Abbaye

31. Dans les jardins de l’Apocalypse

 

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Adrienne von Speyr

 

Dans les jardins de l’Apocalypse

 

Entrée

Parmi les oeuvres d’Adrienne von Speyr, son commentaire de l’Apocalypse est l’un des plus imposants (Apokalypse, 834 p.); il a été publié en 1950, mais n’est pas encore disponible en traduction française (novembre 2011)… « Commentaire » ou plus exactement « Méditations » sur l’Apocalypse, comme l’indique la page de titre.

Le P. Balthasar a décrit lui-même la genèse de ce commentaire (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 73-77). Il est le fruit d’un « des phénomènes charismatiques les plus étonnants de l’existence d’Adrienne… Même si, pour beaucoup, il paraîtra difficile à croire, je dois pourtant en témoigner exactement comme je l’ai vécu au cours de l’année 1945″. Et le P. Balthasar transcrit alors, sans y rien changer, une page de son Journal.

« Nous étions à Estavayer, sur les bords du lac de Neuchatel; je prêchais la retraite de fondation de notre communauté ». Adrienne lui demande de le voir aussitôt après une conférence. Elle raconte : « Tout à coup était survenu une orage terrible. Il y avait des éclairs, ça tonnait,c’était un tremblement de terre général. Puis vint la grêle. Elle sortit sur la terrasse pour s’assurer de ce qui se passait, mais elle ne fut pas mouillée. Elle comprit alors que cet orage n’était pas dans la nature extérieure… Puis tout d’un coup elle vit le ciel s’ouvrir… et, dans l’ouverture, une femme. Celle-ci était si rayonnante qu’Adrienne dont, ces derniers temps, les yeux s’étaient affaiblis, en fut totalement éblouie… La femme avait douze étoiles autour de la tête; Adrienne les avait comptées; elle dit : Je suis presque sûre qu’elle en avait douze. Elle est tout entourée de feu et elle se tient sur une sphère. Elle était enceinte et criait tout le temps. N’entendez-vous pas comme elle crie? Vous n’entendez vraiment pas? (Puis la lune, le dragon rouge aux sept têtes, aux dix cornes et aux sept diadèmes sur les têtes, des coupes de sang)… Et dites-moi : qu’est-ce que saint Jean a à faire avec tout cela? Il est là d’une certaine manière, mais il n’est pas dans le tableau… Tout est si difficile, car le tableau est morcelé. Je demande pourquoi. Elle dit : Tout est si haché, si décousu : l’orage, la grêle, la femme, la grande lumière, la bête rouge… Vous ne l’entendez vraiment pas crier? ».

Le P. Balthasar ouvre alors le Nouveau Testament et lit Apocalypse 11,19 à 12,23. « Elle fut pétrifiée : Qu’est-ce que c’est? Je dis : Saint Jean. Elle demanda : Mais nous n’avons pourtant pas vu cela dans l’évangile. Moi : Non, c’est l’Apocalypse. Elle : Mon Dieu, l’Apocalypse! Au bout de quelque temps : Je ne l’ai jamais lue. J’avais un jour commencé, mais je n’ai pas dépassé le premier chapitre. C’était simplement trop grand, trop incompréhensible pour moi…

C’est ainsi que commença cette dictée vraiment apocalyptique (toutes les autres dictées se déroulaient dans un calme parfait), avec des extases, des digressions. Adrienne voyait les tableaux exactement devant elle et elle pouvait me réciter le texte correspondant sans l’avoir lu; j’ai noté ces textes qu’elle me récitait et je les ai gardés. La dictée alla du chapitre 12 au chapitre 19 ou 20, puis vinrent les chapitres 1 à 11, et enfin la conclusion : les chapitres 20 à 22. A l’occasion du premier verset,  elle développa toute une théorie de la vision spécifiquement apocalyptique et de l’état de pure objectivité dans lesquels le voyant est détaché de la terre comme du ciel. Aussi violente et agitée qu’avait été la dictée du milieu et du commencement, aussi merveilleusement lumineuse fut celle de la conclusion…

Ce que les exégètes peuvent dire de tout cela est une question qui ne m’intéresse pas ici;  il y a une chose dont je me porte garant : ce qu’Adrienne a vu, ce qu’elle a décrit avec la plus grande précision et qu’elle a ensuite expliqué sans connaître le texte de l’Ecriture, ce ne furent pas des représentations subjectives… Elle parle d’un monde de tableaux objectif qui fait partie de la révélation divine et qui est donné par Dieu de manières différentes et analogues… »

La plupart des commentateurs de l’Apocalypse se voient obligés d’avancer souvent plusieurs hypothèses pour interpréter un texte. Ce qui est singulier chez Adrienne von Speyr, c’est qu’elle va toujours droit au but.  Même pour les passages les plus mystérieux, elle ne dit pas qu’il y a plusieurs hypothèses d’interprétation. Pour elle, on dirait toujours qu’il n’y en qu’une. Elle est audacieuse. Elle va droit son chemin, elle affirme, sans élever la voix, tout simplement.

Ci-dessous, pêle-mêle, un échantillon d’extraits de ces méditations, une promenade dans les jardins de l’Apocalypse avec Adrienne von Speyr, en attendant qu’on puisse les lire un jour intégralement en traduction française. Ni un condensé, ni une somme, de ces sommes sur Dieu qui peuvent être « écrasantes d’ennui » (Cf. L. Bouyer, Le Père invisible, p. 304). « Plus nous approchons de la déité dans sa source, le Père, et plus toute prétention à donner un système de la théologie est dérisoire » (ibid., p. 375).

Patrick Catry

 

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1. Le visage de Dieu

Ap 22,4. Ils verront son visage et son nom sera sur leurs fronts.

Le visage de Dieu : sa vision sera la réponse de Dieu au service de ses serviteurs, son ultime récompense. La plus grande grâce que Dieu donne aux siens est qu’il dévoile son visage qui jusqu’alors n’était connu que du Fils et de l’Esprit.

Dans l’Ancien Testament, dans toute prophétie, Dieu a commencé à dévoiler son visage; de même quand il laissa son Fils devenir homme… La contemplation vide l’homme pour qu’il y ait en lui de l’espace pour la Parole de Dieu. La contemplation nous conduit toujours plus loin vers Dieu et rien de ce qui sur terre est montré dans la contemplation n’est renié au ciel, au contraire tout est dilaté jusqu’à la pleine vision de Dieu.

2. Révélation

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ : Dieu la lui donna pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt.

Evangile : révélation de Jésus Christ sur la terre.  Apocalypse : révélation de Jésus Christ dans le ciel : le Père lui montre (et à son serviteur Jean) l’étendue du domaine du Fils : tout, au ciel et sur la terre. A l’extrême fin de l’amour du Fils, après la mort et le samedi saint, commence la révélation du Père au Fils. Le Père montre quelque chose au Fils…

Toute vision authentique fait partie d’une mission…

Il est pensable qu’un mystique qui se trouve dans la même pièce qu’une autre personne ait en même temps la vision d’un être céleste. Il verrait en même temps et de manière tout à fait objective les deux : la personne terrestre et l’être céleste, bien que l’autre personne ne voie pas l’être céleste… (NdT.  Cela fait partie de l’expérience d’Adrienne von Speyr elle-même).

3. Enfer

Ap 5,3. Mais nul, dans le ciel, sur la terre ni sous la terre, n’avait le pouvoir d’ouvrir le livre ni d’y jeter les yeux.

Les enfers : ceux qui viennent d’y entrer ou ceux qui vont bientôt les quitter. Ceux qui sont totalement endurcis et ceux qui sont presque sauvés. Dans les enfers, le pécheur, durant le temps de sa purification, est seul devant le Seigneur et son propre péché.

4. Entendre la voix du Seigneur

Ap 22,17. L’Esprit et l’épouse disent : Viens! Que celui qui entend dise : Viens! Que celui qui a soif vienne, que celui qui le veut reçoive de l’eau vive, gratuitement.

Personne ne peut dire qu’il n’a pas entendu la voix du Seigneur. En accomplissant sur la croix l’oeuvre de la rédemption, le Seigneur s’est acquis le droit de donner à tout croyant une mission particulière. Exigence qui peut faire l’effet d’une exigence excessive : personne ne peut dire qu’il a rempli totalement la mission qui lui a été confiée…

Il y a toutes sortes de manières d’entendre la voix du Seigneur : la plus légère inquiétude ou l’exigence la plus claire, dans la nuit ou dans l’abîme, elle peut emporter au ciel, elle peut être une saisie physique de ses paroles, elle peut être entendue quand on lit l’Ecriture ou quand on écoute une prédication, dans l’exhortation qui suit la confession, dans le tréfonds du coeur : c’est toujours la même voix du Seigneur et personne ne peut dire qu’il ne l’a pas entendue. Mais toute parole contient aussi plus que ce qu’on en a compris.

5. Transparence

Ap 7,12. Ils disaient : Amen! Louange, gloire, sagesse, action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles. Amen!

La prière, c’est le moment dans la journée où l’on doit être totalement transparent devant Dieu.

6. Etre saisi par l’Esprit

Ap 4,2. Aussitôt je fus saisi par l’Esprit…

Ici-bas on peut entendre une voix venue du ciel et il se peut qu’on se demande si c’est une voix humaine ou une voix venue du ciel qu’on entend. On peut aussi entendre les choses de l’autre monde en étant dans l’autre monde, en étant dans l’Esprit. Et un signe qu’on est dans l’Esprit sera que, tant qu’on est dans cet état, on ne perçoit plus les choses de ce monde, qu’on devrait normalement percevoir. Jean est enlevé. Quelque chose de purement passif. Comme il ignore totalement le chemin pour aller de lui au ciel, le ciel s’en charge; et le ciel n’accorde aucune importance à lui faire connaître le chemin et la manière. Ce que Jean commence à voir, il le voit avec des yeux qui n’ont plus rien à faire avec les yeux de ce monde.

7. On se comprend

Ap 6,10. Ils criaient d’une voix forte : Jusques à quand, maître saint et véritable, tarderas-tu à faire justice, et à venger notre sang sur les habitants de la terre?

Au ciel, on se comprend tous tout de suite.

8. Se convertir

Ap 1,17. A sa vue, je tombai comme mort à ses pieds…

Personne ne peut se convertir à Dieu sans mourir à soi-même.  C’est pourquoi au début de cette autre « conversion » qu’est la vie mystique se trouve aussi la mort comme condition de la nouvelle naissance. (A propos du voyant de l’Apocalypse qui tombe comme mort quand il voit le Christ dans sa gloire).

9. La foi

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

Si quelqu’un a une vision et qu’il se trouve seul dans une pièce avec un autre, et que dans cette pièce la Mère de Dieu lui apparaît, si l’autre lui demande s’ils sont seuls, il pourra lui répondre qu’ils sont seuls parce que la présence de la Mère, pour l’autre qui ne voit pas, n’est pas une vérité au sens terrestre. S’il est croyant et s’il est porté à tenir pour vrai la vision de l’autre, celui-ci pourrait aussi lui répondre : Non, nous ne sommes pas seuls, nous sommes à trois. Et cette deuxième vérité sera tenue pour vraie par celui qui ne voit pas dans la mesure où on la lui communique et que lui, il y participe en croyant. Les deux vérités sont vraies chacune sur un autre plan; la première est accessible à tous, la deuxième n’est accessible que par la transmission faite par le voyant.

10. Visions

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

Il y a des grâces mystiques de vision et d’expérience des choses célestes ou de l’au-delà que Dieu donne pour maintenir vivante dans le monde la foi chrétienne, et cela dans des missions particulières.

11. Ciel et terre

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

Un voyant peut être transporté au ciel et fréquenter là les habitants du ciel; de là aussi il peut avoir une vue de la terre; il peut ensuite revenir sur la terre et garder dans sa mémoire l’image du ciel et en même temps l’image de la terre telle qu’elle apparaît vue du ciel… En tant que voyant, il peut voir le ciel dans une vision, mais aussi le ciel et la terre en même temps. (NdT. Sans le dire, Adrienne raconte là sa propre expérience).

12. Vision

12. Vision10,11. Après ces trois jours et demi, un souffle de vie, venu de Dieu, entra en eux et ils se dressèrent…

Toute vision a un caractère prophétique. Naturellement il y a aussi dans la vision les côtés d’un échange entre Dieu et le voyant. Mais jamais le sens d’une vision ne s’épuise dans cette relation. Une certaine mission de revivification de la foi, de l’amour est toujours liée à une vision authentique.

13. Toute-puissance

Ap 1,8. Je suis l’Alpha et l’Omega, dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant.

La toute-puissance du Fils est si grande qu’il a aussi le pouvoir de renoncer à en faire usage : l’abandon de la croix et de la descente aux enfers.

14. Golgotha

Ap 11,8. Leurs corps resteront sur la place de la grande cité qu’on nomme symboliquement Sodome et Egypte, là même où leur Seigneur a été crucifié.

Le Seigneur est mort au lieu où le péché des hommes l’ont amené. Ce lieu qui est connu exactement a pour ainsi dire connu, par la mort du Seigneur, une extension, car depuis sa mort sur le Golgotha, le Seigneur est aussi crucifié à nouveau partout sur terre où notre péché ne se laisse pas vaincre par lui.

15. Le tribut

Ap 9,21. Ils ne se repentirent pas de leurs meurtres ni de leurs sortilèges, de leurs débauches ni  de leurs vols.

Quand le Seigneur règne dans une âme, tout le reste se met en marge, se met à son service. Si le péché est au centre d’une âme, l’homme est chassé de lui-même et il doit payer tribut au péché.

16. Le sceau de Dieu

Ap 9,4. Il leur fut défendu de faire aucun tort à l’herbe de la terre, à rien de ce qui verdoie, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui ne portent pas sur leur front le sceau de Dieu.

Dans ce monde qu’ils maîtrisent si bien, les hommes n’ont plus besoin de Dieu.

17. S’offrir

Ap 11,17. Nous te rendons grâce, Seigneur Dieu tout-puissant, qui es et qui étais, car tu as exercé ta grande puissance et tu as établi ton règne.

Dieu n’impose rien, à l’homme, il attend son accord; ce faisant, Dieu donne à l’homme d’avoir part à la puissance divine d’accepter librement et comme un seigneur… Dieu prend possession de son règne, il prend possession des hommes à condition qu’ils s’offrent. Depuis toujours l’homme est créature de Dieu, bien sûr; mais il faut encore que Dieu en prenne possession; cependant il ne le fait pas en s’imposant à l’homme, il faut toujours que l’homme s’offre à lui pour que Dieu prenne possession de lui.

18. Le mal

Ap 9,2. Elle ouvrit le puits de l’abîme, et il en monta une fumée, comme celle d’une grande fournaise.

La volonté de faire le mal est si grande dans le diable qu’il n’a pas besoin de décision ou de réflexion pour faire le mal.

19. Toute parole

Ap 10,8. Et la voix que j’avais entendue venant du ciel, me parla de nouveau et dit…

Toute parole de Dieu a toujours encore en elle un espace pour un mystère plus haut. Tout ce que peut dire un homme, même quand il répond à Dieu ou qu’il transmet une parole de Dieu, est toujours un réceptacle ouvert qui peut contenir bien plus que n’en sait l’homme qui la dit.

