82. A.v.Speyr, Dimanches T.O. 9-12

 

82

Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Dimanches T.O. 9-12


9e dimanche     A    (Dt 11,18.26-28.32; Rm 3,21-25.28; Mt 7,21-27)

1 – Les faux prophètes : les pires de tous les humains. Ce qu’ils apprennent du Seigneur, ils en abusent pour leurs propres fins, de sorte que ce qui se présente comme une parole chrétienne ne contient que leur propre iniquité. Ils ont abusé du nom du Seigneur au point de s’en servir pour assouvir leur soif de gloire et de publicité… Ils ont souillé la source de la grâce en se donnant l’air de l’avoir fait jaillir. Ils se sont approprié ce qui appartenait au Seigneur (Sur Mt 7,22. Le sermon sur la montagne 242-243).

2 – La maison fondée sur le roc. Si cette maison est la foi, toute force terrestre qui n’est pas force de la foi, se dressera contre elle. La foi qui écoute et cherche à réaliser ce qu’elle a entendu est toujours exposée en ce monde. Si la maison, c’est l’Église, la pluie serait alors tout ce qui s’oppose au dogme, au principe de la réalité chrétienne. Le vent, c’est tout ce qui se dresse contre l’Eglise en tant que corps et épouse du Christ ; le torrent, c’est tout ce qui se rue sur le divin, sur ce qu’il y a de primordial en elle. Pour l’Église, comme pour chacun, il n’y a qu’un seul moyen de se protéger de cet assaut, c’est d’écouter et d’agir; Dieu laisse à chacun le soin de bâtir sa maison sur le roc, et il le laisse aussi à l’Église. Certes, c’est Dieu qui bâtit la maison, celle de la foi personnelle comme celle de l’Église. Mais il ne la construit qu’en accord avec la foi de chacun et la foi de l’Église. Pierre doit professer sa foi pour devenir le roc, et ce faisant, il est lui-même bâti par Dieu (Sur Mt 7,25. Cf. Ibid. 248-249).

3 – L’insensé qui a bâti sa maison sur le sable. Son comportement insensé consiste dans le fait qu’il entend et ne met pas en pratique. Entendre, au sens du Seigneur, veut dire comprendre. Comprendre veut dire accéder par la parole à la vérité. A la vérité indivisible du Seigneur qu’il déclare au nom du Père et de l’Esprit et en son nom propre. Il parle en tant qu’homme et il sait avec quelles paroles on peut arriver à toucher les hommes. Il parle en tant que Dieu et sait quel sens il donne à chaque parole. Ainsi toute vérité est à la fois une vérité accessible à l’homme et une vérité qui le surpasse, divine. L’homme avisé qui comprend et agit, se met d’emblée avec sa foi là où la vérité du Seigneur est à la fois humaine et divine (Sur Mt 7,26. Cf. Ibid. 250).

9e dimanche    B    (Dt 5,12-15; 2 Co 4,6-11; Mc 2,23-3,6)

1 - « Et non l’homme pour le sabbat ». La loi n’est donc pas première. Dieu n’a pas d’abord pensé la loi et ensuite créé l’homme; il a créé l’homme et lui a offert la loi comme lien vivant entre l’homme et lui, comme ce que l’homme peut considérer avec sa raison, comprendre avec son esprit, suivre avec sa volonté, pour rester le plus possible dans la proximité de Dieu. La loi est une aide. Derrière elle, c’est Dieu qui se tient. C’est pourquoi chacun doit veiller à rester toujours à l’intérieur de la loi et, ce faisant, savoir pourtant qu’elle lui a été donnée comme une aide seulement, que les difficultés de la loi, ce qui fait obstacle en elle, lui sont une occasion de grandir intérieurement. (Sur Mc 2,27. Cf. Saint Marc 105).

