33/3. Semences

 

 

33/3

Semences

Lire saint Jean avec Adrienne von Speyr

 

223. Celui qui n’aime pas est aveugle

Jean voit par terre les bandelettes (qui entouraient le corps de Jésus dans le tombeau) et, en voyant ces choses qui ne sont presque rien, il découvre aussitôt totalement l’amour vivant du Seigneur… Il n’y a que dans l’amour que cette vision est possible. Celui qui aime ne peut aucunement communiquer sa vision, son amour, à celui qui n’aime pas, parce que celui qui n’aime pas est aveugle. Et celui qui n’a pas l’amour de Jean ne pourra pas croire que Jean a découvert que l’amour était vivant en voyant les bandelettes là par terre. Celui qui n’aime pas donnerait cent explications du phénomène. Il aurait du moins besoin de longues preuves pour exclure les autres possibilités. Celui qui n’aime pas perd beaucoup de temps. Il comprendra plus lentement. Il attend des assurances, des preuves (Jn 20,5).

224. Communion

De même qu’il y a un état de foi (qui existe même quand on ne dit pas le credo), de même il y a un état de communion qui existe même quand on n’a pas en soi l’hostie sacramentelle (Jn 6,32-33).

225. La patrie

Celui qui est de Dieu écoute volontiers la parole Dieu. C’est la parole de sa patrie, la parole de ses origines… On entendra toujours cette parole avec la conviction que ce qu’elle nous dit est bon et obligatoire (Jn 8,47).

226. Le milieu

La foi chrétienne se tient au milieu entre le Père et le Fils (Jn 17,7).

227. L’amour

L’amour peut être aussi pur renoncement (Jn 18,38).

228. L’éveil de l’amour

Esprit Saint : sa présence éveille quelque chose d’entièrement nouveau dans l’amour entre le Seigneur et les hommes… Par lui, le Seigneur et l’homme sont unis dans un amour actuel… Éveil de l’amour qui ressemble de loin à la première impulsion d’amour chez de jeunes amoureux qui ignoraient tout jusqu’alors de ces impulsions (Jn 14,3).

229. La foi et l’amour

La foi vient toujours d’abord de Dieu. Parce qu’il nous aime le premier, il met la foi en nous. Et nous ne pouvons entrer dans la connaissance de cette foi que si d’avance nous croyons et aimons… Nul ne peut dire qu’il croit s’il n’aime pas. Et s’il aime, c’est qu’il croit, même si sa foi n’est pas encore saisissable, même s’il pense qu’elle n’est pas encore une foi chrétienne. La foi ne peut naître sans amour et, sans amour, elle ne peut jamais être vivante, mais tout au plus … un reliquat sans vie. Par contre, même sans la foi, l’amour peut être une pierre d’attente, car dans l’amour il y a toujours un germe de connaissance, même si on ne sait pas encore ce qu’il contient (Jn 2,24-25).

230. Une connaissance claire de l’autre monde

Nul croyant véritable n’est de ce monde. Parmi les croyants, il y a ceux qui aboutissent à une connaissance claire de l’autre monde; d’autres, tout en restant dans ce monde, sentent et devinent par une part d’eux-mêmes qu’il existe quelque chose d’autre que le monde. Et plus cet autre monde, le monde divin, devient transparent à l’homme, plus grande sera pour lui l’obligation de vivre dans l’action et la contemplation au service de l’Eglise pour ce monde divin (Jn 17,14).

231. L’importance de la souffrance

Marthe et Marie font annoncer à Jésus que Lazare, leur frère, est malade. Jésus reste encore deux jours là où il était avant de se mettre en route. Il impose deux jours de souffrance en plus à Marthe et à Marie. Il institue alors l’importance de la souffrance, et il n’en souffle mot à ses apôtres. Il donne à Marthe et à Marie d’avoir part à l’avance à sa Passion; l’active comme la contemplative y a part (Jn 11,6-7).

232. Prêt pour l’infini

Toute vraie question regarde vers l’avenir et a pour but la consolation. Elle doit rendre une âme plus proche du Seigneur. « Qui cherches-tu? »… Toute vraie recherche du Seigneur se fait en sa présence… Elle cherche dans le fini. Mais tout en elle est prêt pour l’infini (Jn 20,15).

233. La foi aimante

Foi et amour sont indissolublement liés; la foi naît de l’amour et non de l’étude; chacun, sans distinction de classe ou de culture, est en état d’accéder à cette foi aimante (Jn 7,48).

234. Nous nous croyons innombrables

Le Fils est unique et nous venons immédiatement après lui, si nombreux que nous nous croyons innombrables, et pourtant nous sommes les fils dénombrés par Dieu malgré notre multitude (Jn 1,18).

