51. A.v.Speyr, Avent. Dimanches 1-4

 

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Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Avent. Dimanches 1-4

 

1er dimanche de l’Avent    A    (Is 2,1-5; Rm 13,11-14; Mt 24,37-44)

1 - Celui qui attend le Seigneur est sûr de sa présence. Lui préparer son cœur, c’est déjà le posséder (Lumina 74).

2 – Si quelqu’un est orienté vers Dieu, son prochain en sera enrichi d’emblée et conforté dans sa marche vers Dieu. Le don de soi aux autres est donc toujours d’abord un don de soi à Dieu (Die Schöpfung 23).

3 – Avant tout, comprendre le message général de l’Avent et la pressante exhortation qu’il contient : Dieu vient à nous. C’était le pressentiment grandissant de toute l’ancienne Alliance, le pressentiment immédiat de Jean-Baptiste qui ne voulait rien faire d’autre que préparer dans le désert le chemin du Seigneur. Les trois lectures d’aujourd’hui sont orientées vers cette venue de Dieu, elles veulent nous faire sortir du sommeil et de l’indifférence, nous exhorter à attendre le Seigneur, les reins ceints, avec des torches allumées ou avec de l’huile dans les lampes. Dieu fait irruption dans l’histoire, il vient pour tous à une heure qu’ils n’attendent pas : c’est pourquoi justement on doit l’attendre sans cesse (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 9).

1er dimanche de l’Avent    B    (Is 63,16-17.19;64,2-7; 1 Co 1,3-9; Mc 13,33-37)

1 – « Soyez sur vos gardes ». Veiller signifie être sur ses gardes, rester attentif, non dans le désœuvrement, mais dans le sens du Seigneur, de façon à le percevoir. Il y a une manière de traverser la vie sans vigilance, en se laissant simplement porter par elle, en possédant un peu de foi, une certaine vision du monde. La disponibilité vigilante à faire ce que loe Seigneur attend de nous est autre chose. Nous sommes vigilants quand nos soucis, nos fautes, nos péchés, notre lenteur, notre somnolence et notre manque de vivacité d’esprit ne nous empêchent pas de percevoir la voix du Seigneur. Quand on veille, on lutte contre le sommeil afin d’avoir du temps pour le Seigneur et de renoncer par là à une part de notre bien-être (Sur Mc 13,33. Cf. Saint Marc 605).

2 – Veillez car vous ne savez pas quand ce sera le moment. Nous ne connaissons pas l’heure de notre mort, ni l’heure de notre maladie, de notre défaillance. Il est important que tout événement nous trouve dans la veille et la prière, tels que nous devons être : prêts. Notre temps doit de moins en moins nous appartenir pour devenir de plus en plus le temps de Dieu. Nous voulons prier Dieu de nous permettre d’attendre dans la veille et la prière son moment afin qu’à l’heure où il a besoin de nous, il nous trouve disponibles aussi parfaitement que possible (Sur Mc 13,33. Cf. Ibid. 606-607).

3 – « Il en sera comme d’un homme parti en voyage… » Le maître de maison distribue le travail pour le temps de son absence. Chacun de nous reçoit le sien. Le Seigneur connaît très bien l’état de sa maison, de son Église. Il sait aussi ce qui peut être demandé à chacun. Il voit en chacun de nous des personnes chargées d’un mandat. Il exige de nous, ses serviteurs, la vigilance.Nous devons rester dans son esprit et remplir son mandat dans son esprit ( Sur Mc 13,34. Cf. Ibid. 607-608).

4 – L’année liturgique commence par l’exhortation de l’évangile : « Veillez », car on ne sait pas quand le Seigneur viendra. Noël est fixé, mais pas la venue du Seigneur dans notre vie et notre mort, dans la vie et la fin de l’Eglise. Nous avons « tout pouvoir » sur les biens de Dieu sur terre, à chacun est fixée sa tâche. Le travail confié doit être accompli, il ne s’agit pas de mes propres biens, mais de ceux du Seigneur. Quoi que nous fassions, que ce soit un travail spirituel ou un travail temporel, nous ne travaillons pas pour nous, mais pour lui : nous ne bâtissons pas notre royaume, mais le sien (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaires des lectures dominicales. Année B, 7).

