Abbaye

Saint Grégoire le Grand

 

 

Saint Grégoire le Grand

 

Brèves sentences d’un homme ruisselant de Dieu

 

 

TABLE DES MATIERES

Présentation

Sigles

Texte

Bibliographie succincte

Index de quelques thèmes

 

PRESENTATION

 

Saint Grégoire le Grand et son œuvre

« Le pape Grégoire était ruisselant de Dieu » : c’est un autre pape, Adrien Ier, qui en jugeait ainsi au VIIIe siècle (Cf. F. CHATILLON, Le plus bel éloge de saint Grégoire : Deifluus Gregorius, Revue du Moyen Age Latin 35 [1979], p. 138-140). Si le Moyen Age a beaucoup lu et aimé saint Grégoire, c’est qu’il avait découvert en lui un homme rempli de l’Esprit Saint (Cf. Henri de LUBAC, Exégèse médiévale, 1, 2, coll. Théologie 41, Paris, 1959, p. 537-548). Le malheur de Grégoire, si l’on peut dire, est qu’il n’est pas un auteur facile pour l’homme d’aujourd’hui. Il faut le fréquenter longuement peut-être pour l’apprécier parce qu’il a dispersé sa sagesse dans d’immenses commentaires de l’Ecriture dont certaines pages n’ont plus qu’un intérêt spirituel fort relatif. Mais cette gangue recèle l’or d’une sagesse chrétienne toujours neuve; les brèves sentences qui suivent en offrent quelques spécimens. Situons d’abord rapidement leur auteur et son œuvre.

 

On ignore à peu près tout de la jeunesse de saint Grégoire entre sa naissance vers 540 jusqu’au moment où on le découvre préfet de Rome : il jouit alors d’une autorité étendue sur la police, la défense de la ville et certaines causes criminelles. Après avoir longtemps remis à plus tard son projet de consécration totale à Dieu, il se fait moine vers 575 en transformant en monastère son palais du Coelius à Rome.

 

On ne le laisse pas longtemps à l’ombre : vers 579, en compagnie de quelques moines de son monastère, il est envoyé comme nonce de l’évêque de Rome à la cour de l’Empereur à Constantinople. Revenu dans la Ville éternelle vers 585-586, il y mène à nouveau la vie monastique jusqu’au jour de 590 où il est élu pape; il mourra en 604 après quelque quatorze années de pontificat.

Quel homme était ce Grégoire? Un homme complexe assurément comme tout un chacun, et un peu plus que la moyenne : successivement haut magistrat, nonce, pape, il est aussi l’auteur d’ouvrages de théologie spirituelle. Sa correspondance de pape nous révèle toute la fermeté dont il était capable dans la direction des affaires de l’Eglise; ses autres écrits nous le montrent rompu à tout ce que représente une vie totalement donnée à Dieu; mais pour compléter quelque peu le tableau, il ne faudrait jamais oublier le sourire de saint Grégoire. C’est un aspect de sa personnalité auquel on ne prête guère attention habituellement, mais qui explique peut-être la forme paradoxale de certaines pensées du présent recueil. On se doute bien que le commentaire qu’il donne de tel verset de l’Ecriture, que tel récit de ses Dialogues n’ont pu s’écrire sans un sourire. On trouve également dans sa correspondance plus d’un trait d’humour. L’abbé d’un monastère, par exemple, lui avait écrit pour lui demander un secours en argent : cinquante sous d’or (un cheval se vendait douze sous!); prudent, l’abbé avait ajouté : si vous ne pouvez m’en envoyer cinquante, envoyez m’en au moins quarante; et si c’est encore trop, je me contenterai de moins. Et voici la réponse de Grégoire : je vous fais envoyer cinquante sous; et comme ce pourrait être insuffisant, j’en ai fait ajouter dix; mais ce ne serait peut-être pas encore assez, alors j’ai demandé qu’on en mette douze de plus (Epist. 5, 35, CC 140, p. 303). Grégoire st un homme capable d’entrer dans le jeu de son correspondant.

 

L’œuvre de Grégoire est considérable : près de quatre mille colonnes dans la Patrologie de Migne, l’équivalent de huit mille pages en livre de poche. On peut classer ses écrits en trois catégories :

1/ Des commentaires de l’Ecriture (conférences ou homélies) : Morales sur Job, Homélies sur Ezéchiel, Homélies sur les Evangiles, Commentaire sur le Cantique des Cantiques.

2/ Des œuvres systématiques : les Dialogues (récits sur les saints d’Italie et réflexions sur l’au-delà), le Pastoral (conseils à l’usage des pasteurs).

3/ La correspondance : 850 lettres environ.

 

Suivant pas à pas, et parfois avec de longues digressions, le texte biblique qu’il commente, glissant des pans de sa théologie même dans un écrit de type historique comme les Dialogues, Grégoire a laissé une œuvre qui est une immense forêt fort mal balisée. Aussi depuis qu’elle est parue, toutes sortes de morceaux choisis ont vu le jour, qui essaient d’y tracer quelques pistes, afin d’en faciliter l’accès au lecteur : théologien ou chercheur de Dieu. Le recueil qui suit s’inscrit dans cette lignée d’anthologies grégoriennes qui va du Moyen Age à nos jours.

 

Le présent recueil

En d’autres temps sous d’autres cieux, ce recueil serait intitulé: « Petit dictionnaire des pensées dogmatiques, ascétiques, morales et mystiques de saint Grégoire le Grand », ou encore : « Centuries gnostiques et pratiques de notre Bienheureux Père Grégoire, pape de Rome ».

 

Chacune des 554 sentences grégoriennes qui vont suivre, ou chaque série de sentences, est précédée d’un titre. Tous ces titres ont été rangés suivant l’ordre alphabétique, ce qui donne au recueil l’apparence d’un lexique, mais ce n’est qu’une apparence, et le lecteur s’apercevra vite que les titres sont parfois fort subjectifs. Ils ont permis simplement de classer les sentences de Grégoire dans un certain ordre. L’index de quelques thèmes, qui sera placé à la fin du recueil, permet une lecture un peu plus systématique. Le classement alphabétique des titres imposés a l’avantage d’offrir la pensée de Grégoire dans le joyeux désordre qui est celui des œuvres complètes. Fréquenter celles-ci, c’est vivre toujours dans l’attente de l’inattendu; l’alphabet aussi produit de ces effets; en laissant à la suite de ces pensées la cohérence d’un puzzle en morceaux, on permet au lecteur la joie de la découverte telle qu’elle s’offre à qui se plonge dans les Morales sur Job ou les Homélies sur Ezéchiel. Ce recueil alphabétique est en fait un poème qui décrit la vie du chrétien dans l’Esprit. Il est à souhaiter qu’au-delà l’apparente rigueur de l’alphabet, le lecteur découvre la jaillissante profusion de la vie.

Les titres retenus sont parfois paradoxaux : l’art de la sentence grégorienne est souvent, lui aussi, basé sur le paradoxe. Le paradoxe de Grégoire relève parfois l’anomalie de la conduite des hommes et des chrétiens; il attire l’attention sur ce qui se passe dans les profondeurs, au-delà des apparences : il est en effet des vérités et des honnêtetés qui ne sont que mensonges et impostures. Le paradoxe de Grégoire est souvent de nature théologale, il cherche à faire comprendre que les pensées de Dieu ne sont pas celles des hommes : il y a tant de manières de se faire illusion et sur soi-même et sur Dieu; Dieu est tellement au-delà et en même temps tellement là! La comédie humaine est pleine de paradoxes tout comme la condition divine de l’homme.

Le paradoxe est souvent chargé d’humour et d’abord d’humour sur soi; il ne faut pas se prendre trop au sérieux même quand on cherche Dieu sérieusement : on a plus de chance ainsi de s’ouvrir à lui; les uns appelleront cela enfance spirituelle, d’autres humilité. Le paradoxe est jeu, il s’amuse, il s’étonne, mais rien n’est plus sérieux que son sourire, il ouvre à un au-delà que n’atteint pas toujours la pure rationalité. Il introduit à une zone de silence au pied de la paroi vertigineuse de l’indicible : le vrai n’est pas là tout à fait où on l’attendait, les mœurs de Dieu ne sont pas telles que l’homme les projetait avec ses propres pensées, l’homme n’est pas tout à fait devant Dieu tel qu’il se l’imaginait.

Le paradoxe nous prend à contre-pied, il ébranle les certitudes mal fondées, à moins qu’on ne lui tourne le dos parce qu’il nous est insupportable. Il est de pseudo sages dans les choses de Dieu, chaque vertu a ses travers et l’homme est souvent fort habile à maquiller ses faiblesses en prouesses : Grégoire et ses pairs n’ont pas attendu nos modernes psychologues pour s’en apercevoir. La pointe acérée du paradoxe doit percer la baudruche des illusions et la cuirasse des apparences, toutes les enflures du cœur. Le paradoxe met à nu les fausses sagesses et les limites de notre science de Dieu : Dieu est autre, Dieu est au-delà, la sagesse de Dieu n’est pas ce que peut imaginer une sagesse humaine même très savante. Le paradoxe souligne la distance entre l’homme et Dieu, entre l’intérieur et l’extérieur de l’homme.

Grégoire a le goût des formules ciselées. Il est souvent prolixe dans ses commentaires, mais de temps à autre il donne à sa pensée un tour nerveux et musclé; avec un art consommé, il ramasse alors sa sagesse en une sentence merveilleuse, percutante : l’une cingle comme un coup de fouet, l’autre panse les blessures; l’une arrache les masques, l’autre contemple l’homme avec tendresse; l’une avoue son ignorance au sujet des mystères de Dieu, l’autre les dévoile hardiment.

Mais comment rendre en traduction sans la trahir une sentence latine si économe de moyens? Grégoire lui-même conseille à tel de ses correspondants une traduction qui soit plus attentive au sens qu’aux mots (Epist. 1,28, CC 140, p. 36). La présente traduction est loin d’être toujours littérale; elle espère ne pas avoir trahi la substance; elle a cherché à rendre celle-ci assimilable. Parfois même une « sentence » résume un texte plus long de Grégoire : le lecteur aura toujours le loisir d’en vérifier le contexte.

Un « lexique » n’est pas un ouvrage qui se dévore d’une traite. Il est sans doute préférable d’absorber à petites gorgées et sans hâte les paroles de ce recueil; chacune a besoin de son espace de silence.

Ces « paroles d’un homme ruisselant de Dieu » ne représentent pas tout saint Grégoire; le choix est largement tendancieux. Fallait-il s’arrêter longuement à ce qui éveille moins d’échos en nous aujourd’hui? Mais bien que tout subjectif, ce choix de paroles représente quand même une certaine synthèse de la théologie de Grégoire. Plus qu’un inventaire de sa théologie, ces paroles indiquent un esprit, une certaine manière d’entrer dans le mystère des relations de l’homme et de Dieu, dans le mystère de l’homme et dans le mystère de Dieu. Dogme, morale, ascétique et mystique sont ici très souvent inextricablement mêlés. Toute parole sur Dieu concerne aussi l’homme et toute parole sur l’homme renvoie à Dieu. La théologie de Grégoire est sans doute plus le fruit d’une expérience que l’exposé d’un savoir. C’est pourquoi il se montre si attentif à ce qui se passe à l’intérieur de l’homme : c’est là que se joue l’essentiel, c’est là que l’homme rencontre Dieu ou lui tourne le dos, c’est là que Dieu se révèle au-delà des mots et que l’homme comprend dans l’Esprit Saint comment se disposer à recevoir Dieu. Grégoire essaie d’exprimer l’inexprimable qui est intérieur et au-delà de tout : Dieu, l’amour, l’humilité, l’épreuve, le don de l’Esprit.

L’Ecriture, nous dit Grégoire, ressemble à un fleuve immense où tout le monde peut trouver son bien : l’agneau  barboter et l’éléphant nager (Moralia, Lettre d’envoi 4, SC 32 bis, p. 129). Il en est de même pour son œuvre à lui : le simple peut y trouver de quoi se nourrir et le sage de quoi méditer.

 

 

SIGLES

C         Commentaire sur le Cantique des cantiques (Corpus Christianorum, Series latina [= CC] 144).

D         Dialogues (Sources chrétiennes 260 et 265).

E          Homélies sur les Evangiles (PL 76)

H         Homélies sur Ezéchiel (CC 142)

L          Lettres (CC 140 et 140 A).

M        Morales sur Job (PL 75 et 76).

P          Pastoral (PL 77).

R         Commentaire sur le Premier Livre des Rois (CC 144) bien qu’il soit reconnu   aujourd’hui comme n’étant pas de Grégoire.

 

Chaque sentence est suivie de sa référence. Celle-ci comporte une lettre et des chiffres : la lettre indique l’œuvre, les chiffres correspondent à ses divisions dans l’édition indiquée ci-dessus.

 

 

TEXTE

 

 

L’abandon.

1. Celui qui, par amour, a donné l’être à ce qui n’était pas, n’abandonne pas  injustement ce qu’il a fait (M 9,212).

L’absence

2. Il arrive que le Seigneur touche inopinément par la grâce le cœur de ses élus et il ne s’en va pas aussitôt : il laisse à l’âme le temps de se rassasier de sa vision. Une fois qu’il a rassasié l’âme, il lui retire la douceur de sa présence pour qu’elle la désire avec plus d’ardeur (R 2,135).

L’abstinence

3. Le but de l’abstinence n’est pas de tuer la chair mais les vices de la chair (M 20,78).

L’accusation

4. En nous accusant nous-mêmes, nous nous excusons auprès de Dieu (M 25,18).

Les actes

5. Une bonne action est imparfaite si on ne veille pas à ce qu’aucun mal ne s’y mêle subrepticement (H 1,7,3).

6. Les saints ne se réjouissent pas de connaître ce qu’ils font mais de faire ce qu’ils connaissent (M 22,10).

L’action de grâce

7. Apprenons à rendre grâce dans la bonne comme dans la mauvaise fortune : c’est toujours notre Créateur et notre Père qui tantôt nous renouvelle par ses dons, tantôt nous instruit par les épreuves (H 2,7,17).

Adam

8. Eve naît durant le sommeil d’Adam, l’Eglise quand meurt le Christ (H 1,6,15).

Les adversités

9. Parce que nous ne pouvons retourner aux joies éternelles qu’à travers des épreuves temporelles, toute l’intention de la sainte Ecriture est que l’espérance de la joie qui demeure nous fortifie dans ces adversités passagères (M 26,26).

L’aliénation

10. L’homme n’est pas vraiment lui-même quand il pèche (E 32,2).

L’allégresse

11. Le méchant désire continuer à trouver de la joie dans son péché. C’est une allégresse mortelle (M 16,77).

L’âme

12. Personne ne voit son âme et cependant personne ne doute d’en avoir une; c’est une âme invisible qui gouverne notre corps visible (E 2,7).