235. Comme un chrétien qui prie

Le Seigneur a passé la nuit en prière. Il s’est tenu devant le Père comme un chrétien qui prie Dieu. Il lui a montré son âme nue, il lui a demandé force et aide, et Dieu ne laisse sans secours aucun de ceux qui prient. Sans doute le Seigneur se distingue-t-il des hommes par le fait qu’il est sans péché, et c’est pourquoi il n’a pas besoin, dans la prière, de s’ouvrir d’abord à l’Esprit de Dieu. Il se tient toujours devant le Père sans s’éloigner de lui. Cet Esprit qu’il possède depuis toujours peut toujours agir immédiatement en lui sans rencontrer aucune résistance. Mais demeure en lui cette double vie : en tant que Fils, il possède en propre l’Esprit; en tant qu’homme, avec une âme totalement humaine qui est ouverte à Dieu, il ne cesse de recevoir du Père l’Esprit. Deux attitudes en face du Père ne font qu’un en lui : amour et humilité (Jn 8,2).

236. Faire des miracles

Le premier miracle chrétien fut le oui de Marie… Personne n’a pu faire des miracles dans l’Eglise sans l’assistance de Marie (Jn 16,28).

237. Indispensable

Humainement parlant, personne n’est indispensable même si, du point de vue du Seigneur, on est irremplaçable. Humainement parlant, d’autres pourraient accomplir notre tâche aussi bien, voire mieux que nous, parce qu’ils ont des dispositions, des aptitudes et des expériences aussi bonnes ou meilleures que les nôtres. Du point de vue du Seigneur, par contre, chacun est irremplaçable parce que chacun est indispensable à la plénitude de la gloire de Dieu (Jn 15,8).

238. Aussitôt

Au premier qu’il rencontre – son frère Pierre -, André dit : « Nous avons trouvé… » Toute grâce du Seigneur doit être aussitôt transmise à d’autres (Jn 1,40-42).

239. La joie

C’est la première fois que le Seigneur parle de sa joie… Plus l’amour est vrai, plus il est joyeux dans toutes ses souffrances. Mais tout ce qui rend étroit, mécontent et calculateur est contraire aussi bien à l’amour qu’à la joie (Jn 15,11).

240.  Voir Dieu

Celui qui a un jour vu Dieu ne peut plus détourner de lui son regard. Au fond, nous ne désirons pas voir déjà Dieu parce que nous savons intimement que nous devrions auparavant en avoir fini avec notre péché. Nous ne pouvons pas aimer parfaitement ici-bas; l’amour parfait demeure le présupposé de toute vision de Dieu. C’est pour cela que personne n’a jamais vu Dieu ici-bas (Jn 1,17).

241. Prière et contemplation

La prière est l’oeuvre de l’homme, elle est enseignable avec des mots humains. La contemplation est la réponse de Dieu à l’homme, elle n’est donc pas enseignable: l’homme se met à la disposition de Dieu. Dieu répond ou ne répond pas : tout est grâce… La prière a toujours un aspect horizontal : elle inclut implicitement le monde entier. La contemplation est verticale : elle est tout entière tournée vers Dieu (Jn 9,4).

242. Réparations

Parce que le Seigneur a expié pour moi, je suis appelé à co-réparer. L’expiation accomplie par le Seigneur et celle exigée de moi ne sont pas sans relation. Si le Fils innocent a déjà expié pour moi au point d’avoir effacé mon péché, combien plus, moi pécheur, ai-je l’obligation de réparer… avec mon Sauveur, même si cette réparation, à y regarder de plus près, n’est en fin de compte qu’une manière de parler en comparaison de celle  du Seigneur (Jn 1,17).

243. Un coup d’épée

Pierre et son coup d’épée… Il utilise sa force et l’arme qu’il a sous la main. Il représente ceux qui sont capables de distinguer le Seigneur du monde, mais ne sont pas capables de distinguer sa volonté de la leur, qui ne cessent de penser qu’ils pourraient arriver par eux-mêmes à comprendre quelque chose pour pouvoir ensuite se mettre au service du Seigneur. Le chrétien n’a pas la mission de répondre partout où le Seigneur est attaqué. Il ne peut échanger son rôle avec celui du Seigneur ou de son Esprit. Il ne possède de cet Esprit que la mesure que le Seigneur lui communique. La première réponse et la première action reviennent toujours au Seigneur; ce n’est que la seconde, la suivante, qui appartient au chrétien, même si entre la première et la deuxième il n’est pas nécessaire que du temps s’écoule (Jn 18,10).

244. Dire à Dieu ce qu’il a à nous dire

Scruter les Ecritures… Les Juifs le font, mais avec des idées préétablies. Leur  attente a un sens bien précis. Ils n’attendent de Dieu rien d’autre que ce qu’ils attendent. Ils voudraient pouvoir dire à Dieu ce qu’il a à leur dire… Ils voudraient que la vie éternelle ne soit rien d’autre que le prolongement de leur vie terrestre selon leurs souhaits et leurs représentations. Alors qu’ils devraient laisser leur vie terrestre être façonnée par le plan de Dieu. Finalement, ils ne sont pleins que d’eux-mêmes et, pour cette raison, ils sont aveugles pour les écrits de Dieu (Jn 5,39-40).

