Abbaye

Les chemins de la foi. I

Hans Urs von Balthasar

Les chemins de la foi

Pensées d’un croyant

I

 

1. La foi du charbonnier

Le Père Balthasar puise dans un ouvrage en latin du XVIe siècle cette histoire du charbonnier.

« Un professeur de théologie s’amusait à faire passer un examen à ce fameux charbonnier et il l’interrogeait sur les articles de la foi. Le charbonnier fut d’abord capable de lui réciter les principaux articles sur Dieu dont il avait entendu parler le plus souvent à l’Eglise.

Comme le théologien le poussait, il se contenta d’affirmer qu’il croyait tout ce que croyait l’Eglise. Et comme on lui demandait ce que croyait l’Eglise, il s’en tira en fermant le cercle : « L’Eglise croit ce que je crois, je crois ce que croit l’Eglise ».

Conclusion du P. Balthasar : « Cette foi du charbonnier, si digne de respect, est certainement beaucoup plus assurée dans ses bases que celle du docteur de la Loi qui le sondait ».

Cette foi « souffrait sans doute avant tout de n’avoir pas été suffisamment instruite de l’événement de la croix et de la résurrection. Ou peut-être l’homme était-il simplement trop timide pour confier à cet éplucheur de concepts l’intuition cachée de son coeur et se réfugiait-il dans le sein de l’Eglise sa mère ». (La foi du Christ, p. 116-117).

2. Noël

« Une fois pour toutes, Dieu s’est mis en route pour venir chez nous, et rien, jusqu’à la fin du monde, ne l’empêchera d’y venir et d’y demeurer ». (Tu couronnes l’année de tes bontés. Sermons pour les grandes fêtes de l’année, p. 239).

3. Amour

« L’amour authentique est toujours incompréhensible ». Quand un amour m’est accordé, je ne peux le « comprendre » qu’en y voyant un miracle.  (L’amour seul est digne de foi, p. 62-63).

4. Rencontrer Dieu

« Toujours l’homme doit trouver Dieu par une conversion, par un aveu qui lui répugne, jamais Dieu ne se trouve dans le prolongement de ses désirs et de son idéal, pas plus que dans celui d’une ascèse ou d’une mystique.

Toutes les expériences humaines doivent servir Dieu, Lui n’a besoin d’aucune, il ne s’en sert jamais sans la transformer par sa touche brûlante ». (La foi du Christ, p. 174).

5. Fidélité

Se hâter à la rencontre de la Parole de Dieu, toujours avec la même disponibilité, que l’on soit aujourd’hui intérieurement alerte ou fatigué.

Apporter à la Parole de Dieu le même intérêt, la même attention, bien plus la même joie, que l’on soit disposé d’une manière ou d’une autre.

Un peu comme on se discipline et on sourit pour accueillir des hôtes et tenir conversation avec eux même si on n’est pas très en train. (La prière contemplative, édition de 1959, p. 151-152).

6. Comprendre

« Celui qui ne comprend plus Dieu peut comprendre encore peut-être que même le Fils de Dieu ne comprend plus pourquoi le Père l’a abandonné ». (La prière contemplative, édition de 1959, p. 220).

7. Contestation

Le P. Balthasar cite le P. Daniélou : L’Eglise tout entière « doit sans cesse se contester elle-même au nom de Jésus Christ parce qu’elle ne lui est pas assez fidèle ». (Le complexe anti-romain, p. 333).

8. Le prêtre

« Un prêtre humble ne sera pas tenté de me proposer autre chose que la Parole qui m’est adressée par Dieu.

Un prêtre ardent n’admettra pas que je me dérobe à cette Parole.

… Il peut être gai avec ceux qui se réjouissent, triste avec ceux qui sont dans l’affliction, mais il n’aura jamais le droit, par esprit de solidarité, de vaciller avec ceux qui trébuchent ». (Points de repère, p. 128-130).

9. L’Ancien Testament

« L’ancienne Alliance est et demeure l’initiation théologique… à l’intelligence de la nouvelle » (La gloire et la croix. Nouvelle Alliance, p. 31).

10. Le pécheur

Le P. Balthasar cite saint Irénée : « Il n’est pas au pouvoir du pécheur, après s’être détourné de Dieu, de rétablir lui-même sa juste relation avec Dieu ». (Dramatique, II,1, p. 121).

11. Dieu

« Ici l’Esprit gémit avec ceux qui espèrent dans l’attente de la liberté plénière. Plus la lumière de gloire afflue de l’au-delà, plus nous éprouvons l’absence de la plénitude.

C’est pourquoi les chrétiens devraient se tenir comme des torches ardentes dans tous les jardins et sur toutes les grands-routes de l’histoire du monde.

Leur espérance est si insurpassable qu’elle seule, à l’exclusion de toute autre religion, peut éclairer par avance tous les efforts de l’humanité pour se façonner le monde selon sa mission ». (La gloire et la croix. Nouvelle Alliance, p. 452-453).

12. La foi

« Une foi avec des réserves est une contradiction en soi ». Jésus exige toujours le don de tout l’homme dans la foi. L’essence du don consiste à renoncer à toute objection. (La vérité est symphonique, p. 61).

13. La liberté

« Dieu a créé les hommes tellement libres qu’il ne peut les empêcher de lui rire au nez et de lui refuser toute obéissance ». (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 68).

14. La résurrection de Jésus

Liberté du Ressuscité de s’offrir quand il veut et comme il veut.

Et liberté aussi est laissée à l’homme de réagir comme il veut : effroi, doute, grande joie, joie tout simplement, et encore crainte d’accepter l’entretien offert, respect (peut-être faux) de la distance quand Jésus semble établir une pure familiarité. (Le mystère pascal, p. 250).

15. Croire

Trois degrés de l’acte de foi :

1/ Croire que Dieu existe (credere Deum).

2/ Croire à ce que Dieu dit (credere Deo).

3/ Faire confiance à Dieu, s’abandonner à Dieu (credere in Deum).

(L’enfer, une question, p. 18).

16. Le prédicateur

Les croyants peuvent lire sur le visage du prédicateur si les paroles qu’il prononce jaillissent des profondeurs de sa prière personnelle ou si elles sont en fin de compte aussi superficielles et creuses que celles d’un quelconque journal. (Points de repère, p. 138).

17. L’Eglise

« Qui sait si une moniale cachée, dont personne ne sait rien, n’a pas exercé, par sa prière et ses sacrifices, la plus grande influence sur l’histoire de l’Eglise ou de son  pays?

Qui peut déterminer avec certitude si ceux qui ont paru extérieurement être les guides des destins chrétiens ne sont pas précisément au jugement de Dieu comme des voleurs et des brigands?

Une extension quantitative de l’Eglise n’est pas nécessairement un progrès, pas plus que la persécution, la réduction à un petit nombre, le retour à la chrétienté primitive ». (Théologie de l’histoire, p. 121-122).

18. L’abandon à Dieu

L’abandon à Dieu inclut foi, espérance, amour. Il peut se réaliser « dans la lumière de l’amour rayonnant de joie, ou dans la nuit de Job et de Jérémie ». Dans un tel acte, « l’homme se jette tout entier dans le mystère de l’amour divin ». Cet acte est illuminé de toutes parts par le rayonnement du mystère. (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 277-278).

19. Le dessein de Dieu

« Le dessein de Dieu était de concevoir le créé à partir de sa propre vie et de l’orienter vers elle ».  (Dramatique, IV, p. 171).

20. La volonté de Dieu

Election d’Ignace. M’insérer librement dans la volonté éternelle de Dieu sur ma vie personnelle.

Apprendre par la contemplation à entrer dans la manière de voir de Jésus Christ (Théologie des Exercices, p. 158).

21. La grâce de la présence

« Le Seigneur ne se soustrait jamais  à quelqu’un qui le cherche, qui est tourné vers lui, sans lui avoir donné la bénédiction et la grâce de sa présence ». (Nouveaux points de repère, p. 192).

22. Jésus Christ

Jésus Christ est un être de chair et de sang qui a vécu en Galilée, a été sur la croix percé par une lance romaine, a été vu par ses disciples ressuscité et portant les marques de ses plaies ». (Le complexe anti-romain, p. 139).

23. Le ciel

Dieu a créé le ciel et la terre. Le ciel, c’est « le lieu que Dieu se réserve pour son domicile et l’endroit d’où il exerce son activité. Ainsi la distance entre le ciel et la terre devient le signe visible de la distance entre Dieu et les créatures. ‘Les cieux sont les cieux du Seigneur; la terre, il l’a donnée aux fils d’Adam’ (Ps 115,6) ». (H.U.v.B., dans O. Boulnois, Je crois en un seul Dieu, p. 215).

