77. A.v.Speyr, Pentecôte

 

77

Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Pentecôte

 

Pentecôte    ABC   (Ac 2,1-11; 1 Co 12,3-7.12-13; Jn 20,19-23)

1 – (Les apôtres au cénacle avant la Pentecôte) attendent en priant la suite des ordres de Dieu. Par l’Esprit Saint, chacun reçoit une image totale du Seigneur et l’intelligence de la plénitude de Dieu (La Servante du Seigneur, éd. 1980, 155-156)

2 – Salomon désire ce que Dieu accorde de préférence : un don divin. S’il était possible qu’un envoyé reçoive dans la nouvelle Alliance l’ordre d’exprimer un vœu précis, il comblerait le Père de joie en demandant une grâce filiale… Ainsi le Père pourrait donner précisément ce qu’il préfère donner : l’Esprit (La mission des prophètes 49).

3 – Le Saint-Esprit se tient à la disposition… de l’Église… de telle manière cependant qu’elle doive sans cesse l’invoquer… Qu’elle possède l’attribut de l’infaillibilité ne la dispense pas du devoir de la prière pour demander l’Esprit. L’Épouse, dans son rapport avec l’Esprit, est toujours celle qui supplie (Sur Jn 20,8. Jean. Naissance de l’Église I, 188).

4 – Pour une écoute attentive de la voix et du message de l’Esprit Saint, le présupposé indispensable est une volonté d’ouverture continuelle envers Dieu… Si tu es ouvert à l’appel de Dieu, à l’Esprit Saint…, tu ne peux pas savoir quelle sera la réponse que tu vas entendre… Il y a dans le choix de Dieu une sorte d’absence de choix. Je choisis Dieu, mais lui me choisit dans un choix qui à mes yeux n’en est pas un. Je dis ; « A tes ordres, Seigneur ». Et sa réponse peut être tout autre que celle que j’attends (Sur Jn  3,8. Jean. Le Verbe se fait chair II, 59-60).

5 – Comme le Fils s’est fait homme pour témoigner du Père, ainsi l’Esprit agit dans l’Église pour témoigner du Fils. Tout ce qu’il touche, il l’entraîne vers le Fils comme le Fils essayait de tout mettre en mouvement vers le Père (Nachlassbände – désormais NB - 6,419).

6 – Liberté de l’Esprit qui souffle où il veut : on pourrait la comparer à la spontanéité de l’enfant qui, par ses idées – drôles ou sérieuses -, prépare sans cesse à ses parents surprise et joie (NB 5,151).

7 – Tout comme l’Esprit procède continuellement de Dieu et jamais ne cesse d’en procéder, jamais non plus il n’a fini de prendre possession de l’homme… (L’Esprit veut que l’homme) se laisse toujours plus complètement gouverner par lui. L’homme ne peut pas dire : « J’ai l’Esprit », mais tout au plus : « L’Esprit m’a touché, j’essaie de croire ». Parce que l’Esprit est éternel, ce qu’il a touché en l’homme porte des traces d’éternité (Sur 1 Co 2,12, dans HUvB, Adrienne von Speyr et sa mission théologique 235).

8 – L’Esprit, dans son rapport avec l’homme, a un triple aspect. D’abord il est quelque chose qui remplit l’homme et le stimule dans sa recherche de Dieu. Il est ce qui suscite le désir de Dieu et par là donne aussi le bonheur issu de ce désir, la joie en Dieu, le goût de Dieu, le désir d’être ouvert à Dieu… En second lieu l’Esprit est ce qui éveille en l’homme le désir de la prière. Il est la forme de la prière dont le contenu est l’amour… Enfin troisièmement l’Esprit est la source principale de la mission parce qu’il puise en Dieu le contenu de celle-ci et le pouvoir de l’accomplir. Il est cette source dans la mesure où il amène l’homme à discerner quelle est est sa vocation (Sur Jn 3,8. Jean. Le Verbe se fait chair II,58-59).

9 – L’Esprit, dans sa manière d’apparaître, est comme l’humilité de Dieu, il conduit au-delà de lui vers le Père et le Fils : il est flamme, langue, vent, colombe (NB 9,n.1566).