1er dimanche de l’Avent C (Jr 33,14-16 ; 1 Th 3,12-4,2 ; Lc 21,25-28.34-36)

1 – « Veillez et priez en tout temps ». L’année liturgique commence dans l’évangile par un regard anticipé sur le retour du Christ. Ce que nous considérons comme un grand intervalle entre Noël et le jugement dernier n’est rien d’autre que le temps qui nous est laissé pour la décision. Noël n’est pas une fête de la gentillesse mais de l’impuissance de l’amour de Dieu, qui ne manifestera qu’à travers la mort sa toute-puissance. Pour le temps où nous sommes mis à l’épreuve, s’impose un « Veillez et priez » permanent. Il s’ensuit que la vie chrétienne sera une vie dans l’attente du Seigneur qui vient. (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C, 9-10).

2e dimanche de l’Avent A (Is 11,1-10; Rm 15,4-9; Mt 3,1-12)

1 – « Lui vous baptisera dans l’Esprit et dans le feu ». Le feu qu’est Dieu lui-même, le feu de l’amour divin, qu’il vient jeter sur la terre, qui chasse tout égoïsme des âmes en le consumant, le feu de l’amour qui sera en même temps le feu du jugement pour ceux qui ne veulent pas aimer, qui sont de la paille. « Dieu est un feu dévorant » ; qui ne veut pas brûler dans son brasier d’amour brûlera éternellement dans ce brasier-là. L’amour est bien plus que la morale des pharisiens. La morale qui ne s’achève pas dans le feu de l’amour de l’Esprit Saint ne résistera pas à celui qui nettoie son aire avec la pelle à vanner (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 11-12).

2e dimanche de l’Avent    B    (Is40,1-5.9-11; 2 P 3,8-14; Mc 1,1-8)

1 – « Aplanissez ses sentiers ». C’est-à-dire rendez le chemin du Seigneur plus facile, prêtez main forte pour égaliser ce qui est raboteux, anguleux, tortueux. Non pas que le Seigneur ne puisse le faire lui-même, mais il tient à recevoir l’aide de tous. Jean, avec sa grande mission, avec son importance et sa sainteté particulières, le proclame : tous sont appelés à apporter leur concours pour aplanir la route. La tâche ne paraît pas trop grande pour un seul homme si les volontaires affluent pour apporter leur contribution. Ce que nous avons précisément à méditer, c’est ce petit travail, insignifiant, quotidien, qui est demandé sans rien présenter de remarquable ni de sensationnel. C’est ce qui paraît extérieurement sans signification et qui a pourtant une signification parfaite parce que cela se fait au service du Seigneur. Sur le chemin du Seigneur, même l’insignifiant a, aussitôt et de manière durable, du sens (Sur Jn 1, 3. Saint Marc 16-17).

2 – Contempler cette grande foule d’hommes, de femmes, d’enfants… Une foule bigarrée. Et pourtant tous unis dans une commune procession. Une attente commune les habite. Ils veulent quitter leur vie ancienne et en commencer une nouvelle. Prier pour qu’une telle démarche puisse se produire aujourd’hui encore, prier pour ceux de qui nous attendons cette démarche et pour ceux de qui nous ne l’attendons pas (Sur Mc 1,5. Cf. Ibid. 19).

3 - Jean-Baptiste prêchait. Dans les différentes missions, Dieu lui-même se charge de les rendre réalisables. Jean-Baptiste prêche avant que Jésus ne le fasse. Il accomplit son travail dans le temps de l’attente du Seigneur. Il ne le voit pas encore, il ne peut pas contempler ses miracles, ni ne sait ce que le Seigneur proclamera et enseignera. Pourtant, c’est sa mission de prêcher à l’intérieur d’un devenir qu’il ne saisit pas dans son ensemble. Il se laisse placer à un endroit qu’il ne choisit pas. Il consent à proclamer quelque chose avant d’en avoir la moindre preuve. Entre la mission du Baptiste et la nôtre, il peut y avoir des points de comparaison (Sur Mc 1,7. Cf. Ibid. 22).

4 – La deuxième lecture nous dit que nous n’avons aucune vue d’ensemble du plan de Dieu. A travers tous les siècles, on a prédit le jour de la venue de Dieu, et jamais il n’est arrivé. Cela vient de ce que le temps de Dieu est tout autre que le nôtre : « Mille ans sont devant lui comme un jour ». C’est ainsi qu’on parle d’un ton supérieur et sarcastique de « retard », de naïve attente de la fin. Mais le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de ce qu’il a promis. Sans cesse il est en train de venir et, comme un pêcheur, il traîne le filet géant de l’histoire du monde jusqu’au rivage. Que la fin du monde, vue d’une manière purement terrestre, doive être catastrophique, cela ne trouble pas le plan de Dieu, ni la confiance des chrétiens. Ceux-ci doivent simplement se donner de la peine pour « être trouvés sans tache et en paix » au retour à la maison. C’est cette paix que prépare l’Avent. (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année B, 10).

