Abbaye

Les chemins de la foi. IV

 

Hans Urs von Balthasar

 

Les chemins de la foi

Pensées d’un croyant

IV

 

600. Intimité

La Parole de Dieu signifie la puissance qu’a Dieu d’ouvrir à d’autres son intimité libre, donc cachée, et de la rendre accessible par pur don. (La Nouvelle Alliance, p. 234).

601. L’amoureux

Si… l’amoureux arrive à croire qu’il connaît en vérité la nature profonde de la personne qu’il aime, il ne se lassera pas pour autant de la remercier jour après jour, pour l’inconcevable miracle de son existence. (Hans Urs von Balthasar, dans P. Ide, Etre et mystère chez H.U.v.B., p. 121).

602. Tartuffe

« N’y a-t-il pas chez tout clerc qui joue un rôle sacré un Tartuffe caché, si bien que le dévoiler est oeuvre de vérité et d’honnêteté ». (Dramatique, I, p. 88).

603. Le combat

Si le Christ a affronté le diable dans la tentation, il ne nous a pas dispensés de notre propre combat. (A propos d’Irénée, dans Dramatique, II, 1, p. 122).

604. Fécondité

Marie commence par être mère. Mais, à la croix, elle finit par devenir épouse, la quintessence de l’Eglise. « Femme, voici ton fils » (Jn 19, 27)… Dans l’Eglise, la virginité a une place de choix. D’une manière absolument privilégiée, elle donne accès à la fécondité du couple Christ – Marie-Eglise. Or, dans le christianisme, c’est la fécondité qui compte et non pas le succès. Cf. Martin Buber : « Le succès n’est pas un des noms de Dieu ».

Mais l’idée de fécondité est fondamentale dans le Nouveau Testament : paraboles de la croissance, du figuier, de la vigne et des sarments. Cette fécondité que Dieu attend de nous et de toute son Eglise est fondée sur la divinité de l’Epoux qui communique sa propre fécondité à l’Epouse humaine…

Pour que Marie soit capable d’accéder à la croix, il lui faut une initiation toujours plus profonde, impitoyable, appliquée sans égard pour elle par son Fils. Cf. toutes les scènes évangéliques où le Fils rencontre sa Mère, qui sont des scènes d’humiliation : à douze ans, à Cana, « Qui sont ma mère et mes frères? », « Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu », la parole la plus dure : « Femme, voici ton fils ».

Comme le Père abandonne son Fils, le Fils se sépare de sa mère. Il le fallait pour que Marie forme le centre de l’Eglise : elle devait connaître d’expérience le mystère de la rédemption et le transmettre à ses nouveaux enfants. (Au coeur du mystère rédempteur, p. 62-63).

605. La résurrection des morts

La foi en la résurrection des morts est insensée au regard de la corruption et du tombeau, elle contredit toute l’expérience, mais elle est suspendue à un fait : la résurrection du Christ sans laquelle toute la foi chrétienne est vide (1 Co 15, 14). « Voyez mes mains et mes pieds, c’est bien moi! Palpez-moi et rendez-vous compte qu’un esprit n’a ni chair ni os comme vous voyez que j’en ai » (Lc 24, 39). (Credo, p. 108).

606. La mort

Personne ne dispose de sa propre mort, Dieu seul en dispose et impose aux hommes leur destin. Jésus lui-même assume sa mort dans une obéissance aveugle. « Semé corruptible, le corps ressuscite incorruptible; semé méprisable, il ressuscité éclatant de gloire; semé dans la faiblesse, il ressuscite plein de force; semé corps inanimé, il ressuscite corps spirituel » (1 Co, 15, 42-44). (Dramatique, III, p. 464).

607. Samedi saint

Jésus qui meurt sur la croix porte mes péchés et il les a ensevelis dans les enfers le jour du samedi saint. (Méditation chrétienne, p. 83).

608. Perfection

L’homme n’est amené à sa perfection que par la résurrection. (Tertullien dans Dramatique, II, 1, p. 117).

609. Activité

L’obéissance, dans la mesure où elle signifie renonciation à disposer de soi-même, est passivité, mais dans la mesure où elle est disposition à tout recevoir, elle est très haute activité. (Triple couronne, p. 19).

610. Chercher Dieu

« Pourquoi nous as-tu fait cela? Vois, ton père et moi, nous te cherchions avec douleur ». Cette douleur, il ne peut pas la leur épargner. Ce n’est qu’en cherchant que le chrétien peut trouver, dans une recherche si intense que tout absolument semble dépendre de ce qu’on trouvera. (Triple couronne, p 47).

611. Communion des saints

Le croyant croit pour ceux qui ne croient pas, communie pour ceux qui ne communie pas, car le corps qu’il reçoit a porté les péchés de tous. (La vie surgie de la mort, p. 68).

612. Le Tout-Autre

En présence de la majesté de l’amour absolu qui s’avance vers l’homme en se révélant, vient le chercher, l’invite et l’élève à une intimité incompréhensible, l’esprit fini pressent pour la première fois le sens exact de cette affirmation : Dieu est le Tout-Autre, « l’Incompréhensible, essentiellement différent du monde, souverainement heureux en lui et par lui, et indiciblement élevé au-dessus de tout ce qui est et peut être en dehors de lui » (Vatican I). (L’amour seul est digne de foi, p. 70).

613. La Trinité

Le mystère trinitaire domine toute la religion chrétienne. Sans lui, il n’y aurait pas l’enseignement du Christ, la rédemption, l’Eglise, l’Esprit Saint, les sacrements, la communion des saints, la vie éternelle. (La méditation chrétienne, p. 63-64).

614. Ouverture

Le centre théologique de l’histoire du monde, c’est le Dieu fait homme, Jésus Christ.

Etre chrétien, c’est se placer sous la norme du Christ. Pour cela, se reporter à la forme d’existence du Christ dans le temps. Comme le Christ vivait dans le temps, ouvert, confiant, ne s’inquiétant pas, ne faisant point de projet, n’anticipant rien, mais remettant au Père toute sa vision et toute sa disposition de la vérité, et vivant de la vérité donnée à chaque instant par le Père, espérant, aimant Dieu et les hommes, ainsi l’homme doit vivre, marchant sur les traces du Seigneur.

Etre dans le temps et ne pas s’élever au-dessus du temps. Dans une attitude pleine de disponibilité, chercher à comprendre les signes du temps et le message qu’il contient. Recevoir de Dieu le contenu et l’explication de sa vie; recevoir son temps comme donné à chaque instant par Dieu sans tenter de s’en emparer. Ce n’est que dans l’attitude de foi et de prière qu’une mission est accordée à l’homme. Etat d’ouverture pour la réception d’une vérité toujours nouvelle de Dieu. (Théologie de l’histoire, p. 113-115).

615. Le drame de l’existence

La foi : une lecture du caractère dramatique de l’existence à la lumière de la révélation biblique. Dieu a mis en scène l’univers et l’homme dans un drame où nous nous trouvons engagés comme partenaires.

But du P. Balthasar : intégrer dans cette perspective de foi tous les projets que l’intelligence humaine ait jamais pensés. Pour cela, dépasser toutes les représentations qui ont existé au sujet de Dieu : la mythologie qui dissout Dieu dans le drame cosmique, la philosophie qui exclut Dieu du drame parce qu’il est trop élevé au-dessus des destinées terrestres.

616. Le temps

Le Christ possède le pouvoir de rendre son existence temporelle présente à chaque instant du temps. (Dramatique, II, 1, p. 72).

617. Discours sur la souffrance

Un Dieu personnel n’est digne de foi que là où il ne se contente pas de faire des discours sur les souffrances du monde pour les apaiser, mais là où il agit en marchant vers la croix. (Points de repère, p. 40).

618. Eucharistie

La participation à l’eucharistie se fait par un vrai manger et un vrai boire : c’est un processus d’assimilation d’une autre substance dans la mienne. Dans l’eucharistie, c’est le Christ qui nous assimile à lui plutôt que ce soit nous qui l’assimilons.

Toutefois le phénomène est plus complexe. Car, dans la Passion, quand il a pris en lui nos péchés, le Christ nous a assimilés en lui. Dans l’eucharistie, c’est le croyant qui offre son espace de vie au Seigneur et le laisse en disposer. Dans la profondeur de notre être, les frontières doivent tomber, comme elles sont tombées pour le Christ au cours de sa vie et de sa mort.

Et voici la principale frontière qui doit tomber : disposer de soi au lieu de laisser Dieu disposer de soi. C’est là que se place la fluidification eucharistique essentielle grâce à laquelle Jésus dépasse la frontière pour entrer dans la Passion (Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse), nous révélant ainsi la loi fondamentale de son existence suivant laquelle il a entrepris sa tâche (Car je suis venu du ciel pour faire non ma volonté mais la volonté de celui qui m’a envoyé (Jn 6, 38). Je me soumets à la volonté de Dieu. (Nouveaux points de repère, p. 327-328).

619. Recevoir Dieu

Marie est le prototype de l’Eglise. L’humble disponibilité de la Servante du Seigneur, sa docilité particulière, sa malléabilité entre ses mains, doivent inspirer à l’Eglise sa propre attitude, pour qu’elle se laisse modeler à son tour par son Seigneur… L’Eglise et chaque fidèle doivent donc faire le vide en eux pour faire place au Christ. Chaque fidèle est appelé à faire de son être une église où recevoir Dieu (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 195).

620. Richesse de l’amour

« L’amour ne cherche pas son intérêt » (Saint Paul). Toute la richesse de l’amour consiste à se donner et à se dépouiller. (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 139).

621. Expérience de Dieu

De toutes parts retentit le cri : Où pouvons-nous faire l’expérience de Dieu? Il faut à l’homme un minimum d’expérience comme tremplin pour risquer le saut de la foi. Le fiat de Marie a été précédé du salut de l’ange, les Douze ont été engagés et envoyés par un Maître qu’ils connaissaient, Paul a subi à Damas l’emprise du Christ glorifié qui l’a désapproprié. (Le complexe antiromain, p. 309).

