Abbaye

Les chemins de la foi. VII

 

 

Hans Urs von Balthasar

 

Les chemins de la foi

Pensées d’un croyant

VII

 

1200. La contrainte

La mort, c’est une contrainte, mais c’est aussi un événement spirituel. C’est la reddition de son corps à son donateur… Faire de notre mort une offrande parfaite entre les mains du Père. (Dramatique, IV, p. 434).

1201. Le Ressuscité

Le Seigneur ressuscité veut rester concrètement présent à son Eglise tous les jours jusqu’à la fin du monde. (Complexe antiromain, p. 169).

1202. L’infini

L’âme ne peut se reposer que dans l’infini. (Grégoire de Nysse dans Présence et pensée, p. 69).

1203. L’éternité

Prière d’Augustin : « Tu précèdes tous les temps passés du haut de ton éternité toujours présente ». (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 94).

1204. Dépendance

Le monde dépend tout entier de l’être divin qui le précède. (Dramatique IV, p. 88).

1205. La surprise

Question finale : connaissons-nous ce que nous espérons? Ni connaissance totale, ni ignorance totale. La réponse est donnée dans 1 Co 2,6-16 : et elle tient sur le fil du rasoir. La sagesse de Dieu a besoin d’une libre révélation par l’Esprit intérieur à Dieu, de même qu’un Toi humain ne peut que librement introduire dans son intimité. Aucune « transcendance » des hommes vers Dieu, du Je vers le Tu, ne peut anticiper cette libre ouverture de soi. Affirmation centrale du verset 12 : Nous avons reçu l’Esprit qui vient de Dieu afin de connaître les dons que Dieu nous a faits. Tout ne s’arrête pas à une parole de Dieu : Dieu va jusqu’à déposer son Esprit dans notre esprit. « Don de grâce » qui ne peut être arraché au geste donateur de Dieu et transformé en une possession dont l’homme disposerait de lui-même, en « savoir absolu ». La preuve en est que la sagesse mystérieuse de Dieu reste une « folie » pour l’homme charnel… La gloire que Dieu a préparée pour l’homme n’est pas montée au coeur de l’homme par transcendance : elle est pur don de Dieu à ceux qui l’aiment… Puisque l’Esprit de Dieu est intériorisé à l’esprit humain qui aime, celui-ci est vraiment engagé dans son acte de comprendre et de parler, sans que le don de Dieu devienne jamais un bien propre et que le mystère de l’amour merveilleux devienne quotidien et accoutumé… Et parce qu’il aime, le croyant ne cherche pas à savoir quelle part de l’avenir il a pu pressentir. Il est heureux de se laisser sans cesse surprendre par l’amour divin; et connaissant la joie qu’a Dieu de nous surprendre, il se laissera surprendre une dernière fois, qui sera la toute première (Cf. 1 Jn 3,2). (La gloire et la croix. Nouveau Testament, p. 454-456).

1206. Le sens

L’histoire humaine est prise en charge par l’histoire du Christ qui lui imprime un sens, un sens qui ne lui est pas imposé de l’extérieur et d’en haut sans qu’elle y fasse attention, mais un sens qui réclame de l’homme au contraire une volonté de présence, de participation. (Théologie de l’histoire, p. 120).

1207.La lumière de Dieu

Se laisser conduire (par Dieu) est essentiellement une attitude d’humilité, de simplicité de la foi; seule cette attitude fraye le chemin à la communication divine, seule elle accorde à la lumière de Dieu tout l’espace d’un coeur purifié. (« Heureux les coeurs purs, ils verront Dieu »)… Cette béatitude donne… plus d’aisance pour… percevoir ce qu’il y a d’insurpassable dans le don que Dieu fait de lui-même. (Dramatique, II,1, p. 105).

1208. Initiation

Toute l’histoire d’Israël est une éducation du genre humain, une initiation croissante à la vérité divine toujours égale à elle-même. (De l’intégration, p. 137).

1209. Un silence divin

Il y a des choses sur lesquelles Dieu maintient un silence divin que nous devons respecter. (Dieu et le drame du monde, dans la revue Communio, 2011/2).

1210. Confrontation

« Tout est à nu et à découvert aux yeux de Celui à qui nous devrons rendre compte » (He 4,13). Chaque Parole de la révélation – de l’Ancien Testament, de l’évangile, des épîtres des apôtres, de l’Apocalypse – a distinctement ce caractère de jugement… Le feu du jugement ne sera rien d’autre que la confrontation suprême et inélucatble avec la Parole pour celui qui jusqu’à présent avait toujours fui à son approche. (La prière contemplative, p. 236).

1211. Les pieds sales

Dans le plan de Dieu, l’Eglise est le maillon indispensable entre l’amour de Dieu et l’amour de l’humanité. Et si tu trouves que l’Eglise n’est pas à la hauteur, eh bien fais de ton mieux pour que cela change… Tout homme qui veut augmenter dans l’Eglise la capacité d’amour afin qu’augmente, par l’Eglise, la capacité d’amour du monde, doit imiter… au plus intime de son coeur l’humble geste d’amour de Jésus et en faire son attitude profonde : il doit laver les pieds sales de ses frères (Cf. Jn 13,13 ss.). On n’a pas le droit de choisir lorsqu’on se met à laver les pieds; chacun de ces frères aux pieds sales est le frère pour lequel le Seigneur est mort, qu’il soit sympathique ou non, progressiste ou réactionnaire, ou Dieu sait quoi encore. Seul l’amour – qui a été répandu en nous par le Seigneur mais qui doit maintenant passer aux actes – édifie, alors que la vaine science détruit (1 Co 8,1). (Points de repère, p. 194-196).

1212. L’Indispensable

Selon saint Thomas d’Aquin, Dieu est l’Indispensable sans qui l’homme affamé de bonheur ne peut atteindre sa fin. (Théologie des Exercices, p. 58).

1213. Le fils perdu

Le dernier des fils perdus devient, par la croix de Jésus, le prochain du Juif et donc celui de Dieu : cela impose qu’il le devienne aussi pour quiconque suit le Christ. (Dramatique, IV, p. 254).

1214.Le salut

On ne peut parler de véritable salut que lorsque quelqu’un qui souffre et restait jusque là esclave de cette souffrance la maîtrise, y acquiesce en toute liberté intérieure et, s’il s’agit d’un chrétien, s’en remet à Dieu qui la domine et la donne. (Article paru dans Communio, mai 1977, p. 31).

1215. Les monstres

Nous ne comprendrions rien à ce qui se passe dans la temporalité… hors de cette profondeur où nous avons notre vérité devant Dieu. (Le tout de l’homme n’est pas la vie végétative). Sans cela, les hommes restent d’affreux monstres non développés, des moignons d’hommes… Nous sommes nés de la lumière et nous retournons à la lumière. (Le chrétien Bernanos, p. 50-52).

1216. Les étapes

Toutes les étapes de la révélation biblique étaient requises pour aboutir à l’incarnation de Dieu et donc aussi à la compréhension de Dieu par l’homme. (De l’intégration, p. 211).

1217. Angoisse

Angoisse de Dieu qui, dans son désir de donner, a laissé à l’homme la liberté de quitter la maison paternelle… Chaque fois que cette liberté ne revient pas à lui sous forme d’amour reconnaissant et réciproque, mais se change en éloignement et en ingratitude, son coeur blessé saigne. Le pécheur reviendra-t-il? L’univers entier, avec ses grands courants d’histoire païenne et judaïque, est la preuve des efforts toujours croissants de Dieu pour ramener à Lui la créature… Et lorsque toutes les tentatives ont échoué, le Père met son Fils en danger et l’envoie sans défense au milieu de ses vignerons perfides… Il accepte d’assister en silence à la mort de son Fils. (Avec Péguy dans E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 250).

1218. Formes douces ou cruelles

C’est dans notre silence que Dieu fait entendre son appel et nous invite à nous replonger dans notre Origine. Cet appel revêt toutes les formes douces ou cruelles : avertissements et châtiments, hasards intérieurs ou extérieurs, joie et douleur. Quand l’homme se met en quête de Dieu, il y a bien longtemps que Dieu est en quête de lui. (Avec Tauler dans La gloire et la croix, t. 4,2, p. 127).

1219. Mission

A l’origine de toute mission spéciale de vie chrétienne, il doit y avoir un acte d’indifférence absolue, c’est-à-dire immédiate à l’égard de Dieu : cet acte est pure disponibilité à tout, pure acceptation de tout ce que Dieu peut décider. C’est… le reflet de l’exigence de Jésus demandant à ses disciples : « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses soeurs, et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple » (Lc 14,26). [Haïr, c'est-à-dire ici : en cas de nécessité, quitter, dépasser, tout informer à partir de la Parole de Dieu]. (Nouveaux points de repère, p. 44).

1220. Le mensonge

Le saint : quelqu’un en qui il n’y avait pas beaucoup de mensonge! Juste ce qu’il faut pour vivre, pour vivre notre pauvre chère chienne de vie, rien de plus, aucune imposture. (Le chrétien Bernanos, p. 281).

1221. La foi

L’Eglise : l’instance qui communique la foi au Seigneur. Par sa proclamation, l’Eglise invite les hommes à se rattacher à sa foi : d’abord par elle, puis en elle et avec elle. (La gloire et la croix, I, p. 499).

1222. Le credo de Hans Urs von Balthasar

Au fond il n’y a qu’un seul dogme, de même que l’homme est un malgré la multiplicité de ses organes, de ses situations et de ses vues. Ce dogme est identique à la prédication apostolique : le Ressuscité a souffert sur la croix « pour nous et pour beaucoup »; d’où : il est le Fils de Dieu; d’où né de la Vierge; d’où : le juge des vivants et des morts qui ressusciteront eux aussi. Parce qu’il est le Fils de Dieu, il n’est pas subordonné à Dieu le Père, et l’Esprit qu’il a envoyé à son Eglise est réellement l’Esprit de Dieu. (Catholicisme, p. 101-102).

1223. L’énigme

L’homme a conscience d’être jeté dans l’être sans l’avoir voulu, il tend vers le vide, il n’a pas son fondement en lui-même, son existence lui échappe fatalement. Le Christ est venu de la part de Dieu éclairer son origine; et l’homme a à se laisser conduire vers son origine; il peut se reconnaître comme relié à l’amour absolu du Père parce qu’il est coengendré dans la grâce avec le Fils unique. C’est la seule voie pour l’homme de se comprendre lui-même : le fait d’avoir la vie en lui-même et d’être intelligent, indépendant et responsable, il l’a reçu de quelqu’un d’autre qui lui veut du bien. L’homme est un mystère pour lui-même : il se sait transcendant au monde et il n’a pas en lui-même son fondement ultime; il se sait transcendant au monde et il est finalement le jouet des forces du monde. Le Christ est venu inviter l’homme à ratifier sa dépendance à l’égard de la Liberté qui l’a créé. Nul ne devient malgré lui un enfant du Père céleste. (Dramatique II, 2, p. 29).

1224. Les gouttes de la grâce

« Isangelos » , pareil à un ange : mot magique des premiers chrétiens. Ils enviaient aux anges leur capacité de vivre continuellement dans la lumière de la pleine conscience et de ne jamais laisser tomber la moindre goutte de grâce. (Grains de blé II, p. 137).

1225. Le goût et la joie

Rôle du Saint-Esprit dans la compréhension de la foi : goût et joie trouvés dans la Révélation, sentiment intime de sa vérité et de son authenticité internes. Ainsi soutenu, l’homme peut et doit s’ordonner consciemment à la Révélation…, s’accoutumer à vivre en elle, harmoniser avec elle toute sa personne. (La gloire et la croix I, p. 208).

