Abbaye

20. Le quotidien

 

20

Adrienne von Speyr

Le quotidien

 

Introduction

Un an après la mort d’Adrienne, survenue en 1967, le Père Balthasar livrait à l’édition un Premier regard sur Adrienne von Speyr, devenu en français Adrienne von Speyr et sa mission théologique. L’édition française comportait, dans sa première partie, un aperçu sur la vie et la mission théologique d’AvS . « Portrait trop rapide certes, premier contact seulement, mais fondé sur un grand nombre de notes encore inédites » (p. 7).

En 1984, pour préparer le colloque de Rome sur AvS (1985), le P. Balthasar complétait un peu son premier « portrait trop rapide » dans un volume ayant pour titre dans l’édition allemande : Notre mission (Unser Auftrag), devenu dans l’édition française : L’Institut Saint-Jean. Genèse et principes. Ce titre de l’édition française ne laisse pas soupçonner que le livre contient de nouveaux aperçus très riches pour une connaissance plus profonde d’AvS (p. 17-28; 37-75).

Pour ce deuxième volume, le P. Balthasar a surtout puisé dans son Journal (trois volumes et un total de 1350 pages environ).  Le premier « portrait trop rapide » comptait 70 pages environ, le deuxième portrait, plus approfondi, 50 pages environ : il y a donc encore beaucoup à puiser dans les 1350 pages du Journal pour se faire une idée un peu plus complète  de la vie quotidienne d’AvS.

Quel est le quotidien d’une mystique stigmatisée, docteur en médecine, épouse d’un professeur d’histoire à l’Université, mère de deux enfants, maîtresse de maison, fondatrice d’un institut séculier, auteur d’une soixantaine de livres de théologie et de spiritualité? Comment était-elle dans la vie quotidienne? De le savoir un peu plus précisément, avec des détails au jour le jour, peut apporter un certain éclairage sur sa personnalité, ses expériences et son oeuvre. La fenêtre qui s’ouvre ici voudrait le prouver par quelques échantillons.

Patrick Catry

 

* * * * * * * * * * *


6. (1940-1941)
Un jour, place de la cathédrale, alors qu’elle s’approche de la porte de sa maison, un inconnu l’aborde. Il lui demande s’il pourrait lui baiser les pieds. Elle le regarde, mortellement effrayée et embarrassée, et lui demande pourquoi. Lui : parce qu’on ne rencontre habituellement de telles personnes que dans les légendes. Quelque chose en lui rayonnait. Dans son trouble, elle ne peut que dire : « Nous allons nous serrer la main ». Elle le fait et s’en va rapidement. L’épisode lui sort complètement de la mémoire; elle s’en souvient par hasard deux semaines plus tard et me le raconte.


14. (1940-1941)
Un jour, elle est chagrine et de mauvaise humeur. Cela lui arrive rarement; depuis sa jeunesse, elle est toujours joyeuse et d’humeur enjouée…


15 (1940-1941)
Elle me charge avec insistance, lors de ses funérailles (car naturellement elle mourra avant moi), de dire à ceux qui seront là « quelque chose de juste ». Car il y aura certainement beaucoup de monde et on devrait saisir l’occasion; il y a beaucoup de gens qu’on ne pourra plus atteindre plus tard. Il est d’usage de louer les défunts; je ne devrais pas faire cela. Je devrais louer la bonté de Dieu, célébrer sa miséricorde qui avait agi ainsi envers elle. Les gens devraient sentir ce à quoi il leur est permis d’avoir part.


56. Le 16 avril 1941
(D’une lettre à HUvB) … Et à côté de cela, la vie quotidienne avec tous ses détails, les petits et les plus petits, et de temps à autre un étonnement presque amusé des exigences du prochain, du ménage, etc. Pas toujours très facile de mettre en harmonie les deux vies, et cependant ce que nous appelons le quotidien fait presque partie aussi d’une prière ininterrompue. Quand, il y a presque onze mois, j’ai pu m’agenouiller pour la première fois, je n’imaginais pas combien j’allais pouvoir m’agenouiller. – Dormez bien, mes prières vous accompagnent, vous ainsi que les jésuites. Votre A.


