Abbaye

Les chemins de la foi. III

Hans Urs von Balthasar

Les chemins de la foi

Pensées d’un croyant

III

 

400. Eucharistie

Le Christ vivant en moi m’est si intime parce qu’il est mort pour moi, parce qu’il m’a pris en lui à la croix et qu’il me prend en lui sans cesse à nouveau dans l’eucharistie. (Cordula, p. 89).

401. Valeurs

Dieu : sa miséricorde renverse toutes les échelles de valeur humaines. (La nouvelle Alliance, p. 290).

402. Commentaires

A propos d’Adrienne von Speyr : « Tous ses commentaires de l’Ecriture sont aussi pour elle une forme de prière ». (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 52).

403. Etonnement

C’est merveilleux qu’il y ait Dieu. Ce dont on ne peut assez s’étonner, c’est qu’il ait reçu l’homme dans son Alliance. (Une théologie des Exercices spirituels, p. 59-60).

404. Inconcevable

Notre intention : considérer l’inconcevable que doit rester l’événement Jésus Christ. Malheur au chrétien qui ne se tiendrait pas chaque jour subjugué devant cet événement.

L’Unique qui veut s’exprimer à travers tout : c’est lui que nous poursuivons sans nous imaginer l’avoir saisi (Ph 3, 12 s.). Et s’il est ce que croit l’Eglise, aucune méthode ne permet de s’en emparer. (La nouvelle Alliance, p. 12).

405. Le Fils du Dieu vivant

Jésus n’est pas apparu en Judée en proclamant : « Je suis le Fils du Dieu vivant », ce qui n’aurait certainement pas produit le moindre effet. Il a attendu que la vie en sa compagnie et la pénétration de sa vie dans celle de ses disciples éveille en eux des idées plus élevées qui s’exprimeraient alors tout naturellement à la première occasion : « Tu es le Fils du Dieu vivant ». (Citation de Moehler dans Le complexe anti-romain, p. 159).

406. Souci

« Le souci humain du prochain n’a pas à se briser découragé, là où il n’y a plus rien à faire (pour quelqu’un). Car dans l’abandon à Dieu, l’amour qui supporte continue d’agir et, par la souffrance la plus dure, celle de ne plus rien pouvoir, il obtient davantage que dans l’attitude active, forte et sûre d’elle-même ». (L’amour seul est digne de foi, p. 148).

407. Maturité

L’homme qui essaie de se passer de Dieu essaie de se forger une sorte de sérénité, d’abandon, de résignation, de sagesse souriante, à la pensée que tout est ainsi, l’a toujours été, le sera sans cesse, et qu’il faut donc prendre les choses telles qu’elles viennent; il n’y a que les gamins pour lancer des pierres contre le ciel. Cette placidité, c’est l’attitude de l’homme arrivé à sa maturité selon les juges de ce monde…

La vision chrétienne des choses inclut cette attitude, mais dans le sens d’une disponibilité désintéressée à assumer n’importe quelle tâche pourvu qu’elle vienne de Dieu. (Dramatique, II, 1, p. 48).

408. Sagesse

La Loi : le Christ nous en a délivrés. Libérés de la Loi qui nous a constamment séduits pour que nous tentions de prendre Dieu et sa libre lumière dans les filets de notre sagesse et de nos pratiques. (Le complexe anti-romain, p. 12).

409. Le frère

« Tout amour chrétien implique un éclatement des enceintes closes, une évasion vers l’extérieur, vers celui qui n’aime pas, vers le frère perdu, vers l’ennemi ». (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 286).

410. Le pauvre

Le Christ fut un jour pauvre parmi les pauvres « et dépouillé de tout au point d’être privé même de Dieu; il changera alors le vin en son sang »… comme à Cana, à la prière de sa mère, il avait changé l’eau en vin. (Marie pour aujourd’hui, p. 67-68).

411. Misère

Théories et méthodes qui, sous prétexte de vouloir supprimer la misère, aboutissent logiquement à l’esclavage de l’esprit. (Romano Guardini, p. 111).

412. Lieutenant

Le pape n’est pas le successeur ou le lieu-tenant du Christ, mais celui de Pierre. (Nouveaux point de repère, p. 312).

413. Destins

Tous les destins sont des destins de grâce ou des destins sans Dieu. Il y a une communauté des saints et une communauté des pécheurs, mais il y a tout autant une communauté des saints avec les pécheurs et par conséquent une communauté des pécheurs avec les saints.

« La participation des saints au destin des pécheurs a part elle-même à la participation du Christ à la perdition de tous les hommes. Et c’est parce que le Christ a ouvert une brèche dans cette perdition que la communauté des saints et des pécheurs… mérite d’être appelée communion des saints : admirable échange de la grâce et du péché, dont l’Eglise est le lieu ». « Le tout s’enracine dans la Passion ». (Le chrétien Bernanos, p. 457-458).

414. Nourriture

Tout au long de l’histoire du monde, l’Eglise devra se souvenir qu’elle reçoit de Dieu assez de nourriture pour ne pas périr au désert. (Marie pour aujourd’hui, p. 17).

415. La grâce de Pâques

« Personne n’a vu l’heure de ta victoire. Personne n’est le témoin de la naissance d’un monde. Personne ne sait comment la nuit infernale du samedi s’est transformée en la lumière du matin de Pâques. C’est en dormant que nous avons été transportés sur des ailes par-dessus l’abîme, en dormant que nous avons reçu la grâce de Pâques.

Et personne ne sait comment l’événement lui est arrivé. Chacun ignore quelle main a caressé sa joue de telle sorte que soudain le monde blême éclata pour lui en vives couleurs et qu’un sourire involontaire s’épanouit sur son visage à cause du miracle qui s’accomplit en lui ». (Le coeur du monde, p. 169).

416. Intercession

Il appartient à la substance de la foi chrétienne de tenir pour possible et réelle l’intercession par la prière et par la souffrance. (Nouveaux points de repère, p. 371).

417. Résurrection du Christ

On peut dire que tout l’agir du Dieu vivant a eu de tout temps pour but la résurrection du Fils. (Le mystère pascal, p. 199).

418. L’appel

La foi, c’est l’attitude de l’homme par laquelle il correspond à l’appel de la révélation divine par la force de la grâce. (Dans E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 235).

419. Disponible

Marie est capable d’exclure de son oui toute limitation consciente ou inconsciente, telle que le pécheur l’apporte toujours : elle est infiniment disponible pour l’infini. Elle est absolument prête à tout, donc à beaucoup plus que ce qu’elle peut savoir, imaginer, deviner.

Seule est féconde l’infinité du oui qui, en tant que réponse à Dieu, n’anticipe rien et ne sait rien par avance. (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 42).

420. Chemins

Tous nos chemins sont des chemins trinitaires. (Dramatique, IV, p. 99).

421. Respect

Il fait partie du respect que Dieu porte à sa créature de ne pas remplacer ni d’anticiper ce qu’elle peut trouver par ses propres forces; Dieu n’est pas un père qui fait les devoirs scolaires de son fils. (De l’intégration, p. 208).

422. Préparation

La Bible est aussi un livre de l’Eglise : rédigé en elle, rassemblé par elle dans la formation du canon, par elle seulement compris et interprété.

On n’arrive pas au coeur de la révélation divine sans préparation; il y a tout un chemin (infini) à parcourir, toute une préparation du coeur.

Tout le but du maître, de l’initiateur, est de se rendre transparent et inutile. Laisser le croyant avec Dieu. (Une théologie des Exercices spirituels, p. 53).

423. Morne nuit

Les plus pauvres sont pour le Christ les frères les plus proches. Et les plus pauvres, ce ne sont pas seulement ceux qui sont dans la misère extérieure, mais tout autant ceux qui sont pauvres d’esprit parce qu’ils n’ont aucune lucarne qui s’ouvre sur l’amour et qu’ils croupissent dans la morne nuit de leur égoïsme, de leur orgueil et de leur avarice. (Qui est chrétien?, p. 98).

424. Surprise

Toute grâce advient de manière inattendue. (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 19).

425. Femme

Marie sait que le Dieu qui pensa et créa la femme ne peut qu’avoir un coeur plein de tendresse. (Marie pour aujourd’hui, p. 80).

426. La folie de Dieu

Hegel ne voit dans l’immortalité personnelle et dans la résurrection de la chair que les prétentions ridicules d’un individu minuscule auquel sa condition mortelle ne donne pas droit à la parole.

Pour Karl Marx, l’homme est exposé au vent du destin. Il doit essayer tout seul et par ses propres forces de se construire une maison solide qui le mette à l’abri du destin, de transformer en patrie accueillante un monde sinistre, d’humaniser ce qui est inhumain… Essayer de construire pour l’homme de demain une maison habitable.

Mais cela n’apporte pas la réponse que se posent les hommes du passé, ceux du présent, à ces questions qu’ils se posent avec des cris d’horreur. De belles paroles ne nous guérissent pas même si elles sont prononcées par Dieu. L’existence n’est pas un mauvais rêve dont on peut se réveiller : c’est la réalité.

Un Dieu réel et vivant devrait reconnaître cette terrible réalité. Il devrait la prendre plus au sérieux. Il devrait lui résister comme à une force qui enserre l’humanité. Il devrait expérimenter dans toute son horreur la puissance du monde. A cette condition seulement il serait digne de foi.

La croix du Christ, par laquelle Dieu se charge de toute la douleur des hommes, rend digne de foi le Dieu vivant. Le Christ en croix n’est plus une parole, c’est un acte silencieux : ce que saint Paul appelle la folie de Dieu. (Les grands textes sur le Christ, p. 92-93).