2 - « Et ils l’épiaient ». Ce sont les spectateurs qui surviennent toujours quand le Seigneur est là et qu’il se passe un événement chrétien. On n’a pas le droit de les ignorer, car leurs desseins sont presque toujours opposés à ceux du Seigneur. Et il ne faut pas non plus les prendre trop au sérieux, car le Seigneur possède et communique une force qui leur est supérieure. Mais on doit savoir qu’ils sont là. Nous devons être conscients qu’on observe ce que nous faisons au nom du Seigneur, ou du moins ce que nous essayons de faire. Seulement il faut savoir par avance qu’avec la meilleure intention du monde, nous ferons maintes choses de travers. Ici les spectateurs et les critiques nous seront utiles. Nous devons reconnaître la critique comme un moyen salutaire qui nous est donné pour notre progrès (Sur Mc 3,2. Cf. Ibid. 109-110).

3 - « Alors promenant sur eux un regard de colère… » Il nous est difficile de nous représenter le Seigneur en colère. Si nous contemplons sa vie, de l’enfance jusqu’à la croix et la résurrection, nous voyons surtout son union avec le Père; mais nous connaissons d’un autre côté la colère de Dieu sur les pécheurs, et nous comprenons donc que le Fils peut aussi représenter la colère du Père. Et pourtant le Père ne l’a pas envoyé par colère, mais par amour. Et voilà que la colère du Seigneur devient visible à tous : il ne peut plus comprendre ni supporter. De cela nous pouvons tirer une grande leçon. Dans la vie, nous faisons assez souvent des expériences qui suscitent en nous une colère justifiée, mais dans notre agir plus rien ne doit en paraître. Une colère qui traverse le creuset de la prière et se maintient est une colère justifiée, peut-être même exigée chrétiennement. La colère qui découle d’une humeur ne supporte pas la prière (Sur Mc 3,5. Cf. Ibid. 115).

9e dimanche C (1 R 8,41-43; Ga 1,1-2.6-10; Lc 7,1-10)

 

1 – « Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ». La manière dont le centurion païen demande à Jésus de guérir son serviteur est émouvante. Il se sent indigne de se présenter devant lui et il envoie des amis juifs qui le recommandent. Et lorsque Jésus s’approche de sa maison, de nouveau il ne sort pas de chez lui, mais il envoie d’autres amis qui feront connaître à Jésus la grande confiance du centurion : de même que ses soldats lui obéissent, il est convaincu que la puissance elle-même de la maladie est soumise à Jésus. Cette confiance exprimée deux fois à distance « étonne » Jésus, car elle se distingue du comportement des Juifs qui souvent ne reconnaissent pas en Jésus un envoyé de Dieu. La vraie foi n’est pas limitée à Israël, on peut la trouver en dehors du peuple élu sous une forme plus pure encore. Dans la prière de Salomon au temple (première lecture) retentit déjà cet accent universaliste. Salomon élargit sa prière aux étrangers qui, venant de loin, prieront dans cette maison de Dieu. Que Dieu veuille les exaucer « afin que tous les peuples de la terre, comme ton peuple Israël, reconnaissent ton Nom et t’adorent ». La volonté salvifique de Dieu est universelle, de manière patente, depuis l’incarnation de sa Parole qui a pouvoir « sur toute chair » (HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 95-96).

10e dimanche     A    (Os 6,3-6; Rm 4,18-25; Mt 9,9-13).

1 – La parole du Seigneur est nette : Toi, suis-moi. Suis-moi dès le premier instant, sans conditions, sans degrés, sans étapes. Dieu n’aime pas qu’on s’approche de lui par étapes. Le meilleur exemple est celui de Marie auquel répond aussitôt la venue de l’Esprit Saint qui la couvre de son ombre. Cela se fait en un instant. Les fruits viendront en leur temps, selon les besoins de Dieu, non selon les besoins de Marie (Nachlassbände 5,26).

