25/3. Un chemin vers Dieu

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Un chemin vers Dieu

11. Le Seigneur aujourd’hui

«  Certes, après la résurrection il est au ciel, mais il est autant auprès de tout homme et en tout homme qui croit en lui et qui l’aime. Désormais on ne peut plus le localiser, il a la liberté de se trouver simultanément à plusieurs endroits. Il est au ciel et il est auprès de nous sur terre. Et puisque lui, l’incommensurable, est avec nous, créatures limitées, nous aussi nous sommes partout où le Seigneur se trouve, que nous le sachions ou non  » (Jean. Le discours d’adieu, t. I, p. 106).

« La majeure partie de ce qui touche le Seigneur demeure toujours cachée. On montre certes l’hostie, lors de l’exposition, mais on la montre sous le signe du mystère caché… Montrée ou non, l’hostie sous ces deux possibilités débouche sur le mystère commun de sa vie et de la nôtre. Le Seigneur crée dans notre vie une place pour la sienne, qui est à la fois cachée et apparente; il fait de notre vie en même temps une vie cachée et montrée » (Jean. Le discours d’adieu, t. I, p. 167-168).

Après le long séjour intemporel du Fils dans les enfers, la résurrection, c’est comme si la main du Père se posait tout à coup sur son épaule; le Fils sent cette main et, dans la joie qu’il en éprouve, il ne perçoit pas qu’il est conduit par elle. Tout ce qui est arrivé auparavant est secondaire; seule importe la main du Père. Cette main est la lumière.

Tant que le Fils accomplit sa mission terrestre, il rend témoignage au sujet du Père et de l’Esprit. Dans la résurrection, il rend témoignage sur lui-même. Comme un artiste qui signe sa toile, comme un acteur qui, après la pièce, se présente devant le rideau. Le Fils peut le faire à la fin, quand il a abandonné tout ce qui lui appartenait: sa divinité dans la souffrance, l’Esprit qu’il a remis au Père, son humanité qui s’est détachée de lui dans la mort. En ressuscitant il montre que tout cela était l’œuvre de Dieu, que tout cela il l’a fait en tant que Dieu infini, qui est en même temps homme parfait. Dans la résurrection, le Père et l’Esprit ne sont pas seulement acteurs ; comme le Fils ils reçoivent aussi quelque chose: ils reçoivent dans leur sein le Dieu homme parfait, comme une communion. Le Fils introduit sa chair et son sang dans l’échange trinitaire. Parce que le Fils s’est dépouillé de tout et qu’à la fin il n’a plus rien, il peut donner son tout à tous: au monde comme à Dieu lui-même.

L’atmosphère des rencontres de Jésus ressuscité avec ses apôtres est incroyablement tendre; c’est tout le contraire d’une contrainte. Le Seigneur demande à Pierre : « M’aimes-tu? » Il ne lui demande pas : « Pourquoi m’as-tu trahi? » La résurrection de Jésus d’entre les morts signifie l’absolution pour le monde entier.

La résurrection du Fils est la révélation d’un mystère du Père, qu’il avait réservé depuis toujours pour la nature humaine et qu’il lui livre maintenant par le Fils. Le Père ressuscite le Fils mais dans le but de nous ressusciter nous aussi. De la sorte, le sens de l’existence humaine se laisse contempler à partir de la résurrection. Depuis que le Fils est ressuscité, le sort de l’humanité est scellé définitivement. L’homme ne peut plus se conduire comme un être purement terrestre, temporel, transitoire. Et si la puissance du pécheur s’arroge le droit de vouloir disposer de soi dans le temps, la résurrection du Fils l’avertit que la puissance de Dieu disposera de lui dans l’éternité et en a déjà disposé. Là où l’homme se heurte à sa limite inconditionnelle: la mort, là intervient la puissance inconditionnelle de Dieu. Par la résurrection, les limites de notre existence s’effacent. Elles s’effacent par la puissance de Dieu qui se révèle pleinement là où notre totale impuissance atteint, elle aussi, sa pleine manifestation. En raison de la liberté que Dieu nous a donnée, nous pouvons nous donner l’illusion de disposer de toute notre existence. En fait le Père dispose de nous en raison de la résurrection du Fils. L’homme de l’Ancien Testament demeurait dans l’incertitude sur ce que Dieu ferait de celui qui sombre dans la mort ; la résurrection du Fils a mis en branle un mouvement irréversible vers le Père, un mouvement qui nous condamne à la résurrection.

Le Seigneur ressuscité ne s’est pas évanoui dans un ciel inaccessible ; ayant cheminé sur la terre, il constitue toujours le pont efficace reliant le quotidien humain à Dieu. Il est près du Père comme il est près de nous. Au ciel, maintenant, le Fils sait toujours qu’il a été homme sur terre. Aucun des hommes que le Père a donnés au Fils ne doit se perdre. Avant tout il doit les ressusciter au dernier jour: c’est ça la grande volonté du Père.

La mission du Seigneur n’est pas achevée avec l’Ascension. D’une manière différente, que nous ne pouvons plus concevoir, il continue à participer à la vie et aux souffrances de son Église de sorte qu’on ne peut tracer une ligne de séparation entre la souffrance des croyants et la sienne. La béatitude dont le Seigneur jouit auprès du Père ne l’empêche nullement d’être sensible aux offenses du péché d’aujourd’hui comme il était sensible autrefois aux offenses de ses contemporains. C’est pourquoi le Seigneur fait partager aussi dans l’amour le mystère de sa souffrance à ceux qu’il veut.

La présence du Seigneur demeurera toujours dans l’Église. Elle ne finit pas avec la mort du Seigneur sur la croix. Il n’a pas utilisé son Incarnation pour éveiller en nous un désir impossible qui ne peut se réaliser sur terre ; il est venu pour rester au milieu de ceux qui croient en lui. Ils doivent le savoir: « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ». Cette parole a son origine dans le séjour de Jésus parmi ses disciples et elle sera valable pour tous les siècles. C’est pourquoi les disciples, qui l’ont au milieu d’eux, ne doivent se faire aucun souci. Il y a des soucis qu’on peut tranquillement mettre de côté quand on a la possibilité d’avoir une conversation avec le Seigneur. Cette conversation s’appelle la prière. La vie chrétienne n’est pas pensable sans le désir de la proximité du Seigneur.

Nous sommes une fois pour toutes dans la prière du Christ; non en nous y plaçant nous-mêmes, mais en raison de la plénitude de sa grâce. De sa part, il s’agit d’une invitation sans artifice, qui ne souffre aucune exception: c’est pour tous, en effet, qu’il est venu dans le monde; et tout homme, croyant ou non, s’il consultait l’Écriture, pourrait affirmer: je suis concerné.

Le Fils ne s’est pas donné seulement durant les trente années de sa vie terrestre; sa mort sur la croix fut la garantie qu’il demeurait continuellement parmi nous. Ce que le Fils était quand il vivait parmi nous, il le demeure. En mourant il a livré sa chair et son sang, et il a promis qu’il serait là quand deux ou trois seraient rassemblés en son nom si bien que nous le possédons ici-bas un peu comme le Père le possède au ciel. Chaque parole de l’Écriture sert à rendre son nom vivant, à expliquer sa vérité, son être, à montrer sa présence.