427. Essai

Essayer d’entendre la Parole de Dieu puisque la révélation concerne chaque homme et chaque génération. (Le chrétien et l’angoisse, p. 14-15).

428. Voir Dieu

La béatitude éternelle consiste-t-elle dans la vision ou dans l’amour? Elle ne peut consister que dans « vision » aimante de l’amour, car qu’y aurait-il d’autre à voir en Dieu, et comment l’amour pourrait-il être contemplé autrement que dans la communion d’amour? (L’amour seul est digne de foi, p. 187).

429. Itinéraire

L’itinéraire que Jésus parcourt n’est pas mesurable par le seul fait que l’abîme de la croix, des enfers, de la résurrection se trouve en son centre. (Cordula, p. 112).

430. Avidité

« Heureux les pauvres en esprit », non ceux qui subissent malgré eux leur pauvreté et entretiennent dans leur coeur la même avidité et la même convoitise que les riches. (La Nouvelle Alliance, p. 463).

431. Le règne de Dieu

« Que ton règne vienne ». Rien ne peut obscurcir davantage la puissance de Dieu ni empêcher davantage son règne d’arriver que l’inclination à pousser notre propre puissance en avant dans le but de promouvoir le règne de Dieu. (Qui est chrétien?, p. 68).

432. Ecoute

Les prophètes disent constamment : « Ecoute, Israël… » Ils s’attaquent à l’oubli de la Parole par le peuple, ils s’opposent à une attitude qui croit déjà être au courant là précisément où l’on devrait sans cesse à nouveau se laisser mettre au courant par Dieu. Tout ce qu’Israël entreprend de sa propre initiative, sans consulter Yahvé, est toujours erroné, car « Vos pensées ne sont pas mes pensées et mes voies ne sont pas vos voies, oracle de Yahvé » (Is 55, 8). (Article dans Vie consacrée, 1973, p. 67).

433. L’histoire

L’homme est situé dans une histoire : Dieu en haut, l’homme en bas. (Dramatique, IV, p. 95).

434. Prétention

Jésus a la prétention de révéler au monde la Parole définitive de Dieu. (Aux croyants incertains, p. 52).

435. Le moyen

Le sens de la venue de Jésus Christ est tout de même de racheter le monde, de lui ouvrir globalement le chemin vers le Père; l’Eglise n’est que moyen. (A propos de mon oeuvre, p. 38).

436. Mourir

Le Christ ressuscité n’est pas quelqu’un qui revient dans le temps et qui pourrait de nouveau mourir. (Le mystère pascal, p. 64-65).

437. Le règne

« Que ton règne vienne ». C’est la prière de Jésus Christ à Dieu : elle exprime un don de soi qui va jusqu’à l’extrême : que ton règne vienne par toute mon existence, par ma consomption jusqu’à la dernière goutte de sueur et de sang.

Grâce à la percée réussie par la mort et la résurrection de Jésus, le règne est là pour l’essentiel. (Les grands textes sur le Christ, p. 165).

438. Le péché

On admettra que l’incarnation (sous sa forme concrète qui s’achève à la croix) a été certainement provoquée par le péché, et donc que Jésus entre dans le monde pour y mourir. (Dramatique, IV, p. 229-230).

439. Le coeur

Le libre amour de Dieu justifiant l’homme est la beauté de Dieu : c’est le coeur de tout le Nouveau Testament. Dans l’amour il y a toujours déjà un élément de joie. (La Nouvelle Alliance, p. 18).

440. Trois espèces de mort

1/ La mort du péché, dont il est écrit : L’âme qui pèche doit mourir (Ez 18, 4).

2/ La mort mystique : c’est-à-dire que l’on meurt au péché afin de vivre pour Dieu. L’apôtre dit : Nous avons été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort (Rm 6, 4).

3/ La troisième mort survient au terme de notre vie.

La première mort est mauvaise, la deuxième est bonne, la troisième est de soi indifférente : elle se fait amère pour ceux qui s’attachent aux biens terrestres, elle est désirée au contraire par ceux qui aspirent à être avec le Christ. (D’après saint Ambroise, dans Dramatique, IV, p. 303).

441. C’est pour moi

C’est pour moi que le Christ est né, pour moi qu’il meurt sur la croix, c’est pour me préparer une place qu’il monte au ciel. Pour venir me chercher qu’il reviendra dans la gloire. (La prière contemplative, p. 100).

442. L’enfant

Dormir et jouer sont les deux occupations du Verbe qui plongeaient Thérèse de Lisieux dans le ravissement, elle qui, comme une véritable mère, se laissait sans cesse enchanter par l’enfant, et qui considérait la vie avec lui d’une manière toute simple et pratique.

« L’enfant dort » signifiait : pour le moment il n’est pas accessible, on ne doit pas le déranger, il faut se tenir tranquille et remettre à plus tard les demandes et les requêtes; même pour les démonstrations de tendresse, ce n’est pas le moment.

L’Enfant divin, lorsqu’il se fait homme, nous entraîne dans son état d’enfance justement en faisant de nous ses mères. (De l’intégration, p. 260).

443. Vulnérable

L’homme, un être sans défense, exposé à la tempête et à la nuit. Il cherche Dieu à tâtons, pour essayer de l’atteindre, de le trouver (Cf. saint Paul).

L’homme livré au destin; toutes ses assurances contre les accidents, les maladies, la vieillesse ne sont que vains efforts pour s’abriter contre la puissance de la mort qui s’imposera un jour à lui et l’anéantira.

L’homme, un être vulnérable, aucune solidarité ne le préserve de la solitude. Même prononcées par Dieu, de belles paroles ne guérissent pas. (Points de repère, p. 31-35).

444. Les droits

Liberté de l’homme devant Dieu. « Il leur a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12). Dieu ne dispose pas simplement des hommes pour en faire ses enfants; mais le pouvoir de devenir enfants de Dieu leur appartient à eux-mêmes; ils peuvent faire valoir auprès du Père leurs droits d’enfants. (De l’intégration, p. 216).

445. Le bien-aimé

Tout amour authentique implique essentiellement qu’on meure à soi-même pour ne plus vivre que dans le bien-aimé. (A propos de Marsile Ficin, dans La gloire et la croix, IV, 3, p. 51).

446. Consentement

Le fiat de la Servante du Seigneur, à peine perceptible pour le monde, mais irrévocable, est le fondement et la substance de l’Eglise néo-testamentaire.

Celui qui exprime ce consentement vital avec elle est un membre vivant du peuple de Dieu, et plus il lui donne d’ampleur, plus aussi il fait partie de l’Eglise. (Qui est chrétien?, p. 70).

447. Transfiguration

Comme le montre la scène de la Transfiguration, Jésus contenait en lui, comme par avance, la puissance de son existence de Ressuscité, mais sans vouloir en anticiper l’effet. (Dramatique, III, p. 357).

448. Dieu Trinité

Jésus Christ seul révèle le Dieu un et trine. Le but du Christ : faire partager son propre ministère de révélation et de réconciliation à des hommes que le Père lui adjoint ou plutôt qu’il appelle lui-même. – L’Eglise se considère elle-même comme un mystère dont le centre est le Christ et le Dieu un et trine. (Le complexe antiromain, p. 237).

449. Douleur

Jésus, sur la croix, a ôté le péché du monde, cela est bien connu du croyant : la faute ne peut être effacée d’un trait ou comme en soufflant dessus; elle doit être expiée, rachetée dans la douleur du repentir et de l’aveu. (Catholique, p. 28).

450. Les saints

« Dans toute l’oeuvre de Balthasar, les saints jouent un rôle déterminant », les saints qui sont des surprises et des présents de l’Esprit, dont l’importance consiste avant tout dans la manifestation de vérités qui sont une force décisive pour une époque aussi bien de l’histoire de l’Eglise que de l’histoire du monde. (Cf. Mission et méditation. Hans Urs von Balthasar, Saint-Maurice, 1998, p. 99).

451. Relations

Dans la relation avec Dieu, on doit faire « comme si » on l’aimait. On doit « imiter » affectivement et effectivement ceux qui s’aiment. Ce n’est pas de l’hypocrisie, mais une simple conséquence que nous vivons dans la foi et non dans la vision (ou le sentir ou l’expérience)…

L’amour aimerait des preuves, aimerait se reposer dans la vision de la réponse immédiate…

Il doit renoncer à l’évidence de son propre amour parce que, en plus de la gravitation naturelle de l’âme vers Dieu, existent la possibilité d’avoir constamment accès auprès de lui, la sécurité, la certitude de réciprocité, l’absence de troubles causés par de bas instincts, l’indestructible fidélité de Dieu. (Grains de blé, II, p. 70).

452. Saint Pierre

Saint Pierre, futur chef de la communauté, est abaissé, humilié plus que tout autre disciple afin qu’il apprenne la forme de son ministère, de son service. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 193).

453. Le monde

Dieu n’a pas fait le monde pour qu’il perdure clos sur lui-même; il l’a créé pour qu’il naisse en lui; il l’a fait surgir de lui-même afin qu’il retourne à lui. (Dramatique, IV, p. 98).

454. Entretien

Etre en relation avec Dieu autrement qu’avec des formules… Que saurions-nous dire à Dieu s’il ne s’était lui-même communiqué et découvert à nous dans sa Parole de telle sorte que nous ayons accès à lui et commerce avec lui?

La prière est un entretien dans lequel la Parole de Dieu a l’initiative et dans lequel nous ne pouvons tout d’abord être que des auditeurs. (La prière contemplative, p. 9).

455. Le marché

Le christianisme commence là où cessent l’obligation stricte, la justice, l’idée d’un marché. (Cf. le brave fils resté à la maison). Comprendre la grâce que Dieu nous fait. (La nouvelle Alliance, p. 122).

