86. A.v.Speyr, Dimanches 25-28

 

86

Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Dimanches T.O. 25-28

 

25e dimanche    B    (Sg 2,12.17-20; Jc 3,16-4,3; Mc 9,30-37)

1 - De quoi parliez-vous en chemin? Naturellement Jésus sait de quoi ils ont parlé. Mais il ne craint pas de poser la question. Il sait que la réponse leur sera pénible. Le Seigneur voit ce qui peut s’améliorer en eux, ce qu’il peut leur apporter là où ils en sont. Il pose donc une question, et une question qui exige une réponse. C’est un dialogue incessant avec le Seigneur; nous sommes tentés parfois de l’interrompre ou de ne pas répondre.

Mais le Seigneur reprend toujours le dialogue interrompu et il pose une fois encore la question, la même peut-être : toute la vie chrétienne est faite de ce dialogue avec le Seigneur. Nous demandons au Seigneur de bien vouloir ne jamais cesser de nous interroger et la grâce d’y répondre en toute vérité (Sur Mc 9,32-33. Cf. Saint Marc 427).

2 - « Eux se taisaient, car ils avaient discuté en chemin la question de savoir qui était le plus grand ». Ils mesurent comme on a l’habitude de mesurer en toute communauté. On connaît ses propres vertus, ses propres fautes aussi, et l’on connaît les fautes des autres et leurs qualités. Pendant leurs longues marches en commun, les disciples ont assez de temps pour comparer entre eux leurs progrès et leurs reculs. Ils mesurent. Mesurer est une activité humaine. Si Dieu juge à son tribunal, il ne mesure pas comme les hommes. Il a d’autres mesures. Les hommes ne peuvent pas concevoir que tous sont égaux. Ils ont une soif de hiérarchie. Ils savent déjà en quelque sorte, ou le pressentent tout au moins, qu’il y a de grands saints et des gens avec de petites missions. Ils ont posé la question que l’on ne doit pas poser dans la communauté du Seigneur. Car la première chose que le Seigneur attend de nous dans son amour est une réponse de notre amour, qui ne peut se faire que dans l’humilité. Or l’humilité, pas plus que l’amour, n’applique de mesure (Sur Mc 9,34. Cf. Ibid. 428-429).

3 – Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa et leur dit… Le Seigneur prend un enfant qui est dans la maison. Cet enfant n’est pas là par hasard; il sert sans en être conscient. Ce que le Seigneur utilise est sanctifié par le fait même qu’il l’utilise. Et il met l’enfant au milieu des disciples. Peut-être l’enfant a-t-il peur parce qu’il ne comprend pas ce qui lui arrive. Il était peut-être plongé dans une occupation enfantine. Et tout à coup il est contraint, il est pris par le Seigneur et placé au milieu des disciples. Jésus ne lui pose pas de questions. On ne sait rien non plus de ses impressions, de sa peur, de ses résistances. On sait seulement qu’il est là, que le Seigneur peut le prendre et le placer au milieu de ses disciples.

Et on voit alors quelque chose de très beau. Quand le Seigneur se sert de quelqu’un pour lui faire comprendre une vérité ou un chemin nouveau, il le serre dans ses bras. Il prend l’enfant de telle sorte que l’enfant sent combien le Seigneur lui veut du bien. Et ainsi il ne se sent pas étranger au milieu des disciples… Il ne sent qu’une chose, c’est que le Seigneur l’entoure solidement de ses bras, qu’il l’a pris réellement, qu’il ne se sert pas de lui pour le renvoyer quand il n’en aura plus besoin, mais que désormais il l’assure de son amour. Quand on est embrassé par le Seigneur, il n’est pas difficile de s’abandonner à sa volonté et de se laisser mettre par lui à la place et au rang qu’il a prévus (Sur Mc 9,36. Cf. Ibid. 431-432).

