81. A.v.Speyr, Dimanches T.O. 5-8

 

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Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Dimanches T.O. 5-8


5e dimanche     A    (Is 58,7-10; 1 Co 2,1-5; Mt 5,13-16)

1 – (Sur le sel devenu bon à rien). La mission de chacun est unique et donnée par le Seigneur. On ne la choisit pas soi-même… La chute d’un orgueilleux est toujours plus ridicule que celle d’un humble; et quand celui qui a reçu une mission abandonne sa mission, il fait preuve d’orgueil; il veut montrer qu’il est plus haut que Dieu qui lui avait fait le don du oui à sa mission (Sur Mt 5,13. Cf. Le sermon sur la montagne 35-36).

2 – Le monde entier, dans sa totalité, est destiné à devenir Église (Sur Mt 5,14. Ibid. 38).

3 – Qui a reçu une mission ne peut plus disposer de soi et il doit éclairer ce que le Seigneur veut éclairer. L’extension de la mission dépend entièrement du Seigneur : lumière du monde ou lampe sur le lampadaire dans une chambre. Quand Dieu allume une lampe, c’est pour s’en servir. C’est toujours la désobéissance seule qui peut empêcher de remplir sa mission. Ce que le Seigneur commence porte la marque de son sérieux. Dieu invite donc les hommes à demeurer à sa disposition.

La mission dure tant que dure l’Église : celui qui est lampe l’éclaire à travers tous les temps. Tous les saints éclairent la maison du Seigneur. – Lumière du monde, mais ils sont plongés par le Seigneur dans l’humilité. Ils n’ont plus de droits sur eux-mêmes. Ils ne peuvent plus avoir de préférence personnelle qui ne serait pas la préférence de Dieu. Ils ne peuvent plus se retirer dans des espaces privés. Dieu prend les hommes avec leurs fautes, et c’est aussi pour eux une cause d’humiliation. Personne ne peut attendre de se sentir parfait pour accomplir sa mission, même s’il lui semble être une fausse lumière (Sur Mt 5,15-16. Cf. Ibid. 41-44).

4 - La foi chrétienne ne peut jamais s’arrêter au Fils, puisque c’est par lui que le croyant est rendu capable de croire au Dieu Trinité (Sur Mt 5,15-16. Ibid. 46).

5 – Les trois images : le sel, la lumière, la ville. Le sel n’est pas là pour lui-même, mais pour assaisonner ; la lumière n’est pas là pour elle-même, mais pour éclairer son entourage ; la ville sur la montagne est élevée afin d’être visible pour d’autres et indiquer le chemin. Le privilège de chacun consiste dans la possibilité de prodiguer quelque chose à d’autres êtres. Dans la deuxième lecture, la lumière et la force de saler de l’apôtre devient manifeste du fait qu’il ne veut rien savoir sinon Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié. C’est là son don spirituel. Le disciple doit être sel, mais il peut perdre sa force de saler, il n’assaisonne alors plus rien et toute la nourriture a un goût fade pour la communauté qui l’entoure. Un chrétien qui ne vit pas les béatitudes ne rayonne plus rien. Saint Paul craindrait de répandre une fausse lumière par le prestige de la parole, ce ne serait plus la lumière de Dieu. Celui qui se met en lumière fait immédiatement s’éteindre la lumière de Dieu. Le chrétien doit avoir la conscience la plus profonde que tout ce qu’il peut transmettre lui a été offert par Dieu pour les autres (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 41-43).

5e dimanche     B    (Jb 7,1-4.6-7; 1 Co 9,16-19.22-23; Mc 1,29-39)

1 - « Il guérit beaucoup de malades ». Nous pouvons méditer sur la forme que prennent aujourd’hui les rencontres du malade avec le Seigneur. Les jours de maladie deviennent très souvent des jours de grâce, parce que le Seigneur s’occupe de manière particulière des malades. Peut-être ne leur enlève-t-il pas chaque fois leur maladie corporelle; peut-être permet-il que cette maladie conduise à la mort, non à la mort spirituelle mais à la mort corporelle. Cependant qu’elle que soit la forme de la maladie qui conduit les malades à lui, ce qu’il donne c’est la guérison, toujours la guérison en lui. Il guérit les malades de leur incroyance, de la tiédeur de leur foi, de leur manque de temps aussi, dont ils souffraient et qui les empêchaient de le chercher. Toute rencontre d’un malade avec le Seigneur signifie aujourd’hui encore une guérison (Sur Mc 1,34. Saint Marc 55).

