31/2. Dans les jardins de l’Apocalypse

121. L’enfer

Ap 18,21. Alors un ange puissant saisit une pierre comme une lourde meule, et la précipita dans la mer en disant : Avec la même violence sera précipitée Babylone, la grande cité. On ne la retrouvera plus.

Jean a du mal à intégrer l’enfer dans sa vision de l’amour… Comment des gens peuvent-ils ne pas avoir la foi? Jean fait le tour de l’enfer plus qu’il n’y pénètre (ce qui cependant est une manière possible de suivre le Seigneur le samedi saint). Jean ne suit pas le Seigneur dans sa descente aux enfers ainsi que l’ont fait certains saints. Il est comme quelqu’un à qui on donnerait le goût de l’enfer sur la langue sans qu’il lui soit permis de l’avaler. Il ne perd pas de vue l’ange qui lui montre l’enfer. Et l’ange est pour lui une incarnation si vivante du Seigneur que, par son intermédiaire, il reçoit bien une connaissance intime de l’enfer, mais ce n’est pas la connaissance de la profondeur de l’enfer. Jean voit avec sa foi la logique et la nature du péché : il est inconciliable avec la vérité de Dieu. Le péché ne peut abolir le péché. Seule une intervention puissante de Dieu peut y mettre un terme… Il n’est pas possible de vouloir sortir de la vérité pour la connaître mieux de l’extérieur. Il n’est pas vrai qu’on connaît mieux la vérité quand on souscrit d’abord à une thèse erronée. La connaissance de Babylone n’est pas pour Jean une voie pour son amour de Dieu. Il doit au contraire connaître Babylone comme ce qui est exclu de l’amour et de la vérité de Dieu. Babylone représente l’enfer qui est l’être hors de la vérité de Dieu.

122. Le péché

Ap 13,10. Qui est destiné à la captivité ira en captivité…

Aussi bien pour l’action que pour la contemplation la connaissance du mal est nécessaire. On ne peut pas toujours contempler les doux mystères du christianisme, ni toujours parler des vertus. On doit aussi regarder en face ce qui est dur et mauvais. Celui qui ne sait rien du péché ne comprend pas la rédemption.

123. Prêt à tout

Ap 21,16. La cité était carrée…

Disponibilité à tout dans la mission confiée par Dieu : même à des choses auxquelles on pourrait se croire non adapté.

124. Écouter

Ap 2,17. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux églises.

Même dans les paroles que le Seigneur nous adresse dans l’Evangile, nous ne percevons toujours que peu de choses de leur sens… Chacun doit écouter la Parole de Dieu autant qu’il le peut, la recevoir autant qu’elle lui est donnée. Chacun doit aller dans l’écoute jusqu’à la limite du possible.

125. Les préparations de l’Apocalypse

Ap 22,9… Pour tes frères les prophètes…

L’Apocalypse peut sembler par endroits être fait d’une mosaïque de textes de l’Ancien Testament. Ce n’est pas vrai. Il y a des vérités de Dieu qu’il peut communiquer en partie comme préparation, pour les révéler une nouvelle fois plus tard ou aussi les compléter et les approfondir. Ce qu’à la fin de la Révélation il communique à son disciple Jean n’est pas une pièce faite de morceaux rassemblés, c’est l’unité finale dont il a déjà montré des parties à « ses frères les prophètes ». Mais l’unité appartient à Jean, l’ami du Seigneur. C’est pour lui qu’elle est faite. Et ce que les premiers ont reçu d’en voir, dans d’autres illuminations, dans d’autres ensembles, c’était des visions préparatoires.

126. Prière

Ap 2,15. Chez toi aussi, il en est qui s’attachent de même à la doctrine des Nicolaïtes.

La prière ne doit jamais être abandonnée pour ne se consacrer qu’à une activité extérieure. Sinon on n’entendra plus la voix et les désirs de Dieu, on ne fera plus que ce qu’on désire soi-même.

127. L’enfer

Ap 9,21. Ils ne se repentirent pas…

Ce que Jean a décrit est une image de l’enfer sur la terre. Non pas l’enfer après la mort, mais l’enfer dans le monde. Et le tout est entièrement vision, une vision qui fait voir ce que la justice de Dieu tient en réserve si sa miséricorde n’intervient pas, si la rédemption ne vient pas.

128. La manne

Ap 2,17 . Au vainqueur je donnerai de la manne cachée.

La manne, c’est le Seigneur.

129. La révélation se poursuit

Ap 22,10. Puis il me dit : Ne garde pas secrètes les paroles prophétiques de ce livre, car le temps est proche.

La Révélation se poursuit par l’Apocalypse. La vie de l’Eglise et du Seigneur en elle continue. Et il viendra toujours des gens qui auront des instructions à donner. Pour eux comme pour les premiers disciples, il est très important de voir que la Révélation contient une suite par-delà la mort du Seigneur. L’Apocalypse est une continuation de ce genre qui élargit les perspectives et, par elle, est exigée de manière pressante une nouvelle compréhension et une nouvelle obéissance.

130. La colère

Ap 11,18. Les nations se sont mises en colère, mais c’est ta colère qui est venue.

La colère de Dieu : elle seule peut encore toucher les hommes et leur faire prendre une conscience vivante de l’existence de Dieu. La colère de Dieu brise brutalement leur coquille, elle les dépouille et les bouleverse, elle ne tient pas compte de tout ce que l’homme pourrait objecter comme réponse. L’homme n’y comprend rien; c’est une rencontre dans l’horreur de ne pas comprendre.

131. Le jugement

Ap 1,7. Voici, il vient au milieu des nuées, et tout oeil le verra…

On peut rencontrer l’évangile (la foi chrétienne), la réalité du salut offert par Jésus Christ… Chacun a la liberté de sa décision. Il peut voir ou ne pas voir, regarder ou se détourner. Il a des yeux qui pourraient voir, mais il peut les fermer. Au jugement dernier, cette liberté n’existe plus… Il est contraint de voir objectivement ce qui lui est présenté. Il est contraint de voir le Seigneur. Il s e juge lui-même par ce qu’il voit maintenant : il a été pécheur, et il voit aussi ce qu’il aurait dû être avec la grâce du Seigneur.

132. L’arbre de vie

Ap 22,14. Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de vie et d’entrer, par les portes, dans la cité.

Avoir droit à l’arbre de vie : le Seigneur nous sera reconnaissant si nous nous laissons racheter par lui; il compte sur nous pour que son oeuvre parfaite (la croix) devienne parfaite (c’est-à-dire si nous laissons la rédemption réussir en nous).

133. Comprendre et ne pas comprendre

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ… Il la fit connaître en envoyant son ange à Jean son serviteur.

Bien des choses dans la vision peuvent ne pas être comprises par le voyant. C’est justement pour cela qu’il doit les transmettre telles qu’il les reçoit parce que ce qu’il ne comprend pas peut être important pour l’Eglise : demain peut-être, ou peut-être dans cent ans. Toute vision authentique fait partie d’une mission qu’a le voyant.