24. Le pécheur

« La question qui a préoccupé Thérèse de Lisieux, de savoir si le pécheur pardonné (la rose rouge) ou celui qui n’a pas péché (la rose blanche) aime Dieu davantage, demeure insoluble, car dans les deux cas se manifeste la plénitude de la grâce rédemptrice du Christ.

Au ciel en effet, il n’y a aucune trace d’envie, il n’y a que de la reconnaissance pour toute l’abondance de grâce, quel que soit celui qui l’a reçue ». (Dramatique, IV, p. 379).

25. La lumière

Le P. Balthasar cite Hopkins : La lumière de la foi… « brille précisément dans la mesure où l’homme s’est livré à Dieu, abandonné tout entier à la vision divine ». (La gloire et la croix, II, 2, p. 266).

26. Les pauvres

« Bien des gens croient ne plus rien pouvoir donner quand ils sont âgés ou en prison ou dans quelque autre situation sans issue.

Ils ont l’impression d’être inutiles et sont parfois tentés de mettre fin à leurs jours.

Qu’ils pensent que seul le pauvre, et le pauvre plus que tout autre, puisqu’il a perdu la conscience de la propriété personnelle, est mis dans une situation qui lui permet de donner…

Les pauvres en esprit ne gagnent pas seulement pour eux-mêmes le royaume de Dieu, ils l’ouvrent également aux autres ». (Points de repère, p. 75).

27. L’histoire du monde

Il y a un point précis de l’histoire où « Dieu entre en scène dans l’histoire du monde » (le Fils).

« On peut dire que la mort et la résurrection de Jésus intéressent intimement tous les hommes de tous les temps pour autant qu’ils sont solidaires dans l’unique histoire de l’humanité »… Le chrétien, c’est quelqu’un qui a trouvé dans le mystère de Dieu révélé dans le Christ sa « patrie secrète ». (Dramatique, I, p. 24).

28. Le paradoxe

Le paradoxe de Jésus apparaît quand il affirme son autorité absolue dans la pauvreté absolue et par conséquent dans la vulnérabilité, dans le renoncement à toute puissance terrestre et à tout bien terrestre.

Les bénéficiaires sont ceux qui sont devenus pauvres dans leur attitude la plus intime (pauvres en esprit), ceux qui sont intérieurement désencombrés… Pas les pécheurs d’abord, mais Jésus se penche aussi sur eux, qui sont les vrais malades qui ont besoin du médecin (Mt 9,12).

Pauvres et pécheurs se trouvent dans les mêmes ténèbres. Et lorsque le pécheur reconnaît qu’il est pauvre, démuni, cet aveu le place au rang des pauvres : le publicain dans le temple, l’enfant prodigue (Lc 18 et 15). (La gloire et la croix. Nouvelle Alliance, p. 114-115).

29. La foi

La foi renonce à sa propre mesure de la vérité et à son jugement propre, et laisse être vrai ce qui est vrai pour Dieu. (Article paru dans Vie consacrée, 1971, p. 13).

30. L’Ecriture

Pour comprendre Jésus, il faut admettre l’unité de l’ancienne et de la nouvelle Alliance. (La gloire et la croix, I, p. 526).

31. L’enfer

Nous ne pouvons pas savoir s’il existe des hommes qui se trouvent à tout jamais hors de la communion de Dieu. Dieu se réserve ce jugement. (Nouveaux points de repère, p. 17).

32.La croix

La croix seule démontre que Dieu est amour (1 Jn 4,8.16). (Dramatique, IV, p. 307).

33. Naissance

« C’est d’abord la merveille qui se produit à toute naissance. D’un être il s’en est fait deux. Le cri d’étonnement d’Eve se répète chaque fois : J’ai reçu de Dieu un homme (Gen 4,1).

Toute mère rend grâce quand elle tient pour la première fois son enfant dans ses bras, car elle a conscience de ne pas l’avoir produit par ses propres forces physiques et morales : il est un don.

Et sans doute une part de sa reconnaissance va à son mari; mais celui-ci aussi s’étonne : il a, à ce tout, encore moins contribué que la femme…

Dans chaque nouvel homme brille quelque chose du caractère unique de Dieu. Dieu lui-même était en jeu dans cette union des parents. Génération et conception ont une profondeur qui s’étend jusqu’à sa vie éternelle ». (Triple couronne, p. 31).

34. L’Ascension

La résurrection et l’ascension sont substantiellement identiques. Au Mont des oliviers, les disciples sont témoins de la disparition de Jésus quittant la terre et allant vers le Père, mais seule la disparition est encore vue. (Le mystère pascal, p. 247).

35. La souffrance

« De même que Dieu a tant aimé le monde qu’il a livré pour lui son Fils unique, de même celui qui est aimé de Dieu ne voudra se sauver qu’avec ses frères créés et ne refusera pas la part qui lui est mesurée de souffrance expiatrice en faveur de tous ». (L’amour seul est digne de foi, p. 124).

36. Le refus de Dieu

L’homme ne peut pas ne pas éprouver le désir d’échapper au fini et à la mort… et il ne cesse de s’enfermer dans la surdité à la Parole et le refus de Dieu. (D’après J. Doré dans Recherches de Science Religieuse 1995, p. 90).

37. Les saints

« Ce ne sont pas des manuels arides, même s’ils sont pleins de vérités indubitables, qui peuvent exprimer pour le monde la vérité de l’Evangile et le rendre plausible, c’est l’existence des saints qui ont été saisis par le Saint Esprit du Christ. Le Christ n’a pas prévu d’autre apologétique (Jn 13,35). (La gloire et la croix, I, p. 418).

38. Le Père

Il faut à tout prix éviter de dire que le Père a voulu que les hommes crucifient le Fils. Ici règne un mystère, nous n’y avons aucun accès, nous comprenons seulement dans la foi que ce mystère caché en Dieu doit être un mystère d’amour. (Dramatique, IV, p. 229).

39. Parler

Parler signifie pour l’homme manifester librement son intimité personnelle à autrui par le signe sensible des sons. (La foi du Christ, p. 153).

40. La théologie

La théologie, c’est l’Eglise aimante qui cherche à comprendre ce qui lui est donné. (La gloire et la croix. Nouvelle Alliance, p. 90).

41. Foi et mystique

« La prière mystique n’est que la conscience devenue expérimentale des … mystères de foi, que l’orant ordinaire vit dans l’obscurité de la foi ». (La prière contemplative, p. 97).

42. Le monde

« La Parole du Père s’est faite homme pour achever, en union avec son Eglise, l’édifice inachevable par en bas du monde et de l’histoire ». (Mein Werk, p. 81).

43. Le péché

Le premier péché a été… la volonté d’en savoir plus qu’il n’est permis… Le mal a choisi l’apparence de la vérité pour se déguiser et se cacher. (Phénoménologie de la vérité, p. 250).

44. L’Esprit Saint

L’Esprit Saint est ce qui, en Dieu, est le plus tendre, le plus vulnérable, le plus précieux : c’est à lui qu’il faut nous ouvrir, sans opposer de résistance, en abdiquant toute prétention, sans nous durcir, afin d’obtenir de lui l’initiation au mystère : Dieu est amour… Ne nous imaginons pas que nous le savons déjà par nous-mêmes. (Credo, p. 91-92).

45. Les stigmates

Ascension du Christ : il est monté au ciel « avec les stigmates de sa Passion ». (Dramatique, II,1, p. 158).

46. Les sacrifices

Balthasar cite Athénagore (un Père de l’Eglise du IIe siècle) : Dieu n’a pas besoin de nos sacrifices (comme ceux des païens ou des Juifs d’autrefois), il est essentiellement sans besoins. Il n’a besoin de rien en dehors de lui. Dieu se suffit à lui-même. « Cependant le sacrifice qui lui est le plus agréable, c’est que nous cherchions à le connaître ». (Dramatique, II,1, p. 116).

47. La croix

A combien d’entre nous n’arrive-t-il pas que subitement soit imposé un fardeau pour lequel on n’était pas prêt et que l’on est forcé de porter? Une maladie, un décès, pire : l’exil, l’expropriation, la famine, toutes plaies qui frappent aujourd’hui des millions d’hommes. Bon gré, mal gré, il faut traverser cette souffrance en la supportant car, on le sait bien, la révolte ne sert de rien. Alors c’est la résignation . On dit pauvrement son « oui » du mieux qu’on peut.

Et ainsi, sans le savoir, on aide Jésus à porter sa croix. Même le oui le plus faible à une souffrance imposée nous met sur sa route et se transforme en grâce sans que nous en prenions conscience, même lorsque nous voudrions fuir la souffrance de toutes nos forces, ce qui n’est pas interdit, à condition de ne pas se révolter contre ce qui s’impose, mais de l’accepter plutôt comme quelque chose qui est imposé par Dieu ». (Chemin de croix, p. 25).

48. Jésus Christ

« Ce que Dieu veut dire de lui-même, il le dit humainement avec plénitude et justesse » en Jésus Christ. (La foi du Christ, p. 176).