10e dimanche     B    (Gn 3,9-15; 2 Co 4,13-5,1; Mc 3,20-35)

1 – Au paradis, Adam et Eve, après leur péché, ont cherché à se cacher pour échapper à Dieu… Mais ils n’ont pas réussi. Le croyant sait maintenant que Dieu le voit, qu’il vit devant le visage de Dieu. Il pourrait seulement chercher à se cacher de Dieu en reniant ou en perdant la foi, en s’imaginant qu’il est pour Dieu un inconnu. Le croyant bâtit sa vie de foi sur la certitude qu’il a que Dieu le voit. Il peut s’approcher de Dieu, l’adorer, le prier. Et Dieu se révèle à tout croyant de la manière qui lui plaît (Nachlassbände - désormais NB - 5,48).

2 – C’est l’Esprit de Dieu qui éveille en nous le sens de Dieu et le désir de Dieu. Et ce désir trouve son expression dans notre quête sérieuse de Dieu. Nous cherchons Dieu le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Ce n’est pas un tâtonnement approximatif, ni une aspiration trouble en nous, cela prend une forme très concrète. Nous voulons chercher.

L’Esprit se joint en quelque sorte à notre volonté, la met en mouvement et la dirige. L’Esprit éveille en nous la question de la quête et trouve en même temps en nous quelque chose qui est réponse. Cette quête grandit avec la volonté de prier… L’Esprit nous offre le premier élan vers la prière… Nous devons, pour notre part, tout faire pour que l’Esprit saisisse les gens; nous ne pouvons faire plus, car finalement une conversion est affaire de la grâce. (Sur Mc 3,29-30. Saint Marc 156-8).

3 - « Sa mère et ses frères… » Marie se trouve devant la porte avec les gens de sa parenté. Nous contemplons surtout l’angoisse et lesouci de la mère pour son fils, toute la préoccupation d’une femme dont le fils a pris son indépendance, et ce d’une manière qui lui est incompréhensible. Marie a dit oui à sa tâche et, par là, à la mission du Fils aussi. Or le Fils est parti. Il a quitté la maison paternelle et les nouvelles qui circulent à son sujet sont extrêmement troublantes. Bien peu viendront chez sa mère porteurs d’une nouvelle réjouissante. La plupart parlent d’extravagances, de comportement incompréhensible. Même le terme de possession a pu venir jusqu’à ses oreilles. Et elle entend ces nouvelles. Elle les entend en espérant que ce n’est pas vrai (Sur Mc 3,31. Cf. Ibid. 160).

4 - « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère ». Quiconque fait la volonté de Dieu reçoit des liens de parenté avec le Seigneur. Il n’est plus isolé. Aucun chrétien, aucun de ceux qui cherchent à faire la volonté du Père n’est isolé. Comme premier parent, il gagne le Seigneur. Il devient son frère et sa sœur et sa mère. Quiconque entre en une telle parenté avec le Seigneur, participe en même temps à la relation du Fils au Père. Il entre dans la communauté familiale trinitaire (Sur Mc 3,35. Cf. Ibid. 165).

10e dimanche C (1 R 17,17-24; Ga 1,11-19; Lc 7,11-17)

1 – « Le Seigneur fut saisi de pitié pour la femme ». Le miracle n’est pas demandé à Jésus. Il n’agit que par compassion. Pour accomplir le miracle, il n’a pas besoin d’une prière spéciale de supplication ; il arrête simplement le cortège funèbre et ordonne au mort de se lever. Jésus se montre ici le maître de la vie et de la mort. La résurrection d’un mort n’est pas plus difficile pour lui que la guérison d’un malade. Dans l’épisode de Mc 2,1-12, Jésus remet d’abord les péchés du paralytique puis le guérit. « Quel est le plus facile, de dire au paralytique : tes péchés sont remis, ou de lui dire :Lève-toi, prends ton grabat et marche ? » En mourant sur la croix, Jésus a reçu le pouvoir de pardonner les péchés, il a aussi le pouvoir « plus facile » de guérir physiquement les malades et de ressusciter corporellement les morts (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 97-98).

