79. Saint-Sacrement & Sacré-Coeur

 

79

Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Saint-Sacrement et Sacré-Cœur

 

1Le Père permet au Fils de se donner au monde et cela pour tous et chacun, afin de susciter l’amour de Dieu en chaque homme dans le monde. En agissant ainsi, le Père renonce à son Fils et nous fait lui-même le don eucharistique de son Fils : derrière le sacrifice du Fils, il y a l’abandon d’amour consubstantiel du Père comme source de l’eucharistie… La décision du Fils est de se laisser envoyer par le Père pour racheter le monde comme homme. Et le Père permet cela au Fils si pleinement qu’il fait éclater les limites d’une vie humaine au-delà de toutes ses limites pour ménager au Fils l’occasion de pousser son abandon jusqu’au bout, de le faire durer jusqu’aux confins du monde.

Ainsi le Père rend l’eucharistie possible. Le Fils lui demande la durée d’une vie humaine et le Père lui offre  la durée du monde. Il confère à l’existence terrestre du Fils dans l’eucharistie  des formes de présence pour ainsi dire divines et supra-temporelles… L’Eucharistie n’est donc pas seulement l’affaire du Fils… Elle est aussi l’affaire du Père. Et pour cette raison, dans l’eucharistie le Fils nous met en rapport avec le Père et, dans son devenir eucharistique, il est toujours lié au Père, il lui reste toujours uni en se faisant eucharistie. (Sur Jn 21,16, Jean. Naissance de l’Église II, 128-9).

2 – (Pour le Fils, c’est) une joie que les hommes entrent par lui en communion avec le Père, que le Père lui permette d’ouvrir toute son intimité afin de faire participer les hommes, dans la communion eucharistique, à sa propre communion avec le Père (Au cœur de la Passion 30)

3 – Nous sommes habités. « Le Christ vit en moi’. Dans l’hostie, il prend possession de mon âme (Nachlassbände - désormais NB – 5,249).

4 - La communion est une manière de s’approcher de Dieu pour qu’il s’approche de nous afin de nous rendre plus aptes à faire la volonté du Père qui est toujours aussi celle du Fils et de l’Esprit (Sur Jc 4,8, Die katholischen Briefe I,195).

5 – Le Seigneur vit en tous ceux à qui il se donne… dans l’eucharistie (Au cœur de la Passion 57).

6 – L’Église est une société  du Seigneur. Le Seigneur ne veut pas d’une Église de solitaires. Il fait célébrer son repas en commun… Il (a choisi) la forme du sacrifice eucharistique qui, en tant que nourriture, correspond à nos besoins corporels et, dans la mesure où l’homme vit en société, il prend volontiers ses repas en compagnie (Sur 1 Co 11,21, Première épître aux Corinthiens II, 58. – Traduction remaniée).

7 – En donnant son corps eucharistiquement à notre corps, le Fils nous communique aussi l’essentiel de son existence dans la chair en présence du Père (Sur 1 Co 1,29, dans HUvB, Adrienne von Speyr et sa mission théologique 156-7)

8 – Qu’il habite parmi nous sous la forme du pain et qu’il nous donne son sang n’est pas plus incroyable que le fait qu’il ait séjourné parmi nous comme homme. Dans le mémorial de ce qu’il a fait, nous ne souvenons pas seulement de son séjour terrestre d’autrefois dans un corps concret, nous sommes emportés avec lui dans les mystères de sa vie éternelle (Die heilige Messe 68).

9 – Une personne pourrait avoir apporté à la messe toute sa vie de tous les jours; telle qu’elle est, elle ose à peine s’approcher de la table du Seigneur. A toutes ces hésitations, le Seigneur met fin en donnant sa paix. C’est comme un sourire du Seigneur qui surmonte toutes les différences et établit l’égalité, comme s’il disait : « Tout est bien ainsi, le reste nous nous en occuperons ensemble ». C’est l’humilité du Seigneur qui ne veut pas humilier (Sur Jn 20,19, Jean. Naissance de l’Église I,229).

10 – (Les disciples demandent au Seigneur :  Où devons-nous préparer la Pâque?) Ils sont en dialogue avec le Seigneur. Un tel dialogue est comme une prière. Que faisons-nous d’autre dans la prière sinon essayer de présenter nos questions au Seigneur pour recevoir de lui une réponse sous quelque forme que ce soit (qui n’a pas besoin d’être ressentie ni d’être personnelle)? Tout repos et toute joie éprouvés dans une prière pure, mais aussi tout souci, font partie de la réponse du Seigneur (Sur Mc 14,12-13. Saint Marc 625).

11 – Se conduire vis-à-vis de la réception de la communion comme la femme quand elle reçoit la semence. Non aussi souvent que tu peux. Mais  la simple disponibilité à recevoir. Cela pourrait vouloir dire à  l’occasion ne pas communier pendant un certain temps, offrir ta soif de communion et laisser croître en toi cette soif. Ou bien communier quand le Seigneur te désire et être à ce sujet dans une totale disponibilité. S’abstenir peut faire croître la disponibilité, dans l’amour (NB 12,46).