134. Foi et vision

Ap 22,8-9. Je me prosternai aux pieds de l’ange pour l’adorer… Mais il me dit : Garde-toi de la faire! Je suis un compagnon de service…

Jean a reçu l’Apocalypse pour que, retournant sur terre, il adore Dieu. C’est à cela que doit servir sa vision du ciel : adorer Dieu comme il s’est révélé à lui. Il ne doit pas se reposer sur ses lauriers après avoir fini son livre. Il doit adorer, comme compagnon de l’ange. Il ne doit pas considérer sa mission comme terminée. Quand une mission est terminée, l’envoyé doit retourner à Dieu et non pas se reposer sur sa mission. Dans l’adoration, il a à remercier pour la mission qu’il a reçue et à se présenter comme signe de sa disponibilité à tout ce que Dieu peut avoir le projet de faire avec lui. Si sa vision est finie (même la plus grande, comme ici le ciel tout entier), le voyant ne doit pas se lasser de contempler Dieu comme un croyant peut le faire dans la foi. La vision particulière qui lui fut donnée ne le dispense pas de la vision commune telle qu’elle est accessible à tout croyant. Il sera prêt à renoncer au droit qui lui fut imparti pour disparaître dans la foule des simples croyants. Et tout cela vaut aussi pour le priant ordinaire : ne pas aspirer dans la prière à un état de vision, à la présence sentie de Dieu, ni si quelque chose de ce genre lui est donné abandonner la prière habituelle. Il ne doit pas s’entraîner à la vision mais utiliser les consolations qu’il a reçues pour vivifier sa prière habituelle. La prière a la même valeur dans la vision que dans la sécheresse.

135. Enfer

Ap 2,23. Toutes les églises sauront que je suis celui qui scrute les reins et les coeurs, et à chacun de vous je rendrai selon ses œuvres.

L’Eglise saura souvent avec certitude que certains hommes sont au ciel. Jamais elle ne connaîtra avec certitude la damnation de quelqu’un.

136. La grâce

Ap 22,17. Que celui qui le veut reçoive de l’eau vive, gratuitement.

Qui a reçu une grâce doit en vivre, ne pas toujours en demander, mais laisser le Seigneur agir comme il l’entend.

137. Transmettre

Ap 1,19. Écris donc ce que tu as vu.

Toute vision est donnée pour être transmise.

138. Prier avec tous

Ap 21,17. Il mesura les remparts, ils comptaient cent quarante-quatre coudées.

Finalement toute prière renferme en elle-même toute l’Eglise et elle a un effet dans toute l’Eglise. Il est impossible (et ce n’est pas permis) de sortir de la communauté (de l’Eglise) quand on prie; personne n’a la possibilité ni le droit de ne prier que pour soi. Chacun doit savoir qu’en priant il est porté par la prière de tous les autres. Que ce soit une prière officielle de l’Eglise ou une prière personnelle qu’il exprime, qu’il prie par devoir ou par pur plaisir, avec ou sans sentiment : tout est recueilli et déjà porté au préalable au Seigneur par la prière de tous les croyants. Quand quelqu’un prie avec l’Eglise, c’est comme une rencontre dans le Seigneur de sa prière et de la prière de l’Eglise. S’il prie hors de l’Eglise, l’Eglise prie pour lui, mais lui ne prie pas pour l’Eglise. Il manque à sa prière une force essentielle…

139. Les clefs de la mort

Ap 1,18. Je tiens les clefs de la mort et des enfers.

Il possède les clefs du mystère de la mort… Possédant les clefs, il devient lui-même la clef qui ouvre le pécheur à Dieu et apporte Dieu au pécheur parce qu’il a donné à la mort un nouveau sens… Il meurt, il traverse les enfers, il en possède les clefs; la mort n’est plus sans issue alors qu’elle était enfermée dans les enfers. Non seulement le Seigneur est devenu une clef pour les mourants; il l’est devenu aussi pour ceux qui se trouvaient dans les enfers : il a porté sa miséricorde aussi dans ce cachot de la justice du Père.

140. Les mondes de l’au-delà

Apocalypse.

Pourquoi l’Apocalypse après l’évangile de Jean? Tout n’est pas dit dans l’évangile. L’Apocalypse est là pour faire deviner les mondes dans lesquels le Seigneur Jésus est entré au-delà de la mort.

141. L’éternel et le terrestre

Ap 22,10…. Le temps est proche.

Le temps proche dont parle l’Apocalypse, c’est le temps éternel. L’Apocalypse n’est pas insérée dans notre temps terrestre mais dans la vie éternelle, et elle nous force à aligner notre temps sur le temps éternel. Les perspectives de l’Apocalypse sont à l’inverse de celles de l’Evangile. L’Evangile parle du temps pour décrire l’éternité. L’Apocalypse décrit l’éternité pour nous parler du temps, pour attirer le temps dans l’éternité. L’éternité et ses perspectives sont décrites ouvertement; on nous parle dans une langue céleste et nous devons la comprendre et voir la terre comme on la voit du ciel. Dans l’Evangile, le ciel est sur terre et nous apprend à rapporter au ciel tout ce qui est terrestre. Dans l’Apocalypse, le terrestre est terminé; punition et récompense sont là et déjà derrière nous et, de là, nous devons tirer des conséquences pour notre vie terrestre.

142. L’intelligence

Ap 7,10. Ils proclamaient à haute voix : Le salut est à notre Dieu qui siège sur le trône et à l’agneau.

Dans l’Eglise aussi l’Esprit ne cesse de donner l’intelligence.

143. Suivre le Seigneur

Ap 3,5. Ainsi le vainqueur portera-t-il des vêtements blancs; je n’effacerai pas son nom du livre de vie et j’en répondrai devant mon père et devant ses anges.

Etre avec le Seigneur partout où il va. Vie dans l’attente du Seigneur sans mission spéciale.

144. L’agneau

Ap 5,7. Il s’avança pour recevoir le livre de la main droite de celui qui siège sur le trône.

Trinité : amour entre le Père et le Fils. Le Fils s’est laissé faire comme agneau immolé. Le Père laisse le Fils lui prendre des mains le livre aux sept sceaux.

145. L’Esprit

Ap 1,20. Quant au mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite et aux sept chandeliers d’or, voici : les sept étoiles sont les anges des sept églises et les sept chandeliers sont les sept églises.

Nous sommes habités par l’Esprit. Et quand l’Esprit nous parle, il parle à l’Esprit qui nous habite.

146. La nuit

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

La nuit. Dieu qui donne l’amour peut aussi le retirer et le garder un temps auprès de lui pour des raisons d’amour. Le Seigneur est passé dans cette nuit le samedi saint et chaque serviteur… devra le suivre sur ce chemin à sa manière. Telle est la voie chrétienne que celui qui a vraiment connu l’amour doive renoncer à l’expérience de l’amour. La solution de ce destin ne peut être que chrétienne.

147. Viens

Ap 22,17. Que celui qui entend dise : Viens!

