66. A.v.Speyr, Pâques 1

 

66

Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Pâques 1

 

 

Veillée pascale   Année A ( Mt 28,1-10)

1 – « Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent visiter le tombeau ». A la première heure possible, Madeleine se rend au tombeau. Elle a un but fixé ; son dessein est d’embaumer le corps du Seigneur, mais elle veut d’abord aller voir le tombeau. Sa foi se trouve en un étrange suspens. D’un côté, le Seigneur est mort ; elle ne peut pas dire qu’elle agit explicitement sur son ordre. Elle ne peut pas non plus affirmer que c’est sur l’ordre des apôtres qu’elle fait le chemin jusqu’au tombeau. Et néanmoins elle en a l’ordre, comme personnel, donné pour elle. Elle a l’intuition de devoir aller voir le tombeau, sans voir clairement la portée de son acte. En voulant aller voir le tombeau, elle accomplit un acte de la foi, de l’obéissance immédiate à Dieu. Dans un certain sens, elle se rend aveuglément au tombeau afin d’y recevoir la lumière de la foi (Sur Mt 28,1. Cf. Trois femmes et le Seigneur 51-53).

2 – L’ange s’adresse aux femmes. Il les invite à s’approcher et à regarder la place vide où reposait Jésus. « Il n’est pas ici ». Il n’est plus visible, tangible, localisable dans l’espace et le temps : il faut y renoncer. Nul dans l’histoire du monde laisse derrière soi une telle « place vide », comme celui qui fut enterré hier ici. Lui qui était entré avec un tel relief dans l’histoire n’est plus saisissable au sein de cette histoire. « Il est ressuscité comme il l’avait dit » ; il a, dans l’histoire close, pratiqué une brèche qui ne se fermera plus. Tous les gardes au tombeau n’ont pu empêcher cette brèche et plus on fait d’essais pour la boucher, plus elle devient surprenante. Ce qui est accordé aux femmes à la place de ce vide, c’est la joie du message aux disciples, une joie qui s’approfondit encore lorsque le Seigneur lui-même leur apparaît et renouvelle la mission. « Ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront ». C’est là où tout a commencé, dans le quotidien d’une vie séculière, que la nouvelle vie doit commencer : dans ce qui est sans apparence est l’unique et l’inconcevable ((Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 67).

Veillée pascale   Année   B  ( Mc 16,1-8)

1 - « Qui nous roulera la pierre? » Dès l’aube, les trois femmes arrivent au tombeau, le premier jour de la semaine. Elles ne remettent rien à plus tard. Elles se trouvent devant une grande difficulté. Elles sont bien conscientes que leur force à elles ne suffit pas, même en s’y mettant à trois. Il apparaîtra que tout leur souci était vain. C’est Pâques et elles ne le savent pas. Elles portent encore avec elles pour ainsi dire toutes les peines de la Passion et de la mort, elles se trouvent dans toute la tristesse de Vendredi et du Samedi saints. Au fond tous nos soucis sont toujours des soucis de Pâques dont nous pouvons nous décharger sur celui qui a porté la croix et est ressuscité (Sur Mc 16,1-3. Cf. Saint Marc 701-703).

2 - « La pierre roulée ». Tout le message de Pâques commence chez Marc par de la stupeur. C’est incompréhensible, mais la tombe est ouverte. Aurait-elle été profanée? Aurait-on enlevé le corps du Seigneur? Aurait-on infligé au Seigneur une offense supplémentaire après la Passion du Vendredi saint et après le Samedi saint? Cela toucherait aussi les femmes, car elles lui sont liées au point que rien ne peut l’atteindre sans aussi les concerner. (Elles avaient du souci pour cette fameuse pierre à rouler, et quand elle arrivent elles constatent que la pierre a été roulée de côté). Il en va ainsi pour tous nos soucis : ils ne sont enlevés qu’une fois qu’on les a vus. Quand nous avons remis au Seigneur tout ce qui nous pèse sur un plan naturel, pour que notre souci devienne le sien, il l’assume (Sur Mc 16,4. Cf. Ibid. 703).

3 - « Il est ressuscité ». Il a donc accompli ce que nul homme n’a accompli. Il s’est laissé relever par le Père. Le Seigneur a souvent parlé de cet événement. Et pourtant quel effet produiront ces paroles sur les trois femmes? (Le message de l’ange) vient de façon inattendue, soudaine, entière. Il tombe à l’improviste. Et les femmes, ne pourront jamais saisir le contenu des paroles de l’ange. Même lorsque plus tard elles verront le Seigneur, elles ne saisiront jamais tout le contenu des paroles de l’ange. Celles-ci ont la plénitude du divin, du céleste, de l’éternel (Sur Mc 16,6. Cf. Ibid. 706-707).