49. Le mensonge

La mort de Jésus : tous ceux qui ont une culpabilité dans le meurtre du Verbe de Dieu cherchent à échapper aux mailles du filet que Dieu leur tend : Judas, en rendant l’argent du sang, les Juifs en alléguant une loi qui exigerait la mort de Jésus, et Pilate en se lavant les mains pour protester de son innocence.

Ainsi le péché capital de l’histoire du monde, dans tous ses détails, est lui aussi, comme toujours, … un effort pour se disculper, un mensonge. (Dramatique, III, p. 158).

50. Espérer pour tous

Le chrétien non seulement doit espérer le salut pour tous les hommes au point de désirer (comme saint Paul) être séparé du Christ afin de ramener ses propres frères à lui… de même que le Christ a quitté sa divinité et son Père pour lui ramener l’humanité. (D’après E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 320-321).

51. Le baptême de Jésus

A son baptême tout particulièrement l’Esprit Saint envahit Jésus, le sanctifie et le consacre pour sa mission dans le monde. Cette sanctification suprême lui confère la capacité totale de recevoir et de transmettre Dieu. Cela devra se poursuivre dans l’action des disciples. (D’après E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 174).

52. La croix

Comment Jésus pourrait-il exiger de ses disciples qu’ils le suivent sans conditions et même qu’ils portent chaque jour leur croix s’il ne savait pas que, le premier, il fera lui-même ce chemin? (Aux croyants incertains, p. 27).

53. La foi

A celui qui se ferme au mystère, se ferme aussi le mystère. (Dramatique, II, p. 309).

54. Aimer

« Se laisser vraiment aimer est plus difficile que d’aimer soi-même : il y faut aussi plus d’humilité ». (Grains de blé, p. 83).

55. Jésus

« Que Dieu ‘livre’ son Fils fait partie des affirmations les plus inouïes du Nouveau Testament. Ici s’est produit ce qu’Abraham n’a pas eu à accomplir en Isaac : le Christ fut, tout à fait volontairement, livré par le Père au destin de la mort ». (Le mystère pascal, p. 105).

56. La toute-puissance

« On dit que Dieu est la toute-puissance; mais la toute-puissance n’est pas aimée; et ainsi le Puissant est plus pauvre que tous. Seule la faiblesse est aimée ». (Le mystère pascal, p. 61).

57. Amour de soi

« L’amour de soi qui est une absence d’amour » (Le chrétien Bernanos, p. 118).

58. Notre mission

Notre mission terrestre… prend sa source au ciel…, elle constitue le noyau de notre personnalité devant Dieu, et elle ne disparaît pas avec notre vie sur terre. (Dramatique, IV, p. 377).

59. L’absence

« Le Christ partage en priorité précisément à ceux qu’il aime particulièrement son abandon de Dieu sur la croix… La mesure de la proximité intérieure est ici à la mesure de l’expérience de l’absence ». (Nouveaux points de repère, p. 190).

60. Amour

« L’amour exige une domination de soi-même; c’est pourquoi l’enfant déjà cherche un moyen d’obtenir le plaisir d’amour sans passer par cette domination, de conquérir le toi et le monde sans se donner de peine, ce qui est l’essence même de l’absence d’amour déguisée en amour, c’est-à-dire la concupiscence ». (De l’intégration, p. 62).

61. L’Eglise

L’Eglise veut toujours fuir tête baissée loin de la croix et se jeter dans l’activisme, dans le monde à transformer ou ailleurs; elle finit toujours par être rattrapée par la croix; heureusement pour elle, car elle se perdrait dans les alibis et dans les abstractions ». (Le complexe anti-romain, p. 371).

62. Se réaliser

L’obéissance à Dieu est si peu aliénante que ce n’est que grâce à elle que nous atteignons, en tant que sujets spirituels, notre personnalité qualifiée d’unique et que nous nous conformons à l’idée que Dieu, de toute éternité, s’était faite de nous… Accomplir sa mission, se mettre entièrement à sa disposition veut dire se réaliser soi-même. (Nouveaux points de repère, p. 308-309).

63. Marie

Marie, l’Immaculée : elle ne sait pas qu’elle est préservée du péché. (Marie pour aujourd’hui, p. 75).

64. Amour

D’après Grégoire de Nysse : Transparence de l’amour : pénètre dans l’âme de chacun et laisse chacun pénétrer dans ton âme. (Présence et pensée, p. 94).

65. La relation à Dieu

« L’abandon total du Christ à la volonté de son Père reste le modèle de toute véritable relation à Dieu ». (La gloire et la croix, IV,2, p. 132).

66. Voir Dieu

« Nous, qui n’avons pas encore vu Dieu, nous vivons pourtant de lui parce qu’il nous voit et nous avons l’espérance de le voir un jour comme il nous voit ». (Dramatique, IV, p. 98-99).

67. Le pécheur

« Le Christ se substitue au pécheur sur la croix ». (Théologie des Exercices, p. 193).

68. L’aveugle

« Comme un aveugle sent le soleil sans le voir, ainsi en est-il entre l’âme et Dieu ». (Grains de blé, II, p. 106).

69. Eucharistie

« L’eucharistie s’empare du coeur, centre vital, pour que ce ne soit pas moi qui vis mais le Christ en moi ». (Qui est chrétien?, p. 103).

70. L’Eglise

Depuis des siècles, la théologie parle d’un baptême de désir que reçoit celui qui, conformément à ses lumières limitées, s’engage de son mieux pour le bien de ses semblables et du monde entier : il est alors enveloppé et soutenu par la grâce de Dieu, et celle-ci en fait un membre invisible de l’Eglise visible.

La grâce communiquée au monde par Jésus Christ doit déborder les frontières de l’Eglise. Car ce n’est pas l’Eglise que Dieu a voulu libérer, mais le monde. (L’engagement de Dieu, p. 6).

71. Rencontres

« Des rencontres absolument imprévues ont pour effet que des êtres se complètent mutuellement ». (Phénoménologie de la vérité, p. 171).

72. La vérité

Celui qui doit attester à l’extérieur la vérité de l’Evangile ne le peut que s’il reçoit à l’intérieur le témoignage permanent de l’Esprit Saint. (La prière contemplative, p. 85).

73. Naissance du Nouveau Testament

L’Eglise… a, comme sans le vouloir, produit en elle les écrits du Nouveau Testament. Ceux-ci sont l’expression spontanée de son expérience de l’irruption de l’Amour absolu. (La gloire et la croix. III, 2, Nouvelle Alliance, p. 88).

74. Substitution

Si la lumière est refusée à un chrétien, c’est afin qu’elle puisse mieux rayonner de lui… Il y a des saints qui distribuent à tout le monde la joie dont ils sont vides… Un saint dévoré d’angoisse peur rester faiseur de calme, de certitude, de paix. (Le chrétien Bernanos, p. 444).

75. Voir Dieu

« Voir Dieu n’est pas autre chose qu’être ‘ravi’ en lui, être introduit en sa présence et transformé à ce contact… Mais Dieu ne se montre à personne qu’il ne lui confie une mission ». (Dramatique, II, 1, p. 26).

76. Révélation de Dieu

« L’amour de Dieu Trinité demeure éternellement plus grand et plus incompréhensible que tout ce que nous pouvons concevoir. Qui donc peut prétendre avoir compris comment la déréliction du Crucifié avec son cri : ‘Pourquoi m’as-tu abandonné?’, avec son cri demeuré sans réponse, peut être précisément la révélation suprême de l’amour de Dieu Trinité? Mais c’est justement dans ces ténèbres qu’il devient lisible ». (L’Apocalypse, p. 88).

77. L’énigme de l’existence

« Ce qu’atteste la foi chrétienne n’est pas directement vérifiable en ce monde; mais ce qu’elle propose est censée contenir la solution à l’énigme angoissante de l’existence. Ce qui est attesté, c’est que l’homme Jésus, le crucifié, est vivant, qu’il a réussi à percer la frontière de la mort et de la fatalité. Et ceci d’abord non pour lui-même, mais pour nous ». (Les grands textes sur le Christ, p . 267).

78. La force de la foi

La force de la foi est telle qu’elle peut se mesurer avec toute pensée et la ramener au centre. (Dans E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 176).

79. Le monde

« Le monde a un sens éternel établi par Dieu. L’homme s’insère dans ce sens par la foi, la prière et l’obéissance ». (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 126).

80. Les statistiques

« Les statistiques n’ont jamais rien prouvé dans le domaine de la foi chrétienne; elles indiquent tout au plus que les hommes qui croient sincèrement, qui prennent leur foi au sérieux dans toute leur vie, ne constituent qu’un ‘petit troupeau’ (qui ne doit pourtant pas s’abandonner à la crainte), qu’ils sont en tout cas bien moins nombreux que ne le laisserait croire un décompte des gens qui fréquentent l’Eglise ». (Points de repère, p. 177).