La seule réponse valable à la voix du Seigneur qu’on a entendue : Viens! Cela inclut notre disponibilité à recevoir sa venue totalement. Si on l’invite comme un hôte, on ne met pas de conditions, alors que lui peut mettre toutes sortes de conditions. Et il en pose une, il faut dire : Viens! Rejoindre l’appel de l’Esprit et de l’Épouse. L’obéissance est incluse dans ce « Viens », jusqu’au dernier ‘Viens ». Et viens toujours plus loin, et prends possession de tout ce que tu veux en moi et au-delà de moi par moi. Mais si l’homme devient désobéissant, le Seigneur cesse de venir… Ce « Viens » doit être éternel. La venue du Seigneur dure depuis la création lors de laquelle il était le témoin du Père. Sa venue s’étend sur des milliers d’années. Toute l’éternité, il sera celui qui vient. Le croyant sait qu’il doit vivre toujours dans la perspective de la venue du Seigneur, dans l’événement de cette venue. Il renonce à sa sphère propre, à disposer de soi, afin de tenir tout prêt pour la venue du Seigneur.

148. Il est mort pour chacun

Ap 1,18. Je tiens les clefs de la mort.

Depuis la mort du Christ en croix, il n’y a plus aucune possibilité qu’une mort humaine n’ait été en quelque sorte marquée à l’avance par la mort sur la croix. On ne peut plus contempler une mort individuelle sans voir derrière elle la mort du Seigneur. Il est mort sur la croix pour chacun et en chacun, et il participe par avance à chaque mort. Il possède les clefs du mystère de la mort…

149. L’extase

Ap 17,3. Alors il me transporta en esprit au désert…

Des quatre états de la vie avec Dieu. 1. La vie dans la réalité terrestre concrète. 2. La vie dans l’obéissance de la méditation: l’homme y est ouvert à tout ce que la méditation lui apportera. Il y est présent avec ses puissances humaines d’intelligence, de volonté, de sentiments,de sens. 3. Dans la méditation, il peut être transporté en extase. Il n’est plus conscient de ses forces naturelles. Il est totalement fonction de ce qui lui est présenté : il se réjouit ou il souffre s’il doit se réjouir ou souffrir. 4. Dans l’extase, une nouvelle extase qui lui rend une nouvelle conscience de lui-même. Le monde dans lequel le voyant est transporté est si vivant, il a avec lui une relation si réelle que c’est comme s’il avait retrouvé la vision de la vie concrète.

150. Ne rien choisir

Ap 1,15… Sa voix était comme la voix des océans.

Obéissance, disponibilité, ouverture au Seigneur. Ne rien choisir. Choisir l’obéissance et rien d’autre. Se tenir sans cesse à la disposition de la volonté du Seigneur qu’on ne connaît pas encore.

151. Le souper

Ap 3,20. Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix, j’entrerai chez lui et je mangerai avec lui, moi près de lui et lui près de moi.

Le Seigneur est toujours proche : il trouve toujours la porte où frapper… J’entrerai chez lui… Le lieu même devient comme le lieu du Seigneur, le lieu lui-même est changé… Dans la communion, le Père prépare les hommes pour son Fils; dans la confession, le Fils prépare les hommes pour le Père.

152. Les grands saints et les petits saints

Ap 22,4. Ils verront son visage et son nom sera sur leurs fronts.

Au ciel, tous auront sur leur front le nom de Dieu inscrit. Cependant il n’y aura pas uniformité. Il y a des grands saints et des petits saints. Mais il n’y a pas d’envie dans le ciel parce que tout le monde est si comblé que l’envie ne peut pas se faire jour. Dans l’Eglise, il y a un principe hiérarchique : une consécration des ministres. Au ciel aussi il y a une hiérarchie, mais pas suivant le même système; ce sera d’après la sainteté bien que, dans l’Eglise, les deux systèmes ne soient pas sans parenté : qui a reçu une consécration plus haute a aussi des obligations plus hautes à la sainteté.

153. Les saints oubliés

Ap 3,12. Le vainqueur, j’en ferai une colonne dans le temple de mon Dieu…

Même des saints éloignés et à moitié oubliés, on peut toujours y revenir, entreprendre une campagne pour l’un ou l’autre sous la pression des circonstances. En soi, il n’a rien perdu de son actualité.

154. Immunisé

Ap 20,10. Et le diable, leur séducteur, fut précipité dans l’étang de feu et de soufre…

Tout saint en qui l’amour est parfait est immunisé contre le péché, même s’il le serre encore de près… C’est pourquoi c’est Jean qui devait voir le mystère du mal parce qu’il n’y avait plus en lui d’attirance pour le péché.

155. Marie

Ap 21,13. A l’orient trois portes, au nord trois portes, au midi trois portes et à l’occident trois portes.

A l’instant de l’Annonciation, Marie ne reçoit pas seulement le Fils, elle reçoit toute la Trinité… Marie, portant l’enfant dans son sein, porte déjà la croix.

156. Communion

Ap 14,4-5. Ils ne se sont pas souillés avec des femmes…

Dans la communion des saints on ne peut plus distinguer entre son péché et celui des autres.

157.L’amour

Ap 16,15. Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille et garde ses vêtements pour ne pas aller nu et laisser voir sa honte.

Entre deux êtres qui s’aiment, il y a de la communion et de l’incompréhensible; beaucoup demeure mystérieux et caché. S’ils se comprennent l’un l’autre, il y a entre eux comme une adaptation réciproque sur un arrière-fond d’incompris. La plus grande partie de leur âme demeure justement tournée vers Dieu dans l’amour, et la relation d’une âme à Dieu n’est pas totalement accessible à autrui.

158. Le devoir de la louange

Ap 19,5. Alors sortit du trône une voix qui disait : Louez notre Dieu, vous tous ses serviteurs, vous qui le craignez, petits et grands.

La crainte, c’est qui vient de l’homme devant Dieu. La louange, c’est ce que le Fils exige pour le Père. La voix qui sort du trône et qui dit : « Louez notre Dieu », c’est celle du Fils. La crainte est comme le commencment de la foi; la louange est le début de ce qui vient de Dieu. La foi est la source de la crainte et de la louange. Mais de leur côté, la louange et la crainte sont les sources de la foi; crainte = soumission; la louange est exigée de nous comme obéissance. Mais les deux doivent avoir un contenu; elles ne doivent pas être vides. Et ce contenu justement, c’est la foi. L’obéissance forme le pont qui les unit. Les petits et les grands doivent louer. Chacun a sa mission. Que l’oeuvre humaine soit petite ou grande, si elle est réponse à l’exigence de Dieu, la louange de Dieu est répandue comme Dieu l’attend.

159. Celui qui fut mort

Ap 2,8. Ainsi parle le Premier et le Dernier, celui qui fut mort mais qui est revenu à la vie.

Par sa résurrection il est entré dans la vie éternelle de Dieu.