622. L’Eglise

L’Eglise : on ne saurait calculer exactement la proportion des membres authentiques et des autres, ni déterminer selon des lois de type sociologique s’il y a déclin progressif de l’Eglise en raison de son vieillissement ou à cause d’influences extérieures : le Saint Esprit, qui anime l’Eglise, peut constamment inspirer des élans nouveaux et imprévisibles.

En fait, d’après les lois sociologiques, l’Eglise devrait avoir disparu depuis longtemps… Sans cesse les fontaines de l’Esprit peuvent sourdre de ses profondeurs. Ce qu’on appelle « l’institution »", ce n’est pas cela non plus qui empêche l’Esprit de souffler et d’agir; et bien entendu, le chrétien n’a pas le droit de s’en remettre purement et simplement à l’institutionnel. (Dramatique, III, p. 434-435).

623. Expériences

Dans l’Eglise, les croyants possèdent des expériences qu’ils n’ont pas faites personnellement, mais qui leur ont été communiquées par grâce. (La gloire et la croix, I, p. 288).

624. La croix

Jésus « sait que le miracle fondamental que le Père l’a chargé d’accomplir est la croix ». (Jacques servais, dans Mission et médiation. Hans Urs von Balthasar, p. 133).

625. Lumière

Le christianisme… est l’immense révélation de la lumière éternelle. (Karl Barth, p. 58).

626. Folie

L’acceptation résignée de l’absurdité d’une existence sans achèvement… paraît être le dernier mot de la sagesse à moins que ce ne soit de la folie. (Dramatique, III, p. 114).

627. Aimer

Ce sont qui aiment qui en savent le plus long sur Dieu; c’est eux que le théologien doit écouter. (L’amour seul est digne de foi, p. 11).

628. La reine

Marie est la reine des apôtres sans revendiquer pour elle les pouvoirs apostoliques. Elle a autre chose et beaucoup plus. (HUvB cité dans Nouvelle Revue Théologique, 2004, 1, p. 35).

629. S’habituer

On ne pourra jamais s’habituer à Dieu. Plus on le regarde, plus on désire contempler… Le bonheur pour la créature d’être achevée en elle-même par quelque chose qui est infiniment plus grand qu’elle. (La prière contemplative, p. 22-23).

630. Résurrection d’entre les morts

L’homme, en lui-même, est déjà un langage de Dieu, un discours qui révèle Dieu et qui est doué du pouvoir de répondre.

Mais Dieu avait caché en son coeur une ultime parole, comme une dernière carte lui permettant de gagner, alors que l’homme semblait avoir tout gâché et tout perdu. En présence du Verbe de Dieu, à la fois Dieu et homme, l’homme sera obligé de reconnaître que ce n’est pas lui qui a parlé ou imaginé quelque chose, mais Dieu, parce que l’homme laissé à lui-même, avec toutes ses pensées, tous ses systèmes, toutes ses philosophies n’aurait jamais pu concevoir l’idée d’une résurrection d’entre les morts.

Et l’homme comprendra aussi que cette action sur lui a été accomplie par un homme. Et Dieu ne pouvait l’accomplir que dans l’homme. La Parole divine est descendue verticalement, depuis le sommet suprême, jusqu’au plus bas, dans l’ultime vanité du temps vide et de la mort sans espoir. Elle s’est emparée de la mort, l’a enserrée, lui a arraché son aiguillon.

L’homme de la nouvelle Alliance a, dans le Christ, la mort du péché derrière lui, et la véritable vie vient vers lui comme son avenir. (De l’intégration, p. 250).

631. Une parole lumineuse

Le Christ est « la parole ultime et la plus lumineuse que Dieu ait jamais prononcée sur le monde ». (M. Schmaus, cité dans Karl Barth, p. 477).

632. Les pauvres en esprit

Heureux les pauvres en esprit : tous ceux qui, bon gré mal gré, se laissent appauvrir par l’Esprit; dans la mesure où ils supportent la privation, ils deviennent les vrais citoyens du Royaume de Dieu, car celui-ci peut désormais se déployer en eux. (Dramatique, IV, p. 453).

633. Eucharistie

Pour le croyant, rien ne peut remplacer le sacrement de l’eucharistie tel qu’il est célébré par l’Eglise : Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui (Jn 6, 56)… Et : Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous (Jn 6, 53)…

Le chrétien ici n’a pas le choix. La solennité de l’institution de l’eucharistie à la dernière Cène, la gravité avec laquelle saint Paul critique les premiers abus et le mépris du sacrement chez les Corinthiens, le respect suprême qui lui fut témoigné à travers toute l’histoire de l’Eglise, n’autorisent aujourd’hui, pas plus que jadis, le moindre doute sur le geste du Seigneur, fondamental pour l’Eglise tout court : lorsque les chrétiens rompent ensemble le même pain qui est le corps du Christ, ils deviennent tous ensemble un seul corps, le corps du Christ. (Simplicité chrétienne, p. 76).

634. Le torrent de la lumière

L’Eglise n’est pas une entité fermée sur elle-même, dans le monde et à côté du monde, elle est le torrent de la lumière du Christ, se répandant dans l’histoire et la création qui semblent n’avoir pas encore reçu la rédemption; elle porte avec Lui le péché du monde, mais en même temps elle proclame solennellement qu’il a déjà ôté toute la faute. (La gloire et la croix, I, p. 448).

635. L’initiative

La religion chrétienne est quelque chose qui nous vient d’en haut. Tout part de la libre initiative de Dieu et tout (y compris le monde et moi) est fondé par elle. Et tout chrétien doit l’apprendre, il n’existe aucun exercice pour forcer Dieu à venir et à se révéler au monde ou à moi-même. (Nouveaux points de repère, p. 106).

636. Dialogue

Si on admet que rien dans le monde n’est créé sans le Verbe-Parole, alors l’essence la plus intime du monde repose sur le Verbe de Dieu et n’est intelligible que par lui.

Et alors même si l’homme refuse d’entendre la Parole, cela ne change rien à ce fondement, à sa nature intangible de créature qui est de se voir saisie dans un dialogue avec Dieu, qu’elle le veuille ou non. (Dramatique, IV, p. 276).

637. Les religions

Toutes les formes de religion autres que le christianisme, par exemple le bouddhisme, sont des reliquats de vieilles formes païennes de religion : des fuites hors du présent.

Le Coran… n’est qu’un mélange d’ancienne Alliance, de Nouveau Testament judaïsé et de paganisme; de ce fait, il ne constitue en rien une solution originale. (A propos de mon oeuvre, p. 100).

638. Le jeu de Dieu

Celui qui a entrevu, ne fût-ce qu’un instant, l’immense jeu cosmique, sait que la petite vie d’un homme et tout son sérieux n’est qu’un moment fugitif dans le jeu de cette danse…

D’abord engendrés comme tous les animaux de la terre, devenus des enfants, transportés de la jeunesse aux rides de la vieillesse comme une fleur qui ne dure qu’un moment, mourant enfin pour passer à une autre vie, vraiment nous méritons d’être appelés un jeu de Dieu. (Liturgie cosmique, p. 16).

639. Le frisson devant Dieu

Celui qui n’éprouverait pas jusqu’aux racines de son être le frisson devant l’être de Dieu… ne serait pas préparé à la contemplation de Jésus Christ. Il devrait se faire initier à ce mystère par l’Ancien Testament. Sinon on pourrait craindre qu’il ne vienne au Christ que comme un aveugle et un sourd…

Que l’être absolu de Dieu ait résolu de se présenter dans une existence humaine et soit en mesure d’exécuter réellement cette décision : voilà qui doit surprendre sans cesse et toujours plus profondément celui qui contemple l’existence de Jésus, comme quelque chose d’impossible, d’absolument stupéfiant…

Que quelqu’un ait vraiment rencontré le Christ et n’ai ni adoré, ni ramassé des pierres : un pareil cas n’est pas prévu dans l’Evangile. (La prière contemplative, p. 167-168).

640. Les péchés de l’Eglise

« S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi (Jn 15, 20)… Combien il est rare que l’Eglise puisse se dire persécutée à tort!… Il y a des péchés séculaires dans l’Eglise, pour lesquels peut-être une génération ultérieure, bien que « n’y pouvant rien », devra souffrir à juste titre. (Triple couronne, p. 75-76).

641. Impossible qu’un homme ait deux pères

Né de la Vierge Marie : Jésus est le Fils du Père éternel d’une manière si unique qu’il ne pouvait avoir aussi un père terrestre.

Tertullien : Il est impossible qu’un homme ait deux pères. Le Fils de Dieu ne peut avoir d’autre père que Dieu.

Marie : elle est Mère et Fille de son Fils. Elle est totalement au service de son Fils et doit le laisser disposer d’elle comme il en a besoin et comme il le veut… Pareil service est l’affaire de tous les temps chrétiens. (Marie première Eglise, p. 5).

642. Musique

… oeuvres aussi sublimes que celle de Bach ou de Mozart… (La vie surgie de la mort, p. 45).

643. Espérer pour tous

« Ni la sainte Ecriture, ni la Tradition de la foi de l’Eglise ne disent avec certitude de quiconque qu’il soit effectivement en enfer. Mais l’enfer est toujours présenté comme une possibilité réelle, liée à l’offre de conversion et de vie ».

Notre juge est celui qui a porté les péchés de tous.

« Il n’est pas établi que Judas soit damné pour l’éternité ». (HUvB et citations dans Espérer pour tous, p. 9-15).

644. Athéisme

L’athéisme est tout entier occupé par la libération de l’homme.

Libération de la raison hors des liens de la foi (Aufklärung).

Libération de l’homme aliéné par le travail, économiquement aliéné : pour un travail digne de l’homme (Marx).

Libération de l’individu à l’égard des chaînes de son propre passé non maîtrisé (Freud).