2e dimanche de l’Avent C (Ba 5,1-9; Ph 1,4-6.8-11; Lc 3,1-6)

1L’évangile nous donne des indications historiques et temporelles détaillées sur le moment où l’événement décisif du salut a commencé. La véritable gloire annoncée à Jérusalem dans la première lecture est la venue du Christ proclamée par Jean-Baptiste. Pourtant cette gloire ne sera pas une splendeur terrestre mais ce que l’évangile de Jean désignera comme la gloire visible aux yeux du croyant : la vie, la mort et la résurrection de Jésus. Celui-ci finalement est la route droite – « Je suis le Chemin » – sur laquelle Dieu vient à nous. Avec la venue de Jésus, nous ne sommes pas simplement au but. Aucun chrétien ne doit se mettre au repos prématurément. Le chemin à préparer, qui fut annoncé par jean-Baptiste, est maintenant devenu le « Chemin » que le Seigneur est lui-même, le Seigneur qui est prêt à nous emporter avec lui (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C, 11-12).

3e dimanche de l’Avent A (Is 35,1-6.10; Jc 5,7-10 ; Mt 11,2-11)

1 – « Es-tu celui qui doit venir ? » Cela fait partie du martyre futur de Jean-Baptiste qu’il doive, dans sa prison, traverser cette obscurité qui lui est imposée par Dieu. Il attendait un homme puissant, baptisant dans l’Esprit et le feu. Et voici que vient cet homme doux qui n’éteint pas la flamme vacillante. Jésus calme son inquiétude en lui montrant que la prophétie s’accomplit en lui : en miracles discrets qui activent en même temps la foi confiante : « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute ». Le désert (de la première lecture) est le monde que Dieu n’a pas encore visité, mais maintenant Dieu vient. L’homme est aveugle, sourd, boiteux, muet, tant que Dieu ne l’a pas visité, mais maintenant les sens s’ouvrent et les membres se délient. Ceux qui s’étaient détournés du Dieu vivant sont libérés de la mort spirituelle, ils renaissent à la vraie vie. On n’est pas ici dans la magie. La venue du Seigneur est proche, mais il ne faut rien précipiter artificiellement ; il faut laisser venir sur soi dans la foi tout ce qui est disposé par Dieu. Savoir que le Juge se tient aux portes ne nous autorise pas à ouvrir violemment. Voir la patience de Marie dans son Avent. La femme enceinte ne peut ni ne doit rien précipiter. L’Église aussi est enceinte, mais quand sera venu pour elle le temps d’enfanter, elle ne le sait pas (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 13-14).

3e dimanche de l’Avent    B    (Is 61,1-2.10-11; 1 Th 5,16-24; Jn 1,6-8.19-28)

1 – Le témoin prédestiné reçoit de Dieu une mission précise, directe et personnelle. Et une partie de celle-ci consiste déjà à mener l’existence du témoin particulier qui met toute sa vie personnelle au service de son témoignage. Il s’engage devant Dieu à se sacrifier sans partage à sa mission. Et il le fait avant même d’en connaître l’objet, objet qu’il ne connaîtra d’ailleurs jamais définitivement. Il doit plutôt jour après jour se montrer attentif, car il se peut toujours  que subitement et sans raison apparente, cet objet varie, suive un cours différent, se transforme peut-être en son contraire. Même au cours de sa réalisation, le véritable contenu de la mission échappe au témoin, et il en a encore bien moins le contrôle. Il doit constamment être prêt à tout. Il n’a aucun repos dans la mission, car celle-ci jaillit du plus vivant en Dieu (Sur Jn 1,6-8. Jean. Le Verbe se fait chair I,80).

2 – Tant que le Seigneur n’est pas venu (de sa deuxième venue, glorieuse), nous vivons dans un état de pauvreté fondamentale, mais celle-ci porte déjà en elle des signes de la plénitude débordante qui vient. Nous qui n’avons pas encore vu Dieu, nous vivons pourtant de lui parce que lui nous voit, et nous vivons dans l’espérance de le voir un jour comme il nous voit (Sur 1 Co 1,7. Cf. Première épître aux Corinthiens I,20).