2 – Il prie sans cesse. Dans son dialogue ininterrompu avec le Père, il se réserve des temps où, en tant qu’homme, il s’adresse exclusivement au Père et se consacre à l’entretien intime avec lui. Et de même le Père est seul avec lui dans l’Esprit Saint. Quelle forme intérieure prend cet entretien, quel amour rayonne de lui, quelle oblation totale est offerte et reçue, cela dépasse notre entendement.  La réponse aux prières du Fils, c’est l’acceptation de son sacrifice par le Père. Le Père répond au Fils en lui permettant à nouveau de donner sa vie sur la croix pour les hommes. Nous pouvons être sûrs que le Fils, à chaque prière,  ne cesse de s’offrir. Nous voulons essayer d’introduire quelque chose de l’esprit de cette prière dans la nôtre, et prier Dieu de bien vouloir accepter ce que nous lui offrons, même si c’est avec de faibles forces, par amour pour son Fils (Sur Mc 1,35. Cf. Ibid. 57-58).

3 – Le Seigneur Jésus prépare sa prédication : dans la prière, dans la contemplation. Il sort du monde pour être seul avec le Père. Il s’accorde un temps  qui nous apparaît peut-être comme un temps perdu puisqu’il est la Parole même, qui n’a rien à apprendre dans la solitude et dans la préparation de la prédication. Pourtant il retourne vers le Père et se prépare en priant. Il a besoin de cette force, de cette proximité. En se rapprochant du Père, il ne s’éloigne pas des hommes. Pour nous, nous devons en tirer la conclusion que nous avons besoin d’une contemplation sérieuse, de silence, de prière, pour oser entreprendre quelque action chrétienne (Sur Mc 1,38-39. Ibid. 60-61).

4 – Devenir la personnalité que Dieu a prévue pour nous. Correspondre à ses vues et, pour cela, renoncer à nous-mêmes. C’est un acte où l’on dit non à soi pour dire oui à Dieu. Un acte qui doit avoir des répercussions dans les petites comme dans les grandes circonstances de la vie. Il n’est aucun domaine, que ce soit au plan de la nature ou de la surnature, qui resterait réservé à notre seule disposition. Sinon, nous ne ferions que nous abuser nous-mêmes (Sur 1 Jn 3,24. Die katholischen Briefe II,144).

5 – Pendant que Jésus guérit la belle-mère de Pierre, la « ville entière » est rassemblée devant la porte, il distribue ses bienfaits. Bien avant l’aube, il se lève pour pouvoir enfin prier dans la solitude, mais déjà on le poursuit à nouveau pour lui dire : « Tout le monde te cherche ». Il ne s’excuse pas en alléguant qu’il voudrait maintenant prier, mais il s’adonne à un nouveau travail : dans les bourgs voisins « afin que j’y prêche aussi, car c’est pour cela que je suis sorti ». Et les villages ne sont qu’un commencement, « il s’en alla à travers toute la Galilée ». Le vrai messager chrétien de la foi peut prendre pour exemple le zèle inlassable de Jésus ; même si toute la tâche qu’il entrevoit reste, d’un point de vue humain, inaccessible, il en accomplira autant que ses forces le lui permettent, le reste sera complété ou par ses souffrances ou du moins par son obéissance de jugement. Mais cette disposition n’est nullement une excuse pour qu’il ne fasse pas tout ce qui est en son pouvoir (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année B, 40).

5e dimanche C (Is 6,1-8 ; 1 Co 15,1-11 ; Lc 5,1-11)

1« Me voici, envoie-moi ». Tous les textes parlent aujourd’hui d’élection. De grandes missions nous sont présentées, d’autres sont inapparentes, mais tout croyant est un élu de Dieu pour une mission. Dans le première lecture, c’est l’élection la plus solennelle de l’ancienne Alliance : celle d’Isaïe, qui voit le Seigneur sur un trône élevé. Cette vision ne peut que le rejeter en arrière : « Malheur à moi, je suis perdu ». La mission commence toujours en réalité par l’expérience de la distance absolue, de l’indignité totale. Ensuite, envoyé par Dieu, le séraphin purifie les lèvres d’Isaïe épouvanté : il ne doit pas s’enfermer par dépit dans son indignité. Puis une question de la part de Dieu, ce n’est pas un ordre : « Qui enverrai-je ? » Là-dessus, plus de réflexion sur digne ou indigne, mais : Dieu a besoin de quelqu’un, donc : « Envoie-moi » (HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 41).

2« Désormais ce sont des hommes que tu prendras ». Pierre, comme Isaïe, sera subjugué par la Toute-Puissance. Mais la différence avec Isaïe, c’est que Pierre doit commencer par un acte d’obéissance. Contrairement à son expérience de pêcheur, il obéit à l’ordre de jeter le filet. Et alors se répète l’expérience de la distance infranchissable : « Éloigne-toi de moi, car je suis un pécheur ». Aucune mission authentique ne peut renoncer à l’expérience de la distance entre moi et Dieu. Ce n’est que dans ce vide de la distance que Jésus donne à Pierre la mission de devenir pêcheur d’hommes. La mission de pêcheur d’hommes est pour Pierre disproportionnée avec son « moi ». Il n’a plus qu’à obéir sans paroles. « Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent » (Cf. Ibid. 41-42).

