37/4. Des mystiques pour quoi faire?

 

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Des mystiques : pour quoi faire?

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12. Quand commencèrent pour Adrienne les expériences extraordinaires du monde de Dieu, le rôle du P. Balthasar fut avant tout de « les situer dans la tradition de l’Eglise et à lui apprendre à elle, le médecin qui a les pieds sur terre, qu’il n’y a là rien d’anormal ». Au début, peu après sa conversion, Adrienne se défendait d’être une mystique; par le protestantisme où elle avait vécu jusqu’à trente-huit ans, elle avait « horreur de la mystique ». Elle pouvait dire que « ce qui se passe en elle n’est pas à proprement parler de la mystique…, que les choses n’ont rien à voir avec elle-même, la pauvre et méchante Adrienne » (Ibid., p. 46).

13. Ce que le mystique a vu, entendu, vécu est destiné à « éclairer plus vivement, plus profondément, pour l’intelligence de notre temps… maints éléments de la doctrine trinitaire, de la christologie ou de l’ecclésiologie » (Ibid., p. 56-57).

14. « Nombre de phénomènes mystiques – stigmates, transports, émanation de lumière, lévitation, glossolalie et autres choses du même genre – se manifestèrent dans l’existence d’Adrienne, mais sans aucune insistance, simplement comme phénomènes concomitants de ce que, invisiblement par la prière et une dure pénitence, visiblement par les dictées, il fallait transmettre à l’Eglise. Le critère d’authenticité de sa mystique réside tout premièrement, sinon exclusivement, dans la qualité de ce qu’elle a fait, de ce qu’elle avait et a encore à dire » (Ibid., p. 57).

15. « Adrienne a renouvelé fondamentalement toute la théorie de la mystique. Sous ce rapport, elle se rattache à la mystique de l’Ecriture sainte : depuis la vision sur l’Horeb jusqu’à celles d’Isaïe et d’Ézéchiel, jusqu’à la déréliction de Job, jusqu’à la foi parfaite de Marie, jusqu’à la vision des apôtres, celle de saint Paul, jusqu’aux visions de l’Apocalypse » (La mission ecclésiale d’Adrienne von Speyr. Actes du colloque romain, p. 15).

16. « Pouvons-nous refuser à Dieu la capacité de se révéler au monde quand il veut? » Et cela même après l’époque des apôtres. (HUvB, Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 92).

17. « Quelle autorité ont réellement dans l’Eglise les révélations privées? »… Il y a dans certaines de ces révélations dites privées « des choses pleines de sève et de vie… Quand des révélations privées pleines de vie sont rejetées par des croyants, il y a toujours derrière cela un rejet de la vitalité véritable de la foi » (Œuvres posthumes d’Adrienne von Speyr, t. 11 : Ignatiana, p. 424-425).

18. « Très souvent l’Eglise n’a pour ces choses (les révélations privées) qu’un ‘nihil obstat’ et elle ne s’engage pas plus. Ce n’est peut-être pas très réjouissant, mais il serait beaucoup plus épouvantable que l’Eglise confirme de fausses révélations. Seul le Seigneur est tout à fait saint et, à part lui, personne ne l’est. Tous les saints ont leurs lacunes et leurs défauts. L’Eglise ne peut pas canoniser quelqu’un qui n’est pas saint mais, même quand elle canonise un saint, elle court le danger de canoniser aussi en lui des choses qui ne sont pas saintes par ailleurs. Même en quelqu’un qui n’est pas saint, l’Eglise peut trouver des choses qui ont un rapport avec la sainteté et qui, en tant que telles, peuvent être admirées » (Ibid., p. 425).

 

II

 

Autres réflexions, d’autres auteurs, sur la mystique, qui ne concernent pas directement Adrienne von Speyr.

19. « Les mystiques… sont les explorateurs de l’au-delà » (J. Guitton, Journal de ma vie, t. II, p. 153).

