85. A.v.Speyr, Dimanches T.O. 21-24

 

85

Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Dimanches T.O. 21-24

 

21e dimanche A (Is 22,19-23 ; Rm 11,33-36 ; Mt 16,13-20)

1 – Deuxième lecture : Combien riches et insondables sont les décisions de Dieu, également en ce qui concerne l’Église ! (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 118).

21e dimanche  B (Jos 24,1-2.15-18; Ep 5,21-32; Jn 6,60-69)

1 – Judas. Le Seigneur sait depuis le commencement qui était celui qui le livrerait. Judas a été appelé bien que le Seigneur, dès le commencement, ait prévu sa trahison. Il l’a accueilli parce que le Père le lui avait remis, mais aussi pour donner un exemple à l’Église. Si une trahison se produit en son sein, elle ne doit pas s’inquiéter ni être troublée : il se peut que le traître ait eu une véritable vocation et ait failli à sa mission sans que ce soit la faute de l’Église. En accueillant le traître, le Seigneur témoigne au Père la plus grande fidélité. Il assume en pleine conscience la responsabilité aussi de celui dont il prévoit la faute. Il est disposé à se porter garant vis-à-vis du Père aussi de cette faute, à couvrir de son propre avoir la malversation de celui qu’il sait avec certitude être voleur et traître. Il prouve ainsi le caractère inconditionnel de son amour envers le Père comme envers les pécheurs (Sur Jn 6,64. Cf. Jean. Les controverses I,73-74)

2 - Beaucoup de ses disciples se retirèrent et cessèrent d’aller avec lui… Il est significatif que ceux qui se sont retirés ne reviennent plus. Leur cas est réglé. Ils ont entendu l’appel de la grâce, ont parcouru un petit bout de chemin, puis se sont détournés. La grâce est à ce point inexorable. La Seigneur a appelé une fois, il n’appelle pas une seconde fois. Qui l’a trouvé une fois, qui l’a rencontré de manière sûre et évidente, ne doit plus le quitter, car il se peut que la première rencontre soit aussi la dernière et que l’appel ne retentisse pas une seconde fois (Sur Jn 6,66. Ibid. 75).

3 – « A qui irions-nous? » Simon-Pierre sent très nettement que dans sa vie, quelque chose a fait irruption qui n’y était pas auparavant : qu’il a une patrie en quelqu’un, qu’il appartient à quelqu’un, vit pour quelqu’un et que, sur terre, il ne peut plus disposer de sa propre vie. Il appartient à celui qui, à ses yeux, est le seul capable de mener à Dieu. Simon-Pierre ne veut plus rien savoir des garanties de l’ancienne vie… Tu as les paroles de la vie éternelle… La seule chose qui l’intéresse encore, c’est la vie éternelle… Et très exactement cette vie que le Seigneur a promise : foi, amour et espérance… Dans ses paroles, il perçoit la vie éternelle (Sur Jn 6,68. Ibid. 75-76).

21e dimanche C (Is 66,18-21; He 12,5-7.11-13; Lc 13,22-30)

1 – « Et même je prendrai des prêtres et des lévites parmi eux » (Is 66). Pour Israël, c’est un devoir très difficile de se savoir le peuple élu et de se relativiser cependant de manière à apprendre cette vérité : la même élection en touchera d’autres, au temps que Dieu connaît. Les autres, qui étaient le plus souvent considérés par Israël comme des ennemis de Dieu, sont maintenant appelés par lui « vos frères ». Mais les chrétiens eux aussi, peuvent, comme les Juifs, s’enorgueillir de leur élection et de leurs prétendues prérogatives, et pour cela précisément être laissés devant la port et relégués à la dernière place (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 119-120).

2 – « Je ne sais pas d’où vous êtes » (Lc 13). L’évangile s’adresse en première ligne à cet Israël qui ne veut pas tenir pour vrai l’élargissement annoncé par Isaïe. Que des inconnus viennent de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi, prendre place avec les ancêtres d’Israël au festin du royaume de Dieu paraît intolérable à ceux auxquels Jésus s’adresse ; c‘est avec des grincements de dents qu’ils apprennent qu’ils seront les derniers alors qu’ils étaient les premiers, et même qu’ils ne seront pas admis à entrer. Il leur faut entendre dire qu’ils faisaient le mal lorsqu’ils s’obstinaient à s’appuyer sur leur prétendue prérogative. Les dures paroles de Jésus sont des paroles d’avertissement, de mise en garde, elles ne peuvent provenir que de son amour. Et s’il leur est dit finalement qu’ils seront les derniers, cette dernière place est une place d’humiliation, non de désespoir. Il a y a une espérance pour tout Israël (Cf. Ibid. 119-120).