245. Miracle

Les miracles sont des poteaux indicateurs… Ils sont un contact non pas entre l’instrument qui opère le miracle et Dieu, mais entre celui qui doit être touché par le miracle et Dieu (Jn 14,12).

246. Le froid de la mort

Jésus devant sa mort. « Si le grain de blé ne tombe à terre et ne meurt, il reste seul; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit »… Comme un mourant sourit dans le froid de la mort pour consoler ceux qui l’entourent, ainsi le Seigneur, dans sa solitude, console le Père et les hommes (Jn 12,24).

247. La foi

Si quelqu’un croit vraiment, il s’est ouvert à la grâce comme à une puissance qui devient aussitôt plus forte que le moi. La foi veut être reçue comme quelque chose qui possède aussitôt tous les droits et les revendique parce qu’elle veut conduire l’âme tout entière à Dieu (Jn 18,34).

248. Autorités

Jésus ne ressemble pas à ces autorités qui, pour faire sentir leur pouvoir, passent par-dessus la tête de leurs subalternes (Jn 3,22-24).

249. Le banquet

La confession est une image du purgatoire où, avant d’être admis au banquet céleste, on fait l’aveu ultime et définitif de ses fautes (Jn 13,3-5).

250. Posséder

Il y a une manière de posséder, d’annoncer et de répandre la foi qui n’a rien avoir avec l’amour (Jn 7,49).

251. La trahison

Une communion est une profession de foi : la trahison consiste dans le fait que quelqu’un accepte le pain du Seigneur tout en sachant qu’il ne veut rien recevoir de lui… Celui qui a la volonté de commettre un péché est dans un état pire que celui qui l’a déjà commis, qui l’a derrière lui, et pour qui s’offre la possibilité de la conversion (Jn 13,27).

252. La maladie

La vie du chrétien est service du Seigneur. Qu’il soit bien portant ou malade est chose secondaire par rapport à cet essentiel. La maladie est une parole puissante par laquelle le Seigneur jette l’homme à terre. Toute réflexion s’écroule parce que l’action du Seigneur est plus rapide que toute réflexion de l’homme. Par la maladie, la grâce de Dieu pénètre directement comme un choc dans une vie (Jn 11,4).

253.  Charismes

Des charismes, il y en aura toujours dans l’Eglise : liés à une personne ou à un lieu. Malades et pécheurs s’en approchent pour y être remplis de grâce et de force, pour pouvoir s’en retourner corporellement guéris ou fortifiés dans la foi et l’amour. Les retraites ont le même but, de même les sacrements (Jn 9,3).

254. Un espace

Aménagez dans votre vie un espace sacré (Jn 2,16).

255. Intégration

C’est pour nous intégrer à la vie éternelle que le Verbe est apparu sous forme humaine (Jn 1,2).

256. Peur du purgatoire?

Nous aurions peur du purgatoire si nous ne comprenions pas qu’il s’agit d’un mystère d’amour. Puisqu’il en est ainsi, nous nous soumettrons volontiers à ce processus, et même, avec un vif désir de purification, nous comprenons, dans l’amour, qu’il faut satisfaire la justice (Jn 17,8).

257. L’âme des autres

Plus un homme est proche du Seigneur, plus il est capable lui aussi de voir clair dans l’âme des autres (Jn 1,47-7-48).

258. Naissance

Dans la douleur d’une mère qui enfante est cachée une joie indicible à cause de l’enfant. Mais dans la joie qu’elle attend de cet enfant, il y a aussi la douleur qu’il lui causera plus tard. Et dans cette douleur, à nouveau la joie de pouvoir souffrir pour lui, les deux imbriquées l’une dans l’autre, à l’infini (Jn 1,1).

259. L’extraordinaire

Il est bien plus facile d’accepter l’extraordinaire ponctuel que la durée qui exige la persévérance (Jn 4,30).

260.La première

Marie de Magdala au tombeau de Jésus : elle est trouvée avant qu’elle ne trouve elle-même, elle est aimée avant d’aimer elle-même. C’est le sommet qui peut arriver à celui qui cherche : être trouvé. D’où : il faut chercher jusqu’à ce qu’on soit trouvé… Il n’est pas possible que Marie de Magdala s’enorgueillisse d’être la première à avoir vu le Seigneur (Jn 20,16).

261. L’abîme

L’abîme entre le Seigneur et nous, c’est le Seigneur qui le franchit… Oublier qu’on marche vers lui… A un certain moment, on découvre que tout est grâce… Une faim dont on ne s’occupe plus : elle est à la disposition du seigneur et des frères (Jn 6,35).