13. L’âme humaine est à la fois mortelle et immortelle. Elle peut perdre sa béatitude par le péché ou par le châtiment, mais elle ne peut être privée de l’existence même ni par le péché, ni par le châtiment. Elle peut se perdre, elle ne peut cesser d’être (M 4,5).

Les amis

14. La charité vraie consiste à aimer son ami en Dieu et son ennemi à cause de Dieu.  C’est pour Dieu qu’on aime ses amis si l’on sait aussi aimer ceux qui ne nous aiment pas (E 38,11).

15. Nous avons reçu le précepte d’aimer nos ennemis; à plus forte raison avons-nous le devoir d’aimer ceux qui nous aiment; et il est évident qu’on n’aime pas quelqu’un si on ne veut pas le voir (L 8,22).

L’amour

16. C’est en aimant le prochain qu’on apprend comment parvenir à l’amour de Dieu (E 26,3).

17. La grandeur de la contemplation ne peut être accordée qu’à ceux qui aiment (H 2,5,17).

Les anges

18. Les bons anges voyant les autres tomber à cause de leur orgueil ont tenu bon d’autant mieux que leur humilité était plus grande (D 3,14,14).

Les animaux

19. Chacun des quatre êtres vivants de l’Apocalypse (4,7) est un symbole du Christ: homme, il a vraiment pris notre nature; bœuf, il a souffert la mort pour nous; lion, il a brisé les liens de la mort par sa résurrection; aigle, il est retourné aux cieux d’où il était venu (M 31,94).

L’anthropomorphisme

20. Quand l’Ecriture fait usage d’anthropomorphismes qui semblent indignes de Dieu, le lecteur s’en émeut. Comme s’il était possible de dire quelque chose de digne de Dieu! Presque tout ce qui est dit de Dieu est déjà indigne du fait même qu’on ait pu le dire (M 20,62).

Les apôtres

21. Mes proches se tiennent à distance (Ps 37,12) : la parole prophétique désigne ici les apôtres qui ont fui lors de la Passion (M 2,54).

L’apparence

22. L’hypocrite ne cherche pas à être docte mais à le paraître (M 3,45).

L’appel

23. Dieu appelle par lui-même, il appelle par les anges, il appelle par les pères, il appelle par les prophètes, il appelle par les apôtres, il appelle par les pasteurs, il appelle aussi par nous-mêmes; il appelle souvent par les miracles et souvent par les épreuves, il appelle parfois par les succès de ce monde et parfois par les échecs (E 36,10).

Les applaudissements

24. Il faut dire aux gens bienveillants qu’ils ne se contentent pas d’applaudir au bien que font les autres; qu’ils les imitent (P 3,10).

L’arche de Noé

25. Il y a beaucoup de bêtes dans l’arche de Noé, il y a beaucoup de pécheurs dans l’Eglise : elle les supporte pour les convertir (H 2,4,17).

L’Ascension

26. Par la naissance du Seigneur          , la divinité a semblé être humiliée; par son Ascension, l’humanité a été exaltée (E 29,9).

L’attachement

27. Ce n’est pas de posséder des richesses qui est coupable (tout ce que Dieu a créé est bon), c’est de s’y attacher (M 10,49).

L’attention à soi-même

28. Le soin des affaires qui sans cesse nous occupent nous empêche de faire attention à nous-mêmes (M 25,18).

L’audace

29. Celui qui aime ose demander parce qu’il sait que sa demande ne sera jamais mal reçue (L 7,37).

L’audition

30. Ce n’est pas en entendant les préceptes de Dieu que les disciples d’Emmaüs ont été illuminés, c’est en les mettant en pratique (E 23,2).

L’aumône

31. Donner de ses biens, c’est donner quelque chose d’extérieur à soi; donner sa compassion, c’est donner quelque chose de soi; celui qui compatit vraiment ne peut plus refuser à son prochain le nécessaire (M 20,70).

L’autre

32. Plus on est humble, plus on est capable de reconnaître le bien qui est dans les autres (R 3,119).

L’avarice

33. L’avarice se crée des besoins (H 2,7,18).

34. Il est une avarice intérieure qui consiste à s’efforcer de garder les louanges des hommes (M 33,4).

35. L’avarice flatte celui qu’elle possède; elle ronge l’âme sans que celle-ci s’en aperçoive (P 1,11).

L’aveugle

36. Quand l’homme parle de Dieu, il ressemble à un aveugle qui parle de la lumière (M 27,67).

L’aveuglement

37. Qui n’accomplit pas le bien qu’il connaît finit par ne plus voir ce qu’il doit faire (R 2,114).

L’avocat

38. Grande peut être notre espérance à nous, pécheurs : notre juge s’est fait notre avocat (E 34,18).

Les bagages

39. Si nous sommes sans bagages, nous serons plus à l’aise pour marcher vers la patrie (H 2,7,18).

Le bain

40. Quand vous allez au forum ou au bain, si vous rencontrez une de vos connaissances qui n’a rien à faire, vous l’invitez à vous accompagner. Si vous allez vers Dieu, ayez le souci de ne pas y aller seuls (E 6,6)

Le baiser

41. La componction d’amour, celle qui est enflammée de désir, est comme un baiser (C 18).

Les banalités

42. L’hypocrite débite des banalités que personne n’ignore comme s’il s’agissait de choses rares et peu connues (M 8,58).

Le baptême

43. Notre descente dans l’eau est appelée baptême ou bain. Nous sommes plongés dans l’eau et, de sales que nous étions par suite de nos péchés, nous sommes rendus beaux par la grâce et les vertus (M 18,87).

Le bavard

44. Il y a des gens qui parlent beaucoup tout en estimant parler peu; ils trouvent par contre que le peu que leur disent les autres est bien long (M 26,41).

La béatitude

45. Dans le ciel, unique sera la béatitude et elle sera proportionnée aux mérites de chacun; mais cette différence dans la béatitude ne sera ressentie avec déplaisir par personne parce que chacun sera satisfait de ce qu’il aura reçu (M 35,46).

La beauté

46. Seule la charité nous rend beaux aux yeux de Dieu (E 38,9)

47. Dieu nous fait signe par la beauté des êtres qu’il a créés. D’une manière étonnante, c’est par les formes extérieures qu’il nous mène aux réalités intérieures. Il nous conduit à une intense admiration de ce qu’il est en nous montrant les réalités merveilleuses qu’il n’est pas (M 26,17).

Le bien

48. Si nous ne sommes pas conscients du bien que nous faisons, nous omettrons de le faire; si nous en sommes conscients, nous serons tenter d’en tirer vanité (M 9,37).

Le bien-être

49. Nous atteindrons la perfection par la contemplation de Dieu seul; quand nous le verrons, plus rien ne nous manquera en fait de bien-être et de joie (H 2,5,15).

Les blessures

50. Le Christ aurait pu venir au secours des hommes sans mourir; mais il a voulu le faire en mourant parce qu’il nous aurait moins aimés s’il n’avait porté aussi nos blessures (M 20,69).

Le bonheur

51. Qui peut être heureux si son âme n’est pas conduite par son Créateur (E 34,14)?

Les bons

52. Ceux-là sont vraiment bons qui peuvent garder leur bonté même au milieu des méchants (M 20,76).

La bonté

53. La chasteté de la chair n’est rien si elle n’est pas recommandée par la bonté de l’âme (M 6,53).

Les brebis

54. Qui refuse de faire paître les brebis montre par là qu’il n’aime pas non plus le souverain Pasteur (L 7,5).

Le bruit

55. L’ineffable sagesse de Dieu instruit les hommes sans bruit de paroles (H 1,8,17).

La cécité

56. Expulsé des joies du paradis, l’homme dans le pèlerinage de la vie présente est aveugle aux réalités spirituelles (C 1).

Le centuple

57. Il reçoit le centuple celui qui, même s’il n’a rien, ne cherche pas non plus à posséder quelque chose en ce monde (M 15,18).

La chair

58. La chair est tantôt notre collaboratrice dans le bien, tantôt la séductrice qui nous porte au mal. Si nous lui accordons plus qu’il ne convient, nous nourrissons un ennemi; si nous ne lui donnons pas le nécessaire, nous tuons un allié. Il faut donc nourrir la chair, mais pas plus qu’il ne faut, pour qu’elle continue à nous aider à faire le bien (H 2,7,19).

La chaleur

59. Perdre l’amour de son Créateur, c’est perdre la chaleur du cœur (M 11,68).

Le changement

60. Des hommes ont pu faire fléchir Dieu parce que sa pensée secrète était qu’il voulut qu’ils la fassent fléchir et reçoivent de lui le pouvoir de le faire (M 16,46).

La charité

61. L’antique ennemi ne craint pas notre chasteté si elle n’est pas accompagnée de charité (H 1,8,7).

La chasteté

62. Que personne ne tire orgueil de sa chasteté, que personne ne désespère s’il est opprimé par ses vices (M 11,27).

Le chemin

63. La vie présente est le chemin qui nous mène à la patrie; le Seigneur permet souvent qu’il soit semé de difficultés pour que nous ne soyons pas tentés d’aimer le chemin plutôt que la patrie (M 23,47).

Chercher Dieu

64. Rien ne suffit sauf Dieu à celui qui le cherche vraiment (M 22,5).

Le Christ

65. Le Seigneur ne veut pas qu’on le craigne comme un Dieu, il nous a inspiré de l’aimer comme un père (M 9,62).

La chute

66. Renoncer à un mieux qu’on avait d’abord projeté, ce n’est peut-être rien aux yeux des hommes qui ne voient que les actes; aux yeux de Dieu, c’est une chute (H 1,3,18).

Le ciel

67. Au ciel , la joie des élus est d’autant plus grande qu’ils voient se réjouir avec eux ceux qu’ils ont aimés (D 4,34,4).

68. Ceux qui voient Dieu dans sa splendeur, comment pourraient-ils ignorer quelque chose alors qu’ils connaissent celui qui connaît tout (D 4,34,5 et E 40,8)?

La cinquantaine

69. Quand on est jeune, on éprouve le feu des tentations de la chair; après la cinquantaine, ça s’attiédit (D 2,2,4).

La circonspection

70. En toutes choses l’âme doit s’examiner attentivement et ne pas se départir de cette prudente circonspection (M 1,54).

La clameur

71. On prie le Père dans sa chambre, toutes portes closes, quand on répand son cœur devant lui sans paroles. Dieu entend la clameur silencieuse des saints désirs (M 22,43).

Le cœur

72. Notre cœur habite là où vont nos pensées préférées (M 8,74).

73. Ce qui se passe dans notre cœur est infiniment plus présent à Dieu que ne le sont nos actions extérieures aux yeux des hommes (M 19,20).

Le cœur de Dieu

74. Apprends à connaître le cœur de Dieu dans les paroles de Dieu (L 5,46).

La colère

75. Il y a quatre sortes de colères. 1. Les uns sont vite irrités et vite apaisés. 2. Les autres sont lents à s’irriter et lents à s’apaiser. 3. Certains sont vite irrités et lents à s’apaiser (c’est la pire des colères). 4. D’autres enfin sont lents à s’irriter et prompts à s’apaiser (M 5,80).

Le combat

76. Dieu voit le combat de notre cœur (E 27,9).

77. Il n’est donné à personne ici-bas de n’avoir plus à combattre sans cesse (R 5,153)

Les commandements

78. Les commandements de Dieu ne sont pas faits pour son utilité à lui mais pour la nôtre (M 8,51)

La communion

79. Celui qui n’a pas participé à un labeur a part au bien fait par le prochain s’il sait communier à la joie qu’autrui tire de son action (L 7,37)

La compassion

80. La souffrance compatissante seule sait juger l’état d’âme de celui qui souffre (M, praef. 7)

La componction

81. Autre est la componction qui naît de la crainte, autre celle qui naît de l’amour; l’une fuit les supplices, l’autre désire les récompenses (H 2,10,20).

Les concitoyens

82. Par le péché nous nous sommes éloignés des anges; quand nous reconnaissons notre Roi, ils nous reconnaissent comme leurs concitoyens: « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » (E 8,2).

La concorde

83. L’abstinence n’est rien sans la concorde (H 1,8,8).

84. Rien ne plaît à Dieu sans la concorde (H 1,8,9).

La concupiscence

85. Il en est qui sont le jouet d’une concupiscence inopinée; il faut les inviter à la vigilance : on n’est jamais mieux paré que quand on prévoit une attaque (P 3,32).

La confession

86. On reconnaît déjà que Dieu rend la vie au pécheur quand celui-ci confesse son péché (E 26,6).

La connaissance de Dieu

87. Le Seigneur a créé les anges et les hommes pour qu’ils le connaissent (E 34,6).

88. Par le don de l’Esprit Saint, Dieu appelle tous les hommes à le connaître (M 6,21).

La connaissance de soi

89. On a beau s’examiner, on ne se connaît jamais parfaitement soi-même (M 16,38).

90. Dieu voit dans les justes ce qu’ils n’arrivent pas à voir eux-mêmes (M 21,10).

91. On ne connaît ce qu’on vaut que dans l’épreuve (M 23,52).

92. Moins on se voit, moins on est mécontent de soi; plus on reçoit de grâces de lumière, plus on se trouve répréhensible (M 35,6).

La conscience

93. Quel avantage y a-t-il à ce que tous nous louent si notre conscience nous accuse? Quel mal quand tous nous critiquent si notre conscience nous défend (H 1,9,15)?

La consolation

94. Quand ils sont tristes, les riches se consolent dans leurs richesses : ils vont voir leurs chevaux, ils contemplent leurs objets précieux, ils font un tour dans leurs domaines. Ils ont ici-bas leur consolation (M 18,66).

La contemplation

95. Si Benoît était resté avec les frères qui avaient voulu l’empoisonner, l’oeil de son âme aurait pu se détourner de la lumière de la contemplation (D 2,3,5).

96. La vie contemplative consiste à garder de toute son âme l’amour de Dieu proche, à s’abstenir d’action extérieure, à ne désirer que son Créateur, à écarter tout souci pour brûler du désir de voir la face de Dieu (H 2,2,8).

97. Personne n’est exclu a priori de la grâce de la contemplation. Elle est donnée aux grands comme aux petits, souvent à ceux qui sont séparés du monde, mais parfois aussi aux gens mariés (H 2,5,19).

98. La contemplation voit plus qu’elle n’en peut dire, la science ou la doctrine ne voit pas plus que ce qu’elle peut exprimer en paroles (H 2,6,1).

99. Il arrive souvent que le Dieu de miséricorde épargne à ceux qu’il aime tendrement l’action extérieure (M 25,29).

100. Le silence de la contemplation ne peut être parfait en cette vie, aussi l’Ecriture (Ap 8,1) dit-elle qu’il ne dure qu’une demi-heure (M 30,53).

La contradiction

101. Tel qui voudrait bien pouvoir vaquer à Dieu sera accablé d’affaires, et tel autre qui ne demanderait qu’à s’occuper aura, malgré lui, du loisir pour Dieu (M 29,77).