 

2 – « Un jour Dieu a trouvé bon de me révéler son Fils ». La souveraineté du Seigneur glorifié apparaissant à Paul est encore bien plus élevée que son geste terrestre sur la civière du jeune homme de l’évangile. Ici, c’est toute une existence qui est transformée en son contraire spirituel. Paul persécutait la nouveauté de la prédication de Jésus au nom de la « tradition des pères ». Il est maintenant arraché à cette tradition de son peuple pour annoncer un évangile qu’il n’a pas appris par la tradition, mais qu’il a reçu par révélation de Jésus-Christ. Paul est exproprié pour le service de quelque chose d’étranger ; pour cela Dieu l’a « mis à part dès le sein de sa mère ». La violente aliénation qui se produit devant Damas est en réalité ce qui ramène Paul à sa vocation primitive (Cf. Ibid. 98).

11e dimanche    A    (Ex 19,2-6; Rm 5,6-11; Mt 9,36-10,8)

1 – « Et il leur donna pouvoir de chasser les démons« . Dans sa lutte avec les possédés, le Seigneur a opposé son esprit à l’esprit impur et s’est montré le plus fort. Force nous est de remarquer que le Seigneur qui envoie ses disciples pour prêcher, leur accorde comme don premier et le plus important le pouvoir de chasser les démons. Au fond, il ne sépare guère la prédication de ce pouvoir. Il envoie les disciples non seulement pour œuvrer avec leur parole, mais pour lutter aussi avec une fore qui les habite. Cette force ne peut être que la sienne (Sur Mc 3,15.  Cf. Saint Marc 132).

2 - Les noms des douze apôtres. Il y en a quelques-uns dont nous connaissons le chemin. Il nous est raconté comment le Seigneur rencontre Pierre et André en train de pêcher, et les deux frères Jacques et Jean en train de réparer leurs filets. Nous connaissons l’appel de Lévi. Nous ne connaissons pas le chemin des autres, ils ont sûrement été différents. En général, on ne nous rapporte que de brèves rencontres : le Seigneur s’adresse à ceux qu’il a choisis, et ils suivent. Aujourd’hui encore des chemins très divers conduisent au Seigneur. Il y a des hommes qui, de prime abord, sans problème, connaissent et suivent leur chemin. D’autres doivent parcourir une longue route avant de devenir de véritables chrétiens, c’est-à-dire avant que l’unité entre leur foi et leur vie soit établie (Sur Mc 3,16-19. Cf. Ibid. 136).

3 - Judas Iscariote. Ce qui se passe de plus grave dans l’Église, provient toujours de ses propres rangs. Quand il s’est mis à écrire, l’évangéliste savait que le traître avait été Judas, c’est pourquoi il le mentionne en dernier. Cette place qu’il lui attribue fait ressortir son forfait mais aussi sa réelle appartenance au groupe des douze élus. La trahison venue des propres rangs, entre amis, à l’intérieur d’un parti, fait partie des choses les plus douloureuses. Si c’était un étranger qui avait livré le Seigneur, cela porterait davantage le caractère du hasard. Mais rien ne relève du hasard en ce qui concerne le destin du Seigneur. C’est de toute manière significatif, caractéristique, incontournable, que la trahison soit issue du cercle le plus intime (Sur Mc 3,19. Cf. Ibid. 135).

11e dimanche    B    (Ez 17,22-24; 2 Co 5,6-10; Mc 4,26-34)

1 – Le royaume de Dieu est une réalité pleine de mystère. L’Église tout entière, le royaume de Dieu tout entier a le devoir de semer. Chrétienté et stérilité sont incompatibles, ce qui signifie à nouveau que personne ne peut être chrétien pour soi tout seul… Si la semence vient réellement de Dieu, et a été réellement semée en terre, alors que le semeur dorme ou non, la semence germe, elle a en elle-même la force de germer. La grâce de Dieu pourvoit la parole semée d’une force absolue de croissance. Si une parole pleine de grâce, une parole qui possède quelque chose de la force de Dieu tombe en nous, elle germera. Nous n’avons pas besoin de regarder à tout moment avec angoisse si le semeur s’occupe de nous ou pas. La semence germe si elle est et demeure semence divine (Sur Mc 4,26-7. Cf. Saint Marc 198).