20. « Les mystiques ouvrent des portes sur un Au-delà du couramment accessible… Il ne serait pas plus raisonnable de rayer la mystique de notre champ que de renoncer à l’outil mathématique pour une approche pragmatique de l’Univers » (P. Chaunu, L’apologie par l’histoire, p. 175).

21. « Dieu décerne parfois à son peuple une grande grâce de pensée » (Péguy, dans HUvB, La gloire et la grâce, t. II,2, p. 294).

22. « (Jean-Jacques Antier) a abordé cette biographie de Marthe Robin avec les yeux d’un croyant pour qui l’expérience mystique possède une valeur absolue » (J. Guitton, dans sa préface au livre de J.-J. Antier sur Marthe Robin, p. 12).

23. « Origène définissait la théologie comme un ‘enthousiasme critique de la foi’. Qui est plus enthousiaste, plus inspiré par Dieu ou plus précisément en Dieu que la mystique? » (A. Scola, dans La mission ecclésiale d’Adrienne von Speyr. Actes du colloque romain, p. 8).

24. Les saints sont aussi des explorateurs, et ils parlent aux théologiens comme les voyageurs aux géographes : « Vos discours sont peut-être vrais, mais ce point-là, je l’ai expérimenté, j’y ai été, je le sais et j’en témoigne ». Ils « choquent » les raisons transmises par le passé, à la manière dont le Nouveau Monde bouleversa tant de traditions. Aussi les regarde-t-on « comme des sauvages ou comme des étrangers dont on n’entend pas le langage » (Cf. M. de Certeau, La fable mystique, t. II, p. 175).

25. Oscar Cullmann à propos de Fatima : « C’est une théophanie, et les théophanies interviennent dans l’histoire du salut. Je suis porté à admettre qu’elles continuent, même après le Christ, et que Fatima pourrait bien en être une » (Cité par J. Guitton, Journal de la vie, t. II, p. 227).

26. »Les apôtres ont déposé la plénitude de la vérité dans l’Eglise comme un trésor, mais c’est un dépôt vivant qui se rajeunit » (Saint Irénée, Adv. Haer. III,4,1, cité par B. Bobrinskoy, Le mystère de l’Eglise, p. 161).

27. (Les mystiques) « puisent de nouveaux sucs au trésor sans fond de la Révélation, ils enrichissent la tradition explicite, ils en pansent les blessures, et ils en nourrissent les besoins nouveaux de leur époque » (H. de Lubac, dans B. Dumas, Mystique et théologie d’après Henri de Lubac, p. 142).

28. « La mystique est le but, la théologie n’est qu’un outil et dont l’autorité elle-même est moindre que celle des mystiques » (Ibid., p. 141).

29. « Fondamentalement, la théologie doit apprendre à recevoir (de la mystique)… reconnaissant ainsi que la vraie pénétration appartient à la mystique » (Ibid., p. 141).

30. « La mystique chrétienne sera essentiellement une intelligence des Livres saints » (Ibid., p. 18).

31. Michel de Certeau évoque « ces dialogues mystiques où le ‘directeur’, fût-il François de Sales ou Fénelon, devenait le disciple et l’interprète de sa dirigée » (M. de Certeau, La fable mystique, t. II, p. 43).

32. « La canonisation de Newman sera très difficile, parce qu’il a trop écrit de lettres, et pour être canonisé il faut beaucoup détruire de ce qu’on a écrit » (J. Guitton, Journal de ma vie, t. II, p. 135).

33. « On sait à quel silence ont été voués les textes (de mystiques) qui ne bénéficiaient pas du soutien d’un ordre religieux ou d’un réseau de pouvoirs » (M. de Certeau, La fable mystique, t. II, p. 28).

34. (Les saints) « sèment pour l’éternité dans le champ de l’Eglise » (J. Ratzinger, Les saints nos contemporains, p. 162).

 

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