3 - « Il est même apparu à l’avorton que je suis ». Le persécuteur de l’Église et du Christ voit bien la disproportion entre sa personne et sa tâche. « Je suis le plus petit de tous les apôtres ». Sa mission plus que d’autres fut un acte de violence de Dieu : devant Damas, il est renversé, aveuglé, et on doit le faire entrer par la main dans la ville. Pour son humiliation, la mission lui est donnée non pas en particulier mais par l’intermédiaire d’un autre : « Va dans la ville, et l’on dira ce que tu dois faire ». De telles humiliations poursuivent Paul tout au long du chemin de sa mission, il est traité comme « l’ordure du monde, l’universel rebut » (1 Co 4,13). Et comme si ce n’était pas assez, s’ajoute un fléau particulier de Dieu : les soufflets de l’ange de Satan, « afin que je ne m’enfle pas d’orgueil » (2 Co 12,7 s.). Aucune supplication à Dieu n’écarte l’ange : « Ma grâce te suffit ». Quand il constate qu’il a travaillé plus que tous les autres, il doit aussitôt ajouter : Non pas moi, mais la grâce de Dieu avec moi » (Cf. Ibid. 42).

6e dimanche     A    (Si 15,15-20; 1 Co 2,6-10; Mt 5,17-37)

1 – Il serait ridicule de prétendre que la grâce rend tous les hommes égaux devant Dieu, les pécheurs et les justes, les obéissants et les désobéissants (à la loi de Dieu), et qu’à ses yeux une tâche accomplie n’est pas motif à distinction (Sur Mt 5,19. Le sermon sur la montagne. 59)

2 – Lorsque le Seigneur menace de l’enfer (Mt 5,22), ce n’est qu’en étant prêt à porter pour nous et à notre place, de même qu’il a assumé tout péché, le châtiment ultime, la séparation d’avec le Père, un châtiment qui commence au tribunal de Ponce Pilate, jusqu’au tribunal du Père (Sur Mt 5,19. Ibid. 69).

3 – L’ancienne Alliance prescrivait de ne pas commettre l’adultère. Mais voilà que le Seigneur se présente avec sa revendication absolue de l’âme tout entière du croyant. Comme il est lui-même en tant qu’homme parfaitement pur, il essaie par son amour, par un don jaillissant de sa pureté, de susciter chez ses frères aussi la pureté, afin que le Père reconnaisse vraiment en eux ceux qu’il a rachetés. Il ne peut rien tolérer en eux qui masque la vue du Père. – Il n’y a pas que l’acte qui soit péché, mais déjà le désir, l’intention de le commettre. Il oppose concupiscence et pureté, cette pureté de cœur qu’il a proclamée bienheureuse, qui est le fondement du véritable amour du prochain et qui ne doit être nullement concupiscente. L’amour même n’est jamais tentation, il est toujours sauvegarde. Seule la concupiscence est tentation et toujours défiguration de l’amour. Seule la concupiscence nous appauvrit, l’amour pur est toujours accomplissement. Dans la nouvelle Alliance, tout est infiniment différencié. Le Fils apparaît comme l’homme parfaitement pur. Mais sa pureté n’est pas un raffinement humain, elle procède, parce qu’il est Dieu, de la pureté divine, de la pureté de sa relation au Père. – Le Père en quelque sorte est comme gâté par le Fils : en lui il a vu ce qu’un homme sait faire, qu’il est capable de réaliser les pensées, les desseins et les désirs les plus intimes de Dieu. Et le Père voudrait pouvoir appliquer aux chrétiens cette mesure du Fils qui, de son côté, se tient prêt à supplier, à secourir, à faire de nos mauvaises intentions des bonnes. Il s’offre même en tant que bonne réalisation pour se substituer à nos mauvaises réalisations, en se manifestant par exemple à celui qui renonce à satisfaire un mauvais désir, pour le réconforter et le consoler (Sur Mt 5,27-28. Ibid. 83-84).

4 – Il existe en Dieu des choses que les sens humains sont incapables de recevoir, des choses que l’on ne peut pas percevoir d’un point de vue purement humain.Il y a des choses que Dieu nous prépare mais qui ne nous sont pas accessibles maintenant parce qu’il veut exiger de nous la foi et il veut révéler son mystère à notre foi. Ce n’est qu’en nous donnant à lui que que nous apprendrons les projets qu’il a pour nous, ce qu’il a l’intention de nous donner. Mais, dans la foi, nous comprenons que ce mystère de Dieu est un mystère d’amour : amour de Dieu pour l’homme et amour divin du Fils pour le Père, mystère que par amour pour le Père et pour nous il révèle sur la croix (Sur 1 Co 2,9. Cf. Première épître de saint Paul aux Corinthiens I,58-59).