Veillée pascale Année C (Gn 22,1-18 ; Ex 14,15-15,1 ; Lc 24,1-12)

1 – Avec la mort de Jésus, la Parole de Dieu est à sa fin, l’Église a veillé silencieusement au tombeau, dans la fatigue de Marie transpercée par tous les glaives de la souffrance ; toute foi vivante, toute espérance vivante, a été déposée auprès de Dieu. Aucun alléluia prématuré ne retentit. L’Église qui veille et qui prie a le temps de se remémorer le long chemin que Dieu, depuis la création du monde, a parcouru avec son peuple à travers toutes les étapes de l’histoire du salut ; elle voit le salut même dans les situations les plus difficiles, comme dans le sacrifice d’Abraham, comme dans le passage étroit à travers la mer partagée, comme dans l’appel à revenir de l’exil ; et l’Église comprend que c’étaient de purs événements de la grâce (HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 65).

2 – Se rendant au tombeau de grand matin avec leurs aromates, les femmes trouvent la pierre roulée sur le côté, elles entrent dans le tombeau, mais ne trouvent pas le corps de Jésus qu’elles cherchaient. Elles sont consternées, car ce qu’elles ont trouvé n’a pour elles aucun sens ni humainement ni surnaturellement. Il en sera de même pour Pierre quand il se rendra au tombeau. C’est dire à quel point étaient restées inimaginables pour tous, même pour ceux qui étaient le mieux disposés, les paroles de Jésus sur sa résurrection le troisième jour. Pour aucun homme, pour aucune religion,il n’existe une prédisposition à comprendre un tel événement qui se produit en plein milieu du déroulement de l’histoire ordinaire, dans laquelle les défunts sont morts définitivement. C’est ainsi que les femmes ont besoin d’un rappel surnaturel de la prédiction de Jésus : quand il était encore en vie, il leur avait dit qu’il serait livré aux mains des pécheurs et qu’il ressusciterait le troisième jour. Pour les femmes, c’est comme si elles entendaient ces paroles pour la première fois. Ces paroles autrefois incompréhensibles prennent sens devant le tombeau vide et le rappel explicite qui en est fait. Ce qui autrefois était incompris est transformé par les anges en un pressentiment qui aidera à la compréhension. (Cf. Ibid. 66-67).

3 – Du pur radotage. De retour du tombeau, les femmes rapportent aux disciples ce qui leur est arrivé et la rencontre des anges. Pour les disciples, ce n’est pas croyable. Il n’existe, dans l’expérience humaine, aucun cas qui rende vraisemblable une résurrection. Il peut y avoir des hallucinations, mais elles prouvent le contraire. Cette histoire de résurrection ne peut être que pur radotage. Pour beaucoup, elle l’est restée jusqu’à nos jours. – Pierre pourtant court au tombeau, il voit bien le linceul resté là. Que peut-on bien avoir voulu faire du cadavre ? Pierre revient du tombeau « étonné ». Le chemin qui conduit plus loin, jusqu’à la foi, s’ouvrira quand le Seigneur donnera la grâce d’être vu et adoré avec les yeux de l’Esprit (Cf. Ibid. 67).

Dimanche de Pâques   ABC    (Ac 10,34.37-43; Col 3,1-4; Jn 20,1-9)

1 - Tant qu’un homme ne croit pas, il n’a pas le droit à proprement parler de voir le Seigneur autrement que sur la croix, mort. Mon droit de le voir ressuscité commence quand je le laisse vivre en moi (Die Schöpfung 44).

2 – Notre vie est cachée avec le Christ en Dieu : cela veut dire que moins encore que le Fils nous connaissons notre heure. Demain et tout notre avenir nous sont cachés parce qu’ils se trouvent inclus dans le secret du Fils. Nous ne sommes pas des marionnettes aux mains d’un étranger. Nous sommes des vivants qui vivons de la vie du Seigneur…, capables avec lui d’accomplir la volonté du Père. Si la vie du Fils lui-même, qui était pleinement soumis à la volonté du Père, est demeurée cachée en Dieu, nous n’aurons pas la prétention de vouloir tout connaître de la nôtre. Rendre grâce seulement parce que la vie a un sens dans le Christ qui est assis à la droite du Père (Sur Col 3,3. Der Kolosserbrief 88).

3 – Se savoir liés, de manière vivante, à la vie éternelle par la résurrection (du Christ)… Le Seigneur ressuscité n’a pas disparu dans un ciel inaccessible; tout comme lorsqu’il cheminait sur terre, il est toujours le pont efficace reliant le quotidien humain à Dieu. De même qu’il est près du Père, il est près de nous (Sur 1 Co 15,34. Première épître aux Corinthiens II,223-224).

4 – La résurrection de Jésus d’entre les morts signifie l’absolution pour le monde entier (Nachlassbände - désormais NB - 5,119).

