Abbaye

Les chemins de la foi. II

 

Hans Urs von Balthasar

 

Les chemins de la foi

Pensées d’un croyant

II

 

200. Les mains

« Après le Christ, les croyants peuvent adopter cette interprétation selon laquelle la mort n’est plus l’achèvement obligatoire de la loi naturelle, mais l’abandon total de soi entre les mains du Père ». (Epilogue, p. 78).

201. La compréhension

A la dernière Cène, le Verbe de Dieu parle ouvertement et non plus en paraboles (Jn 16,29), il se retient, pour ne pas faire éclater les possibilités de compréhension de ses disciples : ‘J’ai encore beaucoup de choses à vous dire mais vous ne pouvez pas les porter maintenant’ (Jn 16, 12). (De l’intégration, p. 212).

202. La place de chacun

Dans l’Eglise en permanence : personne ne peut prétendre à une certaine proximité vécue du Seigneur; c’est déjà beaucoup si quelqu’un reste à la distance assignée par le Seigneur, veille et prie, au lieu de dormir et de sombrer coupablement dans l’absence.

C’est le Seigneur qui détermine la place de chacun : pour ressusciter la fille de Jaïre il n’y a que Pierre, Jacques et Jean. De même ils ne seront que trois à la transfiguration pour contempler la figure supraterrestre de Jésus; ces trois aussi admis à être plus proches de lui au jardin des oliviers, alors qu’il lutte avec la volonté du Père.

Au jardin des oliviers, les places sont exactement assignées, et à des distances différentes : dans un lointain indéfini, le traître; puis huit qui reçoivent l’ordre :’Restez ici…’; les trois élus emmenés plus loin et laissés là :’Demeurez ici et veillez’. Lui-même va un peu plus loin. (La vérité est symphonique, p. 107).

203. Les martyrs

« Les martyrs étaient soutenus par le Christ, mais le Christ n’avait l’aide de personne, car tout secours et toute miséricorde procèdent de lui ». (Bernanos, cité dans Dramatique, I, p 336).

204. La prétention

Qui est pour moi Jésus Christ? Le seul homme de l’histoire du monde qui ait osé émettre une prétention comme seul Dieu l’a fait dans l’Ancien Testament, qu’on a considéré comme fou et possédé pour cette raison (Mc 3, 21 s.) et qu’on a crucifié.

Car à un sage sied la modestie; et d’un prophète on attend qu’il dise : « Parole du Seigneur », et non pas : « Mais moi je vous dis ».

Pourtant Dieu le Père a confirmé cette prétention en ressuscitant Jésus… Dieu est si vivant qu’il peut se permettre d’être mort. Aucune religion n’a osé penser et proclamer quelque chose de semblable sur Dieu, l’homme et le monde.

Pour cette raison, le christianisme demeure sans analogie… C’est de là que dépend pour nous la possibilité de considérer tout être comme digne d’être aimé. Le monde, tel qu’il est, ne nous aurait sans doute pas suggéré une telle idée. (Les grands textes sur le Christ, p. 152).

205. La communication

Toute vérité énoncée dans l’amour et accueillie dans l’amour est bien employée même si une foule de raisons semblent s’opposer à cet usage.

Une vérité peut être fort désagréable à dire ou à entendre, mais si elle est communiquée et reçue dans l’amour, rien ne pouvait arriver de meilleur que cette communication. (Phénoménologie de la vérité, p. 110).

206. Les saints

« Les saints constituent la réponse d’en haut aux problèmes d’en bas ». (Dans Bilan de la théologie au XXe siècle, II, p. 694).

207. Purification

Purgatoire : C’est la fin de ma prétention à en savoir plus et le commencement de mon abandon… On aboutit à une sorte d’impuissance, à l’adieu définitif à soi-même. Je ne souhaite plus qu’une chose : être délivré de moi. Et pour cela, je paierais n’importe quel prix.