5 – L’Esprit accompagne le Fils dans toutes ses expériences à la fois humaines et divines et il le révèle. Il parle en chaque parole qu’exprime le Fils, il agit en chaque miracle du Fils.  Il est tellement proche du Fils que, sur la croix, celui-ci pour expérimenter dans la mort de sa nature humaine la déréliction  la plus absolue, le remet explicitement entre les mains du Père (Sur 1 Co 2,10. Cf. Ibid. I, 61-62).

6 – Celui qui veut demeurer dans l’alliance avec Dieu doit correspondre à son attitude et sa pensée ; tel est le but des dix commandements. Il ne nous est demandé rien d’impossible. « Cette Loi que je te présente aujourd’hui n’est pas au-delà de tes moyens » (Dt 30,11). Ou bien je me cherche moi-même et ma performance (comme les scribes et les pharisiens), ou bien je cherche Dieu et son service. Qui suit Dieu, le trouve et parvient à son Royaume ; qui ne cherche dans la loi que sa perfection personnelle, perd Dieu. L’Esprit Saint scrute les profondeurs de Dieu et par là aussi les profondeurs de la grâce qu’il nous offre dans sa loi d’alliance (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 43-45).

6e dimanche    B    (Lv 13,1-2.45-46; 1 Co 10,31-11,1; Mc 1,40-45)

1 – « Je le veux, sois purifié ». Le Seigneur fait de la volonté du malade sa propre volonté. Cela est possible parce que, auparavant, le malade a déjà été touché par la grâce du Seigneur et que la grâce reçue a entraîné la grâce de la guérison. La grâce appelle la grâce. Dans toutes nos prières, dans nos maladies et dans nos péchés, nous savons que nous devons d’abord accorder notre volonté à la volonté du Seigneur, afin qu’il puisse faire sienne notre volonté. Cela rappelle l’autre fiat : « Qu’il me soit fait selon ta parole ». La prière du lépreux s’appuie sur le fiat de la Mère et par là sur la demande du Notre Père (Sur Mc 1,41. Saint Marc 63).

2 – « Garde-toi de rien dire à personne ». L’ordre est strict : Garde-toi! Le Seigneur ne donne pas de longues explications, il ordonne seulement : tais-toi! Un ordre clair qui doit être exécuté sans de plus amples explications. Il y a des raisons que le lépreux guéri peut deviner : le Seigneur ne veut pas favoriser les rumeurs à son sujet. Mais pour l’instant, il ne communique pas ses raisons à l’homme guéri. Il ne s’excuse pas non plus de demander quelque chose. Cela ne veut pas dire qu’il est facile pour des humains d’obéir sans explication (Sur Mc 1,44. Ibid. 65).

3 - « Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville ». Le lépreux guéri n’a pas respecté la consigne de silence que Jésus lui avait imposée. Il s’était mis à proclamer partout la nouvelle de sa guérison. On ne voit pas jusqu’à quel point cette désobéissance contrarie les projets du Seigneur. En tout cas, il ne peut plus entrer ouvertement dans une ville sans que les gens affluent vers lui : cela voulait dire qu’il avait ses raisons de vouloir resté ignoré. Ce n’est plus possible maintenant. La désobéissance est un poids pour le Seigneur, elle l’empêche de faire ce qu’il projetait. Il n’en va pas autrement aujourd’hui. Il n’y a aucun doute que tout ce que nous faisons contre la volonté du Seigneur lui pèse, qu’il ne lui est nullement indifférent  que nous restions ou non à l’intérieur de son plan et de ses recommandations (Sur Mc 1,45. Ibid. 67-68).

4 – Jésus laisse le lépreux s’approcher de lui et il fait quelque chose d’impensable pour un Juif : il le touche de la main. En touchant le lépreux, Jésus indique qu’il ne craint pas la contagion, plus encore, qu’il prend consciemment sur lui la maladie des hommes, leur péché. Que l’homme guéri n’observe pas le silence qui lui est imposé, est une désobéissance qui rend plus difficile l’activité de Jésus : il ne veut pas être tenu pour un guérisseur (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année B, 42-43).