La convenance

102. Il convenait que la mort du Juste mourant injustement détruisît la mort des pécheurs destinés à la mort en toute justice (M 33,31).

Le corps et l’âme

103. La nourriture de l’âme, c’est la Parole de Dieu; celle-ci nourrit l’âme comme le pain nourrit le corps. Ceux qui nourrissent leur corps sans nourrir leur âme ont bien un corps vivant, mais leur âme est morte (R 4,122).

La correction

104. L’évêque doit tantôt savoir corriger avec douceur, tantôt supporter avec sérénité ce qui ne peut être corrigé (L 11,29).

105. Lorsqu’on peut corriger son prochain en lui parlant, craindre que le silence ne soit consentement au mal fait par lui (M 10,8).

La corruption

106. Celui qui manque d’humilité ne peut avoir dans le cœur une chasteté véritable parce que l’orgueil est une corruption intérieure; celui qui s’aime soi-même est infidèle à l’amour de Dieu (M 22,2)

La crainte

107. Nous ne rendons à Dieu un culte en vérité qu’en cessant de le craindre à cause de la confiance qui naît de l’amour (M 9,64).

La créature

108. Toute créature, parce qu’elle a été faite de rien, tend aussi d’elle-même vers le néant (M 5,63).

Le crédit

109. La parole perd tout crédit quand elle n’est pas soutenue par des actes (M 19,13).

Le critère

110. Le critère d’une abstinence authentique n’est pas l’affaiblissement du corps mais la perfection de la chasteté (R 5,22).

La culbute

111. Job a culbuté l’antique ennemi par son humilité, il a terrassé le cruel par sa patience (M 2,32).

La curiosité

112. Plus on se montre curieux des autres et expert dans l’évaluation de leurs mérites, moins on se connaît soi-même (E 36,4).

Le danger

113. Bien souvent rien n’est plus mortel pour l’âme que la conscience de sa vertu (M 28, praef.)

La demeure

114. Aimons autant que nous le pouvons Dieu et le prochain, et nous ne serons pas exclus de la demeure de Dieu (H 2,3,15).

115. Dieu qui contient toutes choses sans occuper d’espace sera cependant notre lieu et notre demeure quand nous irons à lui (M 4,67).

116. Nous habitons là où est notre désir (M 8,34).

Le dépérissement

117. L’amour de la vie éternelle fait dépérir l’amour des choses corporelles (E 11,2).

Le désir

118. Fait pour désirer Dieu seul, l’homme ne peut se contenter de moins que lui; rien d’autre ne peut suffire à l’homme (M 26,79).

Le désir du diable

119. Rien n’est plus précieux aux yeux de Dieu que la dilection, rien n’est plus désiré par le diable que l’extinction de la charité (P 3,23).

Le dessein de Dieu

120. Même ce qui se fait sans la volonté de Dieu ne peut s’opposer à sa volonté; Dieu fait servir le mal au bien, de sorte que même ce qui est contraire à ses desseins concourt à les réaliser (M 6,33).

La détente

121. Il arrive souvent qu’on perde une vertu pour l’avoir gardée sans discernement; on la garde mieux si on sait se détendre à bon escient (M 28,29).

Le diable

122. L’antique ennemi est insatiable (M 32,18).

Dieu

123. Dieu habite là où on cherche la vraie paix, où on aime la gloire de la contemplation intérieure (H 1,10,24).

124. Dieu entoure tous les corps de l’extérieur et il remplit intérieurement tous les esprits. Il pénètre tout et dispose de tout. A sa volonté rien ne résiste même pas ce qui paraît s’y opposer; s’il permet parfois que se fasse ce qu’il n’a pas prescrit, c’est pour que s’accomplisse plus sûrement ce qu’il ordonne (M 16,47).

125. Tout ce que l’esprit humain peut penser de Dieu n’est pas Dieu (R 4,165).

Le difficile

126. Il est facile de mépriser les richesses quand on en a; ce qui est difficile, c’est de ne pas les estimer quand on en est démuni (M 11,2).

La dignité

127. La grâce d’en haut ne vient pas en nous parce qu’elle trouve des mérites, elle vient en nous pour les y former; en entrant dans une âme indigne, Dieu la rend digne de lui par sa présence et il y produit un mérite auquel il attribuera une récompense alors qu’il avait trouvé matière à châtiment (M 18,63).

Le discernement

128. La vie active et la vie contemplative ne conviennent pas à tous indistinctement. Certains sont d’un naturel si paisible qu’ils succomberaient dans l’action; d’autres sont si agités que, s’ils se trouvaient sans occupation, ils éprouveraient dans leur cœur un tumulte effrayant (M 6,57).

La discipline

129. Le bœuf destiné à la boucherie jouit de la liberté en pâture tandis que le bœuf destiné au travail est retenu sous le joug. Au malade qui a quelque chance de vivre, le médecin ne permet pas de prendre tous les aliments qu’il désire, mais il ne refuse plus rien à celui dont le cas est désespéré. C’est par un chemin ardu qu’on va vers la patrie (M 21,8).

La discorde

130. La discorde est ennemie de Dieu (L 1,19).

La discrétion

131. On cherche à cacher le mal qu’on fait; faire de même pour le bien (E 4,5).

La dispersion

132. En parlant trop, l’âme se répand au dehors et perd ainsi le pouvoir de veiller sur elle-même (M 7,59).

Le docteur

133. Vaine est la parole du docteur si l’Esprit n’est pas présent au cœur de celui qui écoute (E 30,3).

134. Vaine est la parole du docteur si elle n’allume pas le feu de l’amour (E 30,5).

Le don

135. Jésus Christ n’abandonne pas notre désir de Dieu, lui qui nous l’a donné (E 29,11).

Les dons de l’Esprit

136. Il est des dons de l’Esprit sans lesquels on ne peut parvenir à la vie : la douceur, l’humilité, la patience, la foi, l’espérance, la charité. Et il en est d’autres qui manifestent la sainteté de la vie pour l’utilité du prochain: la prophétie, le pouvoir de guérir, le don des langues et celui de les interpréter (M 2,91).

Le dos

137. Nous voyons ce qui est devant nous, mais nous sommes incapables de voir ce que nous avons dans le dos; les autres, eux, le voient (H 1,7,7).

La douceur

138. Le Seigneur a fait quelque chose de plus merveilleux encore que ses miracles : il a corrigé le cœur des pécheurs par la douceur plutôt que par la crainte (M 9,61)

La douleur

139. La douleur nous fait trouver toutes choses amères (M 8,18).

Le doute

140. La foi de l’officier royal (Jn 4) était mêlée de doute. Si sa foi avait été parfaite, il aurait su qu’il n’est pas de lui où Dieu ne se trouve (E 28,1).

Les doux

141. La tendance naturelle des doux, quand ils sont supérieurs, c’est de laisser aller les choses (P 3,16).

L’eau

142. Pour parler de Dieu, il faut avoir l’esprit en paix et libre. Une eau agitée ne renvoie pas l’image de celui qui essaie de s’y regarder (H 1,11,26).

L’échec

143. Il arrive souvent que ceux qui ne connaissent pas le succès dans les affaires de ce monde vont à Dieu facilement (E 38,6).

L’échelle

144. L’âme est pour elle-même en quelque sorte une échelle quand elle monte des choses extérieures pour rentrer en elle-même et de là tendre vers son Créateur (M 5,62).

L’Ecriture

145. L’Ecriture parle de l’éternité avec les mots de notre temps; ce faisant, elle nous initie doucement à l’au-delà dans un langage qui nous est familier (M 2,35).

L’effort

146. L’âme humaine en ce monde est comme un navire qui remonte un fleuve : il ne lui est pas permis de s’arrêter; si elle ne tend pas vers le haut, elle redescend (P 3,34).

L’égalité

147. Dieu a créé tous les hommes égaux par la nature (P 2,6).

L’égarement

148. Egaré par les louanges qu’il reçoit, le pasteur risque de se croire tel qu’on lui dit qu’il est, alors qu’il devrait discerner lui-même ce qu’il est intérieurement (P 2,6).

L’Eglise

149. Le Seigneur souffre encore beaucoup en son corps, c’est-à-dire en nous; et déjà son corps, qui est l’Eglise, est glorifié au ciel par sa tête, le Seigneur (M 3,25).

150. Dans l’Eglise elle-même, nous voyons beaucoup d’hommes charnels combattre le Seigneur par leur mauvaise conduite (M 3,35).

151. L’Eglise pleure en ses membres forts ce qu’elle n’a pas fait elle-même mais qu’elle a commis en ses membres faibles (M 13,22).

L’élection

152. Il ne faut pas louer le pasteur quand il est élu mais quand il a montré ce dont il était capable (R 5,25).

Les embûches

153. Il faut sans cesse préparer son âme au combat contre l’Adversaire, il faut sans cesse être sur ses gardes contre les embûches occultes (M 20,8).

Les enfants

154. L’âme du contemplatif voit davantage les choses de Dieu, mais elle lui engendre moins d’enfants. Comparée à la vie active, la vie contemplative lui est inférieure dans le temps présent, mais son mérite est plus grand (M 6,61).

L’enfer

155. Il n’y a pas de sagesse en enfer. Qui est sage se prépare une demeure au ciel, non en enfer (R 2,94).

Les ennemis

156. La prière qui a le plus de chance d’être entendue de Dieu est celle qu’on fait pour ses ennemis (M 9,24).

L’entraînement

157. Si nous négligeons les petites fautes, nous en viendrons insensiblement à perpétrer les grandes gaillardement (M 10,21).

L’envie

158. La vie des bons est toujours pénible aux méchants (D 2,3,3).

159. L’envie tue l’amour (H 1,12,25).

160. Nous ne pouvons envier que ceux que nous estimons meilleurs que nous en quelque point (M 5,84).

161. Nous péchons grandement si nous n’aimons pas ce que les autres ont fait de bien (P 3,10).

Les envoyés

162. Même quand ils sont envoyés, les anges demeurent en présence de Dieu parce que, où qu’ils aillent, ils se déplacent en lui. Eux-mêmes bien sûr sont des êtres limités, mais Dieu ne l’est pas (E 34,13).

L’éphémère

163. Tout ce qui passe est bref même si cela semble tarder à finir (M 13,31).

Les épreuves

164. Supporter les maux de cette vie pour l’amour de Dieu est chose pénible certes, mais non pas vaine (M 8,16).

165. C’est parce que les saints aiment les choses d’en haut du fond du cœur qu’ils subissent ici-bas des choses dures (M 10,35).

166. Pourquoi trouver un peu raide la souffrance que Dieu nous envoie pour le mal que nous avons commis alors que pour tous ses bienfaits il a subi tant de maux de la part des hommes? Quel homme serait assez insensé pour recevoir en maugréant les maux dont il est affligé quand Celui qui vécut sans péché n’a pas quitté ce monde sans passer par l’épreuve (P 3,12).

L’équité

167. Encore que tout ce que nous souffrons ne paraisse pas à nos yeux être toujours juste, rien cependant ne se fait qu’avec équité au secret jugement de Dieu (M 24,45).

L’espérance

168. Il faut penser à deux choses: 1. Ne pas présumer de soi parce qu’on ne sait pas si on est digne du royaume éternel. 2. Ne désespérer de personne parce que, par la miséricorde de Dieu, le pécheur d’aujourd’hui peut me dépasser demain (E 19,6).

L’Esprit Saint

169. Désirez être remplis de la présence de l’Esprit (E 24,6).

170.Il faut être poussé par l’Esprit pour aimer les réalités célestes et mépriser les biens terrestres (H 1,5,2)

171. La parole de l’Esprit se fait entendre sans bruit à l’oreille du cœur (M 5,50).

L’estime des autres

172. La preuve de la sainteté n’est pas de faire des miracles mais d’aimer son prochain comme soi-même, d’avoir en Dieu une foi juste et d’estimer les autres plus que soi-même (M 20,17).

L’étalage

173. Il y a des chrétiens qui n’étudient l’Ecriture que pour pouvoir faire étalage de leur science (M 20,18).

L’éternité

174. Tout ce qui a un terme est peu de chose; immense est la vie sans fin qui suit la vie présente (M 7,45).

175. Celui qui a le cœur fixé dans le seul désir de l’éternité ne se laisse pas exalter par le succès ni abattre par l’épreuve; comme il n’a rien à désirer en ce monde, il n’a rien non plus à y redouter(M 10,39).

176. On se console d’autant plus facilement de l’absence des biens éternels qu’on jouit davantage des biens temporels et l’on est d’autant moins touché du manque de biens temporels qu’on attend avec plus de certitude les biens éternels (M 22,4).

L’étonnement

177. Le Seigneur est venu dans l’humilité et l’Ennemi superbe s’en étonne (M 2,41).

L’être

178. Qui n’est pas dans l’amour de Dieu n’a pas son être véritable (M 12,9).

L’être et l’avoir

179. Par sa nature raisonnable, l’homme surpasse tous les autres êtres créés; et souvent on le juge d’après ce qu’il a, non d’après ce qu’il est (M 25,1).

L’être et le néant

180. En comparaison de l’être de Dieu, notre est un non-être (M 16,45).

L’étude

181. Pour qu’une fois connue l’Ecriture ne puisse être dépréciée, Dieu l’a ainsi faite qu’on l’ignore encore quand on la connaît et qu’on la lit d’autant plus volontiers qu’on l’étudie chaque jour (R, prolog. 3).

Les excuses

182. Nous n’aurions pas dû pécher; n’aggravons pas notre faute en cherchant des excuses (M 4,39).

183. Chercher des excuses à son péché, c’est imiter Adam et Eve qui voulaient se cacher au milieu des arbres. De cette manière, on ne se cache pas aux yeux de Dieu, on se cache le Seigneur à soi-même (M 22,31).

L’exil

184. Satan n’estime pas faire grand-chose tant que ce n’est pas l’âme qu’il blesse; ce qu’il cherche, c’est à l’arracher à la patrie dont il s’exilé lui-même, terrassé par son propre orgueil (M 2,17).

L’extérieur

185. Ceux qui n’aiment que les réalités visibles n’aiment pas les réalités invisibles même s’ils y croient; vivant trop à l’extérieur d’eux-mêmes, ils deviennent charnels jusque dans leur esprit (M 18,48).

186. Ceux qui recherchent ce qui est extérieur ne peuvent comprendre combien sont désirables les biens intérieurs (M 26,42).

La faiblesse

187. Le propre de notre humaine faiblesse est de préférer regarder le bien qui est en nous plutôt que le mal qui s’y trouve (M 22,12).

Les femmes

188. Seules les femmes sont restées auprès du Seigneur en sa passion (M 14,57).

Le feu

189. Il y a des hommes qui, embrasés des feux de la contemplation, ne vivent que du seul désir de leur Créateur; ils n’ont plus aucun désir en ce monde. L’amour de l’éternité est leur seule nourriture, ils repoussent tout ce qui est terrestre, ils dépassent par l’esprit tout ce qui est temporel, ils aiment et ils brûlent. Quand ils parlent, ils communiquent leur feu aux autres et ceux que leur parole touche se mettent aussitôt à brûler eux aussi du feu de l’amour de Dieu (E 34,11).

