57. A.v.Speyr, Carême 3-5

 

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Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Carême 3-5


3e Dimanche de carême   A    (Ex 17,3-7; Rm 5,1-2.5-8; Jn 4,5-42)

3e Dimanche de carême   B   (Ex 20,1-17; 1 Co 1,22-25; Jn 2,13-25)

1 - Si, en chassant les vendeurs du Temple, le Christ avait laissé libre cours à sa colère divine, il n’aurait pas seulement renversé les tables, dispersé la marchandise et frappé les hommes, il aurait aussi détruit le Temple, car il sait fort bien qu’à peine parti les hommes reviendront s’installer pour faire leur commerce. Une mère peut châtier son enfant dans une vraie colère sans renoncer un seul instant à son amour pour lui (Nachlassbände - désormais NB - 6,313-314).

2 – Une foi basée uniquement sur le calcul d’un spectacle n’est pas la foi. La foi n’est jamais le résultat d’un calcul. Elle peut bien naître à l’occasion d’un miracle visible, mais personne n’a le droit d’en faire dépendre sa foi. Même les Juifs n’avaient pas ce droit devant Dieu, bien que la nouveauté de la foi puisse dans une certaine mesure rendre plausible leur réticence à croire sans preuves sensibles. Et pourtant ils n’ont pas le droit de marchander avec Dieu. Mais pas davantage les chrétiens, en raison des grâces reçues, n’ont-ils le droit d’en revendiquer d’autres. Si la grâce est invisible, et peut-être le demeurera-t-elle toujours, on n’a jamais le droit de réclamer qu’elle devienne visible et nous devons nous contenter de cette obscurité. Quelle que soit la nature de la grâce, Dieu exige en tout cas la foi (Sur Jn 2,19. Jean. Le Verbe se fait chair II,46).

3e Dimanche de carême   C  (Ex 3,1-8.10.13,,,-15; ,1 Co 10,1-6.10-12; Lc 13,1-9)

1 – Dieu est Dieu, sa volonté est suprême, absolue, et qui lui résiste se fait du tort à lui-même. La volonté de l’homme ne peut se déployer que si elle s’insère dans la volonté de Dieu Trinité (Sur 1 Co 10,10. Cf. Première épître de saint Paul aux Corinthiens II,14).

4e Dimanche de carême   B (2 Ch 36,14-16.19-23; Ep 2,4-10; Jn 3,14-21)

1 – Le Seigneur élevé sur la croix devient transparence vers le Père. Ce n’est qu’à travers lui et seulement les yeux levés vers lui que nous pouvons voir le Père. En regardant dans la foi vers le Seigneur ainsi élevé, nous sommes débarrassés de notre péché, comme les Juifs croyants le furent de leur maladie lorsqu’ils levaient les yeux vers le serpent d’airain. Car le péché n’est jamais supprimé du fait qu’on le regarde, mais toujours et seulement par le regard sur la pureté qui nous entraîne vers le haut. C’est la contemplation de la pureté qui purifie, mais de la pureté en tant que chemin vers l’amour. Jamais la pureté n’est un but en soi. Être libre du péché n’est jamais un lieu de halte, mais toujours un chemin pour avancer, et avancer en se quittant soi-même, le chemin partant de la morsure du serpent vers le Dieu qui guérit (Sur Jn 3,14-15. Jean. Le Verbe se fait chair II,66).

5e Dimanche de carême   B (Jr 31,31-34; He 5,7-9; Jn 12,20-33)

1 – « Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera ». Le Père sait que servir le Fils n’est rien d’autre qu’aimer le Fils. Il y a quelque chose de très délicat dans ce  mystère du Père qui nous honore. Lorsque quelqu »un arrive au ciel, lorsque le Père l’embrasse tout simplement avec amour et le traite comme son enfant chéri, l’homme concerné devrait se demander comment il en arrive à être à ce point surestimé; il pourrait en être gêné et se demander ce qu’il a fait pour mériter cela. Or cette gêne gâcherait tout. A notre grand étonnement, le Père nous compte comme mérite le service que nous avons rendu au Fils. Ce n’est qu’à l’intérieur de l’amour qu’on peut parler de mérite, parce qu’il renferme en lui un des plus beaux mystères de l’amour (Sur Jn 12,26. Cf. Jean. Les controverses II,202-204).

2 – « Là où je suis, là aussi sera mon serviteur ». Ce n’est pas le Seigneur qui se trouvera à l’endroit du serviteur, c’est plutôt le serviteur qui se verra assigner un endroit dans le domaine du Seigneur. Il y aura des moments où il saura cela avec précision. Il y aura d’autres moments dans l’obscurité où il ne s’en rendra pas compte. Mais même dans la nuit il retiendra cette parole mystérieuse du Seigneur : que le serviteur sera réellement là où est le Seigneur. Le serviteur peut avoir l’impression de s’être éloigné du Seigneur ou que le Seigneur s’est éloigné de lui, mais s’il est vraiment un serviteur et s’il n’a pas abandonné le service et s’il ne le résilie pas, il se trouve néanmoins là où est le Seigneur (Sur Jn 12,26. Jean. Les controverses II, 200).

3 – Celui qui hait sa vie ici-bas, la livre tout entière à Dieu pour qu’il en fasse ce qu’il veut. Lui, qui est la vie éternelle, nous comblera. Celui qui donne sa vie et la garde pour la vie éternelle trouvera sa vie d’ici-bas dans l’au-delà, car même la vie terrestre du Seigneur se poursuit dans la vie éternelle. Celui qui vit sa vie d’ici-bas dans le Seigneur participe déjà actuellement à la vie éternelle. S’il meurt, il emporte sa vie éternelle dans l’éternité comme quelqu’un qui vient de l’éternité, et ainsi sa vie éternelle dans l’au-delà ne pourra pas être sans relation avec sa vie éternelle d’ici-bas. Il continuera donc là-haut à aimer ceux d’ici-bas et à vivre pour eux dans la ciel (Sur Jn 12,25. Cf. Jean. Les controverses II,198-199).

19/08/2018. A suivre.


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