1226. Les quarante jours

La forme d’existence du Christ dans l’eucharistie… n’est pas différente de celle des quarante jours entre Pâques et Ascension… Ici et là, il est le Ressuscité, celui qui vit dans l’éternité mais qui, comme tel, accompagne les siens dans le temps (tout en étant dans l’éternité). La différence : pendant les quarante jours, son accompagnement a lieu au grand jour, dans le temps de l’Eglise il se réalise dans le secret des formes sacramentelles. Les quarante jours sont le commencement même du temps de l’Eglise… Par la messe, l’Eglise devient véritablement et corporellement contemporaine du Christ s’offrant en sacrifice. On ne peut mieux faire que de comparer pareil événement avec les rencontres – très réelles aussi pour lui! – du Ressuscité avec Marie-Madeleine au tombeau, avec Thomas, avec les apôtres et les autres disciples. (Théologie de l’histoire, p. 93 et 97).

1227. Folle espérance et certitude

Si nous sommes chrétiens, c’est-à-dire si nous saisissons que Dieu est amour, au sens où il veut que soit compris son amour, alors nous avons la confiance et la certitude, nous possédons cette espérance tout à fait unique, folle, contraire à toute expérience : notre existence nous sera un jour donnée dans son unité, non pas péniblement recollée, ni comme une figure nouvelle, étrangère, à laquelle nos fragments terrestres n’auraient en rien contribué, mais comme une image exacte dans laquelle nous nous reconnaîtrons comme pour la première fois et serons enfin ce que nous aurions toujours voulu être. (Retour au centre, p. 124-125).

1228. Exigence

Dieu peut exiger beaucoup de nous parce que beaucoup a été exigé du Fils sur la croix. (Aux croyants incertains, p. 62).

1229. Blessure d’amour

Ecarter le côté moyenâgeux de la théorie d’Anselme : réparation de l’honneur lésé de Dieu. Y substituer l’idée d’un amour divin bafoué par le péché. Péché : offense faite à Dieu (Galot). Dieu s’est engagé dans le monde et s’est rendu vulnérable (Guillet). Il serait absolument indigne de Dieu de révéler d’abord une justice à la fois gracieuse et exigeante, et de laisser tomber ensuite toute exigence et tout jugement pour ne manifester qu’un amour insoucieux du comportement des hommes. Mais Dieu qui envoie son Fils dans cette mort affreuse, n’est-il pas cruel, inhumain? Cynisme naïf de « ce pauvre dominicain » (Xxxxxx) : Jésus n’a que peu souffert : 24 heures dans un poste de police. Voilà que des religieux se mêlent à la foule qui blasphème au pied de la croix. Il en a sauvé d’autres…

Ne comprendre le mystère de la Passion que comme mystère trinitaire : le Fils et l’Esprit égaux au Père. Un dessein créateur et salvifique du Père conçu aussi par le Fils et l’Esprit dans la plus parfaite unité avec lui. Le Fils aura à souffrir dans ce plan du salut, mais il faut admettre que la proposition procède originairement de lui, que lui-même s’offre au Père pour soutenir et sauver l’oeuvre de la création. Cette proposition du Fils atteint le coeur du Père plus profondément que le péché du monde ne pourra l’atteindre : blessure d’amour en Dieu dès avant la création… Blessure antérieure à celle que vise Anselme, à savoir l’offense faite au Père par le péché et expiée par le Fils. (Au coeur du mystère rédempteur, p. 37-40).

1230. Le labyrinthe

Jésus-Christ : sa démarche vers tous les êtres égarés dans le labyrinthe du monde afin de les ramener au bercail se heurte de plein fouet à la volonté dressée contre tout rattachement à la source créatrice. (Dramatique, , p. 412).

1231. La messe du dimanche

Saint Maxime le confesseur ne se lasse pas d’exhorter chaque chrétien… à fréquenter la sainte église de Dieu, à ne jamais renoncer à l’eucharistie qui y est accomplie, soit à cause des saints anges qui y assistent et prennent note des assistants pour les présenter à Dieu et offrir pour eux des supplications, soit à cause de la grâce du Saint-Esprit qui est sans doute toujours invisiblement présente mais qui, plus efficace pendant la sainte eucharistie, transforme les assistants, les recrée et, selon les ressources de chacun, les entraîne vers un degré supérieur du divin, leur enseignant la signification des saints mystères, même s’ils n’ont pas conscience de cette grâce en la recevant. (Liturgie cosmique, p. 244).

1232. Le geste d’amour

Le croyant ira jusqu’à discerner dans la déréliction de la croix le geste d’amour le plus authentique du Père. (Dramatique, II,1, p. 107).

1233. Valeur éternelle

Notre frère pour qui le Christ est mort… Notre frère a valeur éternelle pour Dieu et le regard plonge dans des profondeurs insondables. (Qui est chrétien?, p. 99).

1234. Un langage

Dieu ne pouvait trouver dans la création aucun meilleur langage que la Passion pour se communiquer lui-même… La Passion du Christ est aussi véritablement une Parole proférée par Dieu. (De l’intégration, p. 284-285).

1235. Refonte

C’est la foi qui constitue le lien entre le ciel et la terre; et vivant dans la foi, nous possédons la maîtrise sur notre mort, en ce sens que la mort n’est plus rupture mais refonte de notre existence en Dieu… Même l’éternité, qui est le temps de Dieu, appartient au croyant. Et son temps terrestre ne saurait tomber en dehors de ce temps éternel… La foi trouve ses garanties en Jésus-Christ, le Médiateur entre la création et la Trinité. (Dramatique, IV, p. 99-100).

1236.Minimum

Pour déterminer la pratique d’un chrétien, il n’est pas tout à fait juste de se borner à observer s’il va à l’église tous les dimanches et s’il fait ses Pâques. D’une part, c’est un minimum en ce qui concerne les commandements de l’Eglise, d’autre part, ce n’est même pas l’essentiel, car l’essentiel, c’est la charité chrétienne vécue. C’est plutôt signe qu’il a une attitude chrétienne en principe. Il y a d’ailleurs lieu de se demander si c’est un symptôme de santé ou de maladie. La dernière hypothèse s’appliquerait au cas de celui qui regarderait le christianisme comme une institution d’assurance pour le ciel et qui paierait sa prime minimale; la première au contraire, s’appliquerait à celui qui aurait conscience que, pour durer, sa qualité de chrétien a besoin de cet acte régulier, discipline de soi qui représente à la longue un sacrifice nullement insignifiant… Il y a une haute vertu de profession de foi dans ce sacrifice. ( Qui est chrétien?, p. 101-102).

1237.Le succès

« Le succès n’est pas un nom de Dieu » (Martin Buber). Le Dieu succès est un Dieu de ce monde. Il faut situer la fine pointe du christianisme dans le fait que la fécondité chrétienne atteint son sommet dans l’échec aux yeux du monde, dans la faillite de la croix… S’abandonner soi-même à la volonté incompréhensible du Père, obéir dans la nuit de l’esprit, se laisser conduire « là où l’on ne veut pas aller », se laisser enfouir dans la terre comme un grain de blé : c’est là la principe d’une fécondité nouvelle que le monde ne peut comprendre et qu’il est impossible de comptabiliser… Le plus grand sucès de Jésus, c’est l’inutilité de la croix. (Points de repère, p. 17-18).

1238.Le centre

Tous les êtres ont leur motif intrinsèque suprême dans le Christ, toutes les personnes sont constituées en vue du Christ. Pour les déchiffrer et les comprendre objectivement, il n’y a pas d’autre possibilité que de les orienter vers ce centre où elles s’intègrent. (G. Hopkins, dans La gloire et la croix, II,2, p. 267).

1239. Laver les pieds

Incroyable que l’Être absolu s’abaisse jusqu’à laver les pieds et même les âmes de ses créatures… Rien dans le monde ne justifie une telle métaphysique… Elever un édifice si prodigieux sur un fondement si fragile (Jésus de Nazareth), c’est dépasser toute limite de la raison. (L’amour seul est digne de foi, p. 131).

1240.Enfantement

Paul ne fait que décrire à la perfection la fécondité propre à la vie très chaste de Jésus-Christ et à travers lui, de Marie, de Joseph, de Jean-Baptiste, de l’apôtre bien-aimé et de tant de chrétiens à leur suite… C’est à cause d’elle que l’Eglise catholique, et l’Eglise orthodoxe à sa manière, sont si farouchement attachées au célibat des prêtres : vécu en toute conscience et dans une réelle disponibilité à enfanter à nouveau les fidèles jusqu’à ce que le Christ soit formé en eux, c’est une grâce qui prend sa source en Marie et qui peut être incontestablement reconnue aux fruits qu’elle porte… Paul, qui ne peut encore savoir à quel point sa chasteté revêt un caractère marial, la vit très consciemment comme un douloureux enfantement de ses enfants (Cf. Gal 4,19). (Marie pour aujourd’hui, p. 26-28).

1241.Explicitation

Jamais la théologie n’a pu être autre chose que l’explicitation de la Révélation apportée par l’Ancien et le Nouveau Testament, en même temps que de ses implications (le monde comme créé) et de son but (l’imprégnation du monde créé par la vie divine). (Dramatique I, p. 101).

1242.Juger les autres

Les saints jugeront le monde, et même les anges (1 Co 6,2ss.). Ceci ne peut devenir actuel que quand chaque personne, même le saint, est tellement purifié par son regard sur le Transpercé que son regard sur le monde et sur les anges est devenu semblable à celui du Fils de l’homme. Tout ce qui pourrait trahir, ne serait-ce qu’une étincelle de complaisance en soi-même, de joie perverse à la condamnation des autres, doit être complètement extirpé… Communication du regard et du point de vue de Dieu sur l’ensemble de l’histoire du monde, où les ‘saints’ qui avaient déjà adopté de tout temps ce point de vue de Dieu, sont désormais justifiés aussi dans leur vision des choses… Cf. saint Paul : « L’homme qui vit de l’Esprit (Saint) peut juger de tout, alors que personne ne peut porter sur lui un jugement » (1 Co 2,15). (Article Jugement, dans Communio 1980/3, p. 24-25).

1243.Ouverture

Le saint, le sanctifié, c’est celui qui a surmonté ses résistances au Saint-Esprit qui lui est donné. Foi parfaite : abandon de toute vie propre à la disposition de Dieu, oui sans limites. Si un tel acte est parfait quelque part, c’est la sainteté accomplie, car la créature qui le produirait serait sans partage ouvert à l’Esprit Saint. (Catholique, p. 74-75).

1244. Monstruosité

Le même Esprit qui dévoile les enchaînements intimes de la Parole de révélation et fait jaillir un nouvel esprit par la comparaison du spirituel au spirituel (cf. 1 Co 2,13) prouve par là sa liberté et sa richesse inépuisable, à tel point que l’idée d’une vue d’ensemble systématique sur la Sagesse divine, même la Sagesse qui de fait a été révélée, apparaît comme une énormité et une monstruosité rationnelle. Ni la succession des définitions dogmatiques de foi promulguées par les conciles et les papes, ni celle des spéculations théologiques, quelque riche de sens que soit la manière dont se relaient les systèmes et les sommes, n’engendre comme conséquence historique une vue d’ensemble de la révélation, qui serait en quelque sorte contraignante, comme si le temps qui va du Christ au jugement dernier était destiné à l’Eglise afin qu’elle traduise la Parole quelque peu confuse et désordonnée des Ecritures en un système rationnel à peu près exhaustif, enrichi de toutes les conclusions théologiques possibles et susceptibles d’être embrassé d’un seul regard. (De l’intégration, p. 135).

1245.Un coeur qui saigne

Lorsque le Fils, fait homme sur terre, accomplit expressément la volonté du Père que lui présente l’Esprit Saint, il a fallu que cette obéissance soit précédée de toute éternité par l’offre spontanée et impensable que le Fils fait au Père de sa propre personne : payer de son sang et de son angoisse pour le bien du monde; offre qui ne peut pas ne pas avoir touché le Père au plus intime de son coeur et à laquelle le Père ne pouvait que consentir comme à la meilleure possible, à la plus haute révélation de l’Amour absolu. Il y a consenti « d’un coeur qui saigne »… parlant dès lors par anthropomorphisme. (Nouveaux points de repère, p. 205).