262. Les secrets de l’amour

Lumière et obscurité en Dieu : deux faces de son amour. L’obscurité en Dieu est essentielle à son amour. Par là, Dieu protège son amour, et peut nous le faire découvrir toujours nouveau. L’homme a du mal à accepter le caractère mystérieux de l’amour… Le péché, c’est de ne pas supporter la nuit de l’amour, c’est de vouloir pénétrer l’obscurité de Dieu. La nuit alors devient symbole du péché. Le péché consiste à ne pas supporter le mystère. L’homme veut savoir ce que Dieu fait aux heures qu’il s’est réservées pour lui-même.. Cette méfiance est le contraire de la foi et la mort de l’amour. Car l’amour suppose la confiance réciproque et ne peut durer que tant que dure cette confiance. La connaissance qui veut prendre la place de la foi aimante ne fait plus confiance à l’aimé, ne croit plus que le secret qu’il garde peut être un secret de l’amour parfait (Jn 1,5).

263. La photo

L’âme du chrétien ressemble à une pellicule de photo qui a déjà été impressionnée, qui a déjà reçu une image, et rien ne peut plus annuler cet événement (Jn 8,45).

264. Béatitude et souffrance

La mission du Seigneur n’est pas achevée avec l’Ascension. D’une manière différente, qui ne nous est plus concevable, il continue à participer à la vie et aux souffrances de son Eglise de sorte qu’on ne peut tirer une ligne de séparation stricte entre la souffrance de ses croyants et la sienne propre. Le fait d’être dans la béatitude auprès du Père n’empêche nullement le Fils d’être sensible aux offenses du péché d’aujourd’hui comme il était sensible autrefois aux offenses de ses contemporains. De même l’eucharistie d’aujourd’hui demeure comme sacrifice une réalité immédiate. C’est pourquoi le Seigneur partage aussi dans l’amour le mystère de sa souffrance à ceux qu’il veut (Jn 7,33).

265. Relations

Les relations du Père et du Fils : il y a quelque chose de paternel dans le Fils et filial dans le Père. Le Fils aussi est père. Le Père aussi est fils (Jn 16,15).

266. Mouvement

La vie du Fils est un mouvement vers le Père… Et donc recevoir la vie du Fils, c’est entrer dans ce mouvement vers le Père (Jn 6,53).

267. Vie éternelle? C’est quoi?

Le Seigneur a vécu ici-bas une vie tout à la fois terrestre et éternelle, et cela non pas isolément mais comme fondateur de la communauté de tous les croyants. Il les invite tous à laisser leur vie terrestre être embrassée par sa vie éternelle… La vie éternelle est une vie en Dieu, une vie sans fin, une vie de participation à tous les mystères de la Trinité, et le chrétien ne peut s’en faire une idée exacte pour le moment (Jn 5,11).

268. C’est quoi l’amour?

Le Fils est dans l’impossibilité de dire aux hommes son amour du Père parce qu’ils ne l’écoutent pas (Jn 8,1).

269. L’amour humain

L’amour humain, tel que le Seigneur l’envisage, est toujours un début d’amour divin même quand il se trouve en dehors de l’Eglise; il s’adresse toujours à un Seigneur que l’on pressent, mais qu’on n’a pas encore rencontré (Jn 1,22-23).

270. Lumière

Dans l’Eglise aussi, Dieu est vie et lumière. Il est vie dans les sacrements et la prédication, mais lumière par la simple présence de l’Eglise dans le monde. Déjà le bâtiment visible d’une église, la présence mystérieuse qui le remplit, sont lumière de Dieu. Dans l’Eglise, sa lumière est plus forte là où l’on prie beaucoup et avec désintéressement… Là où l’on prie davantage, là où la vie est plus vigoureuse, la lumière aussi est plus intense (Jn 1,46).

271. Défauts

Tous nos défauts et tous nos péchés proviennent uniquement du fait que nous n’aimons pas comme il faut (Jn 14,15).

272. Pressentir la vie éternelle

« A qui irions-nous? » Pierre possède en Jésus sa patrie, il lui appartient, il vit en lui et il ne peut plus ici-bas disposer lui-même de sa propre vie. Il appartient à celui qui, à ses yeux, est le seul qui peut conduire à Dieu. Il ne veut plus rien savoir de sa vie antérieure. « Tu as les paroles de la vie éternelle ». C’est la seule chose qui le lie encore : la vie éternelle… Et précisément cette vie que le Seigneur lui a promise : foi, espérance, amour… Il pressent la vie éternelle dans les paroles du Seigneur (Jn 6,68).