81. La marche du monde

Citant Teilhard de Chardin : « Le Christ guide par le dedans la marche universelle du monde ». (Dramatique, IV, p. 143).

82. Prophétie

« Prophétie ne signifie pas prédire l’avenir, mais savoir dans l’instant ce qui est juste aux yeux de Dieu; pouvoir, de la part de Dieu, assigner leur place aux choses, aux hommes, aux événements et aux constellations… » (La gloire et la croix, II, 2, p. 297, à propos de Péguy).

83. La semence

« Au début, l’Evangile ne dit pas que la Parole de Dieu semée dans le monde, c’est Jésus Christ lui-même; qu’il est justement le grain qui meurt pour le monde, qui tombe en terre et porte beaucoup de fruit ». (De l’intégration, p. 151).

84. Prière de préparation à la méditation

Sans vouloir anticiper quoi que ce soit, aller vers la volonté de Dieu qui, ici et maintenant, dans cette méditation, veut me faire un don précis. « Je voudrais de toi, ce que toi, tu as l’intention de me donner ». (Une théologie des Exercices spirituels, p. 90-92).

85. Le Ressuscité

Quand le Christ ressuscité se manifeste aux siens, ils sont subjugués. Non seulement les disciples ont conscience d’être reconnus, mais transpercés par celui qu’ils rencontrent. Bien plus, ils sentent qu’il les connaît et les comprend dans leur originalité propre bien mieux qu’ils ne se connaissent et se comprennent eux-mêmes.

Par suite de la mort de Jésus, sa cause n’a plus aucun avenir. La foi des disciples est morte; même le message des femmes le matin de Pâques ne peut pas la réveiller (Lc 24,11).

Seul peut la réveiller le Ressuscité lui-même qui, avec sa personne, leur rend le Dieu vivant. Pour les onze, comme pour Marie de Magdala au tombeau, il doit se produire quelque chose de semblable à ce qui est arrivé à Paul devant Damas : une chute à terre tout au moins au plan spirituel (Ac 9,4). (Le mystère pascal, p. 216).

86. Dialogue

Le dialogue entre Dieu et son monde est un drame aux actes innombrables dans lequel Dieu lui-même s’engage, ce que prouve la croix.

Dieu finit par prendre tout le fardeau sur lui en permettant à son Fils bien-aimé de s’anéantir jusqu’à la mort au poteau d’infamie.

Celui qui imaginerait pour Dieu une béatitude sans souci au-dessus du monde passerait à côté des plus profonds abîmes de la vérité.

Dieu se fatigue et se donne de la peine pour moi. Il se comporte comme quelqu’un qui fait un travail pénible.

Et nous : offrir toute notre personne à la peine que Dieu se donne pour le monde. (Une théologie des Exercices spirituels, p. 219).

87. Dieu

« Celui qui n’éprouverait pas jusqu’aux racines de son être le frisson devant l’être de Dieu… ne serait pas préparé à la contemplation de Jésus Christ. Il devrait du moins se faire initier à ce mystère par l’Ancien Testament ». (La prière contemplative, p. 167).

88. L’écoute

Créatures, notre acte premier et insurpassable est l’écoute de la parole qui nous est adressée. Elle contient notre mission et par suite notre être vrai. Notre être vrai : placer notre existence dans le dessein d’amour que Dieu a sur le monde et qui s’est réalisé dans le Christ. (Nouveaux points de repère, p. 119).

89. La liberté

Voilà ce qui fut le plus divin en Dieu : Dieu possède une liberté si souveraine qu’il put se quitter lui-même. Se donner. Par liberté, se dépouiller de la liberté; par amour, n’être plus libre, n’être plus maître de soi-même. (Le coeur du monde, p. 194).

90. L’amour

« Tout amour est vulnérable et sans défense ». (Dramatique, IV, p. 242).

91. Mariage

Le face à face entre l’homme et la femme est le fondement du face à face de Dieu et de l’humanité. (La gloire et la croix, III,2, p. 420).

92. La mission

L’ancienne Alliance et plus encore la nouvelle ne restent pas enfermées en elles-mêmes; elles sont ouvertes à tous les peuples de manière missionnaire. (L’Esprit de vérité, p. 14-15).

93. Les religions

« Dieu s’est fait homme » : voilà bien l’affirmation centrale du message chrétien… Cette assertion sépare radicalement le christianisme de toutes les autres croyances et conceptions du monde… Et voilà que ce quelqu’un se montre terriblement exclusif : « Nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11,27) … Toutes les autres religions du monde, tous les autres systèmes de pensée de l’humanité sont des « approches tâtonnantes du mystère de l’existence du monde ». (Points de repère, p. 41-43).

94. Le poids du péché

Jésus a la conscience  manifeste d’être la révélation finale de Dieu…

Et sa mission, il la comprenait comme devant abolir toute l’aliénation du monde à l’égard de Dieu, c’est-à-dire dans le langage de Paul et de Jean : vaincre le péché du monde. Sa mission englobe le monde.

Et pour vaincre le péché du monde, il va en porter tout le poids et toute la malédiction, il sera mis à la place du péché sur la croix, il sert de rançon, son sang est versé pour tous, il est immolé comme l’agneau pascal pour protéger les autres, il est victime pour le péché des autres, il est le Serviteur de Dieu d’Isaïe 53 que Dieu a livré pour tous, il s’est livré lui-même pour nos péchés (Ga 1,4), sa mort nous rachète de l’esclavage du péché (Ga 3,13; 4,3) du fait qu’il est entré lui-même à notre place dans l’esclavage; son obéissance détruit la désobéissance d’Adam (Ro 5,18 s). (Dramatique, II, 2, p. 88-91).

95. Parler de Dieu

Nous ne sommes pas plus capables de parler et de disposer de l’Eglise que nous ne le sommes de parler et de disposer de Dieu. (Le complexe anti-romain, p. 23).

96. Lavage de cerveau

Le purgatoire : il faut que « le feu de l’amour divin détruise en nous ce qui est incompatible avec lui »… Découvrir peut-être alors la vanité et l’absurdité de sa vie, et prendre place honteusement parmi les analphabètes pour apprendre le B, A, BA du véritable amour…

Une sorte de lavage de cerveau pour pécheurs lui est nécessaire pour pouvoir saisir ce qu’est l’amour de Dieu. Accepter enfin de voir la vérité du péché et la vérité de la grâce : le Fils de Dieu crucifié pour toi.

La conversion est toujours un processus douloureux et solitaire. Personne ne peut le faire à ma place : je dois apprendre à aimer ce que je refusais jusque là et renoncer à ce qui m’était cher jusque là. (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 50).

97. Les yeux de la foi

A propos de Pascal. « Le Christ aussi demeure un mystère insondable sans son Esprit Saint qui nous donne les ‘yeux de la foi’ pour voir, véritablement, dans l’amour, ce qui est ». (La gloire et la croix, II, 2, p. 122).

98. L’Eglise des pécheurs

Le corps de l’Eglise « est évidemment composé de pécheurs, c’est-à-dire de gens qui n’aiment pas, ou du moins pas totalement, et il y aura donc jusqu’à la fin des temps des raisons de le critiquer.

Mais celui qui critique sans donner l’exemple d’un plus grand amour ressemble à un homme qui se gratte d’autant plus furieusement que ses démangeaisons sont plus vives et qui finira par provoquer des inflammations plus graves…

Les grands saints ont réformé l’Eglise, mais ils l’ont fait de façon constructive ». (Points de repère, p. 217-218).

99. La solidarité de l’expérience

Dans l’Ancien Testament et dans l’Eglise, l’expérience faite par un seul peut être considérée par les autres comme leur appartenant : ainsi en Moïse, tout le peuple était dans la nuée; en Samson, en Gédéon, en Samuel, tout le peuple est confirmé dans sa foi; en Job et dans le Serviteur souffrant, tout le peuple reconnaît sa souffrance; d’une certaine manière, c’est pour chacun comme s’il était, dans la meilleure partie de lui-même, Job ou le Serviteur souffrant ou le chantre de tel ou tel psaume qui exprime sa propre foi.

Depuis que Marie a posé la base de l’Eglise, cette solidarité de l’expérience est devenue encore beaucoup plus étroite : il est maintenant presque indifférent de savoir à qui est accordé une expérience… Celui qui en bénéficie est certes un élu, mais il appartient par là même beaucoup plus intimement à la communauté et à chaque croyant.

Dépouiller et exploiter les saints est dans l’ Eglise catholique une pratique courante. Cependant ce communisme mystique dépend du fait que des individus reçoivent d’abord des choses qui demeurent cachées aux autres. (La gloire et la croix, I, p. 289).