22e dimanche A    (Jr 20,7-9 ; Rm 12,1-2 ; Mt 16,21-27)

1 – Quand Jésus, dans l’évangile, présente son programme de mission décisif, la croix, ce n’est pas seulement le monde qui se scandalise, c’est d’abord ses disciples. Les hommes voudraient tous, autant que possible et aussi longtemps que possible, échapper à la souffrance. Toutes les religions, en dehors du christianisme, répondent à ce programme : comment l’homme peut-il échapper à la souffrance ? Par le stoïcisme, en se libérant de la « roue des renaissances », en se plongeant dans la méditation, etc. Le Christ, au contraire, est devenu homme pour souffrir. Celui qui veut l’en empêcher est un adversaire. Et cet homme ne va pas entendre dire : « Sois heureux que je souffre pour toi », mais : « Prends toi-même ta croix par amour pour moi et en faveur de tes frères, pour le salut desquels il faut souffrir ». Il n’existe pas d’autre voie de salut que moi-même. Ton salut ne consiste pas à te dépouiller de ton moi, mais à sacrifier sans cesse ton moi pour les autres. C’est sur la croix justement que Jésus a été raillé et blasphémé comme jamais auparavant. Et c’est justement ainsi qu’il a pris sur lui le refus du monde et l’a, au plus intime, vaincu et surmonté (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 119-120).

22e dimanche     B    (Dt 4,1-2.6-8; Jc 1,17-18.21-22.27; Mc 7,1-8.14-15.21-23)

1 - « Les usages des pharisiens ». Leurs divers pratiques un sens raisonnable. Ils ne mangent pas sans s’être lavé les mains; ils les lavent en revenant de la place publique, etc. Pourquoi pas? Toutes ces pratiques sont sensées à l’origine, mais elles sont devenues un rite et le rite un but en soi, qui a donc perdu de son sens. L’amour a disparu et a été remplacé par la complication de l’appareil, de l’appareil de pensée, de justification, de discussion. Et cette justification de la coutume est bien éloignée de son origine. Devant cela, nous voulons demander au Seigneur de nous garder toujours dans l’amour. Toute loi que nous accomplissons ne doit être accomplie que pour servir l’amour, parce que, dans tout notre service, seul l’amour du Seigneur doit apparaître clairement (Sur Mc 7,1-4. Saint Marc 326-327).

2 - « Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur cœur e st loin de moi ». Entre les paroles sur leurs lèvres et la foi en leur cœur, ils n’ont pas fait l’unité. Un service de la Parole sans la foi du cœur, un service qui ne s’oriente pas sur la Parole de Dieu, mais sur des règles que l’on se donne à soi-même. Des échafaudages que les hommes ont érigés eux-mêmes pour y trouver un appui humain. Et devant l’abondance des appuis humains, ils ne voient plus la foi et Dieu. Ils sont à tel poins empêtrés dans leur formalisme qu’ils prennent la loi pour la vie (Sur Mc 7,5-7. Cf. Ibid. 328).

3 - « Vous mettez de côté le commandement de Dieu ». Le commandement de Dieu est avant tout le commandement de l’amour, un commandement qui ne peut être observé que si on le vit en permanence. Le commandement de l’amour est finalement l’expression des sentiments du Père, du Fils e de l’Esprit. Nulle part l’amour n’est aussi parfaitement réalisé qu’en la Trinité. Rien d’autre n’est exigé de nous que de chercher toujours et partout l’amour, l’amour de Dieu qui nous est offert par sa grâce. De chercher seulement à faire la volonté de Dieu, qui consiste à revenir à son commandement d’amour. Ce qu’il reproche aux pharisiens, c’est de ne plus considérer l’amour de Dieu comme le plus grand commandement et de s’éloigner de cet amour (Sur Mc 7,8. Cf. Ibid. 329).