5 – La résurrection est le but de la rédemption. Elle est la rédemption même. L’humanité n’est pas sauvée dans sa vie à elle mais dans la vie ressuscitée du Fils… Le Fils n’est pas une idée, il est le Ressuscité qui fait entrer ses frères dans sa résurrection (Le mystère de la mort 52-53).

6 – Personne n’a vu l’heure de ta victoire. Personne n’est le témoin de la naissance d’un monde. Personne ne sait comment la nuit infernale du samedi s’est transformée en la lumière du matin de Pâques. C’est en dormant que nous avons été transportés sur des ailes par-dessus l’abîme, en dormant que nous avons reçu la grâce de Pâques. Et personne ne sait comment l’événement lui est arrivé. Chacun ignore quelle main a caressé sa joue de telle sorte que soudain le monde blême éclata pour lui en vives couleurs et qu’un sourire involontaire s’épanouit sur son visage à cause du miracle qui s’accomplissait en lui…

Tu étais encore à genoux, il y a un instant, en larmes auprès du tombeau vide. Et tu ne penses toujours qu’à une chose : le Seigneur est mort, la vie si douce entre lui et moi a cessé. Tu te contentes de fixer le vide béant du sépulcre, un souffle glacé qui donne le frisson émane de ton âme, où repose le défunt, où tu l’as embaumé et enveloppé des bandelettes de ton respect qui n’attend plus rien. Tu veux entourer son tombeau d’un culte immortel, prier sans relâche, faire célébrer dans les églises des cérémonies autour d’un absent, un service sans espoir en l’honneur de ton amour défunt. Hélas, que signifie maintenant la résurrection? Qui le sait parmi ceux qui ne sont pas ressuscités? Que signifie maintenant la foi? Elle est scellée dans le tombeau. Que signifie maintenant l’espérance? Une pensée morne sans force et sans élan. Et l’amour? Ah, peut-être encore le regret, la douleur vide et inconsolée, la lassitude qui ne peut même plus s’affliger.

Ainsi tu es fixée dans le vide. Car en fait le tombeau est vide, toi-même es vide, mais, par là-même, tu es déjà pure, seule une raideur t’empêche de regarder en arrière. Tu regardes fixement devant toi, et derrière toi se trouve la Vie! Elle t’appelle, tu te retournes et tu ne la reconnais pas; ton œil désaccoutumé de la lumière est incapable de la percevoir. Et soudain un seul mot : ton nom! Ton nom propre, celui que tu aimes tant, sortant de la bouche de l’amour, ton être, ton essence, toi-même, jailli des lèvres qu’on croyait fermées à jamais. Ô parole, ô nom, ô toi, mon nom propre! Dit à mon adresse, émis dans un sourire et dans une promesse, ô fleuve de lumière, ô foi, espoir, amour!

Dans le temps d’un éclair, je suis devenue l’être nouveau, je le suis, je le peux, j’en ai le droit, je suis rendue à moi-même pour pouvoir me jeter dans le même instant, dans le même transport d’allégresse, aux pieds de la Vie. Je suis la Résurrection et la Vie! Qui croit en moi, qui est touché par moi, qui entend son nom de ma bouche, celui-là vit et il est ressuscité des morts. Et c’est aujourd’hui ton jour de naissance,  le plus neuf, le plus jeune de tes jours, pour toi il n’y en aura jamais de plus jeune que ce jour d’aujourd’hui, où la Vie éternelle t’a appelé par ton nom.

Maintenant je sais qui je suis, maintenant je peux l’être, car mon amour m’aime, mon amour me fait don de la confiance… Va  et annonce à mes frères! Déjà je vois tes ailes battre avec impatience, va, ma colombe, ma messagère de Pâques, va porter l’annonce à mes frères. Car voici l’état de résurrection et la vie : répandre le message, porter la flamme. Être disponible dans ma main pour la construction de mon royaume dans les cœurs…

Et lorsque les disciples ivres de bonheur cherchent à le voir de leurs yeux, à le palper de leurs mains, il s’esquive et leur indique la voie à suivre : Allez et portez le message! Et il les entraîne dans un tourbillon à perdre haleine. Et enfin, le soir, ils sont réunis dans la salle, le cœur brûlant, et, pleins de son amour, ils se racontent les uns aux autres les événements du jour. Et, pendant qu’ils parlaient encore, le voici au milieu d’eux, qui les salue : La paix soit avec vous (HUvB, Le cœur du monde 169-173)!