100. Le chemin de Damas

Saint Paul revient du chemin de Damas chargé d’un trésor que, malgré tous ses efforts spirituels, il ne pourra jamais, sa vie entière, achever de monnayer, et auquel par conséquent il renvoie toujours.

Il est chargé… du grand mystère qui en ces derniers temps a été foncièrement manifesté et est devenu un trésor auquel chaque croyant… a le droit de participer. (La prière contemplative, p. 269).

101. Gethsémani

Le soleil de l’amour a disparu derrière les nuées… Le Fils a laissé pénétrer en lui l’énorme ténèbre du péché, il est comme dépouillé de sa force, il s’est ‘vidé’ pour porter l’insupportable fardeau dans la faiblesse. (Triple couronne, p. 60).

102. Dieu caché

Quand l’au-delà se manifeste, il se livre sans s’abandonner; il se livre en se réservant. Jésus ressuscité est reconnu et d’autre part on ne réussit pas à le reconnaître. Il se rend présent en se communiquant lui-même et en se dérobant. Tantôt il se fait toucher et tantôt il se soustrait au contact. Il est là (avec son corps),  mais dans une altérité insaisissable, céleste.

C’est ici, dans les apparitions du Ressuscité, qu’il faut se rappeler le plus ce principe que Dieu se manifeste en restant le Dieu caché.  (Le mystère pascal, p. 245 et 252).

103. Eucharistie

« Je suis mort une fois, et qui se nourrit de ma mort vivra dans l’éternité, et je le ressusciterai au dernier jour, et chaque jour est le dernier ». (Le coeur du monde, p. 217).

104. L’enseignement de Dieu

Il est écrit dans les prophètes : ‘Ils seront tous enseignés par Dieu’ (Jr 31,33 s; Is 54,13; Jn 6,45), mais seuls les simples sont attentifs à cet enseignement. (Simplicité chrétienne, p. 30).

105. Le mystère caché

« Seigneur, si tu n’es pas ici, où te chercherai-je dans ton absence? Et si tu es partout, pourquoi ne vois-je pas ta présence? ». (Prière de saint Anselme).

Commentaire : « C’est une prière qui ne peut recevoir de réponse que dans la prière. Le mystère caché de Dieu est un respect divin plein d’amour pour la liberté de sa créature. Et celle-ci doit se mettre à l’école de l’Amour éternel pour… comprendre que son caractère caché n’est pas une dérobade mais au contraire un accompagnement de sa créature ». (Dramatique, II, 1, p. 239).

106. Athéisme

Si aujourd’hui certains estiment n’avoir que trop entendu parler de Jésus Christ et du christianisme, s’ils en sont saturés au point de ne plus pouvoir donner d’autre réponse que celle de l’athéisme, peut-être la cause en est-elle que notre parole n’était pas assez claire, ni assez désintéressée (les colonies!), ni assez simple, ni assez cohérente. Nous n’avons pas suffisamment mis en évidence notre être et notre qualité d’envoyés. Il nous faut recommencer par le début, nous efforçant d’être désormais  plus dignes de foi. (Catholique, p. 126).

107. La fidélité

La fidélité est la seule attitude qui « rend humain tout échange entre les hommes »… La fidélité engage la responsabilité : « Tu dois maintenant choisir de rester fidèle, contre ton propre avantage »… L’acte d’être fidèle est en chaque cas un risque. (Nouveaux points de repère, p. 65-69).

108. Les lointains

Le chrétien a un rôle à remplir vis-à-vis de tous ceux qui sont loin. (Cf. E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 193).

109. L’enfer

L’enfer n’est pas situé dans un lieu de l’univers; l’enfer, c’est le damné lui-même; là où il est, là est l’enfer. (Balthasar citant un auteur allemand : Dramatique, IV, p. 275).

110. Dieu se donne au monde

En Jésus, le Dieu trinitaire se donne au monde d’une manière insurpassable… Tout ce qui suivra dans la durée n’est plus que le déploiement prodigieux de cet événement final. (Dramatique, IV, p. 27-28).

111. La brise du soir

Dans la brise vespérale du paradis, Dieu converse avec Adam : invisible, mais sensible et pénétrant tout, comme le vent. En lui nous vivons, nous nous mouvons, nous sommes.  (Le chrétien et l’angoisse, p. 132).

112. Le silence devant Dieu

Dieu est honoré par le silence… parce que nous comprenons que nous ne sommes pas parvenus à le saisir. (Balthasar se référant à saint Thomas : Théologique, II, 117, n. 65).

113. Le sens du monde

Le sens du monde et de la vie, pour le chrétien, lui est donné par une révélation venue d’en haut.

L’humanité, pour une large part, refuse de se soumettre à cette prétention… Elle veut trouver elle-même son sens… Elle le fait par divers essais de philosophie et d’histoire (P.C. A moins que les gens vivent simplement comme des bêtes, sans réfléchir à leur existence et au sens de leur existence). (Dramatique, III, p. 63).

114. Le but de l’incarnation

Le but de l’incarnation était de nous ouvrir et  de nous confier l’être et la vie intimes de Dieu. (La prière contemplative, p. 188).

115. Vulnérabilité de Jésus

Le paradoxe de Jésus apparaît quand il affirme son autorité absolue dans la pauvreté absolue et par conséquent dans la vulnérabilité, dans le renoncement à toute puissance terrestre et à tout bien terrestre. (La gloire et la croix. Nouvelle Alliance, p. 114).

116. Vie de Jésus

Condensation croissante. Trente années cachées. Trois ans de vie publique. Trois jours qui récapitulent et décident tout. (Dramatique, III, p. 463).

117.  Expiation

« L’Eglise expie aujourd’hui sévèrement certaines fautes qu’elle a commises au cours de sa longue histoire » (à propos de mariologie et de culte marial). (Points de repère, p. 77).

118. L’absolu et le relatif

La foi de l’Eglise a tout à la fois quelque chose d’absolu et quelque chose de relatif.

Absolu : parce que l’Eglise est liée au Seigneur et qu’elle veut lui être fidèle.

Relatif : parce que le Seigneur n’est pas enchaîné aux formes conférées à son Eglise (le ministère et les sacrements), mais dispose de voies souveraines, inconnues de l’Eglise, pour mener d’autres êtres à la même fidélité à son égard. (Simplicité chrétienne, p. 75).

119. La solitude de Jésus

Au milieu des hommes, Jésus vit dans une solitude qui n’est comparable à aucune autre. Sa parole est admirée, mais elle ne porte pas… Se peut-il que, dans ses prières au Père, il ait demandé le succès pour ses paroles et ses actes?… Lui-même est une parole toute gonflée de l’Esprit Saint, semblable à une mère qui regorge de lait : ‘Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive… Des fleuves d’eau vive…’ (Jn 7,38). (Théologique, II, p. 264).

120. Tuer le temps

La mort est le signe de la puissance divine sur l’existence finie.

L’homme sur cette terre reste un lutteur, contre des puissances qu’il arrive à vaincre jusqu’à un certain point, mais qui auront éternellement le dessus. Les virus et les microbes qui résistent à la longue aux nouveaux médicaments démontrent cette vérité avec ironie…

Quand les machines auront déchargé l’homme de tout travail, il ne saura plus avec quel loisir se débarrasser de l’ennui, il ne saura plus comment tuer le temps. (Dieu et la souffrance, p.  24-25).

121. Les saints dans l’Eglise

La méconnaissance des prophètes par Israël est une figure de la méconnaissance des saints par les pécheurs. (La gloire et la croix, II, 2, p. 291).

122. Le nom caché de Dieu

Le nom caché de Dieu, ce nom resté toujours secret, est : Amour. Et Jésus révèle ce nom en se faisant obéissant à l’Autre, au Père, jusqu’à la mort sur la croix.

C’est par amour que le Père donne ce qu’il a de plus précieux, son Fils, qu’il le livre pour nous.

C’est par amour que le Fils affronte les ténèbres extérieures du monde, de la mort et de l’enfer pour se charger de la faute de tous ses frères humains.

Et cet amour est donné à nos coeurs comme un fruit : le Saint Esprit d’amour de Dieu. (Points de repère, p. 37-38).

123. Le trésor

L’être humain ne commence à exister que lorsqu’il a de la valeur aux yeux des autres. Quand un enfant apprend de sa mère qu’il est son ‘trésor’, s’éveillent en lui la conscience de sa dignité  et celle de son caractère unique.

Quand Dieu dit à un sujet spirituel qui il est pour lui, à quelle fin il existe, à quelle mission il le destine, alors ce sujet spirituel devient vraiment lui-même. C’est ce qui est arrivé à Jésus quand le Père lui a dit : ‘Tu es mon Fils bien-aimé’.

On devient vraiment une personne quand on a du prix pour les autres. Et quand c’est pour Dieu qu’on a du prix, en venant à Dieu, l’homme vient pour la première fois vraiment à lui-même. Tenu par Dieu, l’homme devient vraiment personnel. La vérité de la nature humaine est la nature divine. (Dramatique, II, 2, p. 164-165).