1246.Le feu

Il est venu jeter un feu sur la terre, et c’est lui qui est ce feu… Les paroles qui sortent de sa bouche ont le plus souvent quelque chose d’ouvertement provocant et il n’est pas étonnant que les flammes jaillissent aussitôt… L’amour qu’il est venu apporter, il le voile dans les paroles annonçant le jugement et dans les menaces de perte éternelle… Il épargne ses miracles pour ne pas les opérer dans l’incroyance mais dans la foi. Celui qui ne mange pas sa chair et ne boit pas son sang n’a pas de part avec lui et aucun accès au Père. « Ce langage est dur. Qui peut l’admettre? » (Prière contemplative, p. 169).

1247.Comparaison

L’Eglise, dans son essence, est un mystère qui demande la foi pour être accepté et approfondi… L’Eglise n’a pas d’identité propre autonome par rapport à son fondateur et Seigneur. La moins mauvaise des comparaisons est celle de l’Eglise comme corps du Christ : un corps détaché de sa tête est un non-sens. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 191).

1248.Responsabilité

Dieu n’est pas d’abord puissance absolue, mais amour absolu, et sa souveraineté se manifeste non dans le fait de retenir ce qui lui est propre, mais dans le fait de l’abandonner… Dieu, de toute éternité, assume la responsabilité du succès de la création. (Le mystère pascal, p. 32… 39).

1249. Exister

L’Eglise existe davantage là où il y a davantage de foi, d’espérance et de charité, en un mot davantage de sainteté. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 196).

1250. L’orgueil

Bernanos : « S’il m’arrive de mettre en cause l’Eglise, ce n’est pas dans le ridicule dessein de contribuer à la réformer. Je ne crois pas l’Eglise capable de se réformer humainement, du moins dans le sens où l’entendaient Luther et Lamennais. Je ne la souhaite pas parfaite, elle est vivante. Pareille aux plus humbles, aux plus dénués de ses fils, elle va clopin-clopant de ce monde à l’autre monde; elle commet des fautes, elle les expie, et qui veut bien détourner un moment les yeux de ses pompes, l’entend prier et sangloter avec nous dans les ténèbres. Dès lors, pourquoi la mettre en cause, dira-t-on? Mais parce qu’elle est toujours en cause. C’est d’elle que je tiens tout… Le scandale qui me vient d’elle m’a blessé au vif de l’âme… Ou plutôt il n’est d’autre scandale que celui qu’elle donne au monde. Je me défends contre ce scandale par le seul moyen dont je dispose, en m’efforçant de comprendre… Je parle au nom de braves gens qui me ressemblent comme des frères… Le monde est plein de misérables que vous avez déçus. Personne ne songerait à vous jeter une telle vérité à la face si vous consentiez à la reconnaître humblement. Ils ne vous reprochent pas vos fautes. Ce n’est pas sur vos fautes qu’ils se brisent, mais sur votre orgueil ». (Le chrétien Bernanos, p. 81-82).

1251. Raison de vivre

La raison de vivre de Jésus est… d’annoncer la charité de Dieu, sa charité même de Fils de Dieu. (Au coeur du mystère rédempteur, p. 45).

1252. Le mystère de la personne

Aucune créature ne se tient isolée devant Dieu. Chacune sait bien que ses compagnes dont le mystère lui est caché sont comme elles découvertes et révélées aux yeux de Dieu. Les créatures sont voilées les unes aux autres dans leur vérité la plus profonde, mais elles sont toutes ensemble dévoilées devant Dieu… Si l’une veut en connaître une autre comme elle est en vérité, il faut qu’elle cherche à la considérer avec les yeux de Dieu, il faut qu’elle regarde ses déficiences comme Dieu… dans une atmosphère d’amour très pur. Pareille vision du prochain ne peut naître qu’en relation étroite avec Dieu, dans la prière et le renoncement… Si on veut collaborer dans l’amour (à une amélioration), on ne pourra trouver de meilleure solution que de remettre ce qu’on aime avec une confiance toujours plus grande et un abandon plus total à la direction créatrice de Dieu… Attitude d’abandon et d’indifférence… La raison doit exercer sa fonction de juge… Mais cette mission (de juger)… implique la remise finale du jugement entre les mains de Dieu. (Phénoménologie de la vérité, p. 258).

1253.Enrichissement

L’arrière-plan de résurrection reste la joie essentielle à partir de laquelle toutes les formes du dépouillement sont accordées et distribuées… Pauvreté pour Dieu et en Dieu, pauvreté vis-à-vis de Dieu, pauvreté de Dieu en nous… C’est ensuite l’affaire de Dieu de décider si cette pauvreté en esprit doit être vécue comme béatitude sentie ou non, comme enrichissement inouï par l’infinité de Dieu ou comme privation de tout le fini sans le gain senti de Dieu. (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 205).

1254.La foi

L’acte de foi réclame du croyant le don de tout son être en sacrifice d’obéissance… La foi est l’adaptation de toute l’existence à Dieu. (La gloire et la croix I, p. 178 et 186).

1255.La musique

L’amour unique de Dieu pour chaque personne joue sur l’instrument original et universellement valable de la vie du Christ une mélodie incomparable, neuve, jamais entendue, au cours de chaque nouvelle lectio divina. Les touches de l’instrument sont limitées, tout comme les paroles de la sainte Ecriture, mais les variations possibles qu’elles permettent sur le thème du don de soi de l’amour divin et de l’initiation au sens profond divin sont absolument infinies. (La prière contemplative, p. 214).

1256. Le repos

L’homme, cet être en quête de son achèvement, ne peut pas trouver le repos tant que la résurrection des morts n’est pas pour lui une certitude. Et cette résurrection n’apparaît qu’en liaison avec le message de la mort d’amour du Fils de Dieu dans le cadre de l’histoire. (De l’intégration, p. 115).

1257. Rencontre

L’Ecriture est… le récit de la rencontre entre Dieu et les hommes, entre Dieu et les hommes du temps du Christ, dans lesquels tous sont chaque fois compris. (La prière contemplative, p. 29).

1258. Stérilité

Bible : la stérilité physique, l’impossibilité de concevoir un enfant, de le porter et de le mettre au monde a la même marque évidente que la pauvreté totale. La femme ainsi affligée est profondément humiliée en même temps que méprisée et plainte. Elle ne réussit même pas à faire ce que peut faire une bête, elle ne remplit pas sa destinée humaine, elle déçoit son époux et sa famille. L’apparence pauvre et méprisable d’une virginité pour l’amour de Dieu est toute proche de cette stérilité biblique qui est régulièrement la condition préalable de l’action de Dieu dans le sens de la promesse (Isaac, Samson, Samuel, Jean-Baptiste)… Grâce de la fécondité au service de Dieu… Is. 49,21 : « Qui m’a enfanté tous ceux-là? J’étais sans enfants, stérile et à l’écart; ceux-ci, qui les a fait grandir? J’avais été laissée seule; ceux-là, d’où viennent-ils donc? »… Le message de la Révélation n’est un message de joie que pour le pauvre, il ne fructifie que dans la stérilité. (Qui est chrétien?, p. 79-80).

1259. Les traces de la Résurrection

L’Ecriture n’est pas une parole sur laquelle la résurrection serait passée sans laisser de traces. Le Nouveau Testament ne vient pas se ranger simplement après l’Ancien Testament comme deux tomes reliés d’un même ouvrage. Tout est une parole qui est un témoignage de la résurrection. Parole du Ressuscité lequel, pendant les quarante jours, éclaire sa propre vie ainsi que l’Ancien Testament à l’intention de l’Eglise. (Théologie de l’histoire, p. 144).

1260. Foi vivante

La foi vivante se contente de se tenir devant la face de Dieu qui le regarde, sans se soucier de le voir ou non. (La gloire et la croix I, p. 278).

1261. Se laisser former

Se laisser former par l’Esprit…, être essentiellement disponible et donné, renoncer à toute anticipation personnelle, c’est la seule manière chrétienne valable, et la seule féconde, dont l’homme peut, pendant sa vie et au-delà d’elle, ‘faire histoire’ au sens de Dieu. Se laisser former, ce n’est pas faire montre d’une passivité vide, parce que toute semence de parole et d’esprit, lorsqu’elle déposée, invite déjà… à une coopération… et à une participation dans la responsabilité (De l’intégration, p. 242).

1262. Le naïf premier amour

Les conseils que l’on peut donner à celui qui se met à la contemplation sont nombreux et pourtant ils peuvent contenir dans une coquille de noix. Ce ne sont proprement, à les mieux regarder, que les conseils que l’on donne à celui qui aime, et c’est là une indication très importante en ce qui concerne l’essence de la contemplation. Rien n’est aussi libre que l’amour… Il doit seulement veiller à ne pas tomber, en devenant libre, dans un nouvel esclavage…, à se rechercher à nouveau lui-même inconsciemment, à rechercher son propre plaisir. Et cela dure jusqu’au jour où l’on remarque que l’amour s’est évanoui parce que l’on s’est toujours déjà en cachette recherché soi-même… L’amour rend libre quand il est désintéressé et il l’est quand il est capable de renoncer même à la jouissance, aux avantages… Tout amour terrestre doit passer par cette purification. Il faut qu’arrivent les instants, les périodes où l’amour est mis à l’épreuve par le renoncement. Alors on discerne si l’enthousiasme de la première rencontre était du véritable amour. Alors aussi le naïf premier amour, s’il était vraiment présent, est purifié et approfondi au feu du renoncement. (La prière contemplative, p. 135-136).

1263. Magnificence

Dieu est amour. Il est aussi la magnificence absolue. Mais il nous rend humbles parce que lui-même n’est pas seulement la magnificence absolue mais tout autant l’humilité absolue. (Théologie de l’histoire, p. 195).

1264. Angoisse et ambition

Le rôle de l’Eglise (qui est elle-même un mystère divin) est d’introduire jusque dans le monde terrestre le rayon mystérieux de l’amour trinitaire et crucifié. L’Eglise est communication de tout l’amour de Dieu au monde tout entier… Je dois pouvoir espérer pour chaque frère… On ne met pas entre parenthèses le contenu de sa foi, on ne le noie pas dans un léger murmure humaniste. Mais on la présente dans la situation de mission avec la ferme assurance que c’est possible : « Ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Mt 10,19-20)… Faire de l’interlocuteur la norme, et non plus Dieu, trahirait seulement l’angoisse du chrétien d’être à la hauteur de son époque, son angoisse et son ambition, inconscientes peut-être. « Croyez à ce que je vous ai promis : l’Esprit de votre Père est capable de se rendre maître de toute situation ». (Cordula, p. 101-102).

1265. Banqueroute

Voici ce que signifie la croix du Christ : la volonté d’être absolument impuissant, d’éprouver l’agonie au mont des oliviers, de subir l’infamie extrême et l’amertume, la trahison, le reniement, l’abandon, un trépas qui est une banqueroute, de renoncer à toute espérance éprouvée et réconfortante, à toute foi sensiblement vécue et à tout amour senti. C’est cette volonté qui est le but direct de la vie du Rédempteur. Quiconque veut imiter cette vie doit au moins attendre avec abandon de voir s’il n’est pas dirigé sur la même voie. (De l’intégration, p. 226).

1266. Le visage

Les traits de l’homme s’épanouissent, s’éclairent et s’approfondissent lorsque l’homme rencontre non un miroir qui lui renvoie son image, mais son original suprême… Ce n’est qu’en Dieu que le visage de l’homme s’illumine. (Dieu et l’homme d’aujourd’hui, p. 181).

1267. L’heure

Dieu a prévu pour l’homme tout bien. L’homme doit recevoir chaque bien quand Dieu le lui donne… Toute désobéissance, donc tout péché, est, dans son essence, anticipation, saut par-dessus le temps… D’où dans la nouvelle Alliance le rôle de la patience (plus encore que l’humilité) comme disposition fondamentale de l’existence chrétienne… L’heure qui vient… ne peut être anticipée d’aucune manière, même pas être sue (Mc 13,32; Jn 2,4) : ce serait aussi une anticipation qui détruirait l’accueil pur, nu, sans réserve de ce qui vient du Père… La perfection du Fils est son obéissance qui n’anticipe pas. (Théologie de l’histoire, p. 36-38).