Libération de l’humanité à l’égard du cauchemar d’une idée de Dieu à laquelle on ne croit plus, mais qui est traînée comme un cadavre dans l’histoire du monde (Nietzsche).

Pour le chrétien, tous ces efforts de libération se lancent dans le vide. (L’engagement de Dieu, p. 11-13).

645. A chaque jour suffit sa peine

Vivre dans le présent chaque jour et laisser au Père le souci du lendemain. C’est ce que Jésus nous invite à faire, il nous invite à l’imiter sur ce point. Il devine une Heure terrible pour lui, mais il n’en connaît pas le moment. Une seule chose compte, c’est que chaque jour soit rempli entièrement par l’accomplissement de la volonté du Père. (Les grands textes sur le Christ, p. 227-228).

646.Incarnation

Si l’on veut s’approcher de Dieu, il ne faut pas s’écarter d’un pouce de l’Incarnation. (L’Esprit de vérité, p. 69).

647. Souffrance de Dieu

Ce qu’il y a de plus profond dans le christianisme, c’est l’amour de Dieu pour la terre. Que Dieu soit riche dans son ciel, les autres religions le savent aussi. Qu’il ait voulu être pauvre avec ses créatures, qu’en son ciel il ait voulu souffrir à cause du monde, qu’il en ait même souffert et que, par son Incarnation, il se soit mis en état de montrer à ses créatures sa souffrance d’amour, c’est cela qui est inouï, qui n’a jamais été entendu jusqu’à présent. (Hans Urs von Balthasar. 1905-1988, édité par U.C. Reinhardt, Bâle, 1989, p. 66-67).

648. L’Eglise sortie de Marie

Marie est membre de l’Eglise sous un certain aspect. Mais Marie est d’abord la Mère du Rédempteur sans lequel il n’y aurait pas d’Eglise ni de grâce divine dans l’histoire du monde avant et après le Christ.

Que l’Eglise puisse devenir la mère de ceux qui croient au Christ suppose depuis toujours que Marie a conçu et mis au monde le Messie. Il est donc légitime de lui attribuer le titre de Mère de l’Eglise.

Le Christ a pris chair de Marie tandis que l’Eglise est née de lui, jaillie comme l’eau et le sang de son côté. Et de cette manière, on voit donc que l’Eglise est sortie aussi de Marie. (Dramatique, II, 2, p. 233).

649. Rédemption

Sur la croix, il a porté la faute de tous. (Méditation chrétienne, p. 90).

650. Le Messie

Si Jésus est le Messie d’Israël (et il a conscience de l’être même s’il en refuse le titre pour de bonnes raisons), alors réellement le temps de la fin, passionnément attendu par Israël, a commencé. (Dramatique, IV, p. 14).

651. La personne

Dans la révélation biblique, Dieu se présente comme la personne spirituelle infinie et libre qui seule peut engendrer… des personnes spirituelles créées. Et c’est justement dans leur unicité et leur liberté que ces personnes sont les images de Dieu qui est aussi bien unique que libre. (De l’intégration, p. 198).

652. L’Esprit Saint

Le Fils ne cesse de nous dire que son oeuvre est une oeuvre communautaire de Dieu; de plus, elle est la première révélation du mystère qu’en Dieu lui-même existe une communauté : unité dans la distinction entre le Père qui envoie et le Fils qui est envoyé, mais unité telle que cette unité elle-même constitue un troisième centre : l’Esprit, qui vient précisément quand le Fils s’en va (Jn 16, 7), qui est aussi bien l’Esprit du Père (Ro 8, 11) que l’Esprit du Fils (Ro 8, 9), que le Père envoie au nom du Fils (Jn 14, 26) et que le Fils envoie d’auprès du Père (Jn 15, 26). (L’engagement de Dieu, p. 42).

653. Le meurtre

C’est dans le meurtre haineux du Fils de Dieu que se révèle au maximum l’amour de Dieu. L’amour de Dieu prend le refus des hommes pour fondement de son approche inimaginable. (Simplicité chrétienne, p. 31).

654. Le Crucifié

Le récit purement historique de la crucifixion d’un homme ne peut frayer l’accès à l’événement intérieur qui y est caché. C’est pourquoi les récits évangéliques de la Passion, qui veulent décrire aussi un événement historique, le font avec des notions et des images empruntées à l’Ancien Testament. La foi chrétienne primitive s’est appliquée à interpréter la croix comme le point de rencontre de lignes de force convergentes.

« J’ai soif ». La source d’eau vive qui jaillit en vie éternelle, qui veut s’offrir à tous pour les abreuver (Jn 4, 10.13 s.; 7, 37 s.), en vient, par pure effusion de soi, à avoir soif elle-même. C’est le même paradoxe qu’expriment les railleries sur le médecin qui a aidé les autres et ne peut s’aider lui-même (Mt 27, 42)… Dans le coeur transpercé, le sang et l’eau deviennent libres. L’espace du coeur est ouvert, vide, accessible à tous. Le corps du Christ est le nouveau temple d’Ezéchiel d’où jaillit la source de vie. (La nouvelle Alliance, p. 176. 191. 195).

655. La nuit

Tout contemplatif, et pas seulement celui qui est favorisé de grâces mystiques, doit s’attendre, si sa contemplation est l’expression d’une foi vivante qui marche à la suite du Christ, à une certaine expérience de la nuit. Elle est un signe qu’il se trouve sur les traces du Christ, donc précisément un signe consolant, bien qu’il ait nécessairement la forme d’un retrait de toute consolation…

La consolation sensible sera nécessairement, et pour un temps indéterminé, et sans cesse, retirée au progressant, parce que Dieu ne peut être trouvé sur aucune autre voie que celle de la mort et de la résurrection de son Fils. (La prière contemplative, p. 287).

656. Désintéressement

L’unique Rédempteur intègre le corps de l’Eglise dans son activité rédemptrice, et celle-ci sera d’autant plus féconde qu’un membre se conformera davantage au désintéressement du Christ et mettra plus totalement son existence à la disposition de l’universelle rédemption.

La disposition intime de renoncement, qui était celle du Seigneur, devient le coeur de la disposition ecclésiale : ne pas chercher à se défendre devant une agression d’autrui (Cf. Mt (, 39; 1 Co -, 7; Col 3, 13-15). (La Nouvelle Alliance, p. 404-405).

657. Présence

L’eucharistie demeure la seule manière, la plus libre de toutes, qu’a l’Homme-Dieu, transpercé et ressuscité, d’actualiser sa présence. (De l’intégration, p. 227).

658. La colère de Dieu

Le pécheur doit subir quelque chose de la part de la colère divine…. Le refus humain est libre… Jésus a expié pour chacun des péchés… Il y a une coupe de la colère de Dieu… Dieu s’irrite contre le pécheur à cause de son péché : c’est une affirmation qui traverse l’Ecriture du premier livre au dernier… C’est parce que Dieu fait grâce qu’il doit pouvoir aussi s’irriter… Seulement Dieu n’est pas dominé par sa colère, il la gouverne selon son bon plaisir. (Dramatique, III, p. 313).

659. Oui

Pour avoir prononcé un oui inconditionnel, Marie a compris l’essentiel du christianisme. J’irai même jusqu’à dire qu’au pied de la croix elle a compris qu’il nous faut dire oui à ce que nous comprenons le moins. (Marie pour aujourd’hui, p. 39).

660. En savoir long

De grands saints qui jalonnent la tradition théologique : Augustin, Anselme, Bernard, Ignace, Jean de la croix, François de Sales, Thérèse de Lisieux. Ce sont ceux qui aiment qui en savent le plus long sur Dieu. C’est eux que le théologien doit écouter. (L’amour seul est digne de foi, p. 11).

 

661.Le Bien suprême

Dieu ne pouvait créer aucun ange, ni aucun homme qui serait d’emblée placé dans le Bien ultime : il fallait que la créature spirituelle se décidât elle-même sur ce qui devait être son bien suprême. (Résumant le P. de Lubac dans Nouveaux points de repère, p. 196).

662. Ténèbre

Ce que Jésus éprouve comme pure ténèbre est la lumière de l’amour, ce qu’il éprouve comme chaos est l’ordre de la grâce, ce qu’il éprouve comme abandon de Dieu est la présence de Dieu avec le pécheur. (Art chrétien et amour du message, p. 299).

663. La résurrection de Jésus

Ce que les disciples proclamaient dépassait la limite du pensable… La résurrection a complètement surpris les disciples. Il n’y avait pas de place pour une résurrection de Jésus dans les représentations dont ils disposaient… La croix est pour les apôtres comme une obscure question sans réponse; la résurrection est la réponse lumineuse à cette question. (Le mystère pascal, p. 191-195).

664. La mort

La mort nous est donnée comme l’occasion de nous remettre sans réserve entre les mains de Dieu. (Credo, p. 70).

665. L’équipe volante des saints

Le rôle des saints est de provoquer des renouveaux. Souvent ils sont rejetés ou bien ils ne sont accueillis que par un petit groupe. Souvent leur rayonnement est posthume. Toujours on aura la petite équipe volante des saints au milieu de l’énorme et pesant troupeau « des bons pécheurs » comme disait Péguy, mais aussi des moins bons, du dehors et surtout du dedans. Toujours l’Eglise du Christ comptera une foule de gens à la traîne ou dont la foi, l’espérance et la charité sont chancelantes. Pour saint Augustin, l’Eglise reste mélangée jusqu’à la fin des temps. Il reconnaît qu’il existe des membres de l’Eglise en dehors d’elle, et inversement des étrangers à sa visibilité qui en font réellement partie. (Dramatique, III, p. 434).

666. Ce qu’a apporté le Christ

Le Christ a apporté quelque chose qui ne se trouve pas dans la nature humaine comme telle: la Parole, la Vérité, la Vie venant de Dieu. (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 11).