124. L’homme et la femme

L’homme et la femme sont tous deux, l’un pour l’autre, un moyen de parvenir à Dieu.

Il y a un dépassement de l’homme et de la femme, non seulement vers l’enfant, mais essentiellement vers Dieu. (Dramatique, IV, p. 431).

125. Le péché originel

« Le dogme le plus obscur, le plus incroyable, dont personne n’aurait eu l’idée sans révélation – pour ne rien dire de l’incarnation ». (La gloire et la croix, II, 2, p. 106).

126. La croix

C’est sur la croix que le Fils achève la révélation de Dieu. (Jésus nous connaît-il?, p. 83).

127. La mort

« C’est à cause de la mort que Dieu a pris sur lui de naître ». (Grégoire de Nysse cité dans Dramatique, IV, p. 294).

128. Le sourire d’une mère

L’amour de Dieu, qui est grâce, contient nécessairement en soi les conditions de sa connaissance et par conséquent les apporte et les communique.

Quand la mère, pendant des jours et des semaines, a souri à son enfant, elle reçoit un jour de lui pour la première fois la réponse d’un sourire. Elle a éveillé l’amour dans le coeur de l’enfant et, en s’éveillant à l’amour, l’enfant s’éveille aussi à la connaissance… Aucun enfant ne s’éveille à l’amour sans être aimé…

Aucun coeur d’homme ne commence à comprendre Dieu sans la libre offrande de sa grâce dans l’image de son Fils. (L’amour seul est digne de foi, p. 94-95).

129. Dieu caché

Dieu se cache ordinairement et se découvre rarement… Il est demeuré caché sous le voile de la nature qui nous le couvre jusqu’à l’incarnation; et quand il est paru, il s’est encore plus caché en se couvrant de l’humanité… Et enfin il s’est caché dans le plus étrange et le plus obscur secret de tous, l’eucharistie, le dernier secret où il peut être…

« Dieu, qui est la valeur suprême, veut qu’on le cherche; cela seul est digne de lui ».

Il faut donc qu’il y ait assez de lumière pour que l’obscurité de la vraie religion puisse être vue… et assez d’ombre pour que sa révélation soit toujours contestée, et que la rencontre entre Dieu et l’homme s’accomplisse dans la liberté du coeur et sans contrainte logique exercée sur l’intelligence.

« Je suis en colère contre ceux qui veulent absolument que l’on croie la vérité lorsqu’ils la démontrent, ce que Jésus Christ n’a pas fait en son humanité créée ». (Pascal et HUvB, dans La gloire et la croix, II,2, p. 110-111).

130. La faute

L’Eglise s’est emparée des chants de louange d’Israël, mais elle était prête aussi à prier avec Israël les psaumes de pénitence, de jugement et de confession, c’est-à-dire à se savoir et à se sentir avec Israël dans la faute et l’échec. (Les grands textes sur le Christ, p. 142).

131. Contre son gré

L’homme n’est pas emporté dans la vraie vie contre son gré ou sans qu’il le veuille. Il doit se comporter comme quelqu’un qui comprend de quoi il s’agit et qui le veut. (La prière contemplative, p. 70).

132. La cuirasse

Chacun de nous est enfermé dans une cuirasse à laquelle l’habitude nous rend bientôt insensibles. A certains instants seulement cette cuirasse devient perméable et l’âme se trouve en état de réceptivité. (M. Buber, cité dans Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 300-301).

133. Le Dieu vivant

« Nous ne pouvons jamais atteindre le Dieu vivant autrement que par son Fils incarné ». (La gloire et la croix, I, p. 103).

134. Un processus

Ce qui, de l’extérieur, apparaît comme un obstacle tragique à l’épanouissement personnel peut être, dans l’invisible, un processus caché de purification. (Dramatique, II, 1, p. 31).

135. La visite de l’Esprit

« C’est à Marie, comme semence de l’Eglise, que le Fils, sans aucun doute, est apparu en premier », écrit saint Ignace. C’est elle qui, visitée avant tous par l’Esprit, a conçu le corps du Verbe.

Groupée autour d’elle, l’Eglise prie pour qu’il lui arrive ce qui est arrivée en Marie la première. Et Marie elle-même prie de nouveau pour cela : elle prie comme étant l’Eglise, comme centre de la communauté des saints, pour que l’incarnation du Verbe, parachevée dans la croix et la résurrection, se communique à la communauté tout entière. (Triple couronne, p. 96).

136. La source jaillissante

Les Pères de l’Eglise se servaient du terme ‘théologien’ pour désigner ceux qui, remplis de l’Esprit Saint, surent parler dignement de l’Amour. Marie et Jean l’apôtre étaient les théologiens par excellence, mais il arrivait aussi qu’on désignât ainsi tous ceux qui le matin de Pâques furent inondés par l’Esprit. Il s’ensuit que le plus humble chrétien peut être théologien s’il se laisse diriger par l’Esprit du Christ. En buvant cette eau divine, il peut devenir une source jaillissante de vie éternelle. (La foi chrétienne est une, p. 13).

137. La promesse

Dans l’Ancien Testament, la Parole de Dieu, même déjà venue dans le monde, « reste essentiellement une parole de promesse ». (L’amour seul est digne de foi, p. 71).

138. L’abîme

Le Christ est entré « dans l’abîme sans issue de l’existence humaine ». Le chemin de l’incarnation, mission qu’il a reçue du Père, ne s’arrête pas tant que le Christ n’a pas éprouvé et enduré dans l’obéissance toute l’aversion de Dieu, toute la culpabilité et la souffrance de l’homme… Le Père a demandé au Fils de donner cette preuve en acte de l’amour divin pour le monde. (Dramatique, II, 1, p. 70-71).

139. Le sourire

Le Christ, révélateur du Père. En lui, tout l’humain est « l’expression durable de la vie éternelle. Chaque mot, chaque regard, chaque sourire du Sauveur est la manifestation de la vie éternelle. Mais dans une mesure égale, chaque souffrance, chaque obscurité, chaque abandon de Dieu, chaque descente aux enfers : tout cela fait connaître Dieu ». (Théologie de l’histoire, p. 193).

140. Le souci

La création et l’alliance demeurent pour Dieu son constant souci; il est ému et touché par les événements terrestres, il est concerné et même affecté par la conduite de l’homme, il en éprouve de la joie ou de la tristesse, il agrée l’hommage de l’homme ou s’irrite contre l’offense, il partage son amour ou il se retire dans un mouvement de colère. La divinité n’est pas impassible. Il y a une tension chez Dieu entre la volonté d’aimer et l’obligation de punir… Tristesse irritée devant le refus et l’endurcissement de ceux qu’il appelle. (En s’inspirant de Heschel : Dramatique, III, p. 319-320).

141. Le plus simple

« Dans la prière, le plus simple est toujours le meilleur ». (A propos de mon oeuvre, p. 107).

142. Le penchant

L’homme créé est doté d’un penchant élémentaire à se mettre en route vers l’Absolu (Cf. Ac 16,26 s.) pour que Dieu, quand il se met de son côté en route vers l’homme, ne rencontre pas un indifférent mais un être capable d’accueillir sa grâce. (Nouveaux points de repère, p. 109).

143. L’impuissance

Dieu est Sagesse, Vérité, Puissance, même si pour vaincre toute résistance humaine, il feint l’impuissance et, pour confondre la sagesse humaine, il fait mine d’être insensé. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 230).

144. La dignité

L’action de Dieu envers l’homme n’est digne de foi que si elle exprime un amour. La foi : percevoir et accueillir l’amour souverainement libre de Dieu manifestant sa gloire. (L’amour seul est digne de foi, p. 8-10).

145. Le ciel

La terre appartient au ciel, et le ciel du Dieu Trinité possède assez d’espace pour y faire entrer la terre et tous ses habitants, sans qu’ils y perdent leur identité. (Dramatique,  IV, p. 88).

146. Les mythes

Tous les mythes, tous les projets religieux du monde, tout ce qui peut exister de révélation authentique de Dieu dans le monde, converge vers le centre qui est l’incarnation. Le Christ est la mesure de toute révélation, et il se soumet toutes les autres formes de révélation pour en prendre possession. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 240).

147. Le chemin

« Acheminer l’homme d’aujourd’hui vers ce qu’il y a de plus vivant en Dieu, dans le Christ et dans l’Eglise ». (A propos de mon oeuvre, p. 12).

148. La résurrection

La résurrection n’est en aucune manière un processus naturel… Et il est vrai pourtant de dire que l’homme existe en vue de la résurrection. Or le premier-né de la résurrection, celui qui la rend possible pour tous, c’est le Christ. En un mot, sa résurrection n’est pas un acte qui le concerne seul, mais le pivot et le centre de toute la doctrine chrétienne. (Dramatique, IV, p. 343).