190. Au sortir de leur contemplation, les saints enflamment leurs auditeurs de l’amour de la patrie céleste et répandent en eux le feu du désir spirituel (H 1,5,13).

Le Fils

191. Le fait pour le Fils d’être égal au Père n’est pas plus étonnant que le fait d’exister avant sa mère (E 25,6).

Le fleuve

192. L’Ecriture est comme un fleuve où peut trotter l’agneau et nager l’éléphant (M, lettre-dédicace 4).

La foi

193. Il y a des chrétiens qui croient vraiment aux réalités éternelles et qui cependant contredisent par leur vie la foi qu’ils professent (M 29,14).

La forêt

194. L’Ecriture ressemble à une immense forêt. Vue d’un sommet et de loin, elle peut être embrassée d’un seul coup d’oeil, mais on mesure difficilement son étendue réelle. Ce n’est qu’en pénétrant dans la forêt qu’on se rend compte vraiment de son étendue et de sa densité (R, prol. 2).

Le fugitif

195. Le lieu de l’homme, c’est son Créateur; c’est en lui que l’homme devait vivre. En prêtant l’oreille aux paroles du séducteur, l’homme a abandonné l’amour de son Créateur et a quitté son lieu propre. Alors le lieu lui-même s’est pour ainsi dire mis en route, il s’est mis sur les traces du fugitif pour retenir celui qu’il avait perdu (M 8,35).

Le gazouillement

196. La Parole de Dieu se rapetisse pour se mettre au niveau de notre petitesse, comme un père se met spontanément à gazouiller quand il parle avec son fils encore tout petit pour se faire comprendre de lui (M 19,14).

La gloire

197. Les vierges folles tiraient leur gloire de l’appréciation des autres, non de leur propre conscience (M 8,74).

198. Des bulles d’air sur l’eau : en s’enflant, elles crèvent (M 17,10).

Le glorieux

199. Qui se targue de sa perfection montre qu’il n’a pas encore atteint le début de l’art de vivre selon Dieu (M 9,3).

Le goût

200. L’âme des élus ici-bas est parfois nourrie du goût de la lumière sans limites (M 8,50).

201. Autre chose est de savoir quelque chose de Dieu, autre chose de goûter ce qu’on sait (M 11,9).

Le gouvernement

202. On porte des fardeaux d’autant plus pesants qu’on a plus de personnes à gouverner (M 9,25).

La grâce

203. Plus nous approchons de la grâce, plus nous nous reconnaissons pécheurs (C 33).

204. On croit que c’est une grâce d’être rempli de vertus ou de charismes, et ceux-ci nous enflent d’orgueil et nous font tomber. On considère que c’est la colère de Dieu qui nous vaut les tentations qui nous assaillent et celles-ci nous gardent dans l’humilité et nous rapprochent de lui (M 9,20).

La guérison

205. L’humilité de Dieu devenu homme parmi les hommes a guéri la blessure faite à l’homme par l’orgueil du diable (M 31,1).

La hardiesse

206. C’est la charité qui donna au prophète Nathan la hardiesse de faire des remontrances à David qui avait péché (M 10,9).

Le hasard

207. Rien sur cette terre n’est sans raison (M 6,13).

Hérode

208. Hérode voulait faire périr le Christ enfant. Mais que vaut la malice des hommes en face des desseins de Dieu (E 10,3)?

L’homme

209. L’homme a quelque chose de commun avec toutes les créatures : il a l’être comme les pierres, la vie comme les arbres, les sens comme les animaux, l’intelligence comme les anges. L’homme est en quelque sorte toute créature (E 29,2).

210. L’homme est l’œuvre de Dieu, mais le vice est l’œuvre de l’homme; discernons l’œuvre de chacun; ne haïssons pas l’homme parce qu’il se trompe, mais n’aimons pas non plus son erreur pour lui faire plaisir (L 5,41).

211. L’homme a été créé pour contempler Dieu, pour chercher sans cesse sa face et vivre avec lui dans la familiarité qui naît de l’amour ( M 8,34).

212. L’homme vaut incomparablement plus que ses biens. Distribuer ses biens en aumônes et ne pas se garde du mal, c’est donner à Dieu ce qu’on a et se livrer soi-même au péché, c’est offrir à Dieu ce qui a moins de valeur et au péché ce qu’on a de meilleur (M 19,38).

L’honneur

213. Ce n’est pas un honneur sûr que de paraître juste aux yeux des hommes (M 35,10).

L’humanité

214. Quiconque est dans le besoin, du fait même qu’il est homme, ne nous est pas inconnu (M 21,31).

L’humilité

215. Face à l’orgueil du diable s’est dressée l’humilité de Dieu (H 1,2,9).

216. Quand Satan vit que le Fils était humble, il a douté de sa divinité (M 2,43).

217. L’orgueil engendre la haine, l’humilité engendre l’amour (M 7,54).

218. Le propre des saints est de cacher le bien qu’ils font (M 19,36).

L’hypocrite

219. L’hypocrite veut paraître plus saint que tous (M 12,63).

220. Il faut une certaine intelligence pour être hypocrite : il faut être capable de cacher ce qu’on est et de montrer ce qu’on n’est pas et, pour acquérir plus de gloire, faire mine de la refuser (M 26,58).

L’ignorance

221. Sans le savoir, Satan a servi la puissance du Christ en le frappant dans sa chair (M 3,29).

L’Illimité

222. Esprit absolument sans limites, Dieu porte en lui tous les êtres; il les entoure tout en les remplissant et il les remplit tout en les entourant; en les soutenant dans l’être, il les dépasse infiniment, et il les dépasse en les soutenant (M 16, 38).

L’illumination

223. Comment le Christ peut-il venir en nous, lui qui est présent partout? Ne vient-il pas quand il manifeste sa présence en illuminant notre cœur (M 19,6)?

Les illusions

224. Qu’on ne se fasse pas d’illusions : ce n’est pas en devenant supérieur qu’on apprendra l’humilité si, étant dans le rang, on cultivait l’orgueil (P 1,9).

L’impatience

225. Est vraiment parfait celui qui n’est pas impatient devant l’imperfection du prochain (M 5,33).

L’imprudence

226. C’est faire preuve d’une humilité imprudente que de mentir pour éviter l’orgueil (M 26,5).

227. C’est manifester trop de hâte que de se lancer toujours au-devant des difficultés, c’est se montrer craintif à l’extrême que de toujours se dérober (M 31,59).

L’Incarnation

228. Dieu s’est incarné pour nous amener à la foi et nous permettre de le voir à nouveau face à face (H 2,1,16).

L’incendie

229. De nouveaux biens n’éteignent pas le feu de l’avarice, ils ne font que l’attiser (M 15,23).

L’inclusion

230. Nous évoluons dans le temps parce que nous sommes créatures. Dieu, qui est le Créateur de tous les êtres, inclut tous nos temps dans son éternité (M 16,54).

L’inconnaissance de Dieu

231. Notre connaissance de Dieu est vraie quand nous comprenons que nous ne pouvons connaître quelque chose de lui parfaitement. Plus pénétrante est notre contemplation, plus grand est l’aveu de notre ignorance (M 5,66).

L’incontinence

232. L’incontinence de la langue favorise la discorde (M 5,30).

L’incroyant

233. Même l’incroyant ne peut vivre sans foi; il reconnaît son père et sa mère : il le croit sans les avoir connus au moment de sa conception ou de sa naissance (D 4,2,1).

L’indigence

234. Les richesses de ce monde sont trompeuses parce qu’elles n’enlèvent pas l’indigence de notre esprit (E 15,1).

L’infini

235. L’immensité de Dieu remplit et enserre tout ce qui est; notre âme est incapable de se dilater pour saisir cet infini qui enserre tout (M 24,12).

L’injure

236. Il est plus glorieux de fuir l’injure en se taisant que de la vaincre en ripostant : c’est cela imiter Dieu (E 18,4).

L’injustice

237. Les saints préfèrent subir l’injustice même s’ils sont dans leur droit plutôt que d’être pesants pour les petits. Ils se gardent d’exiger trop fort ce qui leur revient (M 21,32).

L’innocence

238. Une vie qui a connu le péché mais qui est devenue brûlante d’amour est souvent plus agréable à Dieu qu’une innocence somnolant dans sa sécurité (P 3,28).

L’inquiétude

239. C’est pour le cœur une grande sécurité que de ne plus rien désirer de ce monde. Si le cœur aspire aux biens terrestres, il ne peut être tranquille parce qu’il désire ce qu’il n’a pas ou parce qu’il craint de perdre ce qu’il a acquis. Si l’esprit est fixé dans le désir de la patrie d’en haut, il est beaucoup moins sujet aux fluctuations des choses de ce monde (M 22,35).

L’insensibilité

240. Quand on pense trop aux biens qui passent et qu’on n’espère aucunement ceux qui demeurent, l’oeil du cœur se ferme, il devient aveugle et insensible à la lumière éternelle (M 8,27).

L’inspection

241. En tout ce que nous faisons, nous devons nous inspecter soigneusement, intérieurement et extérieurement, de manière à ce que nous soyons présents à nous-mêmes (H 1,4,10).

L’inspiration

242. Il arrive que Dieu fasse venir ses inspirations dans le cœur de l’homme par la seule présence cachée des anges (M 28,9).

243. Dieu parle tantôt par l’Ecriture, tantôt par une inspiration secrète (R 3,10).

Les instruments

244. Nous tous qui sommes remplis de foi et qui essayons de dire quelque chose de Dieu, nous sommes les instruments de la Vérité. Et il est pouvoir de la Vérité d’en jouer par moi pour un autre ou d’en jouer par un autre pour moi. Et souvent la vérité donne à l’un de bien entendre ce qu’elle joue par un autre et à cet autre de bien jouer ce que le premier doit entendre (M 30,81).

L’intelligence

245. Ce que déjà tu as compris de l’Ecriture sainte et combien tu aimes ton prochain sans paroles, tu le montres par tes actes (H 2,5,5).

246. Les dits de Dieu ne peuvent absolument pas être pénétrés sans sa sagesse; celui qui n’a pas reçu son Esprit ne peut aucunement comprendre ses paroles (M 18,60).

L’intention

247. Le Seigneur ne regarde pas le mal qu’on est capable de faire, mais celui qu’on veut faire. Il pèse les cœurs; pour lui, on a déjà accompli ce qu’on a projeté (M 12,43).

L’interdit

248. Dieu interdit un seul arbre au paradis, parce que celui qui interdit à ses sujets l’accès à un bien doit nécessairement leur en accorder beaucoup d’autres pour ne pas étouffer leur âme en les privant de tout (M 35,29).

L’intérieur

249. Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme (Mt 16,26), Que sert à l’homme d’amasser tout ce qui est extérieur à lui si à vient être damné ce qu’il est lui-même P 3,20).

L’inutilité

250. Nos péchés ne sauraient nuire à Dieu, ni nos bonnes œuvres lui être utiles (M 26,17).

L’invisible

251. L’Esprit est invisible en lui-même et il communique à celui qu’il remplit le désir des réalités invisibles (M 5,50).

252. Parce qu’ils ne voient pas Dieu des yeux du corps, les hommes charnels en concluent parfois que Dieu n’existe pas. S’ils cherchaient humblement l’Auteur de toutes choses, ils trouveraient en eux-mêmes que ce qui ne se voit pas a plus de prix que ce qui se voit. Dieu existe d’autant plus qu’il demeure invisible, il est d’autant plus grand qu’il reste incompréhensible (M 15,52).

Le jardin

253. L’Eglise est le jardin de Dieu où souffle l’Esprit (H 1,2,9).

Jean

254. Y a-t-il un amour plus grand que celui de Jean. Il reposa sa tête avec amour sur la poitrine de notre Créateur lui-même. Venu à la Cène pour y trouver la nourriture du corps, il a puisé dans le sein du rédempteur une nourriture spirituelle (M 27,16).

La jeunesse

255. Il ignore le vieillissement de la torpeur celui qui, par le désir, s’applique à toujours commencer (M 22,7).

La joie

256. Notre vie est la joie de Dieu, et sa joie est à son comble quand nous sommes ramenés au ciel (E 34,3).

257. La vraie joie de l’esprit, c’est Dieu (M 12,27).

La jouissance

258. On jouira d’autant plus de la vision de Dieu que l’amour d’aucune créature n’aura retenu notre esprit (R 2,2).

Le juge

259. Les évêques ont reçu le pouvoir de lier et de délier : grand honneur mais lourde charge; il est dur, pour celui qui ne sait pas bien gouverner sa propre vie, de devenir le juge de celle des autres (E 26,5).

Le jugement

260. On se prépare d’autant mieux à juger sainement les fautes des autres qu’on déplore plus vraiment les siennes (M 3,61).

Le jugement dernier

261. Au jugement dernier, le Seigneur ne nous reprochera pas les fautes que nous aurons punies nous-mêmes en cette vie (M 4,27).

Les Juifs

262. Les Juifs qui ont précédé la venue du Seigneur ont été guéris par l’attente de sa passion et de sa résurrection. Nous, nous sommes sauvés par sa passion accomplie et par sa résurrection qui demeure pour toujours (H 2,5,2).

Les justes

263. Les justes ont ceci de propre que, dans leurs épreuves, ils gardent le souci de ce qui est utile aux autres (M 3,40).

La justesse

264. Ne pas rester en deçà de ce qu’on peut faire, ne pas aller au-delà (M 28,26).

265. Pour parler juste, il faut savoir se taire à propos (M 30,27).

La justice

266. Quand nous faisons pénitence, Dieu nous remet ce que nous avons fait d’injuste si, par amour pour lui, nous abandonnons même ce qui nous appartient fort justement (E 16,6).

Le labeur

267. La vie contemplative connaît les douceurs de la vision, elle connaît aussi l’énorme labeur de la lutte. On ne demeure pas dans l’amour de la patrie sans une attention toujours en éveil (R 3,122).

Le langage

268. Le désir, c’est le langage des âmes. Si le désir n’était pas un langage, le prophète n’aurait pas dit: « Ton oreille a entendu le désir de leur cœur » (Ps 10,17). Le désir est un cri; l’homme crie d’autant moins que son désir est moindre (M 2,11).

La langue

269. Qui ne met pas un frein à sa langue sape la concorde (M 7,57).

Les larmes

270. Les larmes sont comme le sang de l’âme (E 20,13).

271. Connaissant Dieu, nous avons commencé à pleurer nos péchés; aimant désormais celui que nous connaissons, nous ne cessons de le désirer avec larmes (H 1,10,39).

Le larron

272. Qu’aucun péché ne nous décourage; que l’exemple du vénérable larron nous incite à croire au pardon. Il n’est pas vénérable parce que larron; il est larron pour ses crimes, vénérable parce qu’il s’est repenti (E 20,15).