22e dimanche C (Si 3,17-18.20. 28-29; He 12,18-19. 22-24; Lc 14,1.7-14)

1 – « La dernière place ». On pourrait dire que l’évangile traite de l’humilité. Mais il est difficile de définir l’humilité comme vertu. On ne peut pas vraiment chercher à l’acquérir, car on voudrait alors être quelque chose ; on ne peut pas s’y exercer, car on voudrait alors arriver à quelque chose. Ceux qui la possèdent ne peuvent ni le savoir ni le constater. On peut simplement dire négativement : l’homme ne doit rien rechercher pour lui-même. Alors il ne se met pas de lui-même à la place éminente où l’on est vu, remarqué, hautement estimé ; il ne doit pas non plus calculer qui il doit inviter à un repas pour être invité en retour. S’il se met à la dernière place, ce n’est pas pour être jugé humble, et si on le prie de monter plus haut, cela ne le réjouit pas pour lui-même, mais comme témoignage de la bienveillance de celui qui l’a invité. Il ne s’évalue pas du tout lui-même, parce qu’il n’attache pas d’intérêt au rang qu’il occupe parmi les hommes. Et si le maître lui dit que son attitude lui sera rendue à la résurrection des justes, il ne verra là probablement que la promesse qu’il sera près de Dieu. Car voilà seulement ce qui l’occupe : que Dieu le dépasse infiniment en bonté puissance et majesté (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lecture dominicales. Année C. 121).

2 – « Les humbles rendent gloire au Dieu vivant » (Si). Dieu n’est honoré que par ceux qui ne font pas les importants, car Dieu lu-même ne fait pas l’important. Il est simplement celui qu’il est, le Seigneur, le Puissant. Il est celui qui distribue tous les biens, l’homme ne doit pas se comporter devant lui comme le magnanime, celui qui distribue ses dons. Il peut avoir reçu de nombreux biens, être considéré par les hommes comme important ; lui-même sait qu’il doit tout ce qu’il a à l’unique Magnanime. Pour la sagesse de Dieu, il est tout oreilles, car il s’en réjouit, tout en s’oubliant lui-même (Cf. Ibid. 122).

23e dimanche A ( Ez 33,7-9 ; Rm 13,8-10 ; Mt 18,15-20)

1 – Au centre de l’évangile d’aujourd’hui : l’exhortation mutuelle dans l’amour. Mais l’homme reste libre. Même la meilleure exhortation elle-même – soit l’exhortation personnelle en tête à tête, soit celle, plus officielle, du représentant établi de l’Église – peut parvenir à une limite, celle d’un refus net. Ici la première lecture est significative. : quand celui qui avertit a fait son devoir et que le coupable ne veut cependant pas renoncer à sa fausse route, il a rempli son devoir et, comme il est dit, il a sauvé sa vie. Le devoir d’avertir est inculqué très sérieusement, mais qu’il aboutisse n’est pas promis par Dieu. C’est ainsi qu’il y a aussi dans tout le Nouveau Testament une ligne frontière indiquée par Dieu, au-delà de laquelle un pécheur ou celui qui se tient à distance ne peut plus se considérer comme appartenant à l’Église de Dieu. Ce n’est pas l’Église qui exclut, c’est lui-même qui s’excommunie (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 121-122).

23e dimanche     B    (Is 35,4-7; Jc 2,1-5; Mc 7,31-37)

1 - « On amène à Jésus un sourd-muet ». Où qu’il aille maintenant, le Seigneur est reconnu, une tâche l’attend, et pas forcément toujours une tâche qui se trouve dans ses plans. Il ne fait pas seulement des choses de lui-même, mais aussi des choses qui, sans contredire ses intentions, doivent venir de l’initiative des hommes. « Le Seigneur emmena le sourd-muet à l’écart, lui mit les doigts dans ses oreilles et, prenant de la salive, lui toucha la langue ». S’écarter de la foule, c’est comme s’écarter de l’incroyance. Peut-être est-ce un lieu où ne se trouvent que des croyants afin que les disciples puissent voir le miracle et le communiquer, car il n’y a pas de miracle qui ne se produise qu’en faveur du seul bénéficiaire. Et ce miracle est visiblement  de ceux qui doivent être rapportés, sinon il ne se trouverait pas dans l’Évangile.