149. Enfantement

Mettre un enfant au monde, c’est pour la femme un dur travail et des douleurs. Où dans le monde y a-t-il réelle fécondité sans douleur? Le grain de blé doit mourir pour porter beaucoup de fruit. Aucun grande oeuvre d’art ne voit le jour sans que l’artiste ne vive cent fois la mort. Tout adolescent, pour atteindre sa maturité, doit passer par une solitude qui lui reste incompréhensible. Personne ne trouve vraiment Dieu sans déceptions et larmes. (Dieu et la souffrance, p. 20-21).

150. Le sable

Jésus n’a rien écrit, sauf une fois sur le sable (Jn 8,6-8). Il est une Parole livrée au monde par le Père. Un texte écrit ne fera jamais qu’indiquer la piste pour le découvrir. Et il appartiendra à la puissance de l’Esprit de faire que cette Parole ressuscite toujours à partir des lettres mortes. (Théologique, II, p. 271).

151. Le surhomme

Jésus n’était pas un surhomme capable de voir la totalité du temps. De par l’incarnation, son horizon était rétréci à la mission à accomplir dans l’obéissance. (Les grands textes sur le Christ, p. 228-229).

152. Tu as raison

La foi, c’est : Mon Dieu, tu as raison dans tous les cas, même si je ne comprends pas.

L’espérance, c’est : En toi seul, mon Dieu, la durée de ma vie a un sens et c’est pourquoi je renonce à trouver mon assurance en moi-même.

L’amour, c’est : Toutes mes forces et tout mon coeur s’efforcent de te dire : Oui, mon Dieu… Et de dire oui à ceux que tu m’as assignés comme prochain. (Une théologie des Exercices spirituels, p. 85).

153. Apprendre

Saint Irénée assure que même dans le Royaume futur, Dieu aura toujours quelque chose à enseigner, et l’homme toujours quelque chose à apprendre de lui. (Dramatique, IV, p. 372).

154. Liberté de Dieu

Dieu est si libre qu’il peut aussi faire la volonté de sa créature (mérite, intercession, coopération) si la créature s’est laissée introduire dans les dispositions de Dieu. (La vérité est symphonique, p. 56).

155. L’espérance

« Le chrétien doit susciter l’espérance et d’abord chez ceux qui en manquent ». (Dramatique, IV, p. 156).

156. Le monde

L’Esprit appelle le monde à entrer dans l’Eglise et il appelle l’Eglise à se donner au monde. (HUvB d’après H. de Lubac, Paradoxe et mystère de l’Eglise, p. 182).

157. Marie

Il ne peut y avoir aucune piété ecclésiale qui s’arrête à Marie. Si elle est authentique, elle est immédiatement et nécessairement transmise par Marie à Jésus et par celui-ci au Père dans le Saint Esprit. Le culte adressée à une créature humaine n’est nullement à confondre avec l’adoration qui est rendue à Dieu seul. (Marie première Eglise, p. 113-119).

158. Le trésor

Même si la révélation du Christ est achevée avec la mort du dernier des apôtres, la révélation de l’Esprit ne l’est jamais. Et l’Esprit reste libre de jeter toujours de nouvelles lumières sur le trésor de la vérité. (L’Esprit de vérité, p. 191).

159. Des airs d’adultes

… en cette période de transition où des catholiques, pareils à des jeunes gens à peine sortis de l’adolescence, se donnent des airs d’adultes alors qu’ils le sont si peu… (Le complexe anti-romain, p. 42).

160. La vérité

Il y a bien plus de vérité dans le Christ que dans la foi de l’Eglise et bien plus de vérité dans la foi de l’Eglise que dans les dogmes explicitement formulés. (L’Esprit de vérité, p. 15).

161. Incompréhensible

La pensée chrétienne repose finalement sur un mystère incompréhensible : sur le fait que, dans le Christ, Dieu est entré personnellement dans l’histoire et a pris sur lui la faute et le destin de l’homme. (Romano Guardini, p. 50).

162. La fenêtre

La grâce suit des chemins cachés. « Quand on met la grâce à la porte, elle rentre par la fenêtre ». (Péguy dans La gloire et la croix, II, 2, p. 346).

163. Les vieilleries

« Personne ne niera que l’enseignement du dogme et du catéchisme chrétiens a besoin d’être débarrassé d’un certain nombre de vieilleries : bien au contraire, ses greniers sont remplis d’un tas d’acquisitions superflues qui prennent de la place et ne sont plus utiles à personne. Mais qui est à même de faire le tri? » De même pour la Bible… Prendre garde de jeter par-dessus bord des réalités appartenant à l’essentiel. (Points de repère, p. 19).

164. Le choix

Doctrine paradoxale constante de l’ancienne et de la nouvelle Alliance d’après laquelle Dieu choisit justement ce qui n’est rien pour réduire à rien ce qui est (1 Co 1,28). (Dramatique II, 2, p. 216).

165. Invérifiable

L’eucharistie procède d’une parole du Christ qui est invérifiable : c’est une de ces paroles du Christ qui expriment des réalités invisibles et doivent être crues de sa bouche au sens le plus strict parce que nous n’avons aucune possibilité de les contrôler. (La gloire et la croix, I, p. 167-168).

166. L’histoire

D’après la révélation chrétienne, l’histoire dans son ensemble aussi bien que celle de l’individu vient de Dieu et va vers Dieu. Le temps n’est pas purement cyclique comme le retour nécessaire des quatre saisons au long de l’année. L’histoire ne tourne pas en rond.

Le Fils est sorti du Père et il est venu dans le monde. Puis il dit: ‘Maintenant je quitte le monde et je vais au Père’ (Jn 16,28); et par là il entraîne le monde dans son orbite.

Mais nous retournons à notre origine, nous nous efforçons de retourner à Dieu non en retournant en arrière, en remontant au paradis – parce que la route est obstruée – mais en progressant vers le jugement, en avant. (De l’intégration, p. 120).

167. L’abus

« Tout ce qui est sacramentel est livré sans défense à l’abus qu’en font les hommes ». (La gloire et la croix. III, 2. La nouvelle Alliance, p. 132).

168. Grandir

« Toutes les fois qu’un homme décide de s’oublier lui-même, d’abandonner sa propre étroitesse, sa volonté, sa force, sa tendance à se fermer, à se révolter, là grandit mon Royaume… Mais les hommes ne se décident au renoncement qu’à contrecoeur, ils sont tout plutôt que livrés à ma grâce ». (Le coeur du monde, p. 197).

169. La marche

Toute la vie de Jésus est à concevoir comme une marche vers la croix. (Le mystère pascal, p. 82).

170. La porte

Jésus a reçu du Père une mission. L’histoire de l’humanité, qui se déroule dans le temps, se dirige en direction de l’éternité. En lui, Jésus Christ, le temps de notre histoire se dépasse lui-même pour rejoindre l’éternité.

Lui seul est la porte d’accès au Père, lui seul est entré une fois pour toutes dans le Saint des saints marqué par son sang. La fin de sa vie est l’accomplissement plénier de la volonté du Père dans le monde, l’avènement du Royaume.

La fin de la vie du Christ (sa mort, sa résurrection) : la fin du monde est là.

La marche du Fils vers le Père devance la course du monde et l’absorbe en elle : la course du monde se trouve concentrée dans celle du Christ qui la devance.

Le terme vers lequel la course du monde se dirige, la résurrection des morts, a déjà commencé de surgir en lui.

La mission du Fils a une extension universelle : il meurt pour rassembler dans l’unité tous les enfants de Dieu dispersés (Jn 11, 52). (La foi du Christ, p. 220-221).

171. L’essentiel

L’événement essentiel du mystère du Christ, c’est qu’il prend notre place dans la Passion. (Dramatique, I, p. 87).

172. Les ordres

En aucun cas, le Père ne se conçoit comme ‘donnant des ordres’ en raison de son être originaire, et réduisant le Fils et l’Esprit à n’être, pour ainsi dire, que des exécutants qui obéissent. (Théologique, II, p. 161).

173. Le trésor

Peut-être n’est-il pas de vérité plus consolante sur l’Eglise que l’existence en son sein d’une communauté, d’un communisme des saints. D’une part cela signifie qu’il existe une richesse toujours débordante où peuvent puiser tous les pauvres : on l’appelle aussi le trésor de l’Eglise.

Cela correspond exactement à la fécondité incalculable de ceux qui se livrent à Dieu pour le service de leurs frères, avec tout ce qu’ils sont et tout ce qu’ils ont. Des forces émanent d’eux, l’amour ne les épargne pas, mais les distribue sans pitié. Qui sait à qui je dois telle grâce dans ma vie? (Points de repère, p. 68-75).