1268. Larmes

(Le Fils) : il espère totalement, purement que le peuple de Dieu recevra la Parole de Dieu, que Jérusalem se convertira. Et un jour, au point culminant de la lutte entre la Parole et le peuple, la certitude se fait jour : Israël ne se convertira pas. La Parole de Dieu fait cette expérience humaine qu’au lieu de convertir l’homme, elle les endurcit. C’est l’heure où il pleure sur la cité sainte. L’heure affreuse où il découvre l’inutilité de l’engagement humain suprême. Désormais, ce n’est pas seulement de sa vie qu’il paie sa vérité, mais de ces larmes terribles. (De l’intégration, p. 278).

1269. Purgatoire

Le purgatoire est vécu dans l’isolement total; tout est concentré sur le rapport de Dieu à chaque personne. Aussi personne n’éprouve le besoin de savoir ce qui arrive aux autres en un tel état. L’âme est fascinée par quelque chose qui ne tolère aucune distraction… L’âme n’est occupée que de Dieu et d’elle-même. On n’apercevra de nouveau le frère qu’au moment où on sera si totalement purifié par l’amour du Seigneur que l’on deviendra capable de le regarder avec les yeux du Seigneur. On comprend alors que ce passage de la superficialité à la profondeur de la personnalité soit le vrai fondement capable d’inaugurer une communion authentique et définitive. (Dramatique IV, p. 332).

1270. Ouverture

Le mystère de la Pentecôte, c’est le mystère de l’ouverture et de l’accès pour tous. Ceux qui ont reçu l’Esprit sortent et prêchent dans toutes les langues à tous les peuples. Et ce jour-là, environ trois mille personnes se convertirent. Cette ouverture de Dieu ne concerne pas quelques élus seulement, mais absolument tout le monde. Les quelques-uns des premiers jours remarquent que l’espace de Dieu est accessible, et ils ne sont choisis que pour annoncer aux autres cette découverte. L’Eglise sur terre est cette ouverture de Dieu au monde, le lieu où elle s’accomplit et où elle est connue. Mais pour que d’autres puissent s’en apercevoir, les chrétiens doivent sortir, purs comme après un bain, rayonnants du soleil qui les illumine, l’âme pleine des sons entendus au ciel. Il faut qu’ils soient, pour les autres, ouverture du ciel. (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 123).

1271. Les yeux de l’espérance

Nous pouvons dire et affirmer comme saint Paul que la grâce est plus forte que la faute, que tous meurent en Adam, mais qu’ils seront ressuscités dans le Christ qui déposera aux pieds de son Père la création achevée. Mais nous devons aussi affirmer avec le Christ et l’Evangile que les pécheurs seront punis d’une damnation éternelle. Concilier cette antinomie n’est pas l’affaire de la théologie de la terre. La perspective toujours grave de la perdition possible ne doit pas s’oublier si l’on veut que la gravité de la vie chrétienne ne se transforme pas en un jeu… Il y a des menaces divines non seulement pour le mal accompli, mais tout autant pour le bien négligé et pour ce que nous n’aimons pas notre prochain. Ce n’est que dans la crainte qu’il nous est permis de lever les yeux de l’espérance sur le royaume des cieux. (Liturgie cosmique, p. 277-278).

1272. Un achèvement

Seule l’offre de Dieu adressée à l’homme de pouvoir acquérir une vie éternelle intégralement humaine lui ouvre un espace dans lequel il peut déployer un espoir positif d’achèvement… Non pas directement, car la transformation à travers la mort lui reste imposée, mais dans une orientation où il ose, dans la foi en Dieu, espérer son achèvement. Et le Christ pousse de toute sa force vers la conclusion espérée et voulue par Dieu par l’héritage qu’il a laissé : son Eglise, sa Parole, ses sacrements, ses saints… En agissant ainsi, le Christ ne centre pas tout sur lui-même, il ne se comprend lui-même que comme l’envoyé du Père céleste qu’il sert en lui obéissant humainement de la manière la plus profonde et, sa tâche une fois accomplie, il fait descendre (d’auprès du Père et avec le Père) l’Esprit divin sur l’Eglise. La venue du Christ dans le monde renvoie à un événement inconcevable au sein de l’Amour libre absolu. Et le Fils, en tant qu’obéissant, révèle cet événement intra-divin et il dévoile aussi l’attitude juste de l’homme devant Dieu : le service jusqu’à l’oubli de soi. (Dramatique II,2, p. 17).

 

1273. Le message

Le message de Dieu n’est une joie que pour le pauvre… Pour le riche, la parole de Dieu est toujours inopportune, car elle exige tout l’espace, et celui-ci est encombré de possessions personnelles. Le message n’est pas une joie pour lui, mais une gêne, peut-être même un jugement… Les pauvres, n’ayant rien, savent qu’ils ne sont rien, éternels débiteurs, éternels publicains du fond du temple, toujours mineurs devant Dieu. Les majeurs, ce sont les pharisiens et les docteurs de la Loi. Les pauvres, ce sont les gens de rien, les zéros sans importance, les insignifiants dont il n’y a rien à dire et dont on ne tient pas compte, dont on ne demande jamais l’avis. « Ce qu’il y a de fou et de faible dans le monde, c’est cela que Dieu choisit » (1 Co 1,26-28). (Qui est chrétien?, p. 76-78).

1274.Tomber amoureux

Si l’on venait à penser que l’homme peut apprendre l’amour chrétien en tombant amoureux ou en trouvant un ami, on se tromperait lourdement. Dans tout ce qui est chrétien, il y a aussi abnégation de soi; elle est la forme essentielle du christianisme. (Grains de blé II, p. 82).

1275. Origine

A la source de l’homme il y a un mystère que rien d’autre ne peut dévoiler qu’une parole venue de l’origine de l’être. (Dramatique I, p. 210).

1276. Aimer l’invisible

En lui (le Christ) Dieu s’est rendu visible à nos yeux et Jésus doit nous apprendre maintenant « à nous laisser entraîner par lui à aimer ce qui demeure invisible » (Préface de Noël). (Nouveaux points de repère, p. 184).

1277. Une destinée

L’homme : « une destinée dont l’origine est indéniable et l’aboutissement énigmatique »… Ce que Dieu cherche, c’est « l’adhésion intérieure » de l’homme… La liberté de l’homme est un reflet de la lumière de la gloire de Dieu révélée sous forme d’une alliance avec l’homme. (Dramatique II,1, p. 16-17).

1278. L’homme comblé

Pour être lui-même, pour être sauf, pour être sauvé, l’homme doit faire de lui-même une réponse à Dieu. Pour parvenir à une pleine conscience de lui-même, il doit s’exprimer envers Dieu comme celui que Dieu, dans son amour, a inventé, voulu, apostrophé. Pour être lui-même,l’homme doit se savoir éternellement blotti et rassasié dans les réserves du Père. Le langage, comme l’acte de foi, requiert une certaine distance, la dignité d’une libre décision de fidélité. Dès que s’obscurcit pour l’homme cette Présence qui l’accomplit, le temps apparaît vide et vain; il se sent perdu et voué à la mort parce qu’un temps vide porte en lui la mort; l’homme n’est comblé que dans l’éternel. (De l’intégration, p. 244).

1279. Le Bien-Aimé

Sans doute y a-t-il aussi une ardeur de l’amour qui veut apprendre à connaître l’aimé…, qui veut le contempler de tous les côtés et retenir ce qu’il a contemplé. Et c’est aussi pour ce motif que le Verbe de Dieu s’est fait chair : il a voulu se laisser contempler et toucher pour l’amour du Père. A ce point de vue la lectio divina (la méditation) n’est jamais paresseuse ; elle ne veut pas dormir auprès du Bien-Aimé, mais veiller et rester attentive et se nourrir de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Cependant elle n’est pas curieuse et insatiable, mais elle sait apprécier la valeur du mets qui lui est présenté aujourd’hui et s’en contenter. C’est ce mets et nul autre qu’elle doit aujourd’hui goûter intérieurement, c’est de ce mets qu’elle doit tirer la joie et la force nécessaires pour le trajet qu’elle doit accomplir jusqu’à la montagne de l’Horeb. (La prière contemplative, p. 139).

1280. A genoux dans la poussière

L’attitude de foi fait que l’homme n’aborde la Parole de Dieu, l’Ecriture, qu’à genoux dans la poussière, convaincu que la Parole écrite, imprimée, contient l’esprit et la force permettant à l’homme de rencontrer l’infini du Verbe dans la foi… On ne peut rencontrer cette Parole que dans l’adoration. (Théologie de l’histoire, p. 143-144).

1281. Certitude

La Bible ne s’intéresse pas aux dispositions religieuses de l’homme, mais à sa docilité envers la révélation que Dieu fait de lui-même et envers la tâche qu’il lui confie… Celui qui vit et pratique la fidélité de la foi… (reçoit) de façon mystérieuse la certitude d’être sur la bonne voie vers le Père et d’en être l’enfant bien-aimé. (Nouveaux points de repère, p. 57).

1282. Le risque

Le risque de Dieu, en créant le monde, c’est de laisser partir à la dérive toute la liberté humaine. (Dieu et le drame du Monde, dans la revue Communio 2011, N° 2).

1283. La prière et le oui

Le oui (tel celui de Marie) est la source et l’origine de toute prière : dans la mesure où ce oui retentit vers Dieu, une parole est prière… Aucune prière ne peut poser de conditions, elle commence vraiment là où elle se décide à abandonner les conditions, quelques craintes que l’on ait… Le consentement illimité de Marie à l’obéissance illimitée du Fils envers le Père est devenu la substance de l’Eglise. (Cordula, p. 32-33).

1284. Ce monde atroce

Qui peut mesurer ce que Dieu a risqué quand il a créé des êtres libres capables de le contredire en pleine face? Devait-il les damner? Il est alors perdant au jeu cosmique qu’il avait engagé. Devait-il simplement leur faire grâce? Il n’aurait alors pas pris leur liberté au sérieux, il l’aurait court-circuitée. Comment pouvait-il donc prendre ce risque? A une seule condition : que depuis l’origine le Fils éternel se porte garant des pécheurs par une solidarité absolue avec eux jusqu’à l’abandon par Dieu. C’est à ce prix que Dieu a pu déclarer « très bon » ce monde atroce et lui donner l’être. (HUvB dans O. Boulnois, Je crois en un seul Dieu, p. 58).

1285. Le meilleur

Certes le vouloir divin sur l’homme en général est fort clair grâce à la Révélation, mais ce qui, pour chacun en particulier, est décidément le meilleur et sous quelle forme il se présente, personne ne peut le dire, et il n’est pour cela d’autre règle que de s’abandonner à la volonté personnelle et insondable de Dieu (Suso). (Dans HUvB, La gloire et la croix, t. 4,2, p. 129).

1286. Le poids

« Le savoir enfle, c’est la charité qui édifie » (1 Co 8,1)… Mais Dieu ne regarde pas notre savoir avec mépris : nous devons « connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance, pour être remplis de toute la plénitude de Dieu » (Ep 3,19)… Impossible, de quelque côté que l’on cherche, de concevoir quelque chose qui aurait plus de poids, qui serait plus enrichissant et comblerait davantage les hommes. (Points de repère, p. 18).

1287. Incarnation

Pourquoi l’incarnation du Fils de Dieu? Parce qu’il veut prendre sur lui la culpabilité de tous les hommes… Dieu nous a aimés jusqu’à en mourir… L’amour du prochain? Se conformer à la pensée et à l’attitude de Dieu pour le monde. (Tu couronnes l’année de tes bontés, p. 174).

1288. Sommet

La révélation a atteint son sommet indépassable avec la mort et la résurrection du Christ. La suite de l’histoire ne peut plus être qu’un espace dans lequel cette lumière rayonne. (De l’intégration, p. 126).

1289. La mémoire

Le rôle de l’Esprit Saint est de rafraîchir quotidiennement la mémoire de l’Eglise et de la remplir de manière renouvelée de toute vérité. (HUvB, dans H. de Lubac, Paradoxe et mystère de l’Eglise, p. 190).