20. Prière

Ap 8,3. Un autre ange vint se placer près de l’autel. Il portait un encensoir d’or, et il lui fut donné des parfums en grand nombre, pour les offrir avec les prières de tous les saints…

Les prières sont nécessaires devant Dieu. Aucun croyant, aucun chercheur de Dieu n’est dispensé du devoir de la prière. Dieu a fait de la prière un moyen de se purifier et de s’approcher de lui, Dieu a donné à la prière le pouvoir d’une plus grande intelligence et d’un amour croissant. La prière fait partie du service de Dieu.

21. Mission

Ap. 2,1.  Ainsi parle celui qui tient les sept étoiles dans sa droite, qui marche au milieu des sept chandeliers d’or.

Position inconfortable du voyant de l’Apocalypse entre terre et ciel, appartenant en quelque sorte aux deux sans qu’il l’ait voulu, et chargé d’une mission qui le dépasse totalement. (NdT. Cela décrit sans le dire la situation d’Adrienne von Speyr entre ciel et terre).

22. Que faire?

Ap 6,9. Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient porté.

Dieu lui-même fait savoir à Jean dans l’Esprit ce qu’il a à faire.

23. Marie dans le ciel

Ap 12,2. Elle était enceinte et criait dans le travail et les douleurs de l’enfantement.

A la croix, Jean a reçu du Seigneur sa Mère, comme un gage d’amour, avec la vénération qui lui est due comme Mère du Seigneur, mais sans avoir alors pleinement reconnu la grandeur de sa mission. Maintenant (dans la vision de Ap 12,2) il voit celle avec qui il a vécu sur terre emportée parmi les signes du ciel, il entend ses cris, il reconnaît la grandeur incommensurable de sa mission.

24. Espace

Ap 3,11. Je viens bientôt. Tiens ferme ce que tu as, pour que nul ne te prenne ta couronne.

Quand le Seigneur vit dans une âme, il n’y a en elle aucun espace où le Seigneur ne serait pas.

25. Communion

Ap 10,9. Je m’avançai vers l’ange et le priai de me donner le petit livre. Il me dit : prends et mange-le…

Dans le ciel aussi il y aura une communion; non seulement nous verrons le Seigneur, mais nous serons aussi unis à lui… Sinon le ciel serait plus pauvre que la terre. Et la réception terrestre du Seigneur est préparation de sa réception céleste.

26. La voix de Dieu

Ap 11,12. Ils entendirent une voix forte qui, du ciel, leur disait : Montez ici…

Ils savent maintenant en toute certitude que l’homme peut entendre la voix de Dieu.

27. Mission

Ap 11,10. Les habitants de la terre se réjouiront à leur sujet, ils seront dans la joie, ils échangeront des présents, car ces deux prophètes leur avaient causé bien des tourments.

Dans leur vie refermée sur elle-même, ils ne savent plus ce qu’est une vie dans la mission (reçue de Dieu).

28. Les mystiques

Ap 8,13. Alors je vis : Et j’entendis un aigle qui volait au zénith proclamer d’une voix forte : Malheur! Malheur! Malheur aux habitants de la terre à cause des sonneries de trompettes des trois anges qui doivent encore sonner!

(De la manière de traiter avec les mystiques) : Leur demander ce qu’ils ont vu, non ce qu’ils ont ressenti, leur état d’âme, à moins qu’il fasse partie de leur mission de s’exprimer à ce sujet.

29. Rencontrer Dieu

Ap 11,11. Après ces trois jours et demi, un souffle de vie, venue de Dieu, entra en eux et ils se dressèrent. Alors une grande frayeur tomba sur ceux qui les regardaient.

Devant la Passion, durant la Passion, le Seigneur Jésus était angoissé parce qu’il se sentait séparé de Dieu. Les pécheurs, eux, ont peur de devoir rencontrer Dieu à nouveau.

30. Image de l’enfer

Ap 9,21. Ils ne se repentirent pas…

Tout ce que Jean a décrit (Ap 9,14-21) est une image de l’enfer sur terre. Non pas l’enfer après la mort, mais l’enfer en ce monde. Et le tout est entièrement vision, une vision qui fait voir ce que la justice de Dieu tient prêt si sa miséricorde n’intervient pas, si la rédemption ne vient pas.

31. L’Esprit Saint

Ap 11,12. Il entendirent une voix forte qui, du ciel, leur disait : Montez ici. Et ils montèrent au ciel dans la nuée, sous les yeux de leurs ennemis.

Remplis comme ils sont de l’Esprit Saint de Dieu, leur vie est une part de la vie du Père. Ils ont renoncé totalement à leur propre vie pour donner à Dieu toute la place… Plus quelqu’un se tourne vers Dieu, plus il est pris par Dieu, plus l’entoure une nuée; il ne pose pas de questions, il n’explique pas, il expérimente Dieu et ses mystères et, dans la même mesure, il devient incompréhensible pour la grande masse, souvent même pour ses proches. Ce n’est qu’au ciel que cette nuée se dissipera.

32. Garantie

Ap 7,14. Je lui répondis : Mon Seigneur, tu le sais!

Dans beaucoup de missions ultérieures dans l’Eglise, les mystiques auront dans leur confesseur la garantie de la justesse.

33. La synagogue de Satan

Ap 3,9. Voici, je te donne des gens de la synagogue de Satan, de ceux qui se disent juifs, mais ne le sont pas, car ils mentent.

Ceux qui ne sont chrétiens que de nom : synagogue de Satan. Ceux qui mentent vraiment sur leur foi supposée et qui savent qu’ils mentent. Ceux dont la foi est tiède et comme morte.

34. Ecouter et voir

Ap 7,9. Après cela je vis : c’était une foule immense que nul ne pouvait dénombrer…

Différence entre écouter et voir pour un visionnaire… Entendre, dans une vision, est souvent plus objectif, plus précis, moins susceptible d’interprétation que ce qui est vu. Ce qui est vu, le voyant est plutôt enclin à le mettre en rapport avec lui-même. Ainsi la mission entendue est plus sûre que la mission vue : on sait exactement ce qui est demandé et ce qu’on a à faire. (NdT. Adrienne parle de son expérience?)

35. Solitude

Ap 11,18. Les nations se sont mises en colère, mais c’est la colère qui est venue. C’est le temps du jugement pour les morts, le temps de la récompense pour tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, petits et grands, le temps de la destruction pour ceux qui détruisent la terre.

Plus l’homme s’éloigne de l’amour de Dieu, moins il supporte en l’autre un mystère. Tout doit être totalement visible, tout doit pouvoir être mis au grand jour. Quand il ne pénètre pas tout, il est rempli de méfiance, car il se prend lui-même pour mesure et preuve, et il ne croit qu’en lui-même. Ainsi il est finalement tout à fait seul.

36. Servir Dieu

Ap 11,18 (ci-dessus).

Au jugement, chacun recevra une connaissance de ce que Dieu est et aussi la connaissance de ce que lui-même n’est pas. Dans ce contact du jugement il apparaîtra que ce n’est qu’en Dieu que l’homme expérimentera ce qu’il a fait en vérité et ce qu’il n’a pas fait. Sur terre, un homme peut essayer de cacher le bien et le mal qu’il fait. Sur terre, un homme qui croit et aime peut montrer éventuellement à un autre homme que ce qu’il fait de mieux est encore médiocre. Sur terre, un homme peut en éclairer un autre. C’est ce qui se passera parfaitement lors du jugement : Dieu révélera à chacun les justes mesures pour juger de sa vie. Il nous donnera son intelligence pour éclairer le passé. Et nous recevrons aussi une juste idée de ce que Dieu est en vérité. En jugeant les morts, Dieu leur donne le sens de la vie : servir Dieu, c’était être proche de lui.

37. Toute-puissance

Ap 1,8. Je suis l’Alpha et l’Omega, dit le Seigneur Dieu…

L’usage par le Fils de sa toute-puissance de Dieu est en dépendance du Père durant sa vie terrestre.

38. Puissance

Ap 2,26. Le vainqueur, celui qui garde jusqu’à la fin mes oeuvres, je lui donnerai pouvoir sur les nations.

Le Seigneur communique sa puissance parce qu’il la possède en lui. Et comme il vit dans le croyant, sa puissance aussi vit dans le croyant.

39. Effort vers Dieu

Ap 2,24. Mais je vous le déclare à vous qui, à Thyatire, restez sans partager cette doctrine…, je ne vous impose pas d’autre fardeau.

L’effort de tous vers Dieu fait l’unité de la communauté.

40. Relations

Ap 11,19. Et le temple de Dieu dans le ciel s’ouvrit et l’arche d’alliance apparut dans son temple…

Dieu a la possibilité et le pouvoir d’entrer en tout temps en relation avec la terre, de montrer qu’il vit sans cesse en relation avec ses créatures.

41. Marie

Ap 12,1. Un grand signe apparut dans le ciel : une femme vêtue du soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.

Marie est la Mère de Dieu au nom de toutes les femmes, et l’Eglise est l’épouse du Christ au nom de tous les humains, et c’est par Marie que l’Eglise est devenue l’épouse du Christ.

42. La ville

Ap 21,2. Et la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, je la vis qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu…

La foi permet de voir des choses que le non croyant ou le moins croyant ne voit pas… Jean voit la ville sainte, la nouvelle Jérusalem descendre du ciel d’auprès de Dieu. Ce qui le frappe, c’est la sainteté de la ville, sainte par Dieu, par l’Esprit de sainteté qui est un et trine. Pour le voir, Jean a lui-même été rempli de cet Esprit de sainteté de Dieu jusqu’à correspondre à l’objet qu’il voit. Un autre, qui aurait vu le même objet mais non dans cet Esprit, n’aurait pas du tout ressenti que Jérusalem était la sainte, la ville venant de Dieu… Plus ce qu’il y a de personnel en deux hommes s’approche de ce qui est personnel dans l’Esprit Saint, plus saintes sont les personnes qui se rencontrent, plus personnelles aussi seront leurs relations, plus leur rencontre sera un échange réciproque dans l’Esprit Saint de Dieu. Telle est ici la relation de Jean à la ville sainte.

43. La prison

Ap 13,10. Qui est destiné à la captivité ira en captivité. Qui est destiné à périr par le glaive, périra par le glaive.

Celui qui conduit en prison finira lui-même en prison… Ne pas contraindre à la foi, à une mission. Si on doit conduire quelqu’un à quelque chose, c’est nécessairement à ce que Dieu veut pour lui et non à mes propres vues, à ce que j’ai inventé pour lui. Sinon ce sera pour lui une prison, ce serait pour moi une marque de désobéissance, la preuve que je suis au pouvoir du péché.

44. La lumière

Ap 21,23. La cité n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine et son flambeau c’est l’agneau.

Une ville sainte qui voudrait essayer de rayonner  elle-même la lumière serait une contradiction en elle-même. La sainteté est un don de Dieu, un don qui demeure constamment en sa possession même quand il l’a donné de manière irrévocable; et demeurant constamment en sa possession, la sainteté est constamment nourrie par lui.

45. L’aune

Ap 19,5. Alors sortit du trône une voix qui disait : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands.

Les vertus et les mérites de chacun : Dieu les mesure à une aune connue de lui seul.

46. Se prosterner

Ap 7,11. Et tous les anges rassemblés autour du trône, des anciens et des quatre animaux, tombèrent devant le trône, face contre terre, et adorèrent Dieu.

Pour la méditation, il faut choisir la position du corps qui permet de s’oublier soi-même le plus facilement. Si la position est inconfortable, elle centre la prière sur soi plutôt que sur Dieu. Les saints se sont prosternés visage contre terre. Ce n’est pas la position en tant que telle qui est importante, mais l’humilité, c’est-à-dire l’oubli de soi qui ne se met pas soi-même en travers de la route pour aller vers Dieu.

47. Regarder le Seigneur

Ap 22,20. Celui qui atteste cela dit : Oui, je viens bientôt. Amen, viens Seigneur Jésus!

Le Fils sur la croix remet l’Esprit au Père. Le Fils se perd. Il s’en remet totalement. Jean de même et tous les saints feront de même par cette grâce du Seigneur sur la croix: la grâce de ne pas chercher à savoir qui ils sont. C’est vrai à un autre niveau pour tous les chrétiens, pour qui le « dépôt » de l’Esprit sur la croix prend la forme de l’humilité la plus commune : regarder davantage le Seigneur que ses propres fautes.

48. La lumière

Ap 22,5. Il n’y aura plus de nuit, nul n’aura besoin de la lumière du flambeau ni de la lumière du soleil, car le Seigneur répandra sur eux sa lumière et ils régneront aux siècles des siècles.

Au ciel, l’humilité subit une transformation. Ici-bas, nous reconnaissons toujours plus que nous ne sommes rien et que Dieu est tout. L’humilité céleste n’a plus la première partie; là nous ne reconnaissons qu’une chose : que Dieu est tout. Nous n’avons plus besoin de comparer avec nous… Le moi disparaît de plus en plus. On peut accomplir de plus en plus ce passage dès ici-bas. Dieu peut nous donner un jour une claire vision de nos péchés et de nos empêchements. Mais ces choses ne doivent pas être traînées constamment avec nous comme objets de contemplation. Après les avoir vues, il ne s’agit plus que de Dieu.

49. Un coin caché de l’âme

Ap 1,6. Il a fait de nous un royaume, des prêtres pour Dieu son Père. A lui gloire et pouvoir pour les siècles des siècles. Amen.

L’amour du Fils a toujours encore une possibilité qui va au-delà de la possibilité de celui qui n’aime pas. Même quand il est repoussé, il peut toujours encore laisser tomber sa grâce dans un coin caché de l’âme où elle lèvera plus tard. Il a des possibilités infinies. En tant que Fils de l’homme, il possède le chemin du prochain. Par un tiers qui vit dans sa grâce, il peut se frayer un chemin. La réponse peut provisoirement s’adresser à quelqu’un qui vit dans la grâce du Seigneur et de la grâce du Seigneur. Il peut s’agir d’une occasion et d’une relation apparemment purement humaine, religieusement indifférente, et pourtant il y a ici le début d’une rencontre avec Dieu, le début de quelque chose qui dépasse le temps et pénètre dans l’éternité, quelque chose qui conduit au Seigneur et par lui au Père. L’amour éternel du Seigneur a un temps infini.

50. Les bonnes questions

Ap  21,1. Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre ont disparu et la mer n’est plus.

Le ciel : cela ne veut pas dire qu’il n’y ait plus de mystères. Mais ce sont désormais des mystères célestes, ce ne sont plus des obscurités terrestres. Si Dieu demeure encore maintenant celui qui est toujours plus grand dans ses mystères éternels, il remplit cependant toujours ce que les habitants du ciel souhaitent expérimenter de son mystère, mais leur désir vient de Dieu lui-même et il est inspiré par lui. Par contre les bonnes questions que nous avons posées sur terre recevront leurs réponses dans le ciel : vue du ciel, la terre deviendra transparente. Ce qui ici-bas a suscité de l’inquiétude, ce qui dans les questions terrestres n’était pas totalement conforme à Dieu, deviendra transparent jusqu’en son tréfonds… Au ciel, il n’y a plus de mélange de oui et de non, le non est dépassé, il n’y a plus que du oui.