« Puis levant les yeux au ciel, Jésus poussa un gémissement et lui dit : Effata, ce qui veut dire : Ouvre-toi ». Il lève les yeux vers le Père. C’est comme s’il ne voulait pas accomplir un miracle tout seul, mais toujours dans la Trinité. Le Père et l’Esprit sont au ciel. Et lui, comme homme dans le monde, a toujours accès au ciel. Bien plus il attire le ciel pour ne pas agir seul, pour être approuvé, pour faire participer. Cette manière divine, réciproque, de faire participer, est ce que le Seigneur, par toute sa vie, nous donne aussi… C’est déjà une sorte de miracle eucharistique… Il ne refuse pas l’aide des hommes. Mais en regardant vers le ciel, il cherche la présence du Père et de l’Esprit et du ciel tout entier… Il soupire parce qu’il est fatigué, parce que de nouveau une force sort de lui. Il soupire dans l’obéissance. Sur Mc 7,32-34. Cf. Saint Marc 348-350).

2 - « Et Jésus leur recommanda de ne dire la chose à personne ». Plus le Seigneur interdit fermement, plus ils s’étendent en bavardages, comme des gens qui ne comprennent pas, qui savent donc mieux que les autres, et pensent que s’ils racontent, une lumière tombera aussi sur eux, puisqu’ils étaient témoins. S’ils avaient bien compris le miracle, l’Ephphata du Seigneur aurait aussi produit ses effets en eux. Ils se seraient tus. Bien des choses restent impénétrables dans les intentions du Seigneur. Pourquoi ces gens doivent-ils se taire? Peut-être pour correspondre à ce besoin de repos que le Seigneur a fait connaître. Peut-être parce qu’il ne peut opérer ses œuvres que dans le secret et en serait empêché par la publicité. Peut-être pour une autre raison connue de lui seul. En tout cas pour une raison très pertinente : car le Seigneur a donné l’ordre strict de se taire (Sur Mc 7,35-37. Cf. Ibid. 351).

3 - « Au comble de l’admiration, ils disaient : Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets ». Il est peu probable que les autres, ceux qui entendent le bavardage interdit, soient sur le bon chemin. Leur excitation et leur enthousiasme sont l’expression de leur goût du sensationnel et d’autres besoins plus bas. Et même s’ils disent qu’il fait bien toutes choses, et même si c’est vrai qu’il fait entendre les sourds et parler les muets, ce sont là, parce que la véritable bonne nouvelle ne leur est pas parvenue, des mots vides de la désobéissance qui offrent d’avance une fausse image du Seigneur : une image terrestre venant de gens avides de sensations (Sur Mc 7,37. Cf. Ibid. 351-352).

23e dimanche C    (Sg 9,13-18 ; Phm 9-10.12-17 ; Lc 14,25-33)

1 – « Qui ne renonce pas à tous ses biens ». Telle est l’exigence de Jésus lorsque quelqu’un veut être son disciple. Les « biens », dans ce contexte, c’est aussi la relation aux autres hommes, jusqu’à ses plus proches parents et sa propre famille. Puisque Jésus est le représentant de Dieu le Père sur terre, il réclame cet amour sans partage qu’exigeait pour Dieu la Loi ancienne : tout le cœur, toutes ses forces. Rien ne peut entrer en concurrence avec Dieu, et Jésus est la face visible du Père. Jésus lance cette exigence choquante à une grande foule de gens, qui le suit de manière extérieure : mais qui dans cette masse est prêt à prendre sur lui sa croix ? Jésus avait renoncé à tout : à ses parents, à sa mère ; il n’a pas d’endroit où reposer la tête. Il fait peu de cas de sa vie, il portera lui-même sa croix (Jn 19,17). Seul celui qui a tout quitté peut, dans la mission reçue de Dieu, tout recevoir en retour, « avec des persécutions » (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 123).