À l’une des novices de l’Institut Saint-Jean, Adrienne disait un jour: « Vous n’avez pas assez de foi. Il faut que vous croyiez plus fort au Christ. Il faut croire qu’il est si réel qu’il pourrait ouvrir la porte de cette pièce d’un instant à l’autre et entrer ». Sans le dire, Adrienne parlait d’expérience. Le chrétien doit apprendre que l’absence du Seigneur est toujours aussi une présence. Le Seigneur est au centre de tout: toute rencontre véritable entre croyants n’est plus possible qu’en lui.

Le Seigneur sait que tout repose dans la paix du Père et que le pire qui puisse arriver à lui autrefois et aux siens aujourd’hui est encore un don de la paix du Père. Mais la paix du Seigneur est l’opposé de la paix du monde: elle prive de toute sécurité.

Le Fils connaît les hommes de trois manières : il les connaît par le Père auquel ils appartiennent depuis toujours; il les connaît par son séjour au milieu d’eux; et il les connaît par la croix qui lui a révélé leurs péchés d’une manière nouvelle parce qu’il les porte intérieurement et que leur rébellion contre sa pureté divine et humaine l’a plongé dans la plus profonde souffrance. Parce qu’il connaît bien les hommes et qu’il sait combien ils sont infidèles et inconstants, et que la plus petite chose peut les faire changer d’avis, il crée pour eux les sacrements. Les sacrements sont des événements instantanés, descendant du ciel comme des éclairs, comme à la verticale sur l’horizontale de la vie humaine, comme des avertissements et des rappels, mais aussi comme des signes indéniables d’une présence divine. Ainsi envoie-t-il du ciel l’Esprit Saint sur les croyants comme sacrement de la Pentecôte.

Il y a dans l’Incarnation une promesse de l’eucharistie, la promesse que Dieu demeure au milieu de nous, et l’Esprit est garant de cette promesse. Il y a dans l’eucharistie une confirmation de l’Incarnation. S’il n’y avait pas eu l’Incarnation, je ne serais pas devenu le frère du Christ, il manquerait à ma vie une qualité particulière. Si je recevais l’eucharistie sans croire à l’Incarnation, ma communion ne serait plus rencontre en moi de l’eucharistie et de l’Incarnation, elle serait sans fondement.

Le croyant ne peut communier que s’il croit à la parole du Seigneur: Ceci est mon corps. Il renonce à la comprendre avec sa raison naturelle. Le pur miracle s’introduit dans sa vie. En chaque eucharistie est annoncée la mort du Seigneur, son sens pour tous les hommes d’aujourd’hui. Chaque eucharistie les ramène à cet essentiel.

Quand nous recevons le corps du Seigneur, nous lui accordons un nouveau droit de disposer de notre vie. Par la vraie communion nous avons une plus grande participation aux choses que nous ne contrôlons pas nous-mêmes et dont nous ne disposons pas. Ce qui appartient au Seigneur prend plus de poids. Nous ne savons pas la forme que prendra la nouvelle grâce, quelle forme d’exigence elle prendra.

L’Église est une compagnie du Seigneur. Il ne veut pas une Église d’isolés: il fait célébrer son repas par une communauté. Il a choisi, pour se donner, la forme de l’eucharistie. En tant que nourriture, elle correspond en nous à un besoin physique; mais l’homme est aussi un être qui vit en compagnie et il aime prendre ses repas en société.

Il y a deux aspects dans l’eucharistie : une « descente » du Fils dans l’Église et un entraînement des croyants dans les mystères de l’être divin. L’Esprit Saint opère l’existence eucharistique du Fils dans l’Église comme au début il a opéré l’Incarnation dans le sein de Marie qui, en tant que Mère virginale, est devenue le modèle de l’Église à qui le Fils se donne de manière nuptiale dans le mystère eucharistique.

Puisque le Seigneur est Dieu, dans chacune de nos rencontres avec lui il y a plus que ce qu’on peut en saisir. Jamais nous ne pouvons considérer une rencontre avec lui comme terminée et close. On ne peut pas prétendre définir ce qu’est une communion. On est toujours dépassé par l’action, par la nature et par le mystère du Seigneur. Le mystère de la communion réside en lui, non en nous.

12. La mission de l’Esprit

« L’envoi du Saint Esprit dépend du départ du Seigneur. Bien que le Seigneur possède l’Esprit, les deux ne sont quand même pas présents simultanément. Le Seigneur doit partir afin de faire place à l’Esprit. Il est donc évident que l’Esprit ne vient pas spontanément, mais doit être envoyé. Il est la troisième personne en Dieu. Sa venue est donc une nouvelle étape de la révélation qui ne peut être inaugurée indépendamment de la révélation du Fils. Mais le Fils a accompli sa mission parmi les hommes. Il n’a pas outrepassé les limites de sa tâche terrestre déterminée. Maintenant qu’il s’en va, sa mission doit prendre des dimensions universelles. Il a défriché le champ. Il a simplement montré Dieu et son amour. À présent, c’est l’Esprit qui vient, l’Esprit qui a formé sa vie d’homme, mais s’est retiré ensuite pendant le séjour terrestre du Seigneur. Il vient pour faire connaître toute la plénitude, toute la richesse céleste du Fils et de sa révélation » (Jean. Le discours d’adieu, t. II, p. 104-105).

L’œuvre de transformation que l’Esprit a à opérer dans les hommes est aussi prodigieuse que l’œuvre de création du Père et que l’œuvre de rédemption du Fils. Le travail terrestre du Fils n’était pas pour Dieu quelque chose d’exceptionnel, un bref intermède dans son repos éternel. Il fut pour nous, les hommes, l’apparition compréhensible de l’éternelle activité de Dieu, il s’insère dans son travail éternel. Dieu aura encore beaucoup de travail jusqu’à ce que tous les hommes soient devenus croyants et que tous les croyants soient devenus des hommes spirituels.

L’Esprit scrute tout, jusqu’aux profondeurs de Dieu, mais il possède aussi une connaissance exacte de l’homme. Il connaît si bien Dieu qu’il trouve en lui non seulement une réponse totale à la question générale de l’humanité, mais aussi une réponse à chaque question particulière de chaque personne, ce qui rend évident que l’Esprit possède aussi une connaissance exacte de chaque personne.

Le Fils se trouve sous la protection de l’Esprit tout au long de sa vie. L’Esprit accompagne le Fils en toutes ses expériences divino-humaines et il le révèle. Il parle en toute parole qu’exprime le Fils, il opère en tout miracle du Fils. Il est tellement l’accompagnateur du Fils, y compris sur la croix, que celui-ci le rend explicitement entre les mains du Père pour expérimenter le plus total délaissement dans la mort. Au début de la Passion, de par entente entre le Père, le Fils et l’Esprit, le Fils abandonne la protection de l’Esprit, il le remet au Père pour pouvoir se livrer aux hommes.

L’Esprit est envoyé par le Fils d’auprès du Père parce que le Fils sait que l’Esprit est disposé à se laisser envoyer. L’amour du Fils s’exprime dans l’obéissance au Père, et la liberté de l’Esprit dans le fait qu’il se laisse envoyer. L’Esprit se met à la disposition du Père et du Fils.