10 – L’Esprit Saint sait où l’homme doit regarder et aller pour être en Dieu et pour accomplir un nouveau pas vers Dieu en vérité. Un savoir qui n’exige aucun ravissement en Dieu mais qui est influencé humainement et en même temps influencé par Dieu . Un savoir qui se tient au point de rencontre de la nature et de la surnature et qui fait connaître clairement à l’homme  comment il doit se conduire dans la grâce (NB 6,391-392).

11 – Et maintenant, à la Pentecôte, l’Esprit descend sur eux. L’Esprit, qui auparavant leur parlait par la bouche du Seigneur, leur est à présent dévolu comme l’Esprit du Seigneur, leur parlant du Seigneur et le révélant. Grâce à cela, les liens purement humains, la compréhension toute littérale de ses paroles, sont transposés dans une liberté spirituelle et une intelligence spirituelle tout intérieure. Nul n’a besoin désormais de se rappeler ce qu’il a vécu personnellement avec le Seigneur pour posséder la mesure, la règle de la vérité qu’il doit annoncer sur l’ordre du Seigneur.

Par l’Esprit Saint, chacun reçoit une image totale du Seigneur et l’intelligence de la plénitude de Dieu. Cela les rend libres et majeurs dans leur commerce avec la vérité de l’Évangile. Ils n’ont plus à répéter timidement exactement les paroles reçues. Ils peuvent formuler  eux-mêmes le message sans avoir à craindre de s’écarter de leur mission. Ils peuvent interpréter la parole sans s’éloigner de sa substance (La Servante du Seigneur, éd. 1980, 155-156).

12 – L’Esprit souffle où il veut : l’homme a souvent l’impression que cela se fait au hasard. L’homme est habitué non seulement à mesurer les choses de ce monde avec ses propres mesures, mais aussi à accueillir les choses de Dieu dans son expérience de chrétien conformément à l’attente qu’il s’en fait. Ce qui pourrait arriver en lui par la grâce de l’Esprit est d’emblée psychologiquement canalisé et réduit. Si le souffle de l’Esprit ne correspond pas à son attente, il dit qu’il ne comprend pas Dieu. C’est qu’il a cessé depuis longtemps déjà d’être avec lui (NB 11,24-25).

13 – L’Esprit Saint peut donner un sens nouveau à un mot de l’Écriture, à un mot que nous disons aux autres, à un acte que l’on pose (Sur 1 Jn 4,13. Die katholischen Briefe II,173).

14 – L’Esprit prend toujours ses points de départ là où personne ne les attend ni ne les devine, et ainsi, sans être lui-même agité, il agite tout. Rarement un sermon agira par les moyens que le prédicateur juge efficaces, rarement une éducation chrétienne réussira par ce que l’éducateur considère comme particulièrement réussi. L’Esprit garde ses secrets, et sa grâce n’est pas transparente pour nous (Sur Jn 15,27. Jean. Le discours d’adieu II,83-4).

15 – A tout ce qui est fini et dépourvu de sens dans la vie humaine, l’Esprit Saint procure un sens infini et divin, il est le Paraclet, le Consolateur. Là où humainement il n’y a plus d’espoir, il prend son départ. Et qu’est-ce qui serait plus désespérant que la tâche dont le Seigneur nous a chargés? Il nous a ordonné d’aimer, et il nous donne le Paraclet pour que l’impossibilité de garder ce commandement ne nous désespère point. Le Paraclet est toujours là pour animer le rapport entre le Seigneur et nous, pour le rétablir là où il semble rompu par le péché et l’inconstance, pour le rendre plus vivant encore là où il existe. Rien pour nous n’est jamais du passé; tout reste toujours un avenir vivant.