Purgatoire : on y trouve d’une part un aspect de châtiment sous forme de honteuse mise à nu et de confusion… Je remarque que toute ma construction doit tomber en pièces… On me brusque. On m’inflige d’emblée ce qui est le plus pénible…

Mais il y a un consentement initial préalable à donner au traitement de Dieu. Un peu comme quelqu’un qui doit être opéré et qui donne son accord, mais une fois l’opération commencée, dès que le médecin entre en scène, personne ne s’inquiète plus de sa répugnance. (Dramatique, p. 334-335).

208. Le mystère

« Si comprehendis, non est Deus ». « Si tu crois avoir saisi le mystère, ce n’est pas Dieu ». Ce mot d’Augustin reste vrai pour l’éternité. (La vérité est symphonique, p. 110).

209. Le néant

C’est par la descente de Dieu jusqu’à la croix que se trouve dévoilé ce que sont en vérité le mal, le péché, la mort, le diable et l’enfer. C’est parce qu’il y a cette puissance étrangère que Dieu devient homme, qu’il va à la croix, qu’il se laisse lui-même, pour l’amour de sa créature, atteindre par le néant, lui qui seul peut le vaincre. (Karl Barth cité dans Dramatique, II, 2, p. 384).

210. La lumière

Je suis la lumière du monde, dit Dieu, et sans moi vous ne pouvez rien faire. Il n’y a aucune lumière, ni aucun Dieu en dehors de moi. Pourtant c’est vous qui êtes la lumière du monde, lumière empruntée mais non fausse lumière. Et, brûlant de ma flamme, vous devez incendier le monde de mon feu.

Allez au dehors jusque dans la nuit la plus épaisse, portez mon amour comme des agneaux au milieu des loups; portez mon message à ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Allez au loin, risquez-vous sans crainte hors de la bergerie bien gardée; jadis je vous ai ramenés au foyer alors que vous gisiez ensanglantés entre les épines, pauvres agneaux égarés, et je vous ai rapportés dans mes bras, moi le bon pasteur.

Mais à présent, le troupeau est dispersé, la porte de l’enclos est ouverte : c’est l’heure de la mission. Allez au loin, séparez-vous de moi, car je suis avec vous jusqu’à la fin du monde ». (Le coeur du monde, p. 28).

211. Imprudence

Par l’acte de création, Dieu pose en face de lui-même une authentique liberté créée qui le lie d’une certaine manière… Cette liberté créée peut s’opposer à la liberté divine sans autre cause qu’elle-même…La créature a la possibilité d’un refus de se reconnaître dépendante (Tout est dit en Gen 3)…

La création de libertés était une imprudence de Dieu; d’une part Dieu ne peut ni ne veut tolérer un refus; d’autre part, justement parce qu’il le subit, il accepte de le supporter… Axiome des Pères : Dieu ne mène jamais l’homme à ses fins en le forçant, mais par persuasion. (Dramatique, III, p. 304-307.

212. Meurtrier

Quiconque envisage la possibilité ne fût-ce que d’un seul réprouvé en dehors de lui-même, celui-là sera difficilement capable d’aimer sans réserve.

Je n’ai pas le droit de soustraire quiconque à la bonté universelle de Dieu. Il n’y en a qu’un surtout pour qui je dois trembler, c’est moi…

Il se pourrait que mon malheur éternel consiste précisément à n’avoir point moi-même la patience d’attendre jusqu’à l’infini la conversion d’autrui.

Et ce malheur ne serait-il point aussi de dire un jour ou l’autre : « Suis-le gardien de mon frère? » La bouche d’un chrétien peut-elle proférer ce mot meurtrier? Et quel homme n’est pas mon frère? (L’enfer. Une question, p. 60).

213. Le temps

Le Fils reçoit le temps à chaque instant comme le temps du Père. Il n’y a pour lui aucun temps vide… Avoir du temps signifie pour lui avoir du temps pour Dieu, et cela équivaut à recevoir le temps de la main de Dieu. (Théologie de l’histoire, p. 40).

214. Existence

Notre existence nous a été donnée sans qu’on la demande. (Dramatique, III, p. 115).

215. Dangereux

Toutes les négations de Dieu, toutes les réflexions de toutes les philosophies du monde, nous aident à penser plus juste au sujet de Dieu.