273. Le soupir

Jamais la parole humaine en tant que telle n’ouvre l’oreille de Dieu. De même qu’il nous trouve avant que nous le cherchions, il nous entend avant que nous lui parlions. Notre propos est secondaire par rapport à son écoute. Notre prière consiste davantage dans le fait qu’elle est entendue par Dieu que dans le fait que c’est nous qui la disons. Toute prière est bonne qui pénètre l’oreille de Dieu, et non pas celle qui, d’un point de vue humain, est bien exprimée. Un seul soupir peut avoir plus de valeur aux oreilles de Dieu que des années des plus belles prières (Jn 1,3).

274. Les portes closes

« Le soir de ce même jour, qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des Juifs, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées , Jésus vint… » Le but de l’Eglise n’est pas de laisser les portes closes. Dans la foi, on ne peut jamais considérer une disposition comme définitive; rien en elle ne doit pouvoir évoluer. Parce que personne ne connaît entièrement la portée de ce qu’il fait et parce que Dieu peut toujours ouvrir de nouveau ce qui était fermé. L’homme ne dispose pas de la vérité tout entière; il y a toujours une part de la vérité qui se trouve en Dieu. La vérité est en nous, mais Dieu s’en réserve une part. Dans tout ce que nous faisons ou décidons, nous devons dire : « A supposer que Dieu n’en décide pas autrement » (Jn 20,19).

275. Le chemin tordu

Pas de clauses de réserve dans le contrat avec Dieu. Le Seigneur veut le tout : le don total et tout le temps, parce qu’il veut tout le chemin vers Dieu. On fera des écarts à droite ou à gauche, mais notre chemin tordu croisera de temps en temps le chemin direct de Dieu. Ce seront des grâces de Dieu sous forme d’événements et de connaissances dans notre vie qui nous confirmeront dans la bonne direction (Jn 12,26).

276. Un chrétien parfait?

Le Christ est venu créer « le chrétien parfait »… : l’un des côtés de son être tourné vers Dieu, l’autre vers le monde… Une vie au milieu du monde, en esprit entièrement tournée vers Dieu. Il nous a montré par sa vie ce qu’il voudrait voir réalisé en nous (Jn 17,11).

277. Un mouvement éternel

Tout ce qui est divin ne connaît jamais d’arrêt… La vie éternelle est repos éternel… parce qu’elle est mouvement éternel; devant Dieu on ne possède jamais, on est au contraire toujours en train d’acquérir (Jn 14,28).

278. Doctrines secrètes?

Bien qu’il n’y ait dans le catholicisme aucune doctrine secrète derrière celle qui est ouvertement enseignée, tout pourtant dans cet enseignement est plein de mystères. Bien que rien ne soit caché, bien des choses, sans la charité, restent voilées à l’intelligence (Jn 18,20).

279. La langue maternelle

Toutes les paroles du Seigneur sont des paroles du Père. Il parle le langage du Père comme les hommes parlent leur langue maternelle… Toute sa vie, il l’a remise si totalement entre les mains du Père qu’il ne voit aucune possibilité de dire et de faire autre chose que ce que dit et fait le Père (Jn 14,10).

280. Foi vive

Contemplation : Dieu se révèle toujours lui-même autant qu’il est nécessaire pour rendre la foi vive et ardente (Jn 1,46).

281. Intelligence

Intelligence des voies de Dieu : pas seulement se mettre à sa disposition à la suite d’un raisonnement, mais se jeter dans ses bras, donc l’aimer déjà… Etre prêts à suivre le Seigneur sur une voie incertaine qui toutefois est la sienne (Jn 13,17).

282. Ce qui est bon

Il n’y a que ce qui vient de Dieu qui est bon (Jn 12,25)

283. « A tes ordres! »

Je choisis Dieu, mais lui me choisit dans un choix qui, à mes yeux, n’en est pas un. Je dis : « A tes ordres, Seigneur ». Et sa réponse peut être tout autre que celle que j’attendais. Ce qui est certain, c’est que je ne me mets jamais à la disposition de l’Esprit de Dieu sans être accepté. Mais une fois offert à son choix, c’est lui désormais qui décide. Si tu es ouvert à l’appel de Dieu, tu ne peux pas savoir quelle sera la réponse que tu vas entendre, ni dans quelle zone de la mission il te conduira pour l’accomplir (Jn 3,8).

284. Angoisse

Quiconque permet au Seigneur de réaliser en lui ce qu’il veut… a part à son angoisse. C’est l’angoisse de la souffrance qui peut prendre toutes sortes de formes, une angoisse féconde parce que c’est l’angoisse de la rédemption. Mais en toutes ses formes, cette angoisse ne voit pas, personne ne domine la situation, personne ne la comprend, personne ne sait à quoi ça sert et où ça mène. En tous, vit la question angoissante : Pourquoi? Tous savent que quelque chose a été semé en eux et il semble que ça n’arrivera pas à maturité. Partout les chrétiens vivent sous le coup de l’inutilité du christianisme. C’est ça l’unité de l’angoisse (avec le Seigneur durant son procès devant Pilate) (Jn 19,13).

