – Les vertueux – Dès que l’occasion s’en présente, l’Évangile ne cesse de stigmatiser les vertueux bien-pensants. Pourquoi ? Parce que la vertu, si exaltée et si grandiloquente qu’elle soit, peut contenir de la fausseté (Fr. Dolto).

1743 – La nuit – La croix, c’est la foi nue d’un homme réduit à l’impuissance et capable de dire dans cette nuit : « Père, je remets ma vie entre tes mains » (A. Sève).

1744 – La certitude – Lorsque mon esprit défaille, lorsque les plus intelligents ne voient rien au-delà du soir et ne savent plus ce qu’ils devront faire le lendemain, alors Seigneur, tu m’envoies dans la lumineuse certitude : Tu existes et Toi-même prendras soin que tous les chemins du bien ne soient pas barrés (Prière de Soljenitsyne).

1745 – L’intérieur – Ce ne sont pas les persécutions extérieures qui sont les plus terribles pour l’Église mais bien celles qui viennent de l’intérieur, de son propre péché, de l’infidélité de ses membres (Benoît XVI).

1746 – Quelqu’un – Puisque l’être humain est quelqu’un, et pas seulement quelque chose, l’explication dernière de ce qui lui arrive doit se trouver auprès de quelqu’un et pas seulement de quelque chose. La mythologie est le premier pas sur le chemin de la vraie religion ; elle est par essence religieuse (E. Gilson).

1747 – La mémoire – A l’Église revient par grâce de maintenir vivante la mémoire de cet événement historique qu’est la révélation divine dans le Christ (. Rahner).

1748 – Les preuves – Il n’y a aucune évidence de l’existence de Dieu, il n’y en eut jamais et il n’y en aura pas. Si on attend l’apparition, si on attend le miracle, on peut attendre longtemps ; et toujours on soupçonnera d’avoir mal vu, par distraction, illusion ou même hallucination, qui sont toujours convaincantes mais peut-être dues à ce que l’on vient de boire. Si on attend des preuves, elles ne viendront pas (A. Jenni).

1749 – Les prolongements – Il y a l’Évangile et il y a tous ses prolongements spirituels à travers les siècles (C. Chalier).

1750 – Les portes – L’eucharistie signifie toujours que le Christ, de l’extérieur, vient vers nous à travers les portes fermées (J. Ratzinger).

1751 - Les secrets – Dieu peut avoir des secrets qu’il ne communique pas (J. Guitton).

1752 – Le problème – Vers l’an 200, on disait dans les milieux païens, qui étaient majoritaires : « Gaïus ? Un type bien. Dommage qu’il soit chrétien ! ». Le problème avec les chrétiens : des gens comme tout le monde mais qui osaient ne pas prier comme tout le monde (L. Jerphagnon).

1753 – Les voleurs – On ne peut pas interpréter l’histoire de l’Église à partir des abus et des perversions de ses membres, comme si on écrivait une histoire de l’Angleterre à partir de ses voleurs de grands chemins (Newman).

1754 – L’image – Le bon larron est devenu l’image de l’espérance, la certitude consolante que la miséricorde de Dieu peut nous rejoindre même au dernier instant, la certitude même que, après une vie d’erreurs, la prière qui implore la bonté n’est pas vaine (Benoît XVI).

1755 – Le dernier instant – La grande faute de ‘l’homme, ce n’est pas tant les péchés qu’il commet. La tentation est puissante et l’homme est bien faible. Non ! La grande faute de l’homme, c’est de pouvoir à tout instant retourner vers Dieu et de ne point le faire (D’un spirituel juif du XIXe siècle, cité par M. Buber).

1756 – L’assurance – Comment pourrait-on être assuré dans sa foi si, depuis vingt siècles, le Christ n’avait jamais manifesté sa présence à ses disciples ? (P. Descouvemont).

1757 – Le scandale – L’Écriture : Parole de Dieu. Et en même temps on peut parler de l’humilité de l’Ecriture, de l’humble et scandaleuse condition du texte. Qu’y a-t-il donc dans ce pauvre texte de l’Écriture ? Et comment en proclamer la fécondité ? (A. Chapelle).

1758 – La dispense – Être chrétien ne dispense pas de chercher Dieu ( A propos d’un livre de L. Basset).

1759 – Les grains de sable – Nous croyons qu’il y a un sens à ce que nous faisons, à ce que nous vivons ; nous croyons qu’il y a de l’intelligible. Ce sens qu’il s’agit d’appréhender, de découvrir, nous le relions à Dieu, qui en est la cause, et à son Esprit. Il n’y a pas de hasard, nous ne sommes pas des grains de sable ballottés par la mer et le vent (J.-Fr. Bensahel).