Les apôtres doivent recevoir l’Esprit (le Seigneur ne leur demande pas leur avis !) et l’Esprit leur est encore plus mystérieux, plus inconnu que le Fils. Comme le Fils s’est fait homme pour témoigner du Père, ainsi l’Esprit agit dans l’Église pour témoigner du Fils. Tout ce qu’il touche, il l’entraîne vers le Fils, comme le Fils essayait de mettre en mouvement vers le Père tous ceux qu’il rencontrait.

Dans sa manière d’apparaître, l’Esprit est comme l’humilité de Dieu : il conduit au-delà de lui, vers le Père et vers le Fils ; il est flamme, langue, vent, colombe. De lui-même, l’Esprit se tait pour diriger toute l’attention sur le Père et sur le Fils. On peut être rempli de l’Esprit sans parler de l’Esprit. Là où l’Église remplit son ministère dans la prière et l’humilité, elle est unie à l’Esprit.

L’image du Père est devenue vivante pour nous avant tout par l’Ancien Testament et par les paroles du Fils. Quant au Fils, nous le voyons d’abord comme incarné, dans toutes les situations de sa vie terrestre et dans sa mort; partout et toujours il est l’homme-Dieu. Mais cette rencontre elle-même avec l’homme-Dieu nous est procurée par l’Esprit Saint; nous devons être animés par lui pour saisir quelque chose de ce que Dieu peut être comme homme et l’homme comme Dieu. Nous remarquons alors aussi combien nous avons besoin de lui pour deviner quelque chose du Père et finalement aussi pour que l’Esprit lui-même devienne pour nous une réalité. On ne parvient à lui que par lui.

Lors de l’Incarnation, l’Esprit est porteur de la semence du Père. Il l’est pour toujours dans le monde. Il est souvent comme une semence qui tombe d’abord dans un sol pierreux, qui ne peut pas lever, à laquelle on ne prête pas attention. Personne ne sait si en ce lieu, derrière cette parole ou cet acte n’est pas cachée une semence de Dieu. L’Esprit entraîne toujours avec lui le Père et le Fils.

Les œuvres de l’Esprit sont insondables, indescriptibles, on ne peut s’en faire une idée complète. Dans une communauté, dans une ville, etc., des milliers de vie se côtoient ; partout il y a une présence de l’Esprit dans tous les efforts qui se déploient à différents niveaux, et cependant on ne peut le saisir nulle part. Dans une ordonnance qui nous paraît un désordre, il conduit tout le monde vers le Seigneur. Tous ceux qui ont reçu en eux une semence de Dieu sont touchés par l’Esprit des manières les plus diverses, et ils sont en route vers l’amour trinitaire. Bien que nous soyons chair, malgré nos résistances, nous avons reçu l’Esprit qui nous conduit vers l’unité. Toutes les langues que nous ne comprenons pas nous sont compréhensibles dans l’Esprit. Nous ne comprenons rien tant que nous regardons l’autre comme un étranger; Dieu par contre voit en nous les frères de son Fils, par l’Esprit. Et par le Fils et l’Esprit, le monde est en mouvement vers l’éternel mouvement de Dieu. En mettant en relation sa vie trinitaire et le monde, Dieu a créé un mouvement perpétuel qui ne s’arrêtera plus jamais.

Il y a un souffle de l’Esprit qui demeure immuable tout au long de la Révélation. On le reconnaît toujours là où un homme quitte sa voie pour essayer de lui obéir. Ce qu’il fait est humainement incompréhensible, mais il sait qu’il s’agit d’une mission reçue de Dieu. Abraham quitte son pays et, en offrant son fils, il anticipe le geste de Dieu; Moïse cherche à entendre et à obéir, il conduit son peuple à travers le désert contre toute raison humaine; les prophètes disent des paroles qui contredisent le bon sens; les apôtres abandonnent leur métier et misent tout sur l’unique carte du Seigneur; une Jeanne d’Arc entend des voix et fait ce qu’aucune jeune fille ne ferait; une Bernadette, qui ne sait ni lire ni écrire, cesse de parler comme les autres enfants et ne dit que la seule chose qui est sa mission; le curé d’Ars, dans son confessionnal, entend même ce qu’on ne lui dit pas et il se risque à prendre position sur ce non-dit. Il s’agit toujours d’une obéissance qui dépasse la compréhension personnelle. Abraham obéit dans l’Esprit Saint; Bernadette rend témoignage dans l’Esprit Saint de ce qu’elle a vu. Tous, grâce à la conduite particulière de l’Esprit, ont la certitude de leur chemin et de leur conduite.

L’Esprit Saint est le même chez les prophètes et chez les apôtres. Il est indispensable pour comprendre la vie du Seigneur et l’enseignement de la nouvelle Alliance. Sans l’Esprit, l’homme reste étranger à la vérité à cause du péché et parce que l’Esprit Saint doit sans cesse être reçu. Toute la vie des apôtres – avec leurs petits conflits, leurs petites actions et leurs trop courtes vues -, le Seigneur la dilate: c’est sur leur « petite voie » qu’ils rencontrent l’Esprit du Fils et du Père tout autant que dans les événements extraordinaires et frappants. Dans la Parole de Dieu et l’Évangile, on ne doit pas voir essentiellement des commandements et des défenses, sinon on ne rencontrera jamais l’Esprit Saint qui est le centre de tout.

L’existence et l’action de l’Esprit de Dieu demeurent toujours un secret. Dieu révèle ce que ses serviteurs doivent comprendre pour accomplir leur service mais, même quand il se dévoile, Dieu demeure le meneur mystérieux qui fait croître mystérieusement ce que ses ouvriers ont planté et arrosé. L’apôtre sait quelque chose de toute parole qu’il annonce. Il n’agit pas comme un aveugle et sans rien comprendre. Ce qu’il a à faire, l’Esprit le lui montre, il en fait l’expérience dans l’Esprit. Mais son intelligence n’est aucunement à la hauteur de l’infini du mystère de Dieu.

L’homme ne peut pas dire : « J’ai l’Esprit ». Il peut dire tout au plus : « L’Esprit m’a touché, j’essaie de croire ». Parce que l’Esprit est éternel, son toucher laisse en l’homme des traces d’éternité. Mais le temps ne peut jamais dire qu’il possède l’éternité. Si un homme prétendait : « Je possède l’Esprit, je sais ce qu’il veut de moi et cela me suffit », il aurait transformé, dans ses pensées, l’Esprit vivant en une matière morte.

Dieu est infini. Et la part que Dieu donne à l’homme de son infinité, c’est la foi. Pour que l’homme comprenne quelque chose de cette part, l’Esprit lui dilate l’esprit et lui apporte la révélation du Père d’une manière qui lui soit compréhensible. L’être de Dieu et la foi de l’homme se rencontrent ainsi vraiment dans l’Esprit Saint.

Dieu nous donne de son Esprit. Non pas tout son Esprit. Si nous l’avions totalement, nous devrions connaître le Père comme l’Esprit le connaît: tout entier. Nous ne recevons pas l’Esprit une fois pour toutes; cela dépend de notre situation. On le reçoit différemment à chaque époque de sa vie. Dieu nous communique de son Esprit autant qu’il le juge juste. Il tient compte aussi de notre accueil. Rarement il donne à l’improviste sans tenir compte de notre réponse. La plupart du temps c’est comme s’il attendait notre réponse pour donner à nouveau. Jamais il ne cessera de nous donner l’Esprit si nous demeurons dans la disponibilité.