285. Ascension

La mission du Seigneur ne se termine pas à l’Ascension. D’une autre manière, insaisissable pour nous, il continue de partager la vie et les peines de son Eglise, à tel point qu’on ne peut plus distinguer nettement entre les souffrances de ses fidèles et les siennes propres. Lorsque aujourd’hui un individu offense le Seigneur par son péché, cette offense l’atteint aussi réellement que celles de ses contemporains, et sa béatitude dans le Père ne l’empêche point d’y être sensible (Jn 7,33).

286. La foi

La foi ne peut dominer son objet. Elle doit se laisser conduire par Dieu (Jn 6,30).

287. Le premier degré

Il serait impossible de chercher et de reconnaître le Seigneur tout en se sentant parfait et pleinement satisfait de soi. Le premier degré de la reconnaissance de Dieu est toujours le sentiment de sa propre insuffisance. Mais celui qui s’avoue pécheur est aussitôt reconnu par le Seigneur et se trouve ainsi habilité à le reconnaître (Jn 13,13).

288. Procès

Le Seigneur en son procès : le Seigneur se tait, il ne juge pas, il ne se défend pas, parce qu’il se trouve exactement à l’endroit où il doit se trouver : à la place des pécheurs du monde (Jn 19,13).

289. Les armes

Pierre vient de trancher l’oreille de Malchus… L’Eglise voudra souvent prendre des chemins qui ne sont pas ceux du Seigneur, mais il ne l’abandonnera pas sur ces chemins, il se servira de ses erreurs pour l’ancrer plus profondément dans l’amour. Grâce à cette expérience, Simon-Pierre sera plus riche en amour. Ainsi se vérifie le dicton : Mieux vaut errer en aimant que de ne pas errer en n’aimant pas… Sans cesse des hommes entraîneront l’Eglise à la désobéissance par leur obstination à prétendre tout savoir. A leurs yeux, les actes humains visibles ont plus de valeur que la prière… Si Pierre avait prié avant d’agir… Il échange les armes de l’Esprit contre celles du monde. Il ne devrait pas suivre son opinion mais celle du Seigneur. Ce sera toujours la même chose pour l’Eglise quand elle oubliera le Seigneur (Jn 18,11).

290. Perdre son temps

Aucune description de l’ami ne saurait le faire connaître si celui à qui on le décrit n’a pas l’amour… Le non-chrétien ne voit dans la vie chrétienne qu’une perte de temps, et avec raison, car il considère le temps du monde comme la durée véritable et essentielle. Le chrétien, par contre, ne voit dans le temps présent qu’un emprunt fait à l’éternité; tout ce qui est essentiel est caché dans le sein de ce qui est au-dessus du temps (Jn 1,26-28).

291. Le baiser

L’amour du Fils pour les hommes… L’incarnation : comme un baiser (Jn 17,8)

292. Ne pas se refuser à l’Esprit

Jean est dans l’amour, il est donc aussi immédiatement dans l’Esprit. Jean sait de manière élémentaire qu’il est aimé et que lui-même aime. Il n’a pas toujours besoin de s’assurer de l’amour en posant des questions… Sa mission est toujours l’accomplissement de son inclination propre : aimer… Marie : l’Esprit ne peut se refuser à elle puisqu’elle ne s’est pas refusée à lui. L’Esprit vit en elle depuis qu’elle porte l’enfant et l’Esprit Saint ne s’est pas retiré d’elle à la naissance de l’enfant. La Mère se trouve entre Pierre et jean, au-dessus des deux. Elle a un ministère et elle a l’amour : son amour est son ministère (Jn 20,8).

293. Quand le diable s’éveille

Si l’homme est tiède, Satan également est tiède; mais si l’homme commence à s’intéresser à Dieu, alors le diable aussi s’éveille et commence à s’intéresser à cet homme. Le tiède est plus près de Satan que celui qui est éveillé. Pour le tiède, il n’a pas besoin de s’agiter… La plus grande efficacité du diable se déploie là où l’on ne croit pas en lui, chez les tièdes et les blasés (Jn 14,30).

294. La faiblesse du Seigneur

Judas avec une troupe armée devant des apôtres désarmés. C’est ici que se rencontrent le domaine spirituel et le domaine temporel : une Eglise pauvre au milieu de laquelle demeure le Seigneur et des ennemis puissants auxquels il ne manque qu’une chose : la faiblesse du Seigneur (Jn 18,3).

295. Comme une mère

Rien ne se fane aussi vite que la Parole de Dieu si on la laisse de côté en se disant qu’on y reviendra plus tard. Au début, quand nous recevons la Parole, nous sommes comme la mère de la Parole : nous la recueillons en nous, nous la nourrissons et la soignons. Mais en même temps et toujours plus la Parole devient pour nous une mère : elle nous attire à elle et nous éduque à la vie éternelle (Jn 8,51).