1760 – Le pouvoir – Pour laisser Dieu « entrer » en nous, il nous faut nous retirer comme lui, le Créateur, s’est retiré pour nous laisser être. En créant l’homme, Dieu s’est retiré, il a cessé de commander partout où il en avait le pouvoir (J.-Cl. Barreau).

1761 – Les poissons – Les oiseaux volent, les poissons nagent et les hommes prient (Isaac le syrien).

1762 – Les portes – Avant tout, prie pour que les portes de la lumière te soient ouvertes (Saint Justin).

1763 – La vie – Qu’est-ce qu’une vie sans éternité ? Une vie sans espérance d’éternité est-elle une vie véritablement humaine ? (J.-Fr. Gosselin).

1764 – La proximité – Prier pour que le Seigneur nous aide à ne pas perdre le sentiment de sa grande présence, à ne pas nous morceler, à ne pas nous laisser engluer dans le marais des choses insignifiantes, mais à vivre toujours de telle manière que nous sentions la proximité du ciel (Alexandre Men).

1765 - Le privilège – Quand le Christ invite à baptiser toutes les nations, il n’en privilégie aucune. Bien mieux, il est le premier à étendre la notion de peuple élu à toute l’humanité (Chr. Chabanis).

1766 – Le malheur – La foi, c’est, en dépit du malheur, savoir qu’on est aimé de Dieu. L’existence du mal est sans doute la plus forte objection contre l’existence d’un Créateur bon et tout-puissant (J.-Fr. Malherbe).

1767 – L’inconnu - Le chemin de la découverte de Dieu passe nécessairement par la prière. Dieu arrive comme un inconnu qui se dévoile à l’homme qui ne le connaissait pas. « Dieu, personne ne l’a jamais vu ». Voir Dieu ne peut être qu’une ultime grâce, et cela est proposé comme une espérance. La Révélation se présente comme donnant accès à un Autre que ce que l’homme peut imaginer (Cardinal Lustiger).

1768 – Les instants – Il n’y a que deux instants de nudité et de pureté parfaites dans la vie humaine. La mort est indispensable pour l’accès à l’éternité (S. Weil).

1769 – L’émerveillement – Que des disciples de Jésus, après l’avoir retrouvé, au-delà de sa mort, invulnérable, vivant dans le monde de Dieu, et cependant le même exactement que celui qu’ils avaient connu aussi proche, aussi naturel, cela pourrait expliquer qu’ils aillent communiquer leur joie autour d’eux et clamer partout leur émerveillement (J. Guillet).

1770 – La rencontre – On ne peut rencontrer Jésus pour le connaître, l’aimer, l’imiter, sans un recours concret, constant, obstiné, à l’Évangile, sans que ce recours fasse intimement partie de notre vie (M. Delbrel).

1771 – L’enfant - Le Christ va baptiser dans l’Esprit pour que l’Esprit fasse entendre à tous ce que le Père leur dit en Christ : « Tu es mon fils, tu es ma fille, mon enfant bien-aimé » (D. Bourguet).

1772 – Le passage – La résurrection de Jésus n’est pas la réanimation d’un cadavre, mais le passage d’une vie mêlée de mort à une vie mêlée d’éternité (O. Clément).

1773 – Le plaisir – « Personne ne vient à moi si mon Père ne l’attire ».Ne t’imagine pas que tu es attiré malgré toi : c’est par l’amour aussi que l’âme est attirée. C’est par le plaisir que tu es attiré. Il y a un certain plaisir du cœur pour celui qui trouve délicieux le pain céleste. Chacun est attiré par son plaisir, dit le poète. L’homme est attiré par le Christ. Le corps a ses plaisirs, l’âme a les siens (Saint Augustin).

1774 – L’expérience – L’expérience de ceux qui ont accompagné Jésus sur les routes de Galilée était double. Cet être est certainement un homme à tous égards : anatomiquement, physiologiquement, psychologiquement, etc. Mais il n’est pas seulement un homme. Il est capable d’enseigner une science qui ne peut venir que de Dieu. Il est capable de guérir, ce qui est l’œuvre même du Créateur. Il est capable de se manifester vivant après la crucifixion (Cl. Tresmontant).

1775 – Le fœtus – Difficulté d’imaginer une vie de ressuscité par-delà la mort. Analogie du grain de blé. Il y en a une autre. Notre vie d’ici-bas ressemble à celui d’un fœtus dans l’univers limité du sein de sa mère. Quand il en sort, c’est l’épouvante. Notre mort sera comme une naissance, à savoir une irruption dans un monde aux traits insoupçonnés. Là encore il y a continuité et rupture (M. Quesnel).