1290. La parole suprême

Reconnaître en Jésus la parole suprême de Dieu adressée au monde, c’est-à-dire celle dans laquelle Dieu dit quel sens a pour lui la création tout entière, et quel visage il veut montrer au monde. (Simplicité chrétienne, p. 56).

1291. La joie

La joie pascale des chrétiens sera une joie contenue, une joie qui garde présente la pensée des souffrances d’autres membres du Christ, de l’humanité en général. La joie chrétienne, qui est le fondement existentiel de tout être chrétien, peut être emmurée dans les profondeurs de l’âme qui appartiennent à Dieu, et cette joie peut devenir insaisissable pour le croyant; il suffit qu’il puisse dire : elle est le début et le terme. Que l’âme, en effet, soit dans la joie ou dans la souffrance, l’Esprit ne cesse « d’attester que nous sommes enfants de Dieu… Nous souffrons avec le Christ pour être aussi glorifiés avec lui » (Ro 8,16 ss.)  (Jésus nous connaît-il? p. 94-95).

1292. L’Esprit Saint

On entrevoit maintenant quel travail formidable le Fils a laissé à l’Esprit Saint. Sa propre vie ayant été un échec, tout est à reconstruire de fond en comble. Il faut consolider la foi, l’espérance, la charité… Ensuite conférer la force pour la vie chrétienne… Pour rendre cela possible, il faut créer la structure mystérieuse que l’on appelle l’Eglise, laquelle est, comme toute structure, en partie visible, en partie cachée, en partie objective et institutionnelle, en partie subjective et existentielle… Avec l’Eglise, il y a tout ce qui lui appartient : l’Ecriture, la Tradition, le ministère et ce dont il est le garant… et enfin l’enseignement de la vérité du Fils déployée par l’imagination infinie de l’Esprit, révélant le Père par la sainteté des fidèles et la théologie (les deux allant nécessairement de pair)… Activité nouvelle et toujours commune du Fils et de l’Esprit, puisque désormais le Fils agit précisément dans l’Esprit, restant avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde, comme si la révélation du Père et de son amour commençait réellement pour de bon. (Théologique II, p. 409-410).

1293. Vivre en chrétien

La décision de vivre dans le Christ (de vivre en chrétien) ne s’oriente pas avant tout vers l’observation de préceptes exigeants, mais vers le risque total de l’humble adhésion à une présence qui se pose, sans s’imposer, comme la seule solution à la liberté elle-même… Etre chrétien : humble conscience d’appartenir définitivement au mystère de Dieu fait homme. (A. Scola, Hans Urs von Balthasar. Un grand théologien, p. 170-172).

1294. Le goût

L’amour répandu dans l’homme par l’Esprit lui donne le goût de Dieu. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 267).

1295. L’Histoire tout entière

Le Dieu d’Israël et le Seigneur de l’Eglise s’attribuent d’emblée droit et puissance sur l’Histoire tout entière… La Parole de Dieu dans l’Ancien Testament est d’emblée ouverte à l’ensemble de l’Histoire. Pour l’ancienne Alliance : dans la promesse faite à Abraham que tous les peuples seraient bénis en lui; dans les visions du second Isaïe : que Jérusalem serait le centre de tous les royaumes de la terre. Pour la nouvelle Alliance : en vertu de la mission imposée aux apôtres et à tous les chrétiens concernant l’humanité dans son ensemble. (De l’intégration, p. 117-118).

1296. Les sacrements

Les sacrements sont là uniquement pour que l’acte de la rédemption – croix, résurrection, Pentecôte – ne se réduise jamais à un pur souvenir, mais soit un perpétuel présent. (Catholique, p. 48).

1297. Recevoir Dieu

Dieu est essentiellement don. Nul ne peut recevoir Dieu chez soi en s’appropriant Dieu. Si Dieu est essentiellement don, on ne le connaît et ne le possède que lorsqu’on est désapproprié de soi-même et livré… La foi, c’est la disposition à laisser agir Dieu; non seulement le laisser agir à sa guise, mais vouloir ce qu’il veut, c’est-à-dire vouloir être saisi par lui. (La gloire et la croix. III,1. Nouvelle Alliance, p. 347-348).

1298. La grisaille

(Après les grands événements des débuts de la vie de Jésus, le quotidien reprend son cours pour Marie)… Il tombe maintenant une lumière sur tout ce quotidien, long, caché, apparemment insignifiant ou même vain. Sur toutes les petites et minuscules occupations du ménage : laver, cuisiner, coudre, nettoyer la maison (comme la femme de la parabole, sûrement vue sur le modèle de la Mère), s’occuper des hommes, vivre avec des voisins pas toujours amicaux. La plus grande partie de la vie des saints est grisaille quotidienne. (Triple couronne, p. 118).

1299. La maladie

Prière pour le bon usage des maladies : Je ne trouve rien en moi qui puisse vous agréer…, rien, Seigneur, que mes seules douleurs qui ont quelque ressemblance avec les vôtres… Ô Dieu qui ne vous êtes fait homme que pour souffrir plus qu’aucun homme… Entrez dans mon cœur et dans mon âme pour y porter mes souffrances et pour continuer d’endurer en moi ce qui vous reste à souffrir de votre Passion que vous achevez dans vos membres jusqu’à la consommation parfaite de votre Corps, afin qu’étant plein de vous ce ne soit plus moi qui vive et souffre, mais que ce soit vous qui viviez et qui souffriez en moi, ô mon Sauveur (Pascal cité dans La gloire et la croix, II, p. 108-109).

1300. Le tremplin

De toutes parts retentit le cri : où pouvons-nous faire l’expérience de Dieu? Il faut à l’homme un minimum d’expérience comme tremplin pour risquer le saut dans la foi. Le fiat de Marie a été précédé du salut de l’ange, les Douze ont été envoyés et engagés par un Maître qu’ils connaissaient, Paul a subi à Damas l’emprise du Christ glorifié qui l’a désapproprié : mais nous, qui allons-nous rencontrer? Qui a le pouvoir de nous engager et de nous envoyer en mission (Le complexe antiromain, p. 309).

1301. Le soleil

Aucun homme ne devient libre pour lui-même et pour tous les êtres s’il n’est illuminé, ensoleillé, irrigué par l’amour. Si cela est vrai du monde spirituel à un niveau purement humain, ce l’est tout autant et plus encore de l’homme devant Dieu, appelé à une communion d’amour avec lui : l’homme doit être illuminé, ensoleillé, irrigué par l’Amour d’en haut pour devenir vraiment lui-même (De l’intégration, p. 99).

1302. Fragments

A travers tous les fragments de la vérité exprimée en mots, viser le Tout de la vérité divine qui nous dépasse à l’infini et qui dépasse aussi nos possibilités d’expression (Vincent Holzer, Hans Urs von Balthasar, p. 28).

1303. Le trésor

L’Eglise n’oublie pas les jours que le Fils de Dieu a passés sur la terre, et tout ce que le ciel, dans le cours des siècles, a donné à la terre comme visions fut toujours destiné à rafraîchir le souvenir qu’elle en a et à enflammer de nouveau ses désirs : où est ton trésor, là aussi est ton coeur (Prière contemplative, p. 299).

1304. La souffrance sans espoir

La foi en acte est de marcher à la suite de Jésus. Mais Jésus vient du ciel pour s’enfoncer de plus en plus dans le monde des pécheurs. Finalement, en mourant pour eux sur la croix, il prend sur lui leur expérience de l’éloignement de Dieu et même de l’abandon par Dieu. C’est donc précisément la perte de cette certitude lumineuse qui est assurée au croyant éprouvé… Paul a vécu et exprimé ce paradoxe : il sait d’une part que Dieu le console au milieu de toutes ses difficultés et, d’autre part, que ses propres souffrances contribuent à la consolation et à la consolidation intérieure de l’Eglise (2 Co 1,4-7). Quelqu’un peut éprouver une très forte souffrance et être infiniment consolé, c’est-à-dire savoir qu’il agit au centre de la volonté de Dieu : beaucoup de martyrs ont connu cela. D’autres peuvent ne plus rien voir, ni sentir, ni comprendre, tout en projetant une lumière sur les autres. Il en est ainsi pour beaucoup de grands malades incapables d’apercevoir le moindre sens à leurs souffrances sans espoir : de même que Celui qui fut crucifié pour tous ne voyait plus aucun sens à son abandon par Dieu (Nouveaux points de repère, p. 57-58).

1305. La solution

La résurrection est le coeur du kérygme, par quoi le christianisme prétend pouvoir fournir la seule solution complète, la seule satisfaisante du problème anthropologique (De l’intégration, p. 76-77).

1306. Le parfum

Le Fils est le chemin qui mène au Père. Il est le parfum du Père dans le monde (Prière contemplative, p. 70).

1307. La réception de la Parole

La liturgie est le service sacré de la prière de l’Eglise devant Dieu… Dans ce service sacré, l’Eglise a les yeux fixés sur Dieu. L’acte principal de la liturgie de l’Eglise, c’est l’ouverture à la Parole de Dieu et sa réception. Double réception : du Verbe comme Parole et du Verbe comme chair. La réception du Verbe comme Parole est la condition préalable à la réception du Verbe comme chair. Le Verbe de Dieu était déjà présent sur terre dans l’Ancien Testament sous forme de Parole, mais pour se promettre lui-même, pour promettre son avènement sous forme de chair et en même temps pour préparer cet avènement dans les cœurs (Prière contemplative, p. 113-114).

1308. Le diable

La victoire sur le diable est l’affaire propre de Dieu, et donc on ne peut le combattre qu’avec l’armure de Dieu : les chrétiens doivent « s’armer de force dans le Seigneur, de sa force toute-puissante » (Ep 6,10ss.). Ce sont les armes propres de Dieu dont l’homme est autorisé à se servir, celles-là même que le Seigneur a employées lorsqu’il a été tenté par le diable… Il n’y a en face du diable aucune illusion possible de se croire en sécurité (Dramatique IV, p. 187).

1309. Communion des saints

Incomprise, abandonnée même par son mari, ayant enterré ses six enfants mais non pas son naturel sociable, étrangère à ses propres sœurs et à ses belles-sœurs, ridicule, travaillant stupidement gratis pour les autres, elle n’avait pas accumulé d’avoir pour ses vieux jours. Une chèvre blanc sale, un chat banal, un ficus… Et nous tous qui vivions à côté d’elle n’avions pas compris qu’elle était ce juste dont parle le proverbe et sans lequel il n’est village qui tienne. Ni ville. Ni notre pays entier (Soljenitsyne, cité par HUvB dans Points de repère, p. 75).

1310. Le sommet

L’ancienne Alliance qu’on appellerait peut-être avec plus de raison l’Alliance temporaire… portait en soi la promesse d’être éternelle… Jésus Christ n’est rien d’autre que le sommet de l’histoire de Dieu avec sa création (Complexe antiromain, p. 141).

1311. Pas d’espoir possible

Essayer de se représenter ce que fut l’événement de Pâques pour les apôtres. On vient d’enterrer quelqu’un que nous connaissions bien : cercueil et cimetière et tombe. On rentre chez soi, un peu abasourdi par ce qui est arrivé. Le surlendemain, l’enterré est au milieu de nous, il nous salue comme s’il revenait d’un voyage. Nous ne savons pas s’il faut rire ou pleurer. Cela paraît tellement impossible. Et puis il montre ses mains et ses pieds et son côté comme on montrerait des souvenirs de voyage pour bien prouver qu’il a bien été là-bas, qu’il a réellement été au pays de l’ombre et de la mort, du froid et de la prison sans espoir, dont on ne revient pas… C’est de là-bas qu’il revient. Il montre ses plaies qui sont comme des ouvertures sur ce qui fut… Le samedi saint, le sens du monde et le but de l’existence ont disparu, ont été enterrés. Les apôtres littéralement abattus, dans un vide indicible, déçus, abandonnés : « Nous espérions que c’était lui qui délivrerait Israël. Et cela fait trois jours déjà qu’il est mort ». Il n’y a pas d’espoir possible. C’est une fin définitive… Et pourtant le troisième jour, le sens du monde ressuscite. Jésus est le premier-né d’entre les morts, l’homme renaît de Dieu, nouveau et éternel. Au-delà de la mort, il commence sa vie éternelle (Tu couronnes l’année, p. 79-80).

