31/1. Dans les jardins de l’Apocalypse

31/1

Adrienne von Speyr

Dans les jardins de l’Apocalypse

 

Parmi les œuvres d’Adrienne von Speyr, son commentaire de l’Apocalypse est l’un des plus imposants (Die Apokalypse, 834 p.); il a été publié en 1950, mais n’était pas encore disponible en traduction française en novembre 2011. Une traduction en est parue en 2015 aux Éditions Johannes = Johannes Verlag).

Le P. Balthasar a décrit lui-même la genèse de ce commentaire (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 73-77). Il est le fruit d’un « des phénomènes charismatiques les plus étonnants de l’existence d’Adrienne… Même si, pour beaucoup, il paraîtra difficile à croire, je dois pourtant en témoigner exactement comme je l’ai vécu au cours de l’année 1945″. Et le P. Balthasar transcrit alors, sans y rien changer, une page de son Journal.

« Nous étions à Estavayer, sur les bords du lac de Neuchatel; je prêchais la retraite de fondation de notre communauté ». Adrienne lui demande de le voir aussitôt après une conférence. Elle raconte : « Tout à coup était survenu une orage terrible. Il y avait des éclairs, ça tonnait,c’était un tremblement de terre général. Puis vint la grêle. Elle sortit sur la terrasse pour s’assurer de ce qui se passait, mais elle ne fut pas mouillée. Elle comprit alors que cet orage n’était pas dans la nature extérieure… Puis tout d’un coup elle vit le ciel s’ouvrir… et, dans l’ouverture, une femme. Celle-ci était si rayonnante qu’Adrienne dont, ces derniers temps, les yeux s’étaient affaiblis, en fut totalement éblouie… La femme avait douze étoiles autour de la tête; Adrienne les avait comptées; elle dit : je suis presque sûre qu’elle en avait douze. Elle est tout entourée de feu et elle se tient sur une sphère. Elle était enceinte et criait tout le temps. N’entendez-vous pas comme elle crie? Nous n’entendez vraiment pas? (Puis la lune, le dragon rouge aux sept têtes, aux dix cornes et aux sept diadèmes sur les têtes, des coupes de sang)… Et dites-moi : qu’est-ce que saint Jean a à faire avec tout cela? Il est là d’une certaine manière, mais il n’est pas dans le tableau… Tout est si difficile, car le tableau est morcelé. Je demande pourquoi. Elle dit : Tout est si haché, si décousu : l’orage, la grêle, la femme, la grande lumière, la bête rouge… Vous ne l’entendez vraiment pas crier? ».

Le P. Balthasar ouvre alors le Nouveau Testament et lit Apocalypse 11,19 à 12,23. « Elle fut pétrifiée : Qu’est-ce que c’est? Je dis : Saint Jean. Elle demanda : Mais nous nous n’avons pourtant pas vu cela dans l’évangile. Moi : Non, c’est l’Apocalypse. Elle : Mon Dieu, l’Apocalypse! Au bout de quelque temps : Je ne l’ai jamais lue. J’avais un jour commencé, mais je n’ai pas dépassé le premier chapitre. C’était simplement trop grand, trop incompréhensible pour moi… »

C’est ainsi que commença cette dictée vraiment apocalyptique (toutes les autres dictées se déroulaient dans un calme parfait), avec des extases, des digressions. Adrienne voyait les tableaux exactement devant elle et elle pouvait me réciter le texte correspondant sans l’avoir lu; j’ai noté ces textes qu’elle me récitait et je les ai gardés. La dictée alla du chapitre 12 au chapitre 19 ou 20, puis vinrent les chapitres 1 à 11, et enfin la conclusion : les chapitres 20 à 22. A l’occasion du premier verset, elle développa toute une théorie de la vision spécifiquement apocalyptique et de l’état de pure objectivité dans lesquels le voyant est détaché de la terre comme du ciel. Aussi violente et agitée qu’avait été la dictée du milieu et du commencement, aussi merveilleusement lumineuse fut celle de la conclusion…

Ce que les exégètes peuvent dire de tout cela est une question qui ne m’intéresse pas ici; il y a une chose dont je me porte garant : ce qu’Adrienne a vu, ce qu’elle a décrit avec la plus grande précision et qu’elle a ensuite expliqué sans connaître le texte de l’Ecriture, ce ne furent pas des représentations subjectives… Elle parle d’un monde de tableaux objectif qui fait partie de la révélation divine et qui est donné par Dieu de manières différentes et analogues… »

La plupart des commentateurs de l’Apocalypse se voient obligés d’avancer souvent plusieurs hypothèses pour interpréter un texte. Ce qui est singulier chez Adrienne von Speyr, c’est qu’elle va toujours droit au but. Même pour les passages les plus mystérieux, elle ne dit pas qu’il y a plusieurs hypothèses d’interprétation. Pour elle, on dirait toujours qu’il n’y en qu’une. Elle est audacieuse. Elle va droit son chemin, elle affirme, sans élever la voix, tout simplement.

Ci-dessous, pêle-mêle, un échantillon d’extraits de ce commentaire, une promenade dans les jardins de l’Apocalypse avec Adrienne von Speyr, en attendant qu’on puisse le lire un jour intégralement en traduction française. Ni un condensé, ni une somme, de ces sommes sur Dieu qui peuvent être « écrasantes d’ennui » (Cf. L. Bouyer, Le Père invisible, p. 304). « Plus nous approchons de la déité dans sa source, le Père, et plus toute prétention à donner un système de la théologie est dérisoire » (ibid., p. 375).

 

*  *  *  *  *  *  *

1. Le visage de Dieu

Ap 22,4. Ils verront son visage et son nom sera sur leurs fronts.

Le visage de Dieu : sa vision sera la réponse de Dieu au service de ses serviteurs, son ultime récompense. La plus grande grâce que Dieu donne aux siens est qu’il dévoile son visage qui jusqu’alors n’était connu que du Fils et de l’Esprit.

Dans l’Ancien Testament, dans toute prophétie, Dieu a commencé à dévoiler son visage; de même quand il laissa son Fils devenir homme… La contemplation vide l’homme pour qu’il y ait en lui de l’espace pour la Parole de Dieu. La contemplation nous conduit toujours plus loin vers Dieu et rien de ce qui sur terre est montré dans la contemplation n’est renié au ciel, au contraire tout est dilaté jusqu’à la pleine vision de Dieu.

2. Révélation

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ : Dieu la lui donna pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt.

Evangile : révélation de Jésus Christ sur la terre. Apocalypse : révélation de Jésus Christ dans le ciel : le Père lui montre (et à son serviteur Jean) l’étendue du domaine du Fils : tout, au ciel et sur la terre. A l’extrême fin de l’amour du Fils, après la mort et le samedi saint, commence la révélation du Père au Fils. Le Père montre quelque chose au Fils…

Toute vision authentique fait partie d’une mission…

Il est pensable qu’un mystique qui se trouve dans la même pièce qu’une autre personne ait en même temps la vision d’un être céleste. Il verrait en même temps et de manière tout à fait objective les deux : la personne terrestre et l’être céleste, bien que l’autre personne ne voie pas l’être céleste… (NdT. Cela fait partie de l’expérience d’Adrienne von Speyr elle-même).

3. Enfer

Ap 5,3. Mais nul, dans le ciel, sur la terre ni sous la terre, n’avait le pouvoir d’ouvrir le livre ni d’y jeter les yeux.

Les enfers : ceux qui viennent d’y entrer ou ceux qui vont bientôt les quitter. Ceux qui sont totalement endurcis et ceux qui sont presque sauvés. Dans les enfers, le pécheur, durant le temps de sa purification, est seul devant le Seigneur et son propre péché.

4. Entendre la voix du Seigneur

Ap 22,17. L’Esprit et l’épouse disent : Viens! Que celui qui entend dise : Viens! Que celui qui a soif vienne, que celui qui le veut reçoive de l’eau vive, gratuitement.

Personne ne peut dire qu’il n’a pas entendu la voix du Seigneur. En accomplissant sur la croix l’oeuvre de la rédemption, le Seigneur s’est acquis le droit de donner à tout croyant une mission particulière. Exigence qui peut faire l’effet d’une exigence excessive : personne ne peut dire qu’il a rempli totalement la mission qui lui a été confiée…

Il y a toutes sortes de manières d’entendre la voix du Seigneur : la plus légère inquiétude ou l’exigence la plus claire, dans la nuit ou dans l’abîme, elle peut emporter au ciel, elle peut être une saisie physique de ses paroles, elle peut être entendue quand on lit l’Ecriture ou quand on écoute une prédication, dans l’exhortation qui suit la confession, dans le tréfonds du coeur : c’est toujours la même voix du Seigneur et personne ne peut dire qu’il ne l’a pas entendue. Mais toute parole contient aussi plus que ce qu’on en a compris.