Reconnaître 1/ La liberté de l’Absolu. 2/ Sa capacité souveraine de faire surgir de sa propre liberté des libertés finies qui soient cependant d’authentiques libertés. De quoi il résulte une réelle contraposition des libertés.

Que cette opposition existe bel et bien et qu’elle ait de multiples expressions dramatiques, telle est l’une des affirmations fondamentales de la Bible et de la théologie. Il est dangereux de créer des libertés.

Chesterton, qui s’est converti au christianisme en réfléchissant à la liberté des êtres créés : « D’après la plupart des philosophies, Dieu, en créant le monde, l’a réduit en esclavage. Or, d’après le christianisme, Dieu, en le créant, a créé la liberté. Ce n’est pas un poème que Dieu a écrit, mais une pièce de théâtre, une pièce qu’il avait parfaitement conçue en lui-même et qu’il a dû forcément confier à des acteurs et à des metteurs en scène humains, lesquels en ont fait depuis un beau désordre ». (Dramatique, II, 1, p. 162).

216. Les cicatrices

En chaque eucharistie, le Père offre à l’humanité le corps de son Fils qui porte nos péchés et donc aussi les cicatrices qui le marquent depuis la Passion. (Chemin de croix, p. 45-46).

217. Barrière

« Ce qu’Adrienne éprouve mystiquement avec une intensité particulière – l’absence de barrière entre le ciel et la terre – n’est étranger à aucun vrai croyant… Les transitions entre la prière ‘ordinaire’ et la prière ‘mystique’ sont insensibles sous un certain aspect, comme l’enseignent d’ailleurs les Pères et saint Thomas d’Aquin à propos des dons du Saint-Esprit, qui agissent surnaturellement à travers la vie et la prière de tout chrétien docile au Saint-Esprit.

Que les routes menant de la terre au ciel soient si nombreuses, que l’au-delà ne soit pas loin de nous, mais soit réellement présent, c’est pour l’époque actuelle un message essentiel ». (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 51).

218. L’enfant

Jésus fait l’éloge de l’enfant parce qu’il est plus réceptif et plus disposé à recevoir que l’adulte. (Dramatique, IV, p. 381).

219. Les idoles

L’argent, la luxure et le pouvoir sont les idoles de l’homme qui ne reconnaît pas Dieu ou qui l’oublie. (Dans A. Scola : Hans Urs von Balthasar, un grand théologien, p. 151).

220. Préhistoire

On ne peut avoir part au Christ sans adhérer à l’essentiel de sa préhistoire en Israël. (Dramatique, II, 1, p. 11).

221. La voie

Dieu, pur esprit, daigne s’abaisser par l’incarnation pour nous faire monter jusqu’à lui par cette voie de la chair… L’amour de Dieu est plein d’humilité…

Etonnant : le Ressuscité, en retournant à son Père, emporte tout son être, son corps y compris. Son corps n’est pas supprimé dans le retour auprès de son Père. (La prière contemplative, p. 276).

222. Irritant

« Le monde n’a pas été racheté par les discours, les actes ou même les miracles de Jésus, mais uniquement par son obéissance jusqu’à la mort de la croix dans la déréliction. C’est là folie et scandale, et l’obéissance restera jusqu’à la fin un terme irritant ».

« Mais s’il vous irrite trop, on peut peut-être parler de la ‘disponibilité à tout’. … L’unique réponse possible, adéquate, de l’homme à la Parole de Dieu est celle de la disponibilité ». (A propos de mon oeuvre, p. 111).

223. Le blasphémateur

C’est en vertu de l’application littérale de la loi divine que les Juifs doivent rejeter le Messie comme blasphémateur… et que les Romains doivent le crucifier comme rebelle à l’ordre divinisé de l’Etat. (Dramatique, III, p. 310).

224. Un guide

La Bible est un livre d’Eglise. C’est en elle que ce livre a été composé, « c’est elle qui l’a constitué en définissant le canon des Ecritures, elle seule peut l’interpréter authentiquement. Il faut toujours un guide sur le chemin qui fait pénétrer dans les sentiments profonds du Christ et de l’Eglise ». (Points de repère, p. 105).