160. Les saints au travail

Ap 4,4. Autour du trône, vingt-quatre trônes et, sur ces trônes, vingt-quatre vieillards vêtus de blanc et, sur leur tête, des couronnes d’or.

Parmi les vingt-quatre vieillards, les douze apôtres. Jean se voit parmi eux au ciel, en Esprit, sans savoir que c’est lui. Les saints, ici sur terre, oeuvrent déjà au ciel, comme du ciel ils oeuvrent sur la terre.

161. La foi

Ap 19,18. Pour manger la chair des rois, la chair des chefs, la chair des puissants, la chair des chevaux et de ceux qui les montent, la chair de tous les hommes, libres et esclaves, petits et grands.

Personne ne peut dire que les circonstances extérieures ne lui auraient pas permis de croire. La foi est accessible à tous par la grâce du Seigneur.

162. Le rayonnement

Ap 1,16. Dans sa main droite il tenait sept étoiles, et de sa bouche sortait un glaive acéré, à deux tranchants. Son visage resplendissait, tel le soleil dans tout son éclat.

Les saints rayonnent la grâce du Seigneur pour que les hommes en soient touchés.

163. L’appel

Ap 20,6. Heureux et saints ceux qui ont part à la premioère résurrection. Sur eux la seconde mort n’a pas d’emprise.

La première mort, c’est l’appel à se renoncer soi-même. La vie chrétienne est vie dans le Seigneur, et la vie terrestre est une voie vers cette vie. L’appel retentit plus d’une fois dans la vie, mais si l’on ne répond pas la première fois, l’appel se fait toujours plus faible. A un moment ou à un autre de la jeunesse, la voix du Seigneur se fait entendre très clairement, mais la plupart la recouvrent, ne l’entendent pas à cause du bruit de leurs soucis et de leurs affaires… Celui qui a accepté de mourir de la première mort n’a rien à craindre de a seconde.

164. Le martinet

Ap 22,11. Que l’injuste commette encore l’injustice et que l’impur vive encore dans l’impureté, mais que le juste pratique encore la justice et que le saint se sanctifie encore.

Que le juste continue à être juste, que le pécheur continue à pécher. Parole impossible dans l’évangile, mais dite ici du point de vue de l’éternel qui est celui de l’Apocalypse. Un peu comme une menace quand on dit à un enfant méchant : « Continue un peu! » Et on va chercher le martinet. Cela peut faire réfléchir davantage l’enfant que de lui dire : « Arrête! Convertis-toi! »

165. Le Vivant

Ap 1,18. Je fus mort, et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles…

Il est le Vivant maintenant qu’il apparaît à Jean et le touche, comme il est vivant dans l’eucharistie et comme il était vivant quand il séjournait comme homme parmi les hommes. Il a toujours la même vie qui est témoignée et démontrée par son amour. Car ce qui cause sa vie dans le Père, parmi les hommes et dans l’hostie, c’est l’amour. L’amour du Père l’a engendré, c’est par amour pour le Père qu’il est devenu homme et c’est par amour pour les hommes qu’il se donne dans l’eucharistie. Quelle que soit la forme sous laquelle nous le rencontrons, c’est toujours la forme de l’amour vivant qui non seulement provient de l’amour mais qui produit l’amour. Les rencontres avec le Seigneur terrestre n’étaient toujours que des rencontres d’amour; lui-même aimait et il éveillait l’amour. C’est par amour qu’il se donne dans l’eucharistie pour former sans cesse l’amour dans les chrétiens. Et c’est par amour qu’il apparaît maintenant à Jean afin de faire brûler par lui l’amour dans l’Eglise. L’amour est totalement opposé à la mort. L’amour est vie. Cest pourquoi le Seigneur s’appelle le Vivant.

166. L’eucharistie

Ap 22,21. La grâce du Seigneur Jésus soit avec tous!

L’eucharistie est le lien entre l’être divin du Seigneur et son être d’homme sur la terre; et ce lien unit tout croyant à Dieu et lui apprend à répandre sur terre ce qu’il a reçu de Dieu.

167. La vie éternelle

Ap 20,13. Et chacun fut jugé selon ses oeuvres.

Une vie temporelle qui est vécue dans la foi et l’amour devient comme une fonction de la vie éternelle déjà dans le temps en se laissant envahir toujours plus par la vie éternelle. Mais il peut se faire aussi qu’une vie temporelle, après avoir été pendant un certain temps à la rencontre de la vie éternelle, se replie sur elle-même et évite le contact avec la vie éternelle. Même ceux qui ont refusé la vie éternelle ici-bas et s’en sont détournés devront, dans le jugement, prendre contact avec elle parce que le jugement se passe dans la vie éternelle et de la sorte tous entrent en contact avec la vie éternelle au moins dans le jugement.

168. Le temps

Ap 20,2. Il s’empara du dragon, l’antique serpent, qui est le diable et Satan, et l’enchaîna pour mille ans.

Le temps vu de l’éternité. Jean explique l’éternité comme une mère ferait avec son enfant pour lui expliquer quand ce sera Noël. « Demain et puis encore demain, et beaucoup de demain, et puis tout à coup c’est Noël ».

169. Le mal

Ap 20,10. Et le diable, leur séducteur, fut précipité dans l’étang de feu et de soufre, auprès de la bête et du faux prophète. Et ils souffriront des tourments jour et nuit aux siècles des siècles.

Les trois manifestations du mal sont l’image inversée de la Trinité. Satan, père du mal et séducteur d’Adam < > Père, créateur et père d’Adam. La bête de la sensualité < > Le Fils incarné et sa virginité. Le faux prophète < > L’Esprit Saint et le vrai témoignage en lui.

170. La liberté

Ap 9,2. Elle ouvrit le puits de l’abîme, et il en monta une fumée, comme celle d’une grande fournaise. Le soleil en fut obscurci, ainsi que l’air.

Si Dieu crée la liberté, il lui donne aussi le pouvoir de faire le mal.

171. Le purgatoire

Ap 2,11. Le vainqueur ne souffrira nullement de la seconde mort.

L’essence du purgatoire : la reconnaissance infiniment pénible de tout ce qu’il y a eu comme refus dans la vie terrestre. Il s’agira de comprendre que souvent Dieu était proche de moi et il aurait suffi d’un pas, mais je me suis retiré obstinément. Au moment décisif, je me suis toujours échappé. Et parce que je voulais toujours être le plus fort, je n’ai jamais remporté la victoire. Toute avance du Seigneur, je l’ai considérée comme une situation à maîtriser. Peut-être l’ai-je trouvée intéressante, mais ce qui était intéressant, c’était moi-même et ma prise de position, et non le Seigneur et sa grâce… A toute question, je savais d’avance la réponse. Dans le compte, j’étais moi-même la valeur absolue, connnue de moi, tandis que Dieu, dans le meilleur des cas, était la valeur relative… Le puragtoire, c’est de comprendre les possibilités de vie qui ont été perdues… Le purgatoire est comme une confession approfondie dans laquelle le Seigneur serait le confesseur qui mettrait au jour les péchés oubliés, les uns après les autres, et toujour splus profondément.