208. Septembre 1941

Le Professeur Gigon a organisé une session suisse pour la formation continue des médecins; plus de deux cents sont réunis. Parmi eux, une amie de jeunesse d’A., qui autrefois avait été hyper-catholique, mais qu’elle n’avait plus revue depuis vingt ans : Mlle le Dr F., avec une grosse clientèle à R. Elle salue A. en faisant la remarque qu’elle a entendu dire qu’elle était devenue catholique. A. réplique : oui, mais entre-temps elle, l’amie, a perdu la foi catholique. A. l’invite à souper et, dans la suite de la conversation, Mlle F. reconnaît qu’en fait elle ne pratique plus; mais toute cette période lui fait tout à coup l’effet d’un mauvais rêve et, depuis ce moment-là, tout est changé et la foi de jadis est retrouvée… Ensuite elles vont toutes deux à la réunion du soir. Cela se passe de manière étrange : un Professeur qu’elle connaît bien et qui a pour spécialité d’être panthéiste s’arrache une place auprès d’A. : il doit absolument s’asseoir à côté de son « médecin des âmes »; qu’est-ce qu’ils ne feraient pas tous s’ils n’avaient pas leur « catholique Adrienne ». Tout prochainement il doit parler un jour avec elle de choses religieuses, etc., etc. Peu après, une femme médecin se pousse entre A. et le Professeur : elle doit absolument s’asseoir à côté de son amie, il émane d’elle de telles forces, elle a un besoin d’elle si urgent. Au bout de quelque temps, c’en fut trop pour A. et elle rentra chez elle.


209.15 octobre 1941

Ce matin, conférence de deux heures de John Staehelin sur la psychiatrie… Entre deux, remarques sur les conversions; aujourd’hui justement on voit de nouveau comment des professeurs et des médecins, y compris des femmes, « fuient » dans la conversion. Pause de la conférence. Puis : de toute façon il ne fait pas allusion directement à des conversions d’une religion à l’autre, mais …, etc. A. dit qu’elle ne peut pas se souvenir d’avoir jamais autant rougi. A la fin, John montra un cas de folie religieuse et expliqua de long en large les hallucinations religieuses. Il expliqua que l’affaire commence à devenir dangereuse quand les prétendues voix commencent à exiger des choses très précises. A. conclut son récit en disant qu’elle s’était sentie très mal à l’aise…

 

678. 18 juin 1943

Le soir elle me dit : « Je veux bien être damnée pour toujours si vous croyez que c’est Sa volonté »…


1366. Octobre 1945

Je fais part à A. que je conclus… qu’elle vivrait sans doute jusqu’en mars-avril 1950. Elle est très étonnée…, elle trouve le temps vraiment long et soupire.


1373. 21 octobre 1945

Le soir, A. me fait savoir qu’elle aurait compris qu’elle ne vivrait plus que deux ans tout au plus. Je lui réponds : il peut se faire qu’elle meure à cause de moi…


1518. Mars 1946

Tout à fait en passant, parce que le sujet était venu sur le tapis à propos de la pauvreté du P. de Lubac, A. dit qu’elle ne veut plus rien posséder elle-même. C’est étrange la rapidité avec laquelle fond un trousseau si on ne fait rien pour cela. Il y a quelques années, elle avait encore vingt chemises, et maintenant elle n’en a plus que deux. Elle voudrait quand même expérimenter ce que cela veut dire être tout à fait pauvre, savoir comment se sentent ceux qui le sont. La plupart du temps, elle n’a pas d’argent. Et s’il lui arrive d’en avoir un peu, elle le donne sans scrupule à l’une ou l’autre bonne cause… Souvent cet hiver, je l’ai vue avoir froid, mais uniquement parce que sous ses vêtements usagés, elle ne portait rien de chaud, seulement une chemise légère, de la laine ou de la soie, qui pourrait la réchauffer, elle n’en possède pas. Elle ne veut rien avoir.