456. La croix

La croix : c’est ce que le monde a fait à Jésus… et ce que Dieu a fait pour le monde. (Espérer pour tous, p. 79).

457. Plénitude

L’homme est un être « en route vers la plénitude humaine qui est son mystère propre ». (Barth cité dans La gloire et la croix, I, p. 325).

458. Souffrance

Si saint Paul peut dire qu’il souffre dans son corps pour l’Eglise ce qui manque encore aux épreuves du Christ (Col 1, 24), si donc le Seigneur ménage aux siens une part d’union à ses épreuves au sein de sa souffrance pleinement expiatoire, combien cela ne s’applique-t-il pas davantage à l’épouse sainte et immaculée qu’est l’Eglise (Ep 5, 27) qui à l’origine n’est telle qu’en Marie et qui précisément comme épouse représente « une seule chair » avec l’Epoux (Ep 5, 31)! Que ce mystère est grand, il faut le penser aussi et surtout au sein de la Passion. (Triple couronne, p. 68-69).

459. Rien à gagner

Dieu, l’Absolu, est par nature en haut et ne peut rencontrer sa créature que par sa libre condescendance; l’amour absolu n’a rien à gagner dans cette condescendance, mais il s’abaisse librement et gratuitement. Il n’agit pas par désir ou avidité. (Dramatique, II, 1, p. 360).

460. Travail

« Mon Père travaille toujours, et moi aussi je travaille » (Jn 5, 17). Il travaille après sa mort, après son Ascension, tout comme il a travaillé durant ses jours terrestres… Il travaille par son Esprit toujours présent et vivant, qui change les coeurs et le monde. Il travaille par son Eglise, mais aussi en dehors de l’espace limité de celle-ci, car il peut très facilement passer à travers les portes fermées. (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 145).

461. Surprise

L’enfant est la surprise de l’amour des parents. ( La prière contemplative, p. 199).

462. Marie

Marie n’a besoin d’avoir aucun ministère particulier dans l’Eglise puisque, par son existence d’intégrale disponibilité, elle représente le modèle absolu du « oui » chrétien à tout moment de la vie. (Catholique, p. 120).

463. Le véritable amour

Toute pénitence qui augmente le véritable amour est bonne, toute pénitence qui rétrécit l’âme et l’accapare est funeste. (Thérèse de Lisieux, p. 291).

464. Le paradis

Ce qu’a fait le Christ sur la croix, ce n’était nullement pour nous épargner la mort, c’était pour en transfigurer le sens. Elle n’est plus comme dans l’Ancien Testament une « descente dans la fosse », elle est devenue un « Tu seras demain au paradis ».

Au lieu de s’effrayer de la mort, saint Paul préférerait mourir tout de suite pour être auprès du Seigneur (Ph 1, 23). (Aux croyants incertains, p. 84).

465. La tête haute

Israël connaît le paradoxe apparent d’un Dieu proche des humiliés et loin de ceux qui ont la tête haute. Les humbles sont tout simplement ceux qui sont ouverts à Dieu et dans lesquels sa parole et donc sa sagesse peuvent se répandre.

Dans l’humble selon le Nouveau testament disparaissent toute rancune contre les riches et les puissants, tout désir de se voir hissé à leur place. (Simplicité chrétienne, p. 21).

466. La lumière

L’homme peut perdre la lumière de l’Esprit Saint par le péché. Une fois perdu le contact avec la source de la lumière et de la vie, l’homme doit traverser un désert aride pour regagner sa patrie originelle, le ciel.

Le retour à Dieu est l’histoire de l’humanité et du monde entier. (D’après Origène, dans E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 59).

467. Présence

Dans le développement d’une prière, la sécheresse n’est jamais que le second temps : le retrait d’une présence qui a d’abord nécessairement été là, donnée. (Thérèse de Lisieux, p. 139).

468. La vie de Jésus

Chaque moment de la vie de Jésus a un sens éternel. Il est élevé et représenté dans son éternité : aussi bien le temps passé dans le sein de sa mère que sa mort sur la croix et sa résurrection. Le Seigneur est à présent tout ensemble ce qu’il était autrefois successivement. (Grains de blé, II, p. 25).

469. Amabilité

Sans amabilité, point d’apostolat; sans humilité, point d’amabilité. (Grains de blé, II, p. 99).

470. La figure du Christ

L’Ecriture, quoique inspirée divinement, est écrite par des hommes, par des pécheurs.

Et l’Eglise, malgré le caractère de mystère qu’elle a, en tant que corps et épouse du Christ, est formée d’hommes et de pécheurs, habitée par eux.

Jusqu’à quel point ces intermédiaires nous transmettent-ils, intacte, la figure du Christ? (La gloire et la croix, I, p. 449).

471. La Révélation est close

La Révélation est close : l’image canonique de la Révélation est close parce que une extension du don que Dieu fait de lui-même au monde est impossible au-delà de Jésus Christ.

Mais, pour la même raison, celle de son caractère divinement insurpassable, l’image de ce contenu demeure ouverte pour toutes les époques de l’histoire, afin qu’on la saisisse et qu’on la pénètre plus profondément.

Cependant on ne peut pas dire que les premiers chrétiens ne la comprenaient que d’une manière fragmentaire et que les générations suivantes arrivent à une connaissance plus complète et à une vue d’ensemble sans cesse perfectionnée.

Bien plutôt, l’image est simple et saisissable d’un seul coup d’oeil dans sa totalité pour les yeux éclairés par la lumière de la foi. C’est pourquoi on doit dire sans hésiter que si, au cours de l’histoire de l’Eglise et de l’humanité, elle doit subir un certain développement, on ne peut s’attendre à aucun déplacement décisif des centres essentiels, à aucune modification des proportions. (La gloire et la croix, I, p. 466-467).

472. Fécondité

Lui porte tout mais, par grâce, il nous laisse une part, afin que nous puissions participer à la fécondité de la rédemption. (Chemin de croix, p. 22).

473. Les vieux

« Le règne des vieux, c’est exactement le contraire du royaume de Dieu ». (Le chrétien Bernanos, p. 287).

474. Ouverture

Dans le Christ, Dieu a voulu se révéler au monde d’une manière insurpassable. Au-delà de sa mort, l’homme, même l’homme Jésus, n’a aucune possibilité de disposer de lui-même. Dieu seul possède une telle puissance et une telle possibilité.

Cependant la résurrection de Jésus, qui passe de la mort à la vie divine éternelle, est la parole finale de Dieu sur le sens de la vie et de la mort. Et donc ce que Jésus, en tant que vivant et mourant sur la terre, pouvait dire et faire n’était pas la totalité de la parole de Dieu, qu’il avait pourtant conscience d’être et se déclarait être. La révélation de Dieu en Jésus s’achève avec la résurrection de celui-ci.

Le Christ est le chemin qui conduit du fini à l’infini, il offre à l’homme la grâce de devenir soi en Dieu. Sans l’ouverture de l’espace divin, la liberté de l’homme tourne incessamment dans le vide, elle est inachevable : la mort, c’est le rejet foncier de toute prétention à un achèvement définitif. (Dramatique, II, 2, p. 14).

475. Le chemin de la croix

Plus que toute autre chose, la souffrance du monde empêche l’accès à Dieu… Dieu ne semble pas capable de se rendre crédible comme tel sur la terre. La souffrance crie trop haut pour que l’on réussisse à passer sans l’entendre… Elle crie beaucoup trop fort hier, aujourd’hui et demain pour qu’on puisse l’apaiser en rêvant d’un lointain avenir.

Il n’y a pas de réponse ici avec des mots. Et Dieu ne donne d’autre réponse que la folie de la croix, qui triomphe seule du non-sens de la souffrance du monde…

La réponse ne se trouve pas dans l’Ancien Testament mais dans le Christ. Seul peut répondre à Job celui qui souffre. Dieu n’a pas fourni une réponse mais une présence. Le Fils de Dieu n’est pas venu pour détruire la souffrance, mais pour souffrir avec nous. « Il n’est pas venu pour détruire la croix, mais pour s’étendre dessus » (Claudel).

Rien ne ressemble autant que l’épopée humaine à un chemin de la croix. (Dramatique, III, p. 172).

476. Prétention

La résurrection de Jésus est la preuve de la légitimité de sa « prétention au trône ». (Dramatique, II, 2, p. 40).

477. Après la mort

Vouloir préciser dans le détail des choses que l’on ne peut pas savoir (par exemple, « l’état intermédiaire » après la mort) n’est pas « scientifique », aussi bien dans le domaine de la théologie que partout ailleurs. (Dramatique, ? , p. 8).

478. Mystère

« Dieu est amour ». C’est un mystère. Il est l’amour non d’abord parce qu’il nous aime (comme si nous lui étions nécessaires pour qu’il puisse être l’amour), il est l’amour en lui-même, don et échange éternels et incompréhensibles. (La vérité est symphonique, p. 56).

479. La source

Le oui de Marie est la source et l’origine de toute prière. La prière se mesure à ceci : dans la mesure où ce oui retentit vers Dieu, une parole est prière… Toute demande de Marie au Fils et du Fils à son Père ont lieu à l’intérieur de l’accord déjà établi avec la volonté du Père… Aucune prière ne peut poser de conditions, elle commence vraiment là où elle se décide à abandonner les conditions, quelques craintes que l’on ait. (Cordula, p. 32).

480. Les éléphants

Le P. Balthasar : Péguy a presque entièrement fait retomber les responsabilités de la déchristianisation moderne sur le clergé et les religieux…

« Il faut se méfier des curés. Ils n’ont pas la foi, ou si peu. Ils sabotent les jardins éternels… Ils sont comme des pieds d’éléphants lâchés dans les jardins du Seigneur. Ainsi les curés travaillent à la démolition du peu qui reste. Ils ne veulent pas faire leur mea culpa… Ce sont eux qui sont chargés de prier pour les péchés du monde, et aujourd’hui, nous avons l’impression qu’ils ont gouverné de telle sorte que c’est le monde qui aura besoin de prier pour eux ». (La gloire et la croix, II, 2, p. 340).