225. Evident

Marie a-t-elle eu d’autres enfants que Jésus? Sur la croix, Jésus a confié sa Mère au disciple bien-aimé : ‘Voici ta mère’. Et à Marie : ‘Voici ton fils’.

Il devient évident que Marie n’avait aucun autre enfant selon la chair, car autrement la remise de Marie au disciple bien-aimé aurait été superflue et inadmissible. (Marie première Eglise, p. 112).

226. Le tournant

« C’est seulement en communiant avec Dieu que l’homme peut participer à une vie transcendant sa mort ».

Dans la séparation de la mort, l’homme détourné de Dieu découvre irrécusablement qui est le Seigneur de son existence… Il arrive au tournant sans échappatoire possible… Dans la mort, l’homme ne peut plus avoir l’initiative. (Dramatique, IV, p. 410).

227. L’univers

« L’Eglise est l’organisme par lequel le Christ imprime sa marque sur l’univers ». (Dramatique, II, 1, p. 270).

228. Absurdité

La croix du Christ, par laquelle Dieu se charge de toute la douleur des hommes, rend digne de foi le Dieu vivant… (C’est ce qui est arrivé et que saint Paul appelle la folie de Dieu).

« Qu’apporte au monde la mort du Christ? Si elle est ce que croient les chrétiens, elle confère un sens à l’absurdité de l’existence individuelle et de l’histoire du monde, elle érige au milieu du royaume de la mort l’espérance d’une vie auprès de Dieu victorieuse de la mort ». (Points de repère, p. 35 et 49).

229. Discerner

Le chrétien qui écoute une prédication est en droit de discerner, avec la grâce de l’Esprit Saint qu’il a personnellement reçue, ce qui, dans la prédication ou dans quelque autre enseignement, est Parole de Dieu et ce qui est parole humaine qui l’obscurcit. (Si vous ne devenez comme des enfants, p. 62).

230. Les limites

L’Eglise est aussi une communauté parmi d’autres communautés humaines : elle formule les règles de son appartenance et en même temps elle est régie par des données absolument insaisissables, puisque les limites de l’Eglise visible ne coïncident pas avec celles du Corps mystique et vivant du Christ, lequel peut avoir de véritables membres en dehors de l’Eglise et en elle beaucoup de membres morts. (Dramatique, III, p. 422).

231. L’oreille

« Dans la contemplation ou dans la méditation, le croyant est une oreille ouverte pour entendre une parole absolument unique de Dieu. (La prière contemplative, p. 87).

232. Le centre

Le centre du Nouveau Testament – un centre jamais complètement explicité – c’est la non-parole de la mort de Jésus. (La gloire et la croix. Nouvelle Alliance, p. 91).

233. Les ténèbres

Le Christ est pure obéissance au Père : il ne dispose pas plus de sa mort que de sa vie; l’heure suprême, l’heure mystérieuse des ténèbres reste en la seule disposition du Père, et c’est le Saint-Esprit qui, plus tard, en expliquera la portée au monde. (La foi chrétienne est une, p. 6).

234. Les bras

De par sa volonté spontanée, Dieu s’est révélé… à travers ses deux bras : le Fils et l’Esprit. (Saint Irénée, dans E. Guerriero : Hans Urs von Balthasar, p. 52).

235. Imitation

« Un Dieu qui, du haut de son propre bonheur intangible, laisserait souffrir ses créatures et ferait servir ses souffrances à sa propre glorification, ne serait pas avec sa créature dans un rapport de modèle à imitation ». (De l’intégration, p. 83).

236. Sécurité

« Tous les enfants partent du même point… Tous connaissent ou devraient connaître la sécurité absolue dans le sein de la mère, du père, de la famille, et toutes les actions et souffrances ultérieures de l’adulte devraient pouvoir se nourrir des stocks inépuisables de cette sécurité ». (De l’intégration, p. 266).