5. Transparence

Ap 7,12. Ils disaient : Amen! Louange, gloire, sagesse, action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles. Amen!

La prière, c’est le moment dans la journée où l’on doit être totalement transparent devant Dieu.

6. Etre saisi par l’Esprit

Ap 4,2. Aussitôt je fus saisi par l’Esprit…

Ici-bas on peut entendre une voix venue du ciel et il se peut qu’on se demande si c’est une voix humaine ou une voix venue du ciel qu’on entend. On peut aussi entendre les choses de l’autre monde en étant dans l’autre monde, en étant dans l’Esprit. Et un signe qu’on est dans l’Esprit sera que, tant qu’on est dans cet état, on ne perçoit plus les choses de ce monde, qu’on devrait normalement percevoir. Jean est enlevé. Quelque chose de purement passif. Comme il ignore totalement le chemin pour aller de lui au ciel, le ciel s’en charge; et le ciel n’accorde aucune importance à lui faire connaître le chemin et la manière. Ce que Jean commence à voir, il le voit avec des yeux qui n’ont plus rien à faire avec les yeux de ce monde.

7. On se comprend

Ap 6,10. Ils criaient d’une voix forte : Jusques à quand, maître saint et véritable, tarderas-tu à faire justice, et à venger notre sang sur les habitants de la terre?

Au ciel, on se comprend tous tout de suite.

8. Se convertir

Ap 1,17. A sa vue, je tombai comme mort à ses pieds…

Personne ne peut se convertir à Dieu sans mourir à soi-même. C’est pourquoi au début de cette autre « conversion » qu’est la vie mystique se trouve aussi la mort comme condition de la nouvelle naissance. (A propos du voyant de l’Apocalypse qui tombe comme mort quand il voit le Christ dans sa gloire).

9. La foi

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

Si quelqu’un a une vision et qu’il se trouve seul dans une pièce avec un autre, et que dans cette pièce la Mère de Dieu lui apparaît, si l’autre lui demande s’ils sont seuls, il pourra lui répondre qu’ils sont seuls parce que la présence de la Mère, pour l’autre qui ne voit pas, n’est pas une vérité au sens terrestre. S’il est croyant et s’il est porté à tenir pour vrai la vision de l’autre, celui-ci pourrait aussi lui répondre : Non, nous ne sommes pas seuls, nous sommes à trois. Et cette deuxième vérité sera tenue pour vraie par celui qui ne voit pas dans la mesure où on la lui communique et que lui, il y participe en croyant. Les deux vérités sont vraies chacune sur un autre plan; la première est accessible à tous, la deuxième n’est accessible que par la transmission faite par le voyant.

10. Visions

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

Il y a des grâces mystiques de vision et d’expérience des choses célestes ou de l’au-delà que Dieu donne pour maintenir vivante dans le monde la foi chrétienne, et cela dans des missions particulières.

11. Ciel et terre

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

Un voyant peut être transporté au ciel et fréquenter là les habitants du ciel; de là aussi il peut avoir une vue de la terre; il peut ensuite revenir sur la terre et garder dans sa mémoire l’image du ciel et en même temps l’image de la terre telle qu’elle apparaît vue du ciel… En tant que voyant, il peut voir le ciel dans une vision, mais aussi le ciel et la terre en même temps. (NdT. Sans le dire, Adrienne raconte là sa propre expérience).

12. Vision

10,11. Après ces trois jours et demi, un souffle de vie, venu de Dieu, entra en eux et ils se dressèrent…

Toute vision a un caractère prophétique. Naturellement il y a aussi dans la vision les côtés d’un échange entre Dieu et le voyant. Mais jamais le sens d’une vision ne s’épuise dans cette relation. Une certaine mission de revivification de la foi, de l’amour est toujours liée à une vision authentique.

13. Toute-puissance

Ap 1,8. Je suis l’Alpha et l’Omega, dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant.

La toute-puissance du Fils est si grande qu’il a aussi le pouvoir de renoncer à en faire usage : l’abandon de la croix et de la descente aux enfers.

14. Golgotha

Ap 11,8. Leurs corps resteront sur la place de la grande cité qu’on nomme symboliquement Sodome et Égypte, là même où leur Seigneur a été crucifié.

Le Seigneur est mort au lieu où le péché des hommes l’ont amené. Ce lieu qui est connu exactement a pour ainsi dire connu, par la mort du Seigneur, une extension, car depuis sa mort sur le Golgotha, le Seigneur est aussi crucifié à nouveau partout sur terre où notre péché ne se laisse pas vaincre par lui.

15. Le tribut

Ap 9,21. Ils ne se repentirent pas de leurs meurtres ni de leurs sortilèges, de leurs débauches ni de leurs vols.

Quand le Seigneur règne dans une âme, tout le reste se met en marge, se met à son service. Si le péché est au centre d’une âme, l’homme est chassé de lui-même et il doit payer tribut au péché.

16. Le sceau de Dieu

Ap 9,4. Il leur fut défendu de faire aucun tort à l’herbe de la terre, à rien de ce qui verdoie, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui ne portent pas sur leur front le sceau de Dieu.

Dans ce monde qu’ils maîtrisent si bien, les hommes n’ont plus besoin de Dieu.

17. S’offrir

Ap 11,17. Nous te rendons grâce, Seigneur Dieu tout-puissant, qui es et qui étais, car tu as exercé ta grande puissance et tu as établi ton règne.

Dieu n’impose rien, à l’homme, il attend son accord; ce faisant, Dieu donne à l’homme d’avoir part à la puissance divine d’accepter librement et comme un seigneur… Dieu prend possession de son règne, il prend possession des hommes à condition qu’ils s’offrent. Depuis toujours l’homme est créature de Dieu, bien sûr; mais il faut encore que Dieu en prenne possession; cependant il ne le fait pas en s’imposant à l’homme, il faut toujours que l’homme s’offre à lui pour que Dieu prenne possession de lui.

18. Le mal

Ap 9,2. Elle ouvrit le puits de l’abîme, et il en monta une fumée, comme celle d’une grande fournaise.

La volonté de faire le mal est si grande dans le diable qu’il n’a pas besoin de décision ou de réflexion pour faire le mal.

19. Toute parole

Ap 10,8. Et la voix que j’avais entendue venant du ciel, me parla de nouveau et dit…

Toute parole de Dieu a toujours encore en elle un espace pour un mystère plus haut. Tout ce que peut dire un homme, même quand il répond à Dieu ou qu’il transmet une parole de Dieu, est toujours un réceptacle ouvert qui peut contenir bien plus que n’en sait l’homme qui la dit.

20. Prière

Ap 8,3. Un autre ange vint se placer près de l’autel. Il portait un encensoir d’or, et il lui fut donné des parfums en grand nombre, pour les offrir avec les prières de tous les saints…

Les prières sont nécessaires devant Dieu. Aucun croyant, aucun chercheur de Dieu n’est dispensé du devoir de la prière. Dieu a fait de la prière un moyen de se purifier et de s’approcher de lui, Dieu a donné à la prière le pouvoir d’une plus grande intelligence et d’un amour croissant. La prière fait partie du service de Dieu.

21. Mission

Ap. 2,1. Ainsi parle celui qui tient les sept étoiles dans sa droite, qui marche au milieu des sept chandeliers d’or.

Position inconfortable du voyant de l’Apocalypse entre terre et ciel, appartenant en quelque sorte aux deux sans qu’il l’ait voulu, et chargé d’une mission qui le dépasse totalement. (NdT. Cela décrit sans le dire la situation d’Adrienne von Speyr entre ciel et terre).

22. Que faire?

Ap 6,9. Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient porté.

Dieu lui-même fait savoir à Jean dans l’Esprit ce qu’il a à faire.

23. Marie dans le ciel

Ap 12,2. Elle était enceinte et criait dans le travail et les douleurs de l’enfantement.

A la croix, Jean a reçu du Seigneur sa Mère, comme un gage d’amour, avec la vénération qui lui est due comme Mère du Seigneur, mais sans avoir alors pleinement reconnu la grandeur de sa mission. Maintenant (dans la vision de Ap 12,2) il voit celle avec qui il a vécu sur terre emportée parmi les signes du ciel, il entend ses cris, il reconnaît la grandeur incommensurable de sa mission.