1523. Mars 1946

A. parle de sa méditation. Il va de soi pour elle que celle-ci se poursuit toujours. Dès qu’elle se réveille, sa première pensée, c’est Dieu, sans effort. Elle se souvient encore précisément d’un jour, il y a quelques années, où il y eut une exception : elle avait dû d’abord se recueillir pour penser à Dieu… D’ordinaire toute sa méditation est conduite de telle sorte que, l’une après l’autre, les images défilent devant elle, et ce n’est que rarement qu’elle s’arrête, qu’elle retient pour ainsi dire une image pour s’en imprégner plus exactement parce qu’elle pense qu’elle ne l’a pas encore reçue tout à fait comme elle est présentée.


1524. 19 mars 1946

Quand nous revînmes d’Einsiedeln, où nous étions pour la Saint-Joseph, je la laissai seule dans le hall de la gare parce qu’un ami venait me prendre. Elle traversa le hall. Un homme s’approcha d’elle tout d’un coup et lui dit : « Permettez au moins ceci »; il se mit à genoux dans la cohue et baisa le bord de ses vêtements, tout comme il y a quelques années, place de la cathédrale. Elle se promettait de me raconter la scène, mais plusieurs jours passèrent et elle l’oublia complètement.


1540. 11 mai 1946

(A. passe une nuit en prière). Jusqu’aux environs de sept heures du matin, elle prie à genoux par terre.  Je la désapprouve pour cela. Elle dit : « Je crois que je ne peux rien y faire. Deux fois, par réflexion, j’ai voulu me coucher, mais les deux fois j’ai dû aussitôt sortir de mon lit pour continuer à prier ».


1575. 18 août 1946

L’Abbé d’Engelberg qui lit depuis longtemps le commentaire d’A. sur saint Jean souhaite la voir. Elle monte là-haut le dimanche 18 août. La conversation est bonne. Elle lui dit des choses, qu’elle ne peut pas savoir, sur sa mission à lui et la gestion de sa charge. Il est étonné et ne cesse de répéter que l’affaire est manifestement authentique. Ensuite il commence aussi à parler de choses personnelles, ce qui ne plaît pas à A., cependant elle lui donne là aussi une réponse et l’Abbé en semble très satisfait. Elle dit qu’après cela elle avait été totalement épuisée et qu’elle avait compris le passage où le Seigneur dit qu’il avait senti qu’une force était sortie de lui. Il en est toujours ainsi à vrai dire quand on fait quelque chose vraiment dans sa mission.


1584. Août 1946

A. a utilisé le temps de mon absence pour répondre à un souhait du P. de Lubac : elle a traduit en français « Le coeur du monde ». Des nuits entières elle fut à son bureau jusqu’à 4 heures du matin. Si je l’avais su, je le lui aurais interdit.


1780. 31 mars 1947

Il y a quelques jours, A. était invitée pour le soixantième anniversaire de son amie, Pauline Müller. Il y avait là beaucoup d’invités; son voisin de table était le Professeur Heinrich Barth… Elle devait prononcer un toast… Elle prononça son toast qui déclencha une hilarité générale parce qu’il était très original et plein d’humour. Elle se livra à une amusante mystique des nombres avec les dates de la vie de Pauline. Barth lui dit ensuite qu’elle devrait faire l’exégèse de l’Apocalypse. Ils en parlèrent pendant un certain temps… Quand A. fut partie, on parla beaucoup d’elle. Quelqu’un dit que c’était quand même dommage qu’une femme si intelligente soit devenue catholique. Barth répliqua : « C’est peut-être justement pour cela qu’elle est devenue catholique ».