La leçon

273. Lourd fardeau pour les orgueilleux q’une leçon d’humilité (M 15,41).

La légèreté

274. Quand l’âme a reçu une parole de Dieu, elle se sent toute légère; quand elle en est privée, elle se sent pesante (M 28,2).

La lettre

275. Qu’est-ce que l’Ecriture sainte si ce n’est une lettre du Dieu tout-puissant à sa créature (L 5,46).

La liberté

276. Il n’y a pas de liberté dans le péché (M 15,25).

La libido

277. L’empressement à donner des conseils ne provient parfois que du désir de paraître (libido apparendi) M 23,19).

Les locuteurs

278. Il y a quatre sortes de locuteurs. 1. Ceux qui abondent de pensées et de paroles. 2. Ceux qui sont démunis des unes et des autres. 3. Ceux qui ont la parole facile mais qui ne sont pas très subtils. 4. Ceux dont l’intelligence est pénétrante mais qui se taisent parce qu’ils sont incapables de  s’exprimer. Il faut louer les premiers : ils brillent en tout. Les seconds sont à plaindre : ils n’ont rien. Les quatrièmes méritent qu’on les aide parce qu’ils ne peuvent exprimer ce qu’ils pensent. Seuls les troisièmes sont à blâmer et à refréner parce qu’ils font beaucoup de bruit alors qu’ils sont creux (M 8,58).

La louange de Dieu

279. Les pécheurs louent Dieu quand tout leur sourit (M 8,59).

Les louanges

280. Il ne faut jamais se réjouir, même en secret, des louanges qu’on reçoit (M 22,18).

La lumière

281. Celui qui ignore les clartés de la lumière éternelle est un aveugle. Mais si déjà il croit au Rédempteur, il est assis au bord de la route. Si de plus il demande à recevoir la lumière de la vérité, il est assis au bord de la route et il mendie. Quiconque reconnaît les ténèbres de sa cécité, quiconque comprend que lui manque la lumière de l’éternité, qu’il crie du fond du cœur, qu’il crie aussi de tout son esprit : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi » [Lc 18,38] (E 2,2).

282. Plus on cherche les joies de la lumière éternelle, plus elle se donne (R 6,92).

La lune

283. L’Eglise est comme la lune, elle brille au milieu des méchants comme dans les ténèbres de la nuit (M 17,22).

La lutte

284. De lui-même, l’esprit tend vers le bas. Pour tendre vers le meilleur, il doit comme lutter contre le courant. La descente est de tout repos, l’ascension est laborieuse (M 11,68).

La luxure

285. Il est une luxure de la chair qui souille la chasteté et il est une luxure du cœur qui se glorifie d’être chaste (M 28,121).

La main

286. Créée de rien, l’âme humaine tend d’elle-même vers ce qui est au-dessous d’elle si elle n’est retenue pas la main de son Créateur (M 25,10).

La maison

287. La maison est le lieu où demeure notre corps; la demeure de notre âme est là où se trouve habituellement notre désir (M 8,34).

La Majesté

288. Les anges portent le monde en ce sens que Dieu se sert d’eux pour le gouverner. Mais même ces esprits les plus pénétrants qui voient Dieu ne pénètrent pas totalement la puissance de sa Majesté (M 9,26).

Le mal

289. Celui qui de rien a formé l’homme d’une manière merveilleuse ne l’afflige pas avec injustice après l’avoir fait (M 5,67).

290. On n’aime pas montrer aux autres le mal qu’on fait; si on ne pensait pas que c’est vraiment mal, on ne craindrait pas d’être vu (M 27,48).

La maladie

291. Il faut dire aux malades qu’ils doivent se savoir d’autant plus fils de Dieu qu’ils sont le coup de l’épreuve. Dieu ne se soucierait pas de les éduquer de cette manière s’il ne se disposait pas à leur donner l’héritage. Il faut bien voir que la maladie peut apporter à l’âme la santé et que le corps affaibli peut indiquer Dieu au cœur (P 3,12).

Le malheur

292. Il n’est pas de plus grand malheur que d’abandonner son Créateur pour chercher la créature (M 25,20).

Les malheurs

293. Nous ne devons pas craindre les malheurs de cette vie, nous devrions plutôt éviter les faveurs de ce monde parce que les biens d’ici-bas sont un souci pour l’âme beaucoup plus souvent que les malheurs ne sont pour elle une cause de trouble (H 2,2,6).

294. Que les gens mariés n’aient pas le cœur brisé par les maux de cette vie; que, tout en pleurant ceux qui leur surviennent, ils sachent trouver une véritable consolation dans l’espérance des biens qui ne passent pas (P 3,27).

La mansuétude

295. Chaque fois que, troublés par la colère, nous faisons un effort de mansuétude, nous essayons de ressembler à notre Créateur (M 5,78).

La marche

296. Même quand nous dormons, nous sommes en marche vers le terme de notre voyage (M 8,26).

Le mariage

297. Il faut exhorter les gens mariés à s’occuper des affaires de ce monde sans négliger l’amour de Dieu, à plaire à leur conjoint sans déplaire à leur Créateur (E 17,18).

298. Il faut exhorter les époux à se supporter patiemment s’il leur arrive de se déplaire : c’est ainsi qu’on accomplit la loi du Christ (Ga 6,2). Il faut aussi avertir chacun des époux qu’il doit prêter plus d’attention à ce que son conjoint endure de sa part qu’à ce que lui-même doit supporter (P 3,27).

Marie

299. Dans le sein de la Vierge, l’Impassible a pris de quoi souffrir, l’Immortel de quoi mourir, l’Eternel de quoi vivre dans le temps… Avant les siècles, il est né du Père sans le secours d’une mère; à la fin des siècles, il est né d’une mère sans avoir de père (M 18,85).

Les méchants

300. Nous nous plaignons de ce que tous les gens avec qui nous vivons ne sont pas des saints. Nous montrons clairement par là que nous sommes nous-mêmes encore bien loin de la perfection. Pour être parfaitement bon, il faut savoir l’être au milieu des méchants (H 1,9,22).

Le Médiateur

301. L’Esprit vient dans tous les fidèles, mais il demeure à titre singulier dans le Médiateur; procédant de lui selon la divinité, l’Esprit n’a jamais quitté son humanité (M 2,90).

La médisance

302. C’est comme dévorer la chair d’autrui que de prendre plaisir à en mal parler (M 14,61).

Les membres

303. Beaucoup sont membres de l’Eglise par la foi, mais leurs actes manifestent qu’ils ne sont pas encore des membres sains (M 8,23).

La mémoire de Dieu

304. Dieu se souvient et Dieu oublie : c’est une manière humaine de parler. Dieu se souvient des justes quand il les récompense bien qu’il pense toujours à tout, et il détourne son regard des pécheurs bien qu’il voie toujours tout ce qu’ils font (M 17,2).

Le mensonge

305. Dieu n’a pas besoin du mensonge; la vérité ne cherche pas à s’appuyer sur la fausseté (M 11,37).

Le mépris

306. Tel qui recherche la dernière place ne supporte pas qu’on le méprise (H 2,8,15).

Le mépris de soi

307. Qui ne se méprise pas encore soi-même ne comprend pas l’humble sagesse de Dieu (M 34,43).

Le mépris du monde

308. Il y a des gens qui n’ont plus de désirs pour les réalités temporelles, ils sont tendus vers ce qui est en avant et désirent l’éternel (H 1,3,17).

La mère

309. La colère de Dieu est comme la colère d’une mère qui punit son enfant mais qui ne manquera pas de le retenir si elle le voit en danger de tomber dans un précipice (H 1,1,18).

Le mérite

310. Que personne ne se vante de ce qu’il a accompli en ce monde. Nous ne connaissons pas la pénétration des jugements de Dieu sur nos actes (E 19,4).

Les messagers

311. Le terme « ange » ne dit pas la nature de l’ange mais sa fonction. En tant qu’esprits, les anges sont toujours devant la face de Dieu; ils ne sont appelés anges que lorsque Dieu les envoie. Les anges sont chargés de petits messages, les archanges sont chargés d’annoncer les grands événements : ce n’est pas un ange qui est envoyé à la Vierge Marie mais l’archange Gabriel (E 34,8).

La mesure

312. Si la corde de la cithare n’est pas tendue, elle ne donne aucun son; si elle est trop tendue, le son sera désagréable. L’abstinence ne vaut rien si on ne dompte pas son corps selon ses forces; elle est déréglée si elle accable le corps outre mesure (M 20,78).

La mine

313. Quand l’orgueilleux fait mine de mépriser la gloire, c’est encore pour en tirer vanité (M 23,26).

Le ministère

314. Il y a des hommes qui voudraient bien mourir au monde pour se livrer à la contemplation et qui, par un dessein secret de Dieu, sont obligés de rester dans le ministère pour le service des autres (M 5,5).

Les miracles

315. A ceux qui se glorifient des miracles qu’ils accomplissent, le Seigneur dira un jour : « Je ne vous connais pas » [Mt 7,23] (E 40,3).

Le miroir

316. La sainte Ecriture s’offre aux yeux de notre âme comme un miroir; nous pouvons y contempler notre visage intérieur; nous y voyons notre laideur et notre beauté; nous y prenons conscience de notre avancement ou de notre manque de progrès (M 2,1).

La misère

317. Il en est qui ont l’audace de traiter de la nature de Dieu alors qu’ils ne connaissent pas leur misère (M 20,18).

La miséricorde

318. L’autorité de la sainte Eglise elle-même n’est rien quand elle est sans miséricorde (R 6,94).

Les moines

319. Ceux qui se sont retirés du monde se préparent à des luttes quotidiennes dans leur cœur contre les malins esprits (H 1,8,10).

Le monde

320. Aux yeux de Dieu, le monde présent est de peu de prix comparé à l’âme humaine (M 18,59).

321. Le monde a peu de prix pour les saints parce que la tristesse leur remplit le cœur quand ils songent aux joies intérieures de la vision de Dieu dont ils sont privés (M 18,66).

322. Si nous ne cessons pas d’aimer le monde, nous ne pouvons pas vivre pour Dieu par amour (R 2,17).

La montagne

323. L’Ecriture sainte est comme une montagne d’où le Seigneur descend dans nos cœurs pour qu’ils aient l’intelligence (C 5).

La moquerie

324. Se moquer de celui qui n’est pas debout, c’est déjà n’être plus debout soi-même (M 25,21).

La mort

325. Le Christ s’est offert de son plain gré pour aller à la mort; nous y allons à contrecœur (E 22,4).

La mortification

326. Mortifie la chair : quand elle vivait dans les plaisirs, c’est elle qui mortifiait l’âme (L 12,5).

Les morts

327. Le monde est mort pour nous quand nous ne l’aimons plus, et nous sommes des morts pour le monde quand le monde ne nous aime plus (M 5,4).

Les moutons

328. Parmi ceux qui m’écoutent, il y en a qui confessent le Christ parce qu’ils voient que tout le monde est chrétien. Si le nom du Christ n’était pas en si grand honneur, l’Eglise n’aurait pas tant d’adeptes (E 32,5).

Les moyens

329. Si, pour une juste cause, nous employons d’injustes moyens, Dieu nous le reprochera quand nous lui présenterons une juste requête (L, app. 1).

Le muet

330. Celui qui parle de Dieu est comme un muet si le Seigneur qui inspire ses paroles ne crie aussi dans le cœur de l’auditeur (M 11,12).

Le murmure

331. Tant que nous sommes ici-bas, Dieu ne nous parle pas tout haut, il nous murmure; il ne se fait pas connaître de nous pleinement, mais il manifeste quand même à l’âme quelque chose de lui. Il nous parlera quand il se fera voir de nous face à face (M 5,52).

Les murmures

332. Celui qui murmure ne peut recevoir le royaume des cieux; aucun de ceux qui l’ont reçu ne peut murmurer (E 19,4).

Le mystère

333. Jésus monte dans la barque de Pierre : cela comporte un sens mystique (M 17,37).

334. Devant le mystère de la génération du Verbe, c’est comme si, les yeux fermés dans un lieu obscur, on voyait une lumière. On voit pour ainsi dire qu’on ne peut pas voir (M 23,26).

La naissance

335. Le Christ, qui est né du Père hors du temps, a bien voulu naître d’une mère dans le temps pour nous ouvrir l’esprit; par sa naissance dans le temps, à sa naissance qui n’a ni commencement ni fin (M 29,1).

La naïveté

336. C’est faire preuve d’une grande naïveté que de vouloir enseigner meilleur que soi (M 6,64).

La nature

337. Tous les éléments de la nature ont témoigné, chacun à sa manière, de la venue de leur Créateur; les cieux l’ont connu : ils ont aussitôt envoyé une étoile; la mer l’a connu : elle s’est affermie sous ses pieds; la terre l’a connu : elle a tremblé à sa mort; le soleil l’a connu : il a caché sa lumière; les rochers l’ont connu : ils se sont fendus; l’enfer l’a connu : il a rendu les morts qu’il détenait (E 10,2).

Le néant

338. Abandonner Dieu pour aimer ce qui passe, c’est comme tendre vers le non-être (M 13,9).

Le nez

339. Pour être pasteur, il ne faut pas avoir un petit nez, c’est-à-dire qu’il ne faut pas manquer de discernement. Il ne faut pas non plus avoir un nez trop grand ou tordu : un excès de subtilité en matière de discernement est tout aussi dommageable (P 1,11).

La nourriture

340. La nourriture des élus, c’est le visage de Dieu (E 14,5).

341. Nous avons perdu les joies du paradis pour une nourriture. Cherchons, autant que nous le pouvons, à les retrouver par l’abstinence (E 16,5).

Les nourritures terrestres

342. On ne trouve délicieuses les nourritures terrestres que si l’on n’a pas encore connu la joie procurée par les réalités d’en haut (H 1,10,43).

Les nuages

343. C’est tout juste si l’âme peut aspirer à la contemplation quand elle est dans la paix, à plus forte raison n’y atteindra-t-elle pas si elle est troublée par la colère. On ne peut apercevoir un rayon de soleil dans un ciel couvert de nuages, on ne peut se mirer dans une eau agitée (M 5,82).

La nudité

344. Celui qui n’a pas de quoi se vêtir est moins indigent que celui qui est sans humilité (M 21,30).

L’obéissance

345. Que le pasteur soit un humble qui sache obéir et un sage qui sache commander (R 6,83).

Les obéissants

346. Il en est qui se croient obéissants parce qu’on ne leur commande rien de dur, ils se croient patients parce que personne ne les éprouve (H 2,7,12).

L’occasion

347. L’orgueil des uns est souvent pour les autres une occasion de vertu (M 26,38).

Les occupations

348. Au milieu des occupations de ce monde, prendre parfois un peu de repos pour l’amour de Dieu (M 5,19).

Les œuvres

349. Il ne sert à rien d’avoir la foi sans les œuvres, ni les œuvres sans la foi, à moins que les œuvres ne soient faites en vue de la foi (H 1,9,6).

