87. A.v.Speyr, Dimanches T.O. 29-34

 

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Adrienne von Speyr et Hans Urs von Balthasar

Matériaux pour les homélies. Dimanches T.O. 29-34


29e dimanche    A     (Is 45,1.4-6; 1 Th 1,1-5; Mt 22,15-21)

1 - « Pour le prendre au piège dans sa parole ». Ils voudraient empêtrer le Seigneur dans une déclaration à laquelle il ne puisse plus se soustraire, pour pouvoir dire au tribunal qu’il les a séduits. Ils voudraient pouvoir l’accuser d’avoir voulu les séduire. Le Seigneur est suffisamment homme pour que les pharisiens ne voient que l’homme. Mais il est aussi suffisamment homme pour que nous, les croyants, recevions de lui un exemple d’humanité chrétienne et apprenions de sa conduite à puiser, quand nous sommes attaqués, à la même source fortifiante que lui (Sur Mc 12,13. Cf. Saint Marc 556).

2 - Payer l’impôt à César? Ceux qui interrogent Jésus ne savent à peu près rien du Royaume de Dieu, mais ils savent quand même que Jésus l’incarne d’une certaine manière dans le monde. Le Seigneur pénètre leurs pensées. Ils n’ont pas du tout accueilli son Royaume. Ils n’ont aucune idée de ce que signifie un oui total à Dieu. Ils sont au fond juste bons à payer leurs impôts, puisqu’ils ont refusé son Royaume. Mais le Seigneur sait tout aussi bien que s’ils vivaient vraiment de la foi, la réalité du monde n’en serait pas abolie pour autant; elle resterait là avec ses exigences terrestres pressantes, car le Fils n’est pas venu pour abolir la création du Père mais pour l’accomplir par sa venue (Sur Mc12,14-17. Cf. Ibid. 558-559).

3 - « Apportez-moi un denier ». Le Seigneur sait bien que le denier porte l’image de l’empereur. Il connaît la pièce. Il n’a pas besoin de demander ce qu’est un denier et combien il vaut. Il le sait depuis l’époque où il était encore à la maison avec sa mère. Lui qui connaît les exigences du Royaume de Dieu, vit sur terre de telle manière que les soucis de ce monde sont eux aussi tout à fait réels pour lui. Il est l’homme qui vit auprès du Père, et le Dieu qui vit auprès des hommes. Jésus leur demande : « Quelle est cette effigie? Quelle est cette légende? » Et ils disent : « C’est  de César » (Sur Mc 12,14-17. Cf. Ibid. 559-560).

4 – Jésus échappe au piège. Il demande à voir un denier avec l’effigie et la légende de César. « Rendez donc à César ce qui est à César ». La puissance du souverain antique s’étend aussi loin que s’étend son argent. Cette puissance est limitée, elle est très inférieure à la puissance de Dieu. « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu ». A Dieu tout appartient parce que l’homme a été créé non pas à l’image de César, mais à l’image de Dieu, et que Dieu est le souverain de tous les rois terrestres. Les rois se prennent pour des dieux. Jésus désenchante cette sacralisation. Dieu est le seul Seigneur. L’unique chose qui intéresse Jésus, c’est que Dieu reçoive tout ce qui lui revient, c’est-à-dire réellement tout. Aux seigneurs terrestres est léguée dans le meilleur des cas un fief divin. Jésus reconnaît à Pilate le pouvoir de le crucifier, mais seulement comme un pouvoir qui lui est donné d’en haut : cela correspond – ce que Pilate ne pressent pas – à la volonté du Père (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 133-134).

29e dimanche    B    (Is 53,10-11; He 4,14-16; Mc 10,35-45)

1 – « Accorde-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire ». Ils montrent qu’ils connaissent sa gloire; ils l’ont déjà vue en effet avec Pierre sur la montagne. Ils montrent aussi qu’ils savent qu’il possède tout pouvoir et peut dans sa gloire faire ce qu’il veut. Et voilà qu’il doit vouloir ce qu’ils veulent : les avoir tout près de lui, et c’est ce que le Seigneur veut aussi. Quant à la préséance qu’ils réclament, elle prendra une forme qu’ils ne connaissent pas encore, à savoir laisser aux autres la préséance, s’il y en a une. Ils aimeraient retenir d’avance les meilleures places, ce qui obligerait les autres disciples à se tenir derrière. Grâce à leur amour, ils sont sûrement capables de sentir que leur demande contient quelque chose de trop humain et ne fait pas partie de ce que le Seigneur accorde dans sa gloire (Sur Mc 10,37. Cf. Saint Marc 490-491).

2 - « Vous ne savez pas ce que vous demandez ». Le Seigneur se trouve face à une demande des disciples dont le contenu et la portée leur échappent. Foncièrement, les disciples ne se tiennent pas autrement que nous devant le Seigneur. Nous demandons, et même lorsque notre demande est réfléchie, nous ne savons jamais ce que nous demandons. Nous pouvons bien insérer toute demande dans cette parenthèse : si c’est ta volonté. Mais justement cet essentiel, la demande que la volonté de Dieu se fasse, nous ne le saisissons pas (Sur Mc 10,38. Cf. Ibid. 491).

3 – « Celui qui voudra devenir grand parmi vous, se fera votre serviteur ». Vouloir devenir grand est une intention que les chrétiens aussi peuvent avoir : gagner de la considération, s’assurer une place, être au sommet d’une hiérarchie, ou bien , s’il n’y a pas de hiérarchie, se distinguer de quelque manière. En tant que chrétiens, qui essayons de vivre aussi entièrement que possible pour le Seigneur, cette tentative nous semblera a priori très risquée. Si nous pouvons faire un peu plus que d’autres, fournir un plus grand travail, être remarqués peut-être par notre façon d’être, être pris en exemple, ce n’est jamais pour nous assurer un avantage dans la hiérarchie de la vie chrétienne, mais toujours pour aider les autres à servir le Seigneur (Sur Mc 10,43. Cf. Ibid. 500).