Au ciel, personne n’est saturé, personne n’est blasé. Au ciel, on attend encore une venue de l’Esprit. On l’attend et on l’a déjà. Parce que personne n’a jamais reçu l’Esprit à satiété, au ciel on l’attend encore. Même dans l’accomplissement, il y a encore un désir. L’arrivée dans la plénitude du ciel est un point de départ dans la vie céleste.

13. L’emprise de l’Esprit

« (Le Seigneur) nous a aimés, il a déposé sa grâce en nous, et en raison de cette grâce, il a découvert quelque chose en nous qu’il appelle par grâce notre réponse d’amour ; et ce quelque chose, il l’unit à son amour et ramène le tout au Père. Toutefois, ce quelque chose d’amour qu’il constate en nous ne vient pas de nous, c’est l’œuvre de l’Esprit Saint. C’est lui qui éveille le fin fond de notre âme et de nos impulsions pour en faire jaillir l’amour véritable. Grâce à sa présence et à son œuvre, quelque chose se réveille en nous qui nous était inconnu et qui, sans son œuvre, n’aurait jamais pu exister en nous. Cet éveil de l’amour en nous a une ressemblance lointaine avec la première impulsion d’amour chez les jeunes amoureux qui, dans leur innocence, ignoraient jusqu’ici tout de ces impulsions. Leur amour prend une autre teinte, une intensité différente. Un monde nouveau s’ouvre à eux dans l’amour. Ainsi la présence de l’Esprit Saint éveille-t-elle quelque chose d’entièrement neuf dans l’amour entre le Seigneur et les hommes. Il transforme le paysage spirituel tout entier. Par lui, l’amour mûrit et se vivifie ; par lui, le Seigneur et l’homme sont unis dans un amour actuel. Il agit comme un catalyseur: indéfinissable dans sa quantité et sa manière de susciter. On constate seulement que sans lui la réaction serait impossible, que, d’une façon imperceptible, il a opéré quelque chose de mystérieux: l’unité d’amour entre le Fils et l’homme, qui permet à ce dernier d’être là où le Seigneur se trouve » (Jean. Le discours d’adieu, t. I, p. 107).

L’Esprit a formé la vie du Fils; si nous le reconnaissons, il doit aussi devenir celui qui façonne notre vie. Confesser Jésus Christ, c’est accepter de dire oui à l’Esprit. L’Esprit sait où l’homme doit regarder pour être en Dieu et pour accomplir un nouveau pas vers Dieu en vérité. Ce savoir qui vient de l’Esprit n’exige aucun ravissement en Dieu: il est humain et il est en même temps influencé par Dieu. C’est un savoir qui se tient au point de rencontre de la nature et de la surnature et qui fait connaître à l’homme clairement comment il a à se conduire dans la grâce.

Le pécheur est comme un élève aux capacités très limitées, que le professeur doit à tout prix pousser jusqu’à l’examen; il doit s’adapter à ses connaissances, matière après matière, puisqu’on ne peut pas adapter l’examen. C’est tout l’effort de l’Esprit Saint dans l’œuvre du salut. Mais tout cela se fait avec un très grande tendresse, comme un professeur ne peut le faire chaque jour devant la stupidité et les insuffisances de son élève. L’Esprit nous a pris à son école et il a la patience de nous conduire jusqu’au Père.

La grande et fatale erreur de l’Église aujourd’hui est de croire qu’on peut enfermer et emprisonner l’Esprit. Tous les chrétiens sont un jour ou l’autre fécondés par l’Esprit Saint, mais il ne leur est pas permis de se refermer sur ce fruit. L’Esprit a des modes de fructification que nous ne connaissons pas. Ce qui est sûr, c’est que ses fruits mûrissent pour la vie éternelle, et c’est pourquoi ils ne sont pas finalement connaissables sur terre.

Personne ne connaît l’intime de Dieu sinon l’Esprit de Dieu (1 Co 2,11). D’où il suit que, si nous voulons connaître Dieu, nous devons soumettre notre esprit à celui de Dieu. Si l’Esprit assure la fonction de révéler le Père, nous avons à aller à sa rencontre en libérant notre esprit pour son message, de même que Marie elle-même s’est libérée de ses jugements et de ses préférences, de ses limites humaines pour que se réalise ce que l’Esprit lui montrait. Dans son oui, elle oublie tout ce qu’elle sait des plans des hommes, des lois du mariage, etc., pour s’ouvrir totalement aux possibilités de l’Esprit de Dieu. De même, convaincus que notre esprit ne peut scruter Dieu, nous devons, autant qu’il est possible, libérer notre esprit de ses limites propres pour qu’il soit libre de se laisser saisir par l’Esprit Saint.

Les dons de l’Esprit Saint éveillent le désir de le posséder pour pouvoir mieux lui correspondre. Les dons de l’Esprit éveillent le sens que Dieu est toujours plus grand, ce qui veut dire que, du côté de l’homme, ne peut correspondre qu’un mouvement continuel. On demeure sans cesse en marche vers Dieu. Et le mouvement vers le Seigneur est toujours prière, conversation avec lui, par quoi celui qui est en marche acquiert la certitude d’être sur la bonne voie.

Aspirer aux dons de l’Esprit, c’est être enfant de l’Esprit, lui être ouvert, perméable, transparent, dans toute sa vie et tout son être. Qui aspire aux dons de l’Esprit doit passer sa vie terrestre de telle manière qu’elle ne l’empêche pas d’acquérir une intelligence des choses du ciel dans la mesure où Dieu veut la lui communiquer. Cette obéissance de toute la vie est le présupposé essentiel de la réception du don de prophétie, et c’est pourquoi il est à rechercher avec ardeur. Désirer le don de prophétie, c’est tendre à une attitude de pur service, à un renoncement fondamental à soi-même et à toute installation.

L’Esprit souffle où il veut; l’homme a souvent l’impression que cela se fait au hasard. L’homme est habitué non seulement à mesurer les choses de ce monde avec ses propres mesures, mais aussi à accueillir les choses de Dieu dans son expérience chrétienne conformément à l’attente qu’il s’en fait. Ce qui pourrait arriver en lui par la grâce de l’Esprit est d’emblée psychologiquement canalisé et réduit. Si le souffle de l’Esprit ne correspond pas à son attente, il dit qu’il ne comprend pas Dieu. C’est qu’il a cessé depuis longtemps déjà d’être avec lui.

Le nouveau commencement qui consiste à prendre la décision de vivre selon les conseils évangéliques s’effectue dans le souffle de l’Esprit parce que renoncer à se posséder soi-même totalement expose toujours l’homme au souffle de l’Esprit. La pauvreté est le renoncement à ce qui a été; la virginité est le renoncement à ce qui a été rêvé; l’obéissance est le renoncement toujours nouveau à tout et elle est, de ce fait, l’imploration du souffle constant de l’Esprit qui vide tellement l’âme qu’il n’y a plus de place en elle que pour la soumission à l’Esprit. C’est pourquoi l’obéissance résiste à toute systématisation. Dès qu’une espérance quelconque autre que celle de vivre dans l’obéissance se rattache à l’obéissance, ce n’est plus de l’obéissance, ce n’en est plus que la parodie et la caricature.