24. Espace

Ap 3,11. Je viens bientôt. Tiens ferme ce que tu as, pour que nul ne te prenne ta couronne.

Quand le Seigneur vit dans une âme, il n’y a en elle aucun espace où le Seigneur ne serait pas.

25. Communion

Ap 10,9. Je m’avançai vers l’ange et le priai de me donner le petit livre. Il me dit : prends et mange-le…

Dans le ciel aussi il y aura une communion; non seulement nous verrons le Seigneur, mais nous serons aussi unis à lui… Sinon le ciel serait plus pauvre que la terre. Et la réception terrestre du Seigneur est préparation de sa réception céleste.

26. La voix de Dieu

Ap 11,12. Ils entendirent une voix forte qui, du ciel, leur disait : Montez ici…

Ils savent maintenant en toute certitude que l’homme peut entendre la voix de Dieu.

27. Mission

Ap 11,10. Les habitants de la terre se réjouiront à leur sujet, ils seront dans la joie, ils échangeront des présents, car ces deux prophètes leur avaient causé bien des tourments.

Dans leur vie refermée sur elle-même, ils ne savent plus ce qu’est une vie dans la mission (reçue de Dieu).

28. Les mystiques

Ap 8,13. Alors je vis : Et j’entendis un aigle qui volait au zénith proclamer d’une voix forte : Malheur! Malheur! Malheur aux habitants de la terre à cause des sonneries de trompettes des trois anges qui doivent encore sonner!

(De la manière de traiter avec les mystiques) : Leur demander ce qu’ils ont vu, non ce qu’ils ont ressenti, leur état d’âme, à moins qu’il fasse partie de leur mission de s’exprimer à ce sujet.

29. Rencontrer Dieu

Ap 11,11. Après ces trois jours et demi, un souffle de vie, venue de Dieu, entra en eux et ils se dressèrent. Alors une grande frayeur tomba sur ceux qui les regardaient.

Devant la Passion, durant la Passion, le Seigneur Jésus était angoissé parce qu’il se sentait séparé de Dieu. Les pécheurs, eux, ont peur de devoir rencontrer Dieu à nouveau.

30. Image de l’enfer

Ap 9,21. Ils ne se repentirent pas…

Tout ce que Jean a décrit (Ap 9,14-21) est une image de l’enfer sur terre. Non pas l’enfer après la mort, mais l’enfer en ce monde. Et le tout est entièrement vision, une vision qui fait voir ce que la justice de Dieu tient prêt si sa miséricorde n’intervient pas, si la rédemption ne vient pas.

31. L’Esprit Saint

Ap 11,12. Il entendirent une voix forte qui, du ciel, leur disait : Montez ici. Et ils montèrent au ciel dans la nuée, sous les yeux de leurs ennemis.

Remplis comme ils sont de l’Esprit Saint de Dieu, leur vie est une part de la vie du Père. Ils ont renoncé totalement à leur propre vie pour donner à Dieu toute la place… Plus quelqu’un se tourne vers Dieu, plus il est pris par Dieu, plus l’entoure une nuée; il ne pose pas de questions, il n’explique pas, il expérimente Dieu et ses mystères et, dans la même mesure, il devient incompréhensible pour la grande masse, souvent même pour ses proches. Ce n’est qu’au ciel que cette nuée se dissipera.

32. Garantie

Ap 7,14. Je lui répondis : Mon Seigneur, tu le sais!

Dans beaucoup de missions ultérieures dans l’Eglise, les mystiques auront dans leur confesseur la garantie de la justesse.

33. La synagogue de Satan

Ap 3,9. Voici, je te donne des gens de la synagogue de Satan, de ceux qui se disent juifs, mais ne le sont pas, car ils mentent.

Ceux qui ne sont chrétiens que de nom : synagogue de Satan. Ceux qui mentent vraiment sur leur foi supposée et qui savent qu’ils mentent. Ceux dont la foi est tiède et comme morte.

34. Écouter et voir

Ap 7,9. Après cela je vis : c’était une foule immense que nul ne pouvait dénombrer…

Différence entre écouter et voir pour un visionnaire… Entendre, dans une vision, est souvent plus objectif, plus précis, moins susceptible d’interprétation que ce qui est vu. Ce qui est vu, le voyant est plutôt enclin à le mettre en rapport avec lui-même. Ainsi la mission entendue est plus sûre que la mission vue : on sait exactement ce qui est demandé et ce qu’on a à faire. (NdT. Adrienne parle de son expérience?)

35. Solitude

Ap 11,18. Les nations se sont mises en colère, mais c’est la colère qui est venue. C’est le temps du jugement pour les morts, le temps de la récompense pour tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, petits et grands, le temps de la destruction pour ceux qui détruisent la terre.

Plus l’homme s’éloigne de l’amour de Dieu, moins il supporte en l’autre un mystère. Tout doit être totalement visible, tout doit pouvoir être mis au grand jour. Quand il ne pénètre pas tout, il est rempli de méfiance, car il se prend lui-même pour mesure et preuve, et il ne croit qu’en lui-même. Ainsi il est finalement tout à fait seul.

36. Servir Dieu

Ap 11,18 (ci-dessus).

Au jugement, chacun recevra une connaissance de ce que Dieu est et aussi la connaissance de ce que lui-même n’est pas. Dans ce contact du jugement il apparaîtra que ce n’est qu’en Dieu que l’homme expérimentera ce qu’il a fait en vérité et ce qu’il n’a pas fait. Sur terre, un homme peut essayer de cacher le bien et le mal qu’il fait. Sur terre, un homme qui croit et aime peut montrer éventuellement à un autre homme que ce qu’il fait de mieux est encore médiocre. Sur terre, un homme peut en éclairer un autre. C’est ce qui se passera parfaitement lors du jugement : Dieu révélera à chacun les justes mesures pour juger de sa vie. Il nous donnera son intelligence pour éclairer le passé. Et nous recevrons aussi une juste idée de ce que Dieu est en vérité. En jugeant les morts, Dieu leur donne le sens de la vie : servir Dieu, c’était être proche de lui.

37. Toute-puissance

Ap 1,8. Je suis l’Alpha et l’Omega, dit le Seigneur Dieu…

L’usage par le Fils de sa toute-puissance de Dieu est en dépendance du Père durant sa vie terrestre.

38. Puissance

Ap 2,26. Le vainqueur, celui qui garde jusqu’à la fin mes oeuvres, je lui donnerai pouvoir sur les nations.

Le Seigneur communique sa puissance parce qu’il la possède en lui. Et comme il vit dans le croyant, sa puissance aussi vit dans le croyant.

39. Effort vers Dieu

Ap 2,24. Mais je vous le déclare à vous qui, à Thyatire, restez sans partager cette doctrine…, je ne vous impose pas d’autre fardeau.

L’effort de tous vers Dieu fait l’unité de la communauté.

40. Relations

Ap 11,19. Et le temple de Dieu dans le ciel s’ouvrit et l’arche d’alliance apparut dans son temple…

Dieu a la possibilité et le pouvoir d’entrer en tout temps en relation avec la terre, de montrer qu’il vit sans cesse en relation avec ses créatures.

41. Marie

Ap 12,1. Un grand signe apparut dans le ciel : une femme vêtue du soleil, la lune sous le spieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.

Marie est la Mère de Dieu au nom de toutes les femmes, et l’Eglise est l’épouse du Christ au nom de tous les humains, et c’est par Marie que l’Eglise est devenue l’épouse du Christ.

42. La ville

Ap 21,2. Et la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, je la vis qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu…

La foi permet de voir des choses que le non croyant ou le moins croyant ne voit pas… Jean voit la ville sainte, la nouvelle Jérusalem descendre du ciel d’auprès de Dieu. Ce qui le frappe, c’est la sainteté de la ville, sainte par Dieu, par l’Esprit de sainteté qui est un et trine. Pour le voir, Jean a lui-même été rempli de cet Esprit de sainteté de Dieu jusqu’à correspondre à l’objet qu’il voit. Un autre, qui aurait vu le même objet mais non dans cet Esprit, n’aurait pas du tout ressenti que Jérusalem était la sainte, la ville venant de Dieu… Plus ce qu’il y a de personnel en deux hommes s’approche de ce qui est personnel dans l’Esprit Saint, plus saintes sont les personnes qui se rencontrent, plus personnelles aussi seront leurs relations, plus leur rencontre sera un échange réciproque dans l’Esprit Saint de Dieu. Telle est ici la relation de Jean à la ville sainte.