667. Jésus et l’Esprit

Durant sa vie terrestre, Jésus est mené par l’Esprit, il suit l’Esprit. Il ne dispose pas de l’Esprit bien qu’il lui soit donné en plénitude. Il n’en dispose qu’après son Ascension dans laquelle lui est explicitement donnée la puissance de disposer de l’Esprit (Ac 2,33; Ro 1, 4). (Article de la Vie consacrée, 1971, p. 19-20).

668. Samedi saint

Le Christ descend pour nous aux enfers afin que nous montions avec lui au ciel, nous qui étions tous soumis à la condamnation. Tout se noue dans le mystère du samedi saint. (Karl Barth, p. 517).

669. Substitution

Le destin unique de Jésus : l’échec total de sa mission terrestre dans la « chair », l’acceptation libre de sa descente dans un abîme de déréliction, qui est le contre-pied du destin final prévu par Dieu pour l’homme… En filigrane, l’approche du concept de la substitution. (Théologique, II, p. 266).

670. Se réconcilier avec Dieu

Ce n’est pas l’Eglise, c’est le monde entier qui est réconcilié avec Dieu par la croix et la résurrection du Christ (Col 1, 19 s). Et pourtant la réconciliation effectuée a besoin du ministère ecclésial, il y a une mission qui a été confiée à l’Eglise par le Christ. « Nous sommes en ambassade pour le Christ. C’est comme si Dieu exhortait par nous. Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20). (Le mystère pascal, p. 261).

671. Heureux qui a un coeur de pauvre

« Heureux ceux qui ont un coeur de pauvre » : leur intérieur est si vide qu’ils sont tout entiers prêts à accueillir la volonté de Dieu et même sa venue dans leur vie… Rien n’occupant leur champ spirituel, ils sont de tout leur être disponibilité, sans condition ni calcul… comme cette Servante du Seigneur… qui ne répond qu’un oui aux interventions les plus inattendues de Dieu, comme cette pauvre veuve qui, dans le tronc, avait mis tout son avoir (Mc 12, 44). (Simplicité chrétienne, p. 34).

672. La profondeur

Le mystère du Christ est d’une profondeur infinie : il va jusqu’aux abîmes de la Trinité. (Hopkins dans La gloire et la croix, II, 2, p. 271).

673. Kénose

La kénose (l’abaissement) du Fils restera toujours un mystère non moins insondable que la Trinité des personnes dans le Dieu unique. (Les grands textes sur le Christ, p. 289).

674. Bonheur

Ce n’est que grâce à la révélation de Jésus Christ que le but de notre obscure et incompréhensible vie sur terre, l’éternel bonheur, devient réellement visible et crédible. (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 111).

675. Pentecôte

A la Pentecôte, l’Esprit éclaire intérieurement les apôtres sur ce que le Fils leur avait exposé extérieurement. (La prière contemplative, p. 13).

676. Amour

« Un monde déserté par l’amour ne peut que s’engloutir dans la mort… Là où l’amour persiste, là où il triomphe de tout ce qui tend à le dégrader, la mort ne peut pas ne pas être en définitive vaincue ». (Gabriel Marcel cité dans Dramatique, I, p. 326-327).

677. Amour

Amour comme miséricorde qui vient du coeur, comme disposition bienveillante d’accueil, comme sentiment d’humilité, comme douceur qui ne se défend pas, comme patience pleine de générosité, comme disposition à supporter le prochain insupportable, comme pardon parce que Dieu a pardonné. (L’amour seul est digne de foi, p. 164).

678. L’énigme de l’homme

Le Christ se révèle comme le vrai principe de l’homme. C’est lui, et non pas Adam, qui est la tête de l’humanité, le centre du cosmos et de l’histoire… Le Christ est celui qui révèle pleinement l’homme à l’homme parce qu’il résout l’énigme de l’homme : il est la réponse aux interrogations radicales du sens religieux à propos des origines et de la fin… Il se révèle comme la réponse à cette question qu’est l’homme lui-même. (A. Scola dans Hans Urs von Balthasar, un grand théologien, p. 167).

679. Le cordon ombilical

La création est la naissance d’une liberté. Dans cette naissance, un cordon ombilical a été tranché. La liberté finie de l’homme a une consistance en soi. Cette liberté se trouve inévitablement devant un choix. Elle peut se faire deux conceptions de son autonomie. Ou bien elle se réserve un espace où elle ne permet à personne de s’immiscer. Ou bien elle se rend compte que l’autonomie ne peut se comprendre comme séparée de l’infinitude de la liberté. (Dramatique, II, 1, p. 270).

680. La forteresse

Dieu n’est pas une forteresse à prendre d’assaut… Au contraire, il est une maison pleine de portes ouvertes par lesquelles nous sommes invités à entrer. Dans le château de l’être trinitaire, il est prévu de toute éternité que nous, qui sommes les autres, nous ayons part au vivant échange d’amour. (Dans A. Scola, Hans Urs von Balthasar. Un grand théologien, p. 185).

681. Propagande

L’Eglise n’a pas, avant tout, à faire de la propagande dans le monde, mais à prier et à demeurer dans l’amour. Le commandement de se retirer dans sa cellule devant la face du Père qui voit dans le secret, le conseil de vendre les biens temporels pour marche librement à la suite du Christ, de renoncer au mariage pour n’être pas divisé et pour plaire à Dieu seul, d’abandonner sa volonté propre pour adopter en tout la volonté de Dieu comme la sienne propre, tout cela reste la condition fondamentale, jamais périmée, de la mission chrétienne dans le monde. Ceux qui sont appelés doivent réellement venir de l’intérieur. Autrement, ils ne pourraient indiquer à personne le chemin à suivre. (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 304).

682. Théologie

Comment la théologie pourrait-elle exercer sa fonction à la fois possible et impossible, sinon en orientant le regard sur la merveille qu’est son objet, par tous les moyens possibles et impossibles? (Deux notes sur Karl Barth, dans Recherches de Science religieuse, 35, 1948, p. 101).

683. L’ami du pauvre

« Le pauvre n’a pas d’ami plus sûr sinon plus pauvre que lui. C’est pourquoi viens avec moi… et contemple Marie (au pied de la croix). Regarde : elle ne se plaint ni n’espère. Que lui reste-t-il? Le pauvre a trouvé plus pauvre que lui. Ils se dévisagent et ils se taisent » (Claudel). Le coeur transpercé de Marie est offert à tous les pauvres dans son extrême dépouillement. Nous ne devons pas le séparer du coeur de son Fils. Lui dit : Je suis la porte. Marie dit seulement : Je suis la servante. Faites ce qu’il vous dit. (Marie pour aujourd’hui, p. 77-78).

684. Les portes de l’éternité

Le mariage ne franchira pas les portes de l’éternité. (Cf. Mt 22, 30). Saint Augustin : « Si celui qui ne se marie pas n’est pas en lui-même plus parfait que celui qui se marie, le célibat est comme tel plus parfait que le mariage ». (Nouveaux points de repère, p. 275-276).

685. Le lourd fardeau

L’Eglise est bien, foncièrement, le lieu de la rémission du péché, mais cela ne veut-il pas dire en même temps qu’elle a l’obligation de porter plus péniblement le lourd fardeau du péché du monde, sans vouloir ni pouvoir distinguer dans ce péché le tien et le mien? (De l’intégration, p. 187).

686. Amour inventif

L’action décisive de Dieu pour nous n’a commencé que dans la vie terrestre de Jésus, et cette vie terrestre s’est terminée par un échec, et les actes décisifs ne se produisirent que dans la mort expiatrice de la croix, dans l’abandon de Dieu, dans la descente aux enfers et dans la résurrection le troisième jour. C’est librement que Jésus agit et souffre.

Dieu a pu risquer la création de créatures libres et celle d’un monde de l’agression. Que l’amour de Dieu soit plus inventif que la méchanceté rusée de l’homme, ce n’est pas une victoire déloyale du Créateur sur la créature, car l’amour l’emporte non pas sous le mode de la toute-puissance, mais sous celui de l’impuissance. (L’engagement de Dieu, p. 49. 60-61).

687. La bonté fondamentale du Père

Le Fils, qui veut mettre à la portée du monde la bonté fondamentale du Père, n’entreprend aucune action à cet effet de sa propre initiative : une telle action n’aurait manifesté que lui-même et non le Père.

A la source de toute action, il y a l’obéissance : le consentement à laisser le Père disposer de lui selon toute l’étendue de sa volonté, l’abandon, qui ne préfère pas une chose à une autre, la sainte indifférence.

Passer du sein du Père au sein de la mère temporelle est déjà une voie d’obéissance, la plus difficile et la plus riche en conséquences, dans laquelle pourtant le Fils ne s’est engagé qu’envoyé par le Père. « Voici que je viens pour faire ta volonté » (He 10, 7). (Triple couronne, p. 17).

688. Exigence

Dieu exige qu’on se décide pour lui d’une manière absolue. (Le chrétien et l’angoisse, p. 42).

689. Le soleil

La théologie… ne peut être… qu’une incessante gravitation autour du mystère révélé. On ne peut pas porter les yeux sur le soleil. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 357).

690. Liberté

Dieu agit toujours par persuasion, jamais par contrainte (Irénée). Du fait que Dieu ne contraint pas la liberté, l’homme garde son pouvoir de décision face à la grâce, il peut la refuser et, dans ce cas, c’est lui-même qui, librement, choisit de se séparer de Dieu, ce qui signifie la mort. (Dramatique, II, 1, p. 122).

691. Le prophète suprême

Jésus est le prophète suprême à travers lequel Dieu parle à l’humanité. (La méditation chrétienne, p. 58).

692. Les ennemis de Dieu

Les ennemis de Dieu sons aussi ses serviteurs et ainsi les serviteurs de sa grâce. (Karl Barth, p. 266).

693. Les langues de feu

Le Saint Esprit est invisiblement présent à l’esprit de l’homme pour y susciter la connaissance et l’amour de Dieu.

Mais il se manifestera aussi visiblement par ses symbolisations visibles comme la colombe, les langues de feu, etc. (Dramatique, IV, p. 54).