172. Les saints tombés

Ap 14,4-5. Ils ne se sont pas souillés avec des femmes, car ils sont vierges. Ils suivent l’agneau partout où il va…

Orgueil, retour sur soi, égoïsme qui écartent de Dieu ceux qui vivaient dans sa proximité, le regard fixé sur lui. Il y a des saints qui sont tombés.

173. L’attente de Dieu

Ap 21,2.Et la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, je la vis qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête comme une épouse qui s’estparée pour son époux.

La sainteté de la ville sainte qui descend du ciel d’auprès de Dieu : il l’a remplie d’attente de Dieu. C’est une attente de Dieu donnée par Dieu. La sainteté vient toujours de Dieu et retourne à lui. Elle est la voie tracée à l’avance par le Fils, du Père au Père. Et elle est donnée par le Fils qui par là donne à ses élus ce qui lui est le plus propre, ce qui a marqué sa vie terrestre. Toute la vie du Fils a été une preuve incessamment renouvelée de son amour pour le Père, une certaine manière de se parer pour le Père (comme l’Eglise céleste parée pour son Epoux); de même la sainteté consiste à se parer éternellement pour Dieu trine et un, le saint le fait quasi sans le savoir en se laissant faire par Dieu lui-même. Et son humilité, c’est de ne pas opposer de résistance à l’oeuvre de Dieu en lui, de le laisser faire, de considérer l’oeuvre du Seigneur en lui… Se laisser faire par le Seigneur, lui permettre de donner ce qui lui semble bon.

174. Le oui

Ap 2,14. Mais j’ai quelque reproche à te faire…

Le but doit toujours être un oui total à Dieu.

175. Trinité

Ap 21,23. La cité n’a besoin ni du soleil nie de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine…

Trinité : le Père et le Fils sont l’un dans l’autre, et cette « insertion » (Ineinander) l’un dans l’autre, c’est l’Esprit, qui rend impossible toute « sortie », tout terme.

176. La mission

Ap 19,1. Ensuite j’entendis comme la grande rumeur d’une foule immense qui, dans le ciel, disait : Alleluia!…

Le mystique transmet ce qu’il reçoit (comme Jean dans l’Apocalypse) sans le scruter, sans le dominer, sans vouloir l’ordonner, le juger. Ce qu’il reçoit et transmet le dépasse, c’est simplement sa tâche, sa mission, bien que cela ne signifie aucunement une diminution de sa grâce personnelle.

177. Chacun a son rôle

Ap 22,6. Puis il me dit : Ces paroles sont certaines et véridiques; le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt.

Au ciel, chacun a son rôle. Le Seigneur est comme un régisseur qui attribue à chacun son rôle. personne ne peut manquer. Mais avant de pouvoir entrer dans le jeu céleste, chacun est encore examiné par le Seigneur pour voir s’il est capable. Et parce que tous sont devenus enfants de Dieu, ils prennent tous leur rôle avec le même élan de la jeunesse, portés par un enthousiasme commun, et chacun joue son rôle avec le même don de lui-même, que ce soit dans un premier rôle ou dans celui du dernier des figurants.

178. La vérité de Dieu

Ap 17,8. La bête que tu as vue était, mais elle n’est plus. Elle va monter de l’abîme et s’en aller à la perdition. Et les habitants de la terre dont le nom n’est pas écrit, depuis la fondation du monde, dans le livre de vie, s’étonneront en voyant la bête, car elle était, n’est plus, mais reviendra.

Le retentissement dissemblable de la même communication de Dieu… Le monde extraordinaire et mystérieux de l’Apocalypse que Jean a mission de transmettre semble s’opposer aux belles lignes de son évangile. Et cependant l’Apocalypse n’est rien d’autre qu’un nouvelle vivification de l’amour johaniique, provenant de l’obscurité de la vie de Dieu. Cette vie toujours nouvelle se trouve en opposition à toute explication simpliste de la vérité de Dieu.

179. L’Esprit

Ap 7,10. Ils proclamaient à haute voix : Le salut est à notre Dieu qui siège sur le trône et à l’agneau.

L’Esprit : c’est lui qui fait adorer le Père et le Fils.

180. Obéissance au ciel

Ap 21,9. … Viens, je te montrerai la fiancée, l’épouse de l’agneau.

Obéissance au ciel : plus rapide que sur terre, incessante; l’accomplissement d’un ordre donne davantage de force encore pour accomplir l’ordre suivant.

181. L’éternité

Ap 16,12. Le sixième répandit sa coupe sur le grand fleuve Euphrate : l’eau en fut asséchée pour préparer la voie aux rois qui viennent de l’orient.

Dans son éternité, Dieu dispose de l’avenir comme du présent. Présent et avenir sont pour lui la même chose parce que les deux se trouvent dans son dessein. Il n’y a pas pour lui d’avenir qui ne soit présent parce que l’instant du temps ne dépend que de ce que Dieu en décide et qui est en son pouvoir.

182. Le mal

Ap 21,12. Elle avait d’épais et hauts remparts. Elle avait douze portes, et aux portes, douze anges et des noms inscrits : les noms des douze tribus des fils d’Israël.

Le sens des hauts murs de la Jérusalem céleste : Le mal devant la sainteté doit se transformer ou disparaître.

183. L’enfer

Ap 14,16. Alors celui qui siégeait sur la nuée jeta sa faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée.

C’est la moisson des méchants. Les bons sont déjà dans la main de Dieu. Le Seigneur prépare l’enfer pour les méchants.

184. La prière

Ap 8,4. Et, de la main de l’ange, la fumée des parfums monta devant Dieu avec les prières des saints.

La prière est transmise à Dieu par l’ange… La prière de chacun est fondue dans la prière de tous.

185. Le non croyant et le mystique

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

Il y a une vérité de Dieu en toute existence humaine, que l’on soit chrétien ou non, et cette vérité est plus grande, plus développée, si l’homme y a part dans la foi que s’il ne la connaît pas. Mais il y a quelques caracctéristiques objectives de la vérité de Dieu également dans le non croyant. Lui aussi est créé par Dieu, l’heure de sa mort aussi n’est connue que de Dieu, etc. Il y a en tout homme (même non croyant) une sphère d’intimité entre Dieu et l’âme. On peut observer sa prière de l’extérieur, mais de l’extérieur on ne peut en connaître la nature.- Les visions des mystiques appartiennent à la sphère de la vérité de Dieu; Dieu les accorde pour maintenir vivante la foi chrétienne dans le monde… L’authenticité de la vision des mystiques doit pouvoir se vérifier par la conformité à l’évangile de la vie de celui qui a des visions.

186. Les sept flambeaux

Ap 4,5. Sept flambeaux brûlaient devant le trône… de Dieu.

Les sept flambeaux : l’Esprit Saint.

