84. A.v.Speyr, Dimanches T.O. 17-20

 

84

Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Dimanches T.O. 17-20

 

17e dimanche  C (Gn 18,20-32; Col 2,12-14; Lc 11,1-13)

1 – Le Notre Père est un don du Seigneur pour tous les jours; on ne peut pas l’épuiser; et il est toujours capable de nous tenir éveillés dans notre foi (Nachlassbände - désormais NB - 5,29-30).

2 – Quand le Fils nous apprend le Notre Père, il nous montre sa manière d’aimer le Père, et il aime le Père avec l’expression et le contenu de l’amour qu’il a reçus du Père lui-même (Sur 1 Jn 3,22. Die katholischen Briefe II, 140).

3 – « Demandez, vous obtiendrez; frappez, la porte vous sera ouverte ». Si on frappe vraiment à la porte de Dieu, on ne sait pas ce qu’on va recevoir… S’en remettre totalement (NB 1/2,280-281).

4 – « Quiconque reçoit, qui cherche trouve ». Le Seigneur livre ici un secret du ciel. Il montre l’attitude Dieu vis-à-vis des hommes. Une attitude immuable, éternelle, par laquelle il révèle constamment sa disposition à accueillir ceux qui croient et ceux qui cherchent… Comme si Dieu conformait continuellement ses possibilités à celles des hommes… Dieu demeure prêt à les recevoir tels qu’ils sont et à se conformer le premier. Ils peuvent donc d’abord rester eux-mêmes, puis Dieu, en les accueillant, les formera…

Avec Dieu, ce qui est personnel est pris en considération… Dieu est assez libre et assez puissant pour s’y conformer afin de le façonner ensuite selon sa volonté. Sa vérité, sa doctrine, son Église auront de la place pour ceux qui ont la vie facile et pour ceux qui ont des difficultés. Bien que Dieu soit unique, sa volonté d’adaptation est infiniment variée… Qu’ils viennent à lui avec le sentiment de faire la chose la plus naturelle du monde. Qu’ils ne pensent pas qu’il leur faut tout mettre sens dessus dessous pour être de bons chrétiens. Qu’il leur faut se transformer radicalement pour devenir peu à peu dignes de Dieu. Dieu s’occupera lui-même de la dignité. Il leur suffit de venir, de rester simples, sachant que dans la simplicité toutes les voies sont ouvertes (Sur Mt 7,8. Le Sermon sur la montagne 214-215).

5 – Beaucoup de demandes seront adressées au Père au nom du Fils, et le Fils ne les appuiera pas. Il n’appuiera aucune demande égoïste, se cachant sous le manteau du Fils. Il n’appuiera pas la demande de ces pécheurs qui, détournés de Dieu, se souviennent il est vrai de la prière, mais l’exercent en dehors de la foi et de l’amour comme une formule magique (Sur Jn 16,20. Jean. Le discours d’adieu II,177).

6 – Prenons l’exemple de quelqu’un qui croit que Dieu est son Père. Il examine comment les pères s’occupent de leurs enfants, combien les parents aiment que leurs enfants leur demandent quelque chose pleins de confiance et de reconnaissance, et comment ceux-ci acceptent, sans faire de manières, les dons qui leur sont faits. Alors il demande à Dieu : donne-nous notre pain de ce jour. Il lui demande tout ce dont sa famille et lui-même ont besoin. Il connaît ses besoins, et sa prière est fonction de ceux-ci.

Quelqu’un d’autre peut aller plus loin et implorer la foi de personnes qu’il ne connaît pas du tout. Il essaie aussi de prier pour que la volonté de Dieu se fasse dans des situations qu’il ne connaît pas et qu’il n’a absolument pas besoin de formuler. Dans la prière, plus on s’éloigne de ses idées et de ses besoins, plus on s’approche du domaine de Dieu; on franchit les limites de son propre domaine pour entrer dans les idées et les besoins de Dieu (Choisir un état de vie 143).

19e dimanche  B (1 R 19,4-8; Ep 4,30-5,2; Jn 6,41-51)

1 – Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire… Le Seigneur réaffirme sa mission reçue du Père. Personne ne peut comprendre cette mission, sinon celui que le Père attire… Que les auditeurs ne croient surtout pas que c’est le Fils qui attire à lui et cherche à gagner des adeptes, car l’attirance ne se fait que par le Père… Celui qui va au Fils n’y parvient qu’en raison d’un désir du Père que celui-ci a suscité en lui. Personne ne peut arriver au Fils, personne ne peut trouver le Fils, sinon celui qui cherche le Père. Or le Fils facilite cette recherche en éveillant chez l’homme le désir de chercher; et c’est comme s’il aidait à la fois le Père à attirer les hommes, et les hommes à se laisser docilement attirer (Sur Jn 6,44. Cf. Jean. Les controverses, I,51).

19e dimanche  C (Sg 18,6-9; He 11,1-2.8-19; Lc 12,32-48)

1 – Alors il leur faut tout de même amasser des trésors; mais à savoir là où est le Père, là où va le Fils et d’où il vient : dans le ciel. Car dans le ciel, il n’y a rien de périssable, au ciel tout participe de la vie éternelle… Le Seigneur ne dit pas que les voleurs n’y vont pas, mais seulement qu’ils n’y volent pas. Supposons qu’un voleur arrive au ciel parce que, en somme, c’est un brave type, il n’y volera plus. Car il se trouve au ciel où Dieu habite, et au ciel l’homme se conformera à Dieu. Parce que Dieu est ainsi, il n’est plus possible au ciel de voler (Sur Mt 6,20. Le Sermon sur la montagne 165-166).

20e dimanche  B (Pr 9,1-6; Ep 5,15-20; Jn 6,51-58)

1 - Les œuvres du chrétien sont aussi en rapport avec le temps… Tout temps est en relation avec l’éternité et, même si seule l’éternité a de la valeur, Dieu a cependant attribué à chaque instant une valeur précise du point de vue de l’éternité… « Car les jours sont mauvais ».. Ils s’écoulent sans que les hommes leur donnent cette plénitude voulue par Dieu… Ils ne veulent pas mettre le temps au service de l’éternité, ils voudraient laisser au temps son cours apparemment naturel sans lien avec Dieu… C’est pourquoi les jours sont mauvais parce qu’ils les utilisent dans le sens de leurs intentions de pécheurs. Ils se font indifférents non seulement au Fils et à son message, mais en même temps au Père et  au temps dont il leur fait présent, temps qui, comme don de Dieu, devrait toujours servir ses intentions saintes et éternelles.

Mais parce que les jours sont mauvais, mal remplis, mal utilisés, les chrétiens doivent racheter le temps. D’emblée ils sont avertis qu’ils ont un surplus à acquitter : racheter non seulement leur propre temps, mais aussi le temps en général, le temps de ceux qui le gaspillent; ou mieux : ils ont à l’acheter au prix de leur sacrifice, de leur parole, de leur obéissance, toutes choses qui n’ont de valeur qu’en Dieu, de même que le temps, lui aussi, n’a finalement sa valeur qu’en Dieu. Il y a dans cette requête de Paul l’idée d’expiation (Sur Ep 6,17. L’Épître aux Éphésiens 178-179).

18/05/2018. A suivre.

Hôtellerie
Vous souhaitez faire une pause spirituelle ?

Hôtellerie de l'Abbaye

Spiritualité
Découvrez les richesses de la foi avec d'autres croyants.

Spiritualité

Paroisse
Célébrez les mystères de la foi avec d'autres croyants.

Wisques - Paroisse


LiensMentions légales | création site web arsitéo