L’opinion

350. C’est imiter le diable que de chercher à répandre dans le monde la gloire de son nom et que de trouver sa joie dans l’opinion d’un jour (M 14,25).

Les orateurs

351. Ce n’est pas par des orateurs que le Seigneur a instruit des pêcheurs; c’est par des pêcheurs qu’il a conquis les orateurs (M 33,34).

L’oreille

352. Que la Parole de Dieu qui atteint l’oreille du corps frappe aussi l’oreille du cœur (H 1,12,19).

L’orgueil

353. On peut faire le mal, on peut omettre de faire le bien qui est prescrit; on peut aussi faire le bien mais s’en glorifier au dedans de soi : c’est encore plus grave (H 1,7,6).

354. Le propre des orgueilleux est d’utiliser pour leur propre gloire la moindre petite pensée juste qui a pu naître en eux (M 12,40).

355. On peut dire de bonnes choses tout en étant mauvais; ce qu’on dit de juste peut être vicié par l’orgueil (M 13,3).

356. Par son orgueil, l’hypocrite perd le bénéfice du bien qui pouvait exister en lui (M 15,12).

357. L’orgueilleux exulte quand on dit faussement du bien de lui; ce qui lui importe, ce n’est pas ce qu’il est devant Dieu, c’est ce que les hommes pensent de lui (M 22,18).

L’orpheline

358. L’Eglise est orpheline; son père, le Seigneur, est mort; elle suit bien par la foi la vie du Ressuscité, mais elle ne contemple pas encore son visage (M 8,1).

L’ouï-dire

359. Par la foi, on connaît Dieu comme par ouï-dire; par l’amour que donne la contemplation, celui qui s’est fait connaître par ouï-dire nous manifeste pour ainsi dire sa présence (R 2,129).

L’ouïe

360. L’âme qui a entendu la voix ineffablement douce de Dieu ne désire qu’une chose : qu’elle ne se taise plus (R 2,137).

Les païens

361. Certes nous venons du paganisme, certes nos pères ont adoré le bois et la pierre; mais nous, par la grâce du Dieu tout-puissant, nous sommes passés des ténèbres à la lumière (H 2,4,19 et 2,6,21).

La paix

362. Ceux qui font la paix sont appelés fils de Dieu; ceux qui la troublent sont fils de Satan (P 3,23).

363. Ici-bas nous ne connaîtrons jamais la paix. Comme l’antique ennemi ne cesse de s’opposer à ceux qui font le bien, il nous est toujours nécessaire de nous défendre contre lui (R 4,54).

Le paradis

364. C’est en descendant au cachot des enfers que le Médiateur entre Dieu et les hommes a rouvert aux élus les joies du paradis (M 12,14).

Les paradoxes

365. Il s’est fait chair pour nous rendre spirituels; il s’est incliné pour nous relever; il est sorti pour nous introduire; il s’est rendu visible pour nous montrer les choses invisibles; il a subi la flagellation pour nous guérir; il a enduré les moqueries pour nous éviter un opprobre éternel; il est mort pour nous donner la vie. Rendons grâce à celui qui donne la vie et qui est mort, ou plutôt : rendons grâce à celui qui donne la vie parce qu’il est passé par la mort (H 2,4,20).

Le pardon

366. On est d’autant plus prompt à pardonner qu’on est plus clairvoyant pour remarquer les fautes qu’on commet soi-même contre le prochain (M 22,26).

La parole

367. Ce n’est pas en parlant qu’on doit apprendre à se taire; c’est dans le silence qu’on doit apprendre à parler (H 1,11,3).

La Parole de Dieu

368. La Parole de Dieu s’adresse à l’homme sous le couvert de réalités qu’il connaît pour lui faire découvrir progressivement un amour qu’il ignore (C 1).

369. Souvent Dieu nous parle sans paroles, par ses actes (M 7,23).

Les paroles

370. Nous jugeons du cœur des hommes d’après leurs paroles, Dieu juge nos paroles d’après notre cœur (M 26,15).

Les pas du cœur

371. Il y en a qui ne donnent plus leur amour à la beauté des êtres créés parce qu’ils tendent par les pas du cœur vers l’Auteur même de la beauté (M 5,72).

Le passage

372. La mort est un passage involontaire à l’éternel (M 12,25).

Le passager

373. On ne peut aimer en même temps les réalités passagères et les biens éternels (H 2,7,17).

Le pasteur

374. Le pasteur ne doit pas essayer de plaire aux hommes, et cependant il doit se faire aimer d’eux, non pour lui-même, mais pour que les hommes puissent aimer la vérité (P 2,8).

La patience

375. Est vraie la patience qui aime celui qu’elle supporte (H 1,7,12).

376. On supporte quelqu’un dans la mesure où on l’aime : la patience est la mesure de l’amour. Si tu aimes, tu supportes; si tu cesses d’aimer, tu ne peux plus supporter (H 2,3,11).

377. Est patient qui sait garder l’espérance et louer Dieu même quand il est accablé par les épreuves (M 11,47).

378. La patience de Dieu est plus longue que la nôtre (M 10,14).

379. Il te faut endurer avec d’autant plus de patience tout ce que tu souffres qu’ignorant comme tu l’es des secrets du ciel, tu ne sais pas pourquoi Dieu te le fait souffrir (M 30,77).

380. Dieu tolère plus facilement les ignorances de l’humble que les hautes intuitions de l’orgueilleux (M 17,15).

Le pauvre

381. Est pauvre qui n’est pas grand à ses propres yeux (M 6,39).

La pauvreté

382. On ne perd sans douleur que ce qu’on possède sans y être attaché (M 1,6 et 31,21).

383. A trop parler le cœur s’appauvrit (P 2,11).

384. Il faut mettre en garde les riches contre l’orgueil. Mais il arrive aussi que le riche soit humble et le pauvre orgueilleux (P 3,2).

Le péché

385. Aimer son péché ce n’est pas vraiment s’aimer soi-même (E 40,8).

386. Si l’homme avait gardé le précepte qui lui avait été donné, il aurait été spirituel jusque dans sa chair; à cause de son péché, il est devenu charnel jusque dans son esprit (M 5,61).

387. Le péché ne peut pas ne pas être; mais il peut ne pas régner dans les cœurs (M 14,21).

388. Dieu a commencé par interdire aux hommes les œuvres d’iniquité; après seulement il s’est attaqué aux péchés en pensée. Dans l’ancienne Alliance, il a interdit les actes mauvais, dans la nouvelle les péchés du cœur (M 28,40).

Le pécheur

389. Celui qui se voit pécheur a déjà commencé d’une certaine manière à être juste (M 24,15).

Le pèlerinage

390. Ne pas prendre la clarté de la lune pour la lumière du soleil, le pèlerinage pour la patrie (P 3,26).

Le pénible

391. Il est bien pénible pour l’orgueilleux de ne pouvoir faire étalage de sa science (M 23,20).

La pénitence

392. Le Seigneur a donné à l’homme des préceptes pour qu’il ne pèche pas; et cependant il lui a donné des remèdes à son péché pour qu’il ne désespère pas (M 33,22).

Les pensées

393. Nous pouvons pécher sans paroles par le seul mouvement silencieux de nos pensées (M 2,33).

394. Il arrive souvent que de bonnes pensées semées dans notre cœur par la venue de l’Esprit soient troublées et dissipées par l’antique ennemi (M 2,63).

395. Le péché frappe à notre porte par les pensées (M 4,36).

396. Il est impossible que les justes qui ne pèchent pas en actes ne pèchent jamais en pensées (M 11,52).

397. Il est d’autant plus difficile de saisir les péchés en pensée qu’il se commettent invisiblement (M 11,57).

398. La pensée est à l’homme ce que la racine est à l’arbre; ce qui apparaît à l’extérieur est soutenu par ce qui ne se voit pas (M 12,53).

399. Le péché est d’abord dans la pensée puis dans l’acte (M 14,21).

Le Père

400. Le Père a envoyé son Fils dans le monde souffrir la passion, et cependant il l’aimait (E 26,2).

La perfection

401. On est d’autant plus parfait qu’on est plus sensible à la souffrance d’autrui (M 19,18).

La persécution

402. Plus elle tuait de chrétiens, plus la synagogue croyait rendre hommage à Dieu (M 31,40).

Les petits

403. Celui qui était plus fort que tout a bien voulu paraître faible au milieu de ses créatures; en s’adaptant à notre faiblesse, il nous a élevés jusqu’à sa force indéfectible. Petits comme nous le sommes, nous ne pouvions parvenir à sa hauteur. Alors il s’est comme couché par terre par son Incarnation, nous avons pu pour ainsi dire monter sur lui, il s’est relevé et il nous a emmenés dans les hauteurs (M 16,37).

Le peuple charnel

404. A un peuple charnel, à des disciples encore mal dégrossis, Dieu promet d’abord des biens visibles pour les attirer à l’espérance des biens invisibles (E 32,6).

La peur de la mort

405. Notre Rédempteur a assumé la mort pour que nous n’ayons plus peur de mourir (M 14,68).

406. Les âmes des justes sont souvent purifiées de toute tache légère par la peur même de la mort (M 24,34).

Pierre

407. Celui qui devait devenir le pasteur de l’Eglise, le Seigneur a permis qu’il le reniât à cause de la peur que lui inspirait la parole d’une femme : sa faute lui apprendrait à avoir pitié des autres (E 21,4).

Le plaisir

408. Quand l’amour de Dieu s’empare de quelqu’un, il détruit radicalement tout le plaisir qu’il pouvait trouver en ce monde (M 10,39).

Le poids

409. En toute œuvre de miséricorde, Dieu pèse le cœur plus que l’acte lui-même (M 19,38).

La pondération

410. La lenteur à agir veut parfois se faire passer pour de la pondération (P 2,9).

Les portes

411. Quoi d’étonnant si, après sa résurrection, le Christ victorieux est entré toutes portes closes auprès de se disciples lui qui, venant dans le monde pour mourir, est sorti du sein de la Vierge sans l’ouvrir (E 26,1).

La possession

412. Celui qui désire Dieu sincèrement possède déjà celui qu’il aime; on ne peut en effet aimer Dieu sans le posséder (E 30,1).

Les possessions

413. Si vous ne pouvez tout quitter pour suivre le Christ, possédez du moins les biens de ce monde sans être possédés par eux (E 36,11).

414. De ceux qui ne vivent que pour posséder des biens terrestres, il serait plus juste de dire que leurs possessions les possèdent (M 15,54).

Le pouvoir

415. Tel recherche le pouvoir non pour être utile aux autres mais pour n’être plus lui-même soumis à autrui (M 29,15).

416. Parce qu’il a plus de pouvoirs, le recteur pourrait croire qu’il a plus de sagesse que tous les autres (P 2,6).

La pratique

417. C’est du cœur que proviennent les bonnes actions, mais celles-ci en retour instruisent le cœur : la pratique du bien lui montre ce qu’il ne voyait pas avant (M 10,26).

Les prédicateurs

418. Les prédicateurs n’auront plus de raison d’être quand Dieu se fera voir face à face (M 30,17).

419. Celui qui n’a pas d’amour du prochain ne doit pas être chargé du ministère de la prédication (E 17,1).

Le premier

420. Celui qui est investi d’une autorité cherche à imiter Dieu quand, au lieu de se réjouir d’être le premier, il désire être utile aux autres (M 26,48).

La présence à Dieu

421. Nous venons en la présence de Dieu de deux manières : en ce monde d’abord, chaque fois que nous nous souvenons de la puissance de notre Créateur nous nous tenons en sa présence; ensuite quand, au jugement dernier, nous comparaîtrons à son tribunal, nous nous trouverons d’une autre manière en présence du Seigneur (M 11,49).

La présence de Dieu

422. Dieu seul donne la vie aux êtres qu’il a créés; il est partout et partout tout entier, sans limites et incompréhensible; on peut le percevoir mais non le voir; il n’est absent d’aucun lieu et cependant il est loin des pensées des impies; il n’est pas absent pourtant même des lieux dont il est loin parce que, s’il n’y est pas par sa grâce, il y est par sa colère; il touche tout être, mais non de la même manière (H 1,8,16).

Le prétexte

423. Ne pas chercher sa propre gloire sous le prétexte de chercher le bien des âmes (H 1,9,18).

La preuve

424. La preuve unique et suprême de la charité est d’aimer aussi son ennemi (E 27,2).

La prière

425. En toutes nos pensées et en tous nos actes, il faut toujours prier le Seigneur : que lui-même inspire nos pensées et qu’il soit notre aide dans l’action (H 1,10,45).

426. Nos actes sont des paroles que nous adressons à Dieu (M 9,27).

427. Dieu veut qu’on l’aime, lui, plus que ce qu’il a créé, qu’on lui demande les biens éternels plutôt que les biens temporels (M 15,53).

Les proches

428. Ceux qui sont en route vers la maison du Soleil Eternel doivent marcher droit devant eux sans se laisser détourner de leur but par leurs proches (M 7,42).

Le progrès

429. La lumière de Dieu ne nous est donnée que progressivement; jamais ici-bas nous ne la possédons en sa totalité (M 29,42).

La prospérité

430. La prospérité en la vie présente n’est pas une marque assurée d’innocence (M 16,27).

La Providence

431. Rien de ce qui arrive aux hommes en ce monde ne se fait sans un dessein secret du Dieu tout-puissant (M 12,2).

432. C’est par un merveilleux dessein de sa Providence que notre Créateur et notre Maître accorde à l’un ce qu’il refuse à l’autre (M 28,24).

La prudence

433. C’est faire preuve d’un excès de prudence que de vouloir paraître plus prudent que les autres (M 17,28).

Le psychologue

434. Moins on se connaît soi-même, plus on est attentif à corriger les autres (M 25,36).

Les puissants

435. L’orgueil menace généralement les puissants (M 26,47).

Les pulsions de la chair

436. La chair pousse l’âme à la haine, à l’orgueil, à l’impureté, au vol, à la gloriole, à la cruauté, à l’incrédulité, au désespoir, à la colère, aux querelles, aux plaisirs (H 1,5,2).

La quiétude

437. Pour parler de Dieu, il faut avoir l’esprit libre et jouir de beaucoup de quiétude (H 1,11,26).

La raison

438. Par la raison nous pouvons comprendre que Dieu est, mais nous ne comprenons pas ses décisions (M 27,8).

La ration

439. Dieu lui-même se charge de mesurer la quantité quotidienne de sa Parole que nous devons comprendre (H 1,10,5).

La recherche

440. Marie-Madeleine au tombeau le matin de Pâques : elle cherchait Jésus, mais c’est Jésus lui-même qui lui enseignait intérieurement à le chercher (E 25,5).

La récompense

441. Chaque fois qu’on a remporté une victoire, il faut se préparer à d’autres batailles. Pour pouvoir récompenser généreusement ses élus, Dieu veut qu’ils soient toujours au combat (R 5,54).