6e dimanche    C    (Jr 17,5-8; 1 Co 15,12.16-20; Lc 6,17.20-26)

1 – « Bien,heureux… » Que signifie « bienheureux ». Certainement pas « heureux » au sens que les hommes donnent à ce mot. Ce n’est certainement pas un appel à aller son chemin, tranquille et de bonne humeur. Le mot ne signifie rien qui appartienne à l’homme, mais quelque chose en Dieu qui concerne cet homme. Il s’agit de la valeur que cet homme a pour Dieu et en Dieu, quelque chose qui apparaîtra en son temps. « Heureux les pauvres… Heureux ceux qui sont haïs à cause du Christ », parce que Dieu les possède et qu’ils possèdent Dieu. Ils sont aimés par le Père dans le Christ qui lui aussi a été haï et persécuté par les hommes à cause du Père. Si les pauvres doivent passer pour pauvres en Dieu, les riches doivent passer pour riches sans Dieu, riches pour eux-mêmes, repus et hilares, loués par les hommes ; ils n’ont pas de trésor dans le ciel ; tout ce qu’ils possèdent n’est qu’une apparence passagère (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 43).

2 – « Béni soit l’homme » (Jérémie). L’homme béni est celui qui met sa confiance dans le Seigneur, qui a ses racines dans le ciel comme dit saint Augustin. L’antithèse toute simple du prophète partage les hommes en deux camps, sans se soucier de finesses psychologiques : ou bien ils vivent par Dieu et pour Dieu, ou bien ils cherchent à vivre pour eux-mêmes et par eux-mêmes. Dans le jugement de Jésus aussi il n’y a que deux classes d’hommes : les brebis et les boucs (Cf. Ibid. 44).

3 – La deuxième lecture aussi partage les hommes en deux catégories : ceux qui croient à la résurrection du Christ et à la nôtre, et ceux qui n’y croient pas. Tous les textes de la célébration d’aujourd’hui réclament de nous une décision : nous suffisons-nous à nous-mêmes ou nous devons-nous sans cesse à notre Créateur et Rédempteur ? Une troisième voie n’existe pas (Cf. Ibid. 44-45).

4 – La foi, on peut la comparer à la conception de la Mère de Dieu qui a reçu en elle la semence de Dieu par l’Esprit Saint : cette semence vit et veut vivre en puisant dans la vie de Marie. Et la Mère doit se consacrer physiquement et spirituellement à la vie qui se développe en elle. Elle se met à sa disposition telle qu’elle est, sans réserve. D’une manière semblable, nous devons recevoir la foi et la laisser vivre en nous comme une vraie semence de Dieu, lui ouvrir tout l’espace qu’elle veut occuper (Sur 1 Co 15,17. Cf. Première épître de saint Paul aux Corinthiens II. 203).

7e dimanche    A    (Lv 19,1-2.17-18; 1 Co 3,16-23; Mt 5,38-48)

1 – « Te requiert-il pour une course d’un mille, fais-en deux avec lui ». Si quelqu’un me contraint à parcourir un mille avec lui, c’est qu’il veut m’imposer son chemin et désire être accompagné. Mais cette compagnie est une contrainte car je ne me suis pas offert à l’accompagner ni à suivre son chemin, surtout si loin. Le Seigneur m’avise d’accepter non seulement toutes les conditions de l’autre, mais d’en faire en plus le double. S’il veut marcher, parler avec moi, je lui fais savoir qu’il peut prolonger son chemin, sa conversation, qu’ils ont aussi pour moi de l’importance. En tant que croyant, je suis habitué qu’on dispose de moi. En constatant que c’est en tant que chrétien que je me tiens disponible, il comprendra que ma disponibilité provient de ma foi (Sur Mt 5,41. Cf. Le sermon sur la montagne 108).

2 – « Bénissez ceux qui vous maudissent ». Chacun de nous reçoit dans la foi le pouvoir de bénir. La bénédiction est mise dans la main de chacun de nous ; chacun désormais peut bénir, en vertu de l’amour et de la puissance du Seigneur, non seulement ceux qui le demandent, mais aussi ceux qui nous maudissent et qui, à travers nous, cherchent à attaquer le Seigneur. La bénédiction du Père, sa propre bénédiction et celle de l’Esprit saint, le Seigneur nous la confie à tous sans hésiter pour que nous la fassions parvenir à ceux qui se sont détournés et qui maudissent, sans hésiter (Sur Mt 5,43-44. Cf. Ibid. 113-114).

3« Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons ». Dieu traite les hommes de la même façon pour autant que cela dépend de lui. Il leur donne son soleil et sa pluie, sans tenir compte de leur mérite. Le Seigneur vient de montrer aux fidèles à faire du bien aux méchants. Il montre à présent que ce qu’il exige des fidèles avait déjà son fondement dans la création du Père, que les grâces de la création sont destinées aux bons aussi bien qu’aux méchants, sans distinction, indifféremment. Le Seigneur n’attend pas que quelqu’un devienne bon pour le sauver. Le Fils est mort pour tous et il offre à tous sa grâce rédemptrice (Sur Mt 5,45. Cf. Ibid. 118).

