75. A.v.Speyr, Ascension

 

75

Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Ascension

 

Ascension   A (Ac 1,1-11 ; Ep 1,17-23 ; année A : Mt 28,16-20; Année B : Mc 16,15-20; Année C : Lc 24,46-53)

1 – L’Esprit est envoyé par le Fils en même temps que par le Père. Il confirme premièrement le caractère authentique de la mission du Fils qui a réalisé les promesses de l’ancienne Alliance, et deuxièmement le retour du Fils au ciel, puisque que le Fils avait promis d’envoyer l’Esprit une fois au ciel. En faisant cette promesse, le Fils montre que, même après son Ascension, le ciel demeure ouvert au-dessus de la terre. La sollicitude du ciel pour la terre n’a pas pris fin. Pas plus qu’Adam ne fut abandonné au monde par le Père, les apôtres ne sont livrés par le Fils à leur destin. Le ciel reste ouvert. Les promesses n’ont pas fini de s’accomplir. (Les portes de la vie éternelle 107-108).

2 – Mon royaume n’est pas mon royaume. Tout ce qui m’appartient appartient au Père. Vous tous, mes frères créés, je vous aime pour l’amour de mon Père. Vous êtes le butin que je rapporte avec moi au défilé de ma victoire et que je dépose devant son trône. Croyez-moi, le Père vous aime; il vous aime tant qu’il ne m’a pas épargné et m’a livré pour vous. Il est l’ouvrier, je ne fus que son ouvrage. C’est lui qui a planté, créé et fondé, lui qui vous a choisis et prédestinés, qui vous a aimés alors que vous étiez encore des pécheurs, attirés à lui afin que vous receviez, comme une grâce, la mission d’annoncer la grandeur de sa puissance. A lui est le royaume, et c’est pourquoi vous devez prier ainsi : que ton règne arrive…

Le bonheur d’un homme qui a conquis un royaume à la pointe de l’épée pour l’offrir à sa bien-aimée, qu’est-il comparé au bonheur que j’éprouve à l’instant où je remets à mon Père le monde tout entier… Et ainsi c’est là mon bonheur d’être sa propriété et le rayon de sa lumière, et de revenir inaltéré dans son sein à travers le brouillard du monde. Pourtant je reviens au foyer plus riche que je n’étais sorti…

Nous sommes pris, moi et le monde, dans ce jeu de vagues de l’amour, et il n’y a rien au-delà sinon l’honneur toujours plus grand du Père toujours plus grand (HUvB, Le cœur du monde, éd. 1956,  185-187).

3 – A l’Ascension, le Fils retourne en Dieu et il reste, tout de même, continuellement en échange avec le monde, tant avec les individus qu’avec l’ensemble de l’Église, échange fécond qui a pour but de faire participer tous les hommes à l’échange trinitaire (Sur 1 Co 16,19-20. Première épître aux Corinthiens II,280).

4 – La première lecture contient l’évangile proprement dit. Les quarante jours de l’apparition du Ressuscité étaient un passage très mystérieux entre la vie et la mort terrestres de Jésus d’une part et son ascension au Père d’autre part. Dès le début de sa vie, il était celui qui avait été engendré par l’Esprit et qui était rempli par l’Esprit. Maintenant il est le Glorifié entièrement rempli de l’Esprit. Ce qui lui tient à cœur, c’est uniquement le Royaume de Dieu (v. 4) que les disciples auront à proclamer dans l’Esprit Saint jusqu’aux extrémité de la terre. Les disciples n’ont pas encore reçu l’Esprit et, pour eux, c’est toujours de la royauté en Israël qui est importante. Mais le désir des disciples est chassé par deux choses : l’attente priante de l’Esprit et l’envoi dans le monde entier. Ces deux choses constitueront l’essence de l’Église : la prière instante pour demander l’Esprit de Dieu et l’attestation. Ceux qui regardent Celui qui disparaît, les anges les renvoient à la double mission qui leur a été indiquée (HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 79-80).

5 – La deuxième lecture décrit le pouvoir illimité que Dieu le Père a remis au Fils transporté au ciel. Et cela non seulement pour le temps éphémère de ce monde, mais aussi pour le monde à venir, glorifié en Dieu. Mais chose étonnante, une distinction est faite entre la puissance de Celui qui a été exalté sut le Tout et sa position comme tête de l’Église, qui est son corps. Ce n’est pas le cosmos qui est son corps, mais l’Église seule, dans laquelle il vit par ses sacrements, son eucharistie, sa parole, son Esprit et sa mission. L’Église n’est pas fermée sur elle-même, elle est ouverte sur le monde qui doit, par l’Église, être intégrée dans la plénitude du Christ et de Dieu. . Le Fils reçoit tout du Père et il transmet ce tout sans condition. La mission de l’Eglise est d’apprendre aux hommes à suivre tout ce que Jésus a dit et fait. Cette mission apparemment surexigeante est rendue possible parce que le Seigneur est tous les jours jusqu’à le fin du monde avec ceux qu’il envoie, garantissant par là la possibilité d’accomplir la mission (Cf. Ibid. 80-81).