43. La prison

Ap 13,10. Qui est destiné à la captivité ira en captivité. Qui est destiné à périr par le glaive, périra par le glaive.

Celui qui conduit en prison finira lui-même en prison… Ne pas contraindre à la foi, à une mission. Si on doit conduire quelqu’un à quelque chose, c’est nécessairement à ce que Dieu veut pour lui et non à mes propres vues, à ce que j’ai inventé pour lui. Sinon ce sera pour lui une prison, ce serait pour moi une marque de désobéissance, la preuve que je suis au pouvoir du péché.

44. La lumière

Ap 21,23. La cité n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine et son flambeau c’est l’agneau.

Une ville sainte qui voudrait essayer de rayonner elle-même la lumière serait une contradiction en elle-même. La sainteté est un don de Dieu, un don qui demeure constamment en sa possession même quand il l’a donné de manière irrévocable; et demeurant constamment en sa possession, la sainteté est constamment nourrie par lui.

45. L’aune

Ap 19,5. Alors sortit du trône une voix qui disait : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands.

Les vertus et les mérites de chacun : Dieu les mesure à une aune connue de lui seul.

46. Se prosterner

Ap 7,11. Et tous les anges rassemblés autour du trône, des anciens et des quatre animaux, tombèrent devant le trône, face contre terre, et adorèrent Dieu.

Pour la méditation, il faut choisir la position du corps qui permet de s’oublier soi-même le plus facilement. Si la position est inconfortable, elle centre la prière sur soi plutôt que sur Dieu. Les saints se sont prosternés visage contre terre. Ce n’est pas la position en tant que telle qui est importante, mais l’humilité, c’est-à-dire l’oubli de soi qui ne se met pas soi-même en travers de la route pour aller vers Dieu.

47. Regarder le Seigneur

Ap 22,20. Celui qui atteste cela dit : Oui, je viens bientôt. Amen, viens Seigneur Jésus!

Le Fils sur la croix remet l’Esprit au Père. Le Fils se perd. Il s’en remet totalement. Jean de même et tous les saints feront de même par cette grâce du Seigneur sur la croix: la grâce de ne pas chercher à savoir qui ils sont. C’est vrai à un autre niveau pour tous les chrétiens, pour qui le « dépôt » de l’Esprit sur la croix prend la forme de l’humilité la plus commune : regarder davantage le Seigneur que ses propres fautes.

48. La lumière

Ap 22,5. Il n’y aura plus de nuit, nul n’aura besoin de la lumière du flambeau ni de la lumière du soleil, car le Seigneur répandra sur eux sa lumière et ils régneront aux siècles des siècles.

Au ciel, l’humilité subit une transformation. Ici-bas, nous reconnaissons toujours plus que nous ne sommes rien et que Dieu est tout. L’humilité céleste n’a plus la première partie; là nous ne reconnaissons qu’une chose : que Dieu est tout. Nous n’avons plus besoin de comparer avec nous… Le moi disparaît de plus en plus. On peut accomplir de plus en plus ce passage dès ici-bas. Dieu peut nous donner un jour une claire vision de nos péchés et de nos empêchements. Mais ces choses ne doivent pas être traînées constamment avec nous comme objets de contemplation. Après les avoir vues, il ne s’agit plus que de Dieu.

49. Un coin caché de l’âme

Ap 1,6. Il a fait de nous un royaume, des prêtres pour Dieu son Père. A lui gloire et pouvoir pour les siècles des siècles. Amen.

L’amour du Fils a toujours encore une possibilité qui va au-delà de la possibilité de celui qui n’aime pas. Même quand il est repoussé, il peut toujours encore laisser tomber sa grâce dans un coin caché de l’âme où elle lèvera plus tard. Il a des possibilités infinies. En tant que Fils de l’homme, il possède le chemin du prochain. Par un tiers qui vit dans sa grâce, il peut se frayer un chemin. La réponse peut provisoirement s’adresser à quelqu’un qui vit dans la grâce du Seigneur et de la grâce du Seigneur. Il peut s’agir d’une occasion et d’une relation apparemment purement humaine, religieusement indifférente, et pourtant il y a ici le début d’une rencontre avec Dieu, le début de quelque chose qui dépasse le temps et pénètre dans l’éternité, quelque chose qui conduit au Seigneur et par lui au Père. L’amour éternel du Seigneur a un temps infini.

50. Les bonnes questions

Ap 21,1. Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre ont disparu et la mer n’est plus.

Le ciel : cela ne veut pas dire qu’il n’y ait plus de mystères. Mais ce sont désormais des mystères célestes, ce ne sont plus des obscurités terrestres. Si Dieu demeure encore maintenant celui qui est toujours plus grand dans ses mystères éternels, il remplit cependant toujours ce que les habitants du ciel souhaitent expérimenter de son mystère, mais leur désir vient de Dieu lui-même et il est inspiré par lui. Par contre les bonnes questions que nous avons posées sur terre recevront leurs réponses dans le ciel : vue du ciel, la terre deviendra transparente. Ce qui ici-bas a suscité de l’inquiétude, ce qui dans les questions terrestres n’était pas totalement conforme à Dieu, deviendra transparent jusqu’en son tréfonds… Au ciel, il n’y a plus de mélange de oui et de non, le non est dépassé, il n’y a plus que du oui.

51. Témoins

Ap 11,3. Et je donnerai à mes deux témoins de prophétiser, vêtus de sacs, mille deux cent soixante jours.

Les deux témoins ne sont pas des personnalités historiques; ils sont un symbole, une fonction, et leur nombre (deux) aussi est symbolique.

52. Perturbations

Ap 4,3b. Une gloire nimbait le trône de reflets d’émeraude.

La vision de Dieu au ciel par les bienheureux n’est pas parfaite avant le jugement dernier. Le péché du monde cause dans la vision des bienheureux certains affaiblissements, certaines imperfections qu’ils ne ressentent pas du tout d’ailleurs comme perturbant leur béatitude céleste et qu’ils ne remarqueront que lorsque les derniers empêchements auront disparu.

53. Le refus de Dieu

Ap 21,27. Il n’y entrera nulle souillure, ni personne qui pratique abomination et mensonge, mais ceux-là seuls qui sont inscrits dans le livre de vie de l’agneau.

Le mensonge commence partout où quelqu’un se préfère lui-même à Dieu, là où il fait quelque chose qui ne sert pas inconditionnellement la plus grande gloire de Dieu mais son propre avantage. Et ce n’est pas seulement celui qui est intelligent qui ment, parce qu’il possède une part de la vérité et en rejette une autre, ce n’est pas seulement celui qui connaît toute la vérité mais lui refuse l’obéissance, ce n’est pas seulement celui qui prie et qui laisse sa prière s’attiédir, mais finalement quiconque n’est pas prêt à rester constamment dans la main de Dieu, celui qui accepte dans sa propre volonté la plus légère chose qui trouble sa relation à Dieu, ce qui n’est pas perméable à la lumière de Dieu. Le mensonge confond aussitôt la porte et les murailles, si bien qu’il lui est impossible de passer par la porte parce qu’il tient pour absolu que les murailles sont la porte… Différentes formes de refus d’obéissance… L’obéissance serait la simple humilité, le renoncement à ce qui nous est propre, à se conduire soi-même, à la volonté propre sous toutes ses formes, pour une réponse pure et simple aux ordres de Dieu, réponse qui renonce une fois pour toutes à être autre chose que oui.

54. Les facettes

Ap 19,2. Car ses jugements sont pleins de vérité et de justice. Il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre de sa prostitution, et il a vengé sur elle le sang de ses serviteurs.

Si déjà un homme a tant de facettes qui font de lui un être incompréhensible et inaccessible, la vie éternelle et infinie de Dieu est absolument impénétrable. Certes il veut nous révéler toute sa vie, mais nous ne pouvons la saisir tout d’un coup ni expliquer tous les aspects de la vie éternelle. Pour beaucoup de choses, on doit d’abord être adapté par Dieu. Dieu a décidé avec le Fils ce qu’il veut révéler à tous. Mais comme il ne veut pas que nous en restions à l’une ou l’autre vérité, il ne cesse de montrer sa vie sous d’autres nuances qu’il ne fait pour ainsi dire que suggérer sans jamais les dévoiler ni les expliquer totalement. Au tout que Dieu demande de nous correspond de son côté un véritable tout. Il ne nous dissimule rien. Mais l’éternité ne suffira pas à nous faire voir ce tout tout d’un coup parce que Dieu sera toujours plus grand quand même que son éternité.