4 - Pour l’homme sans Dieu, la mort est la limite de sa vie, de sa puissance et de sa sagesse. Dans la foi, l’homme possède la vie et la mort. Dans la même foi, il peut vivre et mourir. Et la mort n’est plus l’interruption de son existence, elle est remodelage de la vie en Dieu. Elle est un don de Dieu tout autant que la vie terrestre. Là où la mort appartient à l’homme, et non plus l’homme à la mort, le monde temporel est brisé, l’éternité émerge (Sur 1 Co 3,21-23. Cf. Première épître aux Corinthiens I. 103).

5 – Si Dieu est amour, il ne peut rien haïr de ce qu’il a créé. Son amour ne se laisse pas déconcerter par la haine, l’aversion, l’indifférence de l’homme ; il fait régner sa grâce sur les bons et les méchants, que ces grâces apparaissent aux hommes comme le soleil ou comme la pluie. Il tolère qu’on l’accuse, qu’on l’insulte ou qu’on le nie tout simplement ; s’il le tolère, ce n’est pas en vertu d’une indifférence sublime, car il se laisse toucher au plus profond par l’affection ou l’aversion de l’homme. Quand un homme repousse d’une manière bien arrêtée l’amour de Dieu, ce n’est pas Dieu qui le condamne, l’homme se condamne lui-même parce qu’il ne veut pas connaître ce que Dieu est : l’amour. La justice de Dieu n’est pas « œil pour œil, dent pour dent » ; au contraire, si l’homme ne dépasse pas la justice pénale terrestre (qui est nécessaire), il ne comprend pas Dieu et donc aussi il ne veut pas être auprès de Dieu. Dieu n’aime jamais partiellement, il aime totalement. – Jésus est le Fils unique de Dieu, qui nous a fait connaître ce qu’il a vu et entendu auprès du Père (Jn 3,32) : à savoir que Dieu n’aime pas partiellement. Au contraire, à l’attaque des pécheurs contre lui, ce n’est pas par le retrait de son amour qu’il répond. Il manifeste cela humainement en n’opposant pas à la force une force contraire, mais en offrant, dans la Passion, l’autre joue, en faisant deux mille pas avec les pécheurs, et même tout le chemin. Il se laisse enlever par les soldats non seulement son manteau, mais aussi sa chemise. Toute la violence du péché se déchaîne contre lui. Mais sa non-résistance a plus de souffle que toute la violence du monde. Le Christ présente en ce monde de violence, une forme, divine, de non-violence (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 45-46).

7e dimanche    B    (Is 43,18-19.21-22.24-25; 2 Co 1,18-22; Mc 2,1-12)

1 – « Ils défirent le toit de l’endroit où Jésus se trouvait… » Ceux qui accompagnent le malade doivent employer une ruse pour l’amener devant le Seigneur. Sur le chemin habituel, ça ne va pas, alors ils trouvent un autre chemin, inhabituel. Nous ne savons pas exactement comment il était possible d’ouvrir simplement le toit, et de faire descendre le grabat. L’important, c’est que l’amour anime ces porteurs et leur montre cette issue. Ils auraient pu dire au paralytique : « Cette fois-ci, ça ne va pas, il y a trop de gens, nous avons fait ce qui était humainement possible, tu dois t’en satisfaire ». Mais non, il y a en eux une grâce plus forte, qui les rend capables de surmonter les obstacles. Les porteurs (et leurs semblables), par la grâce,  inventent des chemins pour conduire les hommes à Dieu, à la vérité. Plus que jamais, notre intelligence et nos efforts chrétiens doivent être mis en œuvre, non seulement sur un chemin facile et balisé, mais, au-delà, quand il devient difficile (Sur Mc 2,4. Cf. Saint Marc 71-72).

2 – « Tes péchés sont remis ». Jésus offre au paralytique quelque chose qui d’abord dépasse de loin son attente, qui ne se trouve pas en rapport avec ce qui était attendu. Quelque chose de très grand, de très beau, mais qui est sans rapport. Le malade vient pour être libéré de sa paralysie et le Seigneur lui pardonne ses péchés. Il en est finalement toujours ainsi quand on s’adresse au Seigneur, quand on attend quelque chose de lui : il répond mais chaque fois à sa manière, qui ne concorde guère avec la nôtre, parce que la sienne  nous dépasse toujours de loin. Et comme cela nous dépasse, nous avons le sentiment que cela tombe à côté. Dans l’Évangile, une réponse du Seigneur n’est que rarement adaptée à la question de l’homme ou mieux : la question n’est pas adaptée à la réponse que le Seigneur veut donner (Sur Mc 2,5. Ibid. 73).