Grâce à l’Esprit, il n’y a plus de pourquoi humain. L’existence obscure, le sort de la plupart des hommes, le renoncement continuel à maintes choses de la vie, l’absurdité de l’existence en général, l’incompréhensible répartition des biens et des destins, les réalités indéchiffrables, l’ennui de l’existence, les situations humaines sans issue, la désolation de vieillir, la découverte que cette vie ne sera jamais quelque chose d’achevé, l’impossibilité de vivre un autre destin que celui qui nous est imposé contre notre volonté, le temps qui passe irrévocablement, tout cela est résolu d’un coup par le Paraclet. Pourquoi nous sommes laïcs et pas prêtres, prêtres et pas laïcs, chrétiens et pas païens, pourquoi celui-ci fait-il partie de l’Église et pas celui-là… : toutes ces énigmes sont résolues par l’Esprit Saint…

La consolation de l’Esprit consiste dans le fait que dans cette existence unique, tout peut être contenu, que cette étroite vie humaine peut être si riche que l’infinité de Dieu y trouve sa place. C’est cela la consolation, et elle suffit (Sur Jn 14,16. Jean. Le discours d’adieu I,154-155).

16 – « Jésus vint ». En revenant vers ses apôtres, le Seigneur leur accorde un don infini, illimité, qui n’a aucune fin tant que le monde subsiste, un don offert à chaque croyant. Celui qui dans la foi dit : « Seigneur, reste avec nous », se trouve dans la grâce de cette expérience élargie de ses sens. Le plus petit acte d’adoration véritable touche Dieu. Toutes les possibilités de la foi se déploient ici, depuis la complète absence de contemplation jusqu’à la contemplation complète, elles sont toutes d’une importance secondaire au regard de la réalité primordiale : Dieu, dans la foi, se tient à notre disposition, il vient chez nous, se manifeste à nous, que nous le voyions ou non (Sur Jn 20,19. Jean. Naissance de l’Église I, 226-227).

17 – « Il souffla sur eux ». Et voilà qu’il souffle sur eux et donne à tout ce qu’il a dit une présence proche et sensible, comme lorsqu’il leur a montré ses plaies; Il leur rappelle encore une fois la réalité de son existence terrestre; bien plus, il les y fait participer par son souffle sensible, qui les touche. Quelque chose de son être le plus intime passe en eux. C’est un signe de l’intimité corporelle absolue. Chose mystérieuse, qui s’enracine dans son être corporel, passe en eux et leur communique quelque chose d’insaisissable. Il les met corporellement au centre de sa vie. Il leur communique immédiatement de sa propre substance, du mystère de sa vie. Le souffle du Seigneur transmet tout son mystère intime. Il contient toutes les réponses qu’on pourrait lui poser sur sa vie (Sur Jn 20,22. Ibid. I, 239-240).

18 – Avant tout, le Seigneur livre un mystère de sa vie, et cette vie qui l’anime, c’est l’Esprit Saint. Ce souffle sensible devient la figure du souffle éternel et spirituel, il manifeste la communication de la vie à l’Église. Dans tous les sacrements, on trouve cet élément sensible, porteur de l’élément spirituel, sans que l’Esprit y soit emprisonné. Dans le baptême, il y a l’eau; dans l’eucharistie, c’est l’hostie, porteuse de vie éternelle. Les figures matérielles sont pleines de signification, mais jamais il n’existe de proportion entre elles et la grâce qu’elles contiennent. Ainsi dans le rien d’un souffle trouve place la grandeur irreprésentable de l’Esprit Saint, le plus insaisissable qu’il y ait en Dieu (Sur Jn 20,22. Ibid. 240-241).

19 – « Recevez l’Esprit Saint ». En soufflant sur eux, le Seigneur donne aux siens ce qui constitue sa vie la plus intime de Fils avec le Père, le plus profond de leur communauté divine. Il le leur donne comme un bien qui leur appartiendra, il le leur distribue. Qu’il puisse le faire est un fruit de la croix. Par la croix il a acquis la possibilité de communiquer sa vie sous cette nouvelle forme : dans l’offrande de l’Esprit Saint qui est invisible. Le chemin de l’Esprit Saint pour aller chez les hommes passe toujours par le Fils. Mais le Fils ne leur donne pas l’Esprit de lui-même, comme il l’a reçu du Père. Il le donne comme il l’a décidé avec le Père dès le commencement (Sur Jn  20,22. Ibid. 241).

19/09/2018. A  suivre.

 

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