694. Entreprises bien intentionnées

Ce n’est toujours qu’à contrecoeur que l’Eglise terrestre se plie au programme et à la volonté du véritable Seigneur de l’Eglise, qui veut que la récolte cachée soit promue beaucoup plus par ses souffrances, ses échecs, son portement de croix, que par les entreprises bien intentionnées des chrétiens qui fuient naïvement la croix. (De l’intégration, p. 165).

695. Tout amour est vulnérable

Les ténèbres de Dieu sont le côté de sa lumière que nous n’arrivons pas à saisir; elles sont le domaine réservé de Dieu, le signe visible de sa souveraineté et de son éternelle transcendance. Il ne les met pas à notre disposition, et tel est le sens de l’interdiction du paradis. Mais nous autres, nous ne supportons pas qu’on nous cache quelque chose et nous méconnaissons alors que l’amour éternel a besoin de ses espaces infinis et de sa ‘ténèbre’ pour pouvoir se diffuser éternellement et aussi parce que tout amour est vulnérable et sans défense. (Dramatique, IV, p. 242).

696. Aspects de l’enfer

Personne ne peut parler ‘systématiquement’ de l’enfer; on n’en saisit jamais que des ‘aspects’. Et la règle ne vaut pas moins pour la Révélation. (Le chrétien Bernanos, p. 398).

697. Etroitesse

Toutes les fois qu’un homme décide de s’oublier lui-même, d’abandonner sa propre étroitesse, sa volonté, sa force, sa tendance à se fermer, à se révolter, là grandit mon royaume.

Pourtant comme les hommes ne se décident au renoncement qu’à contrecoeur, je dois les accompagner sur de longs chemins, des chemins de toute la vie, jusqu’au jour où ils aperçoivent la vérité, où ils comprennent qu’ils ne comprenaient pas…, où ils ont si bien perdu l’habitude de se regarder eux-mêmes qu’ils me regardent enfin et comme pour la première fois. (Le coeur du monde, p. 197).

698. Rencontre et distance

Du point de vue de la connaissance, il existe une inexprimable transgression de frontière quand Dieu pénètre dans la créature… Il y a une rencontre indicible à l’intérieur de notre esprit entre l’Esprit divin et l’esprit humain… La distance n’est pas d’abord dans le fait que la créature, se sentant indigne de la grandeur du don, se placerait elle-même à distance, mais parce que celui qui donne est, dans sa communication même, celui qui détermine la mesure. (La nouvelle Alliance, p. 268-269).

699. Se faire comprendre

Dieu peut se faire comprendre de l’homme sans difficulté…. Il se fait connaître de lui-même à l’homme d’une manière irrécusable… Comment moi qui ai créé l’oeil, dit ce Dieu, pourrais-je ne pas voir, moi qui ai créé l’oreille, ne pas entendre (Ps 94, 9). (Simplicité chrétienne, p. 15).

700. Présence

Les quarante jours du Christ ressuscité appartiennent à son temps terrestre aussi bien qu’à son temps éternel. Ils sont la continuation de sa vie commune avec ses disciples; le Christ y abolit toute distance et toute barrière entre lui et eux, il renouvelle son intimité avec eux sur le plan de leur existence temporelle et historique, dans la familiarité toute naturelle de la rencontre, de la conversation, de la nourriture prise en commun, du contact immédiat.

Par son ascension, il n’est devenu ni plus éloigné dans l’espace, ni plus éloigné dans le temps. Il a intercalé les quarante jours entre résurrection et ascension pour montrer aux siens de la manière la plus tangible en quelle réalité il reste avec eux tous les jours jusqu’à la fin du monde. ((Théologie de l’histoire, p. 82).

701. Recevoir Dieu

Nul ne peut recevoir Dieu chez soi en s’appropriant Dieu; si Dieu est essentiellement don, on ne le « connaît » et on ne le possède que lorsqu’on est désapproprié de soi-même et livré… Disponibilité à se laisser désapproprier… Cette disponibilité s’appelle la foi; par essence, elle est la disposition à laisser agir l’amour : non seulement le laisser agir à sa guise mais vouloir ce qu’il veut, c’est-à-dire vouloir être saisi par lui. (La nouvelle Alliance, p. 347).

702. Rencontrer Dieu

L’homme pécheur, en son fond, c’est celui « qui voudrait justement éviter de percevoir Dieu ». Mais si l’homme pense comme il faut, il laisse entrer Dieu en lui, il rencontre Dieu, il se tient devant lui et marche devant lui. (Karl Barth cité dans La gloire et la croix, I, p. 328).

703. Foi vivante

Sans pénitence et sans renoncement sérieux, personne ne peut accéder à une foi, à une espérance et à une charité vivantes. (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 56).

704. Le pur service

Saint Ignace : en priant, nous devons intérioriser Dieu et le goûter (Sentir et goûter en son for intérieur). Toutefois, nous ne devons pas chercher la jouissance dans la prière, mais le pur service de Dieu. (Grains de blé, p. 33).

705. L’avenir réel de la vie humaine

La résurrection d’entre les morts (c’est-à-dire l’assomption de toute l’existence, corporelle et spirituelle, individuelle et sociale, avec toute sa temporalité éphémère, dans la vie éternelle) reste une idée démesurée… Mais avec la résurrection du Christ, cette idée devient réelle, elle est rendue présente (c’est le sens des rencontres qui ont suivi Pâques) comme une réalité qui peut constituer désormais l’avenir réel de la vie humaine et de l’histoire du monde. (Points de repère, p. 230).

706. La pure loi de l’amour

Les trois voeux (pauvreté, chasteté, obéissance) ne sont pour Thérèse de Lisieux que l’expression de la volonté de ne se laisser conduire et déterminer par rien d’autre que par la pure loi de l’amour du Seigneur. (Thérèse de Lisieux, p. 189).

707. Prendre en main sa liberté

L’homme est obligé par nature à sa condition d’esprit. Mais cela ne le prive pas de la possibilité et du devoir d’être esprit, et de prendre en main lui-même sa liberté. (Phénoménologie de la vérité, p. 64).

708. Prier

La prière chrétienne, chez Jean surtout, participe profondément à la prière trinitaire du Fils. Celui-ci prie le Père avec la certitude d’être exaucé (Jn 11, 42) et il amène les siens à prier avec la même certitude en son nom et en demeurant en lui (Jn 14, 13 s.; 15, 7). (La nouvelle Alliance, p. 355).

709. L’homme

« Dieu n’avait pas besoin de l’homme ». « Le Dieu vivant ne se diffuse pas par nécessité de nature ». (Irénée dans Dramatique, II, 1, p. 225).

710. Le mystère de Dieu

La marche du Jésus johannique vers la pure volonté du Père est le reflet, au plan de l’histoire humaine, d’un mystère éternel, intérieur à Dieu même.

Le Fils, éternellement engendré par le Père et qui procède éternellement du Père, se meut, comme Personne, éternellement vers le Père, étant consubstantiel au Père.

L’histoire de Jésus Christ sur terre est le reflet de la vitalité, de l’historicité et de l’actualité éternelles de l’amour divin au sein de Dieu.

C’est ce mouvement qui vient du Père et y retourne que révèle le Jésus johannique. Il le révèle sous une forme parfaitement humaine, à l’intérieur d’une existence historique inscrite dans le temps. (La foi du Christ, p. 218).

711. Dieu n’est jamais plus proche

Dieu n’est jamais plus proche de nous que dans l’humilité et la pauvreté de l’indifférence, dans la disponibilité à la mort et dans le refus de toute tentative pour s’emparer de lui et se l’annexer. (De l’intégration, p. 112-113).

712. La source

Dieu à Moïse : Sache qu’il y a auprès de moi un espace si grand qu’en le parcourant, tu ne pourras jamais trouver un terme à ta course. Regarde la source en son jaillissement, l’eau monte toujours de l’intérieur et s’écoule, tu ne pourras jamais dire que tu as vu toute l’eau. Même si tu restais longtemps à côté de ce bouillonnement, tu serais toujours au commencement de ta vision de l’eau.

Il n’en va pas autrement en présence de Dieu. Ce qu’on trouvera à chaque instant sera vraiment plus nouveau et plus paradoxal que ce qui a déjà été saisi. Ce qui a été vu ne paralyse jamais son désir de voir… La source divine est toujours un don libre de soi qui rend le bénéficiaire toujours plus capable de recevoir davantage… Et celui qui boit à la source devient lui-même source; recevant la Parole divine, il est fait lui-même Parole. (Grégoire de Nysse dans Dramatique IV, p. 362-363).

713. Souffrance de Dieu pour l’homme

Le coeur de la synthèse chrétienne, c’est la divinité du Crucifié, Jésus de Nazareth. La clef de l’énigme de l’existence humaine, c’est la possibilité que Dieu souffre avec (et pour) l’homme, dans l’Homme-Dieu.

Prétention du christianisme à être la réalité que rien ne peut dépasser, justement parce qu’il est la seule religion à soutenir que Dieu est allé jusqu’à se faire homme parmi les hommes dans sa propre création : il y a eu communion de souffrance de Dieu avec l’humanité. (Dramatique, II, 1, p. 100-101).

714. Compagnons de jeu du Christ enfant

Le Verbe de Dieu a traversé le temps; tout, dans sa marche, était parole et révélation du Père, mais aussi révélation de la vérité de l’existence humaine. Chaque moment de la vie du Verbe de Dieu sur terre a le caractère d’une révélation de l’éternité. Tout homme porte en lui quelque chose comme un pressentiment d’éternité.

La Vierge avec son enfant est pour le chrétien le couple unique, incomparable, qui plonge dans la lumière de la grâce éternelle tous les rapports entre une mère et son enfant.

Le Crucifié aussi parle à l’homme, même à celui qui ne le considère que comme un simple être humain; le Ressuscité aussi lui parle, et aussi le Seigneur disparu dans les cieux invisibles.