Celui qui s’offre à l’Esprit de Dieu le fait dans une certaine incertitude. L’Esprit garde toujours pour l’homme son caractère imprévisible et il présente cette caractéristique même pour l’homme qui s’est livré à lui. Cela vient de ce que l’Esprit procède éternellement du Père et du Fils; dès l’origine, il est celui qui s’adapte au dessein du Père et aux intentions du Fils bien qu’il soit Dieu et bien qu’en tant que Dieu il sache toujours ce qu’il fait. Il le sait, mais en s’adaptant au Père et au Fils. Il agit en toute liberté mais de telle sorte qu’il y a toujours dans son projet un espace libre pour s’adapter aux autres personnes.

Nous devrions apprendre à nous offrir à Dieu de telle sorte que nous demeure imprévisible la manière dont notre offre sera reçue. Tant que nous faisons des plans, notre moi continue à avoir plus d’importance que l’Esprit. Notre mission est peut-être de fonder un Ordre, de construire une maison, de répondre à une vocation, le sacerdoce par exemple; mais le comment de la réalisation, c’est l’Esprit qui doit en décider en maître. Et bien que nous devions nécessairement nous aussi faire des plans à ce sujet, nos plans doivent être aussi malléables que le sont ceux de l’Esprit lui-même vis-à-vis des plans du Père et du Fils. Et pour un homme, c’est cela le plus difficile.

Le malheur est seulement que nous faisons et projetons toujours des choses qui sont à la mesure de nos forces, en demandant sans doute que Dieu les bénisse, mais dans l’exécution de ce que nous avons entrepris nous oublions de rester à l’origine ou d’y retourner: au oui sans réserve de Marie quand l’Esprit la couvrit, mais aussi à l’Esprit qui, soufflant où il veut, a conduit le Fils à la croix et Pierre où il ne voulait pas, le Seigneur là exactement où il voulait aller et Pierre là exactement où il ne voulait pas aller. Être rempli de l’Esprit signifie toujours renoncer à ses propres projets pour être amené par l’Esprit à obéir à Dieu Trinité, Père, Fils et Esprit.

Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. L’Esprit pousse ; il pousse si fortement que celui qui est poussé lui est livré dans la foi de sorte qu’à partir de ce moment il ne peut plus être poussé par quelqu’un d’autre. De l’Esprit il apprend à oublier toujours plus ce qui lui est personnel et à vivre dans le divin. Il se tient comme un disciple, comme un mercenaire, au service de l’Esprit. L’Esprit pousse et souffle et accomplit tout ce qui s’appelle vie dans le croyant et il n’y a ni éloignement de Dieu ni action de l’homme qui ne soit inclus dans ce souffle. Même quand s’accroissent les difficultés et que la présence de l’Esprit est moins perceptible, Dieu demeure proche. Le fait d’être fils du Père fonde la poussée de l’Esprit. Solitude, doute, lassitude, fatigue, impuissance, souffrance: tout est inclus dans la poussée de l’Esprit, signes et marques que tout est en ordre sur le chemin.

Un enfant possède un trésor, une image par exemple que sa maîtresse lui a donnée et qu’il a cachée en lieu sûr. Puis il se laisse si bien convaincre par son frère qu’il en vient à perdre toute méfiance et à lui montrer son trésor. Ce dévoilement du trésor est une extrême concession. Mais le frère lui arrache l’image des mains et l’emporte avec des cris de triomphe. La comparaison avec l’œuvre de l’Esprit ne réside pas dans le sentiment d’avoir été abusé éprouvé par l’enfant, mais en ce que notre offre la plus extrême n’est jamais qu’un tout petit morceau de ce que l’Esprit projette pour nous et qu’il lui reste toujours à faire l’essentiel. Qu’il emporte quelque chose est une plus grande grâce que le simple fait qu’on lui permette de voir. Chaque fois que l’homme soupire: « Je ne comprends pas », l’Esprit pourrait lui répliquer : «  Enfin tu l’as compris! »

« Toi, suis-moi ». L’apôtre suit l’appel parce que l’Esprit l’a touché, l’a rendu attentif à la venue du Seigneur. L’appel est audible pour l’apôtre parce que la voix de l’Esprit a pris forme en lui. Si tu es ouvert à l’appel de Dieu, si tu es ouvert à l’Esprit, tu ne peux pas savoir la réponse que tu entendras. Il y a dans le choix de Dieu une espèce d’absence de choix. Je choisis Dieu, mais lui me choisit dans un choix qui n’est pas un choix à mes yeux. Je dis : « Ce que tu veux, Seigneur! » La réponse peut être toute différente de ce que j’attendais. Une chose est sûre, c’est que je ne me mets pas à la disposition de l’Esprit de Dieu sans être accepté. Si j’ai choisi de me soumettre au choix de Dieu, c’est lui désormais qui décide.

On peut ne pas recevoir l’Esprit dignement par manque de liberté. Pour le recevoir dignement, il faut renoncer à sa liberté. Si nous étions plus vivants dans la prière, nous pourrions recevoir infiniment plus, comprendre infiniment plus et être infiniment plus que nous ne sommes. En tant que mus par l’Esprit, nous serions des hommes libres. En général, ce n’est pas dans la manière de l’Esprit de s’imposer. Il ressemble à une mère qui a apporté quelque chose pour son enfant; pour une raison quelconque, l’enfant n’est pas en mesure de recevoir ce cadeau à ce moment-là; la mère dépose le cadeau dans une armoire, elle sait que le moment voulu viendra un jour. L’Esprit également, bien qu’il sache tout, espère que viendra l’heure où il pourra faire son don. Pour le moment nous préférons ne rien en savoir. Notre condition de pécheurs a la tendance effrayante à éliminer partout l’Esprit.

14. Le témoignage de l’Esprit

« (Les disciples) seront bientôt abandonnés et ne pourront maîtriser eux-mêmes cette solitude. Ils auront un besoin urgent de consolation, et la tentation sera grande de la chercher ailleurs que chez l’Esprit. Si le Seigneur ne leur avait pas décrit l’Esprit comme le consolateur, l’idée ne leur serait pas venue de chercher consolation auprès de l’Esprit. Cela leur aurait paru si étrange qu’ils auraient cherché cette consolation partout ailleurs plutôt qu’ici… C’est ainsi (que le Seigneur) leur fait connaître l’Esprit et les familiarise avec lui… Il le présente comme quelque chose qui est digne d’être aimé… À peu près comme si un professeur, sur le point de partir, présentait son successeur à ses élèves. Il prépare le cœur des élèves à l’accueil du nouveau maître, il crée une transition » (Jean. Le discours d’adieu, t. I, p. 192-193).