6 – « Qu’il vous donne l’Esprit de sagesse et de révélation qui vous le fasse connaître » (Ep 1,17). Cet Esprit fait partie lui aussi de la gloire du Père. Car le Père possède en lui depuis toujours toute la sagesse et toute la révélation. Mais il veut les donner. Et le Fils est la révélation de la sagesse du Père, tandis que l’Esprit Saint est celui qui communique à la fois la sagesse et la révélation. Cet Esprit, Dieu ne peut le donner que pour se faire connaître. Dieu confère à la communauté la connaissance de Dieu ; et cette connaissance comprend Dieu le Père sous la forme de la sagesse, Dieu le Fils sous la forme de la révélation, Dieu l’Esprit Saint sous la forme de la transmission de la sagesse et de la révélation, si bien qu’à présent le Père semble jouir d’une sorte de prééminence puisqu’il possède en lui-même la vie tout entière de la Trinité et que la connaissance de l’Esprit et du Fils conduit finalement à la connaissance du Père (Cf. L’Épître aux Éphésiens 49).

Ascension     B   ( Mc 16,15-20)

1 – « Allez par le monde entier ». La partie décisive du message de Pâques réside en ce que le Seigneur confie aux Onze un mandat de mission illimité : le monde entier et toutes les créatures forment l’espace de ce mandat. Le champ de sa propre action était limité. Le Seigneur est à peine sorti des frontières de son pays. Il n’a converti qu’un petit nombre de gens. Et voilà qu’il donne aux disciples pas moins que le monde entier à convertir. L’Évangile doit être prêché à toutes les créatures. C’est un mandat illimité. S’il avait été donné pendant la Passion, ils auraient croulé sous son poids; Mais le Seigneur utilise la joie des retrouvailles pour leur confier ce mandat au cœur de cette joie (Sur Mc 16,15. Cf. Saint Marc 720-721).

2 - « Et il s’assit à la droite de Dieu ». Cela l’évangéliste le sait. Le Seigneur a promis de s’asseoir à la droite de Dieu. Et sa parole se réalise. Il s’assied à la droite du Père comme celui qui a fait tout ce que le Père a attendu de lui et qui lui rend tout à son retour au ciel. Ce geste montre la joie du Père et la joie du Fils qui se retrouvent sans s’être jamais perdus. Certes le Fils sur la croix n’a plus su où est le Père. Mais il n’était pas perdu. Il était dans la nuit de la Passion. A présent il retrouve le Père dans la joie de l’Ascension. C’est une joie qui associe le monde, scelle l’œuvre de rédemption : le Fils ramène au Père sa création (Sur Mc 16,19-20. Cf. Ibid. 725).

3 - « Et il confirmait la Parole par les miracles ». C’est le Seigneur qui confirme leurs paroles. Il sait bien que les gens sont capables de comprendre la Parole dans une certaine mesure, mais qu’ils ont peut-être quand même besoin de plus. Il connaît leurs faiblesses. Le Seigneur cherche donc un moyen de conférer une force neuve à la Parole. C’est ce qui se passe dans les miracles. Les miracles ne sont jamais là pour distinguer certains, exciter et satisfaire le goût des gens pour la sensation, ils sont là seulement pour confirmer la Parole. Ils sont une façon de souligner la Parole, de l’expliquer, ils luis confèrent de l’intensité. Un miracle qui ne présenterait pas de rapport avec le Seigneur n’en serait pas un (Sur Mc 16,20. Cf. Ibid. 727-728).

4 – Les lectures d’aujourd’hui tournent autour d’un unique mystère : l’ascension de Jésus est en même temps l’envoi de l’Église dans le monde entier. Les disciples sont attelés à la construction du Royaume : l’Esprit Saint les en rend capables ; ils devront être les témoins de Jésus jusqu’aux confins de la terre. Pour leur ouvrir des espace grands comme le monde, la figure visible de Jésus disparaît : le point central du monde n’est plus désormais là où il était visible, mais partout où l’Église aura à se rendre. Il n’est pas dit aux disciples qu’ils trouveront partout la foi : ce n’est pas eux qui la confèrent par leur prédication, c’est Dieu, dans le cas où l’homme accepte sa grâce. L’homme peut aussi la refuser, par sa propre faute – non par la faute des prédicateurs – et s’exclure lui-même du salut. Il est promis aux disciples une protection particulière, et aussi un pouvoir particulier, si bien qu’ils n’ont pas à attribuer leur succès à eux-mêmes, mais au Seigneur qui les envoie. Et la même chose s’applique à ceux qui viennent après eux par la foi (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année B, 79-80).

Ascension C ( Ac 1,1-11 ; Ep 1,17-23 ; Lc 24,46-53)

1 – « Tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux ». Le Seigneur rappelle l’essentiel de la Sainte Écriture : la passion et la résurrection du Messie, et c’est ce qui est désormais annoncé à tous les peuples. Pour cette quintessence de toute révélation, les disciples étaient et restent les témoins oculaires, et cette grâce unique (« Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ») fait d’eux les témoins « choisis ». Cependant le témoin principal est Dieu lui-même, son Esprit Saint, qui conférera à leurs paroles humaines « la force venue d’en haut ». Ils doivent l’attendre, si bien que leur mission exigera une obéissance constante à l’Esprit. Le départ de Jésus vers le Père se produit avec une bénédiction finale qui enveloppe tout l’avenir de l’Église, dont l’efficacité dure à travers les temps et régit toute notre activité (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales, Année C, 81).

2 – « Mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac). Les Actes des apôtres élargissent le champ missionnaire jusqu’aux extrémités de la terre. La réconciliation réalisée par Dieu dans le Christ concerne le monde entier, tous les peuples doivent en bénéficier. Les apôtres ne font pas de propagande pour une religion déterminée, ils annoncent un événement divin qui intéresse par avance tous les hommes et les a déjà atteints, qu’ils le sachent ou non. Mais ils doivent le connaître, parce qu’ils peuvent alors placer leur vie dans cette lumière qui lui donne sens et l’ordonner en conséquence (Cf. Ibid. 81-82).

06/09/2019. A suivre.

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