4 – La demande des fils de Zébédée dans l’évangile n’est pas repoussée par Jésus, mais Jésus leur dit qu’ils ne savent pas ce qu’ils demandent. Il leur dit cela en parlant de sa coupe et de son baptême, c’est-à-dire de sa Passion. Inconscients, les deux disciples assurent qu’ils pourraient soutenir l’une et l’autre. Là-dessus Jésus leur promet une participation à sa Passion expiatrice de la croix. Puis Jésus parle de son propre service : donner sa vie en rançon pour une multitude. Par là, la souffrance chrétienne authentique – que ce soit la souffrance spirituelle ou la maladie ou la torture – est incluse dans la fécondité rédemptrice de sa Passion expiatrice (Cf. HUvB, Lumière de la parole… Année B, 134-135).

29e dimanche    C   (Ex 17,8-13; 2 Tm 3,14-4,2; Lc 18,1-8)

1 – Le droit pour l’homme d’appeler Dieu à l’aide repose sur le devoir d’écouter Dieu et de demeurer dans un état de disponibilité. Sa raison, qui le pousse à prendre des décisions, doit se tenir ouverte à la vérité divine de telle sorte qu’elle ne sache pas seulement d’une manière vague que Dieu existe, mais qu’à chaque instant il demeure sensible à son appel (Sur Is 66,3-4. Isaias 231).

2 – « Ecoutez bien ce que dit ce juge sans justice ». Souvent, dans ses paraboles, Jésus prend son point de départ dans des situations immorales de ce monde : ici, le juge injuste, ailleurs l’intendant malhonnête, l’enfant prodigue, le riche insensé, le jouisseur, les mauvais vignerons. Et de là, Jésus passe aux lois du Royaume de Dieu. Le point de comparaison est ici l’insistance de la demande, inopportune, mais pas injuste. Jésus veut nous le faire comprendre : Dieu veut se laisser solliciter, et même importuner par l’homme. Il donnera toujours à celui qui demande ce qui est le meilleur pour lui : de bonnes choses (Mt 7,11), l’Esprit Saint (Lc 11,13). Mais demander suppose la foi et ici l’évangile nous laisse perplexes : à son retour, le Seigneur trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? C’est à nous que la question s’adresse (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 135).

3 – « Quand Moïse tenait les mains levées, Israël était le plus fort » ((Ex). C’est ainsi qu’est constituée la chrétienté : les uns combattent au dehors pendant que les autres, à l’intérieur, prient pour les combattants. Mais les mains levées des priants dans l’Église doivent être soutenues, car sans prière l’Église ne peut pas vaincre dans les luttes spirituelles qui lui sont imposées. Nous devons tous prier nous-mêmes et aider les autres à prier avec persévérance ; il ne faut pas mettre sa confiance dans un affairement tout extérieur si l’on veut que l’Église ne soit pas vaincue dans les durs combats de notre temps (Cf. Ibid. 136).

30e dimanche    A     (Ex 22,20-26; 1 Th 1,5-10; Mt 22,34-40)

1 – Qui a le commandement du Seigneur et le garde, qui aime donc son prochain, celui-là aime le Seigneur. Il peut connaître ce rapport, il peut aussi l’ignorer complètement. Peut-être le Seigneur est-il un étranger pour lui, peut-être ne le connaît-il pas réellement. Mais s’il aime vraiment les autres, il aime le Seigneur, et le Seigneur l’attire à lui (Sur Jn 14,21. Jean. Le discours d’adieu I,175).

2 – L’ordre dans la loi. Jésus rétablit l’ordre de la manière la plus claire : avant tout l’amour envers Dieu, comme la réponse de l’homme tout entier : la pensée, le cœur et l’âme. Et ensuite l’amour du prochain comme inséparable de l’amour de Dieu. Le plus significatif de la réponse de Jésus à la question posée est sans doute qu’il fait dépendre toutes les autres lois de ce double commandement : il est la norme et la règle de toute moralité. Aucune norme particulière n’a de valeur sans l’amour du prochain, et celui-ci n’a pas la préséance sur l’amour de Dieu (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 135).

30e dimanche    B     (Jr 31,7-9; He 5,1-6; Mc 10,46-52)

1 – « Quand il apprit que c’était Jésus le Nazarénien, il se mit à crier : Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ». Et voilà l’inespéré, l’événement dans la vie du mendiant. Le Seigneur passe par là. Il y a une rencontre avec le Seigneur, une rencontre telle qu’elle peut nous être accordée dans la prière, dans la vocation, mais ici de façon visible. Et le mendiant, dont c’est le travail de mendier, se met à crier : « Aie pitié de moi! » Il ne dit pas du tout d’abord ce qu’il souhaite. Il ne souhaite que la pitié du Seigneur. Et en ne souhaitant rien de concret, il nous donne un exemple. Il nous montre le saut dans la confiance (Sur Mc 10,47. Cf. Saint Marc 504-505).

2 – « Rabbouni, fais que je voie! » Un aveugle parle, qui ne sait pas ce qu’est la lumière, qui demande donc quelque chose qu’il ne connaît pas, mais qui lui semble pourtant désirable parce que d’autres, la connaissant, la lui ont décrite, et qu’il puise dans leur expérience pour nourrir ce désir. Il est difficile d’imaginer combien grande doit être la foi de cet homme qui résume en une phrase tout son désir : « Fais que je voie! » C’est comme si un incroyant se présentait devant le Seigneur et lui demandait : donne-moi la foi. Ou comme si un croyant implorait du Seigneur une foi plus grande (Sur Mc 10,51. Cf. Ibid. 509).