237. Doucement

Dieu parle doucement; il est très facile de couvrir sa voix. Il peut aussi parler sans bruit de voix, en silence, et pourtant l’âme comprend alors parfaitement ce qu’il veut…

On trouve Dieu aussi bien dans le prochain que dans la prière et dans l’eucharistie, et il peut être entendu à travers les désirs et les exigences de nos frères. Prière et charité fraternelle, ces deux chemins qui mènent à Dieu, se croisent et se complètent aussi bien dans le monde que dans les cloîtres. (Préface à Louisa Jacques, Qu’un même amour…, p. 9).

 

En toute vraie prière « on trouve cet acte qui consiste à reconnaître le droit que Dieu a sur moi ». (La prière contemplative, p. 131).

239. L’intérieur

Quelqu’un que nous aimons : Dieu l’aime mieux et le possède plus profondément que nous, il le voit de l’intérieur, sans masque, et reçoit son entière allégeance. (Grains de blé, II, p. 87).

240. Liaison

Ascension de Jésus. Ce n’est pas pour rien que Dieu a envoyé son Verbe dans le monde mais bien plutôt pour imprégner la terre comme la pluie et la neige de sorte qu’elle donne le pain à ceux qui mangent (Is 55, 10 s.)

La terre a reçu une semence céleste. Et Celui qui fait retour au Père établit désormais, comme tête céleste de l’Eglise encore terrestre, une liaison indestructible entre la terre et le ciel. (Triple couronne, p. 99).

241. Tragique

La culture où nous baignons. L’homme se trouve dans l’impossibilité de s’accomplir : tragique de la condition humaine. Ce faisant, l’homme renie son être spirituel, se comprend lui-même comme une espèce biologique ou bien comme un éternel point d’interrogation dans lequel il s’anéantit.

Pour la foi chrétienne, il n’y a pas d’achèvement naturel de l’homme. L’homme réel demeure en lui-même inachevé, et cela de la manière la plus douloureuse.

Pour la foi chrétienne puisée dans la révélation de l’Ancien et du Nouveau Testament, le premier Adam, l’homme tout simplement n’est pas entièrement compréhensible en lui-même; il ne le devient que par l’existence du Fils de Dieu mourant et ressuscitant.

La fin ultime de l’homme se situe au-delà de l’homme : en Dieu. Le Fils de Dieu incarné est unique en son genre et insurpassable : il est la norme de tout homme et de toute l’humanité. (De l’intégration, p. 95-96).

242. Chercher

Plus on trouve de manière authentiquement chrétienne, plus on est désapproprié. Rude est le choc de ces deux paroles : « Ton père et moi te cherchions tout angoissés »… « Ne saviez-vous pas que c’est chez mon Père que je dois être »…

Devant Dieu il n’y a place pour aucun instinct de possession, car Dieu lui-même ne veut pas posséder… Aucun homme ne peut être riche en Dieu s’il ne veut pas participer à la pauvreté en Dieu. (Triple couronne, p. 48).

243. La nuit

Passion de Jésus. L’obscurcissement est l’ultime et nécessaire pas en avant dans l’accomplissement de sa mission. Un saint Jean de la croix, comme beaucoup de ceux à qui il fut donné de revivre quelque chose des sentiments de Jésus crucifié, a décrit cette expérience dans ‘La nuit obscure’ comme une expérience semblable à celle de l’enfer, précisément sous son aspect de définitive perte de Dieu. (Article paru dans la revue Communion, Janvier-février 1980, p. 58).

244. Le masque

Le péché, qui en soi-même est toujours mensonge et masque… (Triple couronne, p. 68).

245. Noblesse

« Nous sommes convaincus de la noblesse qui caractérise tout être vraiment existant ».

L’être démuni de mystère serait comme prostitué…

Celui qui révère en Dieu le mystère inaccessible de l’intériorité divine ne pourra méconnaître dans les créatures, qui sont des images de Dieu, le reflet de cette propriété. (Phénoménologie de la vérité, p. 66).

246. Disponibilité

« Tout homme est dans sa mort un être purement disponible (= obéissant), parfaitement pauvre et chaste ». (Cordula, p. 36).