55. Le ciel fermé

Ap 11,6. Ils ont pouvoir de fermer le ciel, et nulle pluie n’arrose les jours de leur prophétie. Ils ont pouvoir de changer les eaux en sang, et de frapper la terre de maints fléaux, autant qu’ils le voudront.

Dans l’eucharistie, le Seigneur offre tout son corps et nous le propose en nourriture aussi souvent que nous le voulons; il a mis entre nos mains la liberté de recevoir son don. Mais comme nous avons méprisé son offre, la liberté de le recevoir nous est retirée et il a mis dans la main de ses témoins la possibilité de châtier aussi souvent qu’ils le veulent.

56. Le secret

Ap 10,4. Et quand les sept tonnerres eurent retenti, comme j’allais écrire, j’entendis une voix qui, du ciel, me disait : Garde secret le message des sept tonnerres et ne l’écris pas.

La mission du voyant : on lui a donné quelque chose à voir ou à entendre. Il veut l’écrire, mais une voix lui dit de ne pas le faire. Il y a des choses qui sont montrées au voyant, ou des choses qu’on lui fait entendre, et qui sont pour lui seul, qu’il ne doit pas transmettre.

57. Le diable

Ap 13,9. Que celui qui a des oreilles entende.

Le mal et le diable : les connaître à partir de Dieu. Le diable vit, certes, mais Dieu est plus grand que lui : le savoir avec la solidité du rocher. Qui ne voit pas ou ne pressent pas Dieu derrière le diable, il ne lui est pas permis de scruter le mal. Quand on s’occupe du péché, se tourner aussitôt vers l’expérience de Dieu, qui est plus grande, pour nous occuper du mal dans l’immunité de Dieu.

58. La sainteté

Ap 20,6. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection. Sur eux la seconde mort n’a pas d’emprise : ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et régneront avec lui pendant les mille ans.

La sainteté ne consiste pas pour l’homme à tout donner, elle consiste en ce que le Seigneur prend tout… L’homme n’offre tout qu’en paroles seulement peut-être. Il pense toujours à quelque chose de limité. Le Seigneur, lui, entend les paroles de l’homme comme elles auraient dû être dites.

59. Vision

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

Vision : beaucoup de choses en elle peuvent n’être pas compréhensibles pour le voyant. C’est justement pour cela qu’il doit la transmettre comme il l’a reçue parce que ce qu’il ne comprend pas peut être important pour l’Eglise, demain peut-être, peut-être dans cent ans.

60.Transparence

Ap 14,4-5. Ils ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges. Ils suivent l’agneau partout où il va… Et dans leur bouche ne s’est point trouvé de mensonge : ils sont irréprochables.

Les saints : transparence de Dieu, tellement ils sont en lui. Mais certains veulent attirer l’attention sur eux, sur ce qu’ils font.

61. Objectivité

Ap 17,15. Puis il me dit : les eaux que tu as vues, là où réside la prostituée, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues.

Objectivité du voyant : on ne doit pas l’interroger sur ce qu’il ressent. Il doit dire ce qu’il voit et entend, c’est tout. (A propos de Jean dans l’Apocalypse).

62. Louange

Ap 19,5. Alors sortit du trône une voix qui disait : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands.

Les petits et les grands doivent louer. Chacun a sa mission. Que l’oeuvre humaine soit petite ou grande, si elle est réponse à l’exigence de Dieu, la louange répond à l’attente de Dieu.

63. Suicide

Ap 20,13. La mer rendit ses morts, la mort et l’Hadès rendirent leurs morts et chacun fut jugé selon ses oeuvres.

Tout refus de la grâce est une espèce de suicide… parce que la vie est l’acceptation joyeuse de toutes les grâces que Dieu offre par lui-même, par le Christ et par l’Eglise.

64.Oui

Ap 12,13-18. Quand le dragon se vit précipité sur la terre, il se lança à la poursuite de la femme qui avait mis au monde l’enfant mâle…

Au jugement dernier, à la fin des temps, l’Eglise tout entière redevient Marie dans son oui.

65. Sainteté

Ap 21,10-11a. Il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu. Elle brillait de la gloire même de Dieu.

Si ici-bas on dit à un saint qu’il est saint, il ne le croira pas ou, s’il le croit, cela nuira à sa sainteté. Au ciel par contre, le saint peut, sans dommage, être conscient de sa sainteté parce que la sainteté qui ici-bas était déjà service, le devient au ciel d’une nouvelle manière. Ici on doit être conscient de la sainteté pour être en mesure de l’utiliser pleinement pour le service. Ce qui est impossible ici-bas est nécessaire au ciel. Au ciel, il n’y a plus de danger que la conscience de la sainteté soit un préjudice. Non seulement le saint doit maintenant accueillir ce don particulier de Dieu, il doit ausi être en mesure de le remercier. Et pour cela, il doit le connaître. Il n’y a pas pour autant de nivellement dans la sainteté comme si la conscience d’être saint était allégée par la pensée que tous sont également aints. Il y a toujours encore des distinctions et des particularités, même si maintenant elles sont évidentes pour tous et servent à tous. Ici-bas, il faut une moindre mesure de conscience de soi : juste ce qu’il faut.

66. Le nom

Ap 2,17. Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, je lui donnerai une pierre blanche et, gravé sur la pierre, un nom nouveau que personne ne connaît sinon qui le reçoit.

Le nom nouveau écrit sur la pierre : pour chacun personnellement. Ne pas vouloir lire sur la pierre autre chose que ce que le Seigneur a écrit.

67. Adoration

Ap 7,11. Et tous les anges rassemblés autour du trône, des anciens et des quatre animaux, tombèrent devant le trône, face contre terre, et adorèrent Dieu.

Toute prière doit commencer par l’adoration.

68. Purgatoire

Ap 2,11. Le vainqueur ne souffrira nullement de la seconde mort.

Le purgatoire est comme une confession approfondie dans laquelle le copnfesseur serait le Seigneur qui découvre l’un après l’autre et toujours plus profondément tous les péchés oubliés; et en les voyant de mieux en mieux, je commence à pressentir combien tout cela était péché et, en le pressentant, je commence aussi à le reconnaître et, en le reconnaissant, je connais l’amertume et peu à peu le repentir, le repentir authentique pour l’amour du Seigneur.

69. Le peintre et son ami

Ap 22,12. Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon son oeuvre.

Dieu exige toujours des choses de notre foi. Et on ne sait pas pourquoi, et on ne sait pas ce qu’il en fait. C’est déposé auprès de lui. C’est ça l’oeuvre de la foi dont parle notre verset : pour rendre à chacun selon son oeuvre… Comme un peintre qui peint pour son ami et il lui donne ses tableaux. Puis l’ami lui demande un jour son pinceau, et puis d’autres choses qui semblent aussi indispensables, et le peintre ne sait pas si ces choses lui reviendront ni à quoi ça peut servir à son ami.

70.L’enfer

Ap 9,7. Les sauterelles avaient l’aspect de chevaux équipés pour le combat… et leurs visages étaient comme des visages humains.

L’enfer nu : on n’y rencontre que soi : les sauterelles menaçantes qui ont un visage d’homme, le mien, et qui me renvoient mille fois, un million de fois mon visage.

71.Tartuffe

Ap 16,13. Alors de la bouche du dragon, de la bouche de la bête et de la bouche du faux prophète, je vis sortir trois esprits impurs, tels des grenouilles.

La tromperie sous couleur de piété : forme de péché des plus courantes dans le monde. Fausse religion, fausse prophétie, fausse mystique. Tout ce qui semble glorifier Dieu et qui ne sert qu’à glorifier l’homme religieux. Tout ce qui a besoin de discernement pour être démasqué comme mauvais.

72. Se livrer

Ap 19,11. Alors je vis le ciel ouvert : c’était un cheval blanc, celui qui le monte se nomme Fidèle et Véritable. Il juge et il combat avec justice.

Pour entrer dans la foi de l’Eglise, se laisser juger. Se livrer et non jouer avec le Seigneur d’une manière théorique. Une foi purement intellectuelle ne suffit pas; pour atteindre le Seigneur, la foi doit avoir l’amour, elle doit se soumettre à l’amour.