481. Le drame

Entre Dieu et l’homme, il y a un drame : la liberté perverse rejette toute sa faute sur Dieu, unique accusé et bouc émissaire; et Dieu se laisse atteindre de plein fouet, non seulement dans l’humanité du Christ, mais aussi dans la mission que la Trinité confie à ce dernier…

Mystère ténébreux de la séparation de Dieu et de son Fils, chargé du péché. Impuissance toute-puissante de l’amour de Dieu… Ce qui est « éprouvé » est le contraire de ce qui arrive de fait. (Dramatique, III, p. 311).

482. La bombe

Résurrection du Christ : Même s’il est impossible de raconter avec précision ce qui a pu se passer le jour de Pâques, il est sûr que c’est comme une bombe spirituelle qui y a éclaté.

Jésus a été crucifié en l’an 30. Paul s’est converti en 32, au plus tard en 34. Il atteste avoir reçu la formule christologique qui contient tout en germe : « Il est ressuscité le troisième jour selon les Ecritures, il est apparu à Céphas puis aux Douze… (1 Co 15, 3-5). (Nouveaux points de repère, p. 156).

483. Le drame

L’homme existe avec sa jouissance et son tourment, et il existe aussi un Dieu qui de l’intérieur en sait le pourquoi.

Le drame de l’existence humaine se joue sous le regard de la divinité qui, à la fois, domine cette existence et y participe. (Dramatique, II, 1, p. 38).

484. Grain de blé

L’énergie transformante du Christ réside dans l’absence de forme du grain de froment qui meurt et pourrit dans la terre et qui ressuscite non pas pour lui-même, mais pour l’épi.

Ce mouvement d’enfouissement dans le sol est commun à toutes les formes de vie chrétienne : mariés et non mariés, actifs et contemplatifs. (L’amour seul est digne de foi, p. 175).

485. Eucharistie

Ceux qui reçoivent l’eucharistie vraiment sont englobés dans l’abandon du Christ, dans le sacrifice du Christ, comme le fut sa mère au pied de la croix, non en faisant le sacrifice, mais en le laissant se faire. Laisser faire, dire le oui par lequel on est présent et utile, c’est l’action propre de l’Eglise. (Nouveaux points de repère, p. 142).

486. Aimer

Le mot ultime qui lie Dieu et l’homme est en même temps le mot décisif entre l’homme et l’homme : il s’agit d’aimer.

Et il s’agit pour Dieu d’un amour qui mobilise toutes les forces de l’âme, y compris le penser et le connaître. (Théologique, II, p. 26).

487. Incroyant

Freud souffrait beaucoup vers la fin de sa vie. Il disait : « Puisque je suis profondément incroyant, je n’ai personne à accuser et je sais qu’il n’y a pas de lieu où l’on puisse déposer plainte ». (Dieu et la souffrance, p. 6).

488. Enthousiasmes

Dans l’expression de la foi chrétienne, il se trouve des « enthousiasmes creux et de mauvais aloi ». (Dramatique, IV, p. 341).

489. La foi

Pour saint Paul, la foi c’est, entre autres choses « une lutte pour étendre à la totalité de l’existence visible la puissance de l’invisible ».

La foi chrétienne est ce qui nous introduit dans l’attitude la plus profonde de Jésus.

La foi de Jésus en Dieu était inconditionnée et il a l’audace d’y introduire ses disciples à force de prière, de courage à les porter, mais aussi d’exigence. Dieu a répondu à cette audace par la Résurrection, désignant ainsi dans cet audacieux quelque chose de plus qu’un simple homme. (La foi du Christ, p. 46-49).

490. Le saint

Sur le plan des réalisations effectives, le prêtre n’est pas supérieur au laïque, ni le laïque supérieur au prêtre. Un seul ici pourrait prétendre à une supériorité, mais il ne le fera jamais, c’est le saint. (Le chrétien Bernanos, p. 82).

491. La grâce

Dieu est « si visible qu’aucun homme ne peut le méconnaître sans se rendre coupable, et si secret que personne ne peut l’apercevoir sans les yeux de la grâce ». (Le coeur du monde, p. 226).

492. Amour

La pensée que Dieu aurait de la haine pour les pécheurs et les damnés est intolérable. Dieu ne refuse jamais d’aimer de sorte qu’il pourrait exister des êtres qui se perdraient à jamais faute d’avoir été suffisamment aimés par Dieu. Il n’y a pas, il n’y aura jamais de mal-aimés du Dieu qui est l’Amour même.

L’enfer, comme refus absolu de l’amour, n’existe jamais que du côté de celui qui le crée constamment pour lui-même. Le Christ ne destine personne à sa perte. La perdition naît du fait que l’individu persiste dans son propre égoïsme. (Dramatique, IV, p. 253-254).

493. Au pied du mur

La conversion, c’est quand une liberté qui était gouvernée jusque là par des motivations terrestres et secondaires se trouve tout à coup au pied du mur sous la lumière crue de l’absolu. (Dramatique, III, p. 97).

494. Le jugement de Dieu

L’homme qui porte son regard sur le Transpercé sera tellement accablé par la grandeur de l’Unique et par sa propre bassesse qu’il n’aura aucunement le temps de réfléchir à la situation des autres hommes : il ne subsiste en aucune manière et il reste définitivement au-dessous du seuil de ce qui est exigé.

L’appréciation d’une possible perdition éternelle ne peut et ne doit être qu’une considération que chacun fait pour soi-même : la dernière conséquence de mon appréciation personnelle de mes péchés faite en face du Crucifié.

Je me reconnais moi-même comme un arbre stérile qui n’a donné aucun fruit au Seigneur lorsqu’il avait faim et qui a mérité pour cela la malédiction du dessèchement définitif.

Personne ne subsiste en face de la norme devant laquelle il est placé. Mais ceci n’est pas le dernier mot. Car lorsqu’il contemple le Transpercé et comprend alors que lui, le coupable, l’a transpercé, alors il voit aussi que sa faute est absorbée dans cette blessure et qu’elle est expiée en elle.

Et c’est seulement en face de cette vision accablante pour son orgueil que se produit l’ultime décision. Ou bien il se jette volontairement et avec reconnaissance dans les flammes de Dieu qui doivent le purifier jusqu’à le transformer en celui qu’il voudrait être mais qu’il n’est pas encore, sans égard pour le mal que cela lui fait et sans égard au temps que cela durera, ou bien il hait cette image transfigurée de lui-même en Dieu, il ne veut pas être « étranger à lui-même » en Dieu, il veut être lui-même par lui-même, et alors la flamme de Dieu peut le saisir dans une intemporalité qui se poursuit aussi longtemps que sa volonté de se préserver et de ne pas capituler. (Article Jugement dans Communion, 1980/3, p. 28).

495. Dieu

Dieu est beaucoup trop grand pour qu’un seul point de vue sur lui puisse contenir l’essentiel, d’où la pluralité des points de vue théologiques même dans le Nouveau Testament : théologie de saint Paul, de saint Jean, de l’épître de Jacques, des épîtres de saint Pierre.

Dieu est beaucoup trop libre pour qu’il ne puisse inspirer que d’une seule manière un écrivain sacré.

Parmi les innombrables visions qu’avait Adrienne von Speyr et dont elle me racontait une partie, je n’en connais pas une qui n’aurait contenu un « fruit spirituel » fermement souligné, valable pour tous. (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 67).

496. L’art de Dieu

La Révélation contenue dans l’histoire biblique du salut est placée devant le regard de l’humanité, au centre de son devenir historique. Tout homme qui passe devant elle doit la percevoir et déchiffrer l’énigme divine qu’elle contient.

Cette figure est dessinée avec une telle maîtrise qu’elle n’offre pas le moindre trait qui puisse être déplacé; les masses sont si bien réparties qu’elles se font équilibre à l’infini et résistent à tout changement.

L’art de Dieu au centre de l’histoire est sans défaut et toute critique de son chef d’oeuvre retombe aussitôt sur l’objecteur. (La gloire et la croix, I, p. 145).

497. Trinité

Le Christ est la concentration pour nous du mystère trinitaire. Un traité de la Trinité détaché de la christologie sombre dans des abstractions stériles. (Article paru dans Collectanea Cisterciensia, 1975, p. 13).

498. Le terme de notre vie

Dieu nous invite à un grand acte de remise nous-mêmes au terme de notre vie, et cela même quand celui qui souffre se trouve vidé intérieurement malgré lui et se débat de toutes ses forces contre une chose qui lui paraît absurde parce qu’elle le domine de sa contrainte souveraine. (Dramatique, IV, p. 452).

499. La voix de Dieu

Cette voix murmure en venant de l’éternité; et sans priver de son sens ou de sa valeur ce qui est du monde, elle donne à tout une profondeur d’abîme, qui fait éclater ce qui était clos, relativise ce qui paraissait définitif, donne un fond caché à ce qui était simple, adoucit le douloureux, apaise le tragique.

Renoncer peut signifier : être enrichi sans mesure; mourir peut signifier : plonger dans la vie éternelle; avouer sa faute peut être l’acte par lequel on se jette dans les bras de la miséricorde éternelle et on se sait sauvé. (La prière contemplative, p. 38).