3 – « Va, ta foi t’a sauvé ». C’est comme si tout d’abord le Seigneur ne le liait pas du tout à lui : « Va! » Aller où? Probablement son chemin. Celui-ci ne lui a pas été expressément défini. Mais c’est sûrement un chemin de foi. Et le Seigneur lui accorde la grâce de la vue comme une grâce qui était déjà contenue dans sa foi. Sa foi était assez forte, non seulement pour demander la grâce, mais pour l’obtenir : elle a sauvé. C’est donc la foi qui a conduit l’aveugle au Seigneur, c’est la foi qui le lie à lui. Voir signifie pour nous : avec la foi que le Seigneur nous donne, essayer d’accomplir ce qu’il attend de nous pour qu’il puisse nous dire : « Va, fais ton devoir, ta foi t’a sauvé » (Sur Mc 10,52. Cf. Ibid. 510).

4 – Le mendiant aveugle à la sortie de Jéricho. Les gens cherchent à faire taire le fâcheux, alors il crie encore plus fort. Jésus s’arrête, ordonne qu’il approche et il lui demande ce qu’il veut. Une seule chose : voir ! Le désir de la lumière est quelque chose d’élémentaire : désir de la bonne voie qu’un aveugle ne trouve pas, désir du chemin qui mène à Dieu. Et l’aveugle guéri se mit à suivre Jésus sur la route. Jésus s’est désigné comme la lumière du monde : « Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie ». La lumière ne se trouve pas en notre pouvoir, pas plus que le soleil, qui se couche de nouveau. Le Seigneur ne se dérobe pas à nous, mais nous n’avons pas le droit de vouloir le tenir comme quelque chose qui nous appartient, qui dépend de notre bon vouloir. Tant que nous le suivons, la Lumière ne se dérobe pas à nous (Cf. HUvB, Lumière de la Parole… Année B, 136-137).

30e dimanche C (Si 35,12-14.16-18 ; 2 Tm 4,6-8.16-18 ; Lc 18,9-14)

1 – « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis ». L’évangile des deux hommes qui prient dans le temple, le pharisien et le publicain, nous montre quelle prière monte jusqu’à Dieu. L’un des deux hommes prie la tête haute comme si le Temple lui appartenait, l’autre se tient à distance comme s’il avait franchi le seuil d’une maison qui n’est pas du tout la sienne. Le premier prie en lui-même, au fond il ne prie pas Dieu du tout, mais il fait devant ses propres yeux un étalage de ses vertus, dont il pense que, si lui-même les voit, Dieu surtout les verra, les remarquera, les admirera. Et il le fait en se distinguant résolument des autres hommes dont aucun n’a atteint le degré de sa perfection. L’autre ne trouve en lui-même que péché, un vide de Dieu qui, dans sa prière de supplication : « Prends pitié de moi », devient un vide pour Dieu. Quiconque prend pour but ultime sa propre perfection, ne trouvera jamais Dieu (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 137).

2 – La première lecture confirme l’évangile : « La prière du pauvre traverse les nuées ». Le pauvre dont il s’agit n’est pas celui qui n’a pas d’argent, mais celui qui a consicnece d’être pauvre en vertu, de ne pas correspondre à ce que Dieu demande de lui. Mais ce vide ne suffit pas ; il est précisé : « Celui qui sert Dieu de tout son cœur est bien accueilli ». C’est le service accompli avec l’humilité du serviteur inutile, ce n’est pas l’attente inactive du serviteur paresseux qui enfouit son talent. C’est le service qui est accompli en sachant bien que l’on travaille avec le talent remis par le Seigneur (Cf. Ibid. 137-138).

31e dimanche A (Ml 1,14-2,2.8-10 ; 1 Th 2,7-9.13 ; Mt 23,1-12)

1 – Tous les textes de ce jour concernent la position du clergé dans le peuple de Dieu. Dans la deuxième lecture, Paul nous donne une image idéale de la pratique chrétienne du ministère ; il aime la communauté qui lui est confiée, comme une mère son enfant. Il se comporte à son égard non comme un fonctionnaire, mais d’une manière personnelle : il fait participer les frères à sa vie, comme le Christ l’a fait. En plus, il ne veut pas être à la charge de la communauté, son service ne doit pas être pour elle une charge matérielle, c’est pourquoi il travaille. Et sa plus grande joie consiste en ce que les gens le reconnaissent réellement comme un serviteur. Ce qu’il cherche uniquement, c’est que la Parole de Dieu reste active « en vous, les croyants ». Il sera, lui aussi, l’objet de fausses accusations, mais il sait que de pareilles choses font partie du service sacerdotal. 1 Co 1,13 :« On nous calomnie, et nous consolons. Nous sommes devenus comme l’ordure du monde, jusqu’à présent l’universel rebut » (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 137-139).

31e dimanche     B    (Dt 6,2-6; He 7,23-28; Mc 12,28-34)

1 – « Un scribe demanda : Quel est le premier de tous les commandements? » Nous voulons essayer de nous mettre à la place de ce scribe qui assiste à la scène, et de suivre ses pensées. Il entend par hasard une conversation qui d’abord ne le concerne pas directement. Il entend la réponse pertinente du Seigneur. Soudain il est attiré, le sujet l’intéresse, surtout qu’il a lui aussi une question. Sa question correspond sans doute au besoin de montrer au Seigneur qu’il veut entrer en contact avec lui. Il est intelligent et sa question aussi est intelligente (Sur Mc 12,28. Cf. Saint Marc 567-568).