296. Le système de la grâce

Les chemins de la grâce du Seigneur demeurent impénétrables. On ne peut jamais déduire une grâce d’une autre grâce. Les chemins de la grâce du Seigneur se moquent de tout système (Jn 6,25).

297. Un essai

Chaque communion est un essai de recevoir le Seigneur en nous, de nous approcher de lui, de prendre ce qu’il nous donne et de donner ce qu’il veut nous prendre. Un essai qui ne s’arrête pas à la petite chose qui, de notre côté, se trouve prête pour lui, mais qui débouche sur la grande chose de ce qu’il nous donne dans le Père (Jn 6,58).

298. L’homme vivant

(Pour guérir l’aveugle de naissance, Jésus fait de la boue avec de la terre et sa salive). L’homme mort est celui qui a renoncé à tout. Dieu n’utilise personne qui ne veut pas être un instrument. Celui qui est mort en lui pour que Dieu vive en lui, Dieu peut l’utiliser comme la terre morte afin de s’en servir pour le miracle.  La vitalité volontaire est ce que Dieu peut le moins utiliser (Jn 9,6).

299. Solitude

Le purgatoire est un état de solitude dans lequel l’âme s’occupe d’elle-même et de sa relation à Dieu. Mais dès que l’âme arrive au ciel, une relation vivante s’établit entre elle et toutes les autres âmes, qu’elles se trouvent au ciel, sur terre ou au purgatoire (Jn 16,21).

300. Ne pas s’étonner

« Ne vous étonnez pas »… Soyez ouverts à ce que vous ne comprenez pas. Donnez-moi votre foi, comme un enfant, prenez de ma main ce qui vient; prenez-le, quoi que ce soit, avec reconnaissance, non avec des questions; avec appétit, non avec méfiance; prêts pour l’étendue des possibilités sans peser. Celui qui s’étonne, critique, compare, celui-là s’occupe beaucoup plus de ce qu’il sait déjà, de ce qu’il possède, de ce qu’il a expérimenté, de ce qu’il est, de ce que son intelligence voit qu’il a reçu une fois pour toutes, plutôt que de ce que Dieu lui offre d’une manière toute nouvelle, tout élémentaire. Celui qui est ouvert à Dieu ne peut s’étonner de rien. Celui qui s’étonne montre qu’il est occupé de lui-même plus que de Dieu. Celui qui vit en Dieu, celui-là sait si fort que Dieu dépasse toujours toutes choses et surpasse toute attente, que toute comparaison avec ce qui a déjà été lui est enlevée. S’étonner, c’est commencer à douter, à ne pas croire, parce que c’est commencer à vouloir avoir raison (Jn 5,28).

301. Le froid

Personne ne peut dire qu’il a étudié la science chrétienne et qu’elle l’a laissé froid. Si c’était le cas, la cause en serait qu’au cours de son étude, il s’est raidi contre la substance des commandements, qu’il y a eu résistance consciente. Cette résistance est la seule chose qui pourrait empêcher de comprendre les commandements du Seigneur et d’être saisi par eux (Jn 14,21).

302. Un peu de temps

Le point culminant de la Passion du Seigneur Jésus n’est pas la mort physique, mais son ultime délaissement où, chargé de tous les péchés du monde, il est séparé du Père. Cette séparation, qui ne durera que peu de temps (Jn 14,19) aura, pour le Seigneur, le poids de l’éternité… Ce qui pour les hommes ne sera que peu de temps, représentera pour lui une éternité (Jn 14,19).

303. Vie éternelle

Celui qui vit sa vie présente dans le Seigneur et pour le Seigneur vit une vie que le Seigneur lui donne pour qu’il la vive comme la sienne. Il participe dès aujourd’hui à la vie éternelle… S’il meurt, il apporte sa vie éternelle d’ici-bas dans la vie éternelle de l’au-delà, il entre dans l’éternité comme quelqu’un qui en est issu, et sa vie éternelle de l’au-delà ne pourra donc pas être sans lien avec sa vie éternelle d’ici-bas. Il continuera d’aimer dans l’au-delà ceux d’ici-bas et de vivre pour eux au ciel. Les deux choses ne font qu’un dans le Seigneur qui a embrassé en lui toute la vie éternelle (Jn 12,25).

304. Percer à jour

Un être humain ne peut être percé à jour que dans l’amour (Jn 2,24-25).

