33/5. Semences

 

33/5

 

Semences

 

Lire saint Jean avec Adrienne von Speyr


 

415. Tout l’amour possible

Le Fils est heureux parce qu’il sait que le Père ne le ménagera pas, ne le traitera pas comme un faible qu’il juge incapable de souffrir. Il le laissera aller jusqu’à l’extrême limite au-delà de laquelle il n’y a plus rien; et le Fils lui rapportera ainsi tout l’amour possible du monde (Jn 16,32).

416. Confiance aimante

Ce qui est vivant dans la foi, ce qui lui confère son mouvement vers Dieu, ce qui la rend entraînante et contagieuse, c’est l’amour. Sans amour, la foi n’est qu’une opinion, une conviction théorique, l’adhésion à une quelconque proposition. Par l’amour, elle devient mouvement vers quelqu’un, don de soi à quelqu’un, confiance en quelqu’un. L’amour est la véritable école de la foi. Pour cette raison, la confiance aimante en un être humain, même l’amour qu’on lui porte, peuvent être un chemin vers la foi en Dieu; à cette école, l’esprit se dilate pour accueillir tout ce que l’aimé pourrait lui donner, même si cela dépasse son propre jugement… Finalement, seul l’Esprit Saint fait éclater la foi humaine vers l’infini de Dieu (Jn 1,22-23).

417. Le choix

Si tu es ouvert à l’appel de Dieu, si tu es ouvert à l’Esprit, tu ne peux pas savoir la réponse que tu entendras; tu ne peux pas savoir dans quel domaine de la mission de Dieu elle viendra à toi, ni dans quel domaine d’accomplissement elle te conduira. Il y a dans le choix de Dieu une espèce d’absence de choix. Je choisis Dieu, mais lui me choisit dans un choix qui n’est pas un choix à mes yeux. Je dis : « Ce que tu veux, Seigneur ». La réponse peut être toute différente de ce que j’attendais. Une chose est sûre : c’est que je ne mets pas à la disposition de l’Esprit de Dieu sans être accepté. Si j’ai choisi de me soumettre au choix de Dieu, c’est lui désormais qui décide (Jn 3,8).

418. Balbutiement

La prière est une participation au fleuve d’amour qui coule entre le Père et le Fils. Chaque prière, chaque balbutiement de l’homme, est une tentative de participation au dialogue éternel entre le Père et le Fils (Jn 14,13-14).

419. L’Esprit et Marie

De même que l’Esprit a fait de Marie la mère du Fils, de même c’est lui qui fait d’elle la mère de tous les hommes (Jn 19,26).

420. « Je suis plus »

Si l’on demandait au Seigneur qui il est, il répondrait : « Je suis plus ». Et si on lui demandait : « Que veux-tu de moi? », la réponse serait : « Je veux plus »… Plus nous comprenons ce qu’il dit, plus nous comprenons qu’il est plus que ce que nous comprenons, que plus grande aussi est l’exigence pour nous d’être plus, parce que nous comprenons qu’il veut toujours nous donner plus que ce que nous pouvons déjà saisir aujourd’hui (Jn 5,35).

421. La volonté du Père

Aucun des hommes que le Père a donnés au Fils ne doit se perdre. Avant tout, il doit les ressusciter au dernier jour : c’est ça la grande volonté du Père (Jn 6,39).

422. Instrument

Si un ordre de Dieu s’adresse à toi et implique une autre personne, il a toujours le sens d’un mouvement qui ramène à Dieu et t’oblige chaque fois à faire un bout de chemin avec celui qui t’est confié. Il faut le prendre là où il t’est accessible afin de le mener là où il ne peut parvenir tout seul. Tu es l’instrument de Dieu pour conduire cet homme à lui et, comme tel, tu dois être son compagnon (Jn 4,22).

423. Trouver sa voie

Le signe spécifique du chemin du Seigneur, c’est qu’on ne le choisit pas soi-même… Il peut, par un appel particulier, nous appeler au sacerdoce ou à la vie religieuse, mais si cet appel ne se fait pas entendre pendant un certain temps, alors il est clair qu’il a choisi pour nous la vie laïque et que nous avons à sanctionner ce choix par un acte explicite… Quant à l’homme qui s’est choisi lui-même son état de vie, le Seigneur lui donne aussi une grâce qui, dans cette voie, lui permet de vivre selon sa volonté. Ce sera toutefois une grâce de pénitence pour une vie de pénitence. Cette grâce peut être si puissante qu’elle nous permet de porter dans la joie du Seigneur la pénitence douloureuse pour notre surdité d’autrefois (Jn 15,16).

424. Enthousiasme

Dieu ne veut pas que ses signes, ses miracles ou ses grâces aient une quelconque fonction de soulever l’enthousiasme de la communauté.De celle-ci, il ne veut que la foi, et une foi qui contient avant tout l’aveu de sa propre impuissance (Jn 9,3).

425. Notre mesure

Nous réduisons à notre mesure toutes les paroles du Seigneur alors qu’elles portent toutes en elle l’infini de Dieu (Jn 18,37).

426. Dialogue

Même si l’homme ne veut pas entendre la Parole de Dieu, cela ne change rien au fait que le fond de son être se trouve impliqué dans un dialogue avec Dieu, qu’il le veuille ou non (Jn 1,3).

427. Purgatoire

Au purgatoire, l’âme est plongée dans une souffrance à laquelle d’abord elle ne comprend rien, car ce n’est que peu à peu, à travers cette souffrance, qu’elle apprend à juger la gravité de sa propre faute et en est purifiée (Jn 16,26).

428. Le point culminant

Le monde ne saura pas que le point culminant de cette Passion n’est pas la mort physique du Seigneur, mais son ultime délaissement où, chargé de tous les péchés du monde, il est séparé du Père. Cette séparation qui ne durera que peu de temps aura, pour le Seigneur, le poids de l’éternité. Il se sentira sur la croix délaissé jusqu’à la mort, une mort infinie et éternelle où tout instant et tout point de vue ont totalement disparu. Ce qui, pour les hommes, ne sera que peu de temps représentera pour lui une éternité (Jn 14,19).

429. Le chemin de la perfection

Les chrétiens n’aspirent pas avant tout à leur sainteté, à leur béatitude ou à quelque état particulier, à un degré de la prière ou à la perfection. Il n’y a que Dieu qui est leur but. Celui qui voudrait aspirer à autre chose qu’à Dieu ne chercherait finalement que lui-même. Celui qui aspire à Dieu aspire aussi au moins à lui-même. Il ne veut pas de synthèse entre moi et Dieu. Le Fils n’a jamais visé sa propre sainteté; sa sainteté, c’était de faire en tout ce que voulait le Père. Viser sa propre sainteté serait de nouveau mettre des limites (Jn 21,12).

430. Enfants de Dieu aux yeux fermés

Il en est beaucoup qui baignent dans la grâce sans même le savoir : enfants de Dieu aux yeux fermés (Jn 1,12).

431. Une orientation

Le Seigneur n’a pas besoin de punir le pécheur comme un tribunal humain doit le faire; son jugement consiste bien plutôt en ceci que la révélation du péché est en même temps la révélation de l’amour. Et lors même que le converti demeure pécheur, petit, faible, qui rechute souvent, il est converti, il est orienté vers le Seigneur pour toute une vie (Jn 8,15).

432. Il pourrait être utile que quelqu’un entreprenne un jour de dégager en 200 pages les thèmes majeurs des 2.000 pages du commentaire d’Adrienne von Speyr sur saint Jean. Cela pourrait rendre service à beaucoup. Un grand merci d’avance!

Patrick Catry

 

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