247. Le naufrage

Ces deux choses : la connaissance de la souffrance pour les autres (de la mort pour les autres) et la nuit intérieure (incluant aussi le sentiment d’un naufrage dans le non-sens : ‘Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?’) sont deux termes indissociables, et il faut à tout prix tenir en même temps l’un et l’autre. (Article paru dans la revue Communion, Janvier-février 1980), p. 57.

248. Ouverture

Que nous dit la Révélation? Essentiellement ceci peut-être : « Dieu aime le monde, il t’aime personnellement, il te l’a prouvé en Jésus Christ ». Mots simples qui ont des implications infinies, qui se révéleront à l’auditeur en temps voulu.

Et la libre ouverture de Dieu peut seule fournir la clef de l’énigme, c’est-à-dire la réponse à la question de savoir somme toute pourquoi il y a un monde, et pourquoi la faute et la souffrance et la mort sont permises, quelle espérance peut avoir la créature. (La vérité est symphonique, p. 43-45).

249. Lumière

L’Eglise « est composée d’une multitudes d’hommes qui tous sont pécheurs, et qui ont du mal à s’entendre. Mais ils sont rassemblés autour du nom et de l’oeuvre de Celui qui est leur lumière ». Et ils doivent essayer de « rendre visible Celui qui voudrait constituer avec les siens une seule et même lumière ». (Nouveaux points de repère, p. 154).

250. L’enfant

La dépendance naturelle de l’enfant envers ceux qui prennent soin de lui et sa confiance naturelle envers ceux auprès desquels il se sent protégé… vont de soi au premier âge. L’attitude du disciple de Jésus envers Dieu doit aller tout autant de soi. (Simplicité chrétienne, p. 36).

251. Le langage

Dieu est capable de se rendre compréhensible à chacune de ses créatures, autant qu’il le désire… Comment lui qui a créé le langage serait-il incapable de parler d’une manière compréhensible?

Mais il parle toujours de telle façon que la créature à laquelle il s’adresse perçoit le caractère inconcevable de Dieu… et qu’il est un mystère qui nous concerne infiniment. (La vérité est symphonique, p. 31).

252. La mémoire

C’est l’Esprit Saint qui sans cesse introduit le chrétien au coeur du mystère de la révélation et de la Passion du Fils. Son rôle est de « rafraîchir quotidiennement la mémoire de l’Eglise » et de la remplir de manière renouvelée de toute vérité. C’est lui qui réalise tout dans l’Eglise et dans chacun de ses membres, « comme il a réalisé jadis l’incarnation du Verbe dans le sein de la Vierge ». (Balthasar, cité sans référence par H. de Lubac, Un témoin du Christ dans l’Eglise, p. 190).

253. L’appel

Si je dis à un homme enchaîné : « Lève ta main », il ne le peut pas. Si je le désentrave et lui dis de nouveau : « Lève ta main », il le peut s’il le veut; mais s’il ne le veut pas, il n’y est pas obligé.

Par rapport à la faute, la grâce est donnée en profusion (Ro 5, 15-21); mais on ne peut parvenir à la liberté que librement.

L’annonce que nous sommes morts et ressuscités avec le Christ est là, mais l’appel qui est contenu en elle, il appartient à l’homme de l’entendre et de le suivre. (Jésus nous connaît-il?, p. 39-40).

254. Plénitude

La durée de l’existence humaine peut être à tout moment brisée de l’extérieur, mais l’inachèvement biologique n’est nullement un signe que le drame de cette existence n’a pas été joué jusqu’au bout… En témoignent la Sagesse (4, 7-14), les génies (Mozart, Schubert) et les saints (Elisabeth de Hongrie, Stanislas Kostka, Louis de Gonzague, Thérèse de Lisieux, etc.) qui sont morts jeunes… Mieux que d’autres ils ont su inscrire dans la brièveté des jours… une plénitude définitive. (Dramatique, III, p. 86).