187. Les missions

Ap 21,15. Celui qui me parlait tenait une mesure…

Les missions dans l’Eglise se complètent les unes les autres sans qu’on en voie tous les aboutissants… Ne pas vouloir en savoir plus que ce qu’on en sait aujourd’hui. Cela ne pourrait que nuire à l’obéissance et à la mission exigée.

188. Bientôt

Ap 22,6…. Ce qui doit arriver bientôt.

Le « bientôt » de l’Apocalypse : parce que les choses du ciel sont toujours en train de venir, parce que Dieu nous offre sans cesse et fait couler sans cesse dans notre quotidien sa vie éternelle.

189. Transparence

Ap 22,1… Un fleuve d’eau vive, brillant comme du cristal…

Transparence de l’humilité dans la cité éternelle.

190. La soif

Ap 21,7. Le vainqueur recevra cet héritage, et je serai son Dieu et lui sera mon fils.

La soif de Dieu au ciel: l’espérance apparaît ici pour ainsi dire comme la soif dans l’amour.

191. La venue du Seigneur

Ap 3,3. Souviens-toi donc de ce que tu as vu et entendu. Garde-le et repens-toi! Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur sans que tu saches à quelle heure je viendrai te surprendre.

La venue du Seigneur : la communauté s’en réjouit si elle veille; si elle ne veille pas, le Seigneur viendra comme un voleur, c’est-à-dire qu’il paraîtra comme un intrus et un importun.

192. Les enfants et les simples

Ap 17,1. Et l’un des sept anges qui tenaient les sept coupes s’avança et me parla en ces termes : Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée qui réside au bord des océans.

L’ange accomplit sa mission sans retour sur lui-même. Il aurait peut-être préféré ne pas montrer à Jean ce qu’il doit montrer. Il n’est pas question non plus des réactions de Jean quand l’ange vient à lui. Dans le don total d’eux-mêmes à la volonté de Dieu, les saints ressemblent souvent aux enfants, et même aux simples qui ne sont pas capables de critiquer.

193. La vie et la mort

Ap 20,13. La mer rendit ses morts, la mort et l’Hadès rendirent leurs morts…

La mort du Seigneur. Rien que du fait qu’il est mort pout tous, le Seigneur a changé quelque chose dans la vie de chacun.

194. La virginité

Ap 17,1. Viens, je te montrerai le jugement de la grande prostituée…

La virginité : pas l’attitude d’innocence des enfants. L’adulte qui se donne au Seigneur doit connaître le fruit de l’impureté (l’ange montre à Jean ce qui va arriver à la grande prostituée) pour pouvoir en protéger les frères. La pureté consacrée à Dieu comprend l’impureté à la lumière de la pureté divine.

195. Le ciel

Ap 21,1. Alors je vis un ciel nouveau…

Après le purgatoire, la grâce est tellement une avec le moi qu’ils ne peuvent plus être considérés comme deux principes séparables dont résulte une coopération. C’est comme si le moi était totalement submergé par la grâce de Dieu… Le ciel n’est pas une chose bizarre comme il peut le paraître vu de la terre, quand par exemple on réfléchit qu’on verra Dieu. (La vie en Dieu paraît souvent ici-bas comme un excès d’exigence; pour Jean aussi par exemple dans ses rapports avec le Seigneur sur terre). Au ciel, on ne ressent plus la vie du ciel comme une exigence trop grande. Dieu élève une fois pour toutes ses créatures dans le monde de sa plénitude… Dieu demeure dans l’éternité celui qui est toujours plus grand, mais les créatures se trouvent dans une sorte d’équilibre à cet égard. (Chaque seconde de l’éternité est un étonnement toujours frais et nouveau devant Dieu toujours plus grand). Il n’y a aucune accoutumance au ciel…

196.Vision

Ap 18,20. Réjouis-toi de sa ruine, ciel…

La vision est une participation à l’au-delà.

197.Glorifier le Fils

Ap 21,9. Viens, je te montrerai la fiancée, l’épouse de l’Agneau.

Dans l’Apocalypse, le Seigneur ne révèle directement que ce qui glorifie le Père. Comme l’épouse de l’Agneau glorifie l’Agneau, c’est un ange qui est chargé de la montrer à Jean. De même dans l’Eglise ici-bas, les saints renvoient tous davantage au Fils qu’au Père; ils sont là pour glorifier le Fils qui, lui, glorifie le Père.

198. Pureté

Ap 1,5-6. A celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang… gloire et pouvoir pour les siècles des siècles. Amen.

La pureté est une propriété divine, chrétienne et finalement humaine : elle est toujours chez le Seigneur un témoignage et une fonction de son amour, toujours quelque chose qui élargit l’amour. La pureté, ce n’est pas l’angoisse devant ce qui serait impur, ce n’est pas un retrait, ce n’est pas se cacher, mais la libre préférence du bien pour que rien d’impur ne trouble et n’affaiblisse l’amour. Amour et pureté se renforcent l’un l’autre.

199. La sainteté

Ap 21,11. La cité sainte brillait de la gloire même de Dieu…

La sainteté de chaque saint est unique et rayonne de manière unique, même au ciel.

200. Les portes

Ap 19,11. Alors je vis le ciel ouvert…

Au commencement, ciel et terre étaient une unité; quand parut le péché, se produisit la séparation. Et cependant aujourd’hui encore il y a continuité de l’un à l’autre. Et Jean doit faire l’expérience, sur mission de Dieu pour l’Eglise, qu’il y a des portes entre ciel et terre, et que c’est le Seigneur qui les ouvre.

201. Les saints en progrès

Ap 6,11. Alors il leur fut donné à chacun une robe blanche, et il leur fut dit de patienter encore un peu, jusqu’à ce que fût au complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères, qui doivent être mis à mort comme eux. – Au ciel, au moins avant le jugement dernier, les saints connaissent encore une sorte de progrès. Bien qu’ils voient Dieu, ils ne sont pas encore dans la vision parfaite, dans la pleine connaissance.

202. La lumière de Dieu

Ap 21,27. Il n’y entrera nulle souillure, et personne qui pratique abomination et mensonge, mais ceux-là seuls qui sont inscrits dans le livre de vie de l’agneau.

Pour trouver l’une des douze portes d’entrée de la cité céleste, il faut que la lumière de Dieu soit dans les yeux de ceux qui entrent : c’est elle qui leur permet de voir les portes. La lumière de Dieu doit déjà être à l’intérieur de celui qui doit voir sa lumière, de même que la grâce doit déjà être présente en celui qui la reçoit comme la grâce totale.

203. L’Esprit Saint

Ap 1,20. Quant au mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma droite…

L’Esprit Saint est aujourd’hui le trait d’union entre le Seigneur et les hommes. Plus le Fils et l’Esprit se dévoilent, plus ils voilent le Père par amour.

204. Indifférence

Ap 1,1. Révélation de Jésus Christ…

Indifférence chrétienne : s’offrir à tout ce que Dieu veut. C’est la disposition de Jean, le voyant de l’Apocalypse. Indifférence du Fils : il offre tout au Père.