Pour celui qui croit, toute la création concrète est ordonnée à cette réussite unique et insurpassable qui voit d’emblée dans tous les enfants des compagnons de jeu du Christ enfant et dans tous les hommes des frères du Fils de Dieu. (De l’intégration, p. 252-254).

715. Des libertés

Création : Dieu donne d’exister à quelque chose d’autre que lui. Et à certains êtres créés par lui Dieu donne aussi l’intelligence et la liberté. Par là, il renonce en quelque sorte à une part de sa toute puissance puisqu’il permet à des libertés de s’exercer en face de lui, éventuellement contre lui. (Pour une philosophie chrétienne, p. 182).

716. Le centre

Le centre spirituel de la présence de Dieu dans le monde, c’est Israël pendant tout l’Ancien Testament; depuis le Christ, c’est l’Eglise néotestamentaire. (L’engagement de Dieu, p. 21).

717. La sécurité de l’homme

L’homme est la quintessence du monde. Il est doué de parole parce qu’il est lui-même une parole de Dieu, proférée par lui comme une invention unique. Et l’homme, invention unique de Dieu, est apostrophé par Dieu et convié par lui à lui répondre.

L’homme est ouvert à tout et à Dieu parce qu’il est choisi et qu’il accepte de répondre à la parole qui lui est adressée – cette parole qui lui donne l’être et son assise. L’homme n’est en sécurité que sur ce sommet ultime. (De l’intégration, p. 243).

718. Le succès

« Le succès n’est pas un nom de Dieu » (M. Buber). Il faut situer la fine pointe du christianisme dans le fait que la fécondité chrétienne atteint son sommet dans l’échec aux yeux du monde, dans la faillite de la croix. Abandonner tout projet personnel, s’abandonner soi-même à la volonté incompréhensible du Père, obéir dans la nuit de l’esprit, se laisser conduire là où on ne veut pas aller, se laisser enfouir dans la terre comme un grain de blé : c’est là le principe d’une fécondité nouvelle que le monde ne peut comprendre et qu’il est impossible de comptabiliser. (Points de repère, p. 17).

719. Gaspiller la grâce

Quand la réponse fait défaut, c’est-à-dire quand du côté de l’homme l’histoire de Dieu avec lui est rompue, cette relation débouche sur une crise : pourquoi Dieu devrait-il gaspiller sa grâce pour celui qui, fondamentalement, n’en veut pas? (Théologique, II, p. 158).

720. Le festin enivrant

Les modestes célébrations de l’Eglise signifient une tout autre fête, le pauvre repas avec du pain et du vin signifie un festin enivrant qui aura lieu de nouveau « dans le royaume de mon Père ». (La nouvelle Alliance, p. 469).

721. L’activité créatrice de Dieu

Ignace de Loyola touche le point central quand, pour lui, la suprême attitude du disciple consiste, malgré son désir d’être par grâce conformé au Seigneur jusque dans la souffrance, à laisser la distribution des grâces proprement christologiques de souffrance uniquement à la libre disposition de Dieu… « Indifférence » qui place la volonté du Seigneur plus haut que tous les programmes propres de perfection… Abandon de toute l’existence à l’activité créatrice de Dieu. (La nouvelle Alliance, p. 172-175).

722. Une place auprès de Dieu

Ascension : le Verbe de Dieu, le Fils, retourne au Père pour préparer aux siens une place auprès de Dieu. (Et qui, en définitive, ne fait pas partie des siens?). (L’homme et la vie éternelle, dans O. Boulnois, Je crois en un seul Dieu, p. 378-379).

723. L’annonce de Dieu

Jésus a reçu du Père, dans l’Esprit Saint, la mission dé révéler l’essence de Dieu et son attitude envers les hommes. Et cela, non pas unilatéralement, comme simple prise de parti de Dieu pour les pécheurs et les indigents, mais incontestablement aussi en révélant tous les autres attributs de Dieu : la colère de Dieu, par exemple, à propos de la profanation coupable du lieu de son culte, le dégoût que Dieu éprouve à devoir demeurer si longtemps parmi ces inintelligents, la tristesse et les larmes de Dieu sur Jérusalem qui a décliné son invitation et même, on peut dire, l’abandon des pécheurs par Dieu dans le cri d’abandon sur la croix… Toute l’existence de Jésus se tient au service de son annonce de Dieu. (Dramatique, II, 2, p. 179-180).

724. Audace

Qu’est donc son eucharistie si ce n’est – à un niveau supérieur – l’acte fécond par lequel le Fils de Dieu n’arrête pas de prodiguer sa chair, acte que l’homme ne peut réaliser que pour un bref moment avec un organe limité de son corps? (Points de repère, p. 176).

725. Mass media

Les mass media ont des effets destructeurs. (Dramatique, III, p. 446).

726. Charismes

Les charismes ne sont pas donnés au hasard, ils sont donnés par Dieu conformément aux besoins et aux nécessités de son Eglise dans chaque conjoncture historique. (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 79).

727. Vie contemplative

La vie contemplative demeurera toujours pour le monde étrange, scandaleuse, à peine déchiffrable. Elle ne pourrait que faire l’effet d’un pharisaïsme si elle n’était conjuguée à l’humilité de la foi pure, qui la rend croyable pour les autres. (Article dans Concilium, N° 29, 1967, p. 48).

728. L’Esprit

L’Esprit peut aussi… faire apparaître des mystères apparemment nouveaux, tirés des profondeurs de la révélation du Christ. Mystères déjà en fait présents en elle, mais qui n’avaient pas encore été observés, soupçonnés, tenus pour possible. L’Esprit Saint peut en tout temps souffler où il veut et mettre en relief en tout temps des pages toutes nouvelles de la divine révélation. Le propre de l’Esprit Saint est d’inonder les véritables voyants d’une plénitude de vérité si accablante, si continuellement croissante que toute tentative d’une « élucidation achevée » leur apparaît comme ridicule et blasphématoire. (Théologie de l’histoire, p. 105-107).

729. Devoirs scolaires

Il fait partie du respect que Dieu porte à sa créature de ne pas remplacer ni d’anticiper ce qu’elle peut trouver et fournir par ses propres forces et ses propres efforts; Dieu n’est pas un père qui fait les devoirs scolaires de ses fils. Mais il révèle à l’homme ce que l’homme est essentiellement incapable de découvrir et de comprendre par lui-même. (De l’intégration, p. 208).

730. Les aliénés

L’athéisme – en son vrai sens d’antithéisme, sous sa forme la plus conséquente, – est le postulat que, pour n’être plus aliéné, l’homme ne doit plus être redevable de lui-même à personne d’autre qu’à lui-même, et que toute la marche économique et culturelle du monde doit viser ce but. Feuerbach, Marx, Nietzsche et Freud se rencontrent ici. La chrétienté ne peut se soustraire à une confrontation avec ces idéologies. (Aux croyants incertains, p. 128).

731. La gloire

« On agit comme si on avait mission pour faire triompher la vérité, au lieu que nous n’avons mission que pour combattre pour elle. Le désir de vaincre est si naturel… On croit rechercher la gloire de Dieu en cherchant la sienne (en réalité) ». (Pascal, cité dans La gloire et la croix, II, 2, p. 122).

732. Le mystère central du monde

De tous les mystères divins, le mystère du Christ est le plus mystérieux. Le Logos, Dieu lui-même, en se faisant monde, est le mystère central du monde… Il est le sens même des choses, leur moyen secret. (D’après Maxime le Confesseur dans Liturgie cosmique, p. 152).

733. Communications

Tous ceux qui ont entendu et prononcé le oui à la volonté du Père continuent sans fin de l’entendre et de le prononcer, dans l’éternité comme dans le temps, et ils se penchent vers celui qui prie (aujourd’hui)… Ma mère selon la chair peut-être, ou un saint avec lequel je vis en intime intelligence, un ami décédé, un prêtre, une religieuse, un martyr, peuvent venir à ma rencontre à partir d’une parole de l’évangile et me rappeler ou me montrer de quoi il s’agit en réalité. (La prière contemplative, p. 107).

734. La communauté des pécheurs

Tous les écrits du Nouveau Testament sont traversés par des constatations de tensions et de discordes intérieures à l’Eglise, de doléances à leur sujet et d’exhortations à les surmonter. L’Eglise est une communauté de pécheurs dont la faillibilité toujours rémanente ou renaissante conduit à la discorde selon une logique interne : « Là où sont les péchés, là sont les divisions ». (Dramatique, III, p. 421).

735. Le trésor de prière de l’Eglise

A propos d’Edith Stein (1891-1942), philosophe devenue carmélite, aujourd’hui canonisée : « Le carmel est pour elle obéissance et pauvreté, vie contemplative dans l’anonymat, engagement dans l’Eglise, là où celle-ci a besoin de l’engagement. C’est aussi, très nettement, le lieu où s’accroît le trésor de prière de l’Eglise, un lieu où l’on ne pense qu’à Dieu, où l’on ne vit que pour lui, où ce qui est personnel se laisse effacer, afin que ce qui est divin devienne vivant et rayonnant ». (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 65).

736. La liberté de Dieu

La liberté infinie de Dieu dispose d’une infinité de voies ouvertes, Dieu a de multiples façons de tout faire concourir au bien de ceux qui l’aiment. (Dramatique, II, 1, p. 254).

737. Une confiance

La foi signifie l’abandon total à Dieu (Abraham, Marie), elle est une confiance, une réponse absolue et sans reprise à l’amour du Dieu de l’alliance; pour le chrétien, elle est réponse à l’amour du Christ qui s’est livré tout entier. (Dramatique, IV, p. 373).

738. Révélation de Dieu

Le point ultime de la Révélation de Dieu, ce n’est pas le fait christologique, c’est la Trinité… dans son rapport dramatique avec le monde. Et la vie trinitaire de Dieu est révélée en Jésus Christ. (Dramatique, IV, p. 46-47).