24e dimanche A (Si 27,30-28,7 ; Rm 14,7-9 ; Mt 18,21-35)

1 – Nous récitons distraitement la demande du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses comme nous aussi… », mais nous ne réfléchissons pas combien peu nous renonçons à notre justice terrestre, bien que Dieu renonce en notre faveur à la justice céleste. La lecture tirée de l’ancienne alliance sait déjà tout cela très exactement. Si un homme est sans compassion pour un homme, son semblable, comment peut-il prier pour ses propres fautes ? Déjà pour le sage de l’ancienne Alliance, c’est une impossibilité qui saute aux yeux. L’homme sans amour qui ne laisse pas entrer en lui la miséricorde divine se condamne clairement lui-même. L’amour de Dieu ne condamne personne, mais il arrive que l’homme n’accepte pas l’amour de Dieu. Jacques résume tout cela dans une courte sentence : « Le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde, mais la miséricorde se rit du jugement ». Et Jésus lui-même : « De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous en retour » (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 123-124).

24e dimanche    B    (Is 50,5-9; Jc 2,14-18; Mc 8,27-35)

1 - « Alors il leur enjoignit sévèrement de ne parler de lui à personne ». Maintenant que Pierre, au nom des disciples et de l’Église future, a reconnu le Seigneur comme le Messie et l’a désigné par son nom, l’éducation des disciples change. Ils se trouvent à un tournant. Tout d’abord le Seigneur reconnaît la réponse de Pierre comme la bonne réponse, mais il leur commande en premier lieu de se taire, de garder leur savoir pour eux. Se taire est très souvent inopportun dans l’Église, on ferait mieux de parler. Le Seigneur dira lui-même quand le temps sera venu d’annoncer sa messianité. En attendant, il faut se taire pour que personne ne soit au courant trop tôt et n’empêche par là le Seigneur d’accomplir ses autres devoirs (Mc 8,30. Cf. Saint Marc 380-381).

2 - « Passe derrière moi, Satan! Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ». L’Église doit entretenir les pensées de Dieu, les pensées des hommes sont en elle sataniques. Il faut qu’apparaisse au grand jour que le trop humain existe dans l’Église, dans son Église. Un disciples est rabroué, qui a reçu un ministère difficile, peut-être trop lourd à porter, et qui ne sait pas encore l’administrer. Mais l’essentiel, c’est qu’il soit rabroué par le Seigneur lui-même, pour qu’il apprenne à discerner entre les pensées de Dieu, que l’Église peut et doit avoir, et les pensées des hommes qui sont pour Pierre les pensées du diable (Sur Mc 8,33. Cf. Ibid. 383).

3 – Sauver sa vie en la perdant. Qui aime le Seigneur et son message plus que sa propre vie, perdra celle-ci librement en l’offrant au Seigneur. Et cette vie sera sauvée. Un échange aura lieu. Nous perdrons notre vie mortelle et nous recevrons en échange la vie éternelle du Fils; nous perdons quelque chose de limité, d’humain, pour participer en échange au divin incommensurable (Sur Mc 8,34-35. Cf. Ibid. 385).

24e dimanche C (Ex 32,7-11.13-14 ; 1 Tm 1,12-17 ; Lc 15,1-32)

1L’évangile raconte les trois paraboles de la miséricorde divine. Dieu n’est pas seulement le Dieu bon qui pardonne quand un pécheur revient, il va chercher la brebis perdue jusqu’à ce qu’il la retrouve. Dans la troisième parabole, le père n’attend pas à la maison le fils perdu, il court à sa rencontre et se jette à son cou. Que Dieu recherche celui qui était perdu, cela ne signifie pas qu’il ignore où celui-ci se trouve, mais bien qu’il recherche les voies sur lesquelles le pécheur pourrait revenir. C’est là l’effort de Dieu, qui se manifeste finalement dans le risque suprême consistant à donner son Fils pour le monde perdu. Quand le Fils descend dans la plus profonde déréliction du pécheur, jusqu’à la perte du Père, c’est là la recherche la plus astreignante pour Dieu à l’égard de celui qui est perdu. « Alors que nous étions encore pécheurs, Dieu a eu pitié de nous par l’abandon de son Fils » (Rm 5,8). Aucun exil d’Israël ne peut être définitif. (Cf . HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 125-126).

03/05/2019. A suivre.

Hôtellerie
Vous souhaitez faire une pause spirituelle ?

Hôtellerie de l'Abbaye

Spiritualité
Découvrez les richesses de la foi avec d'autres croyants.

Spiritualité

Paroisse
Célébrez les mystères de la foi avec d'autres croyants.

Wisques - Paroisse


LiensMentions légales | création site web arsitéo