3 – « Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas ». Jean-Baptiste sait déjà qu’ils ne comprendront pas.Il essaie de les faire avancer d’un pas. Il ne décrit pas cet inconnu. Qu’il vienne après Jean signifie aux yeux des Pharisiens qu’il a moins d’importance que celui qui le précède. Jean aurait pu dire : je ne suis pas digne de lui être comparé. Mais il ne parle que des courroies de ses sandales. Il sait qu’aucune description de l’ami ne saurait le faire connaître, si celui à qui on le décrit n’a pas l’amour. C’est pourquoi il révèle l’ami tout en le protégeant. Toutefois il le révèle, se tenant lui-même à distance parfaite du Seigneur, ne se vantant nullement de son intimité avec lui. De même l’œuvre de l’Eglise contient bien des révélations qui ne s’expriment pas en paroles (Sur Jn 1,26-28. Cf. Jean. Le Verbe se fait chair II,10-11).

4 – Nous attendons Dieu non pas dans la crainte et le tremblement, mais dans la joie. Puisque Dieu a répandu son Esprit Saint dans nos cœurs, celui-ci peut nous transformer de l’intérieur. Le Dieu qui nous a créés n’est pas loin de notre fond le plus intime, ni étranger à lui ; il détient la clef de notre profondeur la plus secrète ; nous ne remarquerons peut-être qu’avec le temps qu’il est depuis longtemps à l’œuvre en nous (Cf. HUvB, Lumière de la parole. Commentaire des lectures dominicales. Année B, 11).

5 – Jean-Baptiste atteste la lumière, il ne se prend pas lui-même pour la lumière. Plus un homme se rapproche de Dieu pour témoigner en sa faveur, plus il voit clairement la distance qui sépare Dieu de la créature. Plus il abandonne à Dieu tout l’espace en lui, plus il devient un simple instrument de Dieu, « une voix qui crie dans le désert ». Jésus placera un jour Jean-Baptiste au-dessus de tous les prophètes; Jean-Baptiste, lui, se sent indigne de défaire la courroie de sa sandale. Saint Augustin disait: « Tu peux m’appeler ami, je me déclare serviteur » (Cf. Ibid., 12).

3e dimanche de l’Avent C (So 3,14-18; Ph 4,4-7; Lc 3,10-18)

1 – L’évangile décrit l’enseignement du Baptiste à ceux qui veulent commencer une vie nouvelle. Dans les réponses que Jean donne à ceux qui sont disposés à la pénitence, il se manifeste que le commandement radical de l’amour de Jésus était déjà parfaitement préparé dans l’ancienne Alliance et pouvait même apparaître clairement à toute conscience non pervertie. Le Messie à venir apporte un tout autre moyen de purification : l’Esprit Saint, qui nous montrera nos péchés à partir de Dieu, et qui peut les consumer avec son feu. Pour le croyant, l’Avent n’est pas un temps d’hésitation entre la crainte et l’espoir, car la venue annoncée du Seigneur est certaine. La fête commencera avec certitude. De nous, il est seulement demandé que nous ne laissions pas nos mains défaillir dans l’incroyance ou la méfiance, nous demandant si Dieu tiendra sa promesse. La deuxième lecture va jusqu’à l’interdiction de se faire du souci pour quoi que ce soit. Il est interdit de penser que notre espérance pourrait être vaine. Mais le regard anticipé et joyeux sur la venue prochaine du Seigneur exige aussi que cette joie soit vérifiée dans l’amour fraternel de la communauté dont la bon,té doit être reconnue aussi des non-chrétiens (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C, 13-14).

4e dimanche de l’Avent    A    (Is 7,10-16; Rm 1,1-7; Mt 1,18-24)

1 – La Mère sait comment accueillir les mystères de Dieu. Ce n’est que dans la distance d’un profond respect, de l’adoration, de la révérence aimante et en leur offrant un abri qu’il est possible de voir les choses de Dieu. On ne peut pas, comme quelqu’un fait de l’histoire ou de la science, se les approprier sans préparation. L’air des mystères célestes leur est tellement inhérent qu’ils ne sont perceptibles que dans une atmosphère de prière et de contemplation. Or la Mère, par son silence et sa méditation, crée cette atmosphère qui seule nous permet de recevoir avec fruit les mystères du Seigneur… – C’est pourquoi les chrétiens ne trouvent le véritable accès au monde intérieur du Fils que dans ce silence effacé du cœur de Marie. Les prières mariales : neuvaines, litanies, rosaire, sont précisément des prières qui appellent et créent le calme, la distance et le temps. Toutes, elles exercent à la contemplation de la Mère qui conduit à celle du Fils (La Servante du Seigneur, édition de 1989, 93-94).