2 - « Aimer Dieu de tout son cœur et le prochain comme soi-même ». On peut d’abord se demander, en commençant par la fin : avons-nous le droit de nous aimer nous-mêmes? Comment comprendre cela chrétiennement? Dieu nous a aimés le premier; si nous aimons Dieu de toute notre âme, nous avons toujours part à son amour; et s’il nous aime, nous n’avons pas le droit de nous haïr. De là découle aussi l’amour du prochain. Car lorsque nous le mettons en pratique, nous aimons les hommes pour lesquels le Fils est venu dans le monde et a donné sa vie. Nous les aimons parce qu’ils sont entourés de l’amour de Dieu (Sur Mc 12,32-34. Cf. Ibid. 570-571).

3 - « Jésus voyant qu’il avait fait une remarque pleine de sens, lui dit : Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu ». C’est le premier scribe dont on nous dit qu’il a fait une remarque sensée. Tous les autres sont restés dans leur entêtement. Selon le jugement du Seigneur, il n’est pas loin du Royaume de Dieu. Il est en route  parce qu’il a compris la sainteté. Il n’y a pas d’autre chemin pour parvenir à la sainteté, sinon l’amour. Le scribe a acquiescé intérieurement à la sainteté qui lui est apparue dans le Seigneur (Sur Mc 12,34. Cf. Ibid 571-572).

4 – Dieu doit savoir que, si nous l’aimons, nous aimons aussi notre prochain; et le prochain doit sentir que notre amour pour lui découle de l’amour de Dieu (Sur 1 Jn 4,10. Die katholischen Briefe II,165).

5 – Dans l’évangile d’aujourd’hui il est clair qu’entre le judaïsme et le christianisme, il eût été de nécessité de ne pas en arriver à une discorde. Il subsiste une unité à propos du commandement le plus important, même sur l’adjonction du commandement de l’amour du prochain à celui de l’amour de Dieu qui surpasse tout. Même la nouvelle Alliance ne pouvait pas mieux l’exprimer (Cf. HUvB, Lumière de la Parole… Année B, 138-139).

31e dimanche C (Sg 11,23-12,2 ; 2 Th 1,11-2,2 ; Lc 19,1-10)

1 – « Zachée, descends vite ». C’est un tableau singulier que nous brosse l’évangile : l’homme très riche qui monte sur un arbre pour voir Jésus. En tant que chef des collecteur d’impôts, il est considéré comme un grand pécheur, mais c’est justement chez lui que Jésus veut être reçu. Jésus sait que, partout où il arrive, il apporte la grâce avec lui. « Aujourd’hui le salut est arrivé pour cette maison ». Et cela parce que le Fils de l’homme est venu sauver ce qui était perdu. Il est reçu chez Zachée parce qu’il y a là quelque chose à sauver. Certainement pas parce qu’ici de bonnes œuvres seraient exécutées, qu’il faudrait récompenser. , mais parce que Zachée, lui aussi, est un fils d’Abraham, qui ne doit pas être exclu de l’amour de Dieu. L’évangéliste s’intéresse uniquement au salut que Jésus apporte dans cette maison. Il est bon de savoir que lui aussi entre chez des gens très riches quand le salut chrétien doit leur arriver. Il y a des pauvres qui sont riches – en esprit de convoitise – et il y a des riches qui sont pauvres – en esprit de service, grâce à leurs biens (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 140).

2 – « Tu épargnes tous les êtres parce qu’ils sont à toi » (Sg). La merveilleuse déclaration de la première lecture dit que Dieu aime tout ce qu’il a créé, sinon il ne l’aurait pas créé. Bien des hommes, bien des chrétiens mêmes, ne veulent pas le croire devant les maux sans nombre qui apparaissent dans le monde. La preuve que le livre de la Sagesse apporte pour soutenir son affirmation est simple et lumineuse : « Tu aimes tout ce qui existe, tu n’as de répulsion pour aucune de tes œuvres, car tu n’aurais pas créé un être en ayant de la haine pour lui ». Sans doute le péché appelle-t-il nécessairement un châtiment, mais le pécheur est puni de telle sorte qu’il peut y reconnaître une exhortation à la conversion. Dieu ne châtie les pécheurs que par amour et pour leur conversion à l’amour. Le Seigneur ne vient pas simplement vers nous comme une menace, comme un voleur dans la nuit, mais également comme celui qui nous accompagne sans cesse sur notre chemin vers le ciel, nous éclaire dans sa marche avec nous, comme les disciples d’Emmaüs, et nous délivre de toute crainte devant lui (Cf. Ibid. 139-140).

32e dimanche A (Sg 6,12-16 ; 1 Th 4,13-18 ; Mt 25,1-13)

1 – Avec l’année liturgique touchant à sa fin, le regard se tourne vers la conclusion de l’histoire et le retour du Christ. Ce que saint Paul fait entrevoir, ce n’est ni l’anéantissement ni la transmigration des âmes, c’est la participation à la résurrection du Christ qui a réfuté l’irrévocabilité apparente de la mort. Saint Paul a la certitude que tous ceux qui appartiennent au Christ seront avec le Seigneur pour toujours. Il s’agit donc de veiller et d’être prêt pour le jour et l’heure du retour du Christ (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 139).

2 – L’enseignement fondamental de l’évangile des vierges sensées et des vierges sottes, c’est qu’il faut veiller et attendre dans l’espérance ; même si c’est la nuit, c’est de la prudence ; ne pas se tenir prêt pour l’heure, c’est de la folie. A l’heure de la mort, l’homme doit avoir l’huile de sa disponibilité, il ne peut pas revenir en arrière pour aller se procurer quelque part cette disponibilité. Que les heures de la nuit et de l’incertitude puissent être longues, c’est expressément reconnu. La disponibilité à Dieu peut à tout instant, même au milieu des affaires terrestres, être vivante. La parabole des vierges qui, arrivant trop tard et frappant à la porte, sont repoussées comme des inconnues, n’indique pas une dureté de cœur de Dieu, qui ne voudrait pas pardonner aux pécheurs ; elle indique uniquement que, pour notre tiédeur et notre indifférence, il peut y avoir un jour un véritable « trop tard ». Cette possibilité nous est mise sous les yeux afin que nous comprenions le sérieux de l’exhortation finale : « Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Ibid. 140-141).