La rectitude

442. Il y a des gens qui ont de justes pensées sur Dieu mais ils ne s’en servent pas pour sa gloire, ils ne recherchent que la leur (M 23,11).

Le recueillement

443. Que nous suffise celui qui a fait toutes choses. Allons par le désir au-delà de tout pour ramasser notre esprit en l’Un (H 2,10,21).

444. Les saints visent à rassembler sans cesse dans la seule pensée de Dieu leur cœur dispersé (M 26,80).

Le Rédempteur

445. Satan a essayé par trois fois de tenter notre Rédempteur, mais il n’est pas arrivé à souiller le cœur de notre Dieu (M 9,44).

La Rédemption

446. Par son unique mort selon la chair, le Seigneur a détruit la double mort de l’homme : celle de sa chair et celle de son âme (M 4,31).

447. Il y en a qui pensent faire injure au Créateur en confessant qu’il a vraiment pris une chair humaine et qu’il est vraiment mort pour nous en sa chair… Mais qu’est-ce qui proclame plus haut son amour que le fait qu’il ait pris sur lui le sort que nous méritons, lui qui ne le méritait pas (M 12,30)?

Le regard

448. Aimer, c’est regarder celui qu’on aime (M 2,18).

449. On ne peut voir le Christ des yeux du corps puisqu’il est monté au ciel; mais on a les yeux tournés vers lui quand on le porte dans le cœur (R 2,104).

Le regret

450. En voyant les péchés des hommes, Dieu avait regretté de les avoir créés [Gn 6,6-7]; seul son Fils unique Jésus Christ notre Seigneur lui a été agréable : il ne s’est trouvé en lui aucun péché (H 1,8,21).

Le renoncement

451. Il n’est peut-être pas difficile de quitter tous ses biens, il est très pénible de se quitter soi-même. Ce n’est pas grand-chose de renoncer à ce qu’on a, c’est beaucoup par contre de renoncer à ce qu’on est (E 32,1).

Le repentir

452. Quand un homme charnel reçoit l’Esprit Saint, l’amour spirituel qui le brûle lui fait pleurer le mal qu’il a fait (H 1,5,8).

La réponse de Dieu

453. Pour Dieu, répondre à la prière de celui qui reconnaît humblement son ignorance, c’est l’instruire par de secrètes inspirations (M 35,4).

Le repos

454. C’est dans les cœurs qui ne brûlent pas de l’amour de ce monde que repose  le Seigneur (E 33,7).

455. Si Dieu s’éloigne, qui pourrait connaître le repos alors qu’il est lui-même notre repos? Plus on s’éloigne de lui, plus on s’inquiète (M 12,4).

La résurrection

456. Si le Seigneur a bien voulu mourir devant les orgueilleux, c’est devant les humbles qu’il est ressuscité; les uns n’ont trouvé qu’à le mépriser, les autres à l’aimer (D 2,8,9).

457. Il est fort triste et affligeant que certains membres de l’Eglise doutent de la résurrection de la chair (H 2,8,9).

458. Pourquoi comprendrais-tu comment ton corps ressuscitera, toi qui ne comprends même pas comment tu es venu à la vie (H 2,8,8)?

La rétribution

459. Le début de la rétribution des justes, c’est souvent la paix de leur âme au moment de la mort (M 6,48).

La révélation

460. L’homme peut connaître de Dieu ce qu’il révèle, non ce qu’il tient caché (D 2,16,8).

Les riches

461. Quand le Seigneur et Créateur des anges a décidé de prendre une nature humaine, il n’a pas voulu naître chez des riches, il a choisi des parents pauvres (E 2,8).

La richesse

462. Est pauvre celui qui souffre de son indigence. Celui qui ne possède rien mais ne désire pas non plus posséder est un riche (H 2,6,16).

Le rire

463. « Je vous reverrai et votre cœur se réjouira, et votre joie, personne ne vous l’enlèvera » [Jn 16,22]. Ce ne sera pas le rire du corps, ce sera le rire du cœur (M 8,88).

La rouille

464. On foule aux pieds la grappe pour qu’en coule le vin savoureux, on écrase les olives pour en extraire l’huile, on bat le blé pour séparer le grain de la paille. Celui qui veut vaincre ses vices, qu’il supporte humblement les adversités : elles le purifient. Il se trouvera d’autant plus pur un jour devant son Juge que le feu de la tribulation le nettoie maintenant de sa rouille (E 15,4).

Le sage

465. Ce n’est pas être vraiment sage qu’être sage sans humilité (C 30).

466. Ceux qui sont sages à leurs propres yeux ne peuvent parvenir à la vraie sagesse (M 13,45).

La sage-femme

467. L’antique ennemi, tel un serpent, se loge dans le cœur de l’impie comme en son nid; la main du Seigneur, comme celle d’une sage-femme, l’expulse de son trou. « Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors » [Jn 12,31] (M 18,51).

La sagesse

468. La vraie sagesse est l’humilité dans l’estime de soi (M 28,11).

469. Plus on recherche la sagesse, plus elle paraît élevée; ceux qui ne la cherchent pas se figurent en être d’autant plus proches qu’ils en ignorent la lumière et la droiture (M 32,1).

La sainteté

470. La preuve de la sainteté n’est pas de faire des miracles mais d’aimer tout le monde comme soi-même et d’estimer le prochain meilleur que soi (M 20,17).

Les saints

471. Si quelqu’un est saint, qu’il soit exhorté à progresser (E 17,18).

472. Ceux qui sont vraiment saints ne cherchent pas à recevoir plus de gloire qu’ils n’en méritent, ils évitent même qu’on voie celle qui leur revient (M 18,13).

Satan

473. Sans le savoir, Satan sert les desseins secrets de Dieu (M 2,38).

La satiété

474. Les anges voient Dieu et ils ne cessent de désirer le voir; ils ont soif de le contempler tout en le contemplant déjà. S’ils désiraient voir Dieu sans le pouvoir, ils seraient dans la peine, ce qui est impossible. Mais comme ils ne s’ennuient pas dans la contemplation de Dieu, ils désirent sans cesse le voir. Ils désirent le voir, mais ce désir n’est pas accompagné de peine parce que Dieu exauce toujours leur désir; ils ne sont jamais non plus lassés de voir Dieu parce que leur vision est toujours assortie de désir. Il en sera de même pour nous quand nous aurons atteint la source de la vie (M 18,91).

Le savoir

475. Les saints savent qu’ils ne savent pas très bien discerner ce qui plaît à Dieu. Même s’ils brûlent du désir de Dieu, ils ignorent le jugement qu’il porte sur eux (M 5,12)

Le scandale

476. Les hommes se scandalisent parfois de la mort de l’Auteur de la vie alors que sa mort même devrait les inciter à l’honorer davantage et à lui manifester plus de reconnaissance (E 6,1).

La science de Dieu

477. Il est clair que Dieu sait très bien comment il dispose toutes choses dans notre vie (M 15,61).

Les secrets de Dieu

478. Dieu parle aux anges rien qu’en leur montrant ses secrets; les joies de la contemplation sont pour eux comme ses ordres. Leur contemplation de Dieu ne connaît jamais de déclin; bien mieux, ils y font des progrès infinis (M 2,9).

La sécurité

479. Ce n’est pas une louange sûre que de paraître juste aux yeux des hommes (M 35,10).

La sensibilité

480. L’expérience de la souffrance donne une certaine sensibilité pour compatir en vérité aux maux du prochain (M 13,5).

La sérénité

481. Celui qui désire atteindre le sommet de la perfection et de la contemplation, qu’il commence par voir attentivement s’il ne cause aucun tort à son prochain et s’il supporte avec sérénité le mal qu’on peut lui faire (M 6,58).

Le service

482. Ceux qui sont remplis de dons spirituels doivent savoir quitter leur contemplation pour se mettre au service des autres même dans leurs besoins matériels. Ils ne doivent pas s’en attrister quand le Verbe qui a créé toutes choses s’est fait homme pour être utile aux hommes (M 19,45).

Le silence

483. Il arrive souvent qu’un silence excessif provoque une effervescence de pensées (M 7,60).

Le silence de Dieu

484. Notre juge invisible voit ce que nous faisons et il entend ce que nous disons, mais nous ne savons pas au juste ce qui lui déplaît (M 9,59).

La simplicité

485. La plupart des saints sont tellement simples et cachés, ils sont tellement couverts de silence que c’est à peine si on peut connaître quelque chose de leur vie (H 1,5,7).

La simulation

486. L’hypocrite enseigne aux autres la simulation (M 15,8).

La société d’abondance

487. Dans un monde florissant, dans une humanité en expansion où l’espérance de vie s’allonge, dans l’abondance de biens, qui pourrait croire en l’existence d’une autre vie? Qui ne préférerait les réalités visibles aux invisibles (E 4,3)?

La soif

488. L’avare, plus il boit, plus il a soif (M 14,14).

La solitude

489. A quoi sert la solitude du corps sans la solitude du cœur? Celui qui vit dans un lieu désert mais rejoint par la pensée et le désir l’agitation de la vie des hommes n’est pas dans la solitude. On peut vivre par contre au milieu de la foule et chercher en soi un lieu secret où l’on s’entretient avec Dieu sans paroles, par les seuls désirs intérieurs (M 30,52).

La sollicitude de Dieu

490. Dieu prend soin de chacun des hommes comme s’il ne pensait pas aux autres, et il prend soin de l’ensemble de l’humanité comme s’il ne se souciait pas de chacun (M 25,33).

Le sommeil

491. Au lieu de parler de la mort, le Seigneur préfère parler de sommeil pour suggérer la résurrection; de même qu’on sort facilement du sommeil, ainsi le corps ressuscitera sur un signe du Créateur (M 12,12).

Le sommeil du diable

492. Satan est comme endormi quand il possède le cœur du méchant; mais si le méchant se rebelle contre lui et se met en route vers Dieu, l’antique ennemi se réveille et se dresse sur sa route (M 4,42).

La sottise

493. On est d’autant plus sot intérieurement qu’on s’efforce de paraître sage (M 18,67).

Les soucis

494. Les multiples soucis des affaires de ce monde aveuglent l’âme (M 12,49).

495. L’absence de soucis est pour certains finalement plus fatigante que le labeur (M 16,83).

La souffrance

496. Comme tous les chrétiens sont les membres du Christ qui est leur tête, ils suivent souvent aussi leur tête dans la souffrance (E 35,3).

497. C’est une grande consolation dans nos souffrances que de savoir qu’elles viennent de la juste volonté de Dieu (M 32,5).

498. La souffrance purifie des fautes commises en pensées ou en actes (P 3,12).

La source

499. L’âme baignée de la rosée qui émane de la source infinie voit qu’elle n’est pas à la hauteur de ce qui lui est donné à contempler; elle perçoit la vérité tout en voyant bien qu’elle ne peut la voir dans toute son étendue. Elle s’en approche en fait d’autant plus qu’elle s’en estime plus éloignée, parce qu’elle ne jugerait pas qu’elle ne peut la contempler si elle ne l’avait aperçue de quelque manière (M 24,11).

Les sources

500. Source cachée : le Fils unique du Père, Dieu invisible; source ouverte [Zach 13,1] : le même Dieu devenu chair (H 2,8,20).

La stérilité

501. Aimer ses richesse en les gardant, c’est les laisser stériles; pour leur faire porter du fruit, il suffirait de les distribuer à bon escient (P 3,20).

Le stoïcisme

502. L’insensibilité du cœur n’est pas la marque d’une vertu authentique (M 2,28).

Le succès

503. Il arrive souvent que le succès souille le cœur d’orgueil et que l’adversité le purifie par l’affliction (P 1,3).

Le supérieur

504. Que nul n’ait l’audace de commander s’il n’a d’abord appris à obéir (D 1,1,6).

505. L’autorité du supérieur doit être humble, l’humilité du sujet doit être libre. Le premier peut manifester beaucoup d’orgueil dans ses paroles et se croire autorisé à le faire par sa fonction; les second peut se taire par une crainte stupide et s’imaginer pratiquer l’humilité (H 1,9,12).

Le tapage

506. La cohue tapageuse des pensées terrestres ferme l’oreille du cœur (M 23,37).

Le temps

507. Tout ce qui passe est vain (M 10,20).

La tendresse

508. Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait [1 P 2,2]. Revenez, petits enfants, au sein de votre mère, la Sagesse éternelle; sucez les mamelles abondantes de la tendresse de Dieu (E 25,10).

La tentation

509. Dès qu’une âme commence à aimer les biens célestes, l’antique adversaire se met à la tenter avec plus d’âpreté qu’au temps où il l’avait en sa possession (H 1,12,24).

510. Il arrive souvent que plus on est ravi dans la contemplation, plus on connaît aussi les tourments de la tentation (H 2,2,3).

511. Celui qui nous a créés ne nous abandonne pas dans la tentation (M 2,63).

512. En temps de paix, se vanter de son courage, c’est pour un soldat parler à la légère (M 23,51).

Le terme

513. Que vous le vouliez ou non, vous êtes en marche sans aucun répit vers le jugement dernier. Pourquoi aimer ce que vous devrez quitter? Pourquoi ne pas vous intéresser au terme de votre route (E 15,2)?

Le terrestre

514. Qui est dominé par l’amour des réalités terrestres ne peut se plaire en Dieu (M 18,16).

Le tombeau

515. S’attacher aux réalités invisibles, c’est mourir au monde. La contemplation de Dieu est pour l’âme comme un tombeau où elle est cachée (M 5,8-9).

516. La vie contemplative est comme un tombeau : elle enfouit ceux qui sont morts à ce monde en les soustrayant aux désirs terrestres (M 6,56).

Le toucher

517. Quel maître d’œuvre que l’Esprit! Quand il veut instruire quelqu’un, son action ne souffre aucun retard. Il lui suffit de toucher l’esprit de l’homme; son simple toucher enseigne tout (E 30,8).

La tranquillité

518. Seul un cœur tranquille peut connaître Dieu (M 33,63).

La Transfiguration

519. Pierre a vu la lumière inénarrable et il a entendu la voix du Père; il est tombé : il était incapable de supporter la vision, il ne pouvait atteindre ce qu’il méritait de voir. On ne peut dire : « Jésus Seigneur » que dans l’Esprit Saint; Pierre ne l’avait pas encore reçu, il ne pourra comprendre la vision qu’après la Pentecôte (R 6,113).

La transparence

520. En ce monde-ci, nous ne voyons pas les pensées des autres; dans l’autre monde, nous lirons mutuellement dans nos cœurs (D 4,43,2).

