71. A.v.Speyr, Pâques 3

 

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Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Pâques 3

 

3e Dimanche de Pâques C (Jn 20,1-19)

1 – Le paradis de Dieu est si simple que c’est un festin avec un gâteau de miel et un poisson grillé. Si terrestre que c’est un matin de pêche sur le lac de Génésareth, les vagues viennent mourir sur la grève, le soleil matinal brille à travers la brume, sur le rivage un homme est debout, il appelle, il fait signe, on jette le filet du côté droit, et à l’instant c’est un fourmillement de poissons dans le filet. Sur la rive le déjeuner est prêt, tous s’installent pendant que les pierres sèchent, et comme aucun d’eux n’a besoin de demander qui est l’étranger, le silence n’est troublé que par le clapotis des vagues.

Ô paix qui dépasse toute question : c’est le Seigneur. Et tout cela est aussi simple que s’il n’en avait jamais été autrement. Le Maître bénit le pain comme à l’ordinaire, il le leur tend après l’avoir partagé. Comme s’il n’y avait jamais eu la croix, les ténèbres, la mort. La paix soit avec  vous. Comme si la trahison, le reniement, la déroute, ne s’étaient jamais élevés dans leurs cœurs. La paix soit avec vous, je vous donne la paix, non comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble pas et ne s’effraye pas. Car voyez : j’ai vaincu le monde (HUvB, Le cœur du monde 173-174).

2 – Et toi, Simon Pierre, fils de Jean, m’aimes-tu? M’aimes-tu, ô âme qui m’a renié trois fois? Ne m’as-tu pas toujours aimé, et n’était-ce pas encore de l’amour lorsque tu te glissais à ma suite au lieu de fuir comme les autres dans quelque sûre cachette, de l’amour lorsque, transi de froid et comme hors de sens, troublé et paralysé, tu assistais au bivouac nocturne? Tu te chauffais, mais quelle chaleur s’efforçait de pénétrer dans ton âme engourdie, qui niait sans savoir comment la chose lui arrivait, parce qu’il fallait que vous m’abandonniez tous afin que je puisse aller seul mon chemin – un chemin qu’il faut être seul à parcourir – ton âme qui  niait pour que l’amer torrent des larmes vint me la livrer tout entière au chant du coq.

Tout cela est maintenant lointain et à  peine visible encore, une nouvelle page est tournée. Ce n’est pas seulement la mort que j’ai vaincue, et pas seulement le péché, c’est aussi son opprobre, la honte infâme, la lie amère de ta faute, et ton remords et ta mauvaise conscience : tout cela a disparu sans laisser plus de traces que la neige qui fond au soleil de Pâques. Maintenant tu me regardes si franchement dans les yeux, avec une telle liberté et une mine si innocente (pas même avec l’air affecté de l’enfant qui voudrait cacher sa sottise derrière un visage limpide), tu me regardes avec plus d’aisance encore que ne s’élève un chant de printemps, et ton regard est jusqu’au fond aussi bleu que le ciel pur au-dessus de nous, de telle sorte que je dois bien te croire quand tu dis : « Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime! »

C’est là mon cadeau de Pâques à ton adresse : ta bonne conscience, et tu dois le recevoir aussi avec une bonne conscience, ce cadeau, car je veux, au jour de ma victoire, ne voir autour de moi aucun cœur aigri… Les parents pardonnent à leurs enfants, et les amis se pardonnent les uns aux autres, eux qui pourtant sont des hommes et ne peuvent créer : comment pourrais-je alors, moi votre Créateur, ne pas accomplir cette action d’une fécondité créatrice au jour de ma naissance glorieuse (HUvB, Le cœur du monde 174-176)?

29/01/2018. A suivre.


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