1312. Les petits enfants

Que Notre Seigneur a bien fait de nous prévenir qu’il y a plusieurs demeures dans la maison du Père! Sans cela il nous l’aurait dit… Oui, si toutes les âmes appelées à la perfection avaient dû, pour entrer au ciel, pratiquer ces macérations, il nous l’aurait dit, et nous nous les serions imposées de grand coeur. Mais il nous annonce qu’il y a plusieurs demeures dans sa maison. S’il y a des grandes âmes, celles des Pères du désert et des martyrs de la pénitence, il doit y avoir aussi celle des petits enfants (Thérèse de Lisieux citée par HUvB dans Thérèse de Lisieux, p. 288-289).

1313. L’obscurité de Dieu

L’image du Crucifié, qui est l’image de la Passion, montre l’obscurité de Dieu et incite le pécheur à la conversion. L’Eglise contemple ce point où Dieu se voile. L’Eglise n’est composée que de pécheurs qui se rassemblent pour célébrer en commun le repas commémoratif de la Passion. Le mystère des noces du Christ avec l’Eglise requiert la contemplation inlassable de la tête couverte de sang et de blessures (La gloire et la croix I, p. 442-443).

1314. Le grand cri dans la nuit obscure

« Dieu est amour », c’est là le dernier mot de la Révélation. En face de ce monde-ci et de son visage défiguré, n’est-ce pas un énoncé risible, presque blasphématoire? Aucune religion n’a jamais risqué cette assertion. Dieu peut être l’Absolu, le Nirvana de tout ce qui est, le Bien suprême, l’Esprit se mirant en soi-même, mais qui voudrait lui attribuer de l’amour pour ce monde raté dont il est finalement responsable? Il faudrait, pour soutenir cette assertion, une preuve formidable. Et il n’y en a qu’une seule : c’est la croix, telle que l’Eglise l’a toujours vue, telle que Marie et avec elle tous les croyants l’ont comprise. Le grand cri dans la nuit obscure : « Pourquoi m’as-tu abandonné? », le coeur fendu jusqu’au centre d’où s’écoule le fleuve de vie, ce n’est pas seulement le cri et le coeur d’un pauvre homme, mais ce  cri retentit dans l’espace de l’amour éternel, et le coeur ouvert n’est pas seulement celui de Jésus, mais, en lui, celui du Père. « Ô blessure vraiment royale! Ô sève de Dieu qui s’épanche! Ô coup si fièrement asséné entre la côte et la hanche qu’il perce jusqu’au nœud de la Trinité » [Claudel] (La foi chrétienne est une, p. 7).

1315. La mère

On peut dire que Dieu, qui se penche avec un amour personnel infini sur cette créature nouveau-née (Adam?) pour lui insuffler cet amour et susciter sa réponse, fait dans l’ordre divin et surnaturel quelque chose d’analogue à ce que fait une mère qui, de la force personnelle de son coeur, éveille l’amour dans son enfant comme une véritable création (De l’intégration, p. 98).

1316. Vérité de l’homme

Libération de l’homme par Jésus Christ (comme un appel) : libération par rapport à toutes les puissances cosmiques du destin, de la tyrannie du péché, de l’éloignement de Dieu…, de l’assujettissement à ce qui est vain, futile, et finalement à la mort. Par libre amour, le Christ s’est mis dans les liens de l’obéissance, du destin, de la mort et de l’abandon pour briser de l’intérieur leur puissance tyrannique. Ainsi donc, au milieu des lois et des structures terrestres, le chrétien vit désormais dans une liberté intime… L’incarnation de Dieu a élevé l’homme à la connaissance de lui-même…, à la conscience de sa propre tâche et du sens de son existence. Le pardon de Dieu sur toute notre vie est toujours en même temps appel, embauche, mission, don d’une dignité personnelle unique devant Dieu… Il n’y a qu’en Dieu que l’homme est dans sa vérité (L’engagement de Dieu, p. 37-40).

1317. Une seule prière inconnue

Les sacrements, comme la hiérarchie, sont des moyens; leur but, qui seul doit rayonner au dehors, c’est l’amour. C’est à lui qu’on doit reconnaître l’Eglise. C’est par lui que sa structure prouve la présence en elle de l’Esprit. L’Esprit qui engendre la foi, l’espérance et la charité, prouve aussi la présence vivante dans les chrétiens du Dieu trinitaire; et c’est l’histoire de la foi, de l’espérance et de la charité dans le monde qui est l’histoire véritable, authentique, de l’Eglise. La décrire n’est pas possible, car ce n’est que pour une moitié qu’elle surgit dans la dimension historique extérieure; pour l’autre moitié, qui est beaucoup plus importante, elle demeure cachée dans les âmes, dans l’intériorité du royaume de Dieu. On voit les impulsions qui transforment le monde, mais on ne peut établir scientifiquement leurs causes, comme on fait pour les causes terrestres. Une seule prière inconnue, une seule souffrance cachée unie à celle du Christ peut avoir ouvert de vastes champs d’efficacité visibles. Certes le Saint Esprit dans l’Eglise est un facteur historique, mais pas intra-historique. Il crée la véritable histoire parce qu’il est son Seigneur (De l’intégration, p. 131).

1318. La plénitude

« Nous avons reçu grâce (définitive) pour grâce (préparatoire). Car la Loi fut donnée par l’intermédiaire de Moïse, la grâce et la vérité nous sont venues par Jésus Christ » (Jn 1,16-17). L’ancienne Alliance est une grâce qui annonçait le Christ. Ce n’était pas encore la plénitude. La plénitude, c’est quand le Père se dévoile intégralement dans le Fils devenu pleinement homme pour en être l’interprète, et lorsque cette plénitude est susceptible d’être « reçue » par l’homme grâce à l’Esprit Saint (Théologique II, p. 20).

1319. Les petits pas

Notre vie, somme de petits pas, de travaux quotidiens le plus souvent insignifiants… L’effort pénible du travail sans l’accomplissement duquel l’homme ne progresse pas. Et toujours on doit faire ce qu’on aimerait mieux éviter : l’enfant aller à l’école et qui vit dans l’attente de la récréation, du dimanche et des vacances. L’étudiant qui attend l’heure de l’activité professionnelle. Que l’on considère le visage de ceux qui se pressent chaque matin vers leur travail. Les joies familiales achetées au prix de combien de sacrifices et de renoncements. Question de l’unité de notre vie. Il y a quelqu’un en qui la dispersion apparente de notre existence… est rassemblée et réintégrée dans toute sa déficience, son impuissance et son échec. Si nous sommes réellement aimés par le Père éternel, nos cheveux sont comptés par lui. Et quand il nous fait expier beaucoup de choses, c’est parce que des enfants ne peuvent rien apprendre d’une autre manière : ces pénitences qu’il nous impose sont aussi l’expression de son amour. Le Père vous aime. Si l’on s’amasse des trésors ici, c’est un geste contraire à celui de l’amour. Remettre à Dieu le soin de son trésor. En lui, tu trouveras ta vie rassemblée dans sa véritable unité, cachée, n’apparaissant jamais sur la terre. Espérance et certitude de trouver, dans l’amas de décombres que constitue finalement toute vie humaine, un édifice habitable. Espérance unique, folle, contraire à toute expérience : notre existence nous sera un jour donnée dans son unité dans laquelle nous reconnaîtrons pour la première fois ce que nous aurions toujours voulu être (Retour au centre, p. 109-124).

1320. L’entrée de Dieu dans la chair

L’entrée de Dieu dans la chair est le fondement de tout… Le Crucifié ne se contente pas de souffrir l’enfer mérité par les pécheurs, il supporte une déréliction dans la pure obéissance d’amour, et lui seul est capable d’accomplir cela en tant que Fils (Dramatique, IV, p. 252-253).

1321. Une issue vers l’infini

Incarnation : Dieu devient homme et le demeure éternellement. Par là, le fini lui-même a acquis une profondeur infinie; par là il a ouvert pour tout le fini une issue vers l’infini. Dieu a la libre possibilité (que l’Ecriture appelle amour) de devenir ce qui est sorti de lui par son acte créateur (K. Rahner, cité par HUvB, Théologique, II, p. 314-315).

1322. Le plus invraisemblable de tout

La réponse à la question du sens de l’existence ne peut provenir que du Dieu vivant et de manière totalement imprévisible… Le plus invraisemblable de tout, c’est que Dieu ne donne pas la réponse du dehors et d’en haut; il n’est pas le juge qui trône et regarde le jeu du monde. Il est réellement un acteur qui entre presque incognito sur la scène, qui non seulement désire éprouver la finitude avec ses heurs et ses malheurs, mais qui veut en vivre le dénouement, c’est-à-dire l’échec et la mort. Si cela est, l’existence n’aura pas à se plaindre d’avoir été méconnue en ce qui lui donne tout son poids (Dramatique, III, p. 116).

1323. Même l’incroyant

L’universalité du salut chrétien implique que tout homme est déjà foncièrement rejoint par la grâce du Christ (du moins par son offre). D’où nécessité d’une théologie dialogale : cet homme, tout homme, même l’incroyant est cet homme aimé de Dieu, capable de répondre au « Dieu inconnu ». Le messager de la foi parmi les incroyants doit prendre au sérieux ses partenaires en les considérant comme frères dans le Christ. Tous se rencontrent sous le regard du Seigneur et du Juge commun. C’est pourquoi le chrétien doit rester conscient que, dans les autres points de vue, il y a aussi une part de vérité, mais que la vérité chrétienne est toujours plus grande que ce qu’il peut saisir par la pensée. Il demeure sous le jugement de la Parole annoncée par lui, et ce jugement peut l’atteindre même par son frère non croyant (Retour au centre, p. 63-64).

1324. Un bout de fil

Où serait votre mérite s’il fallait que vous combattiez seulement quand vous vous sentez du courage? Qu’importe que vous n’en ayez pas, pourvu que vous agissiez comme si vous en aviez! Si vous vous trouvez trop lâche pour ramasser un bout de fil et que néanmoins vous le fassiez pour l’amour de Jésus, vous avez plus de mérite que si vous accomplissiez une action beaucoup plus considérable dans un moment de ferveur ». (Sainte Thérèse de Lisieux, dans HUvB, Thérèse de Lisieux, p. 311-312).

1325. La pure grâce

Que se passe-t-il dans le coeur du Père quand il voit le Fils sur le chemin de la croix? Quand il doit se dire : voilà ce que j’ai permis à mon Fils unique et bien-aimé parce qu’il m’a prié de pouvoir le faire?… Saint Ignace le dit dans ses Exercices : nous devons considérer comment Dieu se donne de la peine pour nous et se comporte comme quelqu’un qui fait un travail pénible… Nous voudrions toujours qu’on nous explique pourquoi Dieu permet tant de souffrances dans le monde. La seule réponse qu’il nous donne se trouve ici : « Dieu a tant aimé le monde » qu’il a laissé s’écrouler sous ce monde le Fils unique. Mais Dieu est un : le même amour éternel se trouve aussi dans le Fils aimant qui nous a tant aimés qu’il a pris sur lui notre faute afin que le Père puisse de nouveau voir en nous ses enfants bien-aimés… Il ne faut pas que nous pensions tant à nos propres peines. Que sont-elles comparées au poids écrasant que Dieu porte pour nous? Et quand nous pouvons en porter une petite part avec lui, c’est alors pure grâce. (Chemin de croix, p. 33).

1326. La voici enceinte et elle est encore vierge

Marie est loin de pénétrer tous les mystères insondables dont elle est le centre, elle doit fournir l’effort de les méditer inlassablement afin de les comprendre autant que possible. Il lui est dit qu’elle enfantera un fils conçu non d’un homme mais de l’Esprit Saint. La voici enceinte et elle est encore vierge. Ce fils lui a été désigné comme le Fils du Très-Haut. Comment une jeune fille juive pourrait-elle concevoir que Yahvé a un fils? Mais elle est enceinte, c’est là un fait indéniable. L’incarnation est une réalité qu’elle ne comprend pas mais qu’elle médite inlassablement. Et comment s’est produit l’inconcevable? « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ». (Marie pour aujourd’hui, p. 36-37).