La tristesse

521. Il est une tristesse inconsolable de l’âme tant qu’elle ne voit pas Celui qu’elle désire (E 25,2).

La tromperie

522. En voulant tromper les autres, l’hypocrite se trompe lui-même (M 26,61).

Le trouble

523. Le démon s’estime heureux quand il arrive à troubler ne fût-ce qu’un instant (M 2,73).

Le tumulte

524. Le tumulte des affaires du monde ferme l’oreille du cœur (M 23,39).

L’unité

525. Dieu n’est pas là où les cœurs sont divisés; Dieu est dans l’unité (E 22,4).

L’utilité

526. L’homme possède ce qu’il enseigne quand il ne se réjouit pas de se faire connaître mais d’être utile (H 1,12,12).

La vaine gloire

527. Tel ne recherche que la vaine gloire en expliquant aux autres comment il faut l’éviter (H 2,9,16).

La valeur

258. On a d’autant moins de prix aux yeux de Dieu qu’on a une plus haute idée de sa propre valeur (M 18,59).

La vanité

529. La vanité est de l’ordre de la légèreté (M 21,11).

La vantardise

530. C’est une faute grave de se vanter de quelque chose qu’on n’a pas fait, mais souvent il n’y a aucune faute à dire humblement ce qui est (M 12,36).

La vengeance

531. Il y en a qui supportent en toute patience les coups et les injures qu’on leur inflige; mais parce qu’ils manquent de vigilance, le diable leur suggère plus tard des pensées de vengeance (P 3,9).

La vérité

532. L’orgueil est toujours étranger à la vérité (M 24,42).

533. Que ceux qui ne mentent jamais apprennent aussi à taire parfois ce qui est vrai. Si le mensonge nuit toujours à celui qui le dit, la vérité fait parfois du tort à ceux qui l’entendent (P 3,11).

La vertu

534. L’orgueilleux se croit vertueux parce qu’il ne se met pas en colère; l’avare, parce qu’il n’est pas immergé dans la luxure (M 3,60).

535. C’est une grande vertu que de plaire à Dieu et aux hommes (R 2,86).

La veuve

536. L’Eglise est comme une veuve : son époux a été mis à mort et, pour le moment, elle est privée de le voir (M 16,58).

Le vice

537. Tout vice rétrécit l’âme, toute vertu la dilate (M 29,30).

Les vicissitudes

538. Bonheurs et malheurs se succèdent en cette vie. Il ne faut pas mettre ces vicissitudes au compte de la colère de Dieu mais au compte de sa grâce qui nous apprend par là à garder ses dons avec vérité et humilité (L 3,51).

La victoire

539. Victoire stérile que de triompher de la chair par l’abstinence si l’esprit se laisse emporter par la colère (P 3,19).

La vie

540. Nous devons aimer ceux avec qui nous vivons et tendre de toutes nos forces par le désir vers celui en qui nous vivons véritablement (H 2,4,3).

La vie future

541. Par sa mort le Christ a ouvert les yeux de notre âme et nous a montré ce qu’était la vie future (M 29,26).

La vigilance

542. Les saints se gardent de tous côtés quand ils font le bien et quand ils cherchent à éviter le mal. A quoi sert en effet de monter la garde à toutes les portes de la ville si on en laisse une sans défense (H 1,7,6)?

543. Tant qu’ils sont en cette vie, les saints se gardent eux-mêmes avec une attention toujours en éveil (M 5,41).

La virginité

544. Il est vrai que la virginité l’emporte sur le mariage. Mais que ceux qui font profession de virginité se mettent au-dessous des époux et qu’ils n’oublient pas que les gens mariés leur en remontrent souvent en fait de vertu (P 3,28).

Le visage de Dieu

545. Quel homme sur cette terre pourrait comprendre la joie ineffable des anges? Voir sans cesse le visage de son Créateur et y trouver un plaisir qui ne diminue jamais (H 1,7,18)!

Le visible et l’invisible

546. Il arrive souvent que ce qui est répréhensible chez quelqu’un est apparent et que le bien qu’il fait demeure caché, au lieu qu’en nous c’est souvent le bien qui est visible et le mal qui se fait en cachette (M 31,25).

La vision de Dieu

547. La vraie nourriture de notre esprit, c’est la vision de Dieu (M 31,100).

Le vivificateur

548. L’âme dans le corps est la vie de la chair, mais Dieu qui donne la vie à tout être est la vie des âmes. Si déjà on ne peut comprendre la grandeur de l’âme qui est une vie qui reçoit la vie, qui pourrait comprendre la majesté de Dieu qui est la Vie qui donne la vie (H 2,5,9)?

La vocation

549. Pour Dieu, appeler c’est nous regarder avec amour et préférence (M 11,57).

La voie

550. La voie de Dieu, c’est la paix; la voie de Dieu, c’est l’humilité; la voie de Dieu, c’est la patience (M 15,51).

Le voile

551. Les vices qui se parent du voile de la vertu sont plus graves que les vices patents (H 1,5,4).

Le voleur

552. Faire l’aumône mais ravir le bien d’autrui, c’est mettre ce qu’on a amassé dans une bourse trouée. Certains savent très bien ce qu’ils donnent, mais ils ne veulent pas voir ce qu’ils prennent aux autres (P 3,21).

La volonté de Dieu

553. Les anges ne connaissent qu’une seule victoire : celle de la volonté suprême de Dieu sur eux; ils ont les yeux fixés sur elle, et ce qu’ils ne peuvent obtenir, ils ne le veulent pas non plus (M 17,17).

Le vouloir et le faire

554. Quand on ne veut pas faire ce qu’on doit quand on le peut, il arrive souvent qu’on ne soit plus en mesure de le faire quand on le veut (P 3,15).

 

 

BIBLIOGRAPHIE SUCCINCTE

 

1. Œuvres de saint Grégoire en traduction française

Commentaire sur le Cantique des cantiques : Sources chrétiennes 314

Dialogues : Sources chrétiennes 251, 260, 265

Homélies sur Ezéchiel : Sources chrétiennes 327, 360

Homélies sur l’évangile  (1-20) : Sources chrétiennes 485

Morales sur Job (Livres 1-2, 11-14, 15-16, 28-29) : Sources chrétiennes 32 bis, 212, 221, 476)

Registre des lettres : Sources chrétiennes 370, 371

Règle pastorale : Sources chrétiennes 381, 382

[Commentaire sur le Premier Livre des rois (Pierre de Cava) : Sources chrétiennes 351, 391, 432, 449, 469, 482]

 

2. Quelques études

P. BATIFFOL, Saint Grégoire le grand, Paris, 1928

P. CATRY, Parole de Dieu, amour et Esprit Saint chez saint Grégoire le Grand,  Bellefontaine, 1984

Cl. DAGENS, Saint Grégoire le Grand. Culture et expérience chrétiennes, Paris,  1977

R. GILLET, art. Grégoire le Grand, dans Dictionnaire de Spiritualité, t. 6, col. 872-910, Paris, 1967

 

 

INDEX DE QUELQUES THEMES

 

Les chiffres renvoient aux numéros des sentences

 

Actes 5, 6, 24, 30, 37, 40, 54, 66, 73, 109, 193, 227, 245, 264, 303, 310, 349, 353, 369, 388, 396, 399, 409, 410, 417, 425, 426, 554

Amour et désir de Dieu 2, 16, 17, 31, 41, 54, 59, 64, 65, 71, 74, 81, 95, 96-101, 106, 107, 114, 116-118 , 123, 127, 134, 135, 165, 169, 170, 175, 176, 178, 185, 186, 189, 190, 196, 200, 201, 208, 211, 236, 238-240, 250, 251, 254, 255, 257, 258, 267, 268, 270, 271, 282, 287, 292, 308, 310, 321, 322, 338, 340, 342, 343, 348, 359, 360, 371, 373, 404, 408, 412, 427, 428, 431, 432, 440, 443, 444, 449, 454, 455, 474, 475, 489, 508, 510, 514, 516, 521, 535, 540, 545

Amour du prochain 14-16, 29, 31, 46, 52-54, 61, 67, 75, 79, 80, 83, 84, 105, 112, 114, 119, 123, 130, 147,156, 159, 161, 172, 206, 210, 214, 217, 225, 232, 236, 237, 245, 263, 266, 269, 295, 298, 302, 318, 324, 362, 366, 374-376, 401, 407, 409, 419, 420, 424, 448, 470, 480-482, 501, 502, 525, 531, 535, 540, 552

Anges 18, 23, 82, 162, 209, 242, 288, 311, 474, 478, 545, 553

Ascèse 3, 58, 83, 110, 129, 146, 312, 319, 326, 341, 539

Biens de ce monde 27, 31, 33-35, 39, 57, 94, 117, 126, 176, 179, 185, 212, 229, 234, 239, 240, 249, 293, 297, 338, 373, 382, 413, 414, 427, 430, 451, 461, 487, 488, 494, 501, 514, 515, 524, 534, 552

Chasteté 53, 61, 62, 69, 85, 106, 110, 285, 544

Christ 8, 19, 21, 26, 38, 50, 65, 102, 135, 138, 149, 166, 177, 188, 191, 195, 205, 208, 215, 216, 221, 228, 254, 262, 281, 299, 301, 325, 334, 335, 337, 351, 358, 364, 365, 400, 403, 405, 411, 445-447, 449, 450, 456, 461, 467, 476, 482, 496, 500, 519, 536, 541

Ciel 39, 45, 49, 63, 67, 68, 115, 117, 170, 174-176, 184, 332, 340, 364, 390, 418, 474, 487, 513, 520, 541

Colère 75, 295, 309, 343, 534, 539

Combat 76, 77, 146, 153, 267, 284, 319, 363, 441, 492, 512

Confession 4, 86, 182, 183, 261, 389

Connaissance de Dieu 20, 30, 36, 47, 55, 68, 74, 87, 88, 98, 125, 140, 145, 154, 181, 183, 194, 196, 201, 223, 231, 235, 242-244, 252, 271, 274, 281, 282, 289, 304, 307, 310, 317, 323, 330, 331, 334, 335, 343, 351, 359, 368, 369, 380, 404, 418, 429, 437-440, 442, 449, 453, 460, 478, 499, 517-519, 547, 548

Créature 13, 51, 108, 147, 178-180, 195, 209-212, 214, 230, 258, 286, 292, 296, 320, 337, 338, 371, 422, 427, 450, 511, 548

Diable 18, 61, 111, 119, 122, 153, 177, 184, 195, 205, 215, 216, 221, 319, 350, 362, 363, 394, 445, 467, 473, 492, 509, 523, 531

Dieu 1, 2, 7, 20, 23, 36, 47, 51, 55, 59, 60, 64, 68, 73, 74, 76, 78, 87, 88, 90, 99, 115, 118, 120, 123-125, 127, 140, 142, 145, 162, 180, 183, 195, 207, 215, 222, 230, 231, 235, 242, 243, 248, 250, 251, 253, 256, 257, 274, 286, 288, 304, 305, 307, 309, 311, 317, 320, 331, 338, 352, 369, 370, 378, 421, 422, 427, 428, 431, 437-439, 455, 460, 473, 477, 478, 484, 490, 508, 511, 525, 548-550, 553

Ecriture sainte 9, 20, 74, 103, 145, 173, 181, 192, 194-196, 243, 245, 246, 275, 316, 323, 368, 439

Eglise 8, 25, 149-151, 253, 262, 283, 303, 318, 328, 358, 356

Epreuves 1, 7, 9, 23, 50, 52, 63, 91, 131, 139, 143, 164-167, 175, 221, 263, 289, 291, 293, 294, 300, 346, 377, 379, 464, 480, 481, 496-498, 503, 531, 538

Esprit Saint 88, 133, 136, 169-171, 246, 251, 253, 301, 394, 452, 517, 519

Etats de vie 128, 154, 267, 319, 544

Foi 12, 40, 140, 172, 193, 228, 233, 244, 281, 303, 328, 349, 359, 361, 456-458, 469, 487

Hasard de Dieu 1, 7, 120, 167, 207, 208, 221, 314, 379, 431, 432, 438, 473, 477, 490, 497, 538

Humilité 18, 26, 32, 106, 111, 113, 131, 172, 177, 204, 205, 215-218, 224, 226, 237, 250, 280, 306, 307, 344, 345, 351, 380, 381, 384, 456, 465, 468, 470-472, 485, 505, 526, 530, 538, 544, 550

Intérieur de l’homme 12, 28, 31, 47, 56, 59, 72, 73, 89-93, 103, 112, 141, 144, 148, 185, 186, 197, 213, 234, 240, 241, 247, 249, 252, 316, 352, 370, 383, 388, 393, 394, 409, 416, 443, 444, 451, 463, 479, 489, 494, 495, 506, 524, 546

Mariage 97, 294, 298, 544

Marie 191, 299, 311, 335, 411

Mérites 127, 154, 168, 310, 475, 484

Miracles 23, 172, 315, 470

Mort 50, 102, 325, 327, 365, 372, 405, 406, 446, 459, 476, 491, 515, 516

Obéissance 345, 346, 415, 504, 553

Orgueil 18, 22, 34, 42, 48, 62, 106, 113, 148, 173, 184, 187, 197-199, 204, 205, 215, 217, 219, 220, 224, 226, 273, 277, 285, 301, 313, 336, 347, 350, 353-357, 380, 384, 391, 415, 416, 423, 433-435, 442, 456, 466, 486, 493, 503, 505, 522, 527-530, 532, 534

Parole et silence 40, 44, 55, 71, 105, 109, 132-134, 142, 171, 189, 190, 232, 236, 244, 265, 268, 269, 277, 278, 302, 330, 352, 355, 367, 369, 370, 383, 483, 533

Pasteurs 23, 54, 104, 133, 141, 142, 148, 152, 202, 224, 248, 259, 260, 314, 339, 345, 374, 407, 415, 416, 418-420, 423, 434, 435, 504, 505

Patience 104, 111, 225, 298, 375-380, 531, 550

Pauvreté 27, 39, 57, 94, 126, 176, 179, 344, 381-384, 461, 462

Péché 10-13, 43, 62, 150, 151, 157, 166, 182, 183, 210, 212, 238, 247, 250, 260, 261, 266, 271, 272, 276, 290, 385-388, 392, 393, 395-397, 407, 436, 450, 452, 464, 498, 537, 546, 551, 554

Pécheurs 25, 38, 138, 150, 151, 169, 203, 206, 259, 279, 300, 304, 317, 389, 422, 492

Pénitence 261, 266, 271, 272, 392, 452

Pensées 72, 73, 116, 354, 388, 393-399, 425, 442, 444, 483, 506, 531

Prière 60, 71, 156, 268, 329, 425, 426, 453, 553

Tentation 69, 76, 77, 204, 445, 509-511

Trinité 191, 299, 301, 334, 335, 400, 450, 500

Vie présente 56, 63, 163, 174, 296, 390, 507, 513

Vigilance 5, 28, 58, 70, 85, 89, 90, 92, 93, 112, 121, 132, 137, 141, 148, 153, 155, 157, 187, 213, 226, 227, 241, 264, 267, 284, 312, 339, 366, 402, 410, 433, 434, 465, 466, 479, 483, 493-495, 506, 531, 542, 543

 

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