51. Témoins

Ap 11,3. Et je donnerai à mes deux témoins de prophétiser, vêtus de sacs, mille deux cent soixante jours.

Les deux témoins ne sont pas des personnalités historiques; ils sont un symbole, une fonction, et leur nombre (deux) aussi est symbolique.

52. Perturbations

Ap 4,3b. Une gloire nimbait le trône de reflets d’émeraude.

La vision de Dieu au ciel par les bienheureux n’est pas parfaite avant le jugement dernier. Le péché du monde cause dans la vision des bienheureux certains affaiblissements, certaines imperfections qu’ils ne ressentent pas du tout d’ailleurs comme perturbant leur béatitude céleste et qu’ils ne remarqueront que lorsque les derniers empêchements auront disparu.

53. Le refus de Dieu

Ap 21,27. Il n’y entrera nulle souillure, ni personne qui pratique abomination et mensonge, mais ceux-là seuls qui sont inscrits dans le livre de vie de l’agneau.

Le mensonge commence partout où quelqu’un se préfère lui-même à Dieu, là où il fait quelque chose qui ne sert pas inconditionnellement la plus grande gloire de Dieu mais son propre avantage. Et ce n’est pas seulement celui qui est intelligent qui ment, parce qu’il possède une part de la vérité et en rejette une autre, ce n’est pas seulement celui qui connaît toute la vérité mais lui refuse l’obéissance, ce n’est pas seulement celui qui prie et qui laisse sa prière s’attiédir, mais finalement quiconque n’est pas prêt à rester constamment dans la main de Dieu, celui qui accepte dans sa propre volonté la plus légère chose qui trouble sa relation à Dieu, ce qui n’est pas perméable à la lumière de Dieu. Le mensonge confond aussitôt la porte et les murailles, si bien qu’il lui est impossible de passer par la porte parce qu’il tient pour absolu que les murailles sont la porte… Différentes formes de refus d’obéissance… L’obéissance serait la simple humilité, le renoncement à ce qui nous est propre, à se conduire soi-même, à la volonté propre sous toutes ses formes, pour une réponse pure et simple aux ordres de Dieu, réponse qui renonce une fois pour toutes à être autre chose que oui.

54. Les facettes

Ap 19,2. Car ses jugements sont pleins de vérité et de justice. Il a jugé la grande prostituée qui corrompait la terre de sa prostitution, et il a vengé sur elle le sang de ses serviteurs.

Si déjà un homme a tant de facettes qui font de lui un être incompréhensible et inaccessible, la vie éternelle et infinie de Dieu est absolument impénétrable. Certes il veut nous révéler toute sa vie, mais nous ne pouvons la saisir tout d’un coup ni expliquer tous les aspects de la vie éternelle. Pour beaucoup de choses, on doit d’abord être adapté par Dieu. Dieu a décidé avec le Fils ce qu’il veut révéler à tous. Mais comme il ne veut pas que nous en restions  à l’une ou l’autre vérité, il ne cesse de montrer sa vie sous d’autres nuances qu’il ne fait pour ainsi dire que suggérer sans jamais les dévoiler ni les expliquer totalement. Au tout que Dieu demande de nous correspond de son côté un véritable tout. Il ne nous dissimule rien. Mais l’éternité ne suffira pas à nous faire voir ce tout tout d’un coup parce que Dieu sera toujours plus grand quand même que son éternité.

55. Le ciel fermé

Ap 11,6. Ils ont pouvoir de fermer le ciel, et nulle pluie n’arrose les jours de leur prophétie. Ils ont pouvoir de changer les eaux en sang, et de frapper la terre de maints fléaux, autant qu’ils le voudront.

Dans l’eucharistie, le Seigneur offre tout son corps et nous le propose en nourriture aussi souvent que nous le voulons; il a mis entre nos mains la liberté de recevoir son don. Mais comme nous avons méprisé son offre, la liberté de le recevoir nous est retirée et il a mis dans la main de ses témoins la possibilité de châtier aussi souvent qu’ils le veulent.

56. Le secret

Ap 10,4. Et quand les sept tonnerres eurent retenti, comme j’allais écrire, j’entendis une voix qui, du ciel, me disait : Garde secret le message des sept tonnerres et ne l’écris pas.

La mission du voyant : on lui a donné quelque chose à voir ou à entendre. Il veut l’écrire, mais une voix lui dit de ne pas le faire. Il y a des choses qui sont montrées au voyant, ou des choses qu’on lui fait entendre, et qui sont pour lui seul, qu’il ne doit pas transmettre.

57. Le diable

Ap 13,9. Que celui qui a des oreilles entende.

Le mal et le diable : les connaître à partir de Dieu. Le diable vit, certes, mais Dieu est plus grand que lui : le savoir avec la solidité du rocher. Qui ne voit pas ou ne pressent pas Dieu derrière le diable, il ne lui est pas permis de scruter le mal. Quand on s’occupe du péché, se tourner aussitôt vers l’expérience de Dieu, qui est plus grande, pour nous occuper du mal dans l’immunité de Dieu.

58. La sainteté

Ap 20,6. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection. Sur eux la seconde mort n’a pas d’emprise : ils seront prêtres de Dieu et du Christ, et régneront avec lui pendant les mille ans.

La sainteté ne consiste pas pour l’homme à tout donner, elle consiste en ce que le Seigneur prend tout… L’homme n’offre tout qu’en paroles seulement peut-être. Il pense toujours à quelque chose de limité. Le Seigneur, lui, entend les paroles de l’homme comme elles auraient dû être dites.

59. Vision

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

Vision : beaucoup de choses en elle peuvent n’être pas compréhensibles pour le voyant. C’est justement pour cela qu’il doit la transmettre comme il l’a reçue parce que ce qu’il ne comprend pas peut être important pour l’Eglise, demain peut-être, peut-être dans cent ans.

60.Transparence

Ap 14,4-5. Ils ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges. Ils suivent l’agneau partout où il va… Et dans leur bouche ne s’est point trouvé de mensonge : ils sont irréprochables.

Les saints : transparence de Dieu, tellement ils sont en lui. Mais certains veulent attirer l’attention sur eux, sur ce qu’ils font.

61. Objectivité

Ap 17,15. Puis il me dit : les eaux que tu as vues, là où réside la prostituée, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues.

Objectivité du voyant : on ne doit pas l’interroger sur ce qu’il ressent. Il doit dire ce qu’il voit et entend, c’est tout. (A propos de Jean dans l’Apocalypse).

62. Louange

Ap 19,5. Alors sortit du trône une voix qui disait : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands.

Les petits et les grands doivent louer. Chacun a sa mission. Que l’oeuvre humaine soit petite ou grande, si elle est réponse à l’exigence de Dieu, la louange répond à l’attente de Dieu.

63. Suicide

Ap 20,13. La mer rendit ses morts, la mort et l’Hadès rendirent leurs morts et chacun fut jugé selon ses oeuvres.

Tout refus de la grâce est une espèce de suicide… parce que la vie est l’acceptation joyeuse de toutes les grâces que Dieu offre par lui-même, par le Christ et par l’Eglise.

64.Oui

Ap 12,13-18. Quand le dragon se vit précipité sur la terre, il se lança à la poursuite de la femme qui avait mis au monde l’enfant mâle…

Au jugement dernier, à la fin des temps, l’Eglise tout entière redevient Marie dans son oui.

65. Sainteté

Ap 21,10-11a. Il me transporta en esprit sur une grande et haute montagne, et il me montra la cité sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu. Elle brillait de la gloire même de Dieu.

Si ici-bas on dit à un saint qu’il est saint, il ne le croira pas ou, s’il le croit, cela nuira à sa sainteté. Au ciel par contre, le saint peut, sans dommage, être conscient de sa sainteté parce que la sainteté qui ici-bas était déjà service, le devient au ciel d’une nouvelle manière. Ici on doit être conscient de la sainteté pour être en mesure de l’utiliser pleinement pour le service. Ce qui est impossible ici-bas est nécessaire au ciel. Au ciel, il n’y a plus de danger que la conscience de la sainteté soit un préjudice. Non seulement le saint doit maintenant accueillir ce don particulier de Dieu, il  doit ausi être en mesure de le remercier. Et pour cela, il doit le connaître. Il n’y a pas pour autant de nivellement dans la sainteté comme si la conscience d’être saint était allégée par la pensée que tous sont également aints. Il y a toujours encore des distinctions et des particularités, même si maintenant elles sont évidentes pour tous et servent à tous. Ici-bas, il faut une moindre mesure de conscience de soi : juste ce qu’il faut.

66.Le nom

Ap 2,17. Au vainqueur je donnerai de la manne cachée, je lui donnerai une pierre blanche et, gravé sur la pierre, un nom nouveau que personne ne connaît sinon qui le reçoit.

Le nom nouveau écrit sur la pierre : pour chacun personnellement. Ne pas vouloir lire sur la pierre autre chose que ce que le Seigneur a écrit.

67. Adoration

Ap 7,11. Et tous les anges rassemblés autour du trône, des anciens et des quatre animaux, tombèrent devant le trône, face contre terre, et adorèrent Dieu.

Toute prière doit commencer par l’adoration.

68. Purgatoire

Ap 2,11. Le vainqueur ne souffrira nullement de la seconde mort.

Le purgatoire est comme une confession approfondie dans laquelle le copnfesseur serait le Seigneur qui découvre l’un après l’autre et toujours plus profondément tous les péchés oubliés; et en les voyant de mieux en mieux, je commence à pressentir combien tout cela était péché et, en le pressentant, je commence aussi à le reconnaître et, en le reconnaissant, je connais l’amertume et peu à peu le repentir, le repentir authentique pour l’amour du Seigneur.

69. Le peintre et son ami

Ap 22,12. Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon son oeuvre.

Dieu exige toujours des choses de notre foi. Et on ne sait pas pourquoi, et on ne sait pas ce qu’il en fait. C’est déposé auprès de lui. C’est ça l’oeuvre de la foi dont parle notre verset : pour rendre à chacun selon son oeuvre… Comme un peintre qui peint pour son ami et il lui donne ses tableaux. Puis l’ami lui demande un jour son pinceau, et puis d’autres choses qui semblent aussi indispensables, et le peintre ne sait pas si ces choses lui reviendront ni à quoi ça peut servir à son ami.

70.L’enfer

Ap 9,7. Les sauterelles avaient l’aspect de chevaux équipés pour le combat… et leurs visages étaient comme des visages humains.

L’enfer nu : on n’y rencontre que soi : les sauterelles menaçantes qui ont un visage d’homme, le mien, et qui me renvoient mille fois, un million de fois mon visage.

71.Tartuffe

Ap 16,13. Alors de la bouche du dragon, de la bouche de la bête et de la bouche du faux prophète, je vis sortir trois esprits impurs, tels des grenouilles.

La tromperie sous couleur de piété : forme de péché des plus courantes dans le monde. Fausse religion, fausse prophétie, fausse mystique. Tout ce qui semble glorifier Dieu et qui ne sert qu’à glorifier l’homme religieux. Tout ce qui a besoin de discernement pour être démasqué comme mauvais.

72. Se livrer

Ap 19,11. Alors je vis le ciel ouvert : c’était un cheval blanc, celui qui le monte se nomme Fidèle et Véritable. Il juge et il combat avec justice.

Pour entrer dans la foi de l’Eglise, se laisser juger. Se livrer et non jouer avec le Seigneur d’une manière théorique. Une foi purement intellectuelle ne suffit pas; pour atteindre le Seigneur, la foi doit avoir l’amour, elle doit se soumettre à l’amour.

73. Purgatoire

Ap 14,20. On foula la cuve hors de la cité, et de la cuve sortit du sang qui montait jusqu’au mors des chevaux sur une étendue de mille six cents stades.

Le purgatoire. La cuve de la colère de Dieu. Quelque chose qui se passe sans témoin entre le pécheur et Dieu. Mais partout où il est question de pardon du péché intervient maintenant le sang du Christ. Le sang sur mille six cents stades et jusqu’au mors des chevaux : donc limité. Le sang du Christ, mais aussi le sang,  comme tourment du pécheur.

74. La grâce du Seigneur

Ap 3,19. Moi, tous ceux que j’aime, je les reprends et les corrige. Sois donc fervent et repens-toi.

Accepter tout châtiment, toute injustice, toute dureté comme pénitence venant du Seigneur, pour nos péchés personnels, peut-être aussi pour ceux des autres, par la grâce du Seigneur de les porter avec lui.

75. Les poids lourds

Ap 21,27. Il n’y entrera nulle souillure, ni personne qui pratique abomination et mensonge, mais ceux-là seuls qui sont inscrits dans le livre de vie de l’agneau.

On parle trop légèrement des « petits péchés » et peut-être nous vantons-nous de ne pas en avoir commis de grands. Et nous ne réfléchissons pas au poids vraiment lourd, comme on ne peut se l’imaginer, de tous les péchés véniels du monde.

76. Traduire

Ap 6,10. Ils criaient d’une voix forte : Jusques à quand, maître saint et véritable, tarderas-tu à faire justice…

A Jean il fut donné de vivre en même temps dans le monde et en esprit dans le ciel. Jean doit apprendre aussi combien il est difficile de traduire le céleste en termes terrestres. (NdT. Ce fut aussi l’expérience d’Adrienne von Speyr).

77. Les Souffrances au ciel

Ap 19,14. Les armées du ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues d’un lin blanc et pur.

Les saints du ciel peuvent apparaître aux habitants de la terre comme souffrants encore. Comment? En fait toute leur souffrance appartient désormais au Fils : c’est lui qui apparaît en vêtements trempés de sang. Les troupes célestes, elles, sont en vêtement blanc. De la terre, on peut toujours les appeler : les espaces qu’ils peuvent atteindre sont les mêmes que ceux du Seigneur.

78. Être prêt

Ap 4,5. Du trône sortaient des éclairs, des voix et des tonnerres…

Les voix qui sortent du trône avec les éclairs et le tonnerre… Ceux qui perçoivent les voix doivent être prêts, mais ils ne sont peut-être pas plus prêts que les milliers d’autres qui n’entendent pas les voix. (A propos de la mystique).

79. Certitude

Ap 22,20. Celui qui atteste cela dit : Oui, je viens bientôt. Amen, viens, Seigneur Jésus.

Après la certitude de la révélation qu’il a reçue, Jean va revenir sur la terre parmi croyants et incroyants, et il devra témoigner, défendre. Il doit être durablement pénétré qu’il y a eu un instant où il a dit avec la dernière certitude que le Seigneur témoigne de tout cela.

80.Fantômes

Ap 11,18. Les nations se sont mises en colère, mais c’est la colère qui est venue.

Athéisme : rejet, puis méconnaissance, ignorance totale de Dieu, Dieu inexistant; Dieu qui n’est qu’un mythe, un fantôme, la quintessence de ce qui est étranger… Les peuples conservaient à la colère de Dieu une petite place ridicule, comme celle qu’on laisse dans les contes au méchant, bien que personne n’y croie sérieusement. Et maintenant la colère de Dieu est venue. Le fantôme est devenu réalité. Les peuples ignorent son amour, il ne peut plus les toucher que par sa colère. En face de cette colère de Dieu, la colère des hommes fait figure de fantôme. Même après la croix, l’amour de Dieu est devenu fade pour les hommes. Seule la colère de Dieu peut encore leur communiquer le sens vivant de l’existence de Dieu.