1327. Le bienheureux jardin

L’ici-bas et l’éternité ne font qu’un : l’un est l’envers de l’autre, le temps est l’éternité voilée, l’éternité le temps dévoilé… Durant les quarante jours où le Seigneur transfiguré s’étant rendu visible marcha sur terre, les disciples sentirent le parfum du bienheureux jardin et purent même nous le rendre perceptible dans les récits de la résurrection. (Grains de blé, II, p. 137-138).

1328. Ne pas penser

Nous qui courons dans la voie de l’amour, je trouve que nous ne devons pas penser à ce qui peut nous arriver de douloureux dans l’avenir, car alors c’est manquer de confiance et c’est se mêler de créer . (Sainte Thérèse, dans HUvB, Thérèse de Lisieux, p. 67-68).

1329. Absences

La présence permanente de Jésus auprès de nous se réalise à travers des retraits et des absences successifs. Il est venu dans le monde pour quelques années, puis il disparaît. « Je quitte le monde et je vais au Père » (Jn 16,28). Et cependant il ajoute, de manière paradoxale : « Si vous m’aimiez vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père » (Jn 14,28), et cela pour deux raisons. 1. « Parce que le Père est plus grand que moi » : en disparaissant vers le Dieu plus grand, il parvient lui-même à sa véritable stature, telle qu’on pouvait l’entrevoir sur la montagne de la transfiguration et qu’elle devient pour lui définitive à sa résurrection. L’amour des disciples pour lui doit souhaiter pour lui cette stature définitive plus que la forme périssable, sensible, qu’il a revêtue par amour pour eux et par laquelle ils ont expérimenté sa présence. 2. « Il vaut mieux que je parte sinon le Paraclet ne viendra pas à vous. Si je pars, je vous l’enverrai » (Jn 16,7). Ils doivent renoncer à Jésus pour recevoir l’Esprit. (La vérité est symphonique, p. 102-103).

1330. L’abîme

Si Dieu est vraiment mort pour nous, cela affecte l’existence concrète de tout ce qui est créé. Mais si nous sommes morts avec le Christ, cela ne signifie justement pas que nous sommes entraînés avec lui dans l’abîme, car il est mort pour tous afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux (2 Co 5,15). La descente d’un seul dans l’abîme devient l’ascension de tous hors du même abîme. (Le mystère pascal, p. 50).

1331. Les pieds

Dans l’Eglise, le plus grand, le plus chrétien, est celui qui est le plus au service des autres comme Jésus qui sert à la table eucharistique et lave les pieds de l’ennemi, Judas. (Nouveaux points de repère, p. 309).

1332.Le mouvement

La grâce du Fils, c’est de nous emmener avec lui dans son mouvement de retour vers le Père. (Méditation chrétienne, p. 104).

1333. Le miracle

Quand un amour m’est accordé, je ne peux le « comprendre » qu’en y voyant un miracle, je ne peux en venir à bout empiriquement ou transcendantalement. « (L’amour seul est digne de foi, p. 62-63).

1334. S’éveiller à la vie

L’eucharistie, c’est l’existence de Jésus (livré pour la multitude) mise à la disposition de tous sous la forme sacramentelle permanente. L’Eglise ne s’éveille à la vie que par Jésus qui s’enracine en elle dans le triduum mortis et la résurrection. (Dramatique, II,2, p. 339).

1335. Le milieu

L’Eglise est le milieu qui a été inventé et préparé pour présenter et déployer la plénitude du Christ de la manière la plus riche et la plus variée à travers les temps jusqu’à la fin du monde. (La prière contemplative, p. 209).

1336.Accueillir Dieu

Accueillir Dieu avec une foi, une joie totale, qui l’accepte tel qu’il veut se donner. (C’est ainsi que Dieu devient homme parmi nous, accueilli par Marie). (La foi chrétienne est une, p. 8).

1337. C’est quoi l’amour?

« Dieu est amour ». Aucune autre religion du monde n’a osé exprimer ces quelques mots : « Dieu est amour ». (Méditation chrétienne, p. 14).

1338. Une impuissance toute-puissante

Les deux dogmes constitutifs de la foi chrétienne : le Christ et la Trinité. Comment est-il possible que Dieu crée le monde alors qu’il n’en a aucun besoin? Le mystère de Jésus Christ est l’unique voie d’accès à la Trinité. Jésus Christ a fait connaître l’existence de la Trinité… La distance entre Dieu et l’homme, causée par l’impiété du péché, est dépassée et surmontée dans le « oui » du Fils. Le vendredi saint, le Fils vit jusqu’au bout le drame de l’éloignement du monde. Jésus prend sur lui les péchés des hommes… Il assume au plus profond de lui-même ce qui est « sans et contre Dieu »… Il ne peut expérimenter cette heure que comme une démesure d’obéissance; c’est pourquoi il ne l’accueille pas de sa propre volonté, mais comme la volonté du Père… En fait c’est l’expression de l’impuissance éternellement unie à la toute-puissance, et pour cela plus puissante que toutes les puissances du monde… Et l’impuissance toute-puissante de l’amour divin se révèle dans le mystère de l’aliénation du Crucifié. (A. Scola, HUvB un grand théologien de notre siècle, p. 97-101; 140-142).

1339. La résurrection est offerte à tout homme

En tout lieu où l’homme peut aller, le Christ est déjà présent (y compris dans la seconde mort, celle du péché qui sépare de Dieu). La résurrection est offerte à tout homme : de même que le Christ meurt pour les pécheurs et avec eux (crucifié entre deux larrons), de même il les entraîne dans sa résurrection. (E. Charleux-Herbeau, HUvB, p. 36).

1340. L’humilité de l’amour

Dans le christianisme, l’autorité ne devient croyable et ne sera acceptée par le peuple que si elle s’exerce dans l’humilité de l’amour (à l’exemple du Christ). (Points de repère, p. 104).

1341. Courir

Nous qui courons dans la voie de l’amour, il ne faut jamais nous tourmenter de rien. Si je ne souffrais pas de minute en minute, il me serait impossible de garder la patience; mais je ne vois que le moment présent, j’oublie le passé et je me garde bien d’envisager l’avenir. Si on se décourage, c’est parce qu’on pense au passé et à l’avenir. (Sainte Thérèse, dans HUvB, Thérèse de Lisieux, p. 68).

1342. Expliquer Jésus

L’Esprit Saint est envoyé sur les disciples au moment où le Fils retourne vers son Père, pour l’expliquer aux disciples et pour édifier son corps ecclésial, parce que Jésus a expliqué son Père, il ne s’est pas expliqué lui-même. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 219).

1343. Le mystère essentiel

La kénose reste toujours le mystère le plus essentiel de Dieu, par lequel il révèle et communique au monde son essence. (Dramatique, III, p. 309).

1344. Apprendre à être un pécheur

(Apprendre à être un pécheur), un pécheur qui a trahi comme Judas, renié comme Pierre et fui comme les autres… Dieu a abandonné dans la nuit le Fils qui portait et incarnait mon péché. (Prière contemplative, p. 317-318).

1345. L’inaccessible

Le christianisme est la foi en une action, antérieure et inaccessible à toute aspiration et à toute attente humaine, de l’amour tri-personnel de Dieu. (La gloire et la croix. Nouvelle Alliance, p. 94).

1346. N’est-il pas étrange…?

Il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu… Le monde a été créé par le Logos. Cf. saint Paul : Jésus Christ « par qui tout existe et par qui nous sommes » (1 Co 8,6). Et tout aussi a été créé pour lui. Si le monde est ainsi suspendu à Dieu, à sa source comme à sa fin, n’est-il pas étonnant qu’il ne soit pas reconnu? N’est-il pas étrange en tout cas que ce monde, fait pour connaître son principe le méconnaisse. Il doit y avoir une profonde incapacité subjective d’y répondre.  (Dramatique, III, p. 437-438).

1347. Les deux temps

Il ne peut y avoir que deux temps dans l’histoire du salut : celui de la descente du Verbe dans la promesse (Ancien Testament) et dans l’incarnation jusqu’à la mort sur la croix, et celui de sa remontée, dans la résurrection spiritualisante et l’ascension, dans laquelle il entraîne son Epouse, maintenant dans l’espérance, et un jour plus tard dans la réalité. (De l’intégration, p. 143).

1348. La prétention

Le Christ : un homme indubitablement vrai et authentique paraît avec la prétention de représenter Dieu. Et cela en étant différent de celui qu’il nomme le Père et qui l’a envoyé. (La vérité est symphonique, p. 49).

1349. L’angoisse

Le christianisme veut et peut libérer l’homme de l’angoisse du péché, à condition que l’homme s’ouvre à la Rédemption et à ses conditions; à la place de l’angoisse du péché, il lui donne l’accès à Dieu sans angoisse, dans la foi, l’espérance et la charité; mais celles-ci, parce qu’elles ont leur origine dans la croix, peuvent donner naissance elles-mêmes à une nouvelle forme d’angoisse, don de la grâce, et issue de la solidarité catholique. (Le chrétien et l’angoisse, p. 85).

1350. La foi

La foi, c’est la reconnaissance de Dieu comme Dieu et un parfait abandon de soi à Dieu. Il y a de plus dans le Nouveau Testament un trait spécifique de la foi : elle est une adhésion donnée à la vérité du message annoncé et des différentes propositions qu’il contient. Et cela, Jésus l’a  vécu mieux que quiconque : fidélité du Fils de l’homme à son Père donnée une fois pour toutes et renouvelée à chaque instant du temps; préférence inconditionnelle du Père, de son être, de son amour, de sa volonté et de son commandement, par-dessus tous les désirs et les inclinations propres; la persévérance inébranlable dans cette volonté, quoi qu’il advienne; et par-dessus tout la disponibilité entre les mains du Père, le refus de vouloir connaître l’heure à l’avance et de la devancer. La foi chrétienne ne peut se concevoir autrement que comme ce qui nous introduit dans l’attitude la plus profonde de Jésus. (La foi du Christ, p. 27-30; 48-49).

1351. La frontière

L’objet propre de l’espérance chrétienne est le dépassement de la frontière de la mort. L’espérance profane est essentiellement limitée : dans le concret, elle se brise sans cesse sur la mort. (L’engagement de Dieu , p. 78-80).

1352. La lumière

Le Fils de Dieu se manifeste là où personne ne l’attendait et il projette sa lumière sur l’obscurité de l’homme. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 189).

1353. L’enfant

« Celui n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n’y entrera pas ». Ce que le Christ voit en l’enfant, c’est l’ouverture désarmée à la volonté du Père et au Royaume des cieux qui est proche. (De l’intégration, p. 261).

1354. Le saint

Le saint, c’est l’homme qui est vrai dans sa foi, dans son espérance et dans son amour. (Points de repère, p. 71).

1355. Le tréfonds

Marie :  » Rester ouvert à Dieu jusqu’au tréfonds de soi-même ». (Si vous ne devenez comme cet enfant, p. 82).

1356. Le sens

Le sens de la venue de Jésus Christ est de racheter le monde, de lui ouvrir le chemin vers le Père. (V. Holzer, Hans Urs von Balthasar, p. 46).

1357. Une fin effrayante

Tout le credo de l’Eglise primitive s’est cristallisé autour de l’interprétation de la fin effrayante de Jésus sur la croix : elle s’est produite pour nous; saint Paul dit même : pour chacun de nous, pour moi. « Ma vie présente, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi ». (Au coeur du mystère rédempteur, p. 10).

1358. Le beau

Le beau ne prétend jamais forcer des résistances. Il captive gracieusement des libertés qui se laissent convaincre. (Dramatique II,1, p. 30).