« Ce n’est pas pour rien que l’Esprit Saint est l’Esprit de la science, de la sagesse et de tous les dons intellectuels. Il sait transformer tous les besoins naturels et légitimes des hommes en besoins chrétiens. Il sait même faire jaillir de n’importe quelle situation humaine insoluble – par exemple un mariage stérile – une source nouvelle, quelque chose qui en Dieu trouve son sens et sa vitalité… Il procure à tout ce qui est fini et dépourvu de sens dans la vie humaine un sens infini et divin, il est le Paraclet, le consolateur. Là où humainement il n’y a plus d’espoir, il prend son départ. Et qu’est-ce qui serait plus désespérant que la tâche dont le Seigneur nous a chargés?… Le Paraclet est toujours là pour animer le rapport entre le Seigneur et nous, pour le rétablir où il semble rompu par le péché et l’inconstance, pour le rendre plus vivant encore là où il existe. Rien pour nous n’est jamais du passé; tout reste toujours un avenir vivant. Grâce à l’Esprit, il n’y a plus de pourquoi humain. L’existence obscure, le sort de la plupart des hommes, le renoncement continuel à maintes choses de la vie, l’absurdité de l’existence en général, l’incompréhensible répartition des biens et des destins, les réalités indéchiffrables, l’ennui de l’existence, les situations humaines sans issue, la désolation de vieillir, la découverte que cette vie ne sera jamais quelque chose d’achevé, l’impossibilité de vivre un autre destin que celui qui nous est imposé contre notre volonté, le temps qui passe irrévocablement, tout cela est résolu d’un coup par le Paraclet. Pourquoi sommes-nous laïcs et pas prêtres, prêtres et pas laïcs, chrétiens et pas païens, pourquoi celui-ci fait-il partie de l’Église et pas celui-là… : toutes ces énigmes sont résolues par l’Esprit Saint… La consolation de l’Esprit consiste dans le fait que dans cette existence unique tout peut être contenu, que cette étroite vie humaine peut être si riche que l’infinité de Dieu y trouve sa place. C’est cela la consolation, et elle suffit » (Jean. Le discours d’adieu, t. I, p. 154-155).

Le Seigneur envoie le Paraclet, non pas comme Esprit d’amour ou d’espérance (bien qu’il le soit aussi), de joie ou d’enthousiasme (bien qu’il le soit aussi), mais comme Esprit de vérité. Il nous montre par là que tout ce qui vient du Père est foncièrement vrai et générateur de vérité, et que cela transforme notre vie trompeuse et trompée en vraie vie. L’Esprit fait pénétrer dans le royaume de la vérité en pénétrant dans le petit univers subjectif de l’homme. L’Esprit mène du monde à Dieu. Et, dans le christianisme même, il fait toujours sortir du moi et de son monde clos, personnel, replié sur soi-même. L’Esprit est un Esprit d’inquiétude. Celui qui a reçu l’Esprit n’a plus la possibilité de prendre du repos. Et cependant il ne faut pas que l’inquiétude suscitée par l’Esprit dégénère en une recherche inquiète, pénible et pleine de problèmes. Il y a dans la vie chrétienne un moment de confiance où on ne cherche plus à savoir où on en est mais où on s’abandonne tout simplement. Une certaine hardiesse insouciante fait partie de l’existence chrétienne.

Il n’y a que deux possibilités si je suis chrétien: ou bien je fais ce que je veux (en accord avec l’Esprit ou contre lui), ou bien je fais ce que veut l’Esprit (en accord avec ce que je veux ou contre mon gré). Il n’y a pas de milieu ni de compromis possible. Si je suis ma volonté (avec la grâce de Dieu quand même), le jeu de l’Esprit est peut-être de me laisser faire tout d’abord. Mais cette volonté qui est la mienne, et cette entreprise qui est la mienne, peuvent être ensuite soumises par l’Esprit à l’épreuve.

Le vrai chemin, le chemin de l’Esprit Saint, est à certains égards toujours le plus difficile. Celui qui écarte systématiquement ce qui est plus dur pour choisir ce qui est plus facile s’est détourné intérieurement de l’Esprit. La meilleure manière d’aimer l’Esprit, c’est de lui obéir. Plus on lui obéit, plus on ressent son amour. Mais notre réponse à son amour n’a pas le droit de l’immobiliser sur son projet. On ne doit plus se permettre de se diriger soi-même, lui seul doit nous conduire. Comment l’Esprit va-t-il venir ? Pour mon honneur ou pour ma honte, pour m’élever ou m’humilier, ça n’a plus d’importance pour moi. Tout appartient à la joie de sa venue parce que tout appartient à sa venue. Et sa venue ne fait qu’un avec la venue du Père et du Fils, et sa joie est un aperçu de la joie de Dieu: joie de Dieu quand il a créé le monde et aussi les corps pour que nous puissions recevoir l’Esprit également dans notre corps.

Notre vie n’est qu’un souffle. Oui, mais qui s’offre au souffle de l’Esprit pour qu’il nous emporte dans l’éternel. Alors notre temps très bref demeure valable pour l’éternité, parce que l’Esprit nous fait demeurer dans la volonté du Père et dans la parole de vérité. Séparés de Dieu, nous sommes sans importance. En tant que chrétiens, nous sommes les frères du Fils.

Nous savons que sans l’Esprit nous ne pouvons pas prier. Si nous sommes vrais et si nous prions vraiment, il nous donne le contenu de la prière: parole et attitude en même temps. Il nous forme lui-même comme il a formé la personnalité du Fils lors de l’Incarnation. Et c’est lui qui, dans la prière, nous présente au Père et au Fils, qui transforme notre esprit pour qu’il reçoive les traits que le Fils veut lui donner afin que le Père reconnaisse en nous le Fils.

Plus un chrétien est saint, plus l’Esprit demeure purement en lui, plus il peut le voir, le décrire, le transmettre, tandis que le tiède fabrique un mélange confus d’Esprit et de moi.

Nous comprenons ce que Dieu le Père nous donne à comprendre par l’Esprit ; mais l’Esprit ne nous donne l’intelligence que si nous l’en prions. Sa grâce est accomplissement de quelque chose qui est déjà là et illumination d’un présent obscur. Quand nous prions l’Esprit, nous ne sommes pas contraints et cependant nous y sommes incités par l’Esprit. Il est comme un soufflet qui pousse nos flammes dans une certaine direction et il devient flamme lui-même.

Les mots de l’Esprit demeurent en nous sans écho si nous sommes prisonniers de la sagesse humaine. La sagesse de l’Esprit influe sur les envoyés de telle sorte qu’ils deviennent de plus en plus conscients de leur mission et qu’ils ne disent plus leur parole d’eux-mêmes mais par l’Esprit qui agit en eux. Par le ministère de l’Esprit ils sont introduits au ministère de la Parole, ils deviennent porteurs de la Parole. Leurs paroles sont maintenant adaptées à la sagesse de Dieu, elles en émanent, elles la portent. Celui qui a reçu l’Esprit pourra distinguer dans ce qu’il entend ce qui provient de la sagesse humaine et ce qui provient de la sagesse divine. Parler de la foi, c’est dire une parole dont Dieu finalement est le garant, une parole à laquelle l’Esprit donne sa plénitude.