739. Tout ce qui brille

« Nous voudrions souffrir généreusement, grandement… Quelle illusion!… Nous voudrions ne jamais tomber? Qu’importe, mon Jésus, si je tombe à chaque instant, je vois par là ma faiblesse et c’est pour moi un grand gain »… « Souffrons, s’il le faut, avec amertume, sans courage. Jésus a bien souffert avec tristesse; sans tristesse, est-ce que l’âme souffrirait?… « Ah! Restons bien loin de tout ce qui brille, aimons notre petitesse, aimons à ne rien sentir, alors nous serons pauvres d’esprit ». (Thérèse de Lisieux, dans Thérèse de Lisieux, p. 323; 340-342; 362-363).

740. La langue muette

Chaque face animale ou humaine parle une langue muette. (Phénoménologie de la vérité, p. 127).

741. La preuve

« Le Père vous aime » Jn 16,27. L’assertion – si on considère le monde tel qu’il est – serait une parole vide si la preuve de sa vérité n’avait pas été fournie par l’incarnation, la croix et la résurrection de Jésus, par sa solidarité absolue avec nous. (La vérité est symphonique, p. 53).

742. Adoration

Pourquoi les personnes divines ne pourraient-elles pas s’adorer mutuellement quand chacun d’elles est Dieu à égalité d’être, et chacune d’une manière unique qui n’est pas donnée aux autres, incomparable. (Triple couronne, p. 74-75).

743. La mystique

Pour Adrienne von Speyr, la mystique est une mission particulière, un service spécial dans l’Eglise, et ce service n’est accompli correctement que dans un total oubli de soi – elle aimait le mot « effacement » – et dans une disposition de servante à l’égard de la Parole de Dieu. (Adrienne von Speyr et sa mission théologique, p. 29).

744. Esprit Saint

« Le Saint-Esprit, constate Balthasar, est une réalité que les philologues et les philosophes des religions comparées ignorent ou du moins mettre provisoirement entre parenthèses… Et lui-même, Balthasar, nous fait voir comment le Saint-Esprit lui-même les fait sauter. (H. de Lubac, Un témoin du Christ dans l’Eglise. Hans Urs von Balthasar…, p. 193).

745. Obscurités

Les psaumes d’abandon, les amères réflexions de Jérémie et de Job font partie de la Révélation… Ce sont des jalons sur la route qui mène à la croix. Mais ces assombrissements n’ont de sens que comme les ombres d’un tableau plein de lumière, c’est-à-dire dans l’image d’ensemble de la sollicitude et de la fidélité de Dieu envers son peuple et, par son peuple, envers l’humanité… Toute obscurité n’est telle qu’à partir d’une lumière antérieure, en droit impérissable. (La prière contemplative, p. 326).

746. Dieu vivant

L’homme ne peut connaître le Dieu vivant que par la foi en Jésus Christ. (Karl Barth, p. 219).

747. Une présence secrète

On ne doit pas mettre en doute la présence secrète de l’Esprit Saint dans les cultures préchrétiennes et postchrétiennes extrabibliques. (Dramatique, p. 396).

748. Libre rencontre

Tout homme, pour devenir lui-même, dépend de la libre rencontre d’un autre, mais il ne saurait contraindre l’autre à se manifester; de la même manière, tout homme, avec sa nature foncièrement orientée vers le vrai et le bien absolus, a référence à l’automanifestation de Dieu, sans pouvoir pour autant l’exiger par lui-même. (Dramatique, III, p. 125).

749. Le bien-être

Il y a une tiédeur générale consécutive au bien-être dans lequel vivent nos peuples riches. (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 62).

750. La liberté

La particularité principale de l’Esprit Saint est sa liberté. Il interprète la figure mystérieuse de Jésus en direction de son être divin, de ses dimensions trinitaires… Il ne se laisse saisir d’aucune manière, pas même par des « méthodes » de prière « pneumatiques ». (Catholique, p. 20-21).

751. Dépendance

Celui qui aime entre dans la dépendance de celui qui est aimé… Ainsi Dieu lui-même entre dans la dépendance de celui qu’il veut gagner. Quand le bon pasteur part à la recherche de la brebis égarée, il entre dans la dépendance de la brebis égarée… La faute de l’homme fait manquer Dieu lui-même. Quand l’homme manque Dieu, Dieu manque l’homme. Quand on se manque, on se manque à deux. ( En citant Péguy dans La gloire et la croix, II, 2, p. 333).

752. La voie de l’absolu

Personne ne fut jamais assez insensé pour proclamer que la voie de la douleur est la voie normale menant à Dieu, comme si un surplus de souffrance pouvait mettre sur la voie de l’absolu. (De l’intégration, p. 71).

753. Désespoir

Si Jésus n’a pas sauvé le monde, il le laisse à son désespoir. (Le complexe antiromain, p. 314).

754. Signe de l’amour

La perfection consiste pour le chrétien, par l’abandon total de soi, à choisir personnellement le choix singulier de Dieu à son endroit… L’indifférence ignatienne est le signe décisif de l’amour en tant qu’esprit de pure remise de soi à la disposition de l’Aimé qui devient la mesure de toute action… Signe de l’amour chrétien accompli : renoncer à disposer soi-même de sa vie. (Une théologie des Exercices spirituels, p. 40-41).

755. Le célibat

« Si celui qui ne se marie pas n’est pas en lui-même plus parfait que celui qui se marie, le célibat est comme tel plus parfait que l’état de mariage ». (Saint Augustin, cité dans un article de Communio, Mars-avril 1979, p. 15).

756. Non-sens

Lorsque notre vie devient difficile et nous semble une impasse, lorsque ce qui nous est demandé paraît trop lourd, lorsque les souffrances deviennent intolérables et que le destin qui nous est imposé paraît presque un non-sens : la croix de Jésus… (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 73-77).

757. La vie grise

La valeur chrétienne suprême ne consiste pas dans l’expérience de la transcendance, mais dans le fait d’assumer la vie grise de tous les jours dans la foi, l’espérance et l’amour. (Nouveaux points de repère, p. 116).

758. Ne pas savoir

Nous sommes dispensés de croire que Jésus en savait ou en prévoyait plus que ce qu’il avait à réaliser activement. Si l’obéissance est la vertu fondamentale, ne pas savoir est peut-être plus important que savoir, dans la mesure où ce non-savoir permet un abandon de soi plus profond. (Dans un article de la revue Communio, septembre 1977, p. 35).

759. Le roc

Il y a angoisse chrétienne avant la mission, lorsque l’âme est vidée, et à la rigueur, dans l’exercice de la mission, mais non pas au moment même où est donnée la mission : ici, nécessairement, règnent la clarté, l’assurance, l’accord. Le prophète qui se trouve devant Yahvé peut avoir peur avant sa mission, et sa mission peut comporter de l’angoisse; mais au moment où sa mission lui est donnée, l’angoisse lui est ôtée sans laisser de traces. L’acte par lequel la mission est donnée, et qui suppose l’indifférence totale, possède et garde pour celui qui est envoyé quelque chose du caractère du roc sur lequel est bâtie l’Eglise. (Le chrétien et l’angoisse, p. 147).

760. Le serpent

Le Christ, « tueur du serpent, lui a tranché la tête sans plus faire attention au reste du corps : il a laissé ces contractions de la bête déjà morte pour donner à ceux qui viendraient après lui l’occasion de s’exercer ». (Citation de saint Grégoire de Nysse dans Présence et pensée, p. 109).

761. S’abaisser

Ce qu’il faut d’humilité à Dieu pour s’abaisser dans la condition humaine. (Dramatique, III, p. 96).

762. Une relation immédiate

La relation immédiate entre Dieu et l’âme ne peut jamais, pour le chrétien, faire abstraction du Christ et de l’Eglise. (Une théologie des Exercices spirituels, p. 54).

763. Angoisse

L’angoisse, sans pitié, prend les hommes à la gorge. Elle remplit le cabinet du psychiatre, peuple les maisons de santé, fait monter le chiffre des suicides, dépose les bombes explosives, déclenche les guerres froides ou chaudes.

L’angoisse, on cherche à l’extirper des âmes comme une mauvaise herbe par une philosophie de l’espérance forcée, par la libre diffusion de tout excitant, par la captation de la tendance au nomadisme grâce à l’industrie du voyage, bref grâce à l’invitation à toute forme d’aliénation de soi. (Catholique, p. 9).

764. Le service

Rien dans l’Eglise du Christ ne prospère si ce n’est dans l’amour mutuel de ses membres. Le membre ne peut pas accomplir son service s’il n’aime pas et s’il n’est pas aimé… Le ministère a un service particulier d’amour qui doit nous aider à adopter l’attitude particulière à chacun d’amour et de service. (La vérité est symphonique, p. 64).

765. Le fardeau

Aimer, c’est imiter Dieu, rendre amour pour amour en prenant sur soi de façon désintéressée le fardeau d’autrui. (Epître à Diognète, cité dans Dramatique, II, 1, p. 117).

766. Dieu vient à nous

Dieu vient à nous dans le Christ en une apparition sensible et humaine. (H.U.v.B. dans E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 238).

767. La barrière

Le croyant de l’Ancien Testament met tout son espoir en Dieu, mais l’accès au ciel lui est interdit. La barrière de la mort reste fermée, le mourant descend à la fosse. (H.U.v.B. dans O. Boulnois, Je crois en un seul Dieu, p. 216).

768. Le besoin premier du pauvre

L’Esprit, c’est le souffle et la brise de Dieu qui « pousse » le pauvre et l’obéissant dans la direction et sur les chemins de la volonté et du commandement de Dieu (Ro 8, 14; etc.). C’est la réalité présente de Dieu en lui qui le pousse à la rencontre de l’avenir de Dieu dans une liberté divine (Jn 3, 8). C’est le besoin premier du pauvre et ce qu’il doit solliciter. Dieu ne peut pas plus lui refuser le Saint Esprit divin que des parents ne peuvent tendre à leurs enfants une pierre au lieu de pain, un serpent au lieu d’un poisson, un scorpion au lieu d’un oeuf (Lc 11, 11-13). Le pauvre qui prie reçoit infailliblement, non pas un bien terrestre (qui est « donné par surcroît »), mais le bien de Dieu. (La nouvelle Alliance, p. 111).

