56. A.v.Speyr, Carême 2

 

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Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Carême 2

 

2e Dimanche de carême    A     (Gn 12,1-4; 2 Tm 1,8-10; Mt 17,1-9)

1 – Ce n’est que par l’apparition sur le Thabor que le monde invisible annoncé par le Fils devint tout à coup pour les trois apôtres une évidence non seulement dans la vision mais surtout dans l’audition. La voix du Père, qui provenait de sa gloire et se communiquait à eux comme au Fils, cette voix fut le centre de tout. La vision n’était qu’une sorte de confirmation de la voix. Moïse et Élie sont là pour montrer que les prophètes ne sont pas mis dans l’ombre par la venue du Seigneur… La vision donne aussi aux disciples la certitude de l’existence céleste des prophètes. La voix avec la vision qui rassemble ainsi le Seigneur, les prophètes et les apôtres dans une écoute commune leur fait connaître son éternité. Le ciel éternel descend sur terre dans le temps des apôtres… C’est une vision d’un instant et l’écoute momentanée de la vérité éternellement vivante (Sur 2 P 1,19. L’avènement du Seigneur 52-53).

2 – Si le récit de la transfiguration de Jésus se trouve traditionnellement dans le temps du carême, c’est pour rappeler que cette manifestation de la gloire de Jésus se produit après qu’il a déclaré à ses disciples qu’il montait à Jérusalem pour y souffrir et y mourir. Lors de l’arrestation de Jésus, les disciples seront pris de peur, Pierre le premier, et ils s’enfuiront. Ici aussi, devant la révélation supraterrestre, les disciples tombent la face contre terre, tout effrayés. Sur la montagne, ils aperçoivent le ciel ouvert et une épiphanie de Dieu Trinité : le Père leur montre son Fils bien-aimé, qu’ils doivent écouter, et l’Esprit Saint, sous la forme d’une nuée lumineuse, les introduit dans la sphère du mystère. Entendre réellement, être réellement couverts par l’ombre, ne leur sera accordé qu’après Pâques (Cf. HUvB, Lumière de la Parole, Commentaire des lectures dominicales. Année A, 51).

2e Dimanche de carême    B    (Gn 22,1-2.9-13.15-18; Rm 8,31-34; Mc 9,2-10)

1 – « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ». Sans son Église, le Seigneur serait seul. Sa mission serait pauvre, car elle serait inaccomplie. Il est donc bon que nous soyons là. Nous avons dans sa mission une raison d’être là. Nous sommes là afin qu’il puisse glorifier le Père. C’est un fait d’une portée inouïe. Il est important pour tout croyant et non moins pour tout non-croyant. Il est heureux que nous soyons là, car nous sommes réponse à une question du Seigneur. Évidemment pas dans le sens que croit Pierre, en intervenant et en construisant d’une certaine manière une maison, trois maisons, une quantité de maisons qui ne sont pas demandées. Mais dans le sens où nous demeurons une réponse, faisons en répondant ce que le Seigneur demande à l’Église, à chacun personnellement, et répondons par la confiance à la compréhension qu’il nous a offerte (Sur Mc 9,5. Cf. Saint Marc 394-395).

2 - « Ils étaient saisis de frayeur ». Les disciples sont transportés dans une réalité surhumaine sur laquelle se brisent toutes leurs expériences. Ils sont comme dans un tourbillon. Certes, ils ont déjà expérimenté beaucoup de faits extraordinaires dans la vie du Seigneur, mais la scène était toujours restée leur monde terrestre. Les miracles du Seigneur ont dilaté leur esprit. Maintenant ils semblent être arrachés à leur monde propre et projetés dans un monde de miracles. Le ciel s’est ouvert à eux, la vie éternelle a soudain fait irruption dans leur vie quotidienne. Et ils doivent apprendre à voir des choses qu’aucun homme ne voit d’ordinaire. Pour tout homme à qui cela arrive, c’est un événement extrêmement riche de conséquences, si bien que nous comprenons que les disciples soient saisis de frayeur (Sur Mc 9,6. Cf. Ibid. 395).