500. S’étonner

Marie se met en route à la hâte : ce départ est dû à sa docilité à la parole de l’ange qui lui avait dit simplement ce qui était arrivé à Elisabeth… On peut connaître quelqu’un d’une manière purement terrestre, on peut le connaître aussi en Dieu…

Une légère crainte a pu occuper Marie : à quoi s’attendre dans cette nouvelle rencontre? Elle porte ce par quoi elle se laisse porter. Toute foi dans l’Eglise doit prendre modèle sur la sienne, une foi qui porte en soi un contenu plus grand qu’elle ne peut le comprendre et qui, pour cette raison, se laisse docilement porter par lui.

L’Enfant est transporté ça et là comme dans un noviciat où l’on est dirigé ça et là comme un enfant. Premier apprentissage de l’acte dont tout chrétien devra se montrer capable : se laisser docilement « mener là où il ne voudrait pas ».

Tout chrétien dont la foi est vivante s’étonne pendant toute sa vie que de telles choses se présentent à lui. L’Esprit montre à Elisabeth qu’en cette personne qu’elle connaît si bien il y a quelque chose d’extraordinaire. La grâce qui est en elle, et qui en six mois pourrait devenir presque une routine, cette grâce s’agite charnellement en elle et l’avertit que, une fois de plus maintenant, il faut s’étonner. (Triple couronne, p. 23-29).

501. Au-delà du souci

Jésus est dès le commencement au-delà du souci (souci du lendemain, souci d’avoir de quoi manger et se vêtir, cf. Mt 6, 25), et dans l’insouciance de celui qui a tout abandonné au Père prévoyant, une fois pour toutes.

Il a renoncé à disposer de lui-même. Il a répudié toute prévoyance et abandonné toute providence au Père qui l’envoie et le conduit. Cela le dispense de toute obligation de calculer, de doser, de procéder avec diplomatie; cela lui donne l’élan infini qui n’a pas besoin de se préoccuper des murs de la contradiction, de la douleur, de l’échec et de la mort, puisque le Père le conduit et le reçoit à la fin suprême de la nuit.

Par l’acte d’obéissance totale, le Fils est ainsi parvenu à la liberté totale. (Qui est chrétien?, p. 66-67).

502. Le centre

L’eucharistie est la réalité centrale de l’Eglise. (Aux croyants incertains, p. 96).

503. Mariage

Il arrive que le corps pervertisse le don de soi au lieu de le traduire. Pour Bernanos, le mariage est essentiellement quelque chose de plus que cette maison terrestre d’où le regard tâche d’atteindre, à travers les fenêtres, un horizon d’éternité. (Le chrétien Bernanos, p. 345).

504. La Révélation

Ce qu’a de propre la Révélation judéo-chrétienne, c’est que la Parole de Dieu dit pour l’essentiel des choses que l’homme ne peut pas savoir par lui-même.

Des choses qui ne concernent pas d’abord l’homme, mais Dieu; des choses cependant qui concernent l’homme parce que Dieu le concerne en s’adressant à lui.

Et cette Parole ne peut retentir de manière significative qu’en UN point du temps et de l’espace. (De l’intégration, p. 193).

505. Mûrir

Le temps présent est un temps de mûrissement pour s’ouvrir à Dieu. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 96).

506. Les nuages

Dieu au-dessus des nuages? Mais l’Ancien Testament sait déjà que les cieux des cieux ne l’enferment pas. Saint Augustin : « Dieu est immense, de sorte que, quand on l’a trouvé, on continue à le chercher ». (Simplicité chrétienne, p. 15).

507. Majeur

La règle suprême de l’existence du Christ, l’obéissance à son Père, est la propre règle de vie du chrétien.

Est majeur celui qui, grâce à l’éducation reçue de l’Eglise, est parvenu à sortir de son égoïsme, manifeste ou caché, et pratique en toute situation l’obéissance du corps à l’égard de la Tête, ou de l’humble servante à l’égard du Seigneur et de l’Epoux. (Retour au centre, p. 146).

508. Le coeur

Même quand Dieu se révèle, il demeure l’insaisissable. Le dévoilement du « coeur de Dieu », l’acte qui nous montre réellement qui il est, ne s’opère que dans le déroulement de son histoire avec les hommes.

De même, nous ne connaissons l’homme que dans son existence historique. Pour le connaître il faut toujours regarder le drame qui se joue entre Dieu et lui. (Dramatique, II, 1, p. 10).

509. La source

Le Fils connaît cette source mystérieuse (l’Esprit Saint), il la possède en lui (Jn 7, 37; 14, 10) et il la promet à quiconque veut vivre avec lui dans l’Esprit Saint (Jn 7, 37; 4, 14). (La prière contemplative, p. 200).

510. Le pouvoir

Dieu n’a qu’un pouvoir d’amour. Sa plus grande puissance, il la manifeste dans sa faiblesse (la croix). De même pour l’Eglise : les trois voeux. Dans l’Ancien Testament déjà : les humbles. Et Marie. (De l’intégration, p. 216-224).

511. Communion

Le complément essentiel et nécessaire de la prédication, qui explique la Parole de Dieu, est l’entretien spirituel, dans lequel plusieurs chrétiens s’enrichissent mutuellement par la communication des lumières obtenues dans la prière.

Cela doit se passer en toute simplicité et humilité, en toute discrétion aussi, mais tout autant dans un esprit de communion ecclésiale, selon lequel « les membres doivent avoir un égal souci les uns des autres » (1 Co 12, 25). (La prière contemplative, p. 224).

512. Dignité

L’homme paraît un être presque étranger à la divinité. Quand il s’unit à Dieu, il ne perd pas sa consistance. Au contraire, Dieu ne nous contraint pas à entrer de force dans un amour.

Mais l’union avec Dieu non seulement respecte la personnalité, elle la construit en dégageant toutes les virtualités inconnues qu’elle possède. Tel est le fondement de dignité éternelle qui sera donné à chacun. (Dramatique, IV, p. 93).

513. Confession

Un jour saint Ignace s’est confessé à un prêtre tiède pour lui montrer ce que doit être une conscience authentique des péchés et une vraie confession. (Le complexe antiromain, p. 329).

514. Dieu

Tu voudrais trouver Dieu et Dieu te tient depuis longtemps dans sa main. (Le coeur du monde, p. 23).

515. L’homme

L’homme n’est pas ce qu’il pense être par lui-même, mais ce à quoi Dieu le destine. (Dramatique, II, 2, p. 214).

516. Foi obscure

Celui qui ne comprend plus Dieu peut peut-être comprendre encore que même le Fils de Dieu ne comprend plus pourquoi le Père l’a abandonné. (La prière contemplative, p. 220).

517. Le centre

Plus nous approfondissons notre esprit, plus nous nous rapprochons du centre vital qui est Dieu. (A propos de Nicolas de Cuse, dans La gloire et la croix, IV, 3, p. 33).

518. La lutte

Le chrétien, comme tout homme, est exposé au risque de la liberté et, par là, à la possibilité de l’échec tragique. Le chrétien peut être encore un homme tiraillé par le doute le plus profond, le plus grand péché, la souffrance, la lutte, le manque de foi, les maux temporels sans issue, l’absurdité apparente. (Dramatique, I, p. 361).

519. Le Ressuscité

Les récits de la Résurrection nous montrent quelqu’un qui se possède, qui donne à se connaître dans la plus grande liberté et souveraineté au moment qui lui convient, qui se retire pareillement et qui dispose de tout avec plein pouvoir.

(Or le Ressuscité, c’est le même que le Crucifié, le Fils du Père qui a abandonné sa forme divine). Qu’il ait pu se donner ainsi, il en remercie le Père éternellement, eucharistie substantielle du Père, qui comme telle ne devient jamais pur passé et simple souvenir. (Nouveaux points de repère, p. 326).

520. Le rocher

L’homme est un être hybride qui s’avère incapable de trouver son achèvement lui-même. En effet son existence est vouée à la mort. La mort est un rocher jeté sur son chemin et aucune possibilité ne lui est donnée apparemment de le franchir.

L’homme ne peut parvenir à son achèvement. La mort s’attaque ainsi au coeur du sens de la vie. Dès qu’il a eu conscience de sa dignité, l’homme s’est trouvé en présence du ver qui ronge le coeur de sa liberté et de son amour. (A propos de saint Augustin, dans De l’intégration, p. 60-62).

521. Satan

« L’énorme puissance satanique ». Le satanique nous touche de si près que nous n’arrivons pas à détourner le regard de sa tête de méduse… Devant le Dieu de l’ancienne et de la nouvelle Alliance, il se dresse en menaçant du poing. (Dramatique, IV, p. 189).

522. L’essentiel

Pour avoir prononcé un oui inconditionnel, Marie a déjà compris l’essentiel du christianisme. J’irai même jusqu’à dire qu’au pied de la croix elle a compris qu’il nous faut dire oui à ce que nous comprenons le moins. (Marie pour aujourd’hui, p. 40).

523. Transcendance

Dieu ne peut être embrassé par aucune pensée humaine. Et même quand il se donne, il échappe à toute tentative de le saisir. Même quand Dieu se révèle d’une manière définitive en Jésus Christ, il demeure l’insaisissable, il demeure dans son inaccessible transcendance. (Jésus nous connaît-il?, p. 74).

524. Parler de Dieu

Celui qui doit parler de Dieu est d’abord lui-même un homme devant Dieu, en Dieu, ravi et mis en question, comblé et dépouillé, et Dieu, à la fois, détermine totalement tout discours qu’on tient sur lui et continue toujours à le surplomber. (J.-M. Faux dans un article sur Balthasar dans Catéchistes, N° 97, p. 154).

525. Rencontrer Dieu

L’homme est appelé à rencontrer Dieu, il le connaîtra dans la foi vivante, dans ces touches secrètes au fond de l’âme qui rendent sa présence et son action évidentes. (La foi du Christ, p. 162-163).