Saint-Sacrement A (Dt 8,2-3.14-16; 1 Co 10,16-17; Jn 6,51-58)

1 - Là où le Fils est essentiellement, véritablement présent, la Mère ne peut être absente. Si c’est véritablement la chair du Christ  que le chrétien reçoit à l’autel, c’est la chair aussi qui a été formée dans la Mère et pour laquelle elle a mis à la disposition de Dieu tout ce qui est sien. Parce qu’elle a dit oui à l’incarnation du Fils, elle dit oui aussi à toute nouvelle venue du Seigneur sur cette terre, qui s’opère dans la transsubstantiation de chaque messe (La Servante du Seigneur, édition 1980, 154).      –    Voir aussi 20e dimanche Temps Ordinaire, Année B, sur Jn 6,51-58.

Sacré-Cœur    A    (Dt 7,6-11; 1 Jn 4,7-16; Mt 11,25-30)

1 – Qui a vu doit témoigner. Il serait inutile que l’apôtre voie et comprenne s’il n’en tirait pas sa mission et ne l’accomplissait pas. La vue et le témoignage sont l’activité de l’Esprit en nous. Il donne de voir et il éveille le devoir du témoignage et, dans la connaissance du devoir, est donnée une sorte de certitude sur la vue. D’autres que Jean ont vu le Seigneur, mais ils n’ont pas compris comme lui sa mission, ils ne l’ont pas vue comme lui avec le devoir de témoigner : ils n’avaient pas l’Esprit. Jean a manifesté qu’il possédait l’Esprit dès sa première rencontre avec le Seigneur, puisqu’il le suivit, parce que l’Esprit l’y poussait (Sur  1 Jn 4,14. Die katholischen Briefe II,175).

2 – L’Esprit Saint nous conduit à dire oui à l’invisible de Dieu, à lui faire confiance au-delà de ce qu’on comprend. Mais il faut commencer par faire l’effort de comprendre tout ce qu’on peut (Sur 1 Jn 4,13. Ibid. II,171-172).

Sacré-Cœur     B    (Os 11,3-4.8-9; Ep 3,8-12.14-19;Jn 19,31-37)

1 – « Les Juifs demandèrent à Pilate qu’on brisât les jambes des crucifiés ». L’intérêt des Juifs se concentre uniquement sur le fait que le Seigneur soit aussi mort que possible (Sur Jn 19,31. Jean. Naissance de l’Église I, 151).

2 - Les soldats exécutent les ordres machinalement. Ils constatent au premier coup d’œil que le Seigneur est définitivement mort. Ils voient que sa mort a une qualité particulière, qu’elle a quelque chose de si évident que toute preuve est  vaine. Ces hommes ne sont pas riches en esprit mais ils savent discerner. Dans leur discernement il y a ce mystère : que tout homme qui a eu affaire avec le Seigneur a été rendu sensible à quelque chose qui n’est pas en lui. En chacun, même s’il a seulement entendu parler du Seigneur, il y a quelque chose qui pousse à répondre. Personne ne peut rester indifférent en face du Fils. Vis-à-vis d’aucun objet terrestre, d’aucun fondateur de religion, d’aucune conception du monde, d’aucune philosophie, il n’y a rien de pareil. C’est le privilège du Seigneur (Sur Jn 19,32-33. Cf. Ibid. I,151-152).

3 – Un fruit de la rédemption que le Fils a déposé auprès du Père le vendredi saint, c’est le purgatoire. Il a son origine à la croix. Le Père se sert du fruit qui vient de la croix pour tempérer la justice divine par la miséricorde qui est toute nouvelle. C’est de la croix que l’espérance est portée aux enfers, de la croix s’allume un feu mélangé de justice et de miséricorde. Les puissances des enfers sont comme repoussées par la venue du Seigneur jusqu’au fond de l’enfer, et les chaînes du démon sont raccourcies. Le purgatoire naît pour ainsi dire sous les pas du Seigneur; c’est lui qui, dans ce lieu de désolation, apporte la consolation, dans ce lieu glacé, le feu, dans ce lieu où règne la justice, la miséricorde (Sur Jn 19,34. Cf. Ibid. I, 156-157).

4 – Marie se tient là comme la Mère de tous les hommes, la Mère des douleurs, qui elle-même est transpercée et reçoit, par cette transfixion la fécondité parfaite de sa maternité. La blessure de la Mère est à la fois publique et cachée : cachée parce que le Fils seul la connaît, publique parce que tous les hommes récolteront les fruits de ses douleurs. Dans les douleurs de sa Mère, le Fils possède une nouvelle source de fécondité, car pour la remercier de l’avoir accompagné dans sa passion, il la fait participer à tous les mystères de sa propre fécondité (Sur Jn 19,37. Cf. Ibid. I,161).


16/09/2018. A suivre.

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