26e dimanche  B (Nb 11,25-29; Jc 5,1-6; Mc 9,38-48)

1 - Les chrétiens doivent toujours se souvenir que, par leur foi, ils font partie de l’Église et donc que c’est en tant que membres de l’Église qu’ils peuvent scandaliser le Juif, le païen et même celui qui partage leur foi; ils peuvent les scandaliser et par là faire du tort à l’Église (Sur 1 Co 10;32. Cf. Première épître de saint Paul aux Corinthiens II,37).

2 – « Un de ces petits qui croient ». Le Seigneur considère tous ceux qui croient comme petits, car la foi comporte un renoncement à la fausse maturité. Est faussement mûr celui qui se figure posséder une maturité qui lui permet de mener sa vie selon son bon vouloir. Le croyant sait, quant à lui, qu’il doit oser essayer de prendre le chemin que le Seigneur lui indique, et de ne pas prétendre savoir mieux que lui. La fausse maturité signifie se targuer d’une fausse liberté qui ne vient pas de Dieu; car la liberté que Dieu nous donne est la liberté du Fils de l’homme de faire la volonté du Père (Sur Mc 9,42. Saint Marc 439).

3 – « Mais si quelqu’un doit scandaliser ». Nous pouvons tous inciter au péché, parce que nous sommes tous pécheurs nous-mêmes. Mais il n’y a pas pire péché que d’entraîner au péché d’autres qui sont purs, qui ne connaissent pas encore certains péchés, au lieu de leur montrer le chemin vers le Seigneur. Et il y a pour nous un nombre incroyable de façons d’entraîner les autres à pécher. Comme chrétiens, nous sommes exposés. Les non chrétiens nous observent, ils veulent savoir ce que notre foi fait de nous. Et s’ils constatent que nous commettons même des péchés que ne font pas ceux qui affichent moins leur foi, nous devenons pour eux cause de scandale (Sur Mc 9,42. Cf. Ibid. 440).

4 – « Il serait mieux pour lui de se voir passer autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d’être jeté à la mer ». Une mort inévitable serait pour le chrétien qui scandalise une plus grande grâce que ce qui l’attend. Nous devons vivre et demeurer dans une proximité de Dieu telle que tout ce qui nous éloigne de Dieu doit nous faire craindre d’être en route vers le péché. Dieu nous a pris dans ses bras, il nous donne sa grâce. Mais nous devons aussi toujours vouloir recevoir cette grâce (Sur Mc 9,42. Cf. Ibid. 440).

27e dimanche     B    (Gn 2,18-24; He 2,9-11; Mc 10,2-16)

1 – « Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair ». De même que le péché met en danger l’unité entre l’homme et la femme dans le monde, voire peut la déchirer au point qu’il n’en reste plus rien, de même tout péché déchire notre unité avec Dieu. Sans le péché, il y aurait eu la possibilité pour Adam et Eve d’être parfaitement un en Dieu, chacun pour soi en Dieu et tous les deux dans l’unité parfaite avec l’autre en Dieu, si bien que la question du mariage ou du célibat ne se serait pas posée, mais tous auraient suivi l’unique chemin préparé par Dieu (Sur Mc 10,8. Saint Marc 451).

2 – « On lui présentait des enfants pour qu’il les touchât ». « On », c’est-à-dire des personnes anonymes, manifestement convaincues que les enfants recevront une sorte de bénédiction en étant touchés par le Seigneur. Il est remarquable qu’ils ne demandent pas à être touchés eux-mêmes. Pour eux, les enfants qui n’ont pas encore l’intelligence ont besoin d’un contact corporel. Un contact qui doit agir comme une caresse, avec la différence qu’il vient du Seigneur et a donc bien plus d’effet. Ils souhaitent la bénédiction du contact, ils aimeraient procurer à leurs enfants quelque chose de l’Esprit Saint du Seigneur. Il y a quelque chose de grand dans le désir de la foule que soient touchés des enfants qui ne sont pas malades ni infirmes, mais à qui simplement par ce contact du Seigneur, doit être procuré pour leur avenir un don rempli de grâce (Sur Mc 10,13. Ibid. 456).