255. Séduction

Le Fils est apparu pour détruire les oeuvres du diable (1 Jn 3, 8); cela signifie que celui-ci possède seulement une puissance restreinte dont il ne peut dépasser les limites… La raison d’être du diable est la séduction… Arrive un moment où elle est incapable de se déployer davantage… C’est le Fils souffrant qui a imposé ses limites au pouvoir du mal dans le monde. (Dramatique, IV, p. 258).

256. Le scandale

Le fait central est le scandale inouï que le Père, sur lequel Jésus avait fondé son existence entière, le délaisse sur la croix, où il meurt avec le grand cri de détresse rapporté par Marc (15, 34.37) et Matthieu (27, 46.50), si intolérable qu’il a dans la suite été adouci par Luc (23, 46) et Jean (19,30). (Au coeur du mystère rédempteur, p. 18).

257. Le sacré

C’est par la voie des sacrements que le sacré se communique à ceux qui l’ont perdu et qu’ainsi se dévoile la vérité de l’existence. (Le chrétien Bernanos, p. 56).

258. Utopies

Bien méprisable nous apparaît finalement tout ce que nous pouvons comprendre. Tu es plus fantastique que tous les rêves, et nos plus folles utopies sont de pauvres sottises auprès de ce que tu as réalisé depuis longtemps. (Le coeur du monde, p. 232-233).

259. Le service

Il n’est pas difficile de comprendre l’unité de l’amour pour Dieu et pour l’homme; il suffit d’avoir saisi que l’amour n’est pas jouissance et fusion mais un acte de vénération, dans lequel celui qui aime met son coeur au service de celui qui est aimé. (Grains de blé, II, p. 64).

260. Précarité

Adam et tous les humains, même s’ils ont une certaine conscience d’être transcendants au monde, ont conscience surtout de leur précarité : ils n’existent pas par eux-mêmes, ils ne peuvent s’achever eux-mêmes par leurs propres forces. Et cependant l’homme est doué de puissance autonome : intelligence et volonté.

Dès le début Adam est conçu et créé comme inchoatif et transitoire, et il ne peut s’achever que dans un autre que lui-même : le Christ, qui est son principe et son but.

Dans un sursaut d’orgueil, l’homme peut refuser cet achèvement qu’il ne peut se procurer lui-même. L’homme cherche alors à s’achever lui-même alors qu’il ne le peut pas. Dans l’ordre humain aussi il arrive qu’une grâce librement accordée fait naître en celui à qui elle est offerte un sentiment d’humiliation, d’affliction et finalement de rejet, alors que ce don librement accordé était offert pour le rendre heureux. (Dramatique, II, 2, p. 28).

261. L’entremise

Accueillir dans sa vie l’évidence de la révélation du Père en son Fils par l’entremise de l’Esprit Saint. (D’après E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 79).

262. Solitude

On meurt seul. Tandis que la vie implique toujours communauté dès le sein maternel, la mort suspend pour un instant cette loi de la communauté.

Les vivants peuvent accompagner le mourant jusqu’à son dernier souffle, et celui-ci peut se sentir accompagné par eux (d’autant plus fortement que c’est dans la foi au Christ). Malgré cela, il ne peut franchir la porte étroite qu’en isolé… Cette solitude de la mort est une conséquence du péché. (Cordula, p. 25).

263. Courage

Le courage de dire oui à toute parole de Dieu qui peut concerner ma vie. Là où l’on prend au sérieux le dépouillement du coeur et de la vie, c’est là que resplendit avec le plus de pureté la véritable force qui n’est pas la mienne mais celle de Dieu.

Plus l’homme est sans défense, plus il est ouvert sur Dieu et pour Dieu, plus la force de Dieu peut se répandre et habiter en lui. (Le chrétien et l’angoisse, p. 152-153).

264. La persuasion

La toute-puissance de Dieu réside bien davantage dans la capacité de mouvoir la liberté des coeurs sans leur faire violence, de réussir à obtenir d’eux, par la puissance secrète de la grâce, le libre oui à ce qui est véritablement le bien.

Les Pères de l’Eglise : la grâce de Dieu n’agit pas par violence mais par persuasion. (Credo, p. 80-81).

265. Pâle

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