2068. Octobre 1949

A. a été au Rigi. Au début, tout alla mal à cause de l’altitude. Avec cela, un rhume… Puis cela alla mieux, elle fit un jour, seule, une longue promenade de Staffel à Kaltbad. Je ne comprends pas comment cela se fit, elle non plus. Mais elle en savoura le plaisir. En fin de compte, elle n’aime pas la montagne. Elle aspire à l’eau, surtout la mer. Le mouvement, la lumière, l’infini. Elle a particulièrement aimé les nénuphars de Monet à Paris parce que le monde entier est là dans l’eau, monte de l’eau. Elle regrette que l’hôtel de Vitznau était déjà fermé cette fois-ci. Elle ne cesse de dire : je comprends maintenant que la mer m’a appris à méditer. Porquerolles. Elle parle de l’affinité de l’Esprit Saint avec l’eau : fluidité, incompréhensibilité, transparence, lumière. Elle séjourna deux jours à l’hôtel palace de Lucerne : elle en a goûté le plaisir parce qu’elle avait vue directe sur le lac. Les montagnes lui semblent bornées, imposant des limites.


2083. Décembre 1949

Elle raconte quelque chose de la Saint-Nicolas de son enfance. Elle se souvient d’une fois quand elle était encore toute petite. Elle avait dit à saint Nicolas, tout net et sans malice : « Mais tu ressembles terriblement à oncle Lucien ». Sa mère alors l’avait prise par le bras et entraînée dehors. Elle fut grondée, elle reçut une correction et n’eut aucun cadeau; ce fut très triste…


2166. Avant la Pentecôte 1952

« Souvent dans la prière on est interrompu par un motif extérieur : on est dérangé, on doit terminer un travail ou on est trop fatigué. On s’engage alors dans un monde clos de réflexions, de raisonnements, d’attentes. Et tout d’un coup on se souvient qu’on a le droit de prier et, pour un instant, tout le reste disparaît. La prière vous envahit de tous côtés comme le parfait rafraîchissement de l’esprit sans qu’on ait médité quelque chose de particulier, sans qu’on y ait pensé, ni même sans qu’on ait eu un thème précis de prière. C’est simplement le monde de Dieu qui fait irruption dans le monde de l’homme, qui fait sentir qu’on est un être humain et qu’on a un corps et des sens, qu’on est et signifie quelque chose qui a le droit de vivre dans l’amour de Dieu, et qui fait maintenant l’expérience d’être immergé dans le monde de Dieu. Peu à peu quelque chose se fait jour : ou bien on prie avec le coeur ou les lèvres dans une intention précise, ou bien on entend quelque chose, ou bien on trouve une nouvelle prière, ou bien on en dit une très ancienne… Et on voit que le monde où l’on était auparavant et qui semblait très éloigné de tout divin n’en était quand même pas tellement exclu. Il pouvait sans doute paraître pour quelques instants comme coupé de Dieu. Mais ensuite la grâce du bain de prière est si grande qu’on sait qu’on a le droit de demander, d’adorer, de se reposer, on peut tout en quelque sorte, inséré dans ce qui est offert et qui dépasse tout ce qu’on pouvait attendre ou chercher. C’est un bonheur inouï qui dépasse tout espérance et qui n’a de place que pour la béatitude.

Etrange que souvent voir, sentir, entendre, tâter deviennent une perception unique de la beauté. Récemment j’ai eu à nouveau la mer sous les yeux; je cherchais dans des livres ce qu’il y a comme coraux, poissons, plantes aquatiques, mais tout d’un coup ce fut comme si tous les animaux et toutes les plantes et toutes les formes jolies et le jeu des vagues et des lumières provenaient immédiatement des mains de Dieu, comme si la mer elle-même était une main de Dieu infinie qui livrait constamment tous ses secrets pour réjouir l’être humain. Du plus petit détail d’un coquillage sur le rivage on parvient tout de suite à l’immensité de Dieu. On se sent parfois proche du panthéisme, et pourtant Dieu reste le Dieu Trinité, il engendre le Fils et fait procéder l’Esprit, et il reste ce qu’il est.
Et à travers toutes ces choses, la prière conduit à lui, on voudrait retenir des mots et des contours, mais cela nous immerge dans une plénitude; on voudrait partager avec d’autres, mais les mots ne sont pas à la hauteur… »