81. Rayonnement

Ap 21,11. Elle brillait de la gloire même de Dieu.

Dans le ciel : Dieu et les saints. Les saints ne disparaissent pas, mais Dieu rayonne partout. La vision dans le ciel est partout vision de Dieu. La prière du ciel est contemplation parfaite, don direct de Dieu qu’il rayonne absolument : Trinité, saints, tous les sauvés. Tous sont inclus dans la même prière. Non comme si les saints devenaient Dieu, mais Dieu est tellement présent qu’il est visible partout, rayonne de tout et sur tout. Tout parle de l’amour de Dieu, tous les êtres se parlent de Dieu les uns aux autres, non qu’ils disparaissent eux-mêmes, mais de leur être rayonne l’être de Dieu.

82. Le diable

Ap 13,6. Elle ouvrit la bouche en blasphèmes contre Dieu.

La pénitence a pouvoir sur Dieu pour lutter contre ceux qui blaphèment. Par contre, on ne peut rien pour les blasphèmes du diable : il est inconvertissable.

83. Intermédiaires de Dieu

Ap 21,24. Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre y apporteront leur gloire.

Dieu n’éclaire pas directement le monde, il se sert de la sainteté pour le faire. C’est un don au monde qu’il ait sanctifié la cité sainte et chaque saint. Ce que Dieu a donné en fait de grâces aux saints, il en fait don au monde, et il espère que les saints le transmettront au monde et que le monde sera assez humble également pour le recevoir des saints en tant qu’intermédiaires de Dieu au lieu de se détourner avec une sorte d’orgueil de cette médiation instituée par Dieu, pour essayer de se procurer eux-mêmes  une lumière qui n’est pas transmise par la cité ou la dérober.

84. La source

Ap 2,4. Mais j’ai contre toi que ta ferveur première, tu l’as abandonnée.

L’amour des chrétiens pour Dieu doit toujours être à la source, là où, dans l’amour, le Fils décide avec le Père l’incarnation, là où le Fils quitte le Père dans l’amour pour accomplir pour lui l’oeuvre de l’amour. Et il ne veut pas que sa communauté s’éloigne de ce point d’origine, il veut au contraire toujours plus l’y ancrer. Elle doit toujours plus comprendre et exécuter ses oeuvres comme une coopération à son oeuvre d’amour en y étant introduite toujours plus en oeuvrant par sa grâce au centre de son oeuvre d’amour.

85. Humilité dans le ciel

Ap  21,9. Alors l’un des sept anges qui tenaient les sept coupes pleines des sept derniers fléaux vint m’adresser la parole et me fit : Viens, je te montrerai la fiancée, l’épouse de l’agneau.

L’humilité au ciel consiste pour ainsi dire à ne jamais se protéger des grâces (à accepter tout ce qu’on nous offre). Elle est à la fois conscience de l’écart absolu qui existe entre Dieu et la créature (écart qui s’exprime ici-bas dans le « Domine non sum dignus ») et totale adhésion à tout ce que Dieu donne et communique.

86. Le faux prophète

Ap 19,20. La bête fut capturée, et avec elle le faux prophète…

Personne ne peut amener quelqu’un à croire au Seigneur tel qu’il est par ses propres forces; par ses propres forces, on ne peut l’amener qu’à une fausse image du Seigneur. Le passage est souvent imperceptible entre le désir de convertir quelqu’un au Seigneur et celui de le convertir à soi.

87. Les deux appels de Jean

Ap 22,16. Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous apporter ce témoignage au sujet des églises…

Le Seigneur a appelé Jean deux fois. Une première fois pour lui expliquer le mystère de son existence dans le monde afin de glorifier le Père. Et une deuxième fois quand il lui a révélé par amour le mystère caché de son séjour dans le ciel auprès du Père.

88. La joie des saints

Ap 20,6. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection…

La vie des saints est, dans tous les cas, une vie difficile qui porte en elle le sceau du jugement… A l’instant où quelqu’un renonce à tout et se met à la disposition de Dieu, même s’il le fait avec joie, … il recevra à porter l’une ou l’autre souffrance à la suite de son geste.

89. La clef des enfers

Ap 1,18. Je fus mort et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles, et je tiens les clefs de la mort et de l’Hadès.

Les enfers où le Seigneur est descendu pour les ouvrir au ciel : il en a la clef, il en est la clef.

90. La grossesse

Ap1,1. Révélation de Jésus Christ : Dieu la lui donna pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt…

Les faux mystiques : ils ont tous cherché à se satisfaire eux-mêmes, à tirer profit de leurs visions et à en jouir. Ils ne cherchaient plus Dieu mais eux-mêmes… Jean décrit objectivement ce qu’il voit. Il ne se décrit pas lui-même, ni ne dit ce qu’il pense de ce qu’il a vu. Les visions sont comme des enfants que Dieu donne et qu’on doit porter dans la pleine patience de la grossesse. Aucune mère n’ouvre son corps pour voir l’enfant plus tôt. Le faux mystique par contre perd patience.

91. Pauvreté

Ap 18,14. Le fruit que désirait ton âme s’en est allé loin de toi. Tout ce qui est raffinement et splendeur est perdu pour toi…

La pauvreté de Jean : il en souffre dans la mesure où cela ne lui permet pas d’offrir quelque chose au Seigneur. Toute la beauté des choses, il la voit dans l’usage que le Seigneur peut en faire.

92. Impuissance

Ap 7,12. Ils disaient : Amen! Louange, gloire, sagesse, action de grâce, puissance et force à notre Dieu pour les siècles des siècles! Amen!

Le Christ sur la croix : il a la force de renoncer à toute sa force et de se laisser gagner par l’impuissance totale.

93. La souffrance du Seigneur

Ap 22,7. Voici, je viens bientôt. Heureux qui garde les paroles prophétiques de ce livre.

La souffrance du Seigneur : ce n’est qu’au ciel (dans l’Apocalypse) que Jean en a mieux vu la profondeur. Elle est plus grande que ce qu’il en avait deviné ici-bas. Elle a reçu dans la lumière de l’Apocalypse sa profondeur propre… Il lui sera désormais plus pénible de voir un pécheur après avoir vu tant de saints. Tout lui semblera aussi être racheté goutte à goutte par le sang du Seigneur.

94. Correspondre

Ap 22,6. Puis il me dit : Ces paroles sont certaines et véridiques; le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt.

Par la foi, Dieu nous communique déjà comme présent ce qui va venir plus tard. Mais il ne suffit pas de remercier et d’empocher la promesse. On doit tout faire pour y correspondre.

95. L’encre invisible

Ap 13,7-8. Il lui fut donné de faire la guerre aux saints et des les vaincre. Et lui fut donné le pouvoir sur toute tribu, peuple, langue et nation. Ils l’adoreront, tous ceux qui habitent la terre, tous ceux dont le nom n’est pas écrit depuis la fondation du monde dans le livre de vie de l’agneau immolé.

Le livre de vie de l’agneau où sont inscrits les noms des saints. Tous les hommes y ont leur nom inscrit avec une encre invisible. L’action de l’homme dans le sens de Dieu rend visible le nom. Mais le nom peut perdre à nouveau sa lisibilité . Toutes les nuances de la lisibilité sont possibles. Mais le premier pas vient de Dieu : il a inscrit les noms à l’encre invisible. Il demande notre réponse, notre accord.

96. Peu importe la fin

Ap 22,13. Je suis l’Alpha et l’Oméga, le Premier et le Dernier, le commencement et la fin.

Par sa vie dans le temps, le Seigneur donne part à tous les hommes à sa vie au-delà du temps, parce que sa propre vie dans le temps est empruntée à l’éternité, est incluse, emportée dans sa vie dans l’éternité. Et plus un homme livre au Seigneur sa vie d’ici-bas qui lui reste et sa vie éternelle, plus il est introduit, attiré dès cette terre dans la vie éternelle du Seigneur. Ceci est proprement le don que le Seigneur apporte quand il vit notre vie temporelle et qu’il la vit de son éternité… Ce que c’est que d’ouvrir sa vie dans le temps à l’éternité du Seigneur qui ne souhaite qu’en prendre possession en tant qu’Alpha et Oméga, pas seulement quand on ne pourra plus faire autrement que de lui livrer notre vie, mais tout de suite, maintenant… Il a à être l’Alpha et l’Oméga, le début et la fin, pas la fin seulement quand je n’aurai plus rien à lui offrir. Mais le début aussi : commence alors l’exigence incommensurable de la foi : qu’il en advienne de moi ce qu’il veut. Peu importe la fin qui sera la mienne : je n’ai plus de fin qui ne soit aussi la sienne!

97. La vue d’ensemble

Ap 21,9… Viens, je te montrerai la fiancée, l’épouse de l’agneau.

La volonté de Dieu sur nous ici-bas : on n’en ajamais une vue d’ensemble.

98. Trébucher

Ap  22,3. Il n’y aura plus de malédiction. Le trône de Dieu et de l’agneau sera dans la cité et ses serviteurs lui rendront un culte.

Au ciel, la volonté des croyants ne sera plus opposée à la volonté de Dieu. Sa volonté sera devenue tellement la leur que sa volonté et la leur ne feront plus qu’un, que Dieu peut laisser tomber tout ce qui jusqu’alors était commandement, tout ce qui était plus loi qu’amour, tout ce qui était loi avec le but d’empêcher les pécheurs de pécher. Dieu leur ouvrira le ciel tout entier, ils ne trébucheront plus avec leur propre moi. Ils deviendront de parfaits enfants de Dieu.

99. La mission de Jean

Ap 22,9. L’ange à Jean : Je suis un compagnon de service pour toi et pour tes frères les prophètes, et pour ceux qui gardent les paroles de ce livre.

Le service de l’ange : révéler à Jean; le service de Jean : recevoir le message de l’ange et l’annoncer à la terre. Jean doit être convaincu de l’importance de son message, comme si l’ange était le précurseur de sa mission à lui, Jean. Au début de l’Apocalypse, Jean est rendu apte à recevoir les visions; maintenant il est rendu apte à retourner sur terre avec la mission de révéler ce qu’il a vu. Et de même qu’au début il a dû s’adapter à l’ange, il devra maintenant s’adapter aux croyants. Dans les deux cas, être totalement fidèle à sa mission. Les prophètes ont eu une mission très comparable à celles de l’ange et de Jean. Ont également une mission semblable ceux qui gardent les paroles de ce livre.

100. L’ange

Ap 10,1. Et je vis un autre ange puissant qui descendait du ciel. Il était vêtu d’une nuée, une gloire nimbait son front, son visage était comme le soleil, et ses pieds comme des colonnes de feu.

Description de l’ange. Vêtu d’une nuée : impénétrable.  Arc-en ciel sur la tête : inséparable de l’Esprit Saint. Visage comme le soleil : le mystère dévoilé, si clair, si éblouissant qu’on ne peut le scruter. Les pieds, colonnes de feu : son contact avec la terre est brasier, incendie.

101. Plus de foi

Ap 22,20. Celui qui atteste cela dit : Oui, je viens bientôt.

Par sa vision de l’Apocalypse, Jean reçoit la mission de transmettre davantage de foi à l’Eglise parce qu’il a lui-même reçu plus de connaissance.

102. Amitié

Ap 21,16. La cité était carrée : sa longueur égalait sa largeur. Il la mesura au roseau : elle comptait douze mille stades…

L’amitié de Jésus pour Jean, malgré tout ce qu’elle a de personnel, Jean sait qu’il a à la transmettre à tous.

103. Le jugement

Ap 20,12. Et je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône, et des livres furent ouverts. Un autre livre fut ouvert : le livre de vie, et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d’après ce qui était écrit dans les livres.

Le sens du jugement est que l’homme doit comparer ce qu’il a fait avec ce qu’il aurait dû faire. Le jugement, c’est de voir ce qui manque, la grâce qu’il a refusée. Dans la confession, on ne voit jamais toute la portée de son péché. Au jugement dernier, Dieu ne peut épargner à personne de voir ce qu’il n’a pas vu autrefois : son péché à la lumière de l’objectivité de Dieu.

104. La blessure

Ap 2,12. A l’ange de l’Eglise qui est à Pergame, écris : Ainsi parle celui qui a le glaive acéré à deux tranchants.

La grâce et la mission du Seigneur sont toujours nettes, absolues… Celui qui a été touché de cette façon par son glaive porte une blessure; il peut bien sûr regimber, résister, faire comme s’il n’était pas blessé : il reste marqué et n’a que le choix de se soumettre à la volonté du Seigneur ou de perdre tout son sang par la blessure.

105. Comprendre

Ap 1,13. Et, au milieu des chandeliers, quelqu’un qui semblait un fils d’homme…

Celui qui a eu une vision ne peut pas forcer à croire celui qui ne l’a pas reçue. D’où prudence nécessaire de celui qui a eu une vision pour la transmettre aux autres. Supposer que les autres vivent aussi dans la grâce. Celui qui parle ne dira pas tout et celui qui entend complétera de lui-même. « J »ai vu comme un fils d’homme ». Celui qui entend dans la grâce comprendra : « J’ai vu le Fils de l’homme ».

106. Les saints

Ap 20,5. Les autres morts ne revinrent pas à la vie avant l’accomplissement des mille ans. C’est la première résurrection.

Au ciel, intercession des saints et des martyrs pendant mille ans. On peut les appeler, ils peuvent aider l’Eglise.

107. Prière sèche

Ap 21,17. Il mesura les remparts, ils comptaient cent quarante-quatre coudées, mesure humaine que l’ange utilisait.

Au ciel, il n’y a plus de prière sèche; on y aura par contre le sens et l’intelligence de la prière sèche sur terre et la mission d’adoucir la prière sèche des croyants, d’intervenir là où elle risque de ne plus être une prière du tout parce qu’elle serait pure sécheresse. Au ciel, on a le sens pour ce qu’on a vécu auparavant sur terre. Et c’est justement parce que, au ciel, on ne le ressent plus qu’on est plus sensible à ce qui est ressenti sur terre. Plus on reçoit d’amour au ciel, plus on comprend ceux qui, sur terre, ne reçoivent plus d’amour sensible.

108. Les larmes de Marie

Ap 18,20. Réjouis-toi de sa ruine, ciel. Et vous aussi, les saints, les apôtres et les prophètes, car Dieu, en la jugeant, vous a fait justice.

Dans l’au-delà on peut avoir part aux souffrances de la terre et cependant être bienheureux en Dieu. Marie peut trôner dans le ciel et en même temps, dans une apparition aux hommes, verser des larmes. Les saints qui prennent part aux tourments de la terre n’y demeurent pas insensibles intérieurement, mais leur compassion est intégrée dans leur état céleste.

109. Le fruit et les feuilles

Ap 22,2. Au milieu de la place de la cité et des deux bras du fleuve est un arbre de vie produisant douze récoltes. Chaque mois il donne son fruit, et son feuillage sert à la guérison des nations.