Personne n’était capable de maîtriser le possédé de l’Évangile. Tous ceux qui avaient essayé étaient des gens d’une force ordinaire sans l’aide du Seigneur et de l’Esprit Saint. D’emblée ils étaient désavantagés. Il nous faut apprendre par là que, dans un monde où l’esprit impur exerce beaucoup de force, nous ne pouvons jamais pénétrer, en tant que chrétiens, sans les armes de Dieu. Ce n’est que par la force de l’Esprit Saint que nous pouvons agir en tant que chrétiens. Nous n’avons jamais le droit d’imaginer ou de prétendre que nous aurions pu obtenir quelque chose des autres par notre propre force de suggestion ou notre savoir-faire. Quand nous cherchons à exercer une influence sur quelqu’un et à lui montrer les chemins de Dieu, cela demeure une vérité immuable que notre propre force n’y peut rien. C’est le Seigneur qui agit et se sert de nous comme d’un instrument. C’est pour cela que nous sommes là. Notre action sur les autres, par la prière ou la conversation, est toujours une action du Seigneur qui veut bien nous laisser agir comme ses ministres.

L’Esprit prend toujours son point de départ là où personne ne l’attend; sans être agité lui-même, il agite tout. Rarement un sermon agira par les moyens que le prédicateur juge efficaces, rarement une éducation chrétienne réussira par ce que l’éducateur considère comme particulièrement réussi. L’Esprit garde ses secrets, sa grâce n’est pas transparente pour nous.

Quand un voyant (Bernadette, en l’occurrence) doit rendre témoignage de son expérience, il n’a pas à se faire de souci si on le méprise ou si on méconnaît son témoignage, car la vérité réside dans l’Esprit et demeure actuellement dans l’Esprit devant la face de Dieu.

L’Esprit Saint est en Marie. En tout ce qu’elle fait, l’Esprit en elle va vers l’Esprit. L’Esprit est avant tout un Esprit de prière. Et les autres peuvent reconnaître la présence de l’Esprit: Élisabeth la reconnaît en Marie, nous reconnaissons les missions des saints, beaucoup de pécheurs reconnaissent la mission du curé d’Ars, l’Esprit Saint est reconnu aux charismes. L’Esprit rend témoignage pour la constance de notre âme, pour l’éternité à laquelle nous appartenons. Il nous dit que nous sommes aimés et qu’il nous est permis de rester dans l’amour, et que l’amour est Dieu.

L’Esprit Saint établit le Christ dans une situation vraie vis-à-vis du Père. Le Fils devenu homme se meut dans l’Esprit Saint. Quand nous regardons des poissons évoluer dans l’eau, nous oublions finalement l’eau qui les entoure, nous ne voyons plus que les poissons et leurs évolutions. Mais l’eau est indispensable pour que ces formes et ces figures existent. Ainsi le Fils incarné existe et se meut dans l’Esprit Saint.

Les saints sont les récepteurs de l’Esprit. S’il n’y avait pas eu de péché, l’Esprit aurait été le don permanent du Père aux hommes. Le Père aurait gardé auprès de lui dans son Esprit sa création et tous les hommes qui en font partie. L’Esprit aurait été pour les hommes ce qui était saisissable en Dieu. Ils seraient restés comme Adam et Ève au paradis dans une perception continuelle de Dieu communiquée par l’Esprit. Aujourd’hui c’est ce qui distingue les saints; le signe distinctif de tous les hommes en général aurait été qu’ils soient des récepteurs de l’Esprit.

15. L’Église

« Celui qui demeure dans le Seigneur, malgré tous les arguments contraires et bien qu’il reconnaisse que dans l’Église beaucoup de choses pourraient être différentes et meilleures que ce qu’elles sont, celui qui demeure en lui comme un enfant de Dieu sait que c’est une grâce que de pouvoir y demeurer et qu’il serait prétentieux de vouloir tout juger et tout comprendre »  (Jean. Le discours d’adieu, t. II, p. 23).

Judas avec une troupe armée devant des apôtres désarmés: « C’est ici que se rencontrent le domaine spirituel et le domaine temporel: une Église pauvre au milieu de laquelle demeure le Seigneur, et des ennemis puissants auxquels il ne manque qu’une chose: la faiblesse du Seigneur » (Jean. Naissance de l’Église, t. I, p. 9).

Le Seigneur s’avance: Qui cherchez-vous ? « Quand il s’agit de vie et de mort le Seigneur s’avance, aujourd’hui comme alors. Il apparaît. Il n’a pas besoin de le faire au moyen de signes et de miracles. Il peut s’agir d’une présence invisible, et pourtant efficace, au cœur de l’Église. Jamais, dans le danger, il n’abandonne ses disciples; il est le premier à s’y exposer. Et chaque fois qu’on veut toucher à l’Église, on touche d’abord au Seigneur… Les disciples ne pourront jamais se vanter d’avoir été à ses côtés dans les moments décisifs. Ce sera toujours le Seigneur, tout seul, qui fera tout à leur place » (Jean. Naissance de l’Église, t. 1, p. 9-10).

Pierre vient de trancher l’oreille de Malchus : « (L’Église) voudra souvent prendre des chemins qui ne sont pas (ceux du Seigneur), mais il ne l’abandonnera pas sur ces chemins; il se servira de ses erreurs pour l’ancrer plus profondément dans l’amour. Grâce à cette expérience, Simon-Pierre sera plus riche en amour. Ainsi se vérifie le dicton: mieux vaut errer en aimant que de ne pas errer en n’aimant pas… Sans cesse des hommes entraîneront l’Église à la désobéissance par leur obstination à savoir mieux. À leurs yeux, les actes humains visibles ont plus de valeur que la prière… Malgré son intention de défendre le Seigneur, (Pierre) se bat en réalité contre celui-ci. Il le fait chaque fois qu’il échange les armes de l’Esprit contre celles du monde » (Jean. Naissance de l’Église, t. I, p. 20-21).

L’Église est là pour être le lieu où Dieu rend visibles les signes de son amour. Les dons que le Seigneur fait à l’Église et qui portent la marque de l’Esprit Saint ne veulent pas organiser une corporation terrestre, statique; ils veulent faire de l’Église un chemin vers Dieu qu’emprunteront ceux qui aspirent à lui et qui forment en même temps la communauté ecclésiale.

L’apôtre se trouve entre Dieu et les hommes en qualité de médiateur qui raccourcit et facilite le chemin entre eux et Dieu. Les saints rayonnent la grâce du Seigneur pour que les hommes en soient touchés. Dieu n’éclaire pas directement le monde, il se sert de la sainteté pour le faire. Et son don au monde est de sanctifier chaque saint. Ce que Dieu donne aux saints en fait de grâces, il en fait don au monde; il s’attend que les saints transmettent au monde ce qu’ils ont reçu et que le monde sera assez humble également pour recevoir des saints ce qu’il veut lui communiquer.

Le mystique, tout particulièrement, est donné par Dieu pour dilater la vie des chrétiens, pour leur accorder dès cette terre une participation au ciel sans qu’ils puissent jamais épuiser cette participation. Beaucoup de chrétiens cherchent à tailler les choses de la Révélation et de l’Église à leur propre mesure, à les rapetisser, à les rendre quotidiens et sans surprise, de manière à s’installer non seulement sur cette terre mais aussi dans l’au-delà, à se protéger contre tout imprévu. Le mystique s’élève là contre par-dessus tout. Les choses de Dieu doivent garder la mesure de Dieu.