73. Purgatoire

Ap 14,20. On foula la cuve hors de la cité, et de la cuve sortit du sang qui montait jusqu’au mors des chevaux sur une étendue de mille six cents stades.

Le purgatoire. La cuve de la colère de Dieu. Quelque chose qui se passe sans témoin entre le pécheur et Dieu. Mais partout où il est question de pardon du péché intervient maintenant le sang du Christ. Le sang sur mille six cents stades et jusqu’au mors des chevaux : donc limité. Le sang du Christ, mais aussi le sang, comme tourment du pécheur.

74. La grâce du Seigneur

Ap 3,19. Moi, tous ceux que j’aime, je les reprends et les corrige. Sois donc fervent et repens-toi.

Accepter tout châtiment, toute injustice, toute dureté comme pénitence venant du Seigneur, pour nos péchés personnels, peut-être aussi pour ceux des autres, par la grâce du Seigneur de les porter avec lui.

75. Les poids lourds

Ap 21,27. Il n’y entrera nulle souillure, ni personne qui pratique abomination et mensonge, mais ceux-là seuls qui sont inscrits dans le livre de vie de l’agneau.

On parle trop légèrement des « petits péchés » et peut-être nous vantons-nous de ne pas en avoir commis de grands. Et nous ne réfléchissons pas au poids vraiment lourd, comme on ne peut se l’imaginer, de tous les péchés véniels du monde.

76. Traduire

Ap 6,10. Ils criaient d’une voix forte : Jusques à quand, maître saint et véritable, tarderas-tu à faire justice…

A Jean il fut donné de vivre en même temps dans le monde et en esprit dans le ciel. Jean doit apprendre aussi combien il est difficile de traduire le céleste en termes terrestres. (NdT. Ce fut aussi l’expérience d’Adrienne von Speyr).

77. Les Souffrances au ciel

Ap 19,14. Les armées du ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues d’un lin blanc et pur.

Les saints du ciel peuvent apparaître aux habitants de la terre comme souffrants encore. Comment? En fait toute leur souffrance appartient désormais au Fils : c’est lui qui apparaît en vêtements trempés de sang. Les troupes célestes, elles, sont en vêtement blanc. De la terre, on peut toujours les appeler : les espaces qu’ils peuvent atteindre sont les mêmes que ceux du Seigneur.

78. Être prêt

Ap 4,5. Du trône sortaient des éclairs, des voix et des tonnerres…

Les voix qui sortent du trône avec les éclairs et le tonnerre… Ceux qui perçoivent les voix doivent être prêts, mais ils ne sont peut-être pas plus prêts que les milliers d’autres qui n’entendent pas les voix. (A propos de la mystique).

79. Certitude

Ap 22,20. Celui qui atteste cela dit : Oui, je viens bientôt. Amen, viens, Seigneur Jésus.

Après la certitude de la révélation qu’il a reçue, Jean va revenir sur la terre parmi croyants et incroyants, et il devra témoigner, défendre. Il doit être durablement pénétré qu’il y a eu un instant où il a dit avec la dernière certitude que le Seigneur témoigne de tout cela.

80.Fantômes

Ap 11,18. Les nations se sont mises en colère, mais c’est la colère qui est venue.

Athéisme : rejet, puis méconnaissance, ignorance totale de Dieu, Dieu inexistant; Dieu qui n’est qu’un mythe, un fantôme, la quintessence de ce qui est étranger… Les peuples conservaient à la colère de Dieu une petite place ridicule, comme celle qu’on laisse dans les contes au méchant, bien que personne n’y croie sérieusement. Et maintenant la colère de Dieu est venue. Le fantôme est devenu réalité. Les peuples ignorent son amour, il ne peut plus les toucher que par sa colère. En face de cette colère de Dieu, la colère des hommes fait figure de fantôme. Même après la croix, l’amour de Dieu est devenu fade pour les hommes. Seule la colère de Dieu peut encore leur communiquer le sens vivant de l’existence de Dieu.

81. Rayonnement

Ap 21,11. Elle brillait de la gloire même de Dieu.

Dans le ciel : Dieu et les saints. Les saints ne disparaissent pas, mais Dieu rayonne partout. La vision dans le ciel est partout vision de Dieu. La prière du ciel est contemplation parfaite, don direct de Dieu qu’il rayonne absolument : Trinité, saints, tous les sauvés. Tous sont inclus dans la même prière. Non comme si les saints devenaient Dieu, mais Dieu est tellement présent qu’il est visible partout, rayonne de tout et sur tout. Tout parle de l’amour de Dieu, tous les êtres se parlent de Dieu les uns aux autres, non qu’ils disparaissent eux-mêmes, mais de leur être rayonne l’être de Dieu.

82. Le diable

Ap 13,6. Elle ouvrit la bouche en blasphèmes contre Dieu.

La pénitence a pouvoir sur Dieu pour lutter contre ceux qui blaphèment. Par contre, on ne peut rien pour les blasphèmes du diable : il est inconvertissable.

83. Intermédiaires de Dieu

Ap 21,24. Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront leur gloire.

Dieu n’éclaire pas directement le monde, il se sert de la sainteté pour le faire. C’est un don au monde qu’il ait sanctifié la cité sainte et chaque saint. Ce que Dieu a donné en fait de grâces aux saints, il en fait don au monde, et il espère que les saints le transmettront au monde et que le monde sera assez humble également pour le recevoir des saints en tant qu’intermédiaires de Dieu au lieu de se détourner avec une sorte d’orgueil de cette médiation instituée par Dieu, pour essayer de se procurer eux-mêmes une lumière qui n’est pas transmise par la cité ou la dérober.

84. La source

Ap 2,4. Mais j’ai contre toi que ta ferveur première, tu l’as abandonnée.

L’amour des chrétiens pour Dieu doit toujours être à la source, là où, dans l’amour, le Fils décide avec le Père l’incarnation, là où le Fils quitte le Père dans l’amour pour accomplir pour lui l’oeuvre de l’amour. Et il ne veut pas que sa communauté s’éloigne de ce point d’origine, il veut au contraire toujours plus l’y ancrer. Elle doit toujours plus comprendre et exécuter ses oeuvres comme une coopération à son oeuvre d’amour en y étant introduite toujours plus en oeuvrant par sa grâce au centre de son oeuvre d’amour.

85. Humilité dans le ciel

Ap 21,9. Alors l’un des sept anges qui tenaient les sept coupes pleines des sept derniers fléaux vint m’adresser la parole et me fit : Viens, je te montrerai la fiancée, l’épouse de l’agneau.

L’humilité au ciel consiste pour ainsi dire à ne jamais se protéger des grâces (à accepter tout ce qu’on nous offre). Elle est à la fois conscience de l’écart absolu qui existe entre Dieu et la créature (écart qui s’exprime ici-bas dans le « Domine non sum dignus ») et totale adhésion à tout ce que Dieu donne et communique.

86. Le faux prophète

Ap 19,20. La bête fut capturée, et avec elle le faux prophète…

Personne ne peut amener quelqu’un à croire au Seigneur tel qu’il est par ses propres forces; par ses propres forces, on ne peut l’amener qu’à une fausse image du Seigneur. Le passage est souvent imperceptible entre le désir de convertir quelqu’un au Seigneur et celui de le convertir à soi.

87. Les deux appels de Jean

Ap 22,16. Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous apporter ce témoignage au sujet des églises…

Le Seigneur a appelé Jean deux fois. Une première fois pour lui expliquer le mystère de son existence dans le monde afin de glorifier le Père. Et une deuxième fois quand il lui a révélé par amour le mystère caché de son séjour dans le ciel auprès du Père.

88. La joie des saints

Ap 20,6. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection…

La vie des saints est, dans tous les cas, une vie difficile qui porte en elle le sceau du jugement… A l’instant où quelqu’un renonce à tout et se met à la disposition de Dieu, même s’il le fait avec joie, … il recevra à porter l’une ou l’autre souffrance à la suite de son geste.

89. La clef des enfers

Ap 1,18. Je fus mort et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles, et je tiens les clefs de la mort et de l’Hadès.

Les enfers où le Seigneur est descendu pour les ouvrir au ciel : il en a la clef, il en est la clef.

90. La grossesse

Ap1,1. Révélation de Jésus Christ : Dieu la lui donna pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt…

Les faux mystiques : ils ont tous cherché à se satisfaire eux-mêmes, à tirer profit de leurs visions et à en jouir. Ils ne cherchaient plus Dieu mais eux-mêmes… Jean décrit objectivement ce qu’il voit. Il ne se décrit pas lui-même, ni ne dit ce qu’il pense de ce qu’il a vu. Les visions sont comme des enfants que Dieu donne et qu’on doit porter dans la pleine patience de la grossesse. Aucune mère n’ouvre son corps pour voir l’enfant plus tôt. Le faux mystique par contre perd patience.