Tout doit servir pour le Seigneur, le fruit et les feuilles quand elles ont fini de remplir leur rôle pour nourrir le fruit. Tout doit servir pour le Seigneur, le principal et le secondaire. Tout appartient au Seigneur, également ce qui semble en quelque sorte détaché de la vie : le renoncement, le dépouillement, être mort tout en étant encore en vie. Egalement la contemplation, à la différence du fruit qu’est l’action. Il doit y avoir unité entre l’action qui est accomplie dans la plénitude de la force et dans la joie, et la contemplation qui est donnée également dans le renoncement, la souffrance, le sacrifice. Il semble qu’il y ait là deux choses différentes : la force et l’impuissance mais, dans la vérité de Dieu, il y a l’unité la plus profonde; car l’unité ne se trouve pas là où l’extérieur se ressemble, mais là où le plus intime, la source, est commun. On ne pourra donc pas juger l’Eglise d’après ses actions extérieures, d’après sa force et son fruit. La guérison des peuples vient des feuilles, justement de ce qui reste après les fruits. Et la contemplation a vraiment en vue la guérison des peuples : maint ordre contemplatif par exemple met sa prière et ses sacrifices anonymes au service de la conversion des peuples par l’Eglise.

110. Pas à la hauteur

Ap 20,6. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection…

Le prêtre et le saint ne sont jamais à la hauteur de leur mission (du moins, tel est souvent leur sentiment). Mais ils peuvent s’appuyer sur le trésor de prière de l’Eglise.

111. Les mots

Ap 20,12. Et je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône… Et les morts furent jugés d’après ce qui était écrit dans les livres.

Les mots pour exprimer une vision (chez Jean dans l’Apocalypse et, après lui, dans l’Eglise) contenaient dans le ciel quelque chose de plus grand que sur la terre, car l’éternité en elle-même, en tant que forme d’existence, a part à l’infini du Seigneur. Mais ils doivent être exprimés de manière humaine ainsi que Jean l’a fait.

112. La colère de Dieu

Ap 19,15. De sa bouche sort un glaive acéré pour en frapper les nations. Il les mènera paître avec une verge de fer, il foulera la cuve où bouillonne le vin de la colère du Dieu tout-puissant.

Trois manières pour l’homme de subir la colère de Dieu (dans la mort) : 1. Comme un mal nécessaire (à cause de ses péchés). 2. Comme un mal qui laisse encore le temps de se convertir. 3. Comme une punition définitive dont le puni ne voit pas le bien-fondé.

113. Témoignage

Ap 15,5. Ensuite je vis : le temple qui abritait le tabernacle du témoignage s’ouvrit dans le ciel.

Le Seigneur ne veut pas une relation close entre lui et les hommes à laquelle la Trinité n’aurait pas part… L’eucharistie est témoignage de l’Esprit Saint. De même la foi d’un individu n’est pas son propre témoignage, mais celui de l’Esprit.

114. Responsabilité

Ap 22,7. Voici, je viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles prophétiques de ce livre.

Avoir été au ciel ne rend pas facile la vie sur terre par la suite : le poids du devoir est si grand que la responsabilité vis-à-vis des hommes n’en est que plus oppressante.

115. Le banquet

Ap 1,7. Voici, il vient au milieu des nuées et tout oeil le verra, et ceux mêmes qui l’ont percé : toutes les tribus de la terre seront en deuil à cause de lui. Oui! Amen!

Chacun comprendra plus ou moins de choses de l’Apocalypse, mais il doit savoir qu’elle a un sens global. Tout comprendre est impossible, Jean lui-même n’a pas une connaissance exhaustive de l’Apocalypse : il comprend autant que ce qu’on lui donne de comprendre. Le tout est offert à tous et chacun en saisit et en prend à la mesure de ses limites. Et pourtant chacun ne doit pas seulement saisir des détails, mais par eux saisir quelque chose de l’ensemble, de différents côtés, à différentes profondeurs, selon des pénétrations variées. L’Apocalypse ressemble à un riche repas qui est préparé pour tous; chacun à sa place reçoit sa part, chacun peut se rassasier, et chacun le fera de la manière qui lui convient. Chacun pourra témoigner ensuite qu’était offert beaucoup plus que nécessaire pour sa faim. L’un a fait honneur à tel mets, l’autre à tel autre, mais tous étaient assis à la même table de Dieu. Il y a dans l’Apocalypse une totalité.

116. Le désir

Ap 21,7. Le vainqueur recevra cet héritage et je serai son Dieu et lui sera mon fils.

Tous nos désirs humains et tous les désirs de Dieu qui sont en nous sont des reflets du désir qu’a Dieu d’être notre Dieu.

117. Ouverture

Ap 22,6. Puis il me dit : Ces paroles sont certaines et véridiques; le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt.

Ouverture du ciel par l’ange à Jean dans l’Apocalypse : joyeux message parce que ses paroles ont ouvert le ciel de manière nouvelle. Cette ouverture nouvelle du ciel est quelque chose qui ne cesse de se produire à nouveau dans la foi. Le toujours plus de l’amour dans la foi est chaque fois comme une plus grande ouverture, une plus grande révélation des mystères de Dieu.

118. Les saints

Ap 21,19-20. Les assises des remparts de la cité s’ornaient de pierres précieuses de toute sorte…

L’Eglise honore les saints non en organisant pour eux des fêtes extérieures mais en les imitant et en reflétant en elle leur parure. L’extérieur est justifié en tant qu’il exprime l’intérieur. Tout ce qui est poussiéreux, tout ce qui est sentimental, mielleux et faux est en contradiction avec ce que Jean voit ici. Et avant tout, c’est l’humilité des saints, le verre transparent, qui se change en l’éclat de l’or et des pierres précieuses, une humilité qui est si grande qu’elle ne peut qu’être honorée par le Seigneur.

119. Le ciel

Ap 11,14. Le deuxième « malheur » est passé. Voici, le troisième « malheur » vient bientôt.

Il n’est pas permis d’avoir séjourné dans ciel et de revenir ensuite sur la terre comme si on n’avait pas été au ciel.

120. La sphère de Dieu

Ap 21,3. Et j’entendis, venant du trône, une voix forte qui disait : Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il demeurera avec eux. Ils seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux.

Tout le peuple de Dieu est pris par Dieu dans la sphère de l’éternelle conversation trinitaire de Dieu. Quand on habitera avec Dieu, dans la tente de Dieu, on n’entendra plus ni parole ni voix qui ne soit prière, qui ne soit pas éternellement prière dite par le Fils au Père, qui n’ait part à la conversation éternelle du Père, du Fils et de l’Esprit Saint.

121. L’enfer

Ap  18,21. Alors un ange puissant saisit une pierre comme une lourde meule, et la précipita dans la mer en disant : Avec la même violence sera précipitée Babylone, la grande cité. On ne la retrouvera plus.

Jean a du mal à intégrer l’enfer dans sa vision de l’amour… Comment des gens peuvent-ils ne pas avoir la foi? Jean fait le tour de l’enfer plus qu’il n’y pénètre (ce qui cependant est une manière possible de suivre le Seigneur le samedi saint). Jean ne suit pas le Seigneur dans sa descente aux enfers ainsi que l’ont fait certains saints. Il est comme quelqu’un à qui on donnerait le goût de l’enfer sur la langue sans qu’il lui soit permis de l’avaler. Il ne perd pas de vue l’ange qui lui montre l’enfer. Et l’ange est pour lui une incarnation si vivante du Seigneur que, par son intermédiaire, il reçoit bien une connaissance intime de l’enfer, mais ce n’est pas la connaissance de la profondeur de l’enfer. Jean voit avec sa foi la logique et la nature du péché : il est inconciliable avec la vérité de Dieu. Le péché ne peut abolir le péché. Seule une intervention puissante de Dieu peut y mettre un terme… Il n’est pas possible de vouloir sortir de la vérité pour la connaître mieux de l’extérieur. Il n’est pas vrai qu’on connaît mieux la vérité quand on souscrit d’abord à une thèse erronée. La connaissance de Babylone n’est pas pour Jean une voie pour son amour de Dieu. Il doit au contraire connaître Babylone comme ce qui est exclu de l’amour et de la vérité de Dieu. Babylone représente l’enfer qui est l’être hors de la vérité de Dieu.

122. Le péché

Ap 13,10. Qui est destiné à la captivité ira en captivité…

Aussi bien pour l’action que pour la contemplation la connaissance du mal est nécessaire. On ne peut pas toujours contempler les doux mystères du christianisme, ni toujours parler des vertus. On doit aussi regarder en face ce qui est dur et mauvais. Celui qui ne sait rien du péché ne comprend pas la rédemption.

123. Prêt à tout

Ap 21,16. La cité était carrée…

Disponibilité à tout dans la mission confiée par Dieu : même à des choses auxquelles on pourrait se croire non adapté.

124. Ecouter

Ap 2,17. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux églises.

Même dans les paroles que le Seigneur nous adresse dans l’Evangile, nous ne percevons toujours que peu de choses de leur sens… Chacun doit écouter la Parole de Dieu autant qu’il le peut, la recevoir autant qu’elle lui est donnée. Chacun doit aller dans l’écoute jusqu’à la limite du possible.

125. Les préparations de l’Apocalypse

Ap 22,9… Pour tes frères les prophètes…

L’Apocalypse peut sembler par endroits être fait d’une mosaïque de textes de l’Ancien Testament. Ce n’est pas vrai. Il y a des vérités de Dieu qu’il peut communiquer en partie comme préparation, pour les révéler une nouvelle fois plus tard ou aussi les compléter et les approfondir. Ce qu’à la fin de la Révélation il communique à son disciple Jean n’est pas une pièce faite de morceaux rassemblés, c’est l’unité finale dont il a déjà montré des parties à « ses frères les prophètes ». Mais l’unité appartient à Jean, l’ami du Seigneur. C’est pour lui qu’elle est faite. Et ce que les premiers ont reçu d’en voir, dans d’autres illuminations, dans d’autres ensembles, c’était des visions préparatoires.

126. Prière

Ap 2,15. Chez toi aussi, il en est qui s’attachent de même à la doctrine des Nicolaïtes.

La prière ne doit jamais être abandonnée pour ne se consacrer qu’à une activité extérieure. Sinon on n’entendra plus la voix et les désirs de Dieu, on ne fera plus que ce qu’on désire soi-même.

127. L’enfer

Ap 9,21. Ils ne se repentirent pas…

Ce que Jean a décrit est une image de l’enfer sur la terre. Non pas l’enfer après la mort, mais l’enfer dans le monde. Et le tout est entièrement vision, une vision qui fait voir ce que la justice de Dieu tient en réserve si sa miséricorde n’intervient pas, si la rédemption ne vient pas.

128. La manne

Ap 2,17 . Au vainqueur je donnerai de la manne cachée.

La manne, c’est le Seigneur.

129. La révélation se poursuit

Ap 22,10. Puis il me dit : Ne garde pas secrètes les paroles prophétiques de ce livre, car le temps est proche.

La Révélation se poursuit par l’Apocalypse. La vie de l’Eglise et du Seigneur en elle continue. Et il viendra toujours des gens qui auront des instructions à donner. Pour eux comme pour les premiers disciples, il est très important de voir que la Révélation contient une suite par-delà la mort du Seigneur. L’Apocalypse est une continuation de ce genre qui élargit les perspectives et, par elle, est exigée de manière pressante une nouvelle compréhension et une nouvelle obéissance.

130. La colère

Ap 11,18. Les nations se sont mises en colère, mais c’est ta colère qui est venue.

La colère de Dieu : elle seule peut encore toucher les hommes et leur faire prendre une conscience vivante de l’existence de Dieu. La colère de Dieu brise brutalement leur coquille, elle les dépouille et les bouleverse, elle ne tient pas compte de tout ce que l’homme pourrait objecter comme réponse. L’homme n’y comprend rien; c’est une rencontre dans l’horreur de ne pas comprendre.

131. Le jugement

Ap 1,7. Voici, il vient au milieu des nuées, et tout oeil le verra…

On peut rencontrer l’évangile (la foi chrétienne), la réalité du salut offert par Jésus Christ… Chacun a la liberté de sa décision. Il peut voir ou ne pas voir, regarder ou se détourner. Il a des yeux qui pourraient voir, mais il peut les fermer. Au jugement dernier, cette liberté n’existe plus… Il est contraint de voir objectivement ce qui lui est présenté. Il est contraint de voir le Seigneur. Il s e juge lui-même par ce qu’il voit maintenant : il a été pécheur, et il voit aussi ce qu’il aurait dû être avec la grâce du Seigneur.

132. L’arbre de vie

Ap 22,14. Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de vie et d’entrer, par les portes, dans la cité.

Avoir droit à l’arbre de vie : le Seigneur nous sera reconnaissant si nous nous laissons racheter par lui; il compte sur nous pour que son oeuvre parfaite (la croix) devienne parfaite (c’est-à-dire si nous laissons la rédemption réussir en nous).

133. Comprendre et ne pas comprendre

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ… Il la fit connaître en envoyant son ange à Jean son serviteur.

Bien des choses dans la vision peuvent ne pas être comprises par le voyant. C’est justement pour cela qu’il doit les transmettre telles qu’il les reçoit parce que ce qu’il ne comprend pas peut être important pour l’Eglise : demain peut-être, ou peut-être dans cent ans. Toute vision authentique fait partie d’une mission qu’a le voyant.

134. Foi et vision

Ap 22,8-9. Je me prosternai aux pieds de l’ange pour l’adorer… Mais il me dit : Garde-toi de la faire! Je suis un compagnon de service…

Jean a reçu l’Apocalypse pour que, retournant sur terre, il adore Dieu. C’est à cela que doit servir sa vision du ciel : adorer Dieu comme il s’est révélé à lui. Il ne doit pas se reposer sur ses lauriers après avoir fini son livre. Il doit adorer, comme compagnon de l’ange. Il ne doit pas considérer sa mission comme terminée. Quand une mission est terminée, l’envoyé doit retourner à Dieu et non pas se reposer sur sa mission. Dans l’adoration, il a à remercier pour la mission qu’il a reçue et à se présenter comme signe de sa disponibilité à tout ce que Dieu peut avoir le projet de faire avec lui. Si sa vision est finie (même la plus grande, comme ici le ciel tout entier), le voyant ne doit pas se lasser de contempler Dieu comme un croyant peut le faire dans la foi. La vision particulière qui lui fut donnée ne le dispense pas de la vision commune telle qu’elle est accessible à tout croyant. Il sera prêt à renoncer au droit qui lui fut imparti pour disparaître dans la foule des simples croyants. Et tout cela vaut aussi pour le priant ordinaire : ne pas aspirer dans la prière à un état de vision, à la présence sentie de Dieu, ni si quelque chose de ce genre lui est donné abandonner la prière habituelle. Il ne doit pas s’entraîner à la vision mais utiliser les consolations qu’il a reçues pour vivifier sa prière habituelle. La prière a la même valeur dans la vision que dans la sécheresse.

135. Enfer

Ap 2,23. Toutes les églises sauront que je suis celui qui scrute les reins et les coeurs, et à chacun de vous je rendrai selon ses oeuvres.

L’Eglise saura souvent avec certitude que certains hommes sont au ciel. Jamais elle ne connaîtra avec certitude la damnation de quelqu’un.

136. La grâce

Ap  22,17. Que celui qui le veut reçoive de l’eau vive, gratuitement.