769. Commencements

L’Eglise est le lieu où commence la conformation de l’humanité à la personne et à l’événement Jésus Christ. (La nouvelle Alliance, p. 386).

770. Dieu n’est pas loin

A notre question inquiète : « Est-ce que j’aime Dieu? », l’Ecriture nous réplique : « Aimes-tu ton prochain? Qui n’aime pas son frère, qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas? » Ainsi une chose est sûre : personne ne peut se tourner vers l’amour de Dieu par déception d’amour humain. Sinon, il tomberait sous le jugement de Péguy : « Parce qu’ils n’aiment rien, ils croient qu’ils aiment Dieu ». Mais l’amour humain suffit-il à nous assurer de l’amour de Dieu? S’il s’agit d’un amour désintéressé, oblatif, alors Dieu n’est pas loin. (Grains de blé II, p. 60).

771. Le berceau

« Le berceau est non moins profond que la tombe » (Le chrétien Bernanos, p. 432).

772. Le point central

Le Christ est le point central de tous les esprits doués de raison parce qu’il est leur vie. (Nicolas de Cues cité dans De l’intégration, p. 303).

773. Tartuffe

N’y a-t-il pas chez tout clerc qui joue un rôle sacré un Tartuffe caché, si bien que le dévoiler soit oeuvre de vérité et d’honnêteté. (Dramatique, I, p. 88).

774. Statistiques

Les qualités les plus essentielles des forces de l’Eglise échappent à toute statistique : la prière, la souffrance, l’obéissance dans la foi, la docilité, l’humilité. Comme l’échec a été le signe de l’existence terrestre de Jésus Christ, il devrait aussi être celui de l’Eglise terrestre. Aujourd’hui, aucun laïc ne peut plus commencer une phrase accusatrice en disant que « l’Eglise devrait » sans se demander en même temps s’il fait lui-même ce que l’Eglise devrait faire. (Qui est chrétien?, p. 122-124).

775. Le drame

Le drame le plus profond du temps de l’Eglise n’est pas celui qui se joue entre l’Eglise et le monde (car le monde des nations est offert en attendant à l’Eglise comme champ de mission, et elle peut y faire mûrir des succès de toute espèce), c’est celui qui se déroule entre Israël et l’Eglise, là où Jésus et sa croix paraissent échouer, où le Prophète est méprisé dans son propre pays et où son représentant ne suffira pas à faire ce qui n’est pas fait. (De l’intégration, p. 165).

776. Intimité

Dieu ne se laisse pas considérer du dehors d’une manière neutre; pour être saisi par lui, cela suppose qu’on soit admis dans la sphère sainte de l’Esprit, dans l’intimité sainte entre le Père et le Fils et que l’on participe à l’Esprit divin. (Dramatique, II, 2, p. 402).

777. Le fou

L’homme n’est-il pas sorti des mains de Dieu pour retourner à Dieu? N’est-il pas au centre de lui-même lorsqu’il fait coïncider son centre avec le centre de Dieu? Seul celui qui est assez fou pour penser que Dieu est un « autre », un « deuxième », un « étranger », peut croire que l’homme qui s’en remet à Dieu puisse être pour lui-même un étranger. (Hans Urs von Balthasar, dans O. Boulnois, Je crois en un seul Dieu, p. 383).

778. Le centre

Les hommes qui se sont remis de tout à Dieu sont aussi par Dieu complètement pris en charge et complètement accomplis.

Marie : son être et ses actes sont uniquement au service de son Fils. Il est au centre. (Triple couronne, p. 111-112).

779. L’Envoyé

Jésus n’a pas besoin d’anticiper son propre destin final, c’est assez qu’il se sache envoyé, et il suivra jusqu’au bout la volonté de Dieu, cette volonté qui est ordonnée par elle-même au salut. (Dramatique, III, p. 404).

780. La profondeur silencieuse

Le sacrement apporte sans paroles – quoique par la médiation de la parole de l’Eglise – la profondeur divine mystérieuse dans l’âme créée et l’ouvre silencieusement à cette profondeur silencieuse. (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 231).

781. La mort aussi

La mort aussi est voulue et créée par Dieu. (Dramatique, IV, p. 228).

782. Le rejet

L’Alliance entre Dieu et les hommes a été rompue plus radicalement que jamais par le rejet du Messie. (Dramatique, III, p. 312).

783. Se donner

L’objet de la foi s’offre au moment précis et dans la mesure où l’homme, renonçant à saisir et à comprendre par lui-même, se donne et se livre à ce qui est à croire. (La gloire et la croix, I, p. 217).

784. A titre privé

Aucun fidèle ne reçoit l’Esprit à titre privé, mais toujours en raison et en vue du Corps tout entier. (Triple couronne, p. 108).

785. Les ténèbres de l’amour

Espérer pour tous : aussi n’a-t-on jamais le droit de désespérer du sort d’un pécheur, et cela vaut même pour Judas… Dans la Passion, le Fils doit souffrir pour tous ceux qui, sans lui, auraient mérité l’enfer. Bref les ténèbres du péché restent enveloppées dans les ténèbres de l’amour telles que le Fils les subit à la déréliction de la croix… Le jugement de la croix est définitif, mais le Seigneur attend le dernier jour pour en montrer le résultat. (Dramatique, IV, p. 256-258).

786. Mozart

Il était magnifiquement libéré du désir ou du besoin maladif de se ‘raconter’. (Karl Barth, p. 60).

787. Une mère humaine

Une mère humaine est requise pour porter le mystère de Dieu fait homme et du Rédempteur du monde : une mère humaine, avec tous ses sentiments, ses expériences, ses joies et surtout ses souffrances maternelles. (La gloire et la croix, I, p. 288).

788. Le coeur de l’homme

Drame de l’homme : il ne peut échapper à sa relation verticale à l’absolu, sans pouvoir la captiver magiquement pour l’enfermer dans sa propre finitude… La nostalgie de l’absolu est le coeur de l’homme… Si l’homme refuse Dieu, il ne trouve que lui-même affronté au temps et à la mort. L’existence de l’homme est alors pathétique : sans cesse confronté à la profondeur énigmatique de l’existence. (Dramatique, p. 63-64).

789. Ouvrir l’homme à l’amour

De toute éternité, Dieu ne veut… qu’une seule et unique chose : ouvrir l’homme à son amour. C’est à cette fin qu’il a créé le monde. (Karl Barth, p. 435).

790. L’Esprit

De même que lorsque deux personnes s’étreignent, la rencontre peut engendrer une vie nouvelle, il est permis d’affirmer que l’Esprit a pour origine l’amour que le Père et le Fils ont l’un pour l’autre. Mais on peut également dire que l’amour (l’Esprit) précède (logiquement, non pas chronologiquement) le Fils qui est précisément engendré en lui. (H. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 298).

791. Une noce éternelle

Il a inventé la merveille de son eucharistie : il est en toi et tu es en lui. Une noce éternelle entre toi et lui, auprès de laquelle l’union de l’homme et de la femme n’est qu’une pauvre et courte ébauche. Sous ce voile du pain et du vin, il veut habiter parmi nous d’une manière vivante pour prendre part aux joies et aux souffrances des hommes. (Le coeur du monde, p. 136).

792. La joie

Peut-être est-ce précisément la joie chrétienne dans toutes ses variétés que les hommes qui m’entourent ont surtout besoin de recevoir de moi. Qu’en reçoivent-ils si un individu de plus est désespéré avec eux? Que veulent-ils sinon une étincelle de foi en l’amour et en la lumière? (L’engagement de Dieu, p. 135).

793. Foi et nuit

Toute obscurité n’est telle qu’à partir d’une lumière antérieure, en droit impérissable. (La prière contemplative, p. 326).

794. Une communion

Le Fils nous entraîne dans sa communion avec le Père. (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 128).

795. Mystère primordial

La communion est le mystère primordial selon lequel, par un acte libre d’amour, Dieu fait participer ce qui n’est pas Dieu à toutes les richesses de son amour… Tout est pure gratuité, mais la grâce suscite en réponse les oeuvres del’homme. (Dramatique, II, 1, p. 106).

796. Sauver ce qui est perdu

Pour savoir comment Dieu sauve ce qui est perdu, il faut apprendre de lui que l’homme, son enfant, sa création, repose dans son Fils éternel (son Verbe éternel, sa Parole éternelle) et que Dieu, pour empêcher la rupture de son alliance et de son dialogue avec l’homme, lorsque l’homme les rompt lui-même, aime mieux laisser le coeur de son Fils éternel se briser sur la croix. (De l’intégration, p. 244).

797. Eucharistie

Communier, c’est chaque fois consentir au Christ pour qu’il nous conforme à lui (1 Co 10, 16 s.) (La nouvelle Alliance, p. 264).

798. Le métier d’homme

L’homme n’aura pas fini d’apprendre son métier d’homme tant qu’il n’aura pas réussi à concilier, aussi parfaitement que possible, l’attitude qui le tient courbé vers la matière et l’attitude droite, le regard levé vers Dieu. (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 124).

799. Le royaume de la vérité

Seul parvient à la foi pleine et, par là, à la véritable indifférence celui qui a laissé derrière lui l’angoisse du péché, et l’entrée dans le royaume de la vérité est nécessairement joie, consolation, lumière éblouissante. (Le chrétien et l’angoisse, p. 145).

Hôtellerie
Vous souhaitez faire une pause spirituelle ?

Hôtellerie de l'Abbaye

Spiritualité
Découvrez les richesses de la foi avec d'autres croyants.

Spiritualité

Paroisse
Célébrez les mystères de la foi avec d'autres croyants.

Wisques - Paroisse


LiensMentions légales | création site web arsitéo