1776 – La littérature – L’étonnante stupidité qui traverse tant de littérature pieuse (Ph. Braud).

1777 – La société – Il n’est pas très étonnant que l’Église n’ait pas été, sur certains points, plus clairvoyante que la société dans laquelle elle se trouvait. Ce que je dis n’excuse rien (Mgr Rouet).

1778 - La voix – Dieu n’écoute pas la voix mais le cœur (Saint Cyprien).

1779 – L’action – La Trinité existait avant d’être révélée et peut toujours agir là où elle ne l’est pas encore (M. Zundel).

1780 – La nouveauté – Le premier trait qui caractérise le christianisme est qu’il est essentiellement foi à un événement, celui de la résurrection du Christ. Cet événement constitue une irruption de Dieu dans l’histoire qui modifie radicalement la condition humaine et constitue une nouveauté absolue. Or ceci distingue complètement le christianisme de toutes les autres religions (J. Daniélou).

1781 – La semence – Tout ce qui naît de bon dans l’âme humaine est semé par le Logos de Dieu (Origène).

1782 – Le grain – Être transformé, c’est mourir et renaître. La mort n’est donc pas une fatalité, elle est un moment nécessaire de toute croissance. Pas de moisson sans la mort du grain (Fr. Varillon).

1783 – Le désir – On ne prie pas seulement parce que Dieu le demande ou pour obtenir telle grâce, mais simplement avec le désir et la joie de se tenir en présence de Dieu (Ph. Ferlay).

1784 – L’importance – Marie, la Mère de Jésus, devrait être davantage aimée par les hommes de notre temps. Aucun être humain ne s’est vu assigner par Dieu une plus grande importance pour le Messie que cette femme (Cardinal Martini).

1785 – L’intuition – Le christianisme affirme que seule la croix du Christ peut réconcilier les contradictions de la vie. Mais une telle vérité ne se découvre pas par la raison, elle se découvre par l’intuition donnée à ceux qui ont le cœur pur (selon Mt 5,8). Le cœur est l’organe de la connaissance intuitive s’il est purifié par l’amour et illuminé par l’Esprit (Th. Spidlik).

1786 – La conviction – C’est un fait indéniable et historique que, si les disciples, désemparés, effondrés par la tragédie du calvaire, ont été métamorphosés soudain en apôtres passionnés, c’est qu’ils avaient en eux la conviction absolue, frénétique, d’avoir revu vivant, revu de leurs yeux leur Maître assassiné. Des imposteurs ? Les témoins qui se font tuer ne peuvent pas être des imposteurs. On ne meurt pas, on ne se fait pas tuer, pour soutenir un mensonge (H. Guillemin).

1787 – La Révélation – L’Évangile apporte au monde une Révélation qu’il ne pouvait soupçonner (J. Guillet).

1788 – La démonstration – Tout chrétien qui prend sa foi au sérieux fait cette expérience : n’importe quel événement prend sa signification dans sa référence au Christ. Cela ne se démontre pas, cela ne se révèle que dans le jeu de la foi (G. Ganne).

1789 – Le mystère - L’Ancien Testament manifestait le vrai Dieu mais ignorait le mystère du Dieu crucifié et ressuscité (P. Evdokimov).

1790 – Le paradis – C’est quoi le paradis pour vous ? Pour Alphonse Allais, le paradis serait « une terrasse de café d’où l’on ne partirait jamais » (F. Hadjadj).

1791 – Le principe – La morale chrétienne part de ce principe : Demeure auprès du Seigneur qui t’est donné (J. Becker).

1792 – Le dialogue – Un dialogue est possible avec Dieu, car il y a une parole de Dieu. Dans l’Alliance, Dieu propose à l’homme de partager sa vie intime, sa vie personnelle. C’est cela l’Alliance. Le péché, c’est justement la rupture ou l’obscurcissement de ces relations d’amitié. Le péché fait que l’amitié de Dieu ou bien est refusée, ou bien se voile et s’obscurcit (G. Ganne).

1793 – L’enseignement – Le Christ nous apporte un enseignement totalement nouveau au sujet de Dieu lui-même : Dieu est Père et Fils. Jésus se reconnaît comme Fils de Dieu, envoyé par le Père pour sauver le monde (A. Schmemann).

1794 – La confirmation – La résurrection de Jésus est la confirmation victorieuse de la prétention de Jésus d’être le Sauveur absolu (B. Sesboüé).

1795 – La victoire – Il ressuscitera le troisième jour : le temps nécessaire pour que la mort soit réelle et que la victoire soit totale (J. Guillet).

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