3 - « Je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton grabat et va-t-en chez toi ». Le Seigneur ne demande pas : veux-tu ou ne veux-tu pas, il ordonne. Le malade est près du Seigneur, et cela signifie qu’il croit et espère. Sa foi qui espère et l’amour de ceux qui l’accompagnent forment une sorte de présupposé pour l’intervention du Seigneur. Ici gît un homme qui s’est préparé dans l’attente. Chaque fois que le Seigneur donne un ordre à quelqu’un, il se trouve déjà quelque grâce en celui qui doit obéir. Fondamentalement l’obéissant a la liberté de ne pas obéir, mais en fait il n’est plus enclin à s’opposer à l’ordre parce qu’il a déjà commencé à croire et que l’obéissance signifie l’accomplissement de la foi (Sur M, 2,11. Ibid. 79).

4 – Toute la scène décrite par cet évangile s’achève par l’assurance solennelle que le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre, ce qui est prouvé par la guérison du malade. Naturellement les hommes sétonnent de cette guérison. Jésus commence par guérir la maladie la plus grave, la paralysie spirituelle qu’est pour l’homme son refus de Dieu, dont il ne peut se guérir lui-même. Seul le Dieu offensé a le pouvoir et la grâce de pardonner l’injustice qui lui a été faite, et il a envoyé son Fils dans le monde pour proclamer et opérer ce pardon. Il a ce pouvoir parce que lui qui est sans péché a pris sur lui la faute : le prix suprême de la grâce du pardon est la croix. Le pardon décharge l’homme d’un fardeau dont il ne peut se défaire tout seul. Le pécheur impose à Dieu un travail : tout l’amour divin est requis pour nous décharger de ce fardeau (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année B, 44-45).

7e dimanche C    (1 S 26,2.7- 9.12-13.22-23; 1 Co 15,45-49; Lc 6,27-38)

1 – « Soyez miséricordieux… Aimez vos ennemis… » Jésus s’élève expressément au-dessus de la magnanimité humaine limitée qui aime en retour ceux qui aiment, donne des cadeaux pour en recevoir. Il donne comme modèle la magnanimité divine absolue qui dispense son amour à ceux qui le haïssent maintenant et le méprisent. Jésus ose dire ces choses parce qu’il est lui-même le don de Dieu à tous ses ennemis, le don d’un amour qui ne calcule pas. David n’a pas voulu tuer son ennemi Saül dans son sommeil parce que Saül avait reçu « l’onction du Seigneur ». Ce qu’était Saül pour David, tout homme l’est maintenant pour nous, car il a reçu l’onction par la mort expiatrice de Jésus. Le chrétien se sait lui-même un produit de la magnanimité divine. Tout autre homme l’est aussi. En aimant mon ennemi, je lui rappelle simplement que nous sommes tous redevables à la magnanimité divine (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 45-46).

8e dimanche    A   (Is 49,14-15; 1 Co 4,1-5; Mt 6,24-34)

1 – « Nul ne peut servir deux maîtres ». Nous ne pouvons pas servir deux maîtres : d’une part la lumière, dans son exigence exclusive, et d’autre part ce que nous nous sommes réservé. Le service de Dieu demande la foi entière, la charité entière, l’espérance entière, et en les exigeant, Dieu est prêt à les accomplir pleinement. Rien ne reste inaccompli dans la foi, l’espérance et la charité, pour autant qu’elles sont données par Dieu. Si Dieu est notre maître, il ne pourra souffrir aucun autre à côté de lui. Lui seul est maître. Il exige de nous de ne connaître aucun partage. Il est maître surtout en comblant tout désir et tout amour si pleinement que nous pouvons dans sa lumière partager sa propre prodigalité. Il nous donne tout ce qui est sien dans une telle surabondance et démesure qu’en l’acceptant nous ne pouvons que le transmettre (Sur Mt 6,24. Cf. Le sermon sur la montagne 175-176).

2 – « Cherchez d’abord son Royaume ». Le Royaume de Dieu est son ciel, sa vie éternelle, sa volonté. Tout ce royaume est personnifié dans le Fils, de sorte que s’ils cherchent le royaume de Dieu, ils trouveront le Fils. Ce Fils qui vient du Père et va au Père, il vient du ciel et va au ciel. Il nous parle de son chemin, et ce chemin d’abord ne nous paraît perceptible que dans sa parole. Sa Mère, il l’emmènera la première sur son chemin vers le ciel, et non pas elle seulement, mais tous ceux qu’il est venu racheter. Il nous montre son chemin de retour comme à des invités qui peuvent s’y engager avec lui. Et en nous y engageant, nous prouvons que nous cherchons le Royaume du Père, le ciel (Sur Mt 6,33. Cf. Ibid. 196).