305. Conversion du démon?

La profondeur de la volonté du diable d’être caché est si abyssale que nous ne pourrons jamais la sonder. Elle est un mystère qui demeure insondable pour nous. Les mystères de Dieu sont plus accessibles que les mystères du Mauvais. L’abîme du diable consiste en ce double mouvement qu’il veut mentir et qu’il ne veut pas se convertir. Ce que cela signifie finalement demeure un mystère qui n’est accessible à aucun homme, même pas au pire pécheur. Voilà pourquoi le destin du diable est pour nous un mystère totalement inaccessible… Il n’est pourtant pas permis de désespérer de la conversion de n’importe quel pécheur. La possibilité de conversion d’un homme pécheur n’est jamais aussi désespérée que la conversion du démon (Jn 8n44).

306. La grâce de l’expérience

Le Seigneur apparaît aux apôtres alors que les portes de la maison où ils se trouvaient étaient verrouillées… Celui qui dit dans la foi : « Seigneur, sois avec nous », se trouve dans la grâce de l’expérience des apôtres. Le plus petit acte d’adoration véritable fait toucher Dieu. Toutes les possibilités de la foi, depuis l’absence totale de vision jusqu’à la vision parfaite, se déploient à partir de cette pièce aux portes closes. Elles sont toutes secondaires par rapport au fait premier que, dans la foi, Dieu se tient à notre disposition, qu’il vient à nous, qu’il nous apparaît, que nous le voyions ou non. Mais tout entraînement à expérimenter l’au-delà est faux. Tout désir d’expérimenter sensiblement l’au-delà est faux, parce qu’il dépend uniquement de la grâce du Seigneur de l’accorder (Jn 20,19).

307. Surprises

L’amour ne dit pas tout, il réserve des surprises (Jn 18,36).

308. Apprendre l’amour

(Le purgatoire purifie et ouvre à l’ampleur et à la plénitude de Dieu)… Là, dans le feu, il devra abandonner tout refus de correspondre aux pensées divines et apprendre l’amour dans un douloureux écartèlement (Jn 1,3).

309. L’ultime secret

Le samedi saint, l’âme du Seigneur n’est pas dans un jardin (comme son corps qui est descendu du tombeau et placé dans un jardin), elle est dans le contraire d’un jardin, le contraire du paradis, dans la contemplation qui est la plus obscure : la contemplation du shéol. Le mystère du samedi saint est essentiellement contemplation : c’est la vision de l’obscur dans l’obscur. Le samedi saint, le Père fait expérimenter au Fils le plus intime de ce qu’il possède : son obscurité qui était depuis toujours cachée sous la lumière, ce dont on ne parle pas, comme le secret personnel ultime, où l’on n’introduit aucun homme. Le Père ouvre maintenant ce secret au Fils. Mais le Fils ne s’arroge pas le droit de dire au Père : « Renonce au mystère de ta justice, détruis les ténèbres » (Jn 19,41).

310. Le principal

Bien souvent, l’homme ne connaît pas sa faute principale (Jn 13,9-10).

311. Si je t’aime

Si je t’aime et que je doive expliquer à un ami qui tu es et ce que tu signifies pour moi, je suis obligé de parler de tes qualités physiques et spirituelles; j’essaierai de te décrire comme je te vois dans mon amour. Mais si lui-même ne t’aime pas, la plus chaude image que je pourrais esquisser de toi le laissera froid… Il y a en toi un dernier fond mystérieux qui lui demeure inaccessible, quelque chose d’infini qui se moque de toute description, quelque chose qu’on ne peut atteindre soi-même que dans l’amour. Et un amour qui détient les clefs des portes du ciel, là où est situé ton dernier secret, ta parole en Dieu. Ce n’est que dans la foi en Dieu et dans l’amour de Dieu que je puis avoir accès à ton dernier secret. Il n’y a qu’en Dieu que les hommes peuvent réellement s’aimer. C e qui est en toi le coeur de ton être, et ce qui en toi est le plus digne d’être aimé, vient de Dieu et fait de toi un réceptacle du mystère de Dieu… Tout le reste en toi a moins d’importance et pourrait être autre, mais parce que ce qui est le plus unique en toi vient de Dieu, tu possèdes un charme qui te rend infiniment désirable en Dieu. Ce charme que je ne découvre que dans l’amour fait un avec l’amour dont Dieu t’aime. Tous les autres avantages sont comme rien à côté de cet amour qui est ton être, que tu es, qui vient de Dieu et s’appelle Dieu. Si l’ami ne connaît de toi que ce qui est humain, il désirera sans cesse scruter ton être plus à fond… Mais plus il atteindra le détail, plus il s’éloignera de ton image véritable parce qu’il ne fera jamais qu’assembler des pierres sans vie… Il se construira une image de toi au lieu de la contempler. Seul peut la contempler celui qui a la clef, et la clef, c’est d’aimer Dieu (Jn 1,18).

312. Purification

La purification a lieu quand on s’abandonne à ce que le Seigneur exige de nous, même si on ne le comprend pas (Jn 15,3).

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