205. Les brûlants

Ap 14,3. Ils chantaient un cantique nouveau, devant le trône, devant les quatre animaux et les anciens. Et nul ne pouvait apprendre ce cantique sinon les cent quarante quatre mille, les rachetés de la terre.

Les brûlants : ceux qui ont été touchés par la vie éternelle, ceux qui ont donné leur vie à la vie éternelle. La communauté des brûlants est visible ou invisible.

206. Responsabilité

Ap 22,9… ceux qui gardent les paroles de ce livre.

Apocalypse : tous les croyants ont une responsabilité vis-à-vis de ce livre.

207. Mourir dans le Seigneur

Ap 14,13. Heureux dès à présent ceux qui sont morts dans le Seigneur.

Marie : du oui de sa mort dans le Seigneur au oui à sa mission, au oui à la naissance de son Fils. Solitude et souffrance à un certain moment. Même si elle a reçu sa mission dans la certitude… Heureux ceux qui meurent dans le Seigneur : Les mourants meurent dans le Seigneur et Marie se tient auprès d’eux.

208. Difficultés

Ap 2,29. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux églises.

La plupart de ceux qui veulent se donner entièrement au Seigneur, prêtres ou laïcs, trouvent souvent que les difficultés sont trop grandes. Egalement les difficultés dans leurs propres rangs. Il faut leur montrer cette lettre.

209. La sainteté

Ap 21,25. Ses portes ne se fermeront pas au long des jours car, en ce lieu, il n’y aura plus de nuit.

Les portes de la cité céleste sont toujours ouvertes. Personne ne peut les manquer si ce n’est par sa faute. Au début de la voie de la sainteté, rien d’autre n’est requis que la disponibilité et l’humilité. Dieu prend soin de la conduite du croyant pour le conduire jusqu’à la porte. Et si le croyant se donne avec confiance, il est conduit. Si à certaines époques, il y a moins de saints, la raison n’en est pas que Dieu en a prévu moins, mais parce que davantage de personnes n’ont pas accepté leur mission et ne se sont pas laissé conduire. Se laisser envoyer dans la mission de la sainteté veut dire se livrer à la voie de Dieu avec confiance même là où manque toute vue d’ensemble.

210. Obéissance au ciel

Ap 21,10. L’ange me transporta en esprit sur une grande et haute montagne…

L’obéissance à l’ange dans le ciel cela semble éloigner de Dieu, mais en fait pas du tout. Jean sait que l’obéissance à l’ange n’est pas différente de son obéissance à Dieu. Son don de lui-même, c’est Dieu lui-même qui l’accomplit en lui. Il est parfaitement dans le toujours plus de Dieu.

211. L’humilité

Ap 21,18. La cité était d’un or pur…

L’humilité est le fondement de toute sainteté… Et l’humilité est le fondement de l’amour, son présupposé, son commencement et en même temps sa fin parce que, dans l’amour, rien ne peut dépasser l’humilité…

(Cf. Ap 21,21. La place de la cité était d’or pur. L’humilité est le centre de la sainteté comme la place est le centre de la ville).

212. Le bonheur

Ap 22,7. Heureux celui qui garde les paroles prophétiques de ce livre.

Jamais le Seigneur ne donne part au ciel sans la croix, mais jamais non plus il ne donne part à sa souffrance sans la béatitude, dès ici-bas.

213. Acquiescer à tout

Ap 14,3. Et nul ne pouvait apprendre ce cantique sinon les cent quarante quatre mille, les rachetés de la terre.

La mission chrétienne est issue des mystères de Dieu. Jean a acquiescé à tout, à toutes les profondeurs inconnues du Seigneur, aux dimensions du Seigneur qu’il ne connaissait pas encore.

214. Marie

Ap 22,17. L’Esprit et l’épouse dise : Viens!

Marie s’est préparée à la venue du Fils en disant avec l’Esprit : Viens!

215. Le chant

Ap 15,3. Ils chantaient le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’agneau : Grandes et admirables sont tes oeuvres, Seigneur Dieu Tout-Puissant. Justes et véritables sont tes voies, Roi des nations.

Le chant du ciel que Jean doit transmettre ne correspond pas exactement à son amour cordial pour le Seigneur. Et c’est cependant lui qui est choisi pour le transmettre à l’Eglise. Car le Seigneur est le roi des nations.

216. La rédemption

Ap 20,12. Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres…

On ne peut pas dire que l’humanité pouvait être sauvée exclusivement par la Passion du Fils, ni qu’elle fut sauvée exclusivement par elle. Quand le Père a le plan de sauver l’humanité, il veut montrer par là en même temps son amour pour le Fils et pour l’Esprit. Il veut que le fait de sa rédemption soit une preuve de son propre amour, mais il veut aussi que le même fait soit une preuve de l’amour du Fils et de l’Esprit.

217. Transparence

Ap 15,2. Et je vis comme une mer de cristal mêlée de feu. Debout sur la mer de cristal, les vainqueurs de la bête, de son image et du chiffre de son nom, tenaient les harpes de Dieu…

Sur le péché et son pardon dans la communion des saints, aujourd’hui et demain, au jugement de Dieu, dans la transparence totale de tous les pécheurs; et chacun s’accuse du péché qu’il voit dans les autres. Une mer de cristal : la transparence de Dieu et des hommes dans le jugement.

218. Objectivité

Ap 17,15. Puis il me dit : Les eaux que tu as vues, là où réside la prostituée, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues.

Pure objectivité nécessaire dans les rapports entre le confesseur et le mystique : voir ce que Dieu veut, etc. Seul problème : la signification véritable de ce qui est vu. Il ne faut pas que le voyant voie ce que son directeur attend de lui, ou ce qu’il a entendu de sa bouche.

219. Pourquoi les visions?

Ap 21,5. Puis il dit : Écris : Ces paroles sont certaines et véridiques.

Dieu a montré à Jean le ciel ouvert; après cela, le ciel lui sera à nouveau fermé. Alors Jean reçoit l’ordre d’écrire ce qu’il voit afin que plus tard il n’ait pas la tentation de croire que ce qu’il a vu est irréel. Et aussi parce que cette vision du ciel n’est pas destinée qu’à lui; elle est destinée également aux siens, aux croyants qui vivent avec lui sur terre et à ceux qui viendront après lui. Jean reçoit quelque chose dans une situation particulière, mais il a à le transmettre à tous les croyants. Ce que Jean a vu n’est pas sans rapport avec la vie des autres croyants.

220. Humilité

Ap 22,8. Moi, Jean, j’ai entendu et j’ai vu cela. Et, après avoir entendu et vu, je me prosternai, pour l’adorer, aux pieds de l’ange qui me montrait cela.

Humilité du ciel : transparence. Humilité de la terre : elle a toujours besoin de comparer. Jean veut adorer l’ange. Il vit la distance… Mais Jean se trompe. Il veut montrer qu’il a compris (la grandeur) de ce qui lui a été montré. Et en voulant adorer l’ange, il montre qu’il n’a pas compris…

221. L’appel de la grâce

Ap 20,12. Et les morts furent jugés selon leurs oeuvres.