1359. Le puits et la machine

Il faut que celui qui aime soit un puits profond pour pouvoir puiser en soi. Le puits le plus profond, le plus inépuisable et celui où on puise le plus, c’est le Christ, et le chrétien a cet archétype pour modèle…

La plupart des hommes ne peuvent pas faire le service de leur vie autrement qu’en étant un petit rouage dans la gigantesque machine du monde et du travail et, dans cette machine, chaque rouage déficient peut être remplacé par un autre qui fonctionnera avec la même régularité. Et pourtant tout serviteur est un homme unique en son genre et l’amour qu’il a dans le coeur est irremplaçable. (Qui est chrétien?, p. 116-117).

1360. La prière, dialogue avec Dieu

Règles élémentaires de tout dialogue : 1. Se livrer et poser des questions (sans indiscrétion dans les deux cas). 2. Instaurer une distance respectueuse (sans rester étranger l’un à l’autre). 3. Pouvoir attendre (sans impatience). 4. Créer une atmosphère de confiance (telle que dans la suite nul n’ait à regretter quelque chose). [Règles valables en tout cas entre les hommes]. (Simplicité chrétienne, p. 120).

1361. Le désert

Depuis Origène, on sait que « la vie est une inlassable traversée du désert »… « Une multitude de chemins qui tendent à la rencontre de Dieu ». (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 78).

1362. Le grotesque

Les images de Dieu et de l’Eglise du Christ qui sont offertes dans le monde sont si grotesques que personne ne doit s’étonner de l’athéisme et de l’hostilité à l’Eglise. (L’engagement de Dieu, p. 139-140).

1363. La beauté

La sagesse éternelle est goûtée dans tout ce qui peut être goûté; elle-même est la beauté dans tout ce qui est beau… Celui qui voit une femme belle rend gloire à Dieu lorsqu’il admire en elle un lointain reflet de la beauté infinie… Le monde entier est un symbole énigmatique de Dieu. (Nicolas de Cuse cité par HUvB, La gloire et la croix, IV, p. 25-26).

1364. La peur de la mort

« On me dit que j’aurai peur de la mort; cela se peut bien. Si l’on savait combien je suis peu assurée de moi-même! Je ne m’appuie jamais sur mes propres pensées; je sais trop combien je suis faible, mais je veux jouir du sentiment que le Bon Dieu me donne maintenant. Il sera toujours temps de souffrir du contraire. (Thérèse de l’Enfant Jésus, cité dans HUvB, Thérèse de Lisieux, p. 67).

1365. Le rêve d’Emmaüs

La route d’Emmaüs est éternelle. Les deux disciples, l’esprit plein de mornes pensées. Se creuser en vain la tête : Pourquoi devait-il souffrir et mourir? Pourquoi le royaume ne se manifeste-t-il pas?

Pourquoi votre espérance (enfantine) s’est-elle brisée comme un jouet fragile? Et elle recommence à se briser chaque jour parce que vous ne pouvez pas vous empêcher de la recoller tant bien que mal chaque jour. C’est moi-même qui ruine votre espérance en un royaume imminent, les trônes à droite et à gauche, une Eglise triomphante régnant sur les peuples du Levant au Couchant, la paix du Christ et le règne du Christ, tout cela qui ne fait qu’exprimer votre désir de repos et de sécurité facile dans le royaume de ce monde. (Le coeur du monde, p. 188).

1366. Quelque chose d’ultime

Si on s’est mis à appeler les croyants des « chrétiens » à Antioche (Ac 11,26), c’est parce que ce nom exprimait ce qui leur tenait le plus à coeur, à savoir que le Rabbi Jésus de Nazareth est le Christ, le Messie, l’accomplissement de toutes les promesses faites par Dieu à Israël et au monde… (De cette réalité unique, surabondante, l’Eglise a toujours eu conscience de s’occuper avec tous les moyens de réflexion dont elle disposait). Les chrétiens ne sont pas les partisans de Jésus, ce sont ceux pour qui Jésus est le Christ, le Messie. Ils croient qu’avec lui Dieu a offert aux hommes non pas quelque chose mais la réalité ultime… Accepter ce don, y croire, signifie, sans qu’il soit besoin de beaucoup réfléchir, y répondre par l’amour dans toute son existence. (Points de repère, p. 214).

1367. Se mettre en chemin

Si l’enfant prodigue n’avait pas cru à l’amour prévenant de son père, il n’aurait pas pu se mettre en chemin pour revenir au foyer, même si cet amour paternel le reçoit ensuite d’une manière qu’il n’aurait jamais pu rêver. (Ce qui  est important), c’est que le pécheur a entendu parler d’un amour qui pourrait s’adresser à lui et s’adresser effectivement à lui. Ce n’est pas lui qui entreprend de changer les dispositions de Dieu, c’est Dieu qui a toujours vu en lui le pécheur sans amour, l’enfant aimé, c’est Dieu qui l’a regardé et jugé en fonction de cet amour. (L’amour seul est digne de foi, p. 132-133).

1368. Comparaître

Si véritablement Dieu a assumé la nature humaine, c’est désormais exclusivement par lui que l’homme est digne de comparaître devant sa vérité suprême, devant Dieu. (E. Guerriero, Hans Urs von Balthasar, p. 190).

1369. Obéissance et amour

Dieu donne à son amour la forme de l’obéissance. Il est souhaitable que l’homme donne à son obéissance la forme de l’amour. Consentir à être conduit par Dieu qu’il aime parce que Dieu l’a aimé, au-delà de tout ce qu’il peut lui-même projeter, embrasser du regard, désirer et supporter par ses propres forces. Ce dépassement de tout son être propre conduit l’homme à la liberté divine. La transcendance n’est pas essentiellement dans l’éros, mais dans l’obéissance de la foi, en vertu de la puissance de Dieu qui la demande : Pierre marche sur les eaux, Lazare encore enveloppé du linceul se dresse et marche. (Qui est chrétien?, p. 72-73).

1370. La lumière

En Dieu il n’y a point dé ténèbres, et dans le péché il n’y a point de lumière… Le chrétien ne peut aider les autres à porter leur fardeau, être solidaire des autres, que dans la mesure exacte où lui-même s’est séparé du péché (Le chrétien et l’angoisse, p. 104).

1371. Rompre le silence

« L’homme doit compter avec une parole éventuelle de Dieu rompant son silence et ouvrant ses profondeurs au regard de l’esprit fini » (K Rahner cité par HUvB, Théologique II, p. 125).

1372. Un mouvement

La grâce est un mouvement personnel de la Trinité vers un croyant particulier… qui a reçu part à la vie du Christ dans la mesure fixée par l’Esprit Saint. (Théologie de l’histoire, p. 71).

1373. Une lumière intérieure

L’a priori de la foi : offrir sans cesse et de manière vivante le don de l’obéissance à la lumière intérieure. (La gloire et la croix I, p. 139).

1374. Sans effort

Aucun trajet, aucun effort… n’est foncièrement nécessaire pour passer de la nature à la surnature à cause de la bénédiction dont Dieu nous a bénis : « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a comblés aux cieux de toutes les bénédictions spirituelles dans le Christ ». (Prière contemplative, p. 44-45).

1375. Liberté

Dieu est l’infinie liberté qui ne s’ouvre que d’elle-même. (Triple couronne, p. 7).

1376. Le champ libre

La condition nécessaire pour apercevoir la figure de Jésus, c’est la foi en Dieu, en ce sens très général où elle consiste à laisser le champ libre à la toute-puissance divine. Tout le champ nécessaire dont cette figure a besoin pour se déployer. (La gloire et la croix, I, p. 433).

1377. Etre chrétien

Etre chrétien n’est pas facile : un chrétien ne peut pas imiter le Christ qui est unique, il doit néanmoins le suivre. (Complexe anti-romain, p. 59).

1378. La tristesse à en mourir

C’est l’affaire de l’Esprit du Christ de distribuer les situations qui nous conforment à telle ou telle situation du Christ : il peut nous plonger dans la jubilation pascale mais aussi dans la « tristesse à en mourir ». (Jésus nous connaît-il?, p. 93).

1379. L’être intime

L’être intime de Dieu n’est pas pour nous une réalité étrangère. L’être absolu ne peut être pour qui que ce soit une réalité étrangère. Le domaine intime de Dieu ne nous est pas proposé malgré nous. Dieu est notre vrai lieu, le lieu de notre authenticité. (La gloire et la croix. Nouveau Testament, p. 343).

1380. Cet enfant qu’est le monde

Pourquoi l’existence? Pourquoi des êtres? Pourquoi quelque chose plutôt que rien? S’il n’y a pas d’être absolu, pourquoi, au sein du néant, existent ces choses finies et éphémères qui ne peuvent jamais aboutir à l’absolu? Mais si l’absolu existe, il se suffit comme absolu et alors on comprend presque encore moins pourquoi il devrait y avoir quelque chose en dehors de lui. Seule une philosophie de l’amour et de la liberté peut justifier notre existence… L’amour de Dieu pour cet enfant qu’est le monde. (L’amour  seul est digne de foi, p. 182-186).

1381. La grâce d’être proche de Dieu

La parabole du fils prodigue et du fils aîné contient un double avertissement. 1. Ne prenons pas le chemin qui nous éloigne de Dieu. 2. Et pour le fils aîné : ne méconnaissons pas la grâce qui nous est donnée d’être proches de Dieu. (Nouveaux points de repère, p. 56).

1382. Sortir

Se convertir : sortir de soi pour aller vers Dieu, docile à sa Parole qui appelle et montre le chemin. (Une méditation catholique, dans Axes, juin-juillet 1979, p. 22).

1383. La beauté de ce qui est aimé

Ce qui est aimé apparaît toujours merveilleux… La gloire de Dieu, c’est sa beauté… Le Verbe s’est fait chair pour révéler la gloire de Dieu (Jn 1,14)… La beauté subjuguante de Dieu, c’est qu’il est la grâce de l’amour. (L’amour seul est digne de foi, p. 65-68).

1384. Le centre

Au centre de l’histoire, le Christ accomplit un acte qui s’étend à toute l’histoire; dans son temps absolument historique, il dévoile le sens de tous les temps… Le centre théologique de l’histoire du monde, c’est le Dieu fait homme : Jésus-Christ (Théologie de l’histoire, p. 86-87).

1385. Le vide

Croire, c’est faire, au centre le plus intime de soi-même un vide réservé à la Parole de Dieu, qui doit y régner et tracer la route (Théologie des exercices, p. 174).

1386. La semence de Dieu

L’effusion de la semence de Dieu (1 Jn 3,9) dans le sein du monde est l’événement le plus intime de l’histoire. Mais génération et conception s’accomplissent chaque fois dans une attitude d’abandon et dans une obscurité extrême. L’absence de tout calcul appartient essentiellement à cette plénitude des temps… Ce non-savoir est la condition fondamentale de tout ce qui mérite d’être appelé la connaissance chrétienne dans la foi (Théologie de l’histoire, p. 116-117).

1387.  Il n’y a qu’une chose à voir

Dans la mort, la descente aux enfers, la résurrection de Jésus-Christ, il n’y a au fond qu’une chose à voir : l’amour de Dieu Trinité pour le monde, et cet amour ne peut être perçu que par l’amour pour cet amour (Mystère pascal, p. 261).

1388. Le Christ n’a rien écrit

Le Christ n’a rien écrit lui-même et il ne demande pas qu’on écrive. Mais, par les hommes d’Église, l’Esprit Saint produira un document adéquat sur ce que fut le Verbe incarné de Dieu et de ce qui reste normatif pour tous les temps… L’Esprit rend sans cesse présent tout ce que Jésus était et est encore (Nouveaux points de repère, p. 139.)

1389. Aller à la messe le dimanche?

L’Esprit est l’amour du Père et du Fils : il nous est donné afin que nous apprenions à comprendre que Dieu est l’amour. Et l’eucharistie est l’actualisation inconcevable, toujours nouvelle, du don de l’amour de Dieu. Pourquoi un chrétien irait-il à l’église le dimanche sinon pour rencontrer sans cesse ce don de Dieu qui nous est destiné et pour se l’incorporer (Les frontières de l’Eglise dans Axes, juillet-août 14).

 


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