Qui a reçu une grâce doit en vivre, ne pas toujours en demander, mais laisser le Seigneur agir comme il l’entend.

137. Transmettre

Ap 1,19. Ecris donc ce que tu as vu.

Toute vision est donnée pour être transmise.

138. Prier avec tous

Ap 21,17. Il mesura les remparts, ils comptaient cent quarante-quatre coudées.

Finalement toute prière renferme en elle-même toute l’Eglise et elle a un effet dans toute l’Eglise. Il est impossible (et ce n’est pas permis) de sortir de la communauté (de l’Eglise) quand on prie; personne n’a la possibilité ni le droit de ne prier que pour soi. Chacun doit savoir qu’en priant il est porté par la prière de tous les autres. Que ce soit une prière officielle  de l’Eglise ou une prière personnelle qu’il exprime, qu’il prie par devoir ou par pur plaisir, avec ou sans sentiment : tout est recueilli et déjà porté au préalable au Seigneur par la prière de tous les croyants. Quand quelqu’un prie avec l’Eglise, c’est comme une rencontre dans le Seigneur de sa prière et de la prière de l’Eglise. S’il prie hors de l’Eglise, l’Eglise prie pour lui, mais lui ne prie pas pour l’Eglise. Il manque à sa prière une force essentielle…

139. Les clefs de la mort

Ap  1,18. Je tiens les clefs de la mort et des enfers.

Il possède les clefs du mystère de la mort… Possédant les clefs, il devient lui-même la clef qui ouvre le pécheur  à Dieu et apporte Dieu au pécheur parce qu’il a donné à la mort un nouveau sens… Il meurt, il traverse les enfers, il en possède les clefs; la mort n’est plus sans issue alors qu’elle était enfermée dans les enfers. Non seulement le Seigneur est devenu une clef pour les mourants; il l’est devenu aussi pour ceux qui se trouvaient dans les enfers : il a porté sa miséricorde aussi dans ce cachot de la justice du Père.

140. Les mondes de l’au-delà

Apocalypse.

Pourquoi l’Apocalypse après l’évangile de Jean? Tout n’est pas dit dans l’évangile. L’Apocalypse est là pour faire deviner les mondes dans lesquels le Seigneur Jésus est entré au-delà de la mort.

141. L’éternel et le terrestre

Ap 22,10…. Le temps est proche.

Le temps proche dont parle l’Apocalypse, c’est le temps éternel. L’Apocalypse n’est pas insérée dans notre temps terrestre mais dans la vie éternelle, et elle nous force à aligner notre temps sur le temps éternel. Les perspectives de l’Apocalypse sont à l’inverse de celles de l’Evangile. L’Evangile parle du temps pour décrire l’éternité. L’Apocalypse décrit l’éternité pour nous parler du temps, pour attirer le temps dans l’éternité. L’éternité et ses perspectives sont décrites ouvertement; on nous parle dans une langue céleste et nous devons la comprendre et voir la terre comme on la voit du ciel. Dans l’Evangile, le ciel est sur terre et nous apprend à rapporter au ciel tout ce qui est terrestre. Dans l’Apocalypse, le terrestre est terminé; punition et récompense sont là et déjà derrière nous et, de là, nous devons tirer des conséquences pour notre vie terrestre.

142. L’intelligence

Ap 7,10. Ils proclamaient à haute voix : Le salut est à notre Dieu qui siège sur le trône et à l’agneau.

Dans l’Eglise aussi l’Esprit ne cesse de donner l’intelligence.

143. Suivre le Seigneur

Ap 3,5. Ainsi le vainqueur portera-t-il des vêtements blancs; je n’effacerai pas son nom du livre de vie et j’en répondrai devant mon père et devant ses anges.

Etre avec le Seigneur partout où il va. Vie dans l’attente du Seigneur sans mission spéciale.

144. L’agneau

Ap 5,7. Il s’avança pour recevoir le livre de la main droite de celui qui siège sur le trône.

Trinité : amour entre le Père et le Fils. Le Fils s’est laissé faire comme agneau immolé. Le Père laisse le Fils lui prendre des mains le livre aux sept sceaux.

145. L’Esprit

Ap 1,20. Quant au mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite et aux sept chandeliers d’or, voici : les sept étoiles sont les anges des sept églises et les sept chandeliers sont les sept églises.

Nous sommes habités par l’Esprit. Et quand l’Esprit nous parle, il parle à l’Esprit qui nous habite.

146. La nuit

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

La nuit. Dieu qui donne l’amour peut aussi le retirer et le garder un temps auprès de lui pour des raisons d’amour. Le Seigneur est passé dans cette nuit le samedi saint et chaque serviteur… devra le suivre sur ce chemin à sa manière. Telle est la voie chrétienne que celui qui a vraiment connu l’amour doive renoncer à l’expérience de l’amour. La solution de ce destin ne peut être que chrétienne.

147. Viens

Ap 22,17.  Que celui qui entend dise : Viens!

La seule réponse valable à la voix du Seigneur qu’on a entendue : Viens! Cela inclut notre disponibilité à recevoir sa venue totalement. Si on l’invite comme un hôte, on ne met pas de conditions, alors que lui peut mettre toutes sortes de conditions. Et il en pose une, il faut dire : Viens! Rejoindre l’appel de l’Esprit et de l’Epouse. L’obéissance est incluse dans ce « Viens », jusqu’au dernier ‘Viens ». Et viens toujours plus loin, et prends possession de tout ce que tu veux en moi et au-delà de moi par moi. Mais si l’homme devient désobéissant, le Seigneur cesse de venir… Ce « Viens » doit être éternel. La venue du Seigneur dure depuis la création lors de laquelle il était le témoin du Père. Sa venue s’étend sur des milliers d’années. Toute l’éternité, il sera celui qui vient. Le croyant sait qu’il doit vivre toujours dans la perspective de la venue du Seigneur, dans l’événement de cette venue. Il renonce à sa sphère propre, à disposer de soi, afin de tenir tout prêt pour la venue du Seigneur.

148. Il est mort pour chacun

Ap 1,18. Je tiens les clefs de la mort.

Depuis la mort du Christ en croix, il n’y a plus aucune possibilité qu’une mort humaine n’ait été en quelque sorte marquée à l’avance par la mort sur la croix. On ne peut plus contempler une mort individuelle sans voir derrière elle la mort du Seigneur. Il est mort sur la croix pour chacun et en chacun, et il participe par avance à chaque mort. Il possède les clefs du mystère de la mort…

149. L’extase

Ap  17,3. Alors il me transporta en esprit au désert…

Des quatre états de la vie avec Dieu. 1. La vie dans la réalité terrestre concrète. 2. La vie dans l’obéissance de la méditation: l’homme y est ouvert à tout ce que la méditation lui apportera. Il y est présent avec ses puissances humaines d’intelligence, de volonté, de sentiments,de sens. 3. Dans la méditation, il peut être transporté en extase. Il n’est plus conscient de ses forces naturelles. Il est totalement fonction de ce qui lui est présenté : il se réjouit ou il souffre s’il doit se réjouir ou souffrir. 4. Dans l’extase, une nouvelle extase qui lui rend une nouvelle conscience de lui-même. Le monde dans lequel le voyant est transporté est si vivant, il a avec lui une relation si réelle que c’est comme s’il avait retrouvé la vision de la vie concrète.

150. Ne rien choisir

Ap 1,15… Sa voix était comme la voix des océans.

Obéissance, disponibilité, ouverture au Seigneur. Ne rien choisir. Choisir l’obéissance et rien d’autre. Se tenir sans cesse à la disposition de la volonté du Seigneur qu’on ne connaît pas encore.

151. Le souper

Ap  3,20. Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix, j’entrerai chez lui et je mangerai avec lui, moi près de lui et lui près de moi.

Le Seigneur est toujours proche : il trouve toujours la porte où frapper… J’entrerai chez lui… Le lieu même devient comme le lieu du Seigneur, le lieu lui-même est changé… Dans la communion, le Père prépare les hommes pour son Fils; dans la confession, le Fils prépare les hommes pour le Père.

152. Les grands saints et les petits saints

Ap 22,4.  Ils verront son visage et son nom sera sur leurs fronts.

Au ciel, tous auront sur leur front le nom de Dieu inscrit. Cependant il n’y aura pas uniformité. Il y a des grands saints et des petits saints. Mais il n’y a pas d’envie dans le ciel parce que tout le monde est si comblé que l’envie ne peut pas se faire jour. Dans l’Eglise, il y a un principe hiérarchique : une consécration des ministres. Au ciel aussi il y a une hiérarchie, mais pas suivant le même système; ce sera d’après la sainteté bien que, dans l’Eglise, les deux systèmes ne soient pas sans parenté : qui a reçu une consécration plus haute a aussi des obligations plus hautes à la sainteté.

153. Les saints oubliés

Ap 3,12. Le vainqueur, j’en ferai une colonne dans le temple de mon Dieu…

Même des saints éloignés et à moitié oubliés, on peut toujours y revenir, entreprendre une campagne pour l’un ou l’autre sous la pression des circonstances. En soi, il n’a rien perdu de son actualité.

154. Immunisé

Ap 20,10. Et le diable, leur séducteur, fut précipité dans l’étang de feu et de soufre…

Tout saint en qui l’amour est parfait est immunisé contre le péché, même s’il le serre encore de près… C’est pourquoi c’est Jean  qui devait voir le mystère du mal parce qu’il n’y avait plus en lui d’attirance pour le péché.

155. Marie

Ap 21,13. A l’orient trois portes, au nord trois portes, au midi trois portes et à l’occident trois portes.

A l’instant de l’Annonciation, Marie ne reçoit pas seulement le Fils, elle reçoit toute la Trinité… Marie, portant l’enfant dans son sein, porte déjà la croix.

156. Communion

Ap 14,4-5. Ils ne se sont pas souillés avec des femmes…

Dans la communion des saints on ne peut plus distinguer entre son péché et celui des autres.

157. L’amour

Ap 16,15. Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille et garde ses vêtements pour ne pas aller nu et laisser voir sa honte.

Entre deux êtres qui s’aiment, il y a de la communion et de l’incompréhensible; beaucoup demeure mystérieux et caché. S’ils se comprennent l’un l’autre, il y a entre eux comme une adaptation réciproque sur un arrière-fond d’incompris. La plus grande partie de leur âme demeure justement tournée vers Dieu dans l’amour, et la relation d’une âme à Dieu n’est pas totalement accessible à autrui.

158. Le devoir de la louange

Ap 19,5. Alors sortit du trône une voix qui disait : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands.

La crainte, c’est qui vient de l’homme devant Dieu. La louange, c’est ce que le Fils exige pour le Père. La voix qui sort du trône et qui dit : « Louez notre Dieu », c’est celle du Fils. La crainte est comme le commencment de la foi; la louange est le début de ce qui vient de Dieu. La foi est la source de la crainte et de la louange. Mais de leur côté, la louange et la crainte sont les sources de la foi; crainte = soumission; la louange est exigée de nous comme obéissance. Mais les deux doivent avoir un contenu; elles ne doivent pas être vides. Et ce contenu justement, c’est la foi. L’obéissance forme le pont qui les unit. Les petits et les grands doivent louer. Chacun a sa mission. Que l’oeuvre humaine soit petite ou grande, si elle est réponse à l’exigence de Dieu, la louange de Dieu est répandue comme Dieu l’attend.

159. Celui qui fut mort

Ap 2,8. Ainsi parle le Premier et le Dernier, celui qui fut mort mais qui est revenu à la vie.

Par sa résurrection il est entré dans la vie éternelle de Dieu.

160. Les saints au travail

Ap 4,4. Autour du trône, vingt-quatre trônes et, sur ces trônes, vingt-quatre vieillards vêtus de blanc et, sur leur tête, des couronnes d’or.

Parmi les vingt-quatre vieillards, les douze apôtres. Jean se voit parmi eux au ciel, en Esprit, sans savoir que c’est lui. Les saints, ici sur terre, oeuvrent déjà au ciel, comme du ciel ils oeuvrent sur la terre.

161. La foi

Ap 19,18. Pour manger la chair des rois, la chair des chefs, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous les hommes, libres et esclaves, petits et grands.

Personne ne peut dire que les circonstances extérieures ne lui auraient pas permis de croire. La foi est accessible à tous par la grâce du Seigneur.

162. Le rayonnement

Ap  1,16. Dans sa main droite il tenait sept étoiles, et de sa bouche sortait un glaive acéré, à deux tranchants. Son visage resplendissait, tel le soleil dans tout son éclat.

Les saints rayonnent la grâce du Seigneur pour que les hommes en soient touchés.

163. L’appel

Ap  20,6. Heureux et saints ceux qui ont part à la premioère résurrection. Sur eux la seconde mort n’a pas d’emprise.

La première mort, c’est l’appel à se renoncer soi-même. La vie chrétienne est vie dans le Seigneur, et la vie terrestre est une voie vers cette vie. L’appel retentit plus d’une fois dans la vie, mais si l’on ne répond pas la première fois, l’appel se fait toujours plus faible. A un moment ou à un autre de la jeunesse, la voix du Seigneur se fait entendre très clairement, mais la plupart la recouvrent, ne l’entendent pas à cause du bruit de leurs soucis et de leurs affaires… Celui qui a accepté de mourir de la première mort n’a rien à craindre de la seconde.

164. Le martinet

Ap 22,11. Que l’injuste commette encore l’injustice et que l’impur vive encore dans l’impureté, mais que le juste pratique encore la justice et que le saint se sanctifie encore.

Que le juste continue à être juste, que le pécheur continue à pécher. Parole impossible dans l’évangile, mais dite ici du point de vue de l’éternel qui est celui de l’Apocalypse. Un peu comme une menace quand on dit à un enfant méchant : « Continue un peu! » Et on va chercher le martinet. Cela peut faire réfléchir davantage l’enfant que de lui dire : « Arrête! Convertis-toi! »

165. Le Vivant

Ap 1,18. Je fus mort, et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles…

Il est le Vivant maintenant qu’il apparaît à Jean et le touche, comme il est vivant dans l’eucharistie et comme il était vivant quand il séjournait comme homme parmi les hommes. Il a toujours la même vie qui est témoignée et démontrée par son amour. Car ce qui cause sa vie dans le Père, parmi les hommes et dans l’hostie, c’est l’amour. L’amour du Père l’a  engendré, c’est par amour pour le Père qu’il est devenu homme et c’est par amour pour les hommes qu’il se donne dans l’eucharistie. Quelle que soit la forme sous laquelle nous le rencontrons, c’est toujours la forme de l’amour vivant qui non seulement provient de l’amour mais qui produit l’amour. Les rencontres avec le Seigneur terrestre n’étaient toujours que des rencontres d’amour; lui-même aimait et il éveillait l’amour. C’est par amour qu’il se donne dans l’eucharistie pour former sans cesse l’amour dans les chrétiens. Et c’est par amour qu’il apparaît maintenant à Jean afin de faire brûler par lui l’amour dans l’Eglise. L’amour est totalement opposé à la mort. L’amour est vie. Cest pourquoi le Seigneur s’appelle le Vivant.

166. L’eucharistie

Ap 22,21. La grâce du Seigneur Jésus soit avec tous!