526. Manger

Le Christ ressuscité peut bien manger, mais il n’en a nul besoin. (Dramatique, IV, p. 433).

527. L’Eglise

L’Eglise existe parce que, dans le Christ, Dieu est intervenu dans le monde visible et dans le destin de l’humanité; il ne s’est pas présenté comme un individu quelconque perdu dans l’histoire du monde, mais il a été conçu dans le sein d’une mère bien précise, dans un peuple bien précis, et il a fondé une communauté bien précise, qui croit en lui et qui l’aime.

C’est à elle qu’il a confié ses pouvoirs et sa mission, qu’il s’est légué lui-même dans son eucharistie. Le banquet des noces qui doit rassembler un jour tous les hommes dans la demeure du Père est déjà commencé dans l’Eglise.

Et l’Eglise doit sortir dans toutes les rues et sur toutes les places pour inviter les hommes à venir au centre de la fête. Elle doit au moins faire briller sur leur vie quotidienne et sur leur rude peine un reflet de la fête. (Points de repère, p. 222).

528. Un champ de liberté

L’homme est par nature religieux, il est un chercheur d’absolu. Le choix du chemin lui est d’abord laissé. Cela ne signifie pas que Dieu l’ait laissé seul lors de la création ou l’ait abandonné après son péché, mais qu’il reste voilé et qu’il laisse à l’homme son champ de liberté. (Simplicité chrétienne, p. 7).

529. Un voile de misère

Tout ce qu’il y a de vital dans le sacrifice ecclésial de l’eucharistie restera caché sous le voile de misère d’une simple cérémonie. (Triple couronne, p. 43).

530. L’eucharistie et Marie

Nous ne savons pas si Marie a communié lors d’une célébration de l’eucharistie; mais elle sait mieux que quiconque, saint ou pécheur, ce que signifie « recevoir le Fils en plénitude ».

Elle n’a certainement pas reçu le sacrement de la confession, mais personne n’a comme elle dévoilé à Dieu le secret de son âme, non seulement de temps à autre, mais à chaque instant de son existence.

Marie préside à toute sainte communion et elle sanctifie tout ce que, pauvres pécheurs, nous accomplissons. (Marie pour aujourd’hui, p. 43).

531. Le danger

« Dieu est dangereux : ne le laisse pas entrer vraiment dans ta vie ». (Le coeur du monde, p. 124-141).

532. Utopies

Le monde entier doit entrer dans la gloire de Dieu ouverte par le Ressuscité. Par le fait chrétien – qui doit maintenant être annoncé au monde entier – une énergie a été enfouie dans le monde définitivement et d’une manière insurpassable.

Par la résurrection des morts, le Christ dépasse d’avance le monde et ses utopies les plus extrêmes. Quelle utopie terrestre serait capable de nous ramener le passé, la mort, les milliards de morts qui nous ont précédés, et pire encore, leurs affreuses souffrances, incompréhensibles en elles-mêmes, absurdes pour le monde, et d’en faire l’avenir et la bienheureuse espérance de la gloire (Ti 2,13).

Il y a là une « solidarité » qu’aucun socialisme ne peut connaître. Et cette espérance la plus utopique est réellement enracinée dans les coeurs des croyants par la résurrection de Jésus qui n’est pas un mort quelconque. (La nouvelle Alliance, p. 440-441).

533. Le trésor

« La prodigalité, voilà mon trésor, et seul me possède celui qui me répand. Ne suis-je pas en effet le Verbe, c’est-à-dire la Parole, et comment possède-t-on une parole, sinon en la proférant? » (Le coeur du monde, p. 85).

534. La porte

Nous entrons dans l’intérieur de Dieu par la porte de la blessure du côté. (La prière contemplative, p. 72).

535. Le ciel

Le ciel, c’est d’être auprès de Dieu. Nous plongerons éternellement non seulement dans les profondeurs toujours nouvelles de Dieu, mais aussi dans les profondeurs inépuisables de nos compagnons de création, les anges et les hommes.

Mais toute personne ne jouit de la liberté d’être connue que si elle s’ouvre d’elle-même. Et c’est la grâce qu’aura obtenue chacun des habitants du ciel de s’ouvrir à tous en toute liberté dans un don absolument unique. C’est pourquoi le ciel sera le contraire de l’ennui. (Triple couronne, p. 121).

536. Le péché

L’essence du péché, c’est le mensonge… Il est plus facile qu’on ne le croit de tromper sa conscience. (La prière contemplative, p. 314).

537. Une présence secrète

Dieu, la liberté infinie, se présente voilé, afin de laisser du champ à la liberté finie. Mais tout en demeurant cachée, la liberté infinie prend l’homme par la main et l’accompagne. Cette présence secrète l’escorte à travers l’histoire jusqu’au jour où elle se manifeste visiblement dans la deuxième personne de la Trinité, en Jésus Christ, le Fils de Dieu fait homme. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 277).

538. L’appel de Dieu

Marie, à chaque instant de son existence, est disponible pour l’appel de Dieu. Pendant le temps où elle est libre de ses choix, avant que l’appel lui soit adressé, elle peut prendre des décisions qui paraissent contraires à sa vocation ultérieure : la décision de son mariage avec Joseph; mais, pour un regard plus pénétrant, même ces décisions s’insèrent dans sa vocation et lui sont même nécessaires : en raison de ce lien avec Joseph, son Fils va pouvoir être considéré à bon droit comme le Fils de David.

Et de plus, dans la scène de la vocation, elle peut manifester sa perplexité sans le moindre désordre en demandant comment elle doit agir en conformité avec la volonté de Dieu… Choisir ce que Dieu a choisi pour moi… Choisir le chemin précis que Dieu a choisi pour moi. (Une théologie des Exercices, p. 69-72).

539. Les gens simples

Comme l’homme Jésus fut caché parmi les hommes, ainsi l’Eglise dans l’histoire d’aujourd’hui. La chair voile.

On a besoin d’un regard éclairé par la grâce (« Ce n’est ni la chair ni le sang qui t’ont révélé cela ») pour découvrir, à travers la forme du serviteur (à travers aussi la forme du péché) la grandeur. Ce sont les gens simples qui la voient le plus facilement, même s’il arrive que ce soit par l’entremise du folklore, de la camelote, de l’art de mauvais goût. Les sages aussi la découvrent, au cas où ils ont été purifiés par des renoncements et des humiliations.

Ne la voient pas les sept fois prudents, les théologiens de télévision, les vicaires sociologiques, tous ceux qui croient pouvoir manipuler la catholicité pour la rendre plus attrayante ou plus à leur convenance. (Catholique, p. 128).

540. Absence de Dieu

Même pour le plus juste de tous les justes (Jésus), une loi de fer veut que, à l »heure de Dieu », au « jour de Dieu », qui est le jour du jugement et de la colère, les biens du Père, la foi vécue et sentie, la charité et l’espérance, soient placés dans un endroit inaccessible, en Dieu.

Tout ce qui vient du ciel semble avoir disparu, les images célestes sont voilées. Ce n’est plus que dans la nudité, dans la pauvreté et l’humiliation extrêmes, que tous crient vers Dieu : Isaac, Job, Jérémie, et enfin Jésus, par la sombre porte.

L’Occident garde cachée, comme une relique précieuse, cette expérience de nombreux saints, imitation du samedi saint, expérience du Christ descendant aux enfers : « Dieu est mort pour moi », et il ne sait plus rien de l’espérance, et ce qui est maintenant semble devoir durer toujours, et il semble même qu’il en a toujours été ainsi. (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 264-267).

541. Le faux-semblant

Rien ne tue plus sûrement la foi dans le coeur des hommes que le faux-semblant et le manque d’humanité des dévots, des hommes d’Eglise. (En lisant La prière contemplative).

542. Perméabilité

La foi chrétienne, c’est de reconnaître qu’il existe une « révélation spontanée de Dieu ». Et être croyant c’est, devant cette révélation spontanée, se tenir en état de réceptivité.

Le Christ est venu et il a commencé par montrer aux coeurs « ce qu’est la transparence confiante à Dieu » et par les y exercer. Jésus aide les hommes à poser l’acte de foi. « Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5), mais aussi : « Je puis tout en Celui qui me rend fort » (Ph 4, 13).

L’acte de foi central est « un acte de reconnaissance de la supériorité totale de Dieu en fait de savoir et de pouvoir ». Ce doit être un acte humain, objet d’une responsabilité spirituelle. Toute religion vraie repose sur une relation d’ouverture humaine, de don de soi, de disponibilité, de perméabilité à la puissance de Dieu. (De l »intégration, p. 213).

543. Notaire

« Un curé est comme un notaire. Il est là en cas de besoin. Faudrait pas tracasser personne ». (Le chrétien Bernanos, p. 374).

544. L’amour facile

Ce n’est que tout à fait à la fin, dans les deux dernières années, que le commandement de l’amour du prochain devient pour Thérèse facile et lumineux. Auparavant, donc presque toute sa vie, il se tenait uniquement sous le signe de l’obéissance. (Thérèse de Lisieux, p. 193).

545. Eucharistie

L’eucharistie, c’est le Seigneur qui se donne et une communauté qui a faim de lui. (La gloire et la croix, I, p. 504).

546. Le Père

Le Christ vient du Père et retourne au Père. Cette aspiration du Fils premier-né à revenir dans le sein du Père souligne la supériorité infinie que Dieu conserve sur le monde.

Le Christ ne connaît pas de christocentrisme. « Le Père est plus grand que moi » : parce que la source existe avant l’eau qui en jaillit. (Points de repère, p. 153-155).

