85. A.v.Speyr, Dimanches T.O. 21-24

 

85

Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Dimanches T.O. 21-24

 

21e dimanche  B (Jos 24,1-2.15-18; Ep 5,21-32; Jn 6,60-69)

1 – Judas. Le Seigneur sait depuis le commencement qui était celui qui le livrerait. Judas a été appelé bien que le Seigneur, dès le commencement, ait prévu sa trahison. Il l’a accueilli parce que le Père le lui avait remis, mais aussi pour donner un exemple à l’Église. Si une trahison se produit en son sein, elle ne doit pas s’inquiéter ni être troublée : il se peut que le traître ait eu une véritable vocation et ait failli à sa mission sans que ce soit la faute de l’Église. En accueillant le traître, le Seigneur témoigne au Père la plus grande fidélité. Il assume en pleine conscience la responsabilité aussi de celui dont il prévoit la faute. Il est disposé à se porter garant vis-à-vis du Père aussi de cette faute, à couvrir de son propre avoir la malversation de celui qu’il sait avec certitude être voleur et traître. Il prouve ainsi le caractère inconditionnel de son amour envers le Père comme envers les pécheurs (Sur Jn 6,64. Cf. Jean. Les controverses I,73-74)

2 - Beaucoup de ses disciples se retirèrent et cessèrent d’aller avec lui… Il est significatif que ceux qui se sont retirés ne reviennent plus. Leur cas est réglé. Ils ont entendu l’appel de la grâce, ont parcouru un petit bout de chemin, puis se sont détournés. La grâce est à ce point inexorable. La Seigneur a appelé une fois, il n’appelle pas une seconde fois. Qui l’a trouvé une fois, qui l’a rencontré de manière sûre et évidente, ne doit plus le quitter, car il se peut que la première rencontre soit aussi la dernière et que l’appel ne retentisse pas une seconde fois (Sur Jn 6,66. Ibid. 75).

3A qui irions-nous? Simon-Pierre sent très nettement que dans sa vie, quelque chose a fait irruption qui n’y était pas auparavant : qu’il a une patrie en quelqu’un, qu’il appartient à quelqu’un, vit pour quelqu’un et que, sur terre, il ne peut plus disposer de sa propre vie. Il appartient à celui qui, à ses yeux, est le seul capable de mener à Dieu. Simon-Pierre ne veut plus rien savoir des garanties de l’ancienne vie… Tu as les paroles de la vie éternelle… La seule chose qui l’intéresse encore, c’est la vie éternelle… Et très exactement cette vie que le Seigneur a promise : foi, amour et espérance… Dans ses paroles, il perçoit la vie éternelle (Sur Jn 6,68. Ibid. 75-76).

23e dimanche  B (Is 35,4-7; Jc 2,1-5; Mc 7,31-37)

1 - « On amène à Jésus un sourd-muet ». Où qu’il aille maintenant, le Seigneur est reconnu, une tâche l’attend, et pas forcément toujours une tâche qui se trouve dans ses plans. Il ne fait pas seulement des choses de lui-même, mais aussi des choses qui, sans contredire ses intentions, doivent venir de l’initiative des hommes. « Le Seigneur emmena le sourd-muet à l’écart, lui mit les doigts dans ses oreilles et, prenant de la salive, lui toucha la langue ». S’écarter de la foule, c’est comme s’écarter de l’incroyance. Peut-être est-ce un lieu où ne se trouvent que des croyants afin que les disciples puissent voir le miracle et le communiquer, car il n’y a pas de miracle qui ne se produise qu’en faveur du seul bénéficiaire. Et ce miracle est visiblement  de ceux qui doivent être rapportés, sinon il ne se trouverait pas dans l’Évangile.

« Puis levant les yeux au ciel, Jésus poussa un gémissement et lui dit : Effata, ce qui veut dire : Ouvre-toi ». Il lève les yeux vers le Père. C’est comme s’il ne voulait pas accomplir un miracle tout seul, mais toujours dans la Trinité. Le Père et l’Esprit sont au ciel. Et lui, comme homme dans le monde, a toujours accès au ciel. Bien plus il attire le ciel pour ne pas agir seul, pour être approuvé, pour faire participer. Cette manière divine, réciproque, de faire participer, est ce que le Seigneur, par toute sa vie, nous donne aussi… C’est déjà une sorte de miracle eucharistique… Il ne refuse pas l’aide des hommes. Mais en regardant vers le ciel, il cherche la présence du Père et de l’Esprit et du ciel tout entier… Il soupire parce qu’il est fatigué, parce que de nouveau une force sort de lui. Il soupire dans l’obéissance. Sur Mc 7,32-34. Cf. Saint Marc 348-350).

24e dimanche  B (Is 50,5-9; Jc 2,14-18; Mc 8,27-35)

1 – Sauver sa vie en la perdant. Qui aime le Seigneur et son message plus que sa propre vie, perdra celle-ci librement en l’offrant au Seigneur. Et cette vie sera sauvée. Un échange aura lieu. Nous perdrons notre vie mortelle et nous recevrons en échange la vie éternelle du Fils; nous perdons quelque chose de limité, d’humain, pour participer en échange au divin incommensurable (Sur Mc 8,34-35. Cf. Saint Marc 385).

25/08/2018. A suivre.

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