L’eucharistie est le lien entre l’être divin du Seigneur et son être d’homme sur la terre; et ce lien unit tout croyant à Dieu et lui apprend à répandre sur terre ce qu’il a reçu de Dieu.

167. La vie éternelle

Ap 20,13. Et chacun fut jugé selon ses oeuvres.

Une vie temporelle qui est vécue dans la foi et l’amour devient comme une fonction de la vie éternelle déjà dans le temps en se laissant envahir toujours plus par la vie éternelle. Mais il peut se faire aussi qu’une vie temporelle, après avoir été pendant un certain temps à la rencontre de la vie éternelle, se replie sur elle-même et évite le contact avec la vie éternelle. Même ceux qui ont refusé la vie éternelle ici-bas et s’en sont détournés devront, dans le jugement, prendre contact avec elle parce que le jugement se passe dans la vie éternelle et de la sorte tous entrent en contact avec la vie éternelle au moins dans le jugement.

168. Le temps

Ap 20,2. Il s’empara du dragon, l’antique serpent, qui est le diable et Satan, et l’enchaîna pour mille ans.

Le temps vu de l’éternité. Jean explique l’éternité comme une mère ferait avec son enfant pour lui expliquer quand ce sera Noël. « Demain et puis encore demain, et beaucoup de demain, et puis tout à coup c’est Noël ».

169. Le mal

Ap 20,10. Et le diable, leur séducteur, fut précipité dans l’étang de feu et de soufre, auprès de la bête et du faux prophète. Et ils souffriront des tourments jour et nuit aux siècles des siècles.

Les trois manifestations du mal sont l’image inversée de la Trinité.  Satan, père du mal et séducteur d’Adam < > Père, créateur et père d’Adam. La bête de la sensualité < > Le Fils incarné et sa virginité. Le faux prophète < > L’Esprit Saint et le vrai témoignage en lui.

170. La liberté

Ap 9,2. Elle ouvrit le puits de l’abîme, et il en monta une fumée, comme celle d’une grande fournaise. Le soleil en fut obscurci, ainsi que l’air.

Si Dieu crée la liberté, il lui donne aussi le pouvoir de faire le mal.

171. Le purgatoire

Ap 2,11. Le vainqueur ne souffrira nullement de la seconde mort.

L’essence du purgatoire : la reconnaissance infiniment pénible de tout ce qu’il y a eu comme refus dans la vie terrestre. Il s’agira de comprendre que souvent Dieu était proche de moi et il aurait suffi d’un pas, mais je me suis retiré obstinément. Au moment décisif, je me suis toujours échappé. Et parce que je voulais toujours être le plus fort, je n’ai jamais remporté la victoire. Toute avance du Seigneur, je l’ai considérée comme une situation à maîtriser. Peut-être l’ai-je trouvée intéressante, mais ce qui était intéressant, c’était moi-même et ma prise de position, et non le Seigneur et sa grâce… A toute question, je savais d’avance la réponse. Dans le compte, j’étais moi-même la valeur absolue, connnue de moi, tandis que Dieu, dans le meilleur des cas, était la valeur relative… Le puragtoire, c’est de comprendre les possibilités de vie qui ont été perdues… Le purgatoire est comme une confession approfondie dans laquelle le Seigneur serait le confesseur qui mettrait au jour les péchés oubliés, les uns après les autres, et toujour splus profondément.

172. Les saints tombés

Ap 14,4-5. Ils ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges. Ils suivent l’agneau partout où il va…

Orgueil, retour sur soi, égoïsme qui écartent de Dieu ceux qui vivaient dans sa proximité, le regard fixé sur lui. Il y a des saints qui sont tombés.

173. L’attente de Dieu

Ap 21,2.Et la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, je la vis qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête comme une épouse qui s’est parée pour son époux.

La sainteté de la ville sainte qui descend du ciel d’auprès de Dieu : il l’a remplie d’attente de Dieu. C’est une attente de Dieu donnée par Dieu. La sainteté vient toujours de Dieu et retourne à lui. Elle est la voie tracée à l’avance par le Fils, du Père au Père. Et elle est donnée par le Fils qui par là donne à ses élus ce qui lui est le plus propre, ce qui a marqué sa vie terrestre. Toute la vie du Fils a été une preuve incessamment renouvelée de son amour pour le Père, une certaine manière de se parer pour le Père (comme l’Eglise céleste parée pour son Epoux); de même la sainteté consiste à se parer éternellement pour Dieu trine et un, le saint le fait quasi sans le savoir en se laissant faire par Dieu lui-même. Et son humilité, c’est de ne pas opposer de résistance à l’oeuvre de Dieu en lui, de le laisser faire, de considérer l’oeuvre du Seigneur en lui… Se laisser faire par le Seigneur, lui permettre de donner ce qui lui semble bon.

174. Le oui

Ap 2,14. Mais j’ai quelque reproche à te faire…

Le but doit toujours être un oui total à Dieu.

175. Trinité

Ap 21,23. La cité n’a besoin ni du soleil nie de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine…

Trinité : le Père et le Fils sont l’un dans l’autre, et cette « insertion » (Ineinander)  l’un dans l’autre, c’est l’Esprit, qui rend impossible toute « sortie », tout terme.

176. La mission

Ap19,1. Ensuite j’entendis comme la grande rumeur d’une foule immense qui, dans le ciel, disait : Alleluia!…

Le mystique transmet ce qu’il reçoit (comme Jean dans l’Apocalypse) sans le scruter, sans le dominer, sans vouloir l’ordonner, le juger. Ce qu’il reçoit et transmet le dépasse, c’est simplement sa tâche, sa mission, bien que cela ne signifie aucunement une diminution de sa grâce personnelle.

177. Chacun a son rôle

Ap 22,6. Puis il me dit : Ces paroles sont certaines et véridiques;  le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt.

Au ciel, chacun a son rôle. Le Seigneur est comme un régisseur qui attribue à chacun son rôle. personne ne peut manquer. Mais avant de pouvoir entrer dans le jeu céleste, chacun est encore examiné par le Seigneur pour voir s’il est capable. Et parce que tous sont devenus enfants de Dieu, ils prennent tous leur rôle avec le même élan de la jeunesse, portés par un enthousiasme commun, et chacun joue son rôle avec le même don de lui-même, que ce soit dans un premier rôle ou dans celui du dernier des figurants.

178. La vérité de Dieu

Ap 17,8. La bête que tu as vue était, mais elle n’est plus. Elle va monter de l’abîme et s’en aller à la perdition. Et les habitants de la terre dont le nom n’est pas écrit, depuis la fondation du monde, dans le livre de vie, s’étonneront en voyant la bête, car elle était, n’est plus, mais reviendra.

Le retentissement dissemblable de la même communication de Dieu… Le monde extraordinaire et mystérieux de l’Apocalypse que Jean a mission de transmettre semble s’opposer aux belles lignes de son évangile. Et cependant l’Apocalypse n’est rien d’autre qu’un nouvelle vivification de l’amour johaniique, provenant de l’obscurité de la vie de Dieu.  Cette vie toujours nouvelle se trouve en opposition à toute explication simpliste de la vérité de Dieu.

179. L’Esprit

Ap 7,10. Ils proclamaient à haute voix : Le salut est à notre Dieu qui siège sur le trône et à l’agneau.

L’Esprit : c’est lui qui fait adorer le Père et le Fils.

180. Obéissance au ciel

Ap 21,9. … Viens, je te montrerai la fiancée, l’épouse de l’agneau.

Obéissance au ciel : plus rapide que sur terre, incessante; l’accomplissement d’un ordre donne davantage de force encore pour accomplir l’ordre suivant.

181. L’éternité

Ap 16,12. Le sixième répandit sa coupe sur le grand fleuve Euphrate : l’eau en fut asséchée pour préparer la voie aux rois qui viennent de l’orient.

Dans son éternité, Dieu dispose de l’avenir comme du présent. Présent et avenir sont pour lui la même chose parce que les deux se trouvent dans son dessein. Il n’y a pas pour lui d’avenir qui ne soit présent parce que l’instant du temps ne dépend que de ce que Dieu en décide et qui est en son pouvoir.

182. Le mal

Ap 21,12. Elle avait d’épais et hauts remparts. Elle avait douze portes, et aux portes, douze anges et des noms inscrits : les noms des douze tribus des fils d’Israël.

Le sens des hauts murs de la Jérusalem céleste : Le mal devant la sainteté doit se transformer ou disparaître.

183. L’enfer

Ap  14,16. Alors celui qui siégeait sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée.

C’est la moisson des méchants. Les bons sont déjà dans la main de Dieu. Le Seigneur prépare l’enfer pour les méchants.

184. La prière

Ap 8,4. Et, de la main de l’ange, la fumée des parfums monta devant Dieu avec les prières des saints.

La prière est transmise à Dieu par l’ange… La prière de chacun est fondue dans la prière de tous.

185. Le non croyant et le mystique

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

Il y a une vérité de Dieu en toute existence humaine, que l’on soit chrétien ou non, et cette vérité est plus grande, plus développée, si l’homme y a part dans la foi  que s’il ne la connaît pas. Mais il y a quelques caracctéristiques objectives de la vérité de Dieu également dans le non croyant. Lui aussi est créé par Dieu, l’heure de sa mort aussi n’est connue que de Dieu, etc. Il y a en tout homme (même non  croyant) une sphère d’intimité entre Dieu et l’âme. On peut observer sa prière de l’extérieur, mais de l’extérieur on ne peut en connaître la nature.

Les visions des mystiques appartiennent à la sphère de la vérité de Dieu; Dieu les accorde pour maintenir vivante la foi chrétienne dans le monde… L’authenticité de la vision des mystiques doit pouvoir se vérifier par la conformité à l’évangile de la vie de celui qui a des visions.

186. Les sept flambeaux

Ap 4,5. Sept flambeaux brûlaient devant le trône… de Dieu.

Les sept flambeaux : l’Esprit Saint.

187. Les missions

Ap 21,15. Celui qui me parlait tenait une mesure…

Les missions dans l’Eglise se complètent les unes les autres sans qu’on en voie tous les aboutissants… Ne pas vouloir en savoir plus que ce qu’on en sait aujourd’hui. Cela ne pourrait que nuire à l’obéissance et à la mission exigée.

188. Bientôt

Ap 22,6…. Ce qui doit arriver bientôt.

Le « bientôt » de l’Apocalypse : parce que les choses du ciel sont toujours en train de venir, parce que Dieu nous offre sans cesse et fait couler sans cesse dans notre quotidien sa vie éternelle.

189. Transparence

Ap 22,1… Un fleuve d’eau vive, brillant comme du cristal…

Transparence de l’humilité dans la cité éternelle.

190. La soif

Ap 21,7. Le vainqueur recevra cet héritage, et je serai son Dieu et lui sera mon fils.

La soif de Dieu au ciel: l’espérance apparaît ici pour ainsi dire comme la soif dans l’amour.

191. La venue du Seigneur

Ap 3,3. Souviens-toi donc de ce que tu as vu et entendu. Garde-le et repens-toi! Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur sans que tu saches à quelle heure je viendrai te surprendre.

La venue du Seigneur : la communauté s’en réjouit si elle veille; si elle ne veille pas, le Seigneur viendra comme un voleur, c’est-à-dire qu’il paraîtra comme un intrus et un importun.

192. Les enfants et les simples

Ap 17,1. Et l’un des sept anges qui tenaient les sept coupes s’avança et me parla en ces termes : Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui réside au bord des océans.

L’ange accomplit sa mission sans retour sur lui-même. Il aurait peut-être préféré ne pas montrer à Jean ce qu’il doit montrer. Il n’est pas question non plus des réactions de Jean quand l’ange vient à lui. Dans le don total d’eux-mêmes à la volonté de Dieu, les saints ressemblent souvent aux enfants, et même aux simples qui ne sont pas capables de critiquer.

193. La vie et la mort

Ap 20,13. La mer rendit ses morts, la mort et l’Hadès rendirent leurs morts…

La mort du Seigneur. Rien que du fait qu’il est mort pout tous, le Seigneur a changé quelque chose dans la vie de chacun.

194. La virginité

Ap 17,1. Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée…

La virginité : pas l’attitude d’innocence des enfants. L’adulte qui se donne au Seigneur doit connaître le fruit de l’impureté (l’ange montre à Jean ce qui va arriver à la grande prostituée) pour pouvoir en protéger les frères. La pureté consacrée à Dieu comprend l’impureté à la lumière de la pureté divine.

195. Le ciel

Ap 21,1. Alors je vis un ciel nouveau…

Après le purgatoire, la grâce est tellement une avec le moi qu’ils ne peuvent plus être considérés comme deux principes séparables dont résulte une coopération. C’est comme si le moi était totalement submergé par la grâce de Dieu… Le ciel n’est pas une chose bizarre comme il peut le paraître vu de la terre, quand par exemple on réfléchit qu’on verra Dieu. (La vie en Dieu paraît souvent ici-bas comme un excès d’exigence; pour Jean aussi par exemple dans ses rapports avec le Seigneur sur terre). Au ciel, on ne ressent plus la vie du ciel comme une exigence trop grande. Dieu élève une fois pour toutes ses créatures dans le monde de sa plénitude… Dieu demeure dans l’éternité celui qui est toujours plus grand, mais les créatures se trouvent dans une sorte d’équilibre à cet égard. (Chaque seconde de l’éternité est un étonnement toujours frais et nouveau devant Dieu toujours plus grand). Il n’y a aucune accoutumance au ciel…

196.Vision

Ap 18,20. Réjouis-toi de sa ruine, ciel…

La vision est une participation à l’au-delà.

197.Glorifier le Fils

Ap 21,9. Viens, je te montrerai la fiancée, l’épouse de l’Agneau.

Dans l’Apocalypse, le Seigneur ne révèle directement que ce qui glorifie le Père. Comme l’épouse de l’Agneau glorifie l’Agneau, c’est un ange qui est chargé de la montrer à Jean. De même dans l’Eglise ici-bas, les saints renvoient tous davantage au Fils qu’au Père; ils sont là pour glorifier le Fils qui, lui, glorifie le Père.

198. Pureté

Ap 1,5-6. A celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang…  gloire et pouvoir pour les siècles des siècles. Amen.

La pureté est une propriété divine, chrétienne et finalement humaine : elle est toujours chez le Seigneur un témoignage et une fonction de son amour, toujours quelque chose qui élargit l’amour. La pureté, ce n’est pas l’angoisse devant ce qui serait impur, ce n’est pas un retrait, ce n’est pas se cacher, mais la libre préférence du bien pour que rien d’impur ne trouble et n’affaiblisse l’amour. Amour et pureté se renforcent l’un l’autre.

199. La sainteté

Ap 21,11. La cité sainte brillait de la gloire même de Dieu…

La sainteté de chaque saint est unique et rayonne de manière unique, même au ciel.

200. Les portes

Ap 19,11. Alors je vis le ciel ouvert…

Au commencement, ciel et terre étaient une unité; quand parut le péché, se produisit la séparation. Et cependant aujourd’hui encore il y a continuité de l’un à l’autre. Et Jean doit faire l’expérience, sur mission de Dieu pour l’Eglise, qu’il y a des portes entre ciel et terre, et que c’est le Seigneur qui les ouvre.