2 – En face de Dieu, elle oublie toute prudence parce que l’immensité des plans divins s’ouvrent devant ses yeux. Non seulement elle veut ce que Dieu veut, mais elle lui confie encore son oui pour qu’il en dispose, le façonne et le transforme. En disant oui, elle n’a aucun souhait, aucune préférence, aucun désir dont il faudrait tenir compte. Elle ne passe pas de contrat avec Dieu; elle souhaite seulement être acceptée dans la grâce, comme elle a été désirée dans la grâce. Dieu seul doit administrer son oui.- Si c’est Dieu qui se penche vers elle, sa réponse ne peut être qu’abandon dans une obéissance aveugle. Elle ignore tout calcul, toute garantie, ne manifeste pas la moindre réserve; elle ne sait qu’une chose : son rôle est celui de la servante qui, humblement, prend tellement la dernière place qu’elle préfère toujours ce qui lui est offert, ne cherche jamais à provoquer elle-même quoi que ce soit, ne prépare ni ne dirige la volonté et les désirs de Dieu (La Servante du Seigneur, édition de 1989, 11-12).

3 – Voici enfin Marie dans l’évangile, Marie, porte par laquelle Dieu veut entrer dans le monde. Elle se trouva enceinte avant même d’avoir habité avec l’homme à qui elle avait été accordée en mariage. Elle est le vase du silence, ce n’est pas à elle de percer l’événement sans paroles qui s’est passé entre elle et l’Esprit Saint. Joseph, dans la maison duquel elle n’habite pas encore, le remarque. Comment d’autres ne l’auraient-ils pas remarqué aussi ? Inévitablement on bavarde à son sujet : mais elle ne veut et ne peut rien faire pour qu’on se taise. Les gens, note l’évangile, seront unanimes à considérer l’enfant comme celui de Joseph. Mais il y a quelque chose d’étrange avec cet enfant. Dieu a le temps : c’est des dizaines d’années plus tard que les évangiles jetteront la lumière sur le mystère. Joseph tout d’abord n’est pas éclairé lui non plus ; il est profondément troublé ; comment pourrait-il concevoir l’idée que dans sa fiancée c’est Dieu lui-même qui vient ? Au silence de Marie correspond son plan de la renvoyer en silence. Mais en agissant ainsi, il la livrerait pourtant à l’infamie. C’est assez tard qu’il est éclairé et invité à prendre Marie chez lui. Dieu a le temps (HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 15).

4e dimanche de l’Avent    B    (2 S 7,1-5.8-11.16; Rm 16,25-27; Lc 1,26-38)

1 – La femme enceinte sait qu’elle ne peut décider elle-même de l’heure de la naissance. Il y a en elle une loi qui la régit et à laquelle elle ne peut échapper. Marie n’est pas seulement soumise à cette loi de la vie qui vient, elle est aussi soumise à la loi divine. Elle doit se tenir sans cesse disponible avec son esprit tout entier comme avec son corps; elle doit toujours prêter attention à ce que son Fils lui inspire; après la naissance aussi elle sera toujours prête à accueillir le nouveau à l’heure même qui lui conviendra à lui (Nachlassbände 6,148).

2 - Plus un homme est pur, plus il est proche des anges. Avant que Marie voie l’ange, elle vivait sans le savoir dans une très grande proximité des anges… Absence du péché et pureté rayonnante (Ibid. 6,43).

4e dimanche de l’Avent C (Mi 5,1-4 ; He 10,5-10 ; Lc 1,39-45)

1 – Comme dernière préparation à Noël, l’évangile d’aujourd’hui raconte le voyage de Marie qui porte son enfant et va chez sa cousine Élisabeth. Ce n’est pas Marie qui fait connaître à celle-ci sa grossesse, mais l’Esprit Saint, qui fait tressaillir de joie l’enfant d’Elisabeth dans son sein. Le Baptiste a été choisi comme le précurseur. Tout l’Ancien Testament est destiné à être le précurseur, mais les hommes de l’ancienne Alliance n’avaient qu’une très pâle représentation de ce qu’ils attendaient comme salut dans l’avenir. Élisabeth, remplie de l’Esprit Saint, peut saluer la femme qui se tient devant elle comme celle qui possède la foi parfaite et en qui Dieu peut mener à son accomplissement sa longue promesse (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C, 15-16).

19/05/2019. A suivre.

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