3 – « Car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume de Dieu ». Le Royaume est donc pour les enfants, ceux qui ne font pas de problèmes, les naïfs, ceux  qui aiment. Le Royaume n’est pas là comme un problème pour esprits surdoués, pour questionneurs hyper intellectuels, mais tout simplement pour des enfants aimants. Et le Royaume est la réponse à l’attente des enfants. Le Seigneur lui-même avec son amour, avec sa soif de voir venir à lui les enfants, forme ce Royaume, incarne le Dieu Trinité à qui appartient le Royaume de Dieu (Sur Mc 10,14. Cf. Ibid. 458).

28e dimanche  A (Is 25,6-9; Ph 4,12-14.19-20; Mt 22,1-14)

1 – La grâce du Seigneur demeure grâce là même où elle impose épreuve et privation (Sur Ph 54,12. Cf. Au service de la joie 143).

28e dimanche    B   (Sg 7,7-11; He 4,12-13; Mc 10,17-30)

1 – « Suis-moi ». Suivre le Seigneur veut dire marcher sur ses pas, faire ce qu’il veut et ce qu’il montre. Et il permet que cette vie à sa suite devienne une vie pleinement dans sa grâce. C’est qu’il veut façonner le tout. A l’homme qui a eu le courage de devenir pauvre en réponse à son appel,il offrira de le suivre d’une façon inouïe.Il lui montrera tout ce qu’il est, et lui donnera tout ce dont il a besoin en tant que chrétien. Il le lui donnera en puisant dans sa propre plénitude, pour que l’homme puisse vraiment le suivre. Nous ne sommes pas traités comme des inconscients, nous devenons des invités qui sont autorisés à entrer, à qui sont révélés tous les mystères qui peuvent être révélés en ce monde (Sur Mc 10,21. Cf. Saint Marc 467-468).

2 – Le Seigneur ne nous promet pas que nous porterons toujours notre sacrifice avec plaisir, joyeusement et le cœur léger. Il nous promet la vie éternelle que nous désirons et qui se trouve tout à fait ailleurs. Il se peut qu’il attende de nous que nous accomplissions toujours la plus petite chose le cœur lourd et que, malgré cela, il nous accorde de pouvoir le faire dans un don total de nous-mêmes (Sur Mc 10,22-23a. Cf. Ibid. 471).

3 - Je pense que nos pensées sur la toute-puissance de Dieu sont souvent trop théoriques. Nous ne voyons pas la force qu’il a de pénétrer dans notre vie, de transformer notre âme de telle sorte qu’il puisse l’utiliser, de vivifier nos actes de telle sorte qu’ils puissent témoigner vraiment de sa vie divine, de façonner chacune de nos pensées pour qu’elles soient telles qu’il veut les avoir dans sa toute-puissance. Et Dieu peut introduire chacun de nous dans chacun des domaines de sa vie. Et non seulement chacun de nous, mais tous les hommes et toutes les choses qui nous sont accessibles, et non moins celles qui ne le sont pas, et tous les temps et tous les lieux si bien que Dieu, peut, quand il le veut, faire de tout le créé un élément constitutif de son royaume (Sur Mc 10,26-27. Cf. Saint Marc 478).

4 – « Le jeune homme riche de l’Évangile n’a pas prié dans la pleine nudité de l’âme ». Une prière dans la pleine nudité de l’âme dirait ceci : « Tel que je suis, Seigneur, et tel que je peux devenir par toi, je voudrais te servir. Mais ce que je peux devenir par toi se trouve tellement et si exclusivement dans ta seule main que rien de ce que j’ai été jusqu’à présent n’ plus d’importance pour moi; tout ce que je suis et tout ce que j’ai est à ta disposition » (Cf. Le monde de la prière 129).

02/11/2018. A suivre.

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