201. Les saints en progrès

Ap 6,11. Alors il leur fut donné à chacun une robe blanche, et il leur fut dit de patienter encore un peu, jusqu’à ce que fût au complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères,  qui doivent être mis à mort comme eux.

Au ciel, au moins avant le jugement dernier, les saints connaissent encore une sorte de progrès. Bien qu’ils voient Dieu, ils ne sont pas encore dans la vision parfaite, dans la pleine connaissance.

202. La lumière de Dieu

Ap 21,27. Il n’y entrera nulle souillure, et personne qui pratique abomination et mensonge, mais ceux-là seuls qui sont inscrits dans le livre de vie de l’agneau.

Pour trouver l’une des douze portes d’entrée de la cité céleste, il faut que la lumière de Dieu soit dans les yeux de ceux qui entrent : c’est elle qui leur permet de voir les portes. La lumière de Dieu doit déjà être à l’intérieur de celui qui doit voir sa lumière, de même que la grâce doit déjà être présente en celui qui la reçoit comme la grâce totale.

203. L’Esprit Saint

Ap 1,20. Quant au mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma droite…

L’Esprit Saint est aujourd’hui le trait d’union entre le Seigneur et les hommes. Plus le Fils et l’Esprit se dévoilent, plus ils voilent le Père par amour.

204. Indifférence

Ap  1,1. Révélation de Jésus Christ…

Indifférence chrétienne : s’offrir à tout ce que Dieu veut. C’est la disposition de Jean, le voyant de l’Apocalypse. Indifférence du Fils : il offre tout au Père.

205. Les brûlants

Ap 14,3. Ils chantaient un cantique nouveau, devant le trône, devant les quatre animaux et les anciens. Et nul ne pouvait apprendre ce cantique sinon les cent quarante quatre mille, les rachetés de la terre.

Les brûlants : ceux qui ont été touchés par la vie éternelle, ceux qui ont donné leur vie à la vie éternelle.  La communauté des brûlants est visible ou invisible.

206. Responsabilité

Ap 22,9… ceux qui gardent les paroles de ce livre.

Apocalypse : tous les croyants ont une responsabilité vis-à-vis de ce livre.

207. Mourir dans le Seigneur

Ap 14,13. Heureux dès à présent ceux qui sont morts dans le Seigneur.

Marie : du oui de sa mort dans le Seigneur au oui à sa mission, au oui à la naissance de son Fils. Solitude et souffrance à un certain moment. Même si elle a reçu sa mission dans la certitude… Heureux ceux qui meurent dans le Seigneur : Les mourants meurent dans le Seigneur et Marie se tient auprès d’eux.

208. Difficultés

Ap 2,29. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux églises.

La plupart de ceux qui veulent  se donner entièrement au Seigneur, prêtres ou laïcs, trouvent souvent que les difficultés sont trop grandes. Egalement les difficultés dans leurs propres rangs. Il faut leur montrer cette lettre.

209. La sainteté

Ap 21,25. Ses portes ne se fermeront pas au long des jours car, en ce lieu, il n’y aura plus de nuit.

Les portes de la cité céleste sont toujours ouvertes. Personne ne peut les manquer si ce n’est par sa faute. Au début de la voie de la sainteté, rien d’autre n’est requis que la disponibilité et l’humilité. Dieu prend soin de la conduite du croyant pour le conduire jusqu’à la porte. Et si le croyant se donne avec confiance, il est conduit. Si à certaines époques, il y a moins de saints, la raison n’en est pas que Dieu en a prévu moins, mais parce que davantage de personnes n’ont pas accepté leur mission et ne se sont pas laissé conduire. Se laisser envoyer dans la mission de la sainteté veut dire se livrer à la voie de Dieu avec confiance même là où manque toute vue d’ensemble.

210. Obéissance au ciel

Ap 21,10. L’ange me transporta en esprit sur une grande et haute montagne…

L’obéissance à l’ange dans le ciel cela semble éloigner de Dieu, mais en fait pas du tout. Jean sait que l’obéissance à l’ange n’est pas différente de son obéissance à Dieu. Son don de lui-même, c’est Dieu lui-même qui l’accomplit en lui. Il est parfaitement dans le toujours plus de Dieu.

211. L’humilité

Ap 21,18. La cité était d’un or pur…

L’humilité est le fondement de toute sainteté… Et l’humilité est le fondement de l’amour, son présupposé, son commencement et en même temps sa fin parce que, dans l’amour, rien ne peut dépasser l’humilité…

(Cf. Ap 21,21. La place de la cité était d’or pur.  L’humilité est le centre de la sainteté comme la place est le centre de la ville).

212. Le bonheur

Ap 22,7. Heureux celui qui garde les paroles prophétiques de ce livre.

Jamais le Seigneur ne donne part au ciel sans la croix, mais jamais non plus il ne donne part à sa souffrance sans la béatitude, dès ici-bas.

213. Acquiescer à tout

Ap 14,3. Et nul ne pouvait apprendre ce cantique sinon les cent quarante quatre mille, les rachetés de la terre.

La mission chrétienne est issue des mystères de Dieu. Jean a acquiescé à tout, à toutes les profondeurs inconnues du Seigneur, aux dimensions du Seigneur qu’il ne connaissait pas encore.

214. Marie

Ap 22,17. L’Esprit et l’épouse dise : Viens!

Marie s’est préparée à la venue du Fils en disant avec l’Esprit : Viens!

215. Le chant

Ap 15,3. Ils chantaient le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’agneau : Grandes et admirables sont tes oeuvres, Seigneur Dieu Tout-Puissant. Justes et véritables sont tes voies, Roi des nations.

Le chant du ciel que Jean doit transmettre ne correspond pas exactement à son amour cordial pour le Seigneur. Et c’est cependant lui qui est choisi pour le transmettre à l’Eglise. Car le Seigneur est le roi des nations.

216. La rédemption

Ap 20,12. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres…

On ne peut pas dire que l’humanité pouvait être sauvée exclusivement par la Passion du Fils, ni qu’elle fut sauvée exclusivement par elle. Quand le Père a le plan de sauver l’humanité, il veut montrer par là en même temps son amour pour le Fils et pour l’Esprit. Il veut que le fait de sa rédemption soit une preuve de son propre amour, mais il veut aussi que le même fait soit une preuve de l’amour du Fils et de l’Esprit.

217. Transparence

Ap 15,2. Et je vis comme une mer de cristal mêlée de feu. Debout sur la mer de cristal, les vainqueurs de la bête, de son image et du chiffre de son nom, tenaient les harpes de Dieu.

Sur le péché et son pardon dans la communion des saints, aujourd’hui et demain, au jugement de Dieu, dans la transparence totale de tous les pécheurs; et chacun s’accuse du péché qu’il voit dans les autres. Une mer de cristal : la transparence de Dieu et des hommes dans le jugement.

218. Objectivité

Ap 17,15. Puis il me dit : Les eaux que tu as vues, là où réside la prostituée, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues.

Pure objectivité nécessaire dans les rapports entre le confesseur et le mystique : voir ce que Dieu veut, etc. Seul problème : la signification véritable de ce qui est vu. Il ne faut pas que le voyant voie ce que son directeur attend de lui, ou ce qu’il a entendu de sa bouche.

219. Pourquoi les visions?

Ap 21,5. Puis il dit : Ecris : Ces paroles sont certaines et véridiques.

Dieu a montré à Jean le ciel ouvert; après cela, le ciel lui sera à nouveau fermé. Alors Jean reçoit l’ordre d’écrire ce qu’il voit afin que plus tard il n’ait pas la tentation de croire que ce qu’il a vu est irréel. Et aussi parce que cette vision du ciel n’est pas destinée qu’à lui; elle est destinée également aux siens, aux croyants qui vivent avec lui sur terre et à ceux qui viendront après lui. Jean reçoit quelque chose dans une situation particulière, mais il a à le transmettre à tous les croyants. Ce que Jean a vu n’est pas sans rapport avec la vie des autres croyants.

220. Humilité

Ap 22,8. Moi, Jean, j’ai entendu et j’ai vu cela. Et, après avoir entendu et vu, je me prosternai, pour l’adorer, aux pieds de l’ange qui me montrait cela.

Humilité du ciel : transparence. Humilité de la terre : elle a toujours besoin de comparer. Jean veut adorer l’ange. Il vit la distance… Mais Jean se trompe. Il veut montrer qu’il a compris (la grandeur) de ce qui lui a été montré. Et en voulant adorer l’ange, il montre qu’il n’a pas compris…

221. L’appel de la grâce

Ap 20,12. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres.

Le jugement : voir toutes nos lacunes, nous voir avec les yeux de Dieu, voir tout le vide qu’il y a en nous, toutes les fois où nous n’avons pas répondu à un appel de la grâce.

222. L’amour toujours

Ap 18,10. Ils se tiendront à distance par crainte de son tourment, et ils diront : Malheur! Malheur! Ô grande cité, Babylone cité puissante, il a suffi d’une heure pour que tu sois jugée!

L’amour doit tous les jours se renouveler et grandir, même s’il n’y a pas de témoignages extérieurs d’amour… Mouvement toujours nouveau, ouvert, spontané, vers le Seigneur.

223. La prière

Ap 8,3. Il portait un encensoir d’or, et il lui fut donné des parfums en grand nombre, pour les offrir avec les prières de tous les saints sur l’autel qui est devant le trône.

Nécessité de la prière de tous. De tous ceux qui ont une mission.

224. L’élan

Ap 21,16. La cité était carrée… La longueur, la largeur et la hauteur en étaient égales.

L’élan vers Dieu de la cité sainte : symbolisée par sa hauteur (égale à sa longueur et à sa largeur). Elan vers Dieu parce qu’elle vient de Dieu, elle est descendue du ciel, mais elle ne s’est pas éloignée de Dieu.

225. L’éternité

Ap 20,14. Alors la mort et l’Hadès furent précipités dans l’étang de feu. L’étang de feu, voilà la seconde mort.

Au début, Adam menait sa vie temporelle totalement entourée de l’éternité. Avant son péché, le passage de la vie temporelle donnée par Dieu à la vie éternelle que Dieu tenait à sa disposition se tenait toujours ouvert. Entre les deux, aucune faille, aucune opposition, aucune relation fausse.

226. La jeune fille

Ap 21,12. Elle avait d’épais et hauts remparts…

L’homme est aussi un mystère pour la jeune fille qui se donne à lui : elle ne voit pas totalement ce qu’elle lui donne ni ce qu’il en fera; elle sait seulement – sans le savoir – que ce qu’il fera est juste.

227. Pauvreté

Ap 3,18. Je te conseille d’acheter chez moi de l’or purifié au feu pour t’enrichir…

Il y a une pauvreté qui rend possible le désir et la foi et qui devient lentement par l’amour une pauvreté riche et comblée.

228. La sainteté

Ap 21,15. Celui qui me parlait tenait une mesure, un roseau d’or, pour mesurer la cité, ses portes et ses remparts.

La sainteté du ciel doit être mesurée par l’ange, et Jean doit en rendre compte. Ici-bas aussi on doit pouvoir mesurer la sainteté.

229. La tristesse

Ap 21,4. Il essuiera toute larme de leurs yeux…

La seule tristesse qui pourrait nous atteindre au ciel, c’est que Dieu ne soit pas assez honoré. Mais à cause de la louange du Fils, laquelle inclut celle de tous les hommes, ce n’est pas possible… Au ciel, on ne peut se plaindre que d’une chose : que quelqu’un se détourne de Dieu. Mais cela ne se produit pas : Dieu prend tout le monde en lui et remplit tout le monde.

230. Humilité

Ap 21,11. Elle brillait de la gloire même de Dieu…

La vraie sainteté : se laisser toucher davantage par le rayonnement de Dieu. Toute autre sainteté serait parodie et tromperie… Tout l’effort ne peut consister qu’à permettre à la lumière de Dieu de mieux rayonner sur nous et par nous. La plus petite chose qui est faite dans la lumière de Dieu rayonne réellement et sans altération sa lumière. C’est pourquoi le point de départ, la racine de toute sainteté, c’est l’humilité : vouloir se laisser aimer par Dieu et vouloir aimer soi-même de cet amour de Dieu. Celui qui voudrait faire rayonner sa propre lumière de saint ne serait pas transparent comme le cristal, il serait au contraire opaque, il étoufferait la vie de Dieu par sa propre vie. La vraie sainteté est pure instrumentalité : laisser pénétrer et rayonner l’unique lumière dans la totale transparence.

231. Le Père

Ap 1,4-5. Jean aux sept églises qui sont en Asie : Grâce et paix vous soient données de la part de Celui qui est, qui était et qui vient…

Il est et il était et il vient : c’est le Père. De lui, on ne peut dire qu’une chose, c’est qu’il est.

232. La beauté de l’amour

Ap  21,10-11. La cité sainte… Elle brillait de la gloire même de Dieu…

La sainteté, c’est l’obéissance à Dieu. C’est ce qui fait la beauté de la ville sainte, la Jérusalem céleste, l’épouse de l’Agneau. Elle est sainte pour magnifier son Epoux; sainte avant tout par l’obéissance, par l’obéissance qui sanctifie; par l’obéissance qui dit en elle la parfaite réalisation de la volonté de Dieu, l’acceptation absolue de l’amour.

233. La prière de Jésus

Ap 2,15. Chez toi aussi, il en est qui s’attachent de même à la doctrine des Nicolaïtes.

Toute parole que Jésus disait sur terre faisait partie de sa prière au Père.

234. Les enfers

Ap 1,8. Je suis l’Alpha et l’Omega, dit le Seigneur Dieu…

Les enfers (où passe le Seigneur après la croix), c’est le royaume qui n’a aucun rapport avec le ciel… Dans son état d’abandon et dans celui de la descente aux enfers, le ciel lui paraît comme l’inaccessible. Les enfers, c’est l’état où il était dépouillé de sa toute-puissance.

235. Le voyant

Ap 9,3. Et, de cette fumée, des sauterelles se répandirent sur la terre. Il leur fut donné un pouvoir pareil à celui des scorpions de la terre.

Le voyant voit et expérimente dans l’Esprit… Il expérimente avec des sens qui lui sont donnés par Dieu.

236. La croix

Ap 9,13. Le sixième ange fit sonner sa trompette : j’entendis une voix venant des cornes de l’autel d’or qui se trouve devant Dieu.

L’autel d’or est pour Jean le lieu de la croix tout simplement… Le lieu où le Fils a été offert en sacrifice pour les hommes… Le Père et le Fils ne sont jamais autant un que lorsque le Fils s’offre au Père… L’or est le signe de la pureté… Pour le Fils, se tenir devant Dieu veut toujours dire en même temps être en Dieu.

237. Être dans l’Esprit

Ap  10,8. Et la voix que j’avais entendue venant du ciel, me parla de nouveau et dit : Va, prends le livre ouvert dans la main de l’ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre.

Adrienne explique ce qui se passe pour celui qui est « dans l’Esprit » : liberté malgré cette emprise de l’Esprit et atemporalité, don total de soi et plein abandon (indifférence) à tout ce que Dieu veut.

 

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Ici s’arrête ce choix  d’extraits

du commentaire d’Adrienne von Speyr.

Une traduction intégrale en est parue en 2015

aux Éditions Johannes Verlag (Freiburg)

 

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