7 – Marie-Madeleine a le cœur fidèle. De manière féminine, par besoin de se sentir proche du Seigneur, elle se soucie de la tombe du Seigneur. C’est lui qui lui a enlevé ses péchés, lui qu’elle a perdu. Par sa conversion, Marie s’est tellement libérée d’elle-même qu’elle n’est plus qu’un espace pour l’amour. Elle avait péché à cause d’un amour détourné; l’amour véritable l’a libérée. Elle a expérimenté de manière exemplaire que la contrition chrétienne est tout autre chose que le regret stérile d’une faute commise. Marie commence sa besogne tôt le matin, « comme il faisait encore sombre ». C’est l’amour qui la pousse à vérifier si la tombe est en ordre. Elle sait de quoi le Seigneur l’a délivrée, de sorte qu’elle est constamment prête au sacrifice, plus que d’autres, et ce n’est pas un hasard si elle apparaît la première près du tombeau (Sur Jn 20,1. Cf. Jean. Naissance de l’Église I, 174-175).

8 – Marie-Madeleine avec son message court chez les deux disciples. C’est une femme simple; elle se sert de son intelligence humaine. Son amour pour le Seigneur, qui est un amour vivant, ne réclame pas de miracle. Il lui suffit de pouvoir œuvrer dans l’amour du Seigneur. Elle ne pense pas à exiger quelque chose d’extraordinaire.  Elle est évidemment prête à accueillir tout miracle qui lui viendrait du Seigneur. Mais sa pensée n’est plus aux miracles. Si le corps du Seigneur n’est plus là, c’est, pense-telle, qu’on l’a emporté. Et elle ne sait pas où on l’a mis. Elle-même ne s’est pas mise à sa recherche. Sa tâche pour le moment, n’est rien d’autre que ce message (Sur Jn 20,2. Ibid. 179).

9 – Les deux disciples courent, l’un et l’autre aussi vite que possible, mais dans l’Église l’amour court toujours plus vite que le ministère. Il voit plus vite les tâches à remplir, il est toujours prodigue de lui-même. Le ministère, même en déployant sa plus grande rapidité, n’arrive pas à rattraper l’amour. Le ministère doit s’occuper de tous, il doit autant que possible les entraîner tous, tenir compte de tous. Il ne peut pas seulement amener au Seigneur ceux qui se hâtent le plus; il doit se soucier de tout le troupeau qui lui a été confié, de ceux qui sont lents et tièdes (Sur Jn 20,4. Cf. Ibid. I,180-181).

10 - (Le disciple)… ne se met jamais en avant. Il ne demande pas à tout instant à son ami quel service il pourrait lui rendre ou quels sont ses désirs… Par ces questions indiscrètes, il mettrait en lumière plutôt son propre amour au lieu de penser à celui qu’il aime. Ce n’est pas la même chose si quelqu’un prie pour adorer Dieu ou s’il prie pour rappeler au Seigneur qu’il est est là et qu’il attend ses faveurs. Le vrai amour se tient prêt pour le moment où l’on voudra s’en servir. Jean pose sa tête sur la poitrine du Seigneur au moment où le Seigneur a besoin de lui. Maintenant qu’il a reconnu que le Seigneur est vivant, il sait que celui-ci viendra le chercher au bon moment, quand il aura besoin de lui. L’amour ne se fait jamais remarquer (Sur Jn 20,5. Ibid. I,183).

11 – Marie de Magdala, la première, a vu le tombeau ouvert. Pierre et Jean courent ensemble au tombeau, et pourtant pas ensemble parce que l’amour (Jean) est plus rapide, plus insouciant que le ministère (Pierre), le ministère qui doit se soucier de beaucoup de choses. Mais pour l’examen du tombeau, l’amour cède le pas au ministère. C’est Pierre d’abord qui voit le suaire plié et juge qu’aucun vol ne peut avoir été commis ici. Puis le ministère cède la place à l’amour qui voit et qui croit. Les disciples s’en retournent chez eux. Mais la femme ne s’en retourne pas chez elle, elle reste à l’endroit où le mort a disparu et le cherche. La place vide devient lumineuse, délimitée par deux anges qui se tiennent à la tête et aux pieds. Mais le vide lumineux ne suffit pas à l’amour : elle doit avoir l’unique aimé. Elle le reçoit dans l’appel de Jésus : Marie ! Par là tout est comblé, le cadavre cherché est l’éternel Vivant. Mais il ne faut pas le saisir car il est en route vers le Père : la terre ne doit pas le retenir, mais dire oui : comme jadis à son incarnation, maintenant à son retour au Père. Ce qui devient la chance de l’envoi aux frères car donner est plus béatifiant que garder pour soi (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 68-69).

02/02/2019. A suivre.



Hôtellerie
Vous souhaitez faire une pause spirituelle ?

Hôtellerie de l'Abbaye

Spiritualité
Découvrez les richesses de la foi avec d'autres croyants.

Spiritualité

Paroisse
Célébrez les mystères de la foi avec d'autres croyants.

Wisques - Paroisse


LiensMentions légales | création site web arsitéo