3 – (Les apôtres descendent de la montagne après la Transfiguration). La vie est difficile après l’ouverture du ciel. Pour l’homme qui n’a pas une vue d’ensemble (de sa vie), il est toujours difficile de devoir continuer à vivre après avoir fait une haute expérience et de vivre sans elle. Mais les disciples restent avec le Seigneur. Ils n’ont pas la capacité de le voir en permanence comme le Fils du Père. Ils l’ont eue pour un instant dans la grâce, dans une grâce toute particulière. Et pourtant si cette grâce de vision cesse, cela ne signifie aucunement que cesse la grâce. Ils continuent à vivre dans la grâce, mais une grâce quotidienne, plus petite à leurs yeux, qui leur permet pourtant de se rappeler sans cesse la grandeur de la grâce reçue. Et justement le fait que les disciples puissent continuer à accompagner le Seigneur donne à leur quotidien un autre visage, car sa divinité leur est maintenant bien plus réelle. Ils sont les premiers chrétiens auxquels une manifestation du ciel a été accordée, qui ont vécu quelque chose d’analogue aux prophètes. Mais il est hors de propos qu’ils puissent se sentir maintenant prophètes ou saints (Sur Mc 9,9. Cf. Ibid. 399-400).

4 – Pour les Juifs, le sacrifice d’Abraham est à juste titre un sommet de leur rapport à Dieu. Et ils soulignent que c »est un double sacrifice : du père qui tire son couteau, et du fils qui consent à son propre holocauste. C’est une extrémité que Dieu, en imitation de son propre dessein, pouvait exiger de l’homme se tenant dans son alliance. L’horreur ne consiste pas seulement dans l’ordre de tuer le fils de sa chair – il y avait dans les religions d’alentour, et illicitement en Israël lui-même, de pareils sacrifices humains – mais en ce que ce fils avait été expressément donné miraculeusement par Dieu et était destiné à assurer la poursuite et l’exécution des promesses divines. Dieu se contredit dans cet ordre même. Et malgré cette contradiction incompréhensible pour lui, l’homme doit obéir, parce que Dieu est Dieu. La deuxième lecture résout le paradoxe en déclarant que Dieu se révèle comme l’amour substantiel qui ne se contredit pas quand il envoie le Fils de Dieu à la véritable mort, et que c’est justement ainsi qu’il remplit la promesse de nous accorder toute faveur, c’est-à-dire la vie éternelle (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C, 48-49).

2 e Dimanche de carême C (Gn 15,5-12.17-18; Ph 3,17-4,1; Lc 9,28-36)

1 – « Ils parlaient de sa fin ». Ce récit de la transfiguration par saint Luc est le seul qui nous apprenne quelque chose du contenu de l’entretien du Seigneur transfiguré avec Moïse et Elie. Ils parlent de la mort de Jésus, donc de ce qui est capital dans la rédemption du monde. Jésus se montre transfiguré devant ses disciples parce qu’il leur avait déjà prédit sa mort. La voix du Père se fait entendre et l’Esprit, comme une nuée, couvre les disciples de son ombre. Quand les disciples à la fin voient de nouveau Jésus seul, ils savent quelle plénitude de mystère se cache en lui : sa relation à toute l’ancienne Alliance, sa relation permanente au Père et à l’Esprit. La transfiguration de Jésus n’est pas une anticipation de sa résurrection – dans la quelle son corps sera transformé en Dieu -, mais la présence de Dieu Trinité dans son corps prédestiné à la croix (HUvB, Lumière de la parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 49).

 

2 – « Pour nous, notre cité se trouve dans les cieux » (Ph 3,20). La patrie des chrétiens, c’est le ciel, une patrie au sens terrestre et éternel à la fois, un lieu de refuge, de sécurité, de certitude. Le ciel est le lieu du Dieu trinitaire, d’où Dieu le Père est venu pour créer le monde, d’où Dieu le Fils est venu pour le racheter, d’où Dieu l’Esprit vient pour le maintenir. Dieu n’a pas créé la distance entre lui et l’homme pour laisser l’homme dans sa petitesse et son insécurité mais pour lui offrir d’une façon qui soit compréhensible pour lui, le monde éternel du ciel. La foi est capable de supprimer le temps pour le croyant dès son vivant. Déjà ici et maintenant le croyant vit dans sa vraie patrie, dans le ciel, qui se révèle déjà ici sur terre, et seuls notre faiblesse, notre hésitation, notre péché, en obscurcissent la manifestation (Cf. Au service de la joie. Méditations sur l’épître aux Philippiens 121-122).

03/08/2019. A suivre.

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