2216. Mars 1955

« Il y a maintenant des périodes où tout ne semble plus que douleur; tous les sens et toutes les pensées semblent aboutir là comme si on avait un esprit, une âme, un corps uniquement pour y avoir mal. A proprement parler des souffrances pour elles-mêmes! On ne peut pas dire : l’âme maintenant est troublée parce que le corps souffre; ce n’est pas se chagriner pour quelque chose qui devrait être autrement, ce n’est pas se poser des questions sur le sens de la souffrance, c’est simplement une manière d’avoir mal qui est répandue dans tout son être. De longs moments peuvent en être remplis.

Parfois on veut se reprendre pour enfin offrir les douleurs ou pour réfléchir au sens de la souffrance, mais alors c’est faux parce que la souffrance est déjà acceptée. Souffrir et offrir ne font qu’un, et il n’y a pas de réflexion à ce sujet, ni non plus de distance spirituelle à cet égard. L’effort de créer une suite n’est peut-être là que pour nous montrer qu’une volonté de ce genre est inutile. Rien ne se laisse classer, rien ne peut sortir de ce chaos. Souvent même, c’est comme si la prière n’existait pas, elle a perdu toute forme, on doit être si pauvre dans la souffrance que même l’esquisse de la prière disparaît avec tout le reste.

Et cependant ce n’est pas simplement s’appliquer à ces choses, c’est laisser faire. En laissant faire, c’est parfois comme si une partie de mon moi regarde ce qui se passe et que l’autre partie laisse faire; dans cette souffrance par contre, toute observation ou toute vérification est exclue. Si la permission d’examiner est donnée ou si l’exigence de le faire est imposée, le pire est déjà passé bien qu’on ne puisse pas dire quel état a plus de prix ou moins de fruit que l’autre. Tout est tel qu’il est…


2294. 11 avril 1961

« Je me disais : je ne suis plus capable que de prier, car mes forces ne peuvent faire davantage. D’un côté, ce serait déjà très beau de pouvoir seulement encore prier. D’un autre côté, je ne fais plus déjà que des oraisons jaculatoires, non plus des prières entières. Comment donc font les autres malades? Peuvent-ils encore prier comme il faut quand ils sont si faibles et si fatigués et si affligés de tant de souffrances? On pense : ça devrait pourtant aller! On se stimule, on prie un tout petit bout, et la pensée nous saisit : seulement du repos! Du sommeil! Un lit! Chacun de ceux qui entrent dans la chambre dit quelque chose de désagréable, nous met quelque chose sur le dos, se décharge de quelque chose. Beaucoup de ces choses, on les laisse couler; d’autres, on les reçoit; et quand après cela on parle avec la Mère, on a honte d’arriver avec de pareilles broutilles, on avale ça, on la vénère et on la prie pour ceci et cela…

Parfois aussi, à partir des attentions de l’entourage, à partir des joies quotidiennes, on essaie de tracer des lignes qui vont jusqu’au Seigneur et à ses saints. On remercie pour des fleurs, on remercie pour la foi, pour la constante présence de Dieu, pour l’existence du Seigneur parmi nous; par lui, on pense au Père qui nous l’a donné. C’est une joie. En état d’apesanteur pour quelques instants; puis reviennent les choses difficiles et on essaie d’être content malgré tout…


2331. 14 mai 1964

Pendant que je me trouvais à Lausanne pour l’exposition nationale, A. a perdu un oeil par suite d’une hémorragie. Peu après, la même chose est arrivée pour l’autre oeil. Elle dut renoncer totalement à la broderie qu’elle aimait faire à son bureau, et ce n’est qu’avec peine qu’elle put encore tricoter un peu jusqu’à ce qu’en ses derniers mois elle fut totalement clouée au lit. – Le soir, elle aimait écouter un peu de musique classique ou moderne, par exemple Rameau, Bach, les messes de Haydn et de Schubert, tout de Mozart, et la musique plus récente jusqu’à Bartok et Schönberg.

 

A suivre

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