3 – A chaque jour suffit sa peine. Demain nous serons entourés de la même grâce qu’aujourd’hui, nous pourrons nous tenir dans la même obéissance d’amour. Chacune de nos journées, dès l’instant où nous obéissons au Seigneur, est déjà un jour de notre vie éternelle; par la grâce du Seigneur, elle participe à l’actualité toujours présente de la vie éternelle. Le Seigneur conduit les siens de telle manière qu’ils savent à tout instant ce qui est exigé d’eux. Nous devons donc abandonner tout souci de nous décider nous-mêmes pour répondre dans une parfaite obéissance à l’attente de Dieu. Le Seigneur ne nous accompagne pas un bout de chemin pour ensuite nous laisser libres. Il n’attend pas notre obéissance aujourd’hui pour nous laisser faire demain ce que nous voulons. Il ne nous fait pas faire aujourd’hui la volonté du Père pour que demain nous ayons à nouveau la joie de faire la nôtre. Il demande dès maintenant l’absolu (Sur Mt 6,34. Ibid. 201 et 200).

4 – Deux maîtres qui, dans leur disposition de fond, sont inconciliables. Entre les deux, il faut choisir. L’un de ces maîtres est Dieu, de qui proviennent tous les biens. L’autre maître est le bien-être comme valeur suprême, et un bien suprême est toujours élevé au rang d’une divinité. L’homme ne peut avoir en même temps deux biens suprêmes, deux buts ultimes, il doit choisir. Il doit les hiérarchiser de telle sorte que, dans le cas d’une épreuve décisive, il apparaisse clairement quel bien il préfère (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C, 91).

8e dimanche     B    (Os 2,16-17.21-22; 2 Co 3,1-6; Mc 2, 18-22)

1 – « Pourquoi les disciples de Jean et ceux des pharisiens jeûnent-ils alors que tes disciples ne jeûnent pas? » Derrière cette question se cache un enchevêtrement de motifs, et la question elle-même renvoie à une situation tout à fait opaque pour l’observateur. Où se placent les pharisiens, où les disciples de Jean, où les disciples du Christ? Pour nous aussi, la place où un homme se trouve par rapport au Seigneur et à l’Église reste souvent incertaine. Mais en tant que disciples du Christ, nous n’avons pas besoin de toujours sonder cela, il faut plutôt nous demander où nous sommes situés nous-mêmes, non pas en ce qui concerne la prescription du jeûne, mais quant à notre résolution d’observer sans réserve le commandement du Christ, son premier commandement (Sur Mc 2,18. Saint Marc 93).

2 – « Jésus leur répondit ». Dans le fait que Jésus leur réponde, il apparaît clairement que le Seigneur s’occupe toujours d’une manière ou d’une autre de celui qui interroge. Il y a là une très grande consolation pour nous. Car il peut se produire, il se produira et il doit se produire, que nous priions sans entendre de réponse, que nous demeurions dans la prière sans éprouver aucune consolation, et même que la prière augment encore en nous la sécheresse et que nous avons le sentiment qu’à nous précisément le Seigneur ne veut pas répondre. Nous pouvons être sûrs qu’il répond toujours. Ce ne sera peut-être pas la réponse que nous attendons, mais une réponse vient toujours (Sur Mc 2,19. Cf. Ibid. 94).

3 - « Tant qu’ils ont l’époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner ». L’attitude du Seigneur lui-même doit nous être un exemple. Nous pourrions nous demander : le Seigneur est-il davantage avec nous quand il festoie avec les publicains et les pécheurs ou quand, sur la croix, il souffre pour nous? A la question ainsi posée, la réponse serait : le Seigneur est toujours parmi nous. Il n’est pas seulement parmi nous pour célébrer des fêtes, mais aussi en souffrant durant sa Passion, voilé, caché. Mais qu’il souffre pour nous ou qu’il nous fasse entrer dans sa joie, son attitude est toujours la même : l’amour gratuit, le renoncement pour l’amour du Père et des hommes (Sur Mc 2,19. Cf. Ibid. 95-96).

8e dimanche    C    (Si 27,4-7; 1 Co 15,54-58; Lc 6,39-45)

1 – Jésus nous donne un double avertissement : d’abord l’homme qui doit juger un autre homme, doit être un voyant spirituel, non un aveugle ou quelqu’un qui, aveuglément, croit ou ne croit pas. Ensuite il doit examiner son propre rapport entre le cœur et la bouche, avant d’entreprendre de corriger un défaut chez un autre. Puisque les hommes peuvent mentir et se dissimuler, chacun doit être observé sur l’authenticité du rapport entre son cœur et sa bouche (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 93-94).

2 – Toutes les paroles du Père (dans l’Ancien Testament) qui nous apparaissent souvent comme des paroles de menaces, le Fils devient homme parmi nous pour les accomplir de telle sorte que nous puissions les comprendre comme des paroles de miséricorde (Sur1 Co 15,54. Cf. Première épître de saint Paul aux Corinthiens II,550).

3 – Le Père sait que pour les hommes il n’est pas toujours facile d’avoir les trois personnes également vivantes devant les yeux (Sur 1 Co 15,57. Cf. Ibid. 555).

28/05/2019. A suivre.

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