91. Pauvreté

Ap 18,14. Le fruit que désirait ton âme s’en est allé loin de toi. Tout ce qui est raffinement et splendeur est perdu pour toi…

La pauvreté de Jean : il en souffre dans la mesure où cela ne lui permet pas d’offrir quelque chose au Seigneur. Toute la beauté des choses, il la voit dans l’usage que le Seigneur peut en faire.

92. Impuissance

Ap 7,12. Ils disaient : Amen! Louange, gloire, sagesse, action de grâce, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles! Amen!

Le Christ sur la croix : il a la force de renoncer à toute sa force et de se laisser gagner par l’impuissance totale.

93. La souffrance du Seigneur

Ap 22,7. Voici, je viens bientôt. Heureux qui garde les paroles prophétiques de ce livre.

La souffrance du Seigneur : ce n’est qu’au ciel (dans l’Apocalypse) que Jean en a mieux vu la profondeur. Elle est plus grande que ce qu’il en avait deviné ici-bas. Elle a reçu dans la lumière de l’Apocalypse sa profondeur propre… Il lui sera désormais plus pénible de voir un pécheur après avoir vu tant de saints. Tout lui semblera aussi être racheté goutte à goutte par le sang du Seigneur.

94. Correspondre

Ap 22,6. Puis il me dit : Ces paroles sont certaines et véridiques; le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt.

Par la foi, Dieu nous communique déjà comme présent ce qui va venir plus tard. Mais il ne suffit pas de remercier et d’empocher la promesse. On doit tout faire pour y correspondre.

95. L’encre invisible

Ap 13,7-8. Il lui fut donné de faire la guerre aux saints et des les vaincre. Et lui fut donné le pouvoir sur toute tribu, peuple, langue et nation. Ils l’adoreront, tous ceux qui habitent la terre, tous ceux dont le nom n’est pas écrit depuis la fondation du monde dans le livre de vie de l’agneau immolé.

Le livre de vie de l’agneau où sont inscrits les noms des saints. Tous les hommes y ont leur nom inscrit avec une encre invisible. L’action de l’homme dans le sens de Dieu rend visible le nom. Mais le nom peut perdre à nouveau sa lisibilité . Toutes les nuances de la lisibilité sont possibles. Mais le premier pas vient de Dieu : il a inscrit les noms à l’encre invisible. Il demande notre réponse, notre accord.

96. Peu importe la fin

Ap 22,13. Je suis l’Alpha et l’Oméga, le Premier et le Dernier, le commencement et la fin.

Par sa vie dans le temps, le Seigneur donne part à tous les hommes à sa vie au-delà du temps, parce que sa propre vie dans le temps est empruntée à l’éternité, est incluse, emportée dans sa vie dans l’éternité. Et plus un homme livre au Seigneur sa vie d’ici-bas qui lui reste et sa vie éternelle, plus il est introduit, attiré dès cette terre dans la vie éternelle du Seigneur. Ceci est proprement le don que le Seigneur apporte quand il vit notre vie temporelle et qu’il la vit de son éternité… Ce que c’est que d’ouvrir sa vie dans le temps à l’éternité du Seigneur qui ne souhaite qu’en prendre possession en tant qu’Alpha et Oméga, pas seulement quand on ne pourra plus faire autrement que de lui livrer notre vie, mais tout de suite, maintenant… Il a à être l’Alpha et l’Oméga, le début et la fin, pas la fin seulement quand je n’aurai plus rien à lui offrir. Mais le début aussi : commence alors l’exigence incommensurable de la foi : qu’il en advienne de moi ce qu’il veut. Peu importe la fin qui sera la mienne : je n’ai plus de fin qui ne soit aussi la sienne!

97. La vue d’ensemble

Ap 21,9… Viens, je te montrerai la fiancée, l’épouse de l’agneau.

La volonté de Dieu sur nous ici-bas : on n’en a jamais une vue d’ensemble.

98. Trébucher

Ap 22,3. Il n’y aura plus de malédiction. Le trône de Dieu et de l’agneau sera dans la cité et ses serviteurs lui rendront un culte.

Au ciel, la volonté des croyants ne sera plus opposée à la volonté de Dieu. Sa volonté sera devenue tellement la leur que sa volonté et la leur ne feront plus qu’un, que Dieu peut laisser tomber tout ce qui jusqu’alors était commandement, tout ce qui était plus loi qu’amour, tout ce qui était loi avec le but d’empêcher les pécheurs de pécher. Dieu leur ouvrira le ciel tout entier, ils ne trébucheront plus avec leur propre moi. Ils deviendront de parfaits enfants de Dieu.

99. La mission de Jean

Ap 22,9. L’ange à Jean : Je suis un compagnon de service pour toi et pour tes frères les prophètes, et pour ceux qui gardent les paroles de ce livre.

Le service de l’ange : révéler à Jean; le service de Jean : recevoir le message de l’ange et l’annoncer à la terre. Jean doit être convaincu de l’importance de son message, comme si l’ange était le précurseur de sa mission à lui, Jean. Au début de l’Apocalypse, Jean est rendu apte à recevoir les visions; maintenant il est rendu apte à retourner sur terre avec la mission de révéler ce qu’il a vu. Et de même qu’au début il a dû s’adapter à l’ange, il devra maintenant s’adapter aux croyants. Dans les deux cas, être totalement fidèle à sa mission. Les prophètes ont eu une mission très comparable à celles de l’ange et de Jean. Ont également une mission semblable ceux qui gardent les paroles de ce livre.

100. L’ange

Ap 10,1. Et je vis un autre ange puissant qui descendait du ciel. Il était vêtu d’une nuée, une gloire nimbait son front, son visage était comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu.

Description de l’ange. Vêtu d’une nuée : impénétrable. Arc-en ciel sur la tête : inséparable de l’Esprit Saint. Visage comme le soleil : le mystère dévoilé, si clair, si éblouissant qu’on ne peut le scruter. Les pieds, colonnes de feu : son contact avec la terre est brasier, incendie.

101. Plus de foi

Ap 22,20. Celui qui atteste cela dit : Oui, je viens bientôt.

Par sa vision de l’Apocalypse, Jean reçoit la mission de transmettre davantage de foi à l’Eglise parce qu’il a lui-même reçu plus de connaissance.

102. Amitié

Ap 21,16. La cité était carrée : sa longueur égalait sa largeur. Il la mesura au roseau : elle comptait douze mille stades…

L’amitié de Jésus pour Jean, malgré tout ce qu’elle a de personnel, Jean sait qu’il a à la transmettre à tous.

103. Le jugement

Ap 20,12. Et je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône, et des livres furent ouverts. Un autre livre fut ouvert : le livre de vie, et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d’après ce qui était écrit dans les livres.

Le sens du jugement est que l’homme doit comparer ce qu’il a fait avec ce qu’il aurait dû faire. Le jugement, c’est de voir ce qui manque, la grâce qu’il a refusée. Dans la confession, on ne voit jamais toute la portée de son péché. Au jugement dernier, Dieu ne peut épargner à personne de voir ce qu’il n’a pas vu autrefois : son péché à la lumière de l’objectivité de Dieu.

104. La blessure

Ap 2,12. A l’ange de l’Eglise qui est à Pergame, écris : Ainsi parle celui qui a le glaive acéré à deux tranchants.

La grâce et la mission du Seigneur sont toujours nettes, absolues… Celui qui a été touché de cette façon par son glaive porte une blessure; il peut bien sûr regimber, résister, faire comme s’il n’était pas blessé : il reste marqué et n’a que le choix de se soumettre à la volonté du Seigneur ou de perdre tout son sang par la blessure.

105. Comprendre

Ap 1,13. Et, au milieu des chandeliers, quelqu’un qui semblait un fils d’homme…

Celui qui a eu une vision ne peut pas forcer à croire celui qui ne l’a pas reçue. D’où prudence nécessaire de celui qui a eu une vision pour la transmettre aux autres. Supposer que les autres vivent aussi dans la grâce. Celui qui parle ne dira pas tout et celui qui entend complétera de lui-même. « J »ai vu comme un fils d’homme ». Celui qui entend dans la grâce comprendra : « J’ai vu le Fils de l’homme ».