174. Le centre

Le vrai centre du péché se situe dans le manque d’amour de Dieu et du prochain. Celui qui tient compte de ce centre, comment peut-il penser qu’il est sans péché – peut-être grave? (Aux croyants incertains, p. 135).

175. Substitution

Le terme qui caractérise l’existence de Jésus Christ de la façon la plus centrale est celui de substitution. La substitution, c’est ce qui se passe sur la croix : l’innocent meurt pour le pécheur et, en mourant, il peut l’emmener avec lui au paradis. L’échange se passe entre la sainteté du Christ et le péché de l’homme. « Donne-moi ton péché afin que je te donne ma sainteté », dit le Crucifié. (Article de la revue Communio, 13, 1, p. 22-23).

176. L’Inaccessible

Incarnation : l’Inaccessible se rend visible, non pour se rendre maître des hommes, mais pour les admettre dans son domaine… La foi, c’est quand on est saisi par Dieu dans le Christ. (Cordula, p. 44).

177. Comprendre

Ne pas comprendre et pourtant croire et dire oui est essentiel à la foi chrétienne. Le Fils lui-même sur la croix ne comprendra pas pourquoi le Père l’a abandonné. « Si tu comprends, ce n’est pas Dieu », disait saint Augustin. (Triple couronne, p. 49).

178. Le don

Il a béni, il a rompu et il a donné : parce qu’il a béni, il a rompu, et parce qu’il t’a rompu, il a pu te donner. (Grains de blé, II, p. 108).

179. Mûrir

L’expérience de la souffrance est indispensable à l’homme pour qu’il mûrisse intérieurement. (Avec saint Irénée, dans Dramatique, II, 1, p. 121).

180. La récolte

Il existe donc une orientation du monde vers Dieu. (Question d’une grande récolte à rassembler). Cela suppose, pour l’histoire terrestre, l’idée d’un mouvement vers un jour final où le temps des décisions libres se trouve dépassé et où la récolte est recueillie dans les ‘granges éternelles’. (Dramatique, IV, p. 377).

181. L’opacité

Mystère de la Providence. L’Eglise opaque. Elle devrait révéler le Dieu de Jésus Christ. Pour les non croyants, souvent elle le cache. Fait de l’Eglise et des hommes d’Eglise, notre fait à nous.

Qui d’entre nous n’obscurcit pas le visage de Dieu devant les non croyants et même devant nos frères chrétiens, par le scandale? (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 127-145).

182. L’homme

« C’est en allant vers Dieu que l’homme arrive vraiment à lui-même ». (Citant un auteur allemand dans Nouveaux points de repère, p. 160).

183. Impitoyable

(Dieu). Il est une personne vivante qui ramène sans cesse le peuple d’Israël sur le chemin que celui-ci refuse de parcourir et repousse instinctivement de tout son être, avec obstination et entêtement.

Cet Être mystérieux qui ne livre jamais son nom libère Israël de l’esclavage, l’entraîne à travers le désert, lui fait don de belles promesses. Même s’il se révolte contre lui, même s’il demeure caché, il y a une chose dont Israël est sûr, c’est qu’il existe : il agit, il parle, il guide, il promet et tient ses promesses.

Dieu a impitoyablement traîné son peuple vers son but, à travers toutes les difficultés, à travers les défaites, l’exil, la déréliction, jusqu’à ce qu’il atteigne la fin que Dieu avait poursuivi tout au long de son histoire : dévoiler, dans la discrétion la plus profonde, son visage que personne n’avait jamais vu; non pas le dévoiler, mais le rendre perceptible : comme l’Amour absolu.

« Personne n’a jamais contemplé Dieu, mais nous, nous avons contemplé et nous attestons que le Père a envoyé son Fils, le Sauveur du monde, parce qu’il nous aime (Cf. 1 Jn 4, 12.14). (Les grands textes sur le Christ, p. 94-95).

184. L’enfant

La parole divine d’amour (la puissance de l’amour de Dieu) se voile derrière une faiblesse qui accorde la primauté à l’aimé (le monde).  L’amour de Dieu pour cet enfant qu’est le monde éveille si bien l’amour dans le coeur de celui-ci que… (L’amour seul est digne de foi, p. 186).

185. La règle

Ceux qui sont mandatés officiellement dans l’Eglise de la part du Seigneur ont à se soumettre eux-mêmes, et à soumettre ceux qui leur sont confiés, à la règle de la croix à porter à la suite de Jésus. (Dramatique, II, 2, p. 286).

186. Etranger?

Un pécheur, peut-il faire autre chose que crucifier Dieu? Et cependant l’Être absolu ne peut être pour qui que ce soit une réalité étrangère puisque tout a été créé par lui et pour lui. (La gloire et la croix. Nouvelle Alliance, p. 338).

187. Les tigres

Ce n’est pas un troupeau de brebis que conduit le berger chrétien, mais une horde de taureaux et de tigres… L’Eglise est une dompteuse de lions… L’Eglise s’est penchée tour à tour à droite et à gauche pour tourner d’énormes obstacles… Il est facile d’être un fou, il est facile d’être un hérétique… Le difficile est de rester dans la bonne voie. Il est toujours facile d’être un moderniste, comme il est facile d’être un snob. (En lisant Chesterton, dans Catholique, p. 106-107).

188. Chercher

« Je ne peux pas te chercher si tu ne m’enseignes, ni te trouver si tu ne te montres ». (Saint Anselme cité dans Théologie et sainteté, dans Dieu vivant, n° 12, 1948, p. 30).

189. Les faux problèmes

L’exégèse authentique a délivré la dogmatique de beaucoup de faux problèmes pour la replacer devant son véritable objet. (Les grands textes sur le Christ, p. 229).

190. Les vieux

« Le plus obtus des observateurs sait parfaitement qu’un avare est vieux à vingt ans ». (Citant Bernanos, dans De l’intégration, p. 273).

191. La préparation

L’Ancien Testament représente une histoire préparatoire de la Parole de Dieu en vue de son incarnation. (Dramatique, III, p. 125).

192. Le don de prophétie

Le don de prophétie n’est rien d’autre que la capacité d’exprimer la foi chrétienne dans des paroles correctes et fécondes à l’intention des autres membres de l’Eglise (Ro 12, 6). (L’Esprit de vérité, p. 79).

193. Depuis longtemps

« Tu voudrais trouver Dieu… et Dieu te tient depuis longtemps dans sa main ». D’un seul acte il lance dans l’être la prodigieuse coulée de la création et détermine l’exacte distance à garder par la créature : « à savoir que tu dois l’aimer comme Celui qui t’est le plus proche et le révérer comme l’Être le plus élevé de tous ». (Le coeur du monde, p. 23).

194. L’humanité

L’idée de l’humanité (tout homme est mon frère) n’est pas concevable historiquement sans une sécularisation du commandement chrétien de l’amour.

Voir le sens positif ici du terme ‘sécularisation’, c’est-à-dire acceptation de la manière de penser chrétienne en dehors du domaine de l’Eglise, reconnaissance de l’exactitude de postulats chrétiens.

Que l’homme qui jeta ces idées dans l’humanité soit lui-même Dieu est peu manifeste. Mais ce qui est manifeste, c’est que ce qu’il a présenté comme une exigence (l’amour universel des hommes les uns pour les autres, affirmation d’une solidarité suprême) est la vérité. (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 158-159).

195. L’action

La Trinité : ce mystère n’est pas révélé sous forme de doctrine, mais d’action, « car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jn 3,16). (Retour au centre, p. 89).

196. Le cri

Le cri de Paul : « Je puis tout… » ne doit pas être compris comme une pieuse exagération, mais comme l’expression de sa participation, dans la foi, à la Toute-puissance de Dieu pour autant que celle-ci, selon le vouloir divin et la sagesse divine, daigne dans l’économie du salut se communiquer à la créature.

Elle suppose que l’homme entre dans les sentiments de Jésus Christ, dans son obéissance qui se tient ouvertement à la disposition du vouloir salvifique total du Père. (De l’intégration, p. 215).

197. L’idéal

La révélation que fait le Fils n’est pas un idéal humain, c’est la vie divine et éternelle. (Dramatique, IV, p. 226).

198. Les étapes

Nous ne pouvons pas reconstruire chacune des étapes par lesquelles les disciples passèrent du sentiment de l’origine supraterrestre de Jésus au discernement de sa véritable divinité. Mais ce passage s’est fait. (Aux croyants incertains, p. 43).

199. Les camarades

« Tous les camarades que j’avais à l’école primaire, qu’ils soient devenus des travailleurs manuels ou des travailleurs intellectuels, qu’ils soient devenus des paysans ou des ouvriers, qu’ils soient devenus ou non socialistes, ne se sont pas moins débarrassés que moi de leur catholicisme ». (Citant Péguy, dans La gloire et la croix, II,2, p. 283).

 

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