L’Église ne sombre pas, mais elle souffre de beaucoup de pertes. La vie mystique est là pour y obvier avec une plénitude qui correspond à l’immensité des dons du Seigneur, avec une intelligence qui est toujours vivifiée à nouveau par l’Esprit Saint. L’Église a besoin de nouvelles sources de vie et, parce qu’elle existe pour les hommes, elle reçoit cette vie du ciel non seulement d’une manière invisible et incompréhensible mais aussi de telle manière que les croyants puissent voir quelque chose de son origine divine. Car les chrétiens eux-mêmes doivent être féconds, ils ont à s’offrir au Seigneur, à coopérer à ses miracles, ils devraient sentir que la force du Seigneur les soutient, que d’eux sortent des forces qui entrent aussi dans l’Église pour qu’elle puisse se montrer vivante conformément à la mission que le Seigneur lui a donnée.

Parce que le Seigneur a confié l’Église, son Épouse, aux hommes, et que les hommes demeurent pécheurs, il doit répandre dans cette Église une vie qui ne cesse de couler, une vie donc qui échappe aux concepts humains. La mystique chrétienne est un cadeau fait par le Christ à l’Église, un don qui échappe à toute mainmise, que Dieu attribue à ceux qu’il a élus pour cela, non pour clore quelque chose, mais pour ouvrir l’Église sur l’éternité. En fondant l’Église, le Fils crée une institution capable d’ouvrir à tout croyant d’une manière nouvelle un accès à l’éternelle vie. Lui-même tient en main cette institution d’une manière qui nous échappe, mais il ne la livre pas moins à des hommes. Même quand elle est pure, l’Église porte des traits humains, mais en même temps elle reflète quelque chose du visage du Christ. L’Esprit aussi se reflète dans l’Église et l’Église est capable de refléter l’Esprit. Adam était à l’image du Père; l’Église est à l’image de l’Esprit.

Les pécheurs connaissent leur propre honte, c’est pourquoi ils sont en mesure de dénoncer ce qu’il y a de plus honteux dans l’Église. Si j’inflige une blessure à un ami et qu’il porte un vêtement qui la cache, je puis lui dire où il est blessé et où il pourrait encore être blessé facilement. La même Église est composée de Marie et de Pierre qui renie: Pierre qui ne cesse au cours des siècles de nouer des compromis avec le monde. L’Église ne se prostitue pas elle-même, de son propre gré. Ce sont les pécheurs qui la prostituent, les pécheurs qu’elle doit tolérer en son sein.

Il est décisif qu’on entre dans l’Église avec humilité et non la tête haute, qu’on n’ait pas l’impression de rendre service à l’Église. C’est l’Église qui nous rend service en nous accueillant. L’Église ne connaît qu’une exigence pour les croyants, c’est qu’ils cherchent la proximité du Seigneur et la supportent; s’approcher pour toujours mieux percevoir sa parole, goûter sa présence vivante et sa manifestation dans l’Église. L’Église n’enchaîne pas la conscience des croyants à elle-même, elle les renvoie à Dieu avec toute leur liberté.

Aucune grâce n’est du domaine purement privé. Mais la source aussi de toute grâce est toujours commune: toute grâce demandée à un saint, les autres saints y collaborent ; il est en de même à plus forte raison pour toute grâce demandée à une personne de la Trinité. Aucune grâce dans le christianisme ne s’arrête à une personne isolée, toute grâce est ecclésiale, ouverte à tous d’une certaine manière. Les chrétiens sont proches des autres partout où ils se trouvent, à cause de Jésus Christ.

Cela n’aurait chrétiennement aucun sens que mon moi existe s’il n’était un moi-avec-le-monde-entier dans la communion de l’amour trinitaire. Toute pensée qui s’occupe de mon moi séparé est chrétiennement une pensée perdue. Nous sommes réellement avec tous quand nous sommes avec le Seigneur eucharistique en qui Dieu fait exister son être trinitaire dans le monde de manière à se prodiguer à tous. Nous vivons dans la communion des saints, dans l’Église, et chacun peut dire: l’Église m’est confiée. Il s’agit toujours que l’ensemble soit sauvé (avec nous).

Dès la première rencontre de Jésus et de Pierre, Pierre est appelé le rocher, il reçoit la charge de l’Église. Il ne le sait pas encore, pas plus que les premiers disciples qui l’accompagnent. Mais dès cet instant la charge de l’Église pèse sur lui. La charge de l’Église pèse sur chaque chrétien. Mais cette charge pèse particulièrement sur le rocher hiérarchique. Elle pèse cependant tout entière sur chaque chrétien parce que personne dans l’Église n’est superflu et que personne ne peut repousser sur les autres la charge de l’Église. Chacun a, dans l’Église, sa mission personnelle qui est la mission que le Seigneur lui impose. Toute mission du Seigneur est une mission d’amour. Le Seigneur lui-même n’a été envoyé que dans l’amour du Père et sa mission fut une mission dans l’amour. Dans l’Église il ne peut exister aucune séparation entre hiérarchie et amour.

Il y a une certaine analogie entre l’Église et son Seigneur, entre l’Épouse et son Époux. Elle doit être clouée à la croix. Elle doit faire l’expérience de la totale impuissance. Toute envie de critiquer le Seigneur qui la cloue ainsi solidement doit lui passer, ainsi que toute question qui demanderait pourquoi il doit en être ainsi. Elle est entièrement dépouillée. Ce n’est pas elle qui va dire au Seigneur ce qu’il y a en elle; c’est le Seigneur qui va lui montrer ce qu’il peut tirer d’elle. Ce n’est que dans la plus extrême humiliation qu’elle trouve le plein contact avec la terre où elle vit, quand elle marche nu-pieds sur le sol dur et pierreux. L’Église est systématiquement éprouvée par le Seigneur selon un plan qu’elle ne voit pas. L’humiliation est poussée jusqu’aux limites du doute. L’Église doit apprendre à nouveau le repentir.

L’Église ne doit pas vouloir savoir ce que le Seigneur accomplit en elle sauf dans la mesure où le Seigneur lui-même le veut. Elle doit se tenir dans l’obéissance du don de soi. Le Fils voudrait que tous apprennent à se livrer comme Marie le fait, que tous mettent leur volonté dans celle du Père et ne soient qu’un corps et qu’une âme. Et tous doivent déposer ce qui leur plaît, leurs propres jugements, leurs propres volontés dans le Seigneur et dans le Père et dans l’Esprit. Au jugement dernier, à la fin des temps, l’Église tout entière redeviendra Marie dans son oui.

 

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Pour continuer la route avec Adrienne von Speyr


Œuvres d’Adrienne von Speyr en traduction française : Voir Bibliographie sur le même site internet


Introduction à l’œuvre d’Adrienne von Speyr

Hans Urs von Balthasar, Adrienne von Speyr et sa mission théologique, 3e édition, 1985.
Hans Urs von Balthasar, L’Institut Saint-Jean. Genèse et principes, 1986
La mission ecclésiale d’Adrienne von Speyr, Actes du colloque romain, 1986.

 

Table des matières

Avant-propos

Introduction

1. Marie
2. L’accès à Dieu
3. Les rencontres
4. Le mystère de Dieu
5. Le poids de l’éternel
6. La vie de Dieu Trinité
7. La mission du Fils
8. Le Père
9. Le Verbe s’est fait chair
10. Le retour au Père
11. Le Seigneur aujourd’hui
12. La mission de l’Esprit
13. L’emprise de l’Esprit
14. Le témoignage de l’Esprit
15. L’Église

 

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