59. A.v.Speyr, Carême 6

 

59

Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Carême 6

 

Dimanche des rameaux (Mt 26,14-27,66; Mc 14,1-15,47; Lc 22,14-23,56)

1 - Les trois apôtres à Gethsémani. Le Seigneur va prier seul dans l’angoisse. Il revient vers ses apôtres pour leur en faire part. Ils dorment. Ils sont tiraillés entre l’obéissance : « Priez », et le souci d’eux-mêmes (leur capacité de prière est petite). Ils ne sont pas prêts à entrer avec lui dans son angoisse. Ici se remarque la tiédeur de l’Église, mais aussi la faiblesse du Seigneur devant son Église. Il ne peut employer la force pour briser ce qui lui résiste. Non parce que Dieu serait faible devant sa créature, mais parce qu’il a choisi cette faiblesse pour s’en aller seul sur le chemin de l’abandon (Nachlassbände - désormais NB - 98-99).

2 – Les larrons crucifiés avec le Seigneur… sont pour lui des étrangers, des inconnus… Sans se lasser, le Seigneur associe à sa mort les hommes les plus étrangers. Et l’Église n’a pas le droit de refuser l’accès à l’Église et à ses sacrements, au moment de leur mort, à des hommes qui, comme les larrons, étaient apparemment loin de la foi, n’y avaient peut-être adhéré qu’extérieurement  et qui, comme les larrons, après quelques essais, s’en étaient à nouveau détournés. Ceux-là aussi, à l’heure de leur mort, peuvent recevoir la grâce de la conversion et,  par les derniers sacrements, être introduits à l’improviste au centre du mystère de la mort du Seigneur. Et le Seigneur prête assistance aux larrons au moment de leur mort en partageant, de manière divine, leur mort humaine. L’un des deux, il le sauve tout de suite  et de façon visible; l’autre, il le laisse cheminer sur la route des pécheurs, qui demeure invisible; tout ce qu’on sait de lui, c’est que le Seigneur est mort aussi pour lui (Sur Jn 19,18, Jean. Naissance de l’Église I,118).

3 – « L’un de vous me trahira ». Tous se mettent à poser la question, y compris Jean : « Pas moi quand même? » Toute l’Église doit toujours participer à cette incertitude; personne ne peut dire avec assurance : ce n’est pas moi. Et si l’un tombe, tous sont concernés. Leur tristesse est justifiée ; si ce n’est pas eux, c’est l’un de leurs frères. (Sur Mt 26,20-23, Passion nach Matthäus 19).

4 – Chaque péché en particulier aggrave le sort du Seigneur… Il faut que nous sachions que nous rendons sa voie plus douloureuse par chacun de nos péchés… Le pénitent doit savoir que son péché (comme la gifle du serviteur) augmente les souffrances du Seigneur (Sur Jn 18,24, Jean. Naissance de l’Église I, 37-38).

5 – « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » Si le Fils est abandonné du Père, que nul ne songe que le Père lui aussi ne soit pas abandonné du Fils. Car si le Fils ne peut plus atteindre le Père, il est impossible que le Père puisse encore atteindre le Fils. Le Père aussi est abandonné à la croix et séparé de son Fils, séparé de lui.Il en est ainsi parce que l’amour est une unité et que dans l’amour il est impossible que l’un soit frappé sans que l’autre aussi soit frappé (Sur Jn 8,18, Jean. Les controverses I, 150-151).

6 – Le Fils a quitté deux fois sa vie pour se mettre à notre service dans l’amour : en quittant la Trinité pour devenir homme, en quittant sa vie terrestre par sa mort. En se dépouillant ainsi deux fois, il a montré ce dont l’amour était capable. Il a montré aussi que l’amour est réduit à un mot sans contenu s’il ne peut aller jusqu’à donner sa vie pour se réaliser (Sur 1 Jn 3,16, Die katholischen Briefe 128).

7 – Placé dans un tombeau neuf, le Seigneur bénit toutes les sépultures jusqu’au jugement dernier. Le Seigneur met sa résurrection comme gage dans tous les tombeaux à partir du moment où, par sa mort, il a vaincu le monde… Le tombeau sert comme d’une sorte de lieu de rencontre secret sur terre entre le Père et le Fils. Le corps est laissé seul dans le tombeau avec la grosse pierre qui le ferme. Il est abandonné à Dieu. Il est inaccessible aux hommes. Les hommes ont fait leur œuvre; ils l’ont tué et mis au tombeau. Ce qui reste, c’est quelque chose de divin. Dans le corps ici couché est continuée une œuvre céleste commencée avant l’Incarnation. Pour Dieu, il n’était pas plus difficile de faire un corps là où il n’y avait pas de corps que de tirer d’un cadavre un corps ressuscité. Le sépulcre intact, jamais utilisé, renvoie à la virginité de Marie. Des deux côtés, quelque chose qui est déposé, semble-t-il par un Joseph. Des deux côtés, Dieu va faire éclater les lois humaines pour manifester sa vie. Il va briser les lois humaines. Le Fils se met à la disposition du Père… (Sur Mt 27,60, Passion nach Matthäus 202-205).

8 – Quand Jésus est tout petit, toute la vie de Marie baigne dans la grâce. Quand Jésus est devenu adulte, le plus dur pour Jésus est qu’il doit faire partager à sa Mère les souffrances incluses dans sa mission (NB 9, 1992).

9 – La plus grande douleur qu’on puisse infliger (au Père), c’est de tuer son Fils; mais en mourant, le Fils lui témoigne un amour si grand qu’il surpasse même cette douleur… Là où l’opprobre du monde infligé à Dieu parvient à son comble, là aussi l’amour du Fils pour le Père et la glorification du Père atteignent leur perfection. Là où le Père est le plus douloureusement touché, le Fils lui enlève toute souffrance. Après la mort du Fils par la main des hommes, le Père est plus riche en amour; car sa création lui est rendue par l’amour plus grand du Fils (Sur Jn 18,32, Jean. Naissance de l’Église I, 562).

10 -  (Jésus accomplit une petite prophétie : s’asseoir sur le petit d’une ânesse). En accomplissant cette prophétie, il réalise ce qui est grand : la volonté du Père, ce qui est la chose la plus importante… Tout ce qui est petit dans la voie du chrétien participe à ce qui est grand… à condition toutefois que ce qui est grand s’humilie, devienne petit et quotidien et insignifiant (Sur Jn 12,14-15, Jean. Les controverses II, 186-187).

11 – Le mystère de la souffrance substitution du Serviteur de Dieu s’étendra par sa grâce à certains des siens qui ont été sauvés par lui… Sans que ce soit de leur faute, il y a des temps où Dieu leur cache son visage : c’est la nuit de Jean de la croix, le crépuscule de Thérèse de Lisieux (Sur Is 54,6-10, Isaias 107).

12 -

18/01/2018. A suivre.

 

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