32e dimanche    B     (1 R 17,10-16; He 9,24-28; Mc 12,38-44)

1 - « Gardez-vous des scribes… » Est-ce grave de porter des robes spéciales, ou d’être salué, ou de prendre les premières places dans les synagogues et les premiers divans dans les festins? Pas forcément. En soi, ils avaient le droit de se distinguer par leurs vêtements, le droit d’occuper des places particulières. Ces droits faisaient partie de leur ministère légitime. Toute la mise en garde du seigneur vise à montrer que personne n’a le droit de revendiquer la dignité du ministère s’il n’a pas le sens du ministère, la foi, l’amour (Sur Mc 12,38. Cf. Saint Marc 575).

2 – « S’étant assis face au Trésor, il regardait la foule mettre de la petite monnaie dans le Trésor ». L’offrande des gens ne lui est manifestement pas indifférent. Il les regarde faire, probablement sans être remarqué. Et les riches et les pauvres ne se seront pas comportés autrement qu’aujourd’hui dans les églises. Peut-être faut-il le regard surnaturel du Seigneur pour faire la distinction en toute assurance entre les riches et les pauvres. Il y a eu peut-être parmi eux de faux riches et de faux pauvres. Le Seigneur regarde attentivement. Dans tout ce qui est rapporté du Seigneur, nous pouvons être sûrs qu’il a des raisons importantes, divines finalement. Cela vaut pour toutes ses paroles et ses actions que nous ne comprenons pas pour le moment et qui nous resteront peut-être mystérieuses jusqu’à la fin des temps (Sur M, 12,41. Cf. Ibid. 577).

3 - « Elle, de son indigence, a mis tout ce qu’elle possédait ». Le Seigneur est dans le temple et il enseigne. Et quelque part se trouve le Trésor, un accessoire du temple. Et voilà que la conduite de la veuve est intégrée dans son enseignement comme une incitation venue de l’extérieur, et elle rentre dans l’attitude des disciples et de l’Eglise. C’est justement ce que le Seigneur avait attendu pour exposer plus profondément à ses disciples son enseignement sur le sacrifice (Sur Mc 12, 44. Cf. Ibid. 577-578).

4 – Les riches jettent de leur superflu dans le tronc de l’offrande, ce qui pour eux ne représente aucun dommage et les distingue devant les hommes. La veuve y jette, avec ses deux piécettes, tout ce qu’elle a pour vivre ; elle le fait spontanément et sans que personne, sauf Dieu, ne le remarque. Aucune parole n’est échangée, pas même entre Jésus et elle, mais Jésus la pose en exemple. Il ne dit même pas un mot de la récompense ; l’acte de la femme est tellement resplendissant qu’il a sa récompense en lui-même. Derrière le don que Jésus fait de lui-même sur la croix, on aperçoit le sacrifice du Père qui est tout à fait comparable à celui de la pauvre veuve : lui aussi jette tout ce qu’il a, non seulement son bien le plus cher, mais aussi son bien le plus nécessaire, dans le tronc des offrandes : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Cf . HUvB, Lumière de la Parole… Année B, 141-142).

32e dimanche    C    (2 Mc 7,1-2. 9-14 ; 2 Th 2,16-3,5 ; Lc 20,27-38)

1 – « Duquel d’entre eux sera-t-elle la femme ? » C’est naturellement une question insoluble, et les sadducéens qui ne croient pas à la résurrection veulent justement qu’elle soit insoluble. Au fond, ce n’est pas du tout une question., car nous ne pouvons pas transposer au ciel toutes nos relations terrestres et penser que Dieu au ciel est lié par nos lois terrestres. Il y a des lois qu’il nous impose pour que nous vivions dans un ordre voulu par lui aussi longtemps que nous sommes ici-bas. Au ciel, cet ordre sera aboli, parce qu’il ne sera plus nécessaire lorsque nous vivrons avec nos corps ressuscités dans son ordre céleste (Sur Mc 12,23. Cf. Saint Marc 562).

2 – « Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ». C’est ainsi que Dieu se présente dans les paroles de son Fils. Il dit qui il est : « Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob », donc un Dieu unique, permanent, identique, immuable. Mais il n’est pas le Dieu d’un Abraham défunt, d’un Isaac ou d’un Jacob défunts. Il n’est pas un Dieu de morts mais un Dieu de vivants. Mais pour le reconnaître comme le Vivant, ils doivent se tenir vis-à-vis de lui dans une relation vivante. Il y a une continuité de la vie des croyants qui procède de la continuité de Dieu et est donc un cadeau de sa grâce ; une vitalité par-delà la mort qui est plus forte que notre conception de la mort (Sur Mc 12,26-27. Cf. Ibid. 566-567).

3 – « Vous êtes grandement dans l’erreur ! » Le Seigneur les a éclairés. Il a dessiné les contours de la résurrection des morts, autant que les hommes peuvent la comprendre. Après avoir constaté leur erreur, il cesse de discuter. « Vous êtes dans l’erreur ». Point. S’ils veulent rester dans l’erreur, libre à eux. Le chemin dans la vérité de Dieu leur est ouvert. C’est comme si le Seigneur les avait pris par la main et conduits jusqu’à sa vérité. Il n’est pas question de contrainte, mais plutôt d’une pure révélation du chemin. La liberté leur est offerte. Mais c’est à eux de la saisir (Sur Mc 12,27. Cf. Ibid. 567) .