106. Les saints

Ap 20,5. Les autres morts ne revinrent pas à la vie avant l’accomplissement des mille ans. C’est la première résurrection.

Au ciel, intercession des saints et des martyrs pendant mille ans. On peut les appeler, ils peuvent aider l’Eglise.

107. Prière sèche

Ap 21,17. Il mesura les remparts, ils comptaient cent quarante-quatre coudées, mesure humaine que l’ange utilisait.

Au ciel, il n’y a plus de prière sèche; on y aura par contre le sens et l’intelligence de la prière sèche sur terre et la mission d’adoucir la prière sèche des croyants, d’intervenir là où elle risque de ne plus être une prière du tout parce qu’elle serait pure sécheresse. Au ciel, on a le sens pour ce qu’on a vécu auparavant sur terre. Et c’est justement parce que, au ciel, on ne le ressent plus qu’on est plus sensible à ce qui est ressenti sur terre. Plus on reçoit d’amour au ciel, plus on comprend ceux qui, sur terre, ne reçoivent plus d’amour sensible.

108. Les larmes de Marie

Ap 18,20. Réjouis-toi de sa ruine, ciel. Et vous aussi, les saints, les apôtres et les prophètes, car Dieu, en la jugeant, vous a fait justice.

Dans l’au-delà on peut avoir part aux souffrances de la terre et cependant être bienheureux en Dieu. Marie peut trôner dans le ciel et en même temps, dans une apparition aux hommes, verser des larmes. Les saints qui prennent part aux tourments de la terre n’y demeurent pas insensibles intérieurement, mais leur compassion est intégrée dans leur état céleste.

109. Le fruit et les feuilles

Ap 22,2. Au milieu de la place de la cité et des deux bras du fleuve est un arbre de vie produisant douze récoltes. Chaque mois il donne son fruit, et son feuillage sert à la guérison des nations.

Tout doit servir pour le Seigneur, le fruit et les feuilles quand elles ont fini de remplir leur rôle pour nourrir le fruit. Tout doit servir pour le Seigneur, le principal et le secondaire. Tout appartient au Seigneur, également ce qui semble en quelque sorte détaché de la vie : le renoncement, le dépouillement, être mort tout en étant encore en vie. Egalement la contemplation, à la différence du fruit qu’est l’action. Il doit y avoir unité entre l’action qui est accomplie dans la plénitude de la force et dans la joie, et la contemplation qui est donnée également dans le renoncement, la souffrance, le sacrifice. Il semble qu’il y ait là deux choses différentes : la force et l’impuissance mais, dans la vérité de Dieu, il y a l’unité la plus profonde; car l’unité ne se trouve pas là où l’extérieur se ressemble, mais là où le plus intime, la source, est commun. On ne pourra donc pas juger l’Eglise d’après ses actions extérieures, d’après sa force et son fruit. La guérison des peuples vient des feuilles, justement de ce qui reste après les fruits. Et la contemplation a vraiment en vue la guérison des peuples : maint ordre contemplatif par exemple met sa prière et ses sacrifices anonymes au service de la conversion des peuples par l’Eglise.

110. Pas à la hauteur

Ap 20,6. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection…

Le prêtre et le saint ne sont jamais à la hauteur de leur mission (du moins, tel est souvent leur sentiment). Mais ils peuvent s’appuyer sur le trésor de prière de l’Eglise.

111. Les mots

Ap 20,12. Et je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône… Et les morts furent jugés d’après ce qui était écrit dans les livres.

Les mots pour exprimer une vision (chez Jean dans l’Apocalypse et, après lui, dans l’Eglise) contenaient dans le ciel quelque chose de plus grand que sur la terre, car l’éternité en elle-même, en tant que forme d’existence, a part à l’infini du Seigneur. Mais ils doivent être exprimés de manière humaine ainsi que Jean l’a fait.

112. La colère de Dieu

Ap 19,15. De sa bouche sort un glaive acéré pour en frapper les nations. Il les mènera paître avec une verge de fer, il foulera la cuve où bouillonne le vin de la colère du Dieu tout-puissant.

Trois manières pour l’homme de subir la colère de Dieu (dans la mort) : 1. Comme un mal nécessaire (à cause de ses péchés). 2. Comme un mal qui laisse encore le temps de se convertir. 3. Comme une punition définitive dont le puni ne voit pas le bien-fondé.

113. Témoignage

Ap 15,5. Ensuite je vis : le temple qui abritait le tabernacle du témoignage s’ouvrit dans le ciel.

Le Seigneur ne veut pas une relation close entre lui et les hommes à laquelle la Trinité n’aurait pas part… L’eucharistie est témoignage de l’Esprit Saint. De même la foi d’un individu n’est pas son propre témoignage, mais celui de l’Esprit.

114. Responsabilité

Ap 22,7. Voici, je viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles prophétiques de ce livre.

Avoir été au ciel ne rend pas facile la vie sur terre par la suite : le poids du devoir est si grand que la responsabilité vis-à-vis des hommes n’en est que plus oppressante.

115. Le banquet

Ap 1,7. Voici, il vient au milieu des nuées et tout oeil le verra, et ceux mêmes qui l’ont percé : toutes les tribus de la terre seront en deuil à cause de lui. Oui! Amen!

Chacun comprendra plus ou moins de choses de l’Apocalypse, mais il doit savoir qu’elle a un sens global. Tout comprendre est impossible, Jean lui-même n’a pas une connaissance exhaustive de l’Apocalypse : il comprend autant que ce qu’on lui donne de comprendre. Le tout est offert à tous et chacun en saisit et en prend à la mesure de ses limites. Et pourtant chacun ne doit pas seulement saisir des détails, mais par eux saisir quelque chose de l’ensemble, de différents côtés, à différentes profondeurs, selon des pénétrations variées. L’Apocalypse ressemble à un riche repas qui est préparé pour tous; chacun à sa place reçoit sa part, chacun peut se rassasier, et chacun le fera de la manière qui lui convient. Chacun pourra témoigner ensuite qu’était offert beaucoup plus que nécessaire pour sa faim. L’un a fait honneur à tel mets, l’autre à tel autre, mais tous étaient assis à la même table de Dieu. Il y a dans l’Apocalypse une totalité.

116. Le désir

Ap 21,7. Le vainqueur recevra cet héritage et je serai son Dieu et lui sera mon fils.

Tous nos désirs humains et tous les désirs de Dieu qui sont en nous sont des reflets du désir qu’a Dieu d’être notre Dieu.

117. Ouverture

Ap 22,6. Puis il me dit : Ces paroles sont certaines et véridiques; le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt.

Ouverture du ciel par l’ange à Jean dans l’Apocalypse : joyeux message parce que ses paroles ont ouvert le ciel de manière nouvelle. Cette ouverture nouvelle du ciel est quelque chose qui ne cesse de se produire à nouveau dans la foi. Le toujours plus de l’amour dans la foi est chaque fois comme une plus grande ouverture, une plus grande révélation des mystères de Dieu.

118. Les saints

Ap 21,19-20. Les assises des remparts de la cité s’ornaient de pierres précieuses de toute sorte…

L’Eglise honore les saints non en organisant pour eux des fêtes extérieures mais en les imitant et en reflétant en elle leur parure. L’extérieur est justifié en tant qu’il exprime l’intérieur. Tout ce qui est poussiéreux, tout ce qui est sentimental, mielleux et faux est en contradiction avec ce que Jean voit ici. Et avant tout, c’est l’humilité des saints, le verre transparent, qui se change en l’éclat de l’or et des pierres précieuses, une humilité qui est si grande qu’elle ne peut qu’être honorée par le Seigneur.

119. Le ciel

Ap 11,14. Le deuxième « malheur » est passé. Voici, le troisième « malheur » vient bientôt.

Il n’est pas permis d’avoir séjourné dans ciel et de revenir ensuite sur la terre comme si on n’avait pas été au ciel.

120. La sphère de Dieu

Ap 21,3. Et j’entendis, venant du trône, une voix forte qui disait : Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il demeurera avec eux. Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux.

Tout le peuple de Dieu est pris par Dieu dans la sphère de l’éternelle conversation trinitaire de Dieu. Quand on habitera avec Dieu, dans la tente de Dieu, on n’entendra plus ni parole ni voix qui ne soit prière, qui ne soit pas éternellement prière dite par le Fils au Père, qui n’ait part à la conversation éternelle du Père, du Fils et de l’Esprit Saint.

La suite en 31/2.

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