547. Eucharistie

L’eucharistie, c’est l’événement sans cesse renouvelé par lequel le Seigneur transfiguré se rend présent dans la temporalité de son Eglise. (La méditation chrétienne, p. 102).

548. Le Serviteur

Pour nous prouver sa divinité, Dieu l’a quittée pour devenir notre serviteur. Dieu possède une liberté si souveraine qu’il a pu se quitter lui-même…

Que vous l’aimiez, ce n’est pas cela l’amour. L’amour, c’est qu’il ait donné son âme pour vous, ses frères. Ce fut là sa béatitude éternelle : se multiplier à l’infini dans le mystère du pain et du vin pour vous nourrir de sa vie divine. (Le coeur du monde, p. 193-194).

549. Abandon

Pour donner tout amour, Jésus renonce sur la croix à tout amour, non seulement à celui des pécheurs sans amour, mais aussi à celui de l’Eglise aimante (en Marie) et à celui du Père lui-même. Sans cet abandon total, le don chrétien n’est pas possible. (Dans la revue Concilium, N° 29, 1967, p. 44).

550. Porter le péché du monde

Pour porter le péché du monde, le Christ n’a pas traîné extérieurement une lourde charge, mais en expérimentant lui-même ce qu’est en vérité le péché tel que Dieu le voit : la privation de la gloire de Dieu, la privation de l’accès à lui par la foi, l’espérance, la charité.

Saint Jean de la croix, comme beaucoup de ceux à qui il fut donné de revivre quelque chose des sentiments de Jésus crucifié, a décrit cet état comme une expérience semblable à celle de l’enfer, précisément sous son aspect de définitive perte de Dieu. (Nouveaux points de repère, p. 217).

551. Paperasserie

« Et quand on dit que l’Eglise a reçu des promesses éternelles…, il faut entendre rigoureusement par là qu’elle a reçu la promesse qu’elle ne succomberait jamais sous son propre vieillissement, sous son durcissement, sous son raidissement, sous son habitude et sous sa mémoire. Qu’elle ne serait jamais du bois mort et une âme morte… Qu’elle ne succomberait jamais sous ses dossiers et sous son histoire. Que ses mémoires ne l’écraseraient jamais totalement. Qu’elle ne succomberait jamais sous l’accumulation de sa paperasserie, sous la raideur de sa bureaucratie. Et que les saints rejailliraient toujours ». (Citation de Péguy dans La gloire et la croix, II, 2, p. 324).

552. S’abandonner

L’acte humain fondamental est celui qui consiste à s’abandonner avec une totale confiance à une réalité qui vient et dont on ne peut disposer, une réalité qui peut porter aussi bien le nom de la mort que celui de Dieu. (La nouvelle Alliance, p. 125).

553. Omniprésent

Le Christ que connaît Paul, le seul qu’il veut connaître (2 Co 5, 16), c’est celui qui est spirituellement et divinement omniprésent, au-dessus du temps et de l’espace, apparaissant soudainement, comme sur le chemin de Damas, à ceux qu’il veut visiter, dont il veut remplir le coeur, qu’il s’est choisis comme vases, pour qu’ils ne vivent plus eux-mêmes, mais que le Christ vive en eux. (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 116).

554. Le Messie

Un juste souffrant, oui; même un prophète souffrant, oui; mais l’idée d’un Messie souffrant n’existe pas au temps de Jésus. (Le mystère pascal, p. 191).

555. Purification

La purification consiste essentiellement dans l’éclatement du repli du moi sur lui-même. Elle trouve son achèvement dans une réponse disposée à expier non seulement la faute personnelle, mais encore toute faute, quel qu’ait été son auteur. (Dramatique, IV, p. 350-351).

556. L’action

La Révélation entend communiquer à l’homme le moyen de se diriger dans l’action où se jouent l’initiative de Dieu et la réponse de l’homme… La Révélation a son centre d’unité dans le Christ, Parole définitive de Dieu… Cette Parole apporte au croyant tout ce qu’il doit connaître de décisif sur le comportement de Dieu et sur son propre comportement. (Dramatique, II, 1, p. 104).

557. La rose

Il est des « instants privilégiés », des « rencontres inopinées », où se révèle à nous une réalité unique et précieuse, quelque chose de beau, de réussi, où on se dit : « Est-il possible que pareille chose existe! » Selon Platon et Aristote, cet émerveillement est le premier éveil de l’acte philosophique.

« La rose est sans pourquoi : elle fleurit parce qu’elle fleurit ». « La rose que voient tes yeux terrestres, elle a fleuri de tous temps dans l’éternité de Dieu ». Ce qui devient évidence dans l’instant privilégié est une structure fondamentale de l’esprit. (Dramatique, II, 1, p. 18).

558. Foi vivante

La foi vivante qui aime et qui espère est en nous une forme de l’imitation du Christ; elle a besoin en cette vie de la forme de l’esclave et de l’humiliation pour devenir féconde pour la vie éternelle.

Toute lumière nouvelle accordée à la foi la rend capable de s’abandonner plus foncièrement et plus réellement à l’obscurité supralumineuse de l’amour divin toujours plus grand. (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 278-280).

559. La Vérité

La Vérité dont parle Jésus, c’est la vie trinitaire, l’échange entre le Père et le Fils. (Dramatique, IV, p. 184).

560. L’enfant prodigue

L’histoire de l’enfant prodigue est l’histoire de tout le genre humain. C’est un drame réel de l’amour réel et de la liberté réelle. La joie et la fête du Père sont authentiques tout comme l’étaient la souffrance du père et aussi celle du fils. (Dramatique, II, 2, p. 7).

561. La volonté de Dieu

Le chrétien et l’Eglise, dans les décisions ponctuelles à prendre avec les autres ont aussi, en plus de leur discernement propre, à tourner dans une humble prière leur regard vers le Fils obéissant afin de trouver par lui et en lui la volonté de Dieu pour le moment précis de l’action présente. (Dramatique, II, 1, p. 72).

562. Une mort de criminel

Le juge unique du monde que le christianisme reconnaît est quelqu’un qui, sans péché, était solidaire de tous les pécheurs, et qui n’a pu faire connaître sa vérité autrement qu’à travers une mort de criminel. (Dramatique, I, p. 384).

563. La beauté du monde

Dieu se rappelle à nous par la beauté du monde. (A propos de Hugues de Saint-Victor, dans La gloire et la croix, IV, 2, p. 41).

564. Entendre une exigence

La Parole de Dieu peut exiger de moi aujourd’hui quelque chose qu’elle n’a pas encore exigé hier, et c’est pourquoi je dois absolument, pour entendre l’exigence, être foncièrement ouvert et attentif…

La Parole de Dieu nous enseigne aujourd’hui comme si nous n’avions rien su jusqu’à présent. (La prière contemplative, p. 18-19).

565. Le levain

La totale pénétration du monde par le levain chrétien reste une tâche toujours proposée, jamais accomplie. (Nouveaux points de repère, p. 9).

566. Communion

Le Christ : on peut vivre une communion permanente avec lui, et par là une existence au sein de la vie trinitaire qui nous dépasse complètement. C’est cela que nombre de ses paroles nous disent expressément d’une manière simple, en des mots compréhensibles à tous. (Simplicité chrétienne, p. 82-83).

567. La conscience de Jésus

« Il est tout aussi ridicule qu’irrespectueux de demander quelle impression peut éprouver celui qui est Dieu incarné » (Citation de E. L. Mascall dans Dramatique, II, 2, p. 132).

568. Marie

Marie est le centre permanent de l’Eglise. (L’engagement de Dieu, p. 29).

569. L’Esprit

L’Esprit souffle toujours dans le sens de l’unité divine et de la charité fraternelle (même si la contradiction s’impose). (Le complexe antiromain, p. 327).

570. Cohérence

La résurrection du Christ, c’est le passage définitif de la mort à une nouvelle forme de vie, éternelle, en Dieu.

Il prend l’initiative de se montrer tout en restant voilé. Mieux vaut ne pas parler de visions, mais de rencontres avec le Christ vivant.

Pour la première fois, il y a reconnaissance de la divinité du Ressuscité. Toute la vie de Jésus et toute l’Ecriture reçoivent de Pâques leur cohérence. (Edith Charleux-Herbeau, résumant la pensée de Balthasar, dans un Travail de licence, p. 17).

571. S’exprimer

Dieu aura toujours la possibilité de s’exprimer sans ambiguïté en face de l’une de ses créatures, et spécialement dans l’Eglise. (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 34).

572. Les pensées

Dieu « n’a pas besoin de nos belles pensées, de nos oeuvres éclatantes; s’il veut des pensées sublimes, n’a-t-il pas ses anges, ses légions d’esprits célestes dont la science surpasse infiniment celle de nos plus grands génies de notre triste terre? » (Thérèse de Lisieux citée dans Thérèse de Lisieux, p. 404).

573. Vivre

Le monde veut vivre, il veut ressusciter avant de mourir tandis que l’amour du Christ veut mourir pour ressusciter au-delà de la mort dans la condition divine.

Mais la vie du monde qui veut vivre avant de mourir n’a aucun espoir d’éterniser le temporel. A cette volonté de vivre qui possède le monde, la Parole de Dieu en Jésus Christ apporte l’unique espoir, imprévisible, situé au-delà de toutes les constructions éventuelles du monde. Pour la volonté du monde, c’est une construction de désespoir parce qu’elle lui propose la mort. (L’amour seul est digne de foi, p. 177-178).

574. Le ciel

Le ciel désigne l’état définitif de la liberté confirmée dans son choix fondamental du bien, par Dieu se livrant totalement au regard de sa créature. (Dramatique, IV, p. 361).

575. Saint Paul

Paul est le premier grand interprète de l’événement christique. (Dramatique, IV, p. 15).