Le jugement : voir toutes nos lacunes, nous voir avec les yeux de Dieu, voir tout le vide qu’il y a en nous, toutes les fois où nous n’avons pas répondu à un appel de la grâce.

222. L’amour toujours

Ap 18,10. Ils se tiendront à distance par crainte de son tourment, et ils diront : Malheur! Malheur! Ô grande cité, Babylone cité puissante, il a suffi d’une heure pour que tu sois jugée!

L’amour doit tous les jours se renouveler et grandir, même s’il n’y a pas de témoignages extérieurs d’amour… Mouvement toujours nouveau, ouvert, spontané, vers le Seigneur.

223. La prière

Ap 8,3. Il portait un encensoir d’or, et il lui fut donné des parfums en grand nombre, pour les offrir avec les prières de tous les saints sur l’autel qui est devant le trône.

Nécessité de la prière de tous. De tous ceux qui ont une mission.

224. L’élan

Ap 21,16. La cité était carrée… La longueur, la largeur et la hauteur en étaient égales.

L’élan vers Dieu de la cité sainte : symbolisée par sa hauteur (égale à sa longueur et à sa largeur). Élan vers Dieu parce qu’elle vient de Dieu, elle est descendue du ciel, mais elle ne s’est pas éloignée de Dieu.

225. L’éternité

Ap 20,14. Alors la mort et l’Hadès furent précipités dans l’étang de feu. L’étang de feu, voilà la seconde mort.

Au début, Adam menait sa vie temporelle totalement entourée de l’éternité. Avant son péché, le passage de la vie temporelle donnée par Dieu à la vie éternelle que Dieu tenait à sa disposition se tenait toujours ouvert. Entre les deux, aucune faille, aucune opposition, aucune relation fausse.

226. La jeune fille

Ap 21,12. Elle avait d’épais et hauts remparts…

L’homme est aussi un mystère pour la jeune fille qui se donne à lui : elle ne voit pas totalement ce qu’elle lui donne ni ce qu’il en fera; elle sait seulement – sans le savoir – que ce qu’il fera est juste.

227. Pauvreté

Ap 3,18. Je te conseille d’acheter chez moi de l’or purifié au feu pour t’enrichir…

Il y a une pauvreté qui rend possible le désir et la foi et qui devient lentement par l’amour une pauvreté riche et comblée.

228. La sainteté

Ap 21,15. Celui qui me parlait tenait une mesure, un roseau d’or, pour mesurer la cité, ses portes et ses remparts.

La sainteté du ciel doit être mesurée par l’ange, et Jean doit en rendre compte. Ici-bas aussi on doit pouvoir mesurer la sainteté.

229. La tristesse

Ap 21,4. Il essuiera toute larme de leurs yeux…

La seule tristesse qui pourrait nous atteindre au ciel, c’est que Dieu ne soit pas assez honoré. Mais à cause de la louange du Fils, laquelle inclut celle de tous les hommes, ce n’est pas possible… Au ciel, on ne peut se plaindre que d’une chose : que quelqu’un se détourne de Dieu. Mais cela ne se produit pas : Dieu prend tout le monde en lui et remplit tout le monde.

230. Humilité

Ap 21,11. Elle brillait de la gloire même de Dieu…

La vraie sainteté : se laisser toucher davantage par le rayonnement de Dieu. Toute autre sainteté serait parodie et tromperie… Tout l’effort ne peut consister qu’à permettre à la lumière de Dieu de mieux rayonner sur nous et par nous. La plus petite chose qui est faite dans la lumière de Dieu rayonne réellement et sans altération sa lumière. C’est pourquoi le point de départ, la racine de toute sainteté, c’est l’humilité : vouloir se laisser aimer par Dieu et vouloir aimer soi-même de cet amour de Dieu. Celui qui voudrait faire rayonner sa propre lumière de saint ne serait pas transparent comme le cristal, il serait au contraire opaque, il étoufferait la vie de Dieu par sa propre vie. La vraie sainteté est pure instrumentalité : laisser pénétrer et rayonner l’unique lumière dans la totale transparence.

231. Le Père

Ap 1,4-5. Jean aux sept églises qui sont en Asie : Grâce et paix vous soient données de la part de Celui qui est, qui était et qui vient…

Il est et il était et il vient : c’est le Père. De lui, on ne peut dire qu’une chose, c’est qu’il est.

232. La beauté de l’amour

Ap 21,10-11. La cité sainte… Elle brillait de la gloire même de Dieu…

La sainteté, c’est l’obéissance à Dieu. C’est ce qui fait la beauté de la ville sainte, la Jérusalem céleste, l’épouse de l’Agneau. Elle est sainte pour magnifier son Époux; sainte avant tout par l’obéissance, par l’obéissance qui sanctifie; par l’obéissance qui dit en elle la parfaite réalisation de la volonté de Dieu, l’acceptation absolue de l’amour.

233. La prière de Jésus

Ap 2,15. Chez toi aussi, il en est qui s’attachent de même à la doctrine des Nicolaïtes.

Toute parole que Jésus disait sur terre faisait partie de sa prière au Père.

234. Les enfers

Ap 1,8. Je suis l’Alpha et l’Omega, dit le Seigneur Dieu…

Les enfers (où passe le Seigneur après la croix), c’est le royaume qui n’a aucun rapport avec le ciel… Dans son état d’abandon et dans celui de la descente aux enfers, le ciel lui paraît comme l’inaccessible. Les enfers, c’est l’état où il était dépouillé de sa toute-puissance.

235. Le voyant

Ap 9,3. Et, de cette fumée, des sauterelles se répandirent sur la terre. Il leur fut donné un pouvoir pareil à celui des scorpions de la terre.

Le voyant voit et expérimente dans l’Esprit… Il expérimente avec des sens qui lui sont donnés par Dieu.

236. La croix

Ap 9,13. Le sixième ange fit sonner sa trompette : j’entendis une voix venant des cornes de l’autel d’or qui se trouve devant Dieu.

L’autel d’or est pour Jean le lieu de la croix tout simplement… Le lieu où le Fils a été offert en sacrifice pour les hommes… Le Père et le Fils ne sont jamais autant un que lorsque le Fils s’offre au Père… L’or est le signe de la pureté… Pour le Fils, se tenir devant Dieu veut toujours dire en même temps être en Dieu.

237. Être dans l’Esprit

Ap 10,8. Et la voix que j’avais entendue venant du ciel, me parla de nouveau et dit : Va, prends le livre ouvert dans la main de l’ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre.

Adrienne explique ce qui se passe pour celui qui est « dans l’Esprit » : liberté malgré cette emprise de l’Esprit et atemporalité, don total de soi et plein abandon (indifférence) à tout ce que Dieu veut.

 

 

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Ici s’arrête ce choix d’extraits

du commentaire d’Adrienne von Speyr

sur l’Apocalypse

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