2 – Nous nous sommes mis à la disposition du Seigneur comme une terre. La semence est déposée par le Seigneur lui-même. La terre ne fait que se mettre à la disposition du Seigneur. Notre volonté de laisser mûrir le fruit du Seigneur doit être aussi constante que possible… C’est le Seigneur qui décide si le fruit est mûr, et on le lui remet quand il le demande… Le Seigneur a laissé le fruit croître là où il l’a apporté et semé. Et quand celui-ci lui paraît mûr, il l’enlève… Le fruit, il l’utilise selon son bon plaisir, ailleurs, près ou loin.

Cela veut dire que si nous avons grandi sur un terrain précis, servi en un lieu déterminé, cela ne nous donne pas le droit de considérer ce lieu comme notre résidence définitive. Le Seigneur nous utilise comme il le veut. On ne demande jamais au fruit à quoi il veut servir. Ce qui a mûri sur mission de Dieu reste sa propriété. Il nous a en quelque sorte prêtés à son terrain choisi par lui jusqu’à ce que nous soyons mûrs et qu’il puisse y mettre la faucille. Une telle opération est toujours quelque chose de douloureux, du moins c’est ainsi que nous le ressentons. Mais c’est le Seigneur lui-même qui inflige cette douleur. Il fixe le jour de la moisson… Il choisira certes le jour selon son bon plaisir, mais pas de façon arbitraire. Quant au fruit, on ne lui demande rien (Sur Mc 4,29. Cf. Ibid. 202-3).

3 - La plus petite de toutes les semences. De nous-mêmes, nous ne sommes pas en état de recevoir quelque chose de très grand, nous sommes petits, et chez nous, tout commence toujours par ce qui est petit… Nous pouvons constater comment pousse un grain de sénevé. Il pousse dès qu’il en reçoit la force… De même toute parole du Seigneur possède la force de la croissance si nous l’accueillons de façon suffisamment abandonnée et passive.. Passive ne veut pas dire indifférence, mais attentive à rien d’autre…

De tous les points de vue, on devrait reconnaître que le Royaume de Dieu est plus grand que toutes les grandeurs  de ce monde… Si nous sommes vraiment chrétiens, nous pouvons faire de la Parole de Dieu notre nourriture, mais nous pouvons aussi habiter en elle, être si bien entourée de la Parole qu’elle devienne notre abri et notre demeure, qu’en elle seule nous nous sentions libres et bien (Sur Mc 4,31-32. Ibid. 206-7).

11e dimanche C (2 S 12,7-10.13 ; Ga 2,16.19-21 ; Lc 7,36-8,3)

1 – « Marie, appelée Madeleine, qui avait été libérée de sept démons ». Nous ne savons pas à quel moment Marie-Madeleine a été prise en charge de cette manière par le Seigneur. Son histoire antérieure se trouve dans l’obscurité, mais cette obscurité même est déjà traversée de lumière pour le Seigneur : celle-ci est connue de lui, formée par lui de la manière dont il en sa besoin. De son histoire, il sait avec certitude ce qui lui est nécessaire de savoir. Si cela nous reste caché, c’est parce que le Seigneur le veut ainsi et pour que nous sachions que, dans le Seigneur, tous les chemins cachés et inconnus conduisent à la foi (Sur Lc 8, 2-3. Cf. Trois femmes et le Seigneur 13-14).