576. L’Esprit

C’est l’Esprit qui nous saisit, et non pas nous qui le saisissons. Et il se pose là où il trouve place, disponibilité, obéissance et abnégation. (Points de repère, p. 11).

577. Enfer

Le Christ lui-même présidera les assises du jugement dernier : lui, le réconciliateur et le sauveur du monde; lui, le médiateur mort sur la croix.

A la question : enfer éternel ou salut universel, je réponds : enfer et salut universel. (Dramatique, IV, p. 246-247).

578. Problématique

L’histoire de l’Eglise est une science très problématique. Qui sait si une moniale cachée, dont personne ne sait rien, n’a pas exercé, par sa prière et ses sacrifices, la plus grande influence sur l’histoire de l’Eglise ou de son pays? (Théologie de l’histoire, p. 121).

579. Préexistence du Christ

Le sens de la mort sur la croix, la résurrection, ne sont pas immédiatement accessibles à l’homme d’aujourd’hui : ce sont des pensées de foi.

Dans les quelques années qui ont suivi la mort, se sont formées les représentations de la préexistence de Jésus, de sa nature divine, de sa médiation dans l’acte de création, de l’envoi du Fils par le Père. Les premières lettres de saint Paul (50-57) en témoignent comme d’un bien indubitable faisant partie de la foi chrétienne. (En citant Herrmann dans Dramatique, II, 2, p. 61-67).

580. La majesté

Devant le mystère de la majesté absolue de Dieu, nous sommes placés dans une condition de dépendance et de service… Accueillir l’autre tel qu’il veut lui-même se donner… (Phénoménologie de la vérité, p. 244).

581. L’élan du coeur

Le tout du christianisme ne se dissout pas dans son utilité sociale… Le plus important, c’est le libre élan du coeur vers Dieu, la prière avant tout, l’adoration, l’action de grâce, le coeur qui se donne entièrement à Dieu. (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 55-56).

582. La symphonie

Dans sa Révélation, Dieu exécute une symphonie dont on ne saurait dire ce qui est le plus riche : l’unité d’inspiration de sa composition ou l’orchestre polyphonique de la création qu’il a préparé pour la jouer.

Avant que le Verbe de Dieu ne devînt homme, l’orchestre du monde jouait plus tôt au hasard : visions du monde, multiplicité des religions, ébauches d’Etats, chacun jouant pour soi. « Dieu a parlé jadis à nos Pères par les prophètes, à maintes reprises et sous diverses formes » (He 1, 1).

Puis vint le Fils, « héritier universel », en vue duquel l’orchestre avait été rassemblé. En faisant résonner sous sa direction la symphonie de Dieu, il révèle la raison d’être de sa diversité. (La vérité est symphonique, p. 8).

583. L’expérience

« L’expérience m’a prouvé trop tard qu’on ne saurait expliquer les êtres par leurs vices, mais au contraire par ce qu’ils ont gardé d’intact, de pur, par ce qui reste en eux de l’enfance, si profond qu’il faille chercher » (Citation dans Le chrétien Bernanos, p. 25).

584. Achèvement

La révélation venue par Jésus Christ apparaît comme l’achèvement gratuit, venant d’en haut, des aspirations fondamentales qui ont été déposées dans l’âme par le Créateur. (La prière contemplative, p. 273).

585. Quelqu’un a été crucifié pour moi

L’état de persécution est l’état normal de l’Eglise dans le monde…

Etre chrétien, c’est dire oui au fait que quelqu’un a été crucifié pour moi… Remercier avec toute sa vie parce qu’on est redevable de toute sa vie au Jésus historique : le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi. Et si je ne lui dois ma vie que parce qu’il a livré sa vie pour la mienne, cette reconnaissance ne peut être exprimée qu’avec ma vie tout entière…

Fatalité du christianisme : on ne peut remercier à meilleur marché qu’avec toute son existence. Dieu ne se contente pas d’un merci cordial. Dans les chrétiens il veut reconnaître son Fils. La seule norme de vérité pour le chrétien : Jésus m’a aimé et s’est livré pour moi… Je fleuris sur la tombe du Dieu qui est mort pour moi, j’enfonce mes racines dans le sol nourricier de sa chair et de son sang…

La foi, c’est témoigner sa reconnaissance à Dieu, c’est montrer qu’on a compris… L’existence du croyant doit être comprise à partir de la mort du Christ qui est pour nous le déploiement de la gloire de l’amour divin. Elle est le centre absolu de la réalité… Il faut donner à Dieu la prépondérance sur notre propre vérité et nos doutes et nos hésitations. (Cordula, p. 19- 23).

586. Le scandale

Si l’Eglise est un scandale pour le monde, ce n’est pas seulement parce qu’elle est toujours défaillante dans sa mission, mais parce que sa mission et son essence même l’obligent à rendre le Christ visible et présent.

Elle est doublement scandale : si déjà la prétention du Christ à être le représentant de Dieu fut un tel scandale que tous les siècles se sont efforcés de le neutraliser, quel scandale sera la prétention permanente de l’Eglise de prendre à son compte cette prétention du Christ! (Romano Guardini, p. 108).

587. Eucharistie

La liturgie est une plongée, à travers l’instant que nous vivons, jusqu’au fondement éternel et toujours présent de l’amour du Christ qui se donne, qui se sacrifie et qui transforme en lui le pain et le vin, de cet amour à raison duquel il est pour nous le Verbe. (Dans un article de la revue Christus, 1960, p. 485-486).

588. Mariage

Il y a un mariage entre Dieu et le monde. (La gloire et la croix, IV, 3, p. 14).

589. Les reliques

L’Eglise vénère les reliques des saints. Jésus Christ ne laisse aucune relique. Son humanité tout entière, il l’a consumée à la croix comme un holocauste total et, en ressuscitant, il l’a portée jusqu’à Dieu. Il ne nous a laissé que sa vivante eucharistie. Elle seule est encore notre « Terre sainte », qui peut être partout sur la terre. (Catholique, p. 114).

590. Vieillir

Vieillir, c’est avoir dépassé le sommet, s’incliner vers la fin physique; ce déclin peut et doit être rempli par la force morale du renoncement… Le vieillissement humain sans résignation est inconcevable… Et cependant la résignation n’est pas une vertu chrétienne. Le Christ n’était pas résigné à sa mort… ni aucun des saints, même pas dans leur vieillesse. (De l’intégration, p. 270).

591. Celui qui vient

« Voici qui serait digne d’une longue recherche : comprendre comment vient Celui qui est toujours présent » (Citation de Grégoire de Nysse dans Présence et pensée, p. 132).

592. Dieu est plus grand

La vérité de Dieu est plus grande que celle des hommes si bien que l’on peut pas toujours dire aux hommes les choses qu’on a comprises en Dieu. (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 16).

593. Incognito

« Dieu est comme un prince qui voyage incognito à travers son royaume ». (A propos de Shaftesbury dans La gloire et la croix, IV, 3, p. 83).

594. Le centre

Le centre du christianisme, c’est la résurrection des morts. C’est quelque chose qui dépasse toutes les attentes de l’homme livré à lui-même et qui dépasse toutes les représentations possibles.

Dès le début, les écrivains du Nouveau Testament se sont concentrés sur ce point unique. Tout le reste du Nouveau Testament est parti de là : le reste, c’est-à-dire l’incarnation, la vie de Jésus, son enseignement, sa Passion, l’ascension, l’effusion de l’Esprit.

Le coeur de la Bonne Nouvelle reçue de Jésus Christ par les chrétiens, c’est la résurrection des morts. En proclamant la résurrection de la mort, le christianisme a prétendu et prétend toujours pouvoir fournir ainsi la seule solution complète du problème de l’homme, la seule solution satisfaisante. Et par là, le christianisme se déclare supérieur à toutes les religions et à toutes les philosophies du monde, à une seule condition : c’est que toute sa certitude et la réalité qu’elle porte lui viennent d’un don purement gratuit de Dieu.

Toutes les parcelles de vérité contenues dans les religions et les philosophies de l’humanité sont en marche vers la révélation ultime de Jésus Christ : seule la résurrection des morts explique comment la fragilité de l’homme est reliée à l’éternité personnelle de Dieu et rachetée par elle. Fait inexplicable reconnu comme tel par les témoins oculaires et perçu en même temps comme la seule solution valable apportée à l’énigme de l’homme. (De l’intégration, p. 76).

595. Le ver

C’est quand tous l’écrasent comme un ver qu’il écrase le dragon (« Tu as foulé aux pieds le lion et le dragon »). « Ton coeur est inquiet jusqu’à ce que nous reposions en toi »… et toi en nous. (Le coeur du monde, p. 236).

596. La phrase

De même que, selon saint Augustin, une phrase prononcée doit être achevée pour que tout son sens puisse être perçu, de même l’événement salutaire de la croix et de la résurrection doit être passé pour qu’il puisse être vu pour la première fois dans sa vraie portée (grâce à l’Esprit Saint qui interprète). (La nouvelle Alliance, p. 249).

597. Le respect

… le respect de l’autre, forme durable de l’amour… (Grains de blé, II, p. 102).

598. Sacrements

La forme d’existence du Christ dans l’eucharistie et dans les sacrements n’est pas différente de celle des quarante jours entre Pâques et Ascension. Ici comme là, il est le Ressuscité, celui qui vit dans l’éternité mais qui, comme tel, accompagne les siens dans le temps; si réellement, que sans préjudice de son éternité, il vit dans leur temps. (Théologie de l’histoire, p. 93).

599. Incarnation

Dieu s’est immergé librement dans toutes les ténèbres du destin du monde. C’est là une offre et une chance incomparables. (Aux croyants incertains, p. 22-23).

 

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