4 – « Dieu n’est pas le Dieu des morts ». Dans l’évangile, Jésus écarte simplement la stupide casuistique des sadducéens racontant l’histoire de la femme mariée sept fois. Sans doute la résurrection des morts sera-t-elle une résurrection corporelle, mais le mariage et la génération d’enfants n’auront plus de signification puisque les ressuscités ne mourront plus. Cela ne veut pas dire que l’on ne pourra plus distinguer entre homme et femme et qu’il n’y aura plus dé fécondité. Les ressuscités auront part à la fécondité du Dieu vivant, fécondité connue de Dieu seul et de ses anges. Les hommes qui attendent fermement le retour du Christ et la résurrection, ceux dont le cœur aime Dieu et reçoivent de Dieu la force pour tout ce qu’ils peuvent faire et dire de bien, peuvent dès maintenant par leur intercession participer à la fécondité éternelle (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 141-142).

33e dimanche A (Pr 31,10-13.19-20.30-31;1 Th 5,1-6 ; Mt 25,14-30)

1 – Les talents. Aux créatures, le Créateur a confié sa fortune, à chacun selon ses capacités, donc d’une manière tout à fait personnelle. Les talents spirituels sont donnés personnellement aux individus : nous les avons reçus et nous n’avons pas le droit de travailler avec eux pour nous, pour notre épanouissement personnel, mais pour Dieu. Car nous-mêmes, avec tout ce que nous avons, nous nous devons à Dieu. Il est dans la nature du talent qu’il ait à produire quelque chose. Le serviteur paresseux ne veut pas voir en cela la bonté du maître mais sa sévérité : « Tu moissonnes où tu n’as pas semé ; j’ai été enfouir ton talent dans la terre ». A nous qui sommes des vivants, Dieu offre ce qui est vivant et qui doit croître : l’enfouir dans la terre comme ce qui est mort, est absurde. Aux serviteurs au contraire qui lui rapportent son don avec les fruits, il donne comme salaire une fécondité incalculable, éternelle (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 141-142).

33e dimanche    B    (Dn 12,1-3; He 10,11-14.18; Mc 13,24-32)

1 – « Et alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et gloire ». Si nous regardons le Seigneur dans la prière, il se montre parfois à nous entouré d’une splendeur inouïe. Il ne garde pas celle-ci pour lui, il nous la communique. Mais souvent il se communique aussi dans la prière en nous faisant sentir sa proximité. Cette expérience n’est accompagnée d’aucun phénomène extraordinaire, mais elle offre une assurance. Nous sommes consolés. Nous savons que le Seigneur est là. Et il n’est nulle part aussi présent que là où l’on cherche à se rapprocher de lui (Sur Mc 13,24-27. Cf. Saint Marc 601).

2 - « Et alors il enverra les anges et ses élus pour rassembler… » Ses anges et ses élus sont envoyés pour la même mission. Si nous contemplons cette grande promesse, nous devrions vivre en communion avec les anges, de façon toute nouvelle, de la mission du Seigneur. Nous pouvons être fermement assurés que le Seigneur est auprès de nous; et nous devons essayer toujours plus dans tout ce que nous faisons, dans toute conversation que nous menons, dans chaque livre que nous lisons, dans tout travail qui nous incombe, aussi profane soit-il, de vivre de la pensée qu’il est avec nous, que nous avons part à sa mission et que nous devons l’accomplir avec les anges (Sur Mc 13,24-278. Ibid. 601-602).

3 - « Quant à la date de ce jour… » Après avoir dit que ses paroles ne passeront pas, le Fils remet le tout, la fin du monde et tout ce qui s’y rapporte, au Père. Il y a donc un mystère du Père que le Fils lui laisse. Le Fils, homme et Dieu en même temps, les anges et plus encore tous les hommes croyants remettent finalement tout au Père. Le Père connaît toute heure. En croyant et en nous insérant dans la volonté du Fils, nous remettons comme le Fils au Père l’heure de la croix et de la persécution, l’heure des grandes décisions, l’heure de l’apparition dans la gloire… et cela non par entêtement ou découragement, mais dans une attitude qui rejoint le renoncement du Fils. Il y a des mystères que le Père garde pour lui en accord avec le Fils (Sur Mc 13,32. Cf. Ibid. 604).

4 – L’évangile de la fin du monde est étrangement multiforme. Il n’est pas un reportage sur les événements à venir, il unit des aspects différents dont nous ne voyons pas comment ils se concilient. Ne pas vouloir réunir tout cela en un système donnant une vue d’ensemble ; laisser à chaque affirmation sa signification propre. Avant tout l’imminence constante de la fin, valable pour toutes les générations. Cette parole est plus impérissable que nous et que toutes les générations. De plus la possibilité de discerner les signes avant-coureurs : non pas des menaces ou des catastrophes historiques, mais un état du monde comme tel, qui indique sa fin. Nous ne pouvons rien calculer puisque le Fils lui-même ne connaît pas l’heure. Une disponibilité permanente est l’exigence inconditionnelle (Cf. HUvB, Lumière de la Parole… Année B, 143).

33e dimanche    C     (Ml 3,19-20 ; 2 Th 3,7-12 ; Lc 21,5-19)

1 – « Quelles pierres ! Quelles constructions ! »Un des disciples veut faire remarquer quelque chose à son maître. Ce n’est pas sans importance. Un disciple ne doit pas s’en tenir à ce que le Seigneur lui donne ; il peut aussi montrer quelque chose au Seigneur. Le disciple ne peut évidemment pas s’attendre à enrichir le Seigneur par sa remarque sur les pierres et les constructions, comme si celui-ci n’avait pas remarqué leur beauté. Il le rend attentif dans une attente précise. Lorsque nous venons au Seigneur avec une demande, ce n’est pas non plus avec le sentiment que le Seigneur n’aurait pas remarqué ce qui nous manque ou oublié que nous sommes dans le besoin ; malgré son omniscience, nous le rendons attentif à des choses qui nous tiennent à coeur, dans l’espérance que quelque chose d’essentiel et d’utile sortira de ce dialogue (Sur Mc 13,1. Saint Marc 578).

2 – « Il n’en restera pas pierre sur pierre ». Le Seigneur répond encore une fois tout autrement que ne l’attend celui qui le questionne. Il prédit l’effondrement total. Toute cette magnificence est seulement pour le Seigneur l’occasion d’en prophétiser la destruction. En enseignant dans le temple, le Seigneur a édifié, mais des choses qui appartiennent au royaume du Père. Mais puisque le disciple parle des édifice visibles, le Seigneur annonce leur fin, il fait apparaître un abîme entre son enseignement qui édifie et les œuvres humaines qui sont périssables. Nous demandons au Seigneur de bien vouloir fortifier en nous le sens de ce qui demeure vraiment (Sur Mc 13,2. Cf. Ibid. 579-580).

3 – « Beaucoup viendront en mon nom qui diront : C’est moi ». Ce sont ceux qui prétendent mieux savoir. Ils abusent du nom du Seigneur et veulent remplir, dans et hors de l’Eglise, un ministère qui ne leur revient pas et pour lequel ils ne sont pas qualifiés. « C’est moi », disent-ils, et pourtant ils ne le sont pas. Ils mentent et ils s’y entendent à donner à leur mensonge tant de poids qu’on est porté à les croire. Nous sommes aussi continuellement en dialogue avec des gens qui croient autrement ou pas du tout. Ils pensent être la vérité, avoir la recette avec laquelle on peut aujourd’hui sauver le monde ; pour eux, l’enseignement chrétien ne compte plus. Nous demandons au Seigneur la force de ne pas succomber aux guides trompeurs. Personne n’est à l’abri d’une heure de faiblesse ou de doute. Restons fermes dans notre foi pour qu’elle triomphe partout. Mais que ce soit dans un esprit d’humilité, en demandant au Seigneur de bien vouloir nous guider lui-même, et être forts, non de notre propre force, mais de la sienne (Sur Mc 13,6-7. Cf. Ibid. 584-585).

4 – Nous avons ici le regard de Jésus sur l’histoire du monde venant après lui. Jésus voit les constantes théologiques au-dedans de l’histoire. La prédiction de la destruction du Temple semble n’être qu’un prélude. Tant que le Temple est debout, il est la maison du Père, qui doit être gardée pure pour la prière. Mais Jésus ne s’attache pas aux temples de pierre ; pas non plus aux cathédrales et aux édifices baroques prestigieux, ni à l’entretien des monuments qui y est lié, mais seulement au « temple de son corps » qui sera l’Église. – Sur le destin de celle-ci, trois choses sont prédites : d’abord les schismes, ils sont inévitables. Les schismes sont inévitables « pour permettre aux hommes de vertu éprouvée de se manifester (1 Co 11,19). Celui qui a supplié le Père pour l’unité des chrétiens ne pourrait pas prévoir quelque chose de plus douloureux. Les scissions sont-elles guérissables ? Ici une seule consigne est donnée : « Ne marchez pas derrière eux ». – Vient ensuite la prévision de guerres, de soulèvements de nation contre nation. Ceci est la conséquence du fait que Jésus n’est pas venu apporter la paix terrestre, mais le glaive et la division jusqu’au sein des liens familiaux (Mt 10,34). Jésus a déclaré bienheureux les faibles et les artisans de paix, mais justement leur présence fait se dresser toujours plus haut les vagues de l’histoire du monde. Sa doctrine et sa personne paraissaient déjà intolérables aux hommes d’autrefois : « A mort ! A mort ! » A sa prétention d’être la vérité, l’histoire du monde répond par une révolte plus violente. – C’est pourquoi la persécution ne sera pas un épisode occasionnel pour l’Église du Christ et les chrétiens individuels. On « vous » persécutera, vous, les représentants de l’Église qui êtes présents, donc toute l’Église. Que doit donc faire le chrétien ? Dans la deuxième lecture, Paul donne une réponse laconique : travailler. L’engagement du chrétien dans l’Église et dans le monde est ce qui lui est demandé ; du point de vue de la providence de Dieu, « pas un cheveu de votre tête ne se perdra (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année C. 143-145).

34e dimanche – Fête du Christ Roi de l’univers    A   (Ez 34,11-12.15-17; 1 Co 15,20-26.28; Mt 25,31-46)

1 – Le Seigneur permet le culte de sa royauté et de son cœur bien qu’il sache qu’on va en abuser. Ce ne sont pas les abus possibles qui sont le plus déplorable dans l’Église, mais avant tout l’orgueil spirituel se croyant supérieur à de tels abus. Aux vrais chrétiens il revient de mettre en évidence le vrai sens des signes de l’Église, celui d’une vraie vie chrétienne (Sur Jn 19,23. Jean Naissance de l’Église I,127).

2 – L’année liturgique s’achève par le grand tableau du Jugement dernier du Christ. Au centre : tout ce que nous faisons ou ne faisons pas au plus petit de ses frères, lui est fait ou ne lui est pas fait à lui-même. Le roi glorieux, qui juge, se sent solidaire des plus petits de ses frères. Ce n’est que dans cette solidarité qu’il est roi. C’est cela que tout homme dont la vie sera un jour examinée par le juge, doit constamment méditer : dans son prochain le plus misérable, il rencontre toujours déjà son juge (Cf. HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. Année A, 143-144).

34e dimanche – Fête du Christ Roi de l’univers       B     (Dn 7,13-14; Ap 1,5-8; Jn 18,33-37)

1 – Pilate va tout de suite au centre : « Tu es le roi des Juifs? » Au moment où le Seigneur est livré et totalement renié par les Juifs. Pilate lui demande malgré tout s’il est leur chef. Il est bien conscient que si Jésus était vraiment leur roi, il serait très proche de Dieu. Seul un homme qui vient de Dieu pourrait être roi des Juifs. Par sa question, Pilate vient au devant du Seigneur. Il lui donne l’occasion de lui donner une réponse décisive (Sur Jn 18,33. Jean. Naissance de l’Église I, 53).

2 – Jésus à Pilate : « Dis-tu cela de toi-même ou d’autres te l’ont-ils dit de moi? » Cette même question se pose à chacun de nous : T’es-tu vraiment ouvert à la grâce ou n’as-tu suivi que des rumeurs? Si quelqu’un a réellement la foi, il s’est ouvert à la grâce comme à une puissance qui, dans l’âme, sera aussitôt plus forte que moi. Si on ne croit pas réellement, on essaie de faire de sa foi une espèce de réserve condamnée à tarir tout de suite, car elle n’est pas enracinée dans une âme vivante. La foi chez l’homme a droit d’asile; si elle n’est pas accueillie, elle dépérit forcément. Elle veut être accueillie comme ayant et exigeant aussitôt tous les droits dans l’âme, car c’est l’âme tout entière qu’elle veut conduire à Dieu (Sur Jn 18,34. Ibid. I, 55).

3 – « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Le Seigneur possède donc un royaume. C’est le royaume de son Père, le royaume de l’amour. A qui ne croit pas, à qui n’aime pas, il est totalement fermé. Seul l’amour, qui implique la foi, peut y donner accès. C’est un royaume dans le Père, un royaume sans frontières, parce que les frontières du royaume et celles du Père se perdent dans la même infinité.  Le Fils connaît ce royaume dans sa totalité. Lui seul est capable, dans le Père, de l’embrasser et de le circonscrire. Quiconque a l’amour peut en trouver le chemin. Il sera accueilli pr le royaume de façon qu’il en deviendra lui-même une partie (Sur Jn 18,36. Cf. Ibid. I, 56-57).

4 - « Jésus répondit : Tu le dis : je suis roi ». Mais le Seigneur ne donne aucune précision sur son royaume, car finalement toute région fait partie de son royaume, puisque toutes appartiennent au Père. Sa puissance est la toute-puissance du Père et le nombre de ses sujets est égal à celui de tous les hommes, qui tous appartiennent au Père. Son royaume appartient à l’éternité et peut attendre jusqu’à ce que toute résistance temporelle ait pris fin. Le Fils règne partout où il y a le Père qui l’a investi du pouvoir total, il règne en tous lieux et à tous les moments de l’espace et du temps qui sont du Père; et ses sujets sont tous les hommes créés par le Père, c’est-à-dire les hommes dans l’éternité (Sur Jn 18,37. Cf. Ibid. I,65-66).

5Le Christ ne se confesse roi que dans sa passion. Auparavant, quand on voulait le faire roi, il s’était dérobé, comme s’il s’était agi d’un malentendu (Jn 6,15). Mais maintenant qu’il marche vers sa crucifixion, il peut et doit justifier celui qu’il est : origine et terme du monde, comme l’Apocalypse le nomme. Les inévitables malentendus n’importent plus maintenant. Pilate ne comprendra pas l’essence de sa revendication de royauté, les Juifs la repousseront. Mais il la maintient : « Tu le dis ! Je suis roi » ; L’inscription sur la croix, dans les trois langues du monde, placée par Pilate, atteste sans le savoir cette vérité. On peut assurément dire que Jésus , l’humilié jusqu’à la mort de la croix, fut institué, par sa résurrection des morts, souverain du monde entier. Mais ceci est possible uniquement parce que, de toute éternité, il avait été choisi pour cette royauté, et même l’avait toujours détenue. Il est institué dans une royauté qu’il possédait depuis toujours (Cf. HUvB, Lumière du monde… Année B, p. 145).

6« Le souverain des rois de la terre » (Ap 1,5) : celui vers qui les rois tournent leur regard, celui auquel ils doivent obéissance. Il y a dans ce titre une double anticipation. Jean a vécu la vie du Fils, sa fin dans la déréliction de la croix et son retour, et il a vu combien peu nombreux étaient les croyants qu’il laissait après lui. Sa foi est pourtant si forte qu’il sait avec certitude que le Seigneur est le souverain des rois de la terre, qu’il doit l’être et le sera. Il sait en plus maintenant, au début de l’Apocalypse, et avant même de l’avoir vu, qu’il verra le Seigneur en souverain des rois de la terre. Les rois sont petits en comparaison du Fils (L’Apocalypse, p. 56).

34e dimanche – Fête du Christ Roi de l’univers C (2 S 5,1-3 ; Col 1,12-20 ; Lc 23,35-43)

1 – « Celui-ci est le roi des Juifs ». L’inscription placée au-dessus du Crucifié a été rédigée par Pilate comme un défi lancée aux Juifs ; les soldats qui la lisent se moquent de Jésus exactement comme les chefs du peuple et s’écrient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ». Dans l’évangile de saint Luc, il y a au moins un homme qui prend au sérieux cette inscription, c’est l’un des deux larrons crucifiés avec Jésus ; il s’adresse à Jésus pour lui dire : « Souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume ».Peu importe comment le larron se représente ce roi Jésus, en tout cas il pense que ce roi peut l’aider vraiment, lui, le pauvre agonisant, grâce au pouvoir qu’il lui attribue. Premier pressentiment de la royauté universelle de Jésus. Sur la croix, Jésus est publiquement proclamé roi – dans les trois langues du monde d’après saint Jean (HUvB, Lumière de la Parole. Commentaire des lectures dominicales. C, 145-146).

18/07/2019. A suivre.

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