2 – « Il y avait aussi Jeanne, la femme de Chouza, un intendant d’Hérode, Suzanne et beaucoup d’autres encore qui les assistaient de leurs biens ». Pour les femmes qui sont mentionnées en même temps que Marie, leur passé reste voilé. Madeleine est la seule qui soit mise à nu ; elle ne l’a certainement pas désiré elle-même, la grâce l’a distinguée de cette façon. La tache de son passé et la grâce de sa délivrance restent indissolublement liées à son nom. Elle était possédée par des démons, elle se tient maintenant dans la plus grande proximité du Seigneur. La grâce veut ici se manifester de telle sorte que le point de départ ne soit pas oublié (Sur Lc 8,2-3. Cf. Ibid. 20-21).

3 – Madeleine est proposée à notre méditation comme une sainte dont il nous est permis d’apprendre certains traits avec précision, tandis que Dieu tient d’autres si voilés que nous ne pouvons aucunement les connaître. Dieu nous éduque par Madeleine à ne pas vouloir demander ni savoir plus que ce qu’il nous montre. Il est extrêmement important que Dieu ne découvre pas simplement tout mais, à son gré, ouvre et ferme, montre et voile de nouveau. Quelque chose de la vie des saints est tourné vers les hommes ; le reste, la plus grande part, ne s’ouvre que sur Dieu, dans la solitude et le secret (Sur Lc 8,2-3. Cf. Ibid. 24-25).

12e dimanche    B    (Jb 38,1.8-11; 2 Co 5,14-17; Mc 4,35-41)

1 - On ne peut pas s’embarquer avec le Seigneur sur le lac pour une traversée sans s’exposer nécessairement à la tempête. Si nous comprenons cela, la tempête ne nous inquiète pas par avance (Sur Mc 4,37-8. Cf. Saint Marc 212).

2 – Pourquoi avoir peur? Nous avons peur quand la vue d’ensemble nous échappe. Mais si nous savons que la vue d’ensemble sur notre vie, notre foi, nos actes se trouve dans le Seigneur, alors nous ne connaissons pas la peur. Nous savons que nous n’avons pas besoin de nous informer auprès de qui que ce soit sur les minutes, journées, semaines ou années à venir, puisque c’est lui qui embrasse tout du regard. Il nous donne la foi, nous n’avons pas à avoir peur… Jamais peur et foi ne vont de pair (Sur Mc 4,40. Ibid. 217-8).

3 – Après la tempête apaisée. Comment n’avez-vous pas encore la foi? Le Seigneur est plus grand que nous le pensons, et il peut à tout moment fournir de nouvelles preuves de sa puissance toujours plus grande. Personne ne peut dire qu’il connaît désormais exactement la grandeur de la puissance du Seigneur; il montrerait par là qu’il connaît aussi exactement la grandeur de sa propre impuissance. Il ne suffit pas non plus de dire que je sais que le Seigneur possède la toute-puissance. Car qu’est-ce que cela veut dire être tout-puissant? Mais si nous savons que la toute-puissance de Dieu agissant à son service est bien plus grande que tout ce que nous pouvons nous représenter comme toute-puissance, nous savons que le Seigneur est toujours plus grand et que notre foi doit aussi s’adapter à ce toujours plus grand.

Personne ne peut dire : je crois aujourd’hui ceci et cela, demain ce sera un peu plus, dans un an bien davantage, et dans cinq ans plus encore; car de la sorte il prétendrait avoir une vue d’ensemble de sa foi, or personne ne peut en avoir une. On doit laisser au Seigneur la vue d’ensemble. Mais la foi, la foi chrétienne est reçue par le Seigneur de telle façon qu’il la fait croître avec une intelligence des choses qu’il accorde et qui provient de sa vue d’ensemble. Intelligence des choses de Dieu et foi en lui croissent l’une par l’autre parce que le Seigneur ne cesse de se donner toujours davantage au croyant (Sur Mc 4,40. Cf